Fred Musa et Mouloud Mansouri, pour l’association FU-JO, n’ont pas vu leur contrat renouvelé par l’administration pénitentiaire, au motif que « des concerts et des ateliers de rap ont été jugés inutiles en prison » (Le Monde).
Cette annulation semble évidente pour le commun des citoyens, dont le bon sens est choqué par l’inadaptation totale de ces exercices au régime carcéral, même le plus bienveillant. Pourtant, dans le climat d’humanisme lénifiant qui continue de prospérer au sein d’une partie du monde judiciaire, politique et médiatique, des voix ne manqueront pas de s’élever pour dénoncer cette suppression.
Parce que le syndrome d’une mauvaise conscience frappe encore certains esprits qui, implicitement, ont du mal à admettre qu’entre les détenus et eux, il existe une différence fondamentale : les premiers ont été coupables et condamnés, quand eux sont innocents.
Cette absurdité continue de justifier un progressisme délétère, dont le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a pris la mesure pour mener une politique inverse. Pour lui, « il est hors de question de proposer des activités ludiques qui choquent l’ensemble de nos concitoyens… d’où l’obligation de mettre fin à toutes les activités jugées ludiques ou provocantes ». Il entend ne privilégier que « le soutien scolaire, l’apprentissage et l’enseignement de la langue française, le travail ou le sport ».
Qui a pu penser qu’un genre comme le rap, dont les textes n’expriment pas forcément une exigence intellectuelle et sociale, pourrait avoir la moindre incidence sur l’avenir des détenus libérés ? Qui a été assez irénique pour imaginer qu’il pourrait lutter contre la récidive et faire émerger un sens de l’honnêteté là où régnait la malfaisance ?
Avec cette réflexion, nous ne quittons pas le domaine politique et social. Nous sommes même, si j’ose dire, au cœur d’une dérive française qui affecte toutes les institutions et les services publics. Comme les pouvoirs, de droite comme de gauche, ne savent plus comment les rendre performants dans leur mission essentielle voire exclusive, en assurant et en renforçant les fondamentaux qu’ils ont à transmettre et à faire respecter, ils se détournent de l’essentiel.
Faute de réussir au centre, ils s’égarent à la périphérie. La prison échoue dans sa mission première, mais on y fait du rap. L’école est en chute libre, mais on y multiplie les divertissements et les activités sans rapport avec sa vocation. La culture ne sait plus être populaire, et l’on surabonde en programmes obscurs ou vulgaires.
Cette déliquescence a des effets redoutables. À force d’accumuler une multitude de substituts à la réalité – qu’il aurait fallu affronter autrement, avec plus de rigueur, d’intelligence et de constance -, on a fini par créer une infinité d’illusions.
Chez le détenu, d’abord, qui finit par considérer que la prison devrait lui offrir un mode de vie adouci ; trop pour le détourner, demain, des crimes et des délits. La morale et le réalisme imposent que l’enfermement soit plus rude que la liberté !
Chez les responsables politiques, ensuite, enclins à faire preuve de libéralisme au détriment des Français et au prix de leurs souffrances, qui devront constater que tous les laxismes et les facilités accordés dedans sont autant d’incitations à transgresser dehors.
Sera-ce suffisamment pédagogique pour mettre à bas les poncifs : « la prison, école du crime », « la société est coupable », « la nature humaine est bonne » ? On peut toujours l’espérer.
Le responsable de l’une des associations visées par ce recentrage pénitentiaire s’est d’ores et déjà désolé, redoutant qu’on en vienne à dire que « les détenus s’amusent ». Poursuivre dans le même registre ne pouvait en effet que nourrir ce sentiment.
Admettons que la prison doit d’abord être utile à tous ceux qui n’y sont pas.
La lutte entre les superstitions diverses n’indique qu’une seule et même chose : la rivalité humaine dans les représentations que chacun se fait de la divinité, que nous ne connaissons que par ce que le Christ a révélé de nous-même et de notre tendance atavique à vouloir imposer à autrui notre façon de voir et de penser.
« Le savant René Girard a mis à nu la matrice d’où provient le mécanisme de la violence : le mimétisme, l’imitation, cette tendance humaine innée à ne considérer désirable que ce que l’autre désire et, donc, à répéter en les imitant les choses que l’on voit les autres faire.
La psychologie du « troupeau » est celle qui conduit à choisir un « bouc émissaire » pour trouver, dans le combat contre un ennemi commun – généralement, l’élément le plus faible, celui qui est différent -, une cohésion propre, artificielle et momentanée.
Nous en avons un exemple dans la violence récurrente des jeunes dans les stades, ou dans le harcèlement à l’école et dans certaines manifestations de rue qui ne laissent derrière elles que ruine et destruction. Une génération de jeunes qui a eu le privilège rarissime de ne pas connaître une véritable guerre, de n’avoir jamais été appelés sous les drapeaux, s’amuse (car il s’agit d’un jeu, bien que stupide et parfois tragique) à inventer des guéguerres, poussée par le même instinct qui animait la horde primordiale. »
https://fr.zenit.org/2010/04/02/vendredi-saint-homelie-du-p-raniero-cantalamessa/
Il n’y a pas que les jeunes qui jouent à la guéguerre des auras.
Si les détenus s’ennuient, après avoir joué au portrait chinois, ils peuvent aussi s’amuser à « De quelle couleur est ton aura ? »
Les francs-maçons seraient sans doute bien étonnés qu’on les embarque dans ces histoires d’aura, en renfort des moines. Si certains nous lisent, cela ne risque pas d’améliorer l’image qu’ils se font des profanes, je pense. Travers inévitable des groupes, notamment élitistes ; mais quand on vous traîne dans la boue à tort et qu’on vous instrumentalise ainsi, comment y résister ? Je vous le demande.
En fait, je pense que c’est possible, du moins pour Hugo Pratt, dont je viens de découvrir, à ma grande déception, qu’il était franc-maçon, alors que je l’imaginais plus libre, franc marin, à l’image de Corto Maltese :
https://www.franceinfo.fr/culture/bd/corto-maltese-franc-macon-une-exposition-revele-la-face-cachee-d-039-hugo-pratt_3337747.html
Je cherchais simplement une image de Corto tombant au milieu d’une réunion maçonnique, non franc-maçon mais franc marin, coureur de toits autant que loup de mer ! Pour inciter à lire Fable de Venise, l’un des albums de la série Corto Maltese, afin que cette histoire d’aura porte vers le rêve plutôt que vers…
Bis repetita : eh bien, la spiritualité, la religion et les disputes inévitables autour de ces choses dont on prétend qu’elles élèvent, mais dont on a encore vu que non, tout au contraire ; elles appellent ce qu’il y a de pire chez l’être humain autant qu’elles lui fournissent des alibis pour la malhonnêteté intellectuelle, les massacres et, qui sait, un jour, des nuisances encore inconnues.
S’il y a un Grand Architecte, tout-puissant créateur d’univers, son travail n’est ni fait ni à faire. Franc-parler.
On ne peut qu’être d’accord avec Darmanin, mais pour moi c’est un détail qui ne change pas grand-chose, même si c’est mieux que rien. Pendant qu’on se félicite chez nous que le ministère de la Justice arrête les ateliers de rap en prison, dans d’autres pays, en ce moment même, des gouvernements construisent des places de prison en nombre suffisant pour que les délinquants soient sous les verrous. Personnellement je me fiche que les détenus fassent du rap ou du macramé, du moment qu’ils subissent leur peine.
@ Xavier NEBOUT – le 5 mai 2026
« Comme à votre habitude, vous faites dire n’importe quoi à ceux qui ne sont pas d’accord avec vous. Où avez-vous vu que j’ai parlé de l’aura des moines plus que de quiconque ? »
Dans vos commentaires. Arrêtez de mentir. Vous avez écrit :
« La prison idéale fut la cellule monastique où le condamné n’entend de l’extérieur que les offices par un canal auditif aménagé dans les murs, ainsi que le chapelain son confesseur. Lorsque le prisonnier aura enfin une aura claire, il sera libéré. »
Vous avez publié un million de commentaires de ce style. Il a pu vous arriver d’invoquer votre idée imbécile « d’aura » dans quelques autres cas. Mais l’écrasante majorité concernait « les moines ». Vous prétendez bien parler de la religion chrétienne. Arrêtez de mentir.
D’autre part, ne prétendez pas que « vous n’êtes pas d’accord avec moi ». Vous ne pouvez pas être en désaccord avec moi, puisque je n’ai jamais parlé « d’auras », ici. Évidemment. Il n’y a que vous pour parler de trucs qui n’existent pas. C’est la première fois que je vous reprends sur cette sottise.
« Outre votre constante démonstration en matière de religion et de spiritualité. »
Ça ne veut rien dire en français. Parlez français. On est en France, ici, pas chez vos copains de la oumma.
« J’ai juste oublié de dire « loges maçonniques » pour vous voir tomber dedans. »
Ben voyons. Quand vous dites un truc, c’est que vous avez dit un autre truc. Quand vous dites des trucs ce n’est pas pour dire la vérité, c’est pour piéger les gens. Bel aveu.
Et donc, avec les loges maçonniques, ça marche comment, votre truc d’auras ? Et quel rapport avec la justice, avec les prisonniers dont parle le billet du jour ? Vous n’avez toujours pas répondu à la question.
D’ailleurs, je croyais que les francs-maçons étaient des salopiauds. Vous vous appuyez maintenant sur leurs pratiques pour justifier vos dires ? Ce n’est pas la cohérence qui vous étouffe.
« Donnez-vous donc la peine de trouver sur la toile ce que sont les auras. »
Ah ben zut, et moi qui croyais que c’est vous qui alliez nous l’expliquer, puisque c’est vous, l’expert international en auras. Donc vous racontez effectivement n’importe quoi. Il suffit qu’on vous mette au pied du mur, et hop ! il n’y a plus personne.
« Votre nullité agressive. »
Non, ça c’est vous.
La vache. J’ai l’impression d’avoir perdu 20 points de QI en m’obligeant à vous répondre. Je vais aller prendre une douche, rien que de causer avec vous ça salit.
Des loisirs octroyés aux détenus pour faire comme s’ils ne l’étaient pas est complètement à côté de la plaque : distraire n’est pas éduquer.
S’imaginer que la dopamine [circuit de la récompense] ainsi activée permettra au détenu une forme de reconnaissance et/ou une meilleure vision de sa réhabilitation est plutôt capillotracté.
Des loisirs pourquoi pas, mais bien après d’autres « chantiers » bien plus prioritaires.
A réfléchir, cette proposition est un peu similaire à ce qu’on trouve à l’extérieur. Comme si gestion de la dopamine était une éducation, un cadeau ? encore moins.
Faute de réussir à traiter l’essentiel, il faudrait effectivement cesser de donner l’illusion d’agir en s’occupant de l’accessoire. L’univers carcéral français doit aujourd’hui résoudre des problèmes autrement plus importants et prioritaires que celui d’assurer la distraction des détenus qu’il héberge et qui ne sont là qu’en raison de leur comportement délictuel délibéré, dont ils sont seuls responsables. On a toujours le choix entre faire le bien ou faire le mal.
Ces parenthèses de distraction à destination de cette population sont incompréhensibles, choquantes et révoltantes, d’abord pour les victimes qui ont été, à divers niveaux, traumatisées, voire plus, par les actes de ces délinquants, ensuite pour la société, dont on sait souvent en quels termes ces mêmes délinquants parlent. Et n’invoquons pas des vertus d’humanisme à l’égard de cette population, là où, par exemple, des enfants défavorisés ou des personnes âgées en détresse ne bénéficient pas de ces mêmes attentions, alors pourtant que ces catégories-là, beaucoup plus méritantes, les justifieraient amplement.
@ Robert Marchenoir
Comme à votre habitude, vous faites dire n’importe quoi à ceux qui ne sont pas d’accord avec vous.
Où avez-vous vu que j’ai parlé de l’aura des moines plus que de quiconque ?
Outre votre constante démonstration en matière de religion et de spiritualité, vous avez tout compris concernant la chambre de réception des loges. J’ai juste oublié de dire « loges maçonniques » pour vous voir tomber dedans.
Donnez-vous donc la peine de trouver sur la toile ce que sont les auras, avant de vous vautrer dans votre nullité agressive en ce qui dépasse le niveau des pâquerettes. Il faut certes fouiller, car la pègre intellectuelle fait barrage à cette connaissance peu compatible avec la démocratie.
Quant aux Écritures, il y en a une qui dit : « Ne donnez pas de perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les retournent contre vous. » Marrant, non ?
Quand on dit que la prison n’est pas le mal absolu, on ne fait qu’enfoncer des portes déjà ouvertes depuis Badinter et ses gauchiasses soixante-huitardes ; les cailleuras, dealers, imams radicaux, salafislamistes, militants gauchistes casseurs, crameurs de flics, caillasseurs de keufs le savent depuis longtemps : ce pays est à bout de souffle, couché, inerte, anesthésié, le laxisme régnant à tous les étages. Toute cette racaille sociale, ces déchets de la société, s’en donnent à cœur joie, se sachant impunis, auréolés de gloire et applaudis quand ils rentrent dans leurs teucies après une énième garde à vue hyperrécidiviste ; pour eux, c’est l’équivalent d’une Légion d’honneur.
Essayez de prononcer le mot « prison » dans un débat du « service public » et c’est immédiatement l’hallali, le charivari gauchiste envers le « facho » de droite des « heures sombres ».
Le mot « prison », c’est le mal absolu dans la bouche d’un citoyen ulcéré de se faire agresser sans suites judiciaires ; c’est une agression verbale traumatisante envers une racaille, et donc susceptible d’être sanctionnée pour outrage, menaces, incitation à la haine raciale par les SOS Racisme, les LDH et tous ces inquisiteurs gauchistes qui sévissent dans les merdias pour répandre leur fiel et leur venin envers toutes ces outrecuidantes victimes qui osent défier cette justice mur des cons, favorable aux délinquants.
« Le Journal d’un prisonnier », je ne sais pas quel avenir est réservé à cet exceptionnel président qui a porté les couleurs de la France au plus haut, paraît-il, mais pas pour tous, sans aucun doute. Quel gâchis, elle a été entendue au dernier procès :
https://www.instagram.com/reel/DX45jK0icUF/?igsh=MXM4d3RlOHRoNGIzbg%3D%3D
« Qui a pu penser qu’un genre comme le rap, dont les textes n’expriment pas forcément une exigence intellectuelle et sociale, pourrait avoir la moindre incidence sur l’avenir des détenus libérés ? » (PB)
Qu’en termes pudiques ces choses-là sont dites…
Cela fait une quarantaine d’années que tous ceux qui s’élèvent contre les paroles de rap véhiculant des appels au meurtre et au viol, sur fond de racisme anti-français, sont au mieux considérés comme de vieux croûtons ne connaissant rien à la « culture » par les idiots utiles de la société médiatique et pseudo-artistique, d’ailleurs elle-même suivie avec une indulgence incompréhensible par l’étrange justice qui officie en France.
Nous récoltons ce que nous avons semé, avec un déchaînement de violence criminelle à la base de l’ensauvagement actuel, qui touche les plus faibles et qui se diffuse partout dans une société complètement déboussolée, à force d’avoir renié ses valeurs, à commencer par le sens du Bien, du Beau et du Vrai.
@ Robert Marchenoir le 4 mai 2026
Mais bo*** de Dieu ! Vous ne pourriez pas commenter sans rabaisser votre interlocuteur ? C’est d’un pénible !
Une semaine de retraite chez les trappistes vous ferait le plus grand bien.
@ Robert Marchenoir le 4 mai 2026
Bien que non impliqué par la question, sur la référence ecclésiastique des auras, je vais tenter d’y apporter quelques éléments de réponse, puisqu’il est évident que notre collègue Xavier Nebout n’a pas répondu comme vous le souhaitiez.
Réponses toutes personnelles et n’engageant en rien l’Église.
Premier élément :
Si vous participiez un peu plus aux offices de cette noble institution qu’est l’Église, vous auriez entendu maintes et maintes fois le « Ora pro nobis » que chaque catholique répète au cours des offices.
Si le lien auditif ne vous frappe pas au coin du bon sens, c’est que vous êtes de mauvaise foi. 😉
Second élément :
Il n’est pas de nature auditive, mais visuelle.
Depuis une éternité — l’éternité remontant aux pharaons —, il est de coutume de représenter les dieux ou les personnages charismatiques, ayant des attributs de la divinité ou proches de la divinité, avec une auréole pour marquer leur statut particulier.
Cette auréole picturale, que l’on trouve sur toutes les représentations de Jésus, de la Vierge et de tous les saints, a pour fonction de montrer l’aura du personnage exceptionnel.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aur%C3%A9ole_(religion)
Si vous prenez la peine de lire l’article de Wikipédia, vous verrez que l’auréole peut être carrée lorsque le personnage est vivant pour devenir un cercle après sa mort.
C’est ainsi que pour la première fois la quadrature du cercle a été résolue rationnellement, alors que les tentatives des savants grecs étaient irrationnelles.
Ben si, le nombre PI servant à établir cette conversion est irrationnel comme tout le monde le sait.
Il arrive que cette auréole soit trop petite ou que la tête gonfle un peu trop, cela provoque des douleurs difficiles à surmonter et que l’on a tendance à projeter sur les autres.
Je n’ai jamais rien lu sur les auras dans les textes concernant le christianisme, mais ne prétendant pas avoir tout lu ou à une mémoire eidétique…
Je me suis décidé à chercher un peu sur Internet. Eh bien, l’aura, nature probable de la chose et lien avec le christianisme dans les textes sacrés :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aura_(parapsychologie)
https://www.gotquestions.org/Francais/auras-chretien.html
Avec les auras et les Pères de l’Église, je n’ai rien trouvé.
Bien sûr, on pourrait dire que quelque chose existe, mais il me semble que, si cela avait été le cas, on en aurait parlé plus tôt.
Bien sûr, voir les choses autrement peut donner une certaine créativité pour les arts plastiques ou pour inventer des histoires. Mais juger les gens sur la base de l’aura, et pourquoi pas de la perception que l’on pourrait avoir de leur ombre, je viens de l’inventer, et c’est drôlement amusant, l’ombre existant déjà et étant insaisissable ? Ceci dit, il se peut que ça existe : une fois, j’ai fait un rêve et ai retrouvé la même idée de base dans Les sondeurs vivent en vain.
Bref, l’être humain aime jouer avec les idées, s’inventer des histoires, et voit d’une manière qui intègre le réel mais aussi l’imaginaire. Et, faute de preuves, les auras sont imaginaires, et pas vraiment d’un imaginaire chrétien.
L’avantage des moines est que, pour certains, ils ont une aura de mystère qui peut faire rêver, et qu’en plus, ayant tendance à se retirer du monde, ils n’ont pas à venir démythifier leurs pratiques.
D’ailleurs, cela ne servirait à rien, les gens étant même prêts à croire aux créatures de H. P. Lovecraft, lui-même pas du tout porté sur les religions. Quelle ironie ! Enfin, l’avantage est que les gens se dispersent en toutes sortes de folies et que chacune a moins de force pour s’imposer aux autres.
@ Xavier NEBOUT – le 4 mai 2026
« Pourquoi croyez-vous que le fond de la chambre de réception de la loge est tendu d’une toile grise ? »
Réponse non valable.
Depuis peut-être une décennie, vous nous ramonez le conduit auditif avec vos histoires d’auras autour de la tête des moines, en déversant votre mépris préventif sur quiconque n’aurait jamais vu une telle chose, ou n’adhérerait pas à vos propos.
Vous vous réclamez donc de la foi chrétienne – que vous prétendez imposer à la totalité de la population, ce qui est non seulement malpoli, mais tout à fait anti-chrétien.
Mais admettons. Situons-nous dans ce périmètre bien défini du christianisme. Une religion, et en particulier celle-là, ce n’est pas « moi ch’pense que », « moi j’dis que ». C’est un corps de doctrine, c’est une histoire, c’est un ensemble d’hommes qui croient et pratiquent selon des lignes bien précises, établies par une organisation hiérarchique agissant selon un ensemble de règles.
Tout cela étant, en particulier dans le cas de la religion chrétienne, minutieusement enregistré par écrit. Écrits auxquels tout un chacun peut se référer, afin de trancher les litiges.
Quels sont, donc, les écrits faisant autorité des membres les plus éminents de l’Église, qui accréditent l’existence des auras dont vous nous entretenez autour de la tête des moines, et qui confirment la signification que vous leur attribuez ?
Si vous avez raison, il vous devrait être facile de répondre à cette question.
Vous avez choisi de tricher, en prenant le biais de la preuve anecdotique, architecturale, décorative pour ainsi dire, ce qui est tout à fait singulier pour quelqu’un qui ne cesse de reprocher aux autres leur absence de spiritualité :
« Pourquoi croyez-vous que le fond de la chambre de réception de la loge est tendu d’une toile grise ? »
Tout d’abord, je relève la malhonnêteté de la tournure : vous me posez une question alors que c’est à vous de fournir la réponse. Dites-nous, donc, « pourquoi le fond de la chambre de réception de la loge est tendu d’une toile grise ».
Même si l’on va par là, il n’y a pas « un » fond de « la » chambre de réception de « la » loge.
L’Église n’est pas dirigée par un Hitler qui imposerait une architecture identique à tous les monastères du monde et à toutes les époques. Personne n’a édicté qu’il fallait une « loge » partout, une « chambre de réception » et encore moins n’a imposé la couleur de la peinture, du papier peint, du plâtre, du béton, de la pierre nue ou du revêtement à base de crottin de cheval et d’écailles de sirène qui devraient constituer le « fond » de cette « chambre ».
D’innombrables ordres monastiques ont existé et existent encore à travers toute la chrétienté. Ils ont chacun leur règle, qui est différente. Au sein d’un ordre donné, chaque monastère a ses propres caractéristiques et ses aménagements particuliers, même s’il existe un cadre général.
Saint Benoît n’a jamais écrit que « le fond de la chambre de réception de la loge » devait être « tendu d’une toile grise », pas plus qu’aucun autre créateur de règle monastique.
Votre « toile grise » n’existe que dans votre imagination malade de micro-dictateur fantasmé.
J’attends vos références précises aux textes de la Tradition (Pères et docteurs de l’Église, conciles…) qui accréditeraient l’existence et la signification des auras monastiques telles que vous les alléguez.
Il y a plusieurs questions, points, liés à l’enfermement.
Sanctionner en enfermant quelqu’un de malfaisant, dangereux pour la société.
Ne pas penser que la « rédemption » souhaitée se fait par l’opération du Saint-Esprit, que la grâce de la sanction seule est opérante.
Lié à cela, quel est le bon chemin, en existe-t-il un unique, pour ramener celui qui est destiné à sortir de prison dans le « corps » social ?
Conséquemment, ne faut-il pas parfois enfermer certains de ces malfaisants à vie quand on n’a pas de solutions, je pense par exemple à un Dino Scala, inculpé pour 56 viols et tentatives à qui on colle 20 ans. Ce type ressortira comme il est rentré. Il faut l’enfermer à vie.
Les conditions d’enfermement doivent être dignes. Ce n’est pas par la déchéance et l’humiliation que l’on s’en sort quand il y a des possibilités d’amélioration.
Les exigences doivent être strictes. Éducation, apprentissage des règles…
Pour autant je partage l’idée que ce ne doit pas être la récréation ; éducation, apprentissage… n’en sont pas des synonymes.
LA MUSIQUE ADOUCIT LES MŒURS !
https://www.youtube.com/watch?v=Xyvlqp28LnM&list=OLAK5uy_mUWmkRboTix6kiPH1YbuwB9zWOuUdceCI
Il y a quarante ans, j’avais écrit une lettre à un président de jury de l’agrégation de philosophie pour lui demander un conseil de lecture. Je commençai par lui dire que j’enseignais les lettres et non la philosophie. Je souhaitais lire quatre ou cinq livres de philosophie français clairs, bien écrits et intéressants. Il me répondit aimablement. Parmi quatre ou cinq livres, il y avait Michel Foucault, « Surveiller et punir », que je n’ai… jamais lu. Avant le cimetière, je devrais peut-être. Mais j’ai mille livres à lire, et je lis de plus en plus lentement. Choix déchirant.
@ Patrice Charoulet
Beaucoup d’ouvrages ont une égale valeur mais vous devriez lire « Surveiller et punir » pour effacer la mauvaise conscience d’avoir demandé un conseil pour ne pas le suivre. Et parce qu’intervenant dans un blog parlant entre autres de répression des transgressions, il aurait une utilité dans ce contexte. Enfin, si vous ne pouvez vous empêcher d’avoir mauvaise conscience et vous sentez quelque mission dans votre rôle de commentateur vous assignant à toutes sortes d’efforts.
Sinon, comme vous ne vous êtes engagé à rien et ne semblez pas répondre à quelque vocation exigeant des sacrifices, vous pouvez lire à votre fantaisie. Le promeneur qui ne s’est pas assigné de destination peut aller au hasard des chemins.
Le rap (que je n’aime pas) n’a rien à faire chez les détenus.
Je dis et je redis que des collaborateurs de tout ministre de la Justice devraient aller faire une mission d’étude d’un ou deux mois au Japon pour informer les autorités françaises sur les moyens d’obtenir chez nous des prisons où il n’y ait ni arme, ni drogue, ni agression contre les surveillants, ni viol, ni gangs, ni caïds… Tout est à changer dans les prisons françaises, dans les prisons américaines, et dans une foule de pays.
Je prêche dans le désert.
@ Xavier NEBOUT – le 4 mai 2026
« La prison idéale fut la cellule monastique […]. Lorsque le prisonnier aura enfin une aura claire, il sera libéré. […] Un juge d’application qui ne sait même pas ce qu’est une aura. »
Ce n’est pas que je doute de votre immense savoir théologique, mais enfin la littérature chrétienne est particulièrement abondante. Et parmi elle, celle qui se réfère aux pratiques monastiques.
Si votre, euh… aura, là, était un élément avéré de la foi, vous seriez en mesure de nous orienter vers trois ou quatre textes de Pères de l’Église, de docteurs ou de saints qui en parlent – certes moins bien que vous, mais on s’en contentera. Sur deux mille ans, vous devriez bien avoir quelques pistes à nous fournir ?
Pourquoi croyez-vous que le fond de la chambre de réception de la loge est tendu d’une toile grise ?
« Fred Musa et Mouloud Mansouri, pour l’association FU-JO, n’ont pas vu leur contrat renouvelé par l’administration pénitentiaire, au motif que « des concerts et des ateliers de rap ont été jugés inutiles en prison » (PB)
Depuis quelques années les citoyens avaient l’impression que les prisons étaient devenues le « club Med » des délinquants, avec ateliers de musique, visites de musées, compétitions de karting, salles de sport équipées avec sauna et massages à disposition.
Il était temps de rendre à la prison sa vocation originelle qui a d’abord un caractère de sanction (on parle de peines de prison) et, bien sûr, utiliser cette période d’internement pour resocialiser les détenus :
Donner un enseignement aux analphabètes, un métier à ceux qui n’en ont pas, apprendre les principes fondamentaux de NOTRE République à commencer par le respect des biens et des personnes (notamment les femmes).
Les mesures prises par Gérald Darmanin vont dans ce sens et l’on ne peut que s’en réjouir !
La prison idéale fut la cellule monastique où le condamné n’entend de l’extérieur que les offices par un canal auditif aménagé dans les murs, ainsi que le chapelain son confesseur. Lorsque le prisonnier aura enfin une aura claire, il sera libéré. À quoi bon en effet garder celui qui est redevenu un brave homme, ou libérer celui qui est resté une fripouille ?
On a remplacé les chants liturgiques, en termes d’un autre temps les muses qui amènent au sommet du mont Hélicon pour connaître l’extase, par le rap qui glorifie les bas instincts, et le chapelain par un juge d’application qui ne sait même pas ce qu’est une aura.
La pègre des intelligentsias humano-rationalistes a si bien exclu la spiritualité de notre civilisation, qu’on ne sait même plus ce que le mot signifie.
Là est le sujet. Le reste n’est que chansonnettes.
La spiritualité a été exclue car on a considéré qu’elle ne contenait que des chansonnettes pour lobotomisables sans modération ; une seule ça va, mais trop, bonjour les dégâts .
« La nature humaine est bonne », quelle blague, et quel piège que d’y croire… Les Ukrainiens en renonçant à la bombe atomique, les Français laissant s’installer des immigrés musulmans dont certains rendent le mal pour le bien, paient un tribut énorme à cette croyance, invasion d’un côté, installation d’ennemis de l’intérieur de l’autre.
L’être humain souffre et meurt, il ne fait donc presque que subir. Mimétique, il imite les désirs de l’autre, ce qui en fait son concurrent, et la masse critique d’hostilité qui en résulte se résout dans le lynchage.
Ce n’est pas parce que l’être humain a des petits problèmes économiques ou politiques conjoncturels qu’il est mauvais, ou plutôt agressif et assez médiocre, trop souvent à la limite de l’inexistant, je dirais. C’est en effet sa nature d’être ce qu’il est, ce qui constitue certes une excuse, mais aussi une raison perpétuelle de s’en méfier, et surtout quand il a mal agi, prouvant qu’il n’est guère enclin à s’empêcher.
Il faut donc agir en conséquence, ne pas se limer dents et griffes, comme le lion de la fable, et être prêt à frapper quand il le faut. Avant même cela, il ne faut pas récompenser les gens de nous avoir fait du mal, et sans sadiser les prisonniers, il est permis de ne pas organiser leurs menus plaisirs.
D’ailleurs, je trouve en plus que c’est moins à leur avantage que de permettre à chacun d’être seul dans sa cellule, vu que si l’emprisonnement est acceptable, condamner chacun à la torture d’une présence indésirable ne l’est pas. Et d’autant qu’on n’a pas affaire à des gentlemen… Enfermer plusieurs personnes, c’est condamner les plus faibles à être violés par les autres. On devrait presque donc dire quand on enferme que c’est une peine assortie de coups et d’immixtion du corps des uns dans celui des autres.
Les brutes et les tordus seront confirmés dans leur voie de ténèbres, les victimes deviendront des rampants ou se vengeront sur des innocents dès que possible, comme la poule hiérarchiquement piquée par la poule supérieure, pique la poule inférieure. Avant même toute explication psychologique mobilisant quelque propre de l’homme, il faut se rappeler que l’homme est un animal, et songer que le sexe comme la dominance ne s’abolissent pas en prison.
Je dirais qu’avant de prétendre améliorer les prisonniers, il faudrait déjà éviter de les empirer, et ce en mobilisant non le périphérique et propre de la nature humaine, mais le fondamental. Je ne dirais pas que le reste est littérature, vu que celle digne de ce nom va au centre tout en ne négligeant aucune périphérie, de même que le soleil est soleil de son cœur au plus perdu de ses rayons dans l’espace. Le reste est un arbre déraciné, une architecture fondée sur rien de solide, une ruine qui n’inspire pas l’avenir, à l’inverse de celle de l’Antiquité à qui nous devons tant, et dont je renvoie à ces reliefs qui sont encore notre ferment :
https://www.seuil.com/ouvrage/une-histoire-universelle-des-ruines-alain-schnapp/9782021282504
« Faute de réussir au centre, ils s’égarent à la périphérie. » (PB)
Observation tout à fait judicieuse et pertinente. C’est une caractéristique de l’ensemble de la société française, en fait : tout le monde se mêle de ce qui ne le regarde pas. Tout le monde fait mine de faire le boulot des autres, et pendant ce temps ne fait pas le sien.
L’origine de ce vice réside dans la fonction publique : le fonctionnaire se mêle de dicter au chef d’entreprise comment il doit mener son affaire, d’expliquer à la mère de famille comment laver ses vêtements… et pendant ce temps, il omet de veiller à l’équilibre du budget, à la sécurité du pays et à la défense des frontières.
Une fois établies ainsi d’imaginaires « valeurs de la République », chacun se prend au jeu, car il est fort rigolo : tout le monde donne des leçons à tout le monde, pendant que personne n’assume ses responsabilités.
La gestion du milieu carcéral souffre, depuis des décennies, d’un mal profond et récurrent : celui de l’oubli de sa finalité première. Selon les alternances politiques et les sensibilités idéologiques du moment, on a tour à tour transformé la prison en institution rédemptrice, en outil de réinsertion sociale, voire — et c’est là où le débat devient franchement surréaliste — en espace de vie dont on s’inquiète du confort.
Permettez-moi une observation, au risque de paraître trivial : si l’objectif était effectivement de rendre l’expérience carcérale agréable, la solution serait d’une simplicité désarmante. On libérerait tout le monde. Le problème serait réglé.
Mais revenons, plus sérieusement, à l’évidence que nos sociétés semblent parfois prendre un malin plaisir à occulter. La prison existe, dans à peu près toutes les civilisations connues et depuis des temps immémoriaux, pour une raison fondamentale et tripartite : protéger la société de ceux qui lui ont porté atteinte, prévenir la récidive pendant la durée de la peine, et offrir aux victimes ainsi qu’à leurs proches une forme de reconnaissance institutionnelle de leur douleur. Parmi l’ensemble des réponses pénales que l’humanité a expérimentées — et elle en a expérimenté de bien sombres —, l’emprisonnement demeure, paradoxalement, l’une des plus humaines, dans la mesure où elle préserve la dignité des condamnés tout en répondant à une exigence légitime de justice.
Dans ce cadre rigoureusement défini, je cherche encore, avec une perplexité sincère, en quoi le rap constituerait un élément pertinent de la réflexion.