L’entre-soi : un confort ou un étouffement ?
Si j’étais comme mon être privé, un tel entre-soi médiatique, ne dédaignant pas, par ailleurs, de dénigrer les points de vue antagonistes, devrait susciter mon assentiment et ne jamais m’apparaître comme un étouffement. Pourtant, en m’examinant, j’éprouve encore plus de malaise devant cet enfermement sans recours que face à mon entre-soi intime qui serait dégradé par d’autres.
Comme si l’entre-soi intellectuel et médiatique, se rapportant à des idées, butait sur l’évidente limite d’une homogénéité sans faille, trahissait le principe de la liberté de l’esprit, de cette expérience renouvelée, à la légitimité sans cesse vérifiée, selon laquelle le heurt avec la contradiction d’autrui est la seule manière non seulement de vous préserver de l’enlisement personnel mais aussi de multiplier les chances d’un échange qui vous porterait vers le meilleur.