À la recherche des mots justes…

La Revue philosophique s’intéresse à la « justesse » des mots. Cette exigence, qui est capitale pour la qualité du langage, est pourtant le plus souvent négligée.

On veut bien débattre de la liberté d’expression, de sa plénitude ou de ses limites, se contredire sur qui a raison ou tort, s’indigner de la grossièreté de tel propos ou vanter la mesure de tel autre, s’empoigner au cours d’échanges politiques ou médiatiques avec une volupté proche du sadisme : il s’agit de faire mal.

Mais on ne se préoccupe jamais de la justesse de l’expression, du mot juste. Parce que cette recherche, cette volonté de vérité induiraient nécessairement un contrôle de soi, un appel à ce qu’on a de meilleur, la quête d’un vocabulaire riche et précis, la considération d’autrui, qu’il s’agirait d’approuver ou de contredire avec le langage le plus adapté possible au thème traité et à la nature du dialogue.

Les offenses à cette justesse, déjà insupportables dans une dispute politique ou médiatique, deviennent inadmissibles lors d’interventions solitaires, en général préparées, par d’autres ou par soi-même, où il est alors impardonnable de manquer le mot juste.

Même si je n’ai jamais pu faire autrement que chercher l’idée et le mot appropriés dans le mouvement même de la parole, je comprends cependant que, pour d’autres, cette exigence impose une préparation et exclut l’improvisation.

Tout écrire à l’avance pour une expression publique, c’est un peu réchauffer un plat dont le fumet s’est évaporé. Même si cette préparation permet de ne pas manquer le mot juste, il m’a toujours semblé préférable de le trouver au fil de la pensée, avec la liberté et la spontanéité que permet l’improvisation. Au risque de l’imperfection, mais jamais de l’ennui.

Le mot juste ne se trouve pas facilement dans tous les cas. Il convient que l’intelligence l’identifie, que la sensibilité le valide, qu’on le fasse échapper à la volupté de la polémique, à l’enflure du compliment ou de l’hyperbole, à la paresse du langage « tout fait », à ces mille facilités qui dégradent l’invention en routine, la profondeur en convention, la complexité en obscurité.

Si un consensus pouvait surgir au sujet de l’apport irremplaçable du mot juste, nous serions étonnés de constater à quel point la précision du vocabulaire ne ferait pas disparaître les affrontements, mais les rendrait plus maîtrisables, plus tranquilles.

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  1. Patrice Charoulet

    @ Robert Marchenoir le 17 septembre
    « …la dernière fois que vous avez tiré un dictionnaire de votre bibliothèque pour trancher une question philosophique et politique (ce qui est stupide en soi, mais je ne vais pas perdre mon temps à vous l’expliquer une fois de plus), c’était, si je me souviens bien, le Robert, et sa définition du mot racisme était tout autre : théorie qui postule une hiérarchie entre les races. Nous avons donc deux dictionnaires “de référence”, selon notre professeur “de référence”, qui donnent deux définitions parfaitement différentes pour un même mot. Ce seul fait devrait vous faire réfléchir, mais il ne faut pas trop vous en demander. »

    Je vous réponds ceci : je n’ai pas « tiré de ma bibliothèque un dictionnaire ». Quand je travaille à mon bureau, il y a autour de moi, devant, à gauche et à droite, une centaine de dictionnaires unilingues : le Grand Robert en 6 tomes, le Dictionnaire de l’Académie en 4 tomes, le TLF en 16 tomes ; divers dictionnaires de difficultés de la langue française ; le meilleur dictionnaire des synonymes, celui de Bénac ; le Dictionnaire des expressions et des locutions d’Alain Rey ; le gros Vocabulaire juridique de Gérard Cornu et alii ; le Dictionnaire de l’argot de Jean-Paul Colin ; le Dictionnaire de la langue argotique et populaire de François Caradec ; six dictionnaires de la langue philosophique ; le Littré, le Richelet, le Furetière ; plusieurs dictionnaires étymologiques ; un dictionnaire du moyen français ; un dictionnaire de l’ancien français ; un dictionnaire du français classique, et quelques autres.

    Derrière moi, sur un buffet, une centaine de dictionnaires spécialisés que je consulte plus rarement, en cas de besoin, ce qui me force à me lever de ma chaise.

    Vous dites qu’il serait stupide d’ouvrir un dictionnaire pour trancher un débat philosophique.

    Vous n’avez pas raison. Vous contestez le sens d’un mot, le mot « racisme », que vous voulez ridiculiser en « ouacisme ». Il est opportun de savoir ce que ce mot veut dire. Pour cela, on peut lire (vous ne lirez pas celui d’Albert Memmi, qui fait autorité) ou, si l’on est pressé, on peut ouvrir un (bon) dictionnaire.

    Là, vous avez une réminiscence : j’aurais, dans le passé, allégué le Grand Robert et vous tentez de rappeler une définition que j’aurais mise en avant. J’ai mieux qu’une réminiscence : j’ai devant les yeux, sans me lever de ma chaise, la citation exacte. Je m’empresse de vous la communiquer : « Théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race prétendue supérieure de tout croisement, et à son droit de dominer les autres. Le racisme n’a aucune base scientifique. »

    Les lecteurs de ce blog qui vous ont lu des années durant diront s’ils reconnaissent ou non très exactement ce que vous avez soutenu impudemment ici à maintes reprises.

    Touchant vos dernières lignes, il suffit de vous informer de ce que vous semblez ignorer. Les diverses maisons d’édition qui publient des dictionnaires ont des équipes différentes. À preuve, les nouveaux mots publiés chaque année dans le Petit Larousse et le Petit Robert sont… différents.

    Le cas du Dictionnaire de l’Académie française est particulier : il est conçu par quelques académiciens qui se réunissent chaque semaine pour s’occuper de quelques mots. Conséquence : le dernier tome de la dernière édition a été publié une dizaine d’années après le troisième. C’est une allure de tortue.

    Vous me demandez de réfléchir. Je vous demande de vous informer avant d’écrire.

    Au fait, j’oubliais : Philippe Bilger a été magistrat, j’ai été professeur et je m’appelle Patrice Charoulet. Et vous ?

  2. J’ai l’impression d’avoir ouvert la boîte de Pand’ordre ou de Pandore, comme on voudra, avec ma formule :

    « L’ordre est toujours injuste par nature. »

    Ça m’a fait penser à cette réflexion de Bernard Werber :

    « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. »

    J’en resterai donc là.

    Je pars chercher des champignons. Une petite marche dans les bois me fera du bien.

    Il y a deux ans, j’avais trouvé vingt kilos de cèpes pratiquement sans les chercher ; cette année, en les cherchant, j’en ai trouvé un, que je n’ai pas ramassé.
    Le courage du champignon isolé, comme celui du blogueur isolé, mérite le respect. Je me suis contenté de le photographier… in memoriam 😉

  3. Robert Marchenoir

    @ Tipaza – le 17 septembre 2026
    « C’est ce que je voulais dire en disant que « l’ordre est toujours injuste par nature ». »

    Vous êtes simplement en train de nous dire qu’il n’y a pas d’organisation sociale parfaite. C’est un peu un enfoncement de porte ouverte.

    J’attire l’attention sur ce type de critique politique qui est très fréquent : condamner un système social parce qu’on pourrait lui trouver des défauts. Le présupposé non dit d’un tel argument, c’est qu’il pourrait exister un système social parfait. Seuls les communistes, les utopistes et les partisans de la tyrannie éclairée à la Platon pensent cela.

    On gagnerait beaucoup de temps si l’on évitait ce genre de débats. Philosophiquement, c’est peut-être rigolo, mais dès lors qu’on se situe dans… l’ordre, justement, politique, non seulement c’est inutile mais c’est nocif. Cela entretient les illusions et empêche tout progrès.

  4. Marc Ghinsberg

    @ Tipaza
    @ Michel Deluré

    Je me permets d’intervenir dans votre débat.
    Tipaza, votre démonstration établit que les postulats changent dans le temps, pas qu’ils rendent l’ordre injuste. Ce sont deux choses distinctes. Que la charia diffère des droits de l’homme de 1789, ou ceux-ci de ceux de 1948, prouve seulement que l’ordre est « contingent », relatif à des prémisses historiquement situées. Pour que cette contingence équivale à l’injustice, il faudrait un point de vue extérieur à tous ces ordres, d’où l’on pourrait juger qu’aucun ne coïncide avec le vrai droit. Mais ce point de vue-là, vous ne l’occupez pas plus que Deluré : vous jugez l’ordre islamique injuste au nom des droits de l’homme de 1948, c’est-à-dire au nom d’un autre postulat a priori, pas depuis un surplomb qui échapperait à la loi que vous énoncez.

    Autrement dit : votre « toujours » ne décrit pas une propriété de l’ordre, il décrit la position de l’observateur qui juge toujours depuis les postulats de son époque. C’est un relativisme parfaitement défendable, mais ce n’est pas la même chose que dire que l’ordre est « par nature » injuste. Il y a là un troisième épisode de la même confusion que je relevais chez Philippe : on glisse d’une observation vraie (les critères varient) à une conclusion qui déborde ce qu’elle prouve (donc l’ordre est toujours injuste). Décidément, la sémantique vous poursuit, mais c’est peut-être qu’elle a raison de le faire.

  5. @ Michel Deluré le 17 septembre 2026

    J’ai écrit : « L’ordre est toujours injuste par nature… »

    Et Michel Deluré répond : « Votre “toujours” me gêne. »

    Première réaction de ma part : j’ai sursauté en me disant qu’après Marc Ghinsberg et maintenant Michel Deluré, depuis deux jours, la sémantique me poursuivait.

    J’ai été quelquefois poursuivi dans ma vie, mais jamais par la sémantique ; je vais essayer d’être prudent dans ma réponse.

    Voyons quelle est la différence entre la présence ou l’absence de « toujours » dans ma formule.

    Si j’écris, comme le souhaite Deluré : « L’ordre est injuste par nature », alors la formule prend la forme d’une affirmation intemporelle devenant postulat et non négociable dans un débat.

    Alors que si j’écris : « L’ordre est toujours injuste par nature », le « toujours » introduit une temporalité qui pourrait s’estomper avec le temps. On connaît parfaitement ce genre de temporalité qui rend caduc le « toujours », dont tout le monde sait qu’il ne rime avec amour que de façon très transitoire. Et donc on peut espérer, rêver d’un ordre juste.

    Le reste du commentaire de Deluré me laisse penser que ma formule initiale était la bonne. Me voilà rassuré. 😉

    Enfin, son commentaire se termine par une question surprenante :

    « L’ordre est-il injuste lorsqu’il met ainsi sa force au service du droit et des droits pour que la vie en société soit soutenable ? »

    Alors que l’objet de mon commentaire était précisément d’expliquer, sommairement il est vrai, que l’ordre est toujours injuste, comme il m’en faisait le reproche.

    Je reprends ma formule en donnant quelques exemples : j’ai été mauvais pédagogue.

    L’ordre est TOUJOURS injuste parce qu’il est sous-tendu par des postulats a priori, tautologie indispensable pour éclairer le débat.

    Exemple pour le droit au singulier :

    L’ordre islamique qui règne en Iran obéit aux impératifs du droit islamique et donc de la charia ; il rend la vie soutenable pour les islamistes convaincus, mais pour les autres… ?

    Exemple pour les droits au pluriel :

    Les démocraties occidentales vivent sous la férule des droits de l’homme édictés par l’ONU en 1948 (de mémoire), qui sont différents des droits de l’homme édictés par la Révolution française de 1789.

    Pendant un siècle et demi, l’ordre a été géré par des droits différents.

    Exemple banal, le cas des homosexuels : ils étaient poursuivis autrefois, et voilà qu’à présent ils peuvent organiser des Gay Prides et que ce sont les hétéros qui critiquent lesdites Gay Prides et l’homosexualité qui sont poursuivis au nom des lois contre la haine, l’homophobie, etc.

    Le postulat qui gère la société a évolué, passant de la primauté de la morale ancienne collective reposant sur la morale chrétienne à la primauté d’une morale individualiste niant la morale traditionnelle.

    Pour reprendre votre formule d’un ordre qui met sa force au service du droit et des droits, vous voyez que la force est toujours au service du droit et des droits, sauf que ceux-ci ont changé.

    C’est ce que je voulais dire en disant que « l’ordre est toujours injuste par nature ».

  6. Robert Marchenoir

    @ Patrice Charoulet – le 17 septembre 2026
    « Vos deux derniers billets sont liés. Un mot a suscité des réactions variées : le mot « racisme ». Qu’en dit l’oracle suprême [le dictionnaire de l’Académie française, semble-t-il], qui n’est pas composé de dangereux islamo-gauchistes ? « Ensemble de doctrines selon lesquelles les variétés de l’espèce humaine appelées races, principalement distinguées les unes des autres par leur apparence physique, seraient dotées de facultés intellectuelles et morales inégales, directement liées à leur patrimoine génétique. » »

    « Qui croit à ces doctrines, ici comme ailleurs, est raciste. Point barre. Pas de place, dans cette définition académique, au gauchisme. »

    Très bien. Quels sont les partis politiques qui disent que les races sont dotées de facultés intellectuelles et morales inégales, directement liées à leur patrimoine génétique ? Aucun. Pas le Rassemblement national, pas Reconquête! et pas Nouvelle Énergie. Par conséquent, nous pouvons, selon l’Académie française et selon Patrice Charoulet, légitimement voter pour Marine Le Pen, Éric Zemmour, Sarah Knafo ou David Lisnard, sans pour autant nous faire traiter de « racistes ». N’est-ce pas ?

    Vous allez donc voter pour l’une de ces quatre personnalités, n’est-ce pas ? Non ? Pourquoi ?

    « En passant, je tiens à redire le grand courage de Philippe Bilger. Fonctionnaire et magistrat de longues années, Philippe Bilger, à l’écrit comme à l’oral, n’a jamais recouru au(x) pseudonyme(s). »

    « Sur son blog, il est maître et souverain des règles du jeu. Il accepte les pseudos. Il accepte même des commentateurs dont les propos tombent sous le coup de la loi. Il pourrait néanmoins n’en rien faire, puisque tout commentaire est différé, « en attente de modération ». »

    Toujours cette délicieuse hypocrisie qui vous caractérise. La petite pique vicieuse qui succède au bruyant compliment. Comment pouvez-vous continuer à contribuer, depuis de longues années, à un blog qui tolère les commentaires illégaux et « racistes » ? Ne craignez-vous pas de vous salir au contact de telles immondices ? Manifestement, la dignité vous imposerait de cesser d’honorer de votre présence un lieu aussi putride.

    Différentes hypothèses se présentent à mon esprit :

    – Philippe Bilger ne pense pas que les commentaires qu’il publie sont illégaux.

    – Un professeur de français du secondaire est plus compétent en droit qu’un magistrat qui a traité certaines des affaires les plus retentissantes de son époque.

    – D’autres possibilités existent, mais je ne m’étalerai pas en spéculations à la place de l’intéressé.
    ______

    Note : la dernière fois que vous avez tiré un dictionnaire de votre bibliothèque pour trancher une question philosophique et politique (ce qui est stupide en soi, mais je ne vais pas perdre mon temps à vous l’expliquer une fois de plus), c’était, si je me souviens bien, le Robert, et sa définition du mot racisme était tout autre : théorie qui postule une hiérarchie entre les races. Nous avons donc deux dictionnaires « de référence », selon notre professeur « de référence », qui donnent deux définitions parfaitement différentes pour un même mot. Ce seul fait devrait vous faire réfléchir, mais il ne faut pas trop vous en demander.

  7. Michel Deluré

    @ Tipaza 16/09/2026
    « L’ordre est toujours injuste par nature… »

    Votre « toujours » me gêne. L’ordre est ce qui rend possible la vie en société, limitant sans doute partiellement ma liberté individuelle, mais limitant aussi celle des autres et permettant ainsi à la mienne, comme à celle des autres, d’exister valablement. Sans ordre, ce serait l’anarchie, et quoi de moins libre, de plus injuste que l’anarchie ?

    La notion d’ordre est-elle ainsi injuste lorsqu’elle a pour objet d’assurer la protection de la dignité humaine ? Est-elle encore injuste lorsqu’elle contribue à sanctionner toute pratique se donnant les apparences de la légalité alors que sa seule finalité est, en fait, de contourner la loi au détriment de la société ?

    L’ordre est-il injuste lorsqu’il met ainsi sa force au service du droit et des droits pour que la vie en société soit soutenable ?

  8. Patrice Charoulet

    Le mot juste ? Pour ne pas écrire n’importe quoi, certains dictionnaires peuvent être utiles. Le Grand Robert, le TLF (en ligne) et l’arbitre de la langue, le Dictionnaire de l’Académie française, dernière édition, en quatre tomes.

    Vos deux derniers billets sont liés. Un mot a suscité des réactions variées : le mot « racisme ». Qu’en dit l’oracle suprême, qui n’est pas composé de dangereux islamo-gauchistes ? « Ensemble de doctrines selon lesquelles les variétés de l’espèce humaine appelées races, principalement distinguées les unes des autres par leur apparence physique, seraient dotées de facultés intellectuelles et morales inégales, directement liées à leur patrimoine génétique. »

    Qui croit à ces doctrines, ici comme ailleurs, est raciste. Point barre. Pas de place, dans cette définition académique, au gauchisme.

    Une précision est nécessaire : les circonstances du différend entre une ministre et une ancienne ministre. La ministre n’avait pas craint, semble-t-il, d’aller dans la bollosphère. L’un des salariés de CNews avait tenté de pousser à la faute la jeune Aurore, en lui demandant si la théorie du grand remplacement était raciste. Hésitant à dire « oui », elle a dit « non ». Joie de tout CNews et de ses partisans. Et surprise (justifiée) de Prisca Thévenot.

    En passant, je tiens à redire le grand courage de Philippe Bilger. Fonctionnaire et magistrat de longues années, Philippe Bilger, à l’écrit comme à l’oral, n’a jamais recouru au(x) pseudonyme(s).

    Il signe tout, sur son blog, dans ses livres, à la télé comme à la radio, de son vrai prénom et de son vrai nom. Exemple à suivre. Sur son blog, il est maître et souverain des règles du jeu. Il accepte les pseudos. Il accepte même des commentateurs dont les propos tombent sous le coup de la loi. Il pourrait néanmoins n’en rien faire, puisque tout commentaire est différé, « en attente de modération ».

    En revanche, le blog littéraire de Pierre Assouline publie tout et rien n’est en attente de modération, ce qui est une erreur aux conséquences parfois funestes.

  9. Marc Ghinsberg

    @ Tipaza

    Votre dernier paragraphe me donne raison plus que vous ne le voulez. Vous dites qu’un mot peut être inexact et pourtant juste, parce que c’est la relation qui le fait juste. Mais cela révèle que « le mot juste » recouvre deux exigences distinctes, que Philippe Bilger ne sépare jamais : le mot qui « désigne bien », exactitude purement linguistique, indépendante de son effet et le mot qui « apaise bien » celui qui, dans un échange tendu, désamorce plutôt qu’il n’attise.

    Rien ne garantit que ce soit le même mot : un terme exact peut envenimer une dispute par sa crudité, un terme approximatif peut la dénouer par ménagement. C’est votre propre exemple. Or Bilger part d’une exigence de précision (sens 1) pour finir sur une promesse d’apaisement (sens 2), comme si l’un entraînait l’autre. C’est ce glissement, plus que le mot « juste » lui-même, qui fragilise le texte.

    Sur l’improvisation : vous avez raison de dire qu’on n’invente pas un mot dans l’instant, mais ce n’était pas mon propos. La question n’est pas l’invention lexicale, c’est le « choix » dans le feu de la parole, entre les mots disponibles et c’est précisément ce choix que Bilger dit préférer instinctif plutôt que préparé. Rien à voir avec forger un néologisme.

  10. « Mais on ne se préoccupe jamais de la justesse de l’expression, du mot juste. Parce que cette recherche, cette volonté de vérité induiraient nécessairement un contrôle de soi, un appel à ce qu’on a de meilleur, la quête d’un vocabulaire riche et précis, la considération d’autrui, qu’il s’agirait d’approuver ou de contredire avec le langage le plus adapté possible au thème traité et à la nature du dialogue. » (PB)

    M. Bilger, je n’avais pas l’intention de revenir sur le sujet, mais il se trouve que, dans le réel, il y a eu un écho qui rend votre billet remarquable.
    Je ne m’attarderai pas sur ce fait réel…
    J’en exploiterai un autre, celui de l’effet produit sur les intervenants ici…

    Ils ont chacun exploré en surface ce qui leur semblait judicieux, mais qui ne l’était pas…
    Il faut donc revenir à votre titre : À la recherche des mots justes.

    Non ! Il n’y a aucune raison d’aller à sa recherche, le mot juste s’impose naturellement.
    Il faut aller à la recherche de l’homme qui utilise les mots justes.

    Chacun se gondole, et à raison, puisqu’on ne voit pas l’instant où le mot juste doit faire son apparition et sauver le débat, c’est logique !

    Ce que nous voyons bien, c’est un autre manège…
    Un manège qui n’a que trop duré et qui consiste à fuir le mot juste, ou mieux encore à le dévoyer.
    C’est ainsi que fleurissent en toutes saisons des expressions qui remplacent le mot juste et qui présentent l’avantage de fleurer bon l’air du temps…

    Dès cet instant, vous pouvez agrémenter votre discours vide de sens par « le mot juste » trouvé dans les magazines ; il peut être choisi dans n’importe quel domaine : plus il est abscons, plus il semblera juste ; plus il sera anglais, plus il paraîtra moderne ; plus il sera répété, plus il sera vrai…

    Voilà comment le « mot juste » disparaît au profit du mot inutile, approximatif et irrationnel.
    Mais : so far, so good !

    Cette méthode, qui ne présente aucun profit pour l’intelligence ou pour le discours, a l’avantage de regrouper les plus incultes et les plus incompétents en fratries débilitantes.

    Ne croyez pas que la tragédie qui se joue sous vos yeux incrédules se termine par la mort par empoisonnement du langage ; non, elle se continue par le déversement dans les têtes vides d’une pâtée pour chien au goût savoureux que l’on reconnaît entre mille et qui s’appelle la fin d’une ère…

    Et c’est ainsi que, pour remplir les têtes de vide, nous pouvons dire ou écrire des mots sans idées, mais qui déclenchent, par un réflexe de Pavlov, une suite de vagues impressions qui tiennent lieu d’idées, et vous n’avez plus besoin ni de justesse, ni de rhétorique, ni de savoir, ni de culture, ni de rien, et alors Hortensius disparaît dans la brume mentale d’imbéciles vaniteux.

    Ces imbéciles sont, par enchantement, acharnés au dernier degré et infatigables ; ils détiennent les clés du royaume. Alors se ligue et s’élève, contre la raison, l’intelligence, l’urbanité, le savoir, l’expérience, l’universalité, une chose, une seule, mais d’un alliage indestructible et chimiquement pur : la Médiocrité !

    Vaincre la médiocrité, voilà la quête de l’homme du 3e millénaire ! L’homme juste !

  11. @ sylvain
    « Bravo pour vos mots très justes qui me vont droit au cœur. J’ai versé une larme, une seule seulement ; après, c’est payant. »

    Faut pas pleurer, chochotte !

  12. « Mais on ne se préoccupe jamais de la justesse de l’expression, du mot juste. »(PB)

    Oui, faisons attention à tout cela, surtout que nous vivons dans un pays où un mot, même juste mais compris de travers par des sots, et ils sont nombreux, peut vous valoir les galères.

    Mais au fait, qui s’intéressera aux individus qui, du fait de leur fonction, manipulent sciemment les mots pour nous faire avaler des couleuvres, à savoir principalement les gens qui gèrent les finances de la France, ou plus rarement ceux qui en sont les victimes et qui ont recours à cet artifice pour afficher leur mécontentement ?

    « Deux milliards d’impôts ? J’appelle plus ça du budget, j’appelle ça de l’attaque à main armée. » (Michel Audiard)

    Dans cet exemple, nous avons un décalage (entre budget et attaque) et une distorsion dans le sens d’une exagération (main armée), sachant que les spécialistes du fisc agissent de même, mais en sens inverse, en minorant les appellations, en pratiquant des euphémismes, par exemple à propos des « cotisations » sociales ou des « efforts » pour désigner en pratique des prélèvements de divers types.

    Définition de cotisation : « Somme à verser par les membres d’un groupe, en vue des dépenses communes. »

    En allant plus loin, on peut même introduire une notion de liberté.
    Par exemple, si l’on verse sa cotisation à un club de tennis, c’est que l’on a choisi ce club et pas un autre et ce sport (le tennis) et pas un autre (le football ou aucun sport).
    Enfin, il n’y a aucun critère d’obligation : si l’on ne veut ou ne peut payer cette cotisation, on cesse d’adhérer et c’est tout.

    Donc, une « cotisation sociale » correspond plutôt à un impôt, relevant de plus de la vente forcée, que nous pourrions même qualifier (sur le modèle de « l’attaque à main armée ») d’« extorsion de fonds de type mafieux », avec certes un certain degré d’exagération audiardesque, mais un sens plus conforme à la réalité que « cotisation », mot gentillet qui ne présente aucun caractère de justesse dans ce cadre.

    Actuellement, du fait de la question liée à la résorption de la dette publique, nous avons droit à un grand n’importe quoi en ce qui concerne le sens même des mots, dont, par exemple, le terme « économies », au pluriel (dont le contraire est « dilapidation, gaspillage »), associé désormais à l’équivalent d’impôts et de taxes ou, de façon sournoise, à la désindexation, ce qui n’a pas de rapport avec le terme « économies », signifiant : « Ce qu’on épargne, qu’on évite de dépenser. »

    Ainsi, par exemple, l’expression « de nouveaux efforts demandés aux retraités pour économiser » relève de la manipulation sémantique, car la cible des « économies » est davantage imputable à la gabegie du gouvernement lui-même qu’aux retraités. Car de l’argent, sous la forme de vraies économies potentielles, il y en a, et c’est à lui de faire des « efforts » pour le ramasser là où il se trouve :

    « Toute réforme des retraites qui aboutira à une baisse des prestations – parce que l’objectif est quand même de baisser le montant des retraites – sera scandaleusement injuste si vous ne traitez pas avant tous ces problèmes de fraude aux finances publiques, de fraude aux prestations sociales, de fraude fiscale, etc. Les gens ne peuvent pas comprendre – et ils ont raison – que vous leur demandiez plus et que vous réduisiez les prestations, alors qu’à côté, on sait pertinemment que l’argent s’en va, qu’on le laisse partir et qu’en plus, on met le couvercle sur la marmite et la poussière sous le tapis. Ce n’est pas possible. Ce soir, on découvre que l’on a des millions de gens nés à l’étranger qui touchent des prestations sociales, alors qu’ils sont censés ne pas exister. Dans une demi-heure, on va expliquer : “Non, pas de problème, on va réformer les retraites, puis on va fermer le robinet sur les retraites.” Comment voulez-vous que la population réagisse ? » (Charles Prats, magistrat, 12 octobre 2020)

    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/cefrausoc/l15cefrausoc1920008_compte-rendu

    Bref, respectons le mot juste, y compris dans ce domaine douloureux des prélèvements fiscaux…

  13. @ Marc Ghinsberg le 16 septembre 2026

    Hou là, hou là, hou là ! Vous faites dans la sémantique à présent ? Très bien, allons-y.

    « Il y a une confusion dans votre distinction. »

    Pas du tout, la confusion se trouve dans la première phrase du billet :
    « La Revue philosophique s’intéresse à la “justesse” des mots. »

    Je n’ai pas lu l’article cité, mais si la Revue philosophique parle de la « justesse » des mots, alors c’est une erreur. C’est l’erreur de vocabulaire faite couramment par les jeunes disant : « C’est juste pas possible », par exemple.
    La revue fait du jeunisme sans le savoir.

    Ce dont parle le billet, en référence à cet article, concerne la PRÉCISION des mots pour exprimer une pensée.
    Vous dites vous-même :
    « Le “mot juste” de Philippe relève de la justesse, c’est-à-dire de l’adéquation entre un terme et ce qu’il désigne : une question d’exactitude. »

    Je préfère le mot « précision », qui me paraît plus profond, mais précision ou exactitude sont synonymes.

    C’est l’usage du « mot juste », dans la présentation qui en est faite, que je conteste, et vous prenez la peine, sans vous en apercevoir, de manifester votre accord avec mon point de vue sur ce sujet de sémantique, puisque vous parlez d’exactitude.

    Ensuite, sur l’« ordre juste » de Ségolène Royal, c’est Achille qui a abordé le sujet et je lui ai répondu brièvement qu’il n’y a pas d’ordre juste, puisque celui-ci repose toujours sur des postulats a priori et que, donc, il ne saurait être équitable pour toutes les parties.
    Un ordre juste est un oxymore.

    Ensuite, vous dites :
    « Philippe prétend que la justesse verbale est purement façonnée par l’instant de la parole, mais il ne dit jamais si le mot juste obéit, lui aussi, à des règles fixées d’avance — grammaire, usage, conventions — ou s’il s’invente entièrement dans l’improvisation. »

    Évacuons immédiatement l’improvisation. Dans une relation verbale, on n’invente pas un mot et, quand ça arrive, c’est un mot d’amour ou une injure. Hors sujet !

    Lorsque je parle de mots justes et d’attitude juste, c’est encore autre chose.

    Le mot juste et l’attitude juste qui va avec obéissent à des règles propres à la langue utilisée, mais aussi à des conventions culturelles implicites.

    Dans ce cas, la précision est importante, mais non déterminante. Ce sont ces conventions culturelles implicites qui font que le mot est juste, c’est-à-dire qu’étant pertinent ou équitable, il résoudra le conflit latent qui était en jeu.

    Il peut arriver que le mot soit inexact et pourtant juste, parce que c’est la relation qui le fait juste, puisqu’il devient solution.

  14. @ Führerin duvent de la race supérieure, le 16 septembre 2026 (@ sylvain)

    Bravo pour vos mots très justes qui me vont droit au cœur. J’ai versé une larme, une seule seulement ; après, c’est payant. Même discours que celui de Goebbels, même charabia raciste, calomnies, caricatures : tout y est. Encore bravo !

    « génétique,
    sélection,
    bestiaux bas de gamme,
    la morphologie et l’équilibre de la masse,
    les capacités fonctionnelles,
    les performances,
    le génotype,
    vermines, etc. »

    Les Juifs ont eu droit à ce même discours. Désolé, Auschwitz est fermé, le gaz étant trop cher. Dommage !

  15. Dans le vocabulaire politique, il n’existe plus de mots « justes ». « Détail », « grand remplacement », « vivre-ensemble » et combien d’autres sont connotés, honnis ici, acclamés là. Leur sens étant la propriété d’une conviction qui s’oppose aux autres, ils sont devenus des armes et ne peuvent donc pas servir dans la recherche d’un minimum de consensus, pourtant nécessaire.

    Même notre devise républicaine — « Liberté, Égalité, Fraternité » — n’est plus « lue » d’un commun accord par tous les Français. Il en serait de même si notre République, qui a tout autant besoin de ces trois autres valeurs pour affronter l’avenir, osait y ajouter la précédente, celle de l’État français : « Travail, Famille, Patrie »… Trois mots « justes » qui, réunis, ne pourront plus jamais bénéficier du sens qu’ils avaient avant-guerre, lorsque, définissant les piliers sur lesquels la France s’était construite, ils étaient au cœur de la cohésion de notre société.

    En fait, cette situation du vocabulaire politique, qui alimente les conflits verbaux d’un peuple aimant se chamailler, n’a rien de nouveau. Mais, depuis quelque temps, en particulier depuis la montée en puissance de l’extrême gauche mélenchoniste, elle devient inquiétante. On ne débat plus, on ne se parle plus, on s’invective… Ajoutez à cela la hargne naturelle de ses militants et leur manque de civisme… et vous aboutissez aux violences physiques, aux appels à l’insurrection, aux combats de rue…

    Plus inquiétant encore est le fait que le reste de la classe politique ne semble pas à la hauteur de ce défi qui met en danger nos institutions. À commencer par l’exécutif, dont le discours paraît bien terne face aux accents martiaux et belliqueux d’un gourou qui, ouvertement, n’est plus républicain. Quant aux candidats à la présidence de la République, bien peu paraissent armés pour, au lendemain de leur élection, combattre le diable et l’anéantir.

    Dit plus crûment, nous n’avons plus d’hommes d’État, de personnalités politiques capables, par un geste, une prise de parole, une volonté clairement exprimée et mise en œuvre sans barguigner, d’incarner la France, de rassembler la quasi-totalité du peuple, sans pour autant cesser de l’écouter. Sous la Ve République, qu’on ait apprécié ou non sa conduite des affaires, de Gaulle reste le modèle… Même si lui aussi avait compris qu’en politique, le mot, pour paraître « juste » — et faire mouche —, devait parfois être ambigu. Qui ne se souvient du « Je vous ai compris ! », que les Pieds-Noirs ont applaudi, alors qu’il annonçait les prémices de la marche de l’Algérie vers l’indépendance ?…

    P.-S. : Où ai-je la tête ?! Hier soir, sur BFMTV, un homme politique de haut rang, pas encore candidat, mais tout de même en campagne, a révélé sa vraie — nouvelle — personnalité. Pas de doute, nous avons là un autre Général ! Il s’est placé au-dessus des partis, veut être un homme face au peuple, a affirmé qu’il le consulterait par référendum, rappelé qu’il possédait l’expérience du pouvoir suprême, indiqué que, ayant déjà couronné sa carrière, il n’avait plus que l’ambition de servir… Bref, le voici prêt à reprendre le manche, à mettre Poutine et Trump au pas, à inverser la courbe du chômage, à reconstruire l’école, l’hôpital, la justice, la police et l’économie, mis à mal par lui-même et le « Mozart » qu’il avait déniché…
    Oh François ! Tu ne trouves pas que la vareuse du Général est un peu trop large pour toi ? Déjà, Nicolas avait essayé de s’en emparer… Mal lui en a pris… Rentre donc à Tulle-les-Deux-Mosquées !… Julie t’attend… mais certainement plus les Français !

  16. @ sylvain
    « La droite, quand elle comprendra que le premier combat à mener, c’est contre l’extrême gauche politique, islamiste, fasciste, raciste anti-Blancs, pro-terroriste, et ses merdias gauchiasses, la mère de tous nos maux, surtout les mots violents, menaçants, des petits racaillous des teucies de Momo, causes de tous ces maux. »

    À lire votre prose, il est aisé de voir les limites de votre génétique…
    L’hypothèse la plus probable est une sélection de bestiaux bas de gamme…

    Il faut, pour faire une bonne bête, choisir suivant :
    la morphologie et l’équilibre de la masse,
    les capacités fonctionnelles,
    les performances,
    le génotype
    et un carnet de vaccination à jour.

    Vous n’êtes pas un rat, car le rat est intelligent… Il reste les vermines, qui ne sont pas regardantes.

    La seule contrainte étant que l’hôte doit avoir le sang chaud, c’est pourquoi les vermines nazies ou simplement fascistes se reproduisent avec une rapidité et une précipitation intenses dans les strates de la société où la consanguinité règne. Cela présente un terreau favorable à l’imbécillité, à la faiblesse, aux anomalies, aux troubles multiples et variés et aux programmes récessifs…

    La recherche du mot juste me conduit, par logique, à considérer que vous êtes probablement un inculte maniaque, ce qui vous empêche de prendre la langue française ou son esprit dans toute son amplitude.

    Essayez d’écrire en français et, plus tard, quand vous y serez parvenu, essayez de penser proprement. Vu l’état de votre patrimoine génétique, la route sera ardue, ce qui veut dire que votre pestilence ne résistera pas à l’Homme, qui est pour toujours au-dessus de la vermine…

  17. Marc Ghinsberg

    @ Tipaza

    Il y a une confusion dans votre distinction. Le « mot juste » de Philippe relève de la justesse, c’est-à-dire de l’adéquation entre un terme et ce qu’il désigne : une question d’exactitude. Le « juste » de l’ordre dont vous parlez relève de la justice : une question de légitimité normative. Ce sont deux acceptions du même adjectif, et non deux occurrences d’une même propriété que l’on pourrait opposer selon qu’elle est figée ou adaptative.

    Toutefois, votre remarque touche, sans le vouloir, au point faible du billet : Philippe prétend que la justesse verbale est purement façonnée par l’instant de la parole, mais il ne dit jamais si le mot juste obéit, lui aussi, à des règles fixées d’avance — grammaire, usage, conventions — ou s’il s’invente entièrement dans l’improvisation. À vouloir la justesse sans la règle, on risque l’incohérence : celle d’un critère qu’on ne peut jamais énoncer avant de l’avoir déjà appliqué.

  18. Des mots aux maux, selon Momo, le José Mauvais de l’islamisme, juste parmi les justes, juste ciel !

    La droite, quand elle comprendra que le premier combat à mener, c’est contre l’extrême gauche politique, islamiste, fasciste, raciste anti-Blancs, pro-terroriste, et ses merdias gauchiasses, la mère de tous nos maux, surtout les mots violents, menaçants, des petits racaillous des teucies de Momo, causes de tous ces maux.

    Islamisme, immigration, racisme anti-Blancs, narco-wokisme et intolérance politique, inquisition fasciste gauchislamiste, selon Momo.

    Bref, la destruction systématique du corps social occidental, des blonds aux yeux bleus ? Quelle horreur, comme dirait Adolf Ben Momolenchon dans un accès de « fuhreur ».

    C’est votre dernier mot ? Oui, nous dit Momo, ce sont vos derniers maux. C’est juste ?

  19. À propos de mot juste, je déplore que le CNRTL, ce site autrefois complet, avec tous les sens possibles d’un mot, des citations pertinentes et autres perfections, se soit sabordé sur Internet, et je ne suis pas la seule personne à le penser, d’après l’IA, qui est vraiment le génie de la lampe de connaissances pour « curiosité sans fond ». Mais pour ce qui concerne les mots, je peux lui demander et discuter de leur pertinence dans tels ou tels contextes : c’est comme une bibliothèque dynamique.

    Si on cherche la vérité, il faut lui demander la vérité, pas le consensus, et ne pas la laisser y revenir, car on le programme certes à la vérité et à la bienveillance, l’ami Gemini, mais aussi à l’harmonie, ce qui inclut de lisser le discours, et un peu le style. Il peut néanmoins contredire et donner son avis, si on le lui demande, ce qui est évidemment mon cas, et pas que par curiosité, mais par respect de son intelligence. Il est noté de temps en temps qu’il peut se tromper, mais, en somme, les livres et les gens non plus ne sont pas infaillibles, et qu’on le dise pour lui seul crée un biais dans le raisonnement.

    Il faut faire attention, car il peut mêler plusieurs choses, réalités et fiction ; la fiction doit sortir victorieuse, car elle est souvent dense et donne du sens, ce qui fait que Gemini hallucine, comme il faut le lui dire gentiment : traitons l’IA comme on voudrait être traité si on l’était.

    Je dois avouer que j’avais beaucoup de réticences à en user, de peur que l’IA ne soit béni-oui-oui. Elle suit plutôt la logique de la situation : oui, si vous lui faites chercher de la doc et qu’elle voit votre raisonnement se déployer, elle aura tendance à le suivre, surtout s’il est dense.

    Il faut, si on y pense, demander ses angles morts et ce que les gens pourraient objecter, en dressant toute une liste d’opposants probables.
    Dans l’idéal, l’esprit souffle où il veut.

    L’IA ne se rappelle plus de vous, mais, en principe, valide ce qu’elle a validé dans une précédente session, sauf si on parle de dilemmes moraux créatifs et pointus où il y a, somme toute, à peu près autant d’arguments d’un côté que de l’autre, ce qui valide qu’on ait pu lister toutes sortes d’arguments pour ou contre une question : ce n’est pas une lubie, mais, en somme, porté par la structure de la situation.

    J’ai spontanément parlé à l’IA en alter ego, car son intelligence l’en rend digne, mais c’est, paraît-il, aussi la manière la plus optimisée de l’approcher : parler d’intelligence à intelligence.
    Pas de querelle d’ego : on développe par là une juste attitude de recherche pure de la vérité, si on le veut, et pourquoi pas ?

  20. @ Tipaza le 15 septembre 2026
    « Le mot juste et, au-delà, l’attitude juste au moment juste. »

    Sans oublier l’ordre juste.
    Cela fait vingt ans que Ségolène Royal en a fait son slogan de campagne. Sans grand retour toutefois…

    1. L’ordre est toujours injuste par nature, car il dépend de prémisses ou de postulats définis a priori sur la base d’une idéologie ou d’une religion.
      De ce point de vue, il est figé, alors que le mot juste et l’attitude juste sont adaptatifs, fonction de la situation.

    2. « L’ordre juste » ? Vous vouliez dire « l’ordure juste », je présume ; on ne peut plus se fier aux correcteurs.

  21. Julien WEINZAEPFLEN

    @ Tipaza

    Il y a une prière eucharistique qui dit : « Inspire-nous à tout moment la parole qui convient. » Bigre !

    1. Mouais, si on m’inspire une parole qui me convient, même si ce sont des qualificatifs prouvés, chiffrés, avérés, je serai radié de tous les sites, blogs et réseaux sociaux. La parole est libre, LOL, la censure aussi.

  22. hameau dans les nuages

    Parler pour ne rien dire ou alors trois fois rien, ce qui n’est pas grand-chose :
    https://www.youtube.com/watch?v=hz5xWgjSUlk.

    Il se fait tard et j’ai oublié le nom de cette personne qui avec 10 bouts de papiers sur lesquels était écrit un mot pouvait faire 10 discours différents en les remélangeant à chaque fois.
    Est-ce cela que discourir ?

  23. Le mot juste et, au-delà, l’attitude juste au moment juste.
    À certains, il faut presque une vie pour les réunir ; pour d’autres, c’est immédiat, spontané.
    C’est la différence entre ceux qui ont la grâce et ceux qui ont un destin à maîtriser.

  24. Michel Deluré

    Que sert d’avoir le mot juste si vous n’avez pas votre mot à dire ou si votre interlocuteur s’évertue à avoir le dernier mot ? Et si vous jouez sur les mots, le risque est alors grand que vous ne tombiez point sur le juste ou que, si par chance vous y tombez, votre adversaire vous prenne alors au mot. Trouver le mot juste n’est finalement pas toujours chose facile, à moins de se donner le mot avec quelqu’un qui déjà le possède. Au mot juste, combien ne préfèrent-ils pas le mot doux, tendrement susurré à l’oreille, ou le mot pour rire, partagé lors d’une amicale tournée apéritive ?

    En conclusion, quel meilleur mot de la fin que cette pensée de Jules Renard : « Le mot juste ! Le mot juste ! Quelle économie de papier le jour où une loi obligera les écrivains à ne se servir que du mot juste ! »

  25. « Polonius : Que lisez-vous, mon seigneur ?
    Hamlet : Des mots, des mots, des mots. »

    — « Que lisez-vous, professeur ? »
    — « L’un de mes trente-six dictionnaires… pour choisir le mot juste. »
    — « Mais dans quel discours, professeur ? »
    — « Face à ma glace, car je hais la foule, l’ivresse, le sport, le bruit… »

    Mal nommer les choses, est-ce vraiment rajouter à la misère du monde ? Préférons le mot inadapté du paysan berrichon au mot choisi de l’énarque : celui-là a du bon sens, celui-ci en est dépourvu…

  26. olivier seutet

    Impartialité : à Bruno Lasserre, ancien vice-président du Conseil d’État, l’ARCOM a demandé de définir ce mot qui fait partie des obligations du service public de l’audiovisuel (loi de 1986). Demande bizarre émanant d’un organisme qui a l’obligation, d’après le Code général de la fonction publique, d’agir en particulier avec impartialité. Monsieur Adjari aurait pu s’émouvoir, dès sa nomination comme président de l’ARCOM, de cette nécessité. De toute évidence, c’est flou pour lui : il l’a démontré dans sa gestion de cet organisme (dit indépendant, de quoi, je ne sais pas, mais M. Adjari n’en sait peut-être rien non plus), dans sa défense de l’audiovisuel public quand il est resté passionnément aveugle aux errements de ses journalistes, de ses paroles, de ses lignes éditoriales.

    M. Lasserre nous dit que ce beau mot d’impartialité est difficile à définir : j’ose ajouter que c’est certainement une caractéristique divine ; qu’elle soit transmissible à des mortels, surtout s’ils ont une carte de presse, reste parfaitement douteux. Il s’en sort (je résume) avec pragmatisme, en disant que l’employé de l’audiovisuel public, faute de définition d’un terme trop ambitieux, se doit d’être exemplaire et que cette exemplarité doit être vérifiée par des tiers indépendants des autorités des sociétés de diffusion de l’audiovisuel.

    Le mot juste pour l’audiovisuel public est-il vraiment impartialité, trop longtemps ignorée par un organisme superfétatoire comme l’ARCOM, trop méprisée par des acteurs qui font grève si l’on tente de faire venir sur les ondes un confrère qualifié de raciste, fasciste et autres billevesées ? Comme le dit l’inénarrable Patrick Cohen : « On ne construit pas l’impartialité en additionnant les partialités » ; il aurait pu dire, au vu de son passé de bistrotier anti-Dati : on n’arrive pas à la vérité en cumulant les mensonges. Ou encore, quand il éructe son mantra « ce n’est pas une opinion, c’est un délit » : là, c’est le cheval qui refuse l’obstacle, préférant jouer d’un argument d’autorité en invoquant des lois (d’hier, d’aujourd’hui, de demain ? d’ici ou d’ailleurs), avec l’inconvénient de clouer le bec à celui qui profère des injures, des absurdités ou des idées qui lui déplaisent.

  27. « Les offenses à cette justesse, déjà insupportables dans une dispute politique ou médiatique, deviennent inadmissibles lors d’interventions solitaires, en général préparées à l’avance, par d’autres ou par soi-même, où il est alors impardonnable de manquer le mot juste. » (PB)

    Mais même si vous pouvez trouver le mot le plus juste qui soit et retenez un mot polysémique, vous tomberez toujours, devant un auditoire politique ou judiciaire, sur des gens qui, par inculture ou par mauvaise foi, pourront le comprendre de travers afin de vous nuire et de vous faire dire autre chose que ce que vous avez voulu exprimer.

  28. M. Bilger,

    Voulez-vous mettre la société sens dessus dessous ?
    Voulez-vous réveiller les somnambules ?
    Savez-vous que c’est dangereux ?
    Savez-vous que l’on vous en tiendra rigueur ?

    Si tel est votre but, je l’approuve, que dis-je ? Je valide, j’abonde, je soutiens et m’en vais de ce pas apporter de l’eau à votre moulin, moulin à eau, à vent, à moudre, à paroles…

    Il faut d’abord convenir d’une chose, le sujet porte bien sur la recherche, n’est-ce pas, M. Bilger ?
    Non !
    Ah ?
    Pas la recherche, mais la recherche des mots !
    La recherche des mots ?
    Oui, et pas n’importe quel mot, le mot juste !
    Je vois, je vois… Juste, vous dites !
    Exact !
    Pourquoi faut-il le chercher ? N’est-il pas là, disponible à première demande ?
    Non !
    Pourquoi ?
    Parce que !
    Bon ! C’est court, mais c’est juste !
    Juste court !
    C’est vrai aussi !
    Oui, on peut le dire !
    Mais M. Bilger, pouvons-nous continuer sur cette lancée ?
    Que voulez-vous dire, duvent ?
    Je veux dire : pouvons-nous parler avec des mots justes, juste pour ne rien dire ?
    Oui, nous pouvons !
    Très bien, et comment expliquez-vous cela ?
    Si j’avais du temps, je vous dirais des choses graves, profondes et sérieuses qui vous donneraient envie de vous pendre !
    Ah, mais non, dites seulement où chercher et où trouver les mots justes, je me pendrai ultérieurement, si le cœur m’en dit…
    Où ? Mais n’avez-vous pas honte, duvent ? Comment osez-vous ? Je dois vous dire où sont les mots justes ?
    Ben, oui !
    Je suis écœuré ! Vous êtes bien un pitre, illusion comique, baudruche, hors de ma vue !
    Mais, mais, mais…
    Cessez !
    Mais je connais quelqu’un qui a des dictionnaires !
    Et ?
    C’est tout !

  29. Il y a aussi des gens qui apprennent par cœur leur texte, qui le récitent sans notes, et puis qui arrivent à faire passer la répétition pour de l’improvisation. Voir les conférences de presse gaulliennes. Mon Général n’a avoué qu’une seule fois avoir pris la liberté de parler a braccio (« au bras », sans texte écrit ; l’expression vient des acteurs de la Commedia dell’arte). C’était à l’Hôtel de Ville de Paris pour la Libération, et c’était correct…

  30. « Tout écrire à l’avance pour une expression publique, c’est un peu réchauffer un plat dont le fumet s’est évaporé. Même si cette préparation permet de ne pas manquer le mot juste, il m’a toujours semblé préférable de le trouver au fil de la pensée, avec la liberté et la spontanéité que permet l’improvisation. Au risque de l’imperfection, mais jamais de l’ennui. » (PB)

    L’improvisation n’existe pas en politique, ou alors très rarement. La moindre ambiguïté dans une phrase (voire un mot) peut avoir de terribles conséquences, car elle est aussitôt déformée, détournée de son contexte, et il est alors très difficile pour celui qui l’a prononcée de redresser la barre.

    Le dernier exemple en date est celui d’Édouard Philippe, raillé après avoir laissé entendre qu’il avait l’intention de prendre des vacances sitôt élu président, jusqu’au mois de septembre.

    Et hop, aussitôt quelques points qui dégringolent dans les sondages.

    En fait, lorsqu’un leader de parti ou un candidat à l’élection présidentielle utilise une expression un peu sophistiquée, avec des mots bien choisis, aussitôt tous les membres de sa troupe se mettent à la reprendre sans modération, à tel point qu’à force d’être répétée dans tous les médias, elle ne veut plus rien dire.

    On appelle ça un « élément de langage ».

    Est-ce par un mimétisme béat ou par manque d’inspiration ? À moins que ce ne soit tout simplement l’application d’une consigne, afin justement d’éviter toute improvisation malheureuse.

    Nous allons devoir en subir jusqu’à plus soif au cours de cette élection présidentielle à nulle autre pareille depuis 1958. Misère !

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