Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Pourquoi les mineurs font-ils si peur aux majeurs ?

Qu’on persiste à prêcher un humanisme désaccordé et à célébrer béatement la mythologie de l’enfance, et mineurs comme majeurs se retrouveront embarqués dans le même bateau, voué au naufrage.

Marine et Jordan : de la candidate à la star…

Jordan Bardella est désormais perçu comme une star et, dans la campagne présidentielle, s’il est en lice, il conviendra certes de lui répliquer, de le contredire sur le plan politique – il y aura du grain à moudre – mais surtout de ne pas oublier qu’on ne défait l’aura d’une star qu’en lui opposant une espérance, une lumière plus fortes qu’elle.

Avec Jack Lang, tous courageux par procuration…

Jack Lang partira, mais que cela serve de leçon, demain, à tous ceux qui s’accrochent sans jamais jeter l’éponge, comme le devoir devrait pourtant leur commander de le faire. Il est clair que le courage est rare et la lâcheté surabondante. On trouve toujours d’excellentes raisons pour demeurer.

Marine Le Pen : plutôt que fuir la politique, la mettre au coeur…

Il me semble qu’il n’est plus possible de faire comme si les liens entre justice et politique n’avaient pas, parfois, de très graves incidences sur le plan démocratique, et qu’il faudrait peut-être envisager d’autres solutions que celle qui consiste, du côté de l’institution judiciaire, à se laver les mains des conséquences de ses jugements et arrêts. En quelque sorte, après nous, magistrats, le déluge politique !

Scènes de la vie conjugale…

Se passionner pour la politique, comme je le fais, conduit à entrer de plain-pied dans des séquences conjugales qui, non seulement nous éclairent, mais se révèlent même indispensables à la compréhension intime de couples historiques ou mythiques. Cherchez l’homme, cherchez la femme, cherchez la nature de leur relation : autant d’injonctions qui permettent de poser, le plus souvent sur l’homme exposé à la lumière publique, un regard différent et, je le crois, décisif.

Il faut être simpliste…

Il y a donc un simplisme nécessaire de l’action, puisque celle-ci choisit, pratique, exclut et tranche. En entreprenant, elle abandonne une part du réel ; en accomplissant, elle en assume l’autre. À force de dénigrer le « en même temps » sans comprendre que, sur le plan intellectuel et médiatique, il était fondamental, on a inversé les priorités. Pour l’esprit, le simplisme est une tare. Dans l’action, il doit être une obligation. La malédiction française consiste à simplifier la pensée et à compliquer l’action.

Boualem Sansal immortel : il le vaut bien…

À ceux qui pourraient mégoter en regrettant que ce ne soit pas l’écrivain — ou pas seulement — Boualem Sansal qui ait été couronné, mais le militant de la cause française et le prisonnier intrépide, je répliquerais qu’il s’agit au contraire d’une formidable chance pour l’Académie française : celle de sortir un peu des livres pour entrer dans les vertus, de fuir les hommages abstraits et les considérations sans risque, afin de se consacrer à une personnalité d’une absolue plénitude morale et intellectuelle.

Il est chevalier et il le mérite !

Face à cette médaille du mérite légitimement octroyé – sans tomber dans la démagogie – et aux propos naturellement élogieux d’Emmanuel Macron, je souhaiterais formuler quelques observations, afin de prévenir le risque de faire d’Ali Akbar un exemple trop facilement généralisable.

Les citoyens se rebiffent…

Face à un fléau social qui ne touche plus seulement les métropoles et les grandes villes, je ne cesse de songer à ce renversement des valeurs qui, trop souvent, n’accable pas le transgresseur autant qu’il le faudrait mais qui, en revanche, fait subir l’enfer au citoyen – victime ou propriétaire – lorsqu’il s’est protégé, lui et les siens, parfois jusqu’à provoquer la mort du cambrioleur, et qu’il se voit reprocher de n’avoir pas respecté le sacro-saint principe jurisprudentiel de proportionnalité.

Emmanuel Macron : une descente fatale…

J’ai honte de cette indécence qui conduit certains à multiplier les hyperboles à l’égard d’un Donald Trump caractériel, fluctuant et erratique, simplement parce qu’il vient, indirectement, combler cette absence de patriotisme, cette fibre nationale qui se délite. Tout cela pour mieux viser Emmanuel Macron, qui se cogne, telle une abeille, à la vitre de la démocratie, et ne sait comment se sortir d’une nasse implacable.