Une BD a été écrite par Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa, et Éric Giacometti, avec des dessins de Fanny Briant : Le Syndrome de l’imposteurE.
Dans un entretien accordé au Figaro, Céline Bracq a résumé sa pensée par cette injonction : « Ne surestimez pas les compétences des autres ! ».
Cette injonction est moins anodine qu’elle ne le paraît à première vue. Dans bien des situations intellectuelles, politiques ou médiatiques, où l’on s’expose à autrui ou à un public, une même crainte affleure : celle, fondamentale, d’être jugé. Elle nourrit l’inquiétude, parfois l’angoisse, de celui ou de celle qui va s’exprimer face à des personnes, seules ou nombreuses, dont l’appréciation va démesurément compter.
Alors qu’en réalité, sans la moindre arrogance, son devoir est d’abord de donner le meilleur de soi-même, en s’enfermant — même si la finalité demeure de convaincre les autres — dans une forme d’autarcie positive qui porte à leur comble les dons et les qualités de son être. Avec une intensité qui, dans le fond comme dans la forme, s’assigne pour ambition l’excellence, la liberté, la spontanéité et l’élan.
C’est de la qualité de cette démarche que naît le bonheur d’une parole qui ne s’ennuie pas elle-même, quand tant de discours échouent d’emblée parce que le locuteur, à force de s’écouter, s’effondre sous le poids du peu d’intérêt de son propre verbe.

Mais cette phase capitale risque d’être compromise si elle est suivie d’une surestimation d’autrui, à qui l’on prêterait une légitimité supérieure pour nous juger, au point de nous faire perdre nos moyens, désormais détournés de leur fin — argumenter et développer au mieux — pour se consacrer à la seule gestion de la peur et à l’évitement du verdict d’auditeurs surévalués.
Le remède — pleinement compatible avec l’exigence que l’on a d’abord envers soi-même de maîtriser sa parole — consiste donc à conjuguer cette volonté avec le refus de surestimer les compétences, l’intelligence et la légitimité des autres. En clair : ceux-ci ne sont pas meilleurs que nous.
Cette philosophie, si bien explicitée par Céline Bracq, pourrait d’ailleurs être étendue à l’ensemble de la vie sociale : aux confrontations, aux dialogues et, plus largement, à l’attitude à adopter, quel que soit le statut, la position ou l’importance de ceux que l’on rencontre. Quelle que soit la nature des échanges, leur brièveté ou leur durée, l’essentiel est de se tenir : demeurer modeste, ne pas céder à la vanité de se croire un personnage et, dans le même temps, ne pas surestimer autrui.
Rien ne me met plus mal à l’aise que de voir des personnalités remarquables s’aplatir devant des individus parfois médiocres, nous privant ainsi du plaisir de les voir pleinement elles-mêmes, alors qu’elles en valent la peine.
Tenir, toujours et partout, les deux bouts d’une même chaîne, pour l’esprit comme pour le cœur, n’est-ce pas là la plénitude rêvée ?
En revanche, il y en a qui sont manifestement moins bons que tout le monde. Cette vidéo n’est ni une parodie, ni un sketch. C’est une authentique interview de Rachel Keke (nom non modifié, il ne s’agit pas d’un pseudonyme), ex-député du parti communiste La France Insoumise, désormais retournée à son poste de femme de ménage. (Enfin, « gouvernante » d’hôtel, officiellement.)
Elle intente un procès à son employeur, parce qu’elle est obligée de se lever tôt.
Contrairement aux Blancs, qui, eux, se lèvent à 10 heures pour aller toucher leurs dividendes à la Bourse.
« On me bafoue mes droits. V’là. Donc c’est p’ça que j’ai saisi le prud’homme […]. Je vais pas baisser mes bras […]. Déjà, yfo que j’me lève tôt l’matin, tu te lèves TÔT LE MATIN, pour prendre le métro pour aller, même moralement, physiquement, c’est fatigant ! […] J’appelle ça de la maltraitance ! C’est FATIGANT ! […] Les pat’ons, c’est des vicieux ! Y… yfon ce qu’ils… yfon… comment j’peux dire ?… y cherchent, y vont, y touchent, pour vouâ. »
Cette personne a été député de la République de la France de Pompidou et de Louis-Philippe. Quotient intellectuel de 65 à vue de nez, maîtrise de la langue française inférieure à celle d’une vache espagnole, poil dans la main aux proportions d’un baobab, perception exagérée de sa propre importance, revendication permanente de droits indus, victimisation perpétuelle… à l’évidence, il n’y stric-te-ment aucune différence entre les races.
Tout le monde il est pareil, tout le monde il a le drouâ à venir s’installer en France, l’immigration c’est une richesse et d’ailleurs, si vous êtes remplacés – et vous le serez -, c’est pour votre bien.
Rachel Keke est mariée à Bobby Yodé, chanteur de zouglou, une musique urbaine ivoirienne. Nous manquons de chanteurs de zouglou : encore un travail que les Français ne veulent pas faire.
Être confronté à autrui, c’est certes s’exposer à être jugé, mais c’est aussi avoir l’opportunité de juger l’autre. Nous sommes tous, selon les circonstances et parfois même simultanément, jugés et juges. En quoi craindre le jugement de cet autre, qui n’est finalement qu’un parmi tant d’autres, avec ses particularités, et qui ne formule, par conséquent, qu’un jugement personnel parmi tant d’autres jugements différents ? L’important n’est-il pas avant tout d’être son propre juge, son propre juge intérieur, pour agir librement et sereinement en conformité avec sa conscience, sans avoir à craindre le regard de l’autre ?
Mais il est aussi possible d’adopter la méthode Trump qui consiste, non pas à refuser « de surestimer les compétences, l’intelligence et la légitimité des autres » (PB), mais beaucoup plus efficacement à nier purement et simplement aux autres ces qualités pour se les attribuer seules à soi-même, en se jugeant, sans forfanterie, le plus compétent, le plus intelligent, le plus légitime. On peut alors affronter sans crainte le jugement des autres !
« Les autres ne sont pas meilleurs que nous ! »
Ça dépend !
Permettez, M. Bilger, je trouve que vous êtes à la fois manipulé et manipulateur.
Puis-je dire combien je trouve la couverture immonde, puis le titre racoleur au plus haut point, ce « E » majuscule, d’une subtilité époustouflante, et tout ce monde en maître d’œuvre surabondant…
« Le Syndrome de l’imposteurE », quelle bouffonnerie…
Pourquoi, me direz-vous ? Et je vous répondrai ceci : rarement celui qui est vrai, loyal, profond s’interroge sur l’effet qu’il fait…
Mais oui !
Et puis d’après ce que cette femme raconte dans Le Figaro, les femmes sont les plus frappées par ce mal, mal qui vient de haut, de loin, d’on ne sait où, avec un je-ne-sais-quoi de mystérieux, qui est une pure fiction.
Une fiction qui vient compenser la pauvreté mentale, l’indigence créatrice, la sécheresse de cœur, le manque de courage, et une quantité infinie de qualités qui permettent de franchir les obstacles que déposent devant vous la plupart des congénères.
Il convient de préciser que ce qui est préoccupant aujourd’hui n’est pas le « syndrome de l’imposteur », mais plutôt le contraire : nous avons affaire constamment à des génies, ils sont si nombreux et si arrogants, qu’il est difficile de se dire qu’un problème existe qui serait une modestie trop grande, de modestie, il n’y a pas…
Alors, de quoi s’agit-il précisément ? Il s’agit de geindre, et de constituer un fonds de commerce dont le gémissement est la matière première, un gisement inépuisable.
De quoi nous entretiennent ceux qui souffrent de ce mal ? D’eux ! Et d’eux, on se moque éperdument !
Et pourquoi ne se moquerait-on pas d’eux ? Je vous le demande ?
Pourquoi ne pas dire que celui-ci et celle-là nous les brisent menu, menu, avec leur prétendu syndrome ? Depuis quand doit-on s’intéresser à la médiocrité, et lui trouver une excuse ?
Qui sont ces médiocres, qui doivent, sans perdre de temps, nous balancer à la tête que leur syndrome est infiniment fascinant ?
Je suis parfaitement indignée de voir que non contentES de nous faire chi*r, les voici qui veulent que l’on s’attarde sur un syndrome imaginaire…
Cette société est décidément bien malade !
@ Zorglub le 3 mai 2026
« On peut se demander si Jordan Bardella validerait les vomissures haineuses de sylvain, qui le promeut sans attendre le jugement en appel de Marine Le Pen. Comment de tels propos peuvent-ils recevoir l’agrément des modérateurs du blog du très honorable P. Bilger ? »
Parce qu’ici c’est le seul blog de la vraie liberté de penser et de s’exprimer, et non un blog soviétique comme vous aimeriez qu’il soit, gangrené par une idéologie seule autorisée si elle est de gauche.
Vous êtes de gauche, restez-y. La gauche, c’est le fascisme, la criminalité et l’impunité assurée pour tous les délinquants s’ils sont de la bonne couleur, la liberté encouragée de squatter, de casser la gueule aux riches, dixit Adolf von Melenchon, le führer facho nazi islamiste, d’être un bobo milliardaire caviar et de claironner à son électorat : « Je n’aime pas les riches », dixit Hollande. Le mensonge, la menace, le chantage, les alliances électorales les plus pourries avec les LFI-HamaSS, l’invasion encouragée, le trafic narco record en Europe, les insultes, menaces, vomissures haineuses fascistes et calomnies à répétition contre la droite, l’alliance ignoble, odieuse et traître de tous les partis extrêmes fachos gauchistes racistes anti-France et anti-Blancs contre un RN fantasmé.
Vous êtes de gauche, c’est parfait : on a besoin de gens comme vous pour démontrer tout ce qui est pourri à gauche, ce cancer idéologique qui détruit le pays à petit feu.
@ Jérôme le 3 mai 2026
Ah la kyrielle de syndromes cachant surtout la carence de l’instruction nationale, pardon de « l’Éducation nationale ».
Je me souviens encore, sur proposition d’une tierce personne, d’être allé chez un orthophoniste pour l’un de nos enfants. À la fin de l’entretien, la professionnelle déclara à mon épouse tout de go : « J’ai le “regret” de vous dire que votre enfant n’a rien. » — « Eh bien, tant mieux ! » répondit mon épouse, un peu choquée par sa réponse.
La formule du docteur Knock : « Toute personne bien portante est un malade qui s’ignore » s’applique à bien des professions médicales.
Rêveur en classe dans les années 50, on m’aurait prescrit maintenant de la Ritaline.
Mon voisin agriculteur vient de rentrer des remorques de bois. Je lui ai demandé s’il avait eu vent de mauvaises nouvelles en géopolitique. Je vais peut-être aller en refaire.
On peut se demander si Jordan Bardella validerait les vomissures haineuses de sylvain, qui le promeut sans attendre le jugement en appel de Marine Le Pen. Comment de tels propos peuvent-ils recevoir l’agrément des modérateurs du blog du très honorable P. Bilger ?
Le syndrome de l’imposteur. N’avez-vous pas l’impression, cher hôte, que nous vivons une époque qui, certes, a permis de mieux comprendre quelques mécanismes de notre psychologie, mais surtout nous inonde de considérations psychologico-positives auxquelles tout un chacun se raccroche ?
Le syndrome de l’imposteur, le HPI, l’hyperactif, qui permet d’éviter de se dire qu’un enfant est mal élevé et insupportable, l’autiste, combien de parents se flattent d’avoir un surdoué vaguement autiste…
Ça permet, au lieu de réellement positiver l’échec, ce que notre culture a du mal à faire, pour repartir de plus belle, d’y trouver une perpétuelle excuse judéo-chrétienne liée à l’idée de faute.
Comprenez, il est tellement doué, hyperactif, Asperger, qu’il ne réussit pas à l’école… ce n’est pas sa faute.
Il y a de tout ça, je n’en doute pas. Mais on en fait beaucoup.
Et pour votre syndrome, s’il existe, cette idée que l’on ne mérite pas l’estime qu’on nous porte, il y a néanmoins plus d’imposteurs tout court que de gens qui en souffrent. Public et privé confondus pour le monde du travail.
@ Marc Ghinsberg – le 2 mai 2026
« Cela étant, j’ai du mal à suivre le raisonnement du président du RN selon lequel depuis que le prix de l’essence a augmenté, les automobilistes ne prendraient plus que 20 à 25 € d’essence. C’est encore pire que ma première interprétation de ses propos. »
Mais quelle est votre nouvelle interprétation ? Et en quoi est-elle incriminante pour Bardella ? Avez-vous écouté la vidéo ? Il se contente de dire la chose suivante : les Français sont fortement frappés par l’augmentation du prix de l’essence. Quand ils le peuvent, ils se déplacent moins. Quand ils ne le peuvent pas, ils se restreignent sur autre chose.
Il mentionne les infirmières libérales. Nous avons, par ailleurs, des témoignages d’infirmières qui refusent des clients qu’elles acceptaient auparavant, parce qu’ils habitent trop loin.
Il y a un moment où faut arrêter de couper les cheveux en quatre et de chercher la petite bête. Il faut revenir au bon sens et à l’honnêteté.
Ce que je vous ai montré est une interview d’un responsable politique à la télévision. Ce n’est pas un ouvrage scientifique de mille pages écrit par un docteur en ceci et un agrégé de cela après dix ans de recherches. Docteurs et agrégés dont l’observation montre, de toute façon, qu’ils sont capables de singulières approximations dues à la baisse du niveau.
La question n’est pas de savoir si les Français sont gênés par l’augmentation du prix de l’essence : cela relève de l’évidence, pas de la polémique.
La question est de savoir si le gouvernement doit « faire quelque chose » à cet égard, et si oui, quoi. Sachant que l’option de ne rien faire existe, et qu’il incombe à ceux qui la rejettent d’expliquer pourquoi. Dans une économie saine, dans un pays normal, libre, le gouvernement n’a pas à intervenir sur les prix.
Voilà à quoi vous devriez attacher votre réflexion, au lieu de chercher à coincer Bardella par tous les moyens parce qu’il a le tort de ne pas appartenir à votre bord politique.
Si vous avez des enfants qui ont le bon sens et juste ce qu’il faut de culture – dont les opérations de base -, alors le BTP est fait pour eux.
Et je le répète, s’ils ont le sens de la méthode, ils construiront la tour Eiffel ; ils utiliseront les moyens à leur disposition et pourront discuter avec la plupart des gonfleurs d’hélices dont ils appréhenderont le surfait et découvriront qu’on pourrait construire la même tour, avec beaucoup, beaucoup moins de matière.
À moins d’être chercheur avec les qualités théoriques qui vont avec, toutes les opportunités leur seront ouvertes, bien sûr il faut un peu de vice aussi ; il le crie haut et fort Donald, mais lui a la chance d’être le plus puissant et d’user de ceux qui sont nés avant lui ; sinon il est loin de certains que j’ai rencontrés. Il a un gros moteur à sa disposition Donald, mais il a peu de rendement, de la cylindrée certes mais il lui manque ce qui fait la réputation des moteurs italiens, la puissance et les tours dans un minimum de matière. Il paraît qu’il a écrit un bouquin sur l’art du deal… Tu parles d’une découverte !
Il a quelques faillites à son compteur et des casseroles pour le lui rappeler.
Le temps de l’inventeur du dictionnaire qui réunissait tous les savoirs est bien loin maintenant, elle n’est pas si éloignée l’époque où l’on pouvait être ingénieur, architecte, sculpteur… À part des exceptionnels qui confirment la règle, il faut être bon dans ce que l’on sait bien faire et comme le laboureur creuser sans cesse son sillon, ce qui n’exclut pas de regarder par-dessus son épaule.
« Avec une intensité qui, dans le fond comme dans la forme, s’assigne pour ambition l’excellence, la liberté, la spontanéité et l’élan. » (PB)
Tout est dit, il faut être bosseur, et avec vient naturellement la facilité, et l’excellence. « Soyez curieux ! » disait le numéro 1, il avait raison, les mécanismes associés se mettront en place tout seuls. Bien sûr il y avait des diplômés de haute volée, et pourtant… Je me souviens que pour un fleuron d’hôpital toulousain, il a fallu faire appel à celui qui tenait la baraque au pilotage, juste pour son expérience, pour les cheminements d’égout et tous les VRD qui étaient colossaux, leur mise en forme, il a collé au stagiaire que j’étais, les coupes d’un ovoïde pour figurer tous les réseaux… Je revois son sourire, tout en m’expliquant qu’aux Beaux-Arts il avait dû dessiner l’ombre d’une chaîne d’un chien attaché dans une niche en forme d’oeuf… C’était quand même plus ardu… Les plafonds de la chapelle Sixtine sont ainsi réalisés il me semble… Les projeteurs apprécieront je pense.
@ Marc Ghinsberg – le 2 mai 2026
Je vous reprends sur un détail. Non pas pour affirmer que Jordan Bardella est une flèche en économie ou en politique étrangère, mais pour mettre en garde contre les risques de la propagande.
Vous reprenez un reproche prêt à l’emploi qui traîne dans l’espace public : Bardella aurait manifesté une ignorance spectaculaire de la vie quotidienne du « peuple », en affirmant qu’un plein d’essence coûterait 20 à 25 euros – alors que c’est bien davantage.
C’est faux. Il n’a jamais dit cela. Il suffit d’écouter l’intervention incriminée pour comprendre qu’il a réclamé des mesures étatiques pour faire baisser le prix de l’essence, en faisant remarquer que de nombreuses personnes se contentaient, désormais, de mettre 20 à 25 euros d’essence dans leur réservoir au lieu de faire un plein complet, parce qu’elles n’en avaient pas les moyens.
J’ai, moi-même, pris connaissance de ce mensonge propagandiste sur le réseau X, par un message qui le diffusait, avec, en guise de « preuve », en dessous, l’extrait vidéo où il était censé avoir dit cela. Extrait qui prouvait le contraire.
Désinvolture, illettrisme ou malveillance ? On ne peut trancher avec certitude. Toujours est-il qu’il faut systématiquement se méfier de ce genre d’incriminations désormais, quelles qu’en soient les cibles.
Cette figure de désinformation est de plus en plus courante, en particulier sur les réseaux sociaux : je dénigre un opposant politique à l’aide d’une incrimination fortement compromettante ; j’ajoute une « preuve » censée confirmer mes dires (en général une vidéo) ; la « preuve » montre le contraire.
C’est une technique qui a été largement employée par les désinformateurs russes, mais comme on le voit avec cet exemple elle est politiquement agnostique.
Vérifiez toujours. Les assertions les plus vraisemblables ne sont jamais certaines. Le nombre de faussetés qui sont affirmées avec l’aplomb le plus convaincant est considérable.
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Note : voici un message parmi de nombreux autres, sur X, qui répercute le mensonge du « plein à 25 euros » de Bardella. Dans l’interview postée par l’indigné, le chef du Rassemblement national dit ceci :
« Il y a des millions de Français qui sont inquiets de voir depuis plusieurs semaines les prix des carburants monter dans des dimensions complètement folles, inquiets de voir le gouvernement totalement impuissant face à l’augmentation des prix, et très certainement beaucoup de nos compatriotes ont besoin de leur voiture pour aller travailler […], je pense aux familles françaises qui ont besoin de leur véhicule pour se déplacer, et qui, pour beaucoup, restreignent leurs déplacements, font des pleins de 20 à 25 euros, et sont dans une situation d’attentisme. »
Donc on peut faire l’imbécile (ou révéler son imbécillité), et prétendre que dans cette déclaration, Jordan Bardella affirme que remplir le réservoir vide d’une voiture courante en France coûte entre 20 et 25 euros, en faisant un copier-coller de l’expression « des pleins de 20 à 25 euros » ; ou l’on peut écouter ce qu’il dit, tenir compte du contexte et se rendre compte qu’à l’évidence, Bardella dit que lorsque les Français « font le plein », c’est à dire passent à la pompe pour rajouter de l’essence dans leur réservoir, ils ne mettent que 20 à 25 euros d’essence au lieu de le remplir complètement.
Mais comme la Déséducation Nazionale, la consommation d’Internet à haute dose et la malhonnêteté ambiante se combinent, il ne manque pas de gens qui sont capables de faire dire aux autres le contraire de ce qu’ils ont dit.
Cela me rappelle le sketch de Raymond Devos qui disait se moquer de l’augmentation du prix de l’essence parce que lui, quand il passait à la pompe, il en prenait pour 50 francs.
Cela étant, j’ai du mal à suivre le raisonnement du président du RN selon lequel depuis que le prix de l’essence a augmenté, les automobilistes ne prendraient plus que 20 à 25 € d’essence. C’est encore pire que ma première interprétation de ses propos.
Très bon titre qui nous convient parfaitement, nous, les RN de Bardella, nous sommes meilleurs que les autres c’est clair net précis et prouvé, la grande majorité de la population nous réclame, nous les vrais Français blancs de souche patriotes, tous les autres tocards ringards losers ont ruiné le pays et laissé des milliers de hordes et meutes nous envahir saccager tuer voler violer aspirer tout notre fric aides allocs illimitées pillées sans aucun contrôle : 3 500 milliards de dette et une criminalité record narco, bravo l’artiste Macron et ses complices PS PCF EELV LFI HamaSS qui oeuvrent tous sans vergogne à l’anéantissement de la France.
Nous, avec Bardella au pouvoir nous sommes sûrs de redresser le pays et redonner de la fierté à sa vraie population qui nous attend avec impatience en 2027.
Je retiens votre notion « d’autarcie positive ». On peut aussi dire : indépendance d’esprit. C’est le plus difficile : s’autoriser une pensée libre sans pour autant s’enfermer dans l’ignorance de ce qui pourrait la contester.
On voit bien où vous voulez en venir en assurant que « les autres ne sont pas meilleurs que nous ». Il ne faut pas se laisser impressionner. Il ne faut pas tomber dans le piège du conformisme, ne pas accorder une confiance aveugle aux titres et aux positions sociales, et surtout ne pas succomber au terrorisme intellectuel – et professionnel -, toujours latent. Il y a toujours un risque à ne pas hurler avec les loups. Le corporatisme, les mécanismes mafieux sont une réalité millénaire en France.
Bien sûr, cette phrase n’est pas à prendre au pied de la lettre. S’il y a une chose qui est sûre, c’est qu’il y a toujours meilleur que nous. Il est tout aussi crucial de rechercher ces personnes et de s’en nourrir.
Votre gentillesse naturelle vous empêche d’énoncer l’inverse : il y a toujours moins bon que nous. Il est tout aussi facile, et regrettable, d’ignorer cette réalité que de sous-estimer ses propres compétences. En fait, l’irruption d’Internet nous expose à ce fait brutal et quelque peu sous-estimé : l’ampleur de la sottise et de la malveillance.
« Tenir, toujours et partout, les deux bouts d’une même chaîne, pour l’esprit comme pour le cœur, n’est-ce pas là la plénitude rêvée ? » (PB)
Non, pas du tout !
Je vous laisse, je n’ai pas le temps, je n’ai pas le temps… mais j’ai raison !
Pauvre Sarko ! Il était brillant, soi-disant, un politique extraordinaire, les Français l’ont jeté comme Pépère, comme un malpropre.
C’est triste, mais pourquoi cette course effrénée au pognon, par tous les moyens ?
Apparemment, Pépère se l’est joué plus fine, il s’est constitué un matelas de retraites bien légales, le fonctionnaire dans toute sa splendeur en somme, le PS de la gauche pâtes aux truffes, celle qui s’occupe d’abord d’elle avant d’abandonner au FN/RN son fonds de commerce.
Les couillons ont déplacé leurs votes ailleurs, pas si couillons qu’on voudrait le faire croire dans les médias. Quand j’écoute Faure, j’entends une voix monocorde, celle du prêcheur qui n’a rien à dire, il parle, on s’endort.
François Mitterrand, qui ne voulait pas de Roland Dumas, qui transportait l’artiche des billets dans des valises : « Il a les doigts qui collent ! »
Sarko au trapèze, une longue agonie, il passait entre les gouttes, le parapluie est déchiré. Le Cardinal n’a plus rien à perdre, il sait que le store sera tiré pour lui aussi, alors il s’épanche, il balance sans doute la vérité, il en remet une couche, il bave tout ce qu’il sait, il ne veut pas rester pour l’Histoire et les historiens l’âme damnée des basses besognes. Un Cardinal qui fait l’histoire, pas les faits divers.
Alors il charge la mule du trapéziste Sarko le magnifique, il pourra lui aussi préparer son baluchon, cette fois il racontera la vraie vie d’un prisonnier… pas sûr qu’il fera recette, faut pas confondre les aventures de Bibi Fricotin et les siennes à venir… quoique… la justice sera sans doute clémente, elle lui filera un bracelet à la cheville…
La justice des puissants, toujours, il s’en sortira, il est quand même en sécurité au trapèze, le filet est dessous, la réception sera peut-être un peu dure. Ancien chef d’État en France est une religion, le droit divin sous-tend toujours un peu la justice.
Allez ! Les tribulations des politiques ne sont jamais terminées, mais il faut reconnaître que la femme du commandant de bord du vol UTA 772, l’un des 170 morts de l’attentat, Élisabeth Dricot, a ramené le curseur là où il fallait le positionner, et ne plus voir, à travers cette affaire, un Pied Nickelé mais un inculpé de graves charges. Le Cardinal ne l’a pas absout.
Un très grand billet, original, et dont je pense bien qu’il est l’un des rares à reprendre cette évidence : la surestimation des autres.
Bon, j’essaierai un peu plus tard d’y revenir ; ma douche après mon contre-la-montre de ce matin m’y oblige. Modeste effort quand même : je privilégie davantage mon état de forme que la performance, dont je n’ai plus les moyens.
Alors, le stylo derrière mon écran me va aussi, pour arroser mes neurones : ce n’est pas qu’elles repoussent, mais j’espère au moins qu’elles maintiennent une certaine musculature, pour justement ne pas exagérer le poids, souvent surfait, des autres.
« Les autres ne sont pas meilleurs que nous ! » (PB)
Les trente candidats officiels ou « qui se préparent » ! , à l’élection présidentielle de 2027 en sont persuadés.
Jamais une élection présidentielle de la Ve République n’a rassemblé autant de postulants.
Ce n’est plus une élection présidentielle : cela ressemble davantage à un casting pour une émission de variété du genre Star Academy, avec un panel hétéroclite de candidats, tous persuadés d’être celui ou celle que la France attend depuis un demi-siècle.
Pourtant, la vie de président de la République n’est pas facile :
– Les médias ne cessent de critiquer vos moindres faits et gestes ;
– Les partis d’opposition contestent systématiquement toutes vos propositions, y compris les bonnes ;
– Il faut traiter cent problèmes par jour, ce qui conduit parfois à commettre quelques bourdes dans la précipitation.
Mais qu’à cela ne tienne : devenir président de la République, c’est entrer de plain-pied dans l’Histoire de France, et cela vaut tous les sacrifices, quitte, pour cela, à sacrifier sa modestie.
Certain(e)s, pour émouvoir dans les chaumières, n’hésitent pas à parler de leur vie intime aux médias, voire dans un livre. Finalement, l’important n’est pas d’être le meilleur (le meilleur en quoi, d’ailleurs ?), mais le plus émouvant, le plus sympathique, et donc le plus convaincant.
Seule la victoire est belle ! 😊
Jean d’Ormesson, dans son très beau livre Comme un chant d’espérance — sa plume est toujours exceptionnelle — cite un texte anonyme du XVIIe siècle, trouvé lors de travaux de réfection dans une église de Baltimore.
Ce texte porte le nom de « Le testament de Baltimore ».
Il s’agit d’un texte poétique, que l’on peut considérer comme un texte de sagesse, qui se rapproche beaucoup, par l’esprit sinon par la lettre, de celui du billet.
Voici quelques lignes qui y font écho :
« Évitez les individus bruyants et agressifs : ils sont une vexation pour l’esprit.
Ne vous comparez avec personne :
il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.
Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.
Soyez vous-même. »
Pour ceux que ce texte intéresse, il mérite d’être lu et médité. Un peu seulement, sans sombrer dans une méditation stérile. N’oublions pas qu’en politique, l’action est première et devance souvent, quitte à se tromper, la réflexion, comme le montre Donald Trump, mais c’est un autre sujet.
Voici le lien :
https://reseaumadeleinedanielou.com/rmd/wp-content/uploads/2020/04/Testament_Baltimore.pdf
Il y a des gens qui font tout pour instiller le syndrome de l’imposteur. Sans aller plus loin, ici, un commentateur voulant connaître les patronymes et la biographie de chacun, pour apprécier, comme il dit, leur « vrai niveau » et frapper d’illégitimité tel ou tel. En cohérence, il faudrait interdire à tous ceux qu’il qualifie d’illettrés d’être jurés.
Bien sûr, ce genre d’attitude se décline de bien d’autres façons. Mais si certains ont le syndrome de l’imposteur, c’est une adaptation à ce qu’ils peuvent subir ou avoir subi. De même, sont souvent susceptibles des gens qu’on a rabaissés mais qui, miracle, ne s’y sont pas adaptés en rampant : ils rendent coup pour coup, voire davantage, nul n’ayant le devoir d’être dans l’éducation bienveillante envers les nuisibles.
À propos, s’il y a des gens qui subissent injustement le syndrome de l’imposteur, il y a aussi de vrais imposteurs. Les écrivains qui se soulèvent contre un propriétaire de maison d’édition peut-être trop interventionniste n’ont, semble-t-il, jamais rien réclamé pour un châtiment plus certain et plus sévère de vrais parasites : les plagiaires. Il leur semble donc plus important de se situer ici ou là sur l’échiquier politique que, comme créateurs, de défendre ce pour quoi l’œuvre est leur vie — et parfois le sens de leur vie —, et dont le rapt, souvent accompagné d’un avilissement, est un outrage inqualifiable.
Dans la vie, il y a la transgression et la culpabilité, mais j’ai souvent remarqué qu’elles ne sont pas accordées ; d’où des chimères morales : des coupables sans crime, des criminels qui ne se sentent pas coupables, voire que la société n’a pas reconnus comme tels pendant longtemps — ce qui me semble encore le cas des plagiaires.
Si cela ne tenait qu’à moi, leurs écrits seraient détruits, et les professeurs coupables déchus du droit d’enseigner.
Acheter une maison d’édition plutôt que d’en créer une, gouverner et non y présider lointainement, n’est pas le summum de l’élégance. Mais ce n’est pas du parasitisme… Le parasitisme, le vrai, est regardé avec une indulgence scandaleuse.
Ce problème touche les sciences comme les arts. À une époque où beaucoup se plaignent que les intelligences artificielles permettent d’en faire de même avec les humains, il faudrait reprendre tout à la base. L’intégrité de la personne et celle de son œuvre sont très proches. De même, plus on défend les droits de propriété, plus on incite à investir ; or la propriété d’une œuvre en est une comme une autre : plus elle est protégée, plus elle incite à créer. C’est donc l’intérêt de la victime comme de la société de se saisir enfin du problème.
Il s’agit en effet de dire ce que l’on a à dire en se souciant de savoir pourquoi on le dit. Encore faut-il, d’une part, bien savoir soi-même ce que l’on veut dire et comment le dire : comment, en effet, dire ce que l’on a à dire si l’on ne sait pas comment le dire ?
Il ne s’agit pas non plus de dire ce que l’on a à dire sans se soucier de savoir à qui on le dit, et donc de déterminer comment le dire en fonction de ce qu’il convient de dire, selon que l’on s’adresse au conscient ou au subconscient de celui à qui l’on parle.
Cependant, certains suggèrent que c’est en laissant son subconscient dire ce que l’on veut dire que l’on touchera le mieux celui de son auditoire. On évitera ici de confondre la question de savoir si notre subconscient sera plus convaincant que notre conscient avec celle de savoir comment ce que l’on a à dire doit être dit. Car ce serait au conscient de savoir quoi dire, et au subconscient de savoir comment le dire, en fonction de ce que l’on a à dire.
Il me semble qu’il serait erroné de laisser le subconscient prendre le dessus sur la conscience de ce qui doit être dit au seul motif de la manière de le dire : cela ferait perdre de vue le souci de savoir pourquoi on le dit.
Je dirais donc que, lorsqu’on ne sait pas comment dire ce que l’on a à dire, ni pourquoi on le dit, ni à qui on le dit, le mieux est encore de ne rien dire.
Tiens ! Notre collègue nous la fait façon Raymond Devos !
C’est pas mal du tout et ça change agréablement 😉
Cher Philippe,
Il me semble que dans vos différents propos sur la parole, vous accordez une importance capitale aux aspects psychologiques du locuteur, que vous souhaitez « encombré de lui-même » seulement. Vous paraissez en revanche sous-estimer la nécessité, pour celui qui veut convaincre, de maîtriser parfaitement les connaissances relatives au sujet qu’il traite.
Car, quelles que soient sa préstance et ses qualités oratoires, un intervenant qui ignore que « gasoil » et « diesel » désignent la même réalité, qui pense qu’un plein d’essence coûte aujourd’hui entre 20 et 25 €, ou qui confond l’Iran et l’Irak, passera inévitablement pour ce qu’il est : un Charlot.
Les pires sont ceux qui ignorent la signification du sigle GNR.
C’est à ce détail qu’on distingue les Parisiens en vacances ou pire, en campagne électorale… dans la campagne naturelle.