Les affaires, les controverses, les polémiques, les dénonciations, les accusations et les initiatives contestables et contestées ont un avantage : elles révèlent la catégorie singulière des ignorants qui savaient tout, des courageux quand la défaite est consommée.
Gianni Infantino (GI) longtemps porté aux nues, au moins par lui-même, patron absolu de la FIFA, homme d’argent s’il en est, vient d’être lâché à cause de son étrange idée de faire appel à des investisseurs privés. La provocation de trop, décidée par lui seul. Il est immédiatement désavoué par ses plus proches et d’aucuns n’imaginent pas d’autre solution, pour lui, que son départ anticipé volontaire.
Dans cette effervescence, le comportement d’Arsène Wenger, occupant une fonction importante à la FIFA et s’y étant impliqué avec énergie, m’amuse cependant dans la mesure où, avec quelques jours de retard, le temps de vérifier où en était le rapport de force, il a décidé de critiquer GI et de prendre ses distances avec lui. Ce n’est pas lui qu’on pourrait qualifier d’impulsif, il se sépare après avoir mûrement réfléchi quand la cause est déjà largement entendue !
Et tous ces ignorants qui savaient tout pour les agressions sexuelles ou les viols impliquant des personnalités, artistes, chanteurs, acteurs, animateurs, élus, etc…
C’est seulement après, trop tard, qu’on découvre que tout le monde était au courant, qu’en tout cas les « ploucs » étaient ceux qui n’étaient pas au parfum…
Ces intrépides de la vérité seulement une fois révélée cultivaient une double volupté : d’abord faire partie des initiés quand, paraît-il, rien n’était encore connu, ensuite jouir de pouvoir dire qu’ils savaient tout depuis longtemps…
La liste est longue, l’Abbé Pierre, Gérard Miller, Patrick Bruel, Gérard Depardieu, Nicolas Hulot…
Comment ne pas détester, presque au même titre que les protagonistes réels ou soupçonnés de la malfaisance, de la répétition transgressive, ces audacieux de la vingt cinquième heure, ces silencieux complices, ces inquisiteurs sans risque, ces justiciers en plein confort , ces intervenants de la seconde d’après, de la minute qui vient, de l’heure qui approche, des années une fois passées ?