À peine sorti de la lecture d’un entretien très éclairant et très pessimiste de la présidente de France Télévisions sur la culture – « Je tire la sonnette d’alarme sur la sauvegarde de notre modèle culturel » -, je suis alerté par les remarquables réflexions du directeur du festival rennais des Trans Musicales, Erwan Gouedec, au sujet de « l’importance de la culture, élément à la fois individuel et collectif vital, surtout dans des sociétés qui se radicalisent, se polarisent ».
Certes, le thème de la culture n’est pas nouveau. Il fait même l’objet, chaque jour, d’hommages, de dénonciations, de pétitions et, en général, il est confisqué par la gauche. Quand la droite s’en mêle, elle est déclarée absurdement illégitime.
Ce qui distingue la déclaration du directeur, c’est sa pertinence, son absence d’esprit partisan et le caractère universel de son argumentation.
Il convient d’en reprendre les extraits essentiels : « On est à une année de la présidentielle… où il y a quand même un vrai vide dans la parole politique sur la question culturelle au niveau national… Il y a eu, pendant des décennies, une forme de pacte républicain autour du fait que, quelles que soient les obédiences politiques, la culture était un enjeu qu’il fallait préserver et on voit bien que c’est en train d’être attaqué à vitesse grand V… Elle serait réservée à une élite, ce serait de l’argent public qui devrait être mis ailleurs, en ignorant absolument à quel point l’expérience culturelle est déterminante dans une vie en société, dans l’émancipation des personnes, dans l’émotivité, dans la réflexion… Elle est un vecteur de lien alors qu’il n’y en a plus beaucoup et elle peut être aussi une résistance sensible et humaine à des évolutions technologiques » (Le Figaro).

Il n’y a rigoureusement rien à redire à ces propos qui, notamment dans leur conclusion, soulignent combien une culture partagée est un apport fondamental à l’unité d’une société. Il est incontestable qu’aujourd’hui nous sommes en recherche désespérée de liens autres que sportifs ou vulgairement festifs. Si la culture « élitiste pour tous » à la Jean Vilar – et Erwan Gouedec est sur cette ligne – n’est pas un vain mot, cette conception et cette exigence sont, en effet, de nature à rassembler dans le culte d’une même passion.
Si on a mauvais esprit, il est évidemment possible de deviner, derrière la déclaration, une cible politique aisément identifiable, mais peu importe au fond : dans tous les cas, les avertissements donnés par le directeur sont lucides et justes et n’importe quelle municipalité doit s’en inspirer.
Il semble que ce ne serait offenser ni son intelligence ni sa bonne foi que d’aspirer à un univers culturel qui rapproche véritablement l’offre de ceux, nombreux, auxquels elle est destinée. Mais les vœux du directeur resteront lettre morte si certaines règles fondamentales continuent d’être transgressées.
Par exemple, on ne touche pas à une œuvre classique. Il vaut mieux représenter Shakespeare ou Jean Anouilh plutôt qu’imposer un médiocre à la mode. Le metteur en scène n’est pas l’auteur. Les comédiens ont pour finalité de se faire entendre et de rendre la pièce la plus lisible et la plus accessible possible. La saleté, les déjections, la nudité, l’hermétisme délibéré sont à proscrire. La pétitionnite aiguë de certains acteurs ne les rend pas plus admirables. Un spectacle est destiné à plaire au public plus qu’à ceux qui l’ont fait.
On peut discuter ces principes. Mais il n’empêche que, pour satisfaire la vision de la culture du directeur des Trans Musicales, il n’y a pas d’autre solution que l’humilité face à l’art consacré par les siècles, plutôt que de laisser une multitude de créateurs le détruire en prétendant assurer la relève.
Je rejoins le commentaire de Tipaza 19 septembre 2026.
Le problème naît de la définition de ce qu’est la culture, notamment la culture française.
Avec M. Jack Lang, nous avons eu droit au « tout est culture », moyennant quoi on a progressivement réduit, voire supprimé, la culture de la bonne orthographe à l’école primaire avec une réduction drastique du temps consacré à l’enseignement de la langue française tout comme l’apprentissage des Lettres françaises dans les collèges et lycées. De ce fait, les générations des années post 1990-2000 ne connaissent plus guère nos auteurs français, ne possèdent plus la moindre rigueur orthographique considérée auparavant comme la politesse due à son lecteur. Et la lecture des livres reste de plus en plus une habitude des générations d’avant les années 2000.
Les dirigeants politiques comme les hauts fonctionnaires de l’Éducation prétendument « nationale » ont renoncé à imposer la culture française tant dans le secondaire que dans le supérieur où l’on trouve à présent des étudiants qui maîtrisent mal un vocabulaire à peine recherché et surtout contraignent nombre d’enseignants à procéder à des cours d’orthographe de rattrapage. Donc ce n’est pas ainsi que l’on acculture les immigrés, ni même beaucoup de « souchiens » abandonnés aux réseaux dits sociaux, machines à décérébrer…
Appauvrissement langagier, appauvrissement culturel, appauvrissement économique et social : voilà le résultat obtenu par ces classes politiques de gauche, mais aussi de droite qui se sont soumises aux injonctions culturelles (voire aux diktats) de la gauche sociétale, ce que dix années d’exercice du pouvoir par M. Macron, très friand de l’anglais globish de préférence à sa langue natale, n’ont fait qu’aggraver !
Je suis curieux de savoir ce que l’on fait rentrer dans le périmètre de ce qu’on appelle culture chez ces braves gens de la société du spectacle ? La lecture de Mein Kampf ? Les œuvres complètes de Guy des Cars en format PDF, reliure dorée ? Le Club Dorothée ?
Vous l’aurez compris, cher hôte, à mon sens, la discussion est intenable. Chacun met son intuition, ses émotions, son intellect où il le souhaite ; les considérations de bien, de mal, de beau… sont propres à chacun.
Le financement, c’est un sujet… Échange bien souvent malhonnête entre ceux qui vivent des subventions et ceux qui estiment qu’elles sont excessives, voire ne devraient pas exister. Il y a des subventions, mairies, État, mécénat, auxquelles il me semble compliqué d’échapper : construction de bâtiments devant accueillir des spectacles, opéras, théâtres…
La subvention des ââârtistes, le statut d’intermittent, est à mon sens une énormité à supprimer, discussion sans fin.
Qu’est-ce qui justifie de subventionner un artiste ? Comment le finance-t-on si l’on admet qu’il le faille ?
À la première question, je réponds : rien. À la seconde, si le rien ne l’a pas emporté, certainement pas sur les caisses de l’Unédic, ce qui est le cas actuellement. Le montant des indemnités versées étant 6 à 7 fois supérieur au montant des cotisations, la solidarité dont nous abreuve le monde de la culture devient unilatérale. Sachant qu’un intermittent touche du blé même quand il gagne 4 000 euros par mois, cherchez l’erreur. Les caissiers(es), maçons, éboueurs… plus grands consommateurs des impérissables œuvres de ces saltimbanques géniaux, apprécieront quand on leur expliquera que leurs propres indemnités, qu’ils ne touchent que quand ils sont au chômage, seront diminuées pour continuer à assurer les 30/35 % de déficit que génèrent ces ââârtiiiiiistes dans ces mêmes caisses.
Tout le monde devrait participer au financement de ce système, si tant est qu’on le trouve normal, ce qui n’est pas mon cas. Particulièrement par un impôt spécial propre aux retraités aisés, qui sont de gros consommateurs de divertissements. Salauds d’vieux.
Quant au blabla que nous servent les ââârtistes sur le temps « d’entraînement », de préparation, que ce statut permet… eh ben, tant que tu n’en vis pas, tu fais ça sur ton temps libre et tu nous fais pas chi*r.
D’autant que si, après vingt ans de représentations, tu finis encore tes spectacles devant trois machinistes, un égaré et deux membres de ta famille, demande-toi si tu as un quelconque talent et, a minima, ne fais pas payer par la collectivité ce qui devrait être un hobby.
Ce système, de plus, sert à engraisser des vio… euh, des acteurs comme Depardieu, que j’ai entendu un jour justifier ses gains astronomiques par le fait qu’il faisait vivre un tas de gens à travers ses films. Que nenni ! Nous faisons vivre ces gens avec nos cotisations, ce qui te permet d’en toucher un paquet. Je n’ai rien contre à partir du moment où cadreurs, maquilleurs, cameramen… sont payés par les recettes. Si c’était le cas, le Gégé toucherait moins d’oseille.
Je note au passage qu’écrivains, sculpteurs, peintres n’y ont pas droit.
Ce système, c’est de la prébende organisée. Combien d’intermittents payés par nos soins dans les boîtes des multimillionnaires Arthur, Nagui, Hanouna, Bolloré, RTL… ?
C’est typique du mal français que de mettre dans des cases, classifier, fixer des seuils, ainsi du le vocable « culture ».
Désolé, tout n’est pas « culture » : beaucoup relève tout simplement du divertissement.
@ Marc Ghinsberg
Merci de m’expliquer l’allégorie de l’inclination, c’est très aimable à vous !
Trop occupé à réduire, il vous a échappé ce que j’ai dit ici :
« Mais on habille et on déshabille l’art, comme on compte : en spéculant. »
Il est donc plaisant de vous voir écrire : « Le tableau n’est pas la preuve que la culture habille naturellement le vrai ; c’est la preuve que chaque époque habille, déshabille et réhabille selon sa convenance. »
Pouvez-vous nous dire ce que l’artiste, elle, voulait montrer ?
Oui, l’artiste qui est livrée aux époques ?
Notre époque est une époque de cochons, et le cochon, ça cochonne…
« Vous opposez l’“inspiration historique” au “terrain de jeu” des nouveautés. L’histoire de l’art est faite des deux. Ce qui est aujourd’hui reçu a souvent d’abord choqué. »
Je n’oppose rien, parce qu’il n’y a pas lieu d’opposer le néant à la création artistique.
L’artiste véritable ne joue pas, il est habité par une force qui n’est pas un spectacle vivant. Non, il vit dans une dimension faite d’histoire et de culture ; il tient d’une main le passé de ses maîtres et, de l’autre, son inspiration créatrice, qui décrypte le monde des hommes pour consoler les hommes (l’humanité)…
La puissance de l’art fait la culture, mais peut-être que le mot « puissance » est trop violent ; mais je le choisis…
Le nez de clown, le barbouillage, le bruit composé de trois notes, ce qui chouine et ce qui couine expriment, en effet, ce que notre société porte dans son giron, et chacun voit que, désormais, c’est de la m*rde. C’est grand dommage !
Les Trans Musicales à Carcassonne, chiche ! C’est mon LOL du jour, car on ne risque pas de voir tout ce tas de pouilleux gauchiasses gavés de subventions délirantes, un vrai racket mafieux, sur les remparts de cette ville merveilleuse qui redonne de l’espoir à beaucoup de Français de droite patriote.
À l’honneur :
Carcassonne, bien sûr, qui défraie toutes les chro-niques-sa-mère, ville devenue le centre d’intérêt du monde entier, admirée pour sa révolte face au fascisme islamo-gauchiste, que Macron et la gauche voudraient bien atomiser. « Un Hiroshima dans les Corbières », LOL !
Félicitations au padre, aumônier de Carcassonne, pour sa superbe messe très patriotique, anti-islamiste, anti-gauchiasses, anti-racailles.
Félicitations au maire, M. Barthès, un colosse RN qui prend des décisions très fermes et courageuses face aux gauchiasses rouges de rage.
Félicitations à ce policier RN, condamné par la doxa des bien-pensants merdiatiques, islamos-fachos-gauchiasses, qui n’a fait que dire la vérité et est applaudi dans tout le pays par les vrais Français de souche.
Macron et tous ses collabos gauchistes en fulminent de rage recuite, de haine, de revanche. Vont-ils faire un blocus de cette ville « raciste-fasciste-xénophobe-islamophobe-nazie » ?
2027 est encore loin : ont-ils assez de vivres pour tenir jusqu’aux élections ? Je leur conseille de faire des stocks de cassoulet ; celui de Carcassonne, au mouton, est excellent et n’a rien à envier à son cousin toulousain.
Notre culture est révolue, c’est du passé. Elle s’est fait écraser par une nouvelle culture bien plus efficace en termes de domination, de censure, de pouvoir, de violence, de soumission des peuples comme le nôtre qui la subissent : la culture islamique, une dictature culturelle et religieuse moyenâgeuse devant laquelle nous sommes à genoux, en bons soumis collabos que nous sommes.
Leurs armes ? Le Coran et le couteau. Pas de dissertations infinies comme ici, un concours de pédants, grandes gueules mais petits bras, qui détalent comme des lapins à la (Allah) moindre menace.
Nous, on tchatche dans le vide ; eux, ils « tranchent dans le lard ». On ne compte même plus les nombreux cadavres qui jonchent les trottoirs, victimes de leur « culture ». C’est même interdit d’en parler et ce serait « raciste ».
Ben voyons, comme dirait Zemmour.
On avance bien, gardons courage, au milieu des convenances qui habillent ou déshabillent la vérité de la culture et de ses origines : le lynchage, générateur du sacré archaïque, quand est prêtée au poison du meurtre la vertu apaisante d’une divinité, seule à même d’apaiser une communauté.
Que chacun s’examine donc à l’aune de cette vérité dévoilée il y a deux mille ans et toujours rejetée, ne sachant que multiplier ce vice jusqu’à l’horreur de la Shoah et de ses conséquences, quand on nomme holocauste, sacrifice offert aux dieux de pacotille pour éviter de s’examiner, les déchaînements industriels du meurtre fondateur de toute culture.
Va-t-on alors encore me traiter de grossier pour oser nommer cela ?
Va-t-on toujours préférer se cacher derrière les supériorités supposées d’une caste qui voudrait réserver la vérité déniée de petits moi qui se prennent pour l’idole, au nom de leurs souffrances passées, et ne savent que reproduire l’erreur, mais métastasée, des genèses du sacré archaïque, aboutissant à la division extrême qu’on observe, quand chacun revendique d’être le gourou d’une secte dont il est l’unique membre ?
Cette idée fallacieuse de la divinité a été renversée par la croix, permettant de réinterpréter la lente révélation, au fil de la parole écrite, des témoignages des violences épouvantables commises au nom de cette réalité, seules à même de réguler les désordres des sociétés qui se voient aujourd’hui, fortes de cette révélation, exposées, sans l’artifice menteur dévoilé du sacrifice, à l’autodestruction.
Là est le sens de la parole christique : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. »
En nous ôtant ce lien culturel des persécuteurs que tous nous sommes, il nous offre l’occasion de substituer à l’idée de la divinité que nous nous faisons, structure mentale de nos systèmes de représentation, mime de l’erreur, la possibilité de choisir une autre définition du père, de l’ordre et de l’autorité, l’occasion de mimer un autre modèle que notre propre violence autodestructrice, invitation faite à notre liberté de choisir ce qui, désormais, est clairement exposé, quand nous aurons reconnu que nous ne sommes pas l’idole qui imagine Dieu à son image, mais que nous avons été créés à l’image de Dieu.
« 27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point et ne s’alarme point. 28 Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est plus grand que moi. 29 Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu’elles arrivent, afin que, lorsqu’elles arriveront, vous croyiez. 30 Je ne parlerai plus guère avec vous ; car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi ; 31 mais afin que le monde sache que j’aime le Père, et que j’agis selon l’ordre que le Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici. »
On peut me traiter de tout, on témoigne alors qu’on a choisi de rester en esclavage, quand il nous est loisible de choisir de ne plus être reliés par un lynchage, mais par la vérité toute humaine qui a enfin pris conscience de son vice et de son erreur, exposés, entièrement nus, par les textes fondateurs.
Levons-nous, partons d’ici !
Je découvre l’article du Figaro, et je suis surpris d’y découvrir un vide-grenier de la pensée de gauche la plus convenue.
Une pensée gauchiste, si toutefois on peut faire une différence entre les deux sortes de non-pensée qui expriment, au fond, la même idéologie.
Tout est faux, dans la mesure où tout est artificiel parce qu’idéologique et ne vise qu’à faire passer l’argent des contribuables vers une petite partie de la culture : celle qui est entre les mains des gauchistes.
La culture, ce n’est pas seulement la création artistique. La culture, c’est bien plus que cela : c’est ce que la société produit par la synthèse de tous ses membres, et cela relève aussi de la création scientifique, de l’organisation sociale, de l’agencement des paysages, enfin de tout ce qui est création humaine et que les sociétés animales ne créent pas.
Je ne reprendrai pas chaque phrase qui mériterait d’être revue et corrigée. Je me contenterai de certaines qui m’ont choqué par leur faiblesse, et en particulier de celle-ci :
« La culture “peut être vraiment un vecteur de lien alors qu’il n’y en a plus beaucoup dans la société et ça peut aussi être une résistance sensible et humaine à des évolutions technologiques”, a argumenté Erwan Gouadec. »
Deux erreurs en une seule phrase.
Première erreur : une lacune d’analyse.
Il définit la culture comme un lien spatial dans la société présente, celle de l’« ici et maintenant ».
C’est vrai, mais il oublie que la culture est aussi, et surtout, un lien temporel qui relie les générations entre elles, qui fait que chaque génération se souvient de ce qu’ont fait les précédentes.
Et cela s’appelle la tradition, le vilain mot pour un gauchiste.
Les gauchistes, et la gauche en général, oublient cet aspect de lien temporel de la culture, s’imaginant, dans leur raisonnement idéologique, qu’il est nationaliste et d’extrême droite, ce qui est stupide.
Pour ne parler que de littérature, la tradition humaniste à laquelle participe la tradition française, c’est aussi Shakespeare, Cervantès ou Goethe, qui n’appartiennent pas à la gauche se voulant seule universaliste.
Quant à la « résistance sensible et humaine » — rien que cela — aux évolutions technologiques, pouvait-on dire plus belle ânerie ?
La technologie fait partie de la culture, comme toute création humaine. Si elle est bien comprise, elle s’intègre ou s’intégrera dans les autres domaines de la culture, dans un processus d’amplification généralisée de la créativité.
Bon, je ne veux pas m’étendre davantage.
Il y a bien la phrase :
« Les Trans Musicales font la part belle à des artistes qui, soit par leur musique, soit par leurs propos, sont politiques. »
qui m’a agacé, mais Marchenoir a dégainé plus vite que moi. Ma foi, je ne vais pas dire sous une autre forme ce qu’il a déjà dit.
P.-S. : Soyons clairs : je ne reproche pas à Philippe Bilger son indulgence pour Erwan Gouadec ; après tout, il est aussi indulgent pour nous autres, pauvres commentateurs.
Mais bon, de temps en temps, indulgence bien ordonnée commence par soi-même et s’arrête là. 😉
@ duvent
Vous dites que la culture n’est pas ce qui est permis ou interdit. Soit. Mais le billet auquel on répondait dressait précisément une liste d’interdits : pas de nudité, pas de saleté, pas d’hermétisme, pas de metteur en scène qui s’avise d’être auteur. On ne peut pas saluer ces prescriptions, puis déclarer que la culture n’a rien à voir avec le permis et l’interdit.
La comparaison n’assimile pas deux civilisations. Elle pointe un écart dans un même discours : le corps dénudé sur une scène occidentale serait une indécence à proscrire ; le corps voilé ailleurs, une oppression à dénoncer. Ce n’est pas une analogie ethnographique. C’est une question de cohérence.
Vous opposez l’« inspiration historique » au « terrain de jeu » des nouveautés. L’histoire de l’art est faite des deux. Ce qui est aujourd’hui reçu l’a souvent d’abord choqué.
Votre exemple le montre mieux que je ne saurais le faire. L’Allégorie de l’Inclination d’Artemisia Gentileschi a été peinte nue, vers 1615-1616. Quelques décennies plus tard, un descendant du commanditaire a fait ajouter des drapés pour couvrir seins, ventre et cuisses, au nom de la pudeur des habitantes de la maison. Ce que vous présentez comme « ce qui est autorisé » et « reçu de la culture » a d’abord été une nudité, puis une censure. Le tableau n’est pas la preuve que la culture habille naturellement le vrai ; c’est la preuve que chaque époque habille, déshabille et réhabille selon sa convenance.
Manque de savoir ?
On a le droit de se renseigner :
https://editionsddb.fr/product/7267/les-origines-de-la-culture/#&gid=1&pid=1
J’avais manqué cette phrase d’Erwan Gouadec, qui se trouve dans l’article du Figaro : « Les Trans Musicales font la part belle à des artistes qui, soit par leur musique, soit par leurs propos, sont politiques. »
Okay okay okay… de tous les bords politiques, alors ? Y compris des artistes « d’extrême droite », « racistes », « fascistes », « ultra-libéraux » ou « néo-nazis », nous sommes bien d’accord ?
Des gens qui, par leur musique ou leurs propos, s’élèvent contre l’immigration de masse, contre la conquête islamique de l’Occident, contre la criminalité noire, arabe et musulmane, contre les attentats djihadistes, contre le noyautage des institutions par les Frères musulmans, contre la dépense publique excessive, contre les atteintes à la liberté d’expression à la télévision publique, contre la toute-puissance des syndicats en France, contre les exactions périodiques des agriculteurs dans l’espace public, contre les conditions de retraite privilégiées des fonctionnaires par rapport aux employés du privé, contre l’abaissement délibéré des exigences à l’école pour satisfaire le narcissisme des populations immigrées à quotient intellectuel de 70 ? C’est bien ça ?
Parce que des « artistes » qui, par leur « musique » et leurs propos, combattent le « capitalisme » et soutiennent les « Palestiniens » (c’est à dire le racisme génocidaire islamo-communiste, anti-Juifs et anti-Blancs), ça, je ne doute pas qu’il y en ait des paquets et des wagons, aux Trans Musicales de Rennes.
Tout cela est répercuté sans commentaire dans Le Figaro, journal « de droite ». « Par Le Figaro avec AFP ». Ben, surtout par l’AFP, en réalité.
« Ce qui distingue la déclaration du directeur, c’est sa pertinence, son absence d’esprit partisan et le caractère universel de son argumentation. » (PB)
Alors non, pas du tout. J’ignore qui est votre gazier, mais il dit ceci : « La culture serait réservée à une élite, ce serait de l’argent public qui devrait être mis ailleurs, en ignorant absolument à quel point l’expérience culturelle est déterminante dans une vie en société, dans l’émancipation des personnes […]. »
Une fois de plus, il ne faut jamais commenter un texte politique avant de l’avoir intégralement déconstruit. Car la gauche a complètement saboté le vocabulaire, en sorte qu’on ne soit capable d’arriver qu’à des conclusions de gauche dès qu’on ouvre la bouche.
Qu’est-ce que la « culture » ? Encore un mot dont le sens a complètement été détourné, comme « racisme », comme « droits », comme « justice » (la fameuse « justice sociale »)…
On voit bien, lorsqu’on lit les propos d’Erwan Gouadec, que, pour lui, la culture, c’est ce que dépense l’État pour « produire » de la culture, pour subventionner le cinéma, le théâtre ou les « assoces » culturelles ; c’est l’oppression qu’il exerce sur la libre circulation de la culture comme la loi sur le prix unique du livre, la réglementation des frais de port pour les achats de livres sur Internet, les quotas de musique française à la radio ; c’est l’argent qu’il vole aux Français pour entretenir des parasites qui votent pour lui comme les intermittents du spectacle.
C’est ça, la « culture » aux yeux d’une bonne partie du monde politique et de sa clientèle électorale. C’est le monde de la culture, les corporations de la culture, l’argent que les cultureux demandent à l’État de voler aux contribuables pour qu’il atterrisse dans leur poche, le terrorisme intellectuel et le chantage moral que les professionnels de la culture exercent sur le reste de la population en se prétendant indispensables.
On discerne une autre bombe lexicale dans le texte que vous citez : le but de la culture serait « d’émanciper les personnes ». La fameuse « émancipation » de gauche. Ses épigones vous disent sans cesse qu’ils veulent « émanciper » les gens, mais les émanciper de quoi ? Du capitalisme, de la bourgeoisie, de l’oppression qui s’exerce sur le prolétariat, bien sûr. Ils vous cachent sans cesse cette partie de la phrase, qui exhalerait, sinon, une puanteur communiste par trop incommodante.
Alors, on « émancipe », sans complément, de même que les « valeurs de la République » ne sont jamais citées, seulement célébrées. C’est plus prudent.
Remarquez aussi que la « culture », ça sert à « émanciper les personnes », autrement dit à diffuser la propagande communiste. La culture a une utilité, elle est un moyen au service d’un but, et ce but est politique.
Hors de question de considérer que la culture est d’abord ce qui existe, ce qui est issu de la tradition depuis des millénaires et non d’une intervention ponctuelle et récente de l’État. Hors de question de considérer qu’elle est le fruit de l’initiative individuelle, de la création spontanée de génies qui n’ont pas attendu les « moyens » étatiques pour ajouter au patrimoine de l’humanité, ni les injonctions d’une petite caste qui prétend confisquer la culture à son profit – dans tous les sens du terme.
Non, la culture, ce n’est pas d’abord « de l’argent public ». Rien n’oblige ceux qui ont véritablement le talent pour créer des oeuvres culturelles à quémander l’argent de l’État. Ils peuvent, tout simplement, les proposer à la vente sur le marché libre. Mais il faut, pour cela, qu’ils rencontrent une demande solvable, ce qui éliminerait une grande partie des imposteurs, des fumistes et des rentiers.
Nous sommes au temps de la liberté, où le mal encore garde son pouvoir.
Guarda don Ba-arto-o-lo :
https://youtu.be/xHx2h7vwX9M?list=RDxHx2h7vwX9M&t=129
Allez, papa, back home !
@ Marc Ghinsberg
« Curieux réflexe, au moment où les mêmes sensibilités s’indignent, à juste titre parfois, des cultures qui imposent de masquer le corps des femmes. Le corps trop montré ici serait une indécence ; le corps trop caché ailleurs, une oppression. »
Tout d’abord, il convient de préciser que la culture n’est pas ce qui est permis ou ce qui est interdit.
Puis, que votre comparaison est sans intérêt, puisqu’elle compare deux choses sans rapport…
Ensuite, que la culture n’est pas un terrain de jeu pour tester au hasard des délires ou quelques nouveautés : c’est une inspiration historique.
Si vous regardez le tableau d’Artemisia Gentileschi, L’Allégorie de l’Inclination, vous voyez ce qui est autorisé : il est peint ce qui a inspiré, et il est reçu de la culture…
Mais on habille et on déshabille l’art, comme on compte : en spéculant.
Le temps ferme les yeux et, chaque matin, ce qui est présenté comme nouveau ne l’est pas.
Le manque de savoir est la voile noire de cette galère sur laquelle vogue le monde inculte…
« Il est incontestable qu’aujourd’hui nous sommes en recherche désespérée de liens autres que sportifs ou vulgairement festifs. » (PB)
J’aime vous le voir écrire.
Et ces liens, loin des liens artificiels évoqués plus haut, sont d’abord de type naturel, en premier lieu de type familial, bien que ceux-ci soient actuellement distendus pour des raisons d’ordre géographique.
Certains liens de proximité, autour de centres d’intérêt communs ou d’une même appartenance communale, peuvent aussi se tisser. Mais comment peut-on parvenir à accepter avec enthousiasme certains impôts dits de « solidarité », généralement sans aucune garantie de réciprocité éventuelle, au bénéfice de parfaits inconnus qui, au mieux, ne vous remercieront jamais des efforts que vous avez consentis en leur faveur, à supposer même que certains ne vous agressent pas, comme on le voit parfois dans des situations de crise ou de catastrophe, ou simplement dans certains centres caritatifs de distribution alimentaire ?
Le procédé est lassez classique. On commence par un propos largement partageable (duvent mise à part) : la culture est un bien commun, un lien dans une société qui se polarise, un sujet trop absent du débat présidentiel. Jusque-là, Erwan Gouadec et Philippe Bilger semblent marcher du même pas. Puis, sans crier gare, le consensus sert de rampe de lancement à une critique bien connue des « modernes » : trop d’hermétisme, trop de provocation, trop de corps, trop de metteurs en scène qui se prennent pour l’auteur. Ce qui commençait comme une défense large et généreuse de la culture se termine en règlement de salle.
On relèvera au passage la dénonciation de la nudité scénique. Curieux réflexe, au moment où les mêmes sensibilités s’indignent, à juste titre parfois, des cultures qui imposent de masquer le corps des femmes. Le corps trop montré ici serait une indécence ; le corps trop caché ailleurs, une oppression.
Mais le paradoxe le plus net est ailleurs. On nous enjoint de préférer les œuvres « consacrées par les siècles » à la création « à la mode ». Or ces œuvres ont d’abord été modernes, souvent scandaleuses, parfois interdites. Tartuffe fut interdit. Les Fleurs du mal et Madame Bovary passèrent au tribunal. Le Sacre du printemps déclencha une quasi-émeute. Ubu roi fit scandale. Shakespeare mêlait rois, fossoyeurs, sang et équivoques sexuelles. Quant à Anouilh, cité en modèle de bon goût, il récrivait les Grecs et faisait d’Antigone une pièce de son temps. Les classiques n’ont pas été conservés parce qu’ils étaient sages, ils le sont devenus après avoir dérangé.
On peut aimer Vilar, le répertoire et la clarté. On peut aussi trouver naïve l’idée qu’un festival de musiques actuelles comme les Trans se sauverait en se conduisant comme une maison de Molière. Ce n’est pas le même objet.
Alors vive les Trans… une fois qu’ils ont cessé de faire scandale.
Bravo. Je souscris intégralement à votre commentaire.
Les Trans ? Lesquels ? Les transsexuels ? Non merci, pas de ça chez moi. La société est déjà assez dégénérée, détraquée et pervertie par toutes les tares immondes qui polluent la jeunesse : piercings, tatouages, queues-de-cheval, jupettes masculines, déhanchements outranciers.
Quant à la vieillesse, elle n’est pas davantage à l’abri des dérives sexuelles, notamment de la pédophilie, à en juger par le nombre d’affaires qui défraient régulièrement la chronique.
Moi, je suis blanc de souche, hétéro, bien rasé, coiffé à ras, de droite extrême, patriote, sans tatouages ni piercings : un vrai mec, rien à voir avec ces détritus de la société, loques, larves, assistés, pleurnicheurs.
Vive moi, à bas eux !
”Elle (la culture) est un vecteur de lien alors qu’il n’y en a plus beaucoup et elle peut être aussi une résistance sensible et humaine à des évolutions technologiques.”
La culture !!!
La culture n’est pas un fonds de commerce.
Elle n’est pas un lien, ça c’est un fantasme d’esseulé.
Elle ne craint rien ni personne.
Elle vit en dehors des conventions.
Elle n’appartient à aucun groupe humain.
Elle n’existe que pour nuire à l’ennui.
Elle ne vit que pour consoler de l’ennui.
Elle ne dévore que les chagrins.
Elle n’accouche que de ce qui préexiste.
Elle ne s’encombre pas de convenances.
Elle n’a pas de pays, ni de langue, ni de couleur, ni de note, ni de parfum.
Elle est toutes et chacune des étoiles semées sur la voie lactée, presque inaccessible…
La culture dort sur mon épaule entre deux firmaments.
Alors, ceux qui produisent aujourd’hui de pâles et tristes copies, qui veulent être des commensaux de tables garnies, dont l’âme se trouble quand la tempête approche, qui proclament qu’un lien relie les hommes parce qu’eux-mêmes font des cabrioles, doivent savoir que moi qui suis personne, je nie et dénie cette culture de masse.
Pour ce qui est de cette affirmation : ”elle peut être aussi une résistance sensible et humaine à des évolutions technologiques”, elle est d’une si grande sottise et méconnaissance qu’elle fait désirer un grand silence !!