Revue des Deux Mondes : crise de couple ?
Il n’y a pas d’impossibilité structurelle à une cohabitation apaisée et de bonne qualité démocratique entre les juges et les politiques. En effet, alors que l’univers judiciaire, au niveau de ses organes de pouvoir, a recouvré son indépendance, et qu’enfin un grand garde des Sceaux s’occupe de son présent et de ses intérêts, je suis persuadé qu’une affirmation plus fière, par les magistrats eux-mêmes, de leur rôle capital dans l’espace républicain, serait paradoxalement un remède. Démontrer, par une pratique libre et intelligente, sans la moindre mauvaise conscience, que ce couple connaîtra des hauts et des bas, à cause seulement de la plus ou moins grande moralité des politiques et de l’obligation pour les juges d’assumer leurs devoirs dans le respect strict de la procédure, de la mission de défense des avocats et de l’attente du citoyen qui ne souhaite pas une justice qui s’enlise mais qui conclut.