Depuis que la candidature de Bruno Retailleau a été nettement validée par Les Républicains, il est clair qu’il a changé de registre, poussé les feux et passé la cinquième vitesse.
Surtout, il a cessé de plomber le moral de ses soutiens et de cette majorité « d’honnêtes gens » qu’il invoque si régulièrement et si justement. En effet, longtemps, il s’est présenté comme un homme de devoir, allant vers la candidature présidentielle comme si elle était un échafaud, n’insufflant pas, de ce fait, la confiance qu’un chef doit inspirer et diffuser.
C’était hier, et c’est bien fini.
L’homme a compris que l’exigence du devoir devait être relayée par l’élan de l’enthousiasme et qu’aucun espoir n’était permis si le principal intéressé, dans cette échéance capitale à venir, manquait lui-même du désir d’opérer la rupture, de « renverser la table », comme il l’a encore déclaré récemment.

Pour se convaincre de cette volte bienfaisante, sans laquelle rien n’aurait été possible — ni psychologiquement ni sur le plan politique —, il convient de lire la longue déclaration qu’il a développée dans le Tarn et dont chaque terme est pesé. Elle constitue à la fois une réponse aux polémiques injustes dont il a été victime, une déclaration volontariste, un programme éthique, une promesse sincère aux Français et, par sa vigueur et sa force, un acte. Un propos aussi résolu ne peut qu’engager celui qui l’a tenu :
« Les gens ont appris à me connaître au ministère de l’Intérieur. Jamais je n’ai courbé l’échine devant la bien-pensance. J’ai suscité des polémiques à maintes reprises. J’ai dû affronter des désaccords avec le chef de l’État. Jamais je n’ai capitulé. Aujourd’hui, prendre la décision de se présenter à une élection présidentielle, c’est prendre une décision extrêmement grave, qui engage chaque cellule, chaque fibre de son corps et, par conséquent, rien ne me fera reculer. Je dirai la vérité, je convaincrai les Français. Je ne ferai pas de marketing électoral. Je ne chercherai pas à séduire avantageusement avec des slogans. Et de même que je ne ferai pas de segmentation, je ne m’adresserai pas à des clientèles successives, je m’adresserai au peuple français et je le convaincrai. J’en suis certain. »
Bruno Retailleau dispose d’un an pour convaincre ceux qui ne sont pas encore persuadés qu’une droite authentique est enfin de retour, pour battre en brèche le pessimisme de ceux qui, comme Jean-François Copé, choisissent de s’en prendre aux populistes plutôt que de créer et d’aider positivement, et, plus largement, pour instiller, dans notre paysage démocratique dévasté, sous une forme républicaine, l’espérance d’un redressement national et international.
Ce n’est pas l’insulte qui le visait indirectement au sujet de l’Algérie — Emmanuel Macron a traité de « mabouls » ceux qui défendaient une position ferme sur les rapports entre ce pays et la France — qui constituera un passif à l’encontre de Bruno Retailleau. Bien au contraire, puisque la stratégie purement diplomatique prônée par le pouvoir s’est révélée inefficace et que la sienne est largement approuvée (JDD).
Et le président, par cette vulgarité ciblée, s’est déshonoré lui-même.
La première pierre, pour remettre notre nation d’aplomb, sera d’abord, enfin, le courage de ses dirigeants.
Bruno Retailleau ne se contentera pas de faire son devoir : il mettra tout en œuvre pour être à l’heure de son rendez-vous avec le peuple français, porté par la conscience de la chance qui lui est donnée et qu’il aura su créer.
Bruno Retailleau, et le reste de la droite, devraient s’inspirer de ce qui se passe en ce moment en Grande-Bretagne : il y a une réaction résolue contre le niveau effroyable d’antisémitisme qui a été atteint désormais, et qui fait dire à Kemi Badenoch, chef du parti conservateur et ancien ministre, que le pays se trouve dans la même situation, à cet égard, que l’Allemagne des années 30.
Cette réaction se produit jusque dans l’affrontement politique individuel, et non plus seulement au niveau des principes. On la voit se manifester dans ce dialogue entre Kemi Badenoch et un électeur pro-islam, probablement musulman lui-même.
Ce qui est spectaculaire dans cet échange, c’est l’abandon complet de la posture habituelle du politicien échangeant avec la « base ». La règle voulant que l’on brosse toujours le citoyen dans le sens du poil, qu’on le flatte y compris lorsqu’il s’agit d’exprimer son désaccord avec lui, a volé en éclats.
Kemi Badenoch est face à une militante qui crie pour lui couper la parole, interrompant son discours lorsqu’elle prend la défense des Juifs : les musulmans aussi sont persécutés, prétend-elle. Et le dirigeant conservateur lui rentre dans le lard, poliment mais fermement, en lui disant : non, ce sont des Juifs qui sont poignardés dans la rue, pas des musulmans, ce sont les synagogues qui doivent désormais être gardées comme des bases militaires, et non les mosquées.
Et elle dit : nous sommes en Allemagne dans les années 30, ce que nous vivons n’est pas simplement « un exemple parmi d’autres de tensions raciales », ce sont des attaques délibérées envers les Juifs, c’est bien un côté qui persécute l’autre (et non pas : iadéconpartou et « y’a aussi des Noirs racistes ») ; je ne me laisserai pas intimider, dit-elle, je me tiens fermement aux côtés des Juifs britanniques.
Il est bien sûr significatif de remarquer que Kemi Badenoch est une immigrée elle-même, noire, fille de Nigérians, qui est née à Londres avant de passer une bonne partie de son enfance au Nigeria.
Elle a dit son admiration envers la politique libérale du président argentin Javier Milei, a défendu les bons côtés de la colonisation britannique, a prévenu que les immigrés n’abandonnaient pas à la frontière leur haine ethnique ancestrale envers les Blancs, a dit sa conviction que toutes les cultures ne se valaient pas (en d’autres termes, certaines sont supérieures à d’autres), a prévenu que l’Angleterre n’était pas un hôtel où l’on rentrait comme dans un moulin pour faire de l’argent, que les Britanniques avaient le droit de choisir qui ils admettaient chez eux, que les valeurs occidentales devaient être défendues car ce sont elles qui ont fait la grandeur du Royaume-Uni, que la politique du parti conservateur avait été trop laxiste envers l’immigration lorsqu’il était au pouvoir, et qu’il faudrait envisager le retrait de l’Angleterre de la Convention européenne des droits de l’homme.
En somme, elle est ce que bien des pontes de la droite classique, et même du Rassemblement national, en France, appelleraient une grosse oua-oua, une grosse ouaciste.
On remarque ce même abandon de la traditionnelle attitude « équilibrée » concernant les conflits raciaux, cette même résolution à ne plus rien laisser passer, cette même technique de dialogue consistant à mettre en cause personnellement les interlocuteurs qui le méritent, dans cette interview du chef du parti des Verts, Zack Polanski, par Trevor Phillips, journaliste-vedette de Sky News.
Zack Polanski est un Juif végétarien homosexuel de gauche, qui prétend que les incessantes manifestations pro-palestiniennes depuis le 7-Octobre n’ont rien d’antisémite, que les Juifs exagèrent parfois lorsqu’ils se disent menacés et que les musulmans sont autant persécutés que les Juifs. Il a répercuté un tweet s’indignant du fait que les policiers non armés qui ont arrêté, récemment, un musulman qui avait poignardé un Juif dans la rue, lui avaient porté des coups de pied à la tête afin de le maîtriser.
Trevor Phillips ne le lâche pas d’une semelle sur toutes ces prises de position, et l’oblige à se justifier sans admettre le moindre évitement.
À noter que Trevor Phillips, tout comme Kemi Badenoch, est noir. Ses parents viennent du Guyana ex-britannique. Il a même été un « anti-raciste » professionnel dans le passé, ayant dirigé la Commission pour l’égalité raciale et son successeur de 2003 à 2012.
Cependant, dès cette époque, et bien qu’appartenant au parti travailliste, il s’est distingué en déclarant que le gouvernement devait cesser de promouvoir le multiculturalisme, facteur de séparatisme, et défendre à sa place l’identité britannique. À l’occasion des caricatures de Mahomet, il a défendu le droit à offenser autrui comme condition de la liberté d’expression.
En 2016, Trevor Phillips a averti que le déni gauchiste concernant l’immigration était porteur de catastrophes, se référant au célèbre discours prétendument « raciste » du député conservateur Enoch Powell, qui avait annoncé, dès 1968, hélas à juste titre, des « rivières de sang » si l’immigration se poursuivait. Discours qui a instantanément mis fin à sa carrière politique, malgré le soutien massif de la population. Enoch Powell avait prononcé son discours à Birmingham. Aujourd’hui, cette ville est largement grand-remplacée, avec 30 % de musulmans.
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En 2021, scellant son parcours de la gauche à la droite, Trevor Phillips a même été suspendu du parti travailliste pour suspicion « d’islamophobie ».
À l’instar de ce qui se passe en Angleterre, la droite française doit cesser d’avoir peur des accusations de ouacisme. Le déplacement résolu de la frontière du discours acceptable vers la prétendue « extrême droite » est une nécessité vitale si nous voulons conserver notre liberté, notre souveraineté et notre civilisation.
@ Ellen le 1 mai 2026
Je me suis coltiné le programme économique du FN/RN… Disons qu’il n’en a pas vraiment, pour faire court : plusieurs économistes, institutions et médias ont pointé des éléments qu’ils jugent problématiques. Et quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.
Le coût budgétaire est très élevé : de nombreuses mesures proposées ont été évaluées comme extrêmement coûteuses par des organismes indépendants. Certaines promesses (baisse de TVA, dépenses supplémentaires, mesures sectorielles) représenteraient des dizaines de milliards d’euros de dépenses nouvelles. Et encore, comme ce sont des gens bien élevés, ils n’ont pas parlé en centaines de milliards.
Ces évaluations sont souvent citées pour illustrer un manque de financement clair. Les recettes paraissent irréalistes : les critiques soulignent que les sources de financement avancées — lutte contre la fraude, économies administratives, réorientation budgétaire — sont souvent considérées comme surestimées et/ou incertaines par des économistes interrogés dans les médias… et aussi, disons-le, par moi-même.
Les caisses sont vides et le PIB en berne, la production stagne. Il suffit d’écouter ces prévisionnistes qui nous parlent à tout bout de champ de réindustrialisation… Pas pour faire des batteries électriques — elles seraient déjà obsolètes — ni des voitures électriques, où les Chinois ont des longueurs d’avance. Des clous et des pointes ? Chez Temu, ils vous en font cadeau… Alors quoi ?
Le plus beau dans tout cela, ce sont des mesures potentiellement inflationnistes : les baisses massives de taxes et/ou les hausses de dépenses publiques pourraient alimenter l’inflation, surtout dans un contexte de finances publiques déjà tendues… C’est le moins qu’on puisse dire quand il n’y a déjà plus un rouble vaillant dans les caisses.
Les rois sont nus, les caisses sont vides, et le FN/RN ment. Un mensonge blanc qui fait plaisir à ceux qui veulent l’entendre, mais surtout une gabegie sans nom. Pour être efficace, il faudra du courage ; ce parti n’osera pas. Il a déjà eu tant de mal à s’imposer. La dette, ce sont les autres ; eux n’y sont pour rien. Ils dépenseront sans compter, autant que leurs prédécesseurs : ce n’est pas leur argent. Et puis, un peu plus ou un peu moins, ils expliqueront qu’ils vont lisser tout cela sur trente ans. La plupart seront morts et ne pourront plus rendre de comptes — et c’est ainsi que cela fonctionnera. Tout le reste est littérature.
Résultat : augmentation rapide de la dette publique, faute de financements pérennes. Eh oui, il faudra du courage politique ; or personne ne s’y aventurera. On le voit encore aujourd’hui : c’est toujours 5 % de déficit, et les 3 %, ce n’est pas pour demain.
Jordy Biberon caresse les patrons du CAC 40 ? Eux font semblant : ils savent très bien que ce parti est incapable, pas mieux que ceux qui se sont succédé. Et Jordy, l’économiste, pour nous sauver ? Il suffit de le dire — comme le souligne souvent le Volatile cher au Général Motor.
@ Ellen le 1 mai 2026
Malheureusement, vous avez sans doute raison. Wauquiez est insupportable et indésirable dans son parti ; il a été battu à plate couture et voudrait paraître calife à la place du calife. Battu par BR à deux reprises, c’est significatif ; il n’imprime pas, Wauquiez : il a beau se démener, il n’est pas connu à plus de deux heures de voiture de son fief.
Les deux que vous citez ont compris qu’avec Wauquiez, point de salut ; alors ils se sont éclipsés. Bruno résiste… mais pour combien de temps encore ? Les deux derniers n’ont aucune ambition nationale ; seul celui de Cannes en joue, juste pour se construire un futur CV. Pour l’instant, il est bien dans son palais, personne pour lui faire de l’ombre, et il brille de mille feux sous les ors du Festival.
Ce n’est pas son heure ; la lutte va être brouillonne pour cette présidentielle à venir. Y aller, c’est se scier la branche, encore souple, en frêne, sur laquelle il est assis. Il a de belles idées, le maire de Cannes — moi aussi —, mais pour les mettre en pratique, il faut des fantassins, des guerriers, des brigades, des divisions. Il est aussi nu que moi, électeur lambda. En un mot, ce n’est pas son heure, et il le sait parfaitement : il parle dans une caserne désaffectée. Le ciel, le soleil et la mer, allongé sur le sable… C’est quand même plus doux que de prendre des coups quand on est bien seul.
@ Jérôme le 30 avril
« Je ne vois que Jean-Cul Mélenchon pour sauver la France. »
En plus… poétique : je ne vois que Jean-Cul Mélenchon pour sauter Marianne… sans son consentement.
« Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle » (art.222-23 du code pénal). Voilà la solution pour nous débarrasser du vieux pseudo-immigré « blanc et moche »…
@ Giuseppe le 30 avril 2026
« Jordy, pour lui, c’est fini. Tous ceux qui se penchent sur le programme économique du FN/RN ont compris la gabegie des dépenses sans financement en face : compter tirer la chasse ne trompe plus grand monde »
Vous vous fichez de qui ?
Vous ne vous êtes pas trompé de nom ? Ne serait-ce pas plutôt Emmanuel Macron, ancien banquier chez Rothschild — du « quoi qu’il en coûte », aux Français bien sûr — et Bruno Le Maire, ministre des Finances, qui ont mis la France à genoux avec une dette de 3 600 milliards d’euros ?
La vérité est là : ouvrez le lien et vous saurez qui est, depuis neuf ans, le plus grand « économiste ».
https://horloge-de-la-dette-publique.com/dette-publique-france/
@ Giuseppe 2026/04/30
« Je me suis amusé à comparer le PIB par habitant avec celui de l’Espagne ce soir, à l’heure de l’apéro local »
Un coup d’œil à la statistique d’importation de biens et de services vient un peu malmener la notion de PIB, d’industrie et de prospérité, à moins qu’on ne parle de la prospérité des intermédiaires bien sûr, bien placés pour susciter des marchés et y établir leurs prébendes.
Voir là https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMListeStatSpecifique/2
Ce qui est à craindre, c’est de voir Bruno Retailleau obtenir le même score que Valérie Pécresse.
Si cela devait être le cas, ce serait la mort de LR.
Éric Ciotti et David Lisnard, grands gagnants et respectivement maires de Nice et de Cannes, le savent bien. Ils ne souhaitent plus appartenir au parti LR, qui est en pleine déroute et en décomposition depuis trop longtemps. C’est le parti des chiffonniers et de la foire d’empoigne entre eux, voilà tout !
« Aquilino Morelle. Une réplique particulièrement mordante, dans laquelle il aurait lancé à son chef de l’État : « Tu as une allure de vieux préfet et tu n’intéresses déjà plus personne. » Une phrase choc qui illustre à la fois les tensions internes du pouvoir, mais aussi les critiques souvent formulées à l’égard du style politique de François Hollande. »
Pépère qui se pense encore en candidat : il ne pèse plus rien et, en plus, il fait un régime ?
Décidément un des plus nuls de la Ve qui se pense « bankable » en voix… Quelle poilade ! Il n’existe que lui pour y croire, et encore : il a baissé les armes sans combattre, le pire de tout ; il se prépare, paraît-il. En bon motoriste que je peux être, il suffit de le regarder : ce n’est pas avec son bloc moteur qu’on peut augmenter la puissance ; « stage 0 », il y a trop à faire.
Il a un bloc moteur qui n’a pas résisté à un quinquennat, les soupapes qui se dilatent, et son volant moteur est trop lourd pour monter rapidement dans les tours.
Pour être compétitif, il y a aussi les masses passives : la base, c’est de dégraisser le poids du véhicule au maximum ; on mettra « Juju » dans le siège baquet. Le rapport poids/puissance, n’importe quel escaladeur du Tour de France vous l’expliquera.
Non seulement il ne fait pas la maille, Pépère, mais en plus il est honni de la grande majorité de ceux qui pensent que, pour vaincre, il faut au moins avoir participé. Bruno Retailleau a le physique, mais, bon sang, il devrait faire appel à un relookeur : costard bleu lumière et cravate qui signe le bonhomme — la cravate qui brille, sans tomber non plus dans le cheap ; pas le bon marché financier, non, le bon marché de l’image. Pas besoin de mettre beaucoup de sous sur la table, juste ce qu’il faut pour aimanter les regards.
Il a l’allure sportive, svelte, c’est un atout ; il me rappelle Jacques Chaban-Delmas, qui avait écrabouillé des journalistes voulant faire les malins sur son âge et sa forme physique : il les avait renvoyés à leur image de physiques grassouillets et, de là, intellectuellement avachis.
Il faut qu’il change ses lunettes de notaire, Bruno : du visible mais sérieux. On peut parler de sport sans en avoir jamais pratiqué, mais un physique en harmonie avec l’esprit qu’on défend, une image pour imprimer comme un tampon qui oblitère un timbre — les lunettes, la cravate et le costard… Tout le monde se souvient de ceux de François Fillon.
Bruno doit y aller à fond. Au FN/RN, c’est costard-cravate, plutôt bleu clair ; pour le chef, bleu nuit : il est nul, mais la couleur le rend plus sérieux alors qu’il ne vend que de la dette.
Je suis en cannes, je viens de m’avaler une partie de manivelles et, rouleur-puncheur, je trouve que les conseillers de Bruno sont de vieilles badernes qui n’ont rien compris. Avec eux, il ne gagnera pas ; avec ce qu’il faut d’un bon conseiller en image, il changera radicalement de voie prioritaire. Emmanuel Macron l’avait compris avant lui.
@ Robert Marchenoir le 30 avril
« La séparation de David Lisnard d’avec LR est consternante. »
Cette séparation est certes consternante, mais elle était devenue inévitable… Le fautif est Bruno Retailleau. Comme je l’écrivais hier dans un autre commentaire, au lendemain de son élection à la tête de LR, il aurait dû non seulement « cheffer », mais aussi officialiser sa candidature à l’élection présidentielle, après s’être donné les moyens d’être incontestable au sein de son parti.
Deux « obstacles » étaient sur son chemin : Laurent Wauquiez et David Lisnard (1). Il a fait l’inverse de ce qu’il aurait dû faire : il a promu le premier et ignoré le second. Pour expliquer cela, au-delà de la différence de notoriété dans l’opinion publique entre ces deux « poids lourds » du parti « néo-gaulliste », il faut prendre en compte le fait que le libéral DL se positionne beaucoup plus à droite — n’a-t-il pas appelé à une union des droites allant jusqu’à Reconquête! ? — que le conservateur BR qui, tout en se montrant ferme quant au retour à une Ve République « gaulliste », a plutôt tendance à imaginer un accord avec Édouard Philippe.
Cette fêlure, qui divise aussi les militants, sera tôt ou tard la cause de l’éclatement de LR, qui a déjà perdu sa branche ciottiste.
À la fois politique et stratégique, ce désaccord a empêché BR de peser à leur juste valeur les atouts importants que détient DL : sa réputation au sein des forces économiques du pays, ses « amitiés » au sein de la droite « dure », son expérience du terrain — Cannes n’est pas la ville riche que l’on croit — et, surtout, son réseau d’élus territoriaux que la présidence de l’Association des maires de France lui a permis de forger. Des atouts qui auraient conforté la candidature de BR si les deux hommes avaient formé un tandem inédit, l’un visant l’Élysée, l’autre Matignon…
Mis sur la touche par cette extravagante question sur la procédure de désignation du candidat LR posée aux militants, DL n’avait pas d’autre solution que de claquer la porte… BR s’est ainsi privé d’un excellent remède contre l’explosion du parti qu’il préside… et la droite a perdu une réelle occasion de surprendre positivement ses électeurs.
Il est trop tard. Les dés sont jetés. Même si, demain, les deux hommes se réconciliaient, ce rabibochage apparaîtrait comme une manœuvre purement électoraliste…
(1) Pour ma part, je considère le marginal Xavier Bertrand comme un intrus dans le champ de LR… et donc de la droite. En 2021, alors qu’on le donnait « premier-ministrable », il n’aurait jamais dû pouvoir se faufiler au sein du parti qu’il avait quitté fin 2017. Il est très exactement le genre de personnage politique caméléon dont les Français doivent se défaire.
@ Robert Marchenoir 30/04/2026
Ce constat est effectivement affligeant et désespérant, et je ne peux que vous rejoindre sur ce point. À croire que la droite n’a toujours rien compris aux enjeux de cette prochaine échéance électorale !
@ Michel Deluré le 30 avril
L’un des enjeux de l’élection présidentielle sera de mettre un terme à la chienlit parlementaire provoquée par la volonté d’Emmanuel Macron de créer une troisième force entre la droite et la gauche, en attirant à lui non seulement les centristes « classiques », qui, jusqu’alors, s’alliaient avec l’un ou l’autre de ces deux camps au gré du nombre de maroquins et de circonscriptions qui leur étaient offerts, mais aussi les élus de la droite molle et de la gauche modérée (ex-strauss-kahnienne).
Dans un premier temps, en rassemblant ces trois entités dans une formation attrape-tout (LREM), il a laminé les deux grands partis de gouvernement — PS et LR —, avec pour conséquence une montée en puissance des formations les plus radicales — LFI et RN (auquel est venu s’ajouter Reconquête !).
Mais la Macronie n’a jamais réussi à s’implanter réellement au-delà des cercles politiques parisiens, à développer un parti de militants suffisamment puissant et structuré pour conquérir la France profonde. L’échec fut cuisant aux municipales de 2020, un peu moins lourd aux européennes de 2019, mais retentissant aux régionales de 2021 et catastrophique aux européennes de 2024.
La réaction absurde de Macron à ce dernier camouflet a entraîné la pire des situations qu’ait connues la Ve République : une Assemblée nationale sans majorité possible.
Aujourd’hui, après avoir subi une valse des gouvernements digne de la IVe, les Français aspirent au retour au calme… et donc au bipartisme.
Les modalités de l’élection présidentielle — un duel au second tour — assurent que cette attente sera satisfaite, peut-on croire… Encore faut-il que les législatives qui suivront offrent au nouveau président une majorité absolue. Ce qui n’est pas certain tant, pour l’instant, les divisions entre les courants de pensée restent vivaces.
S’il était élu par défaut, après être arrivé deuxième au premier tour avec un score dépassant à peine ceux des autres concurrents, la nouvelle Assemblée nationale pourrait bien se trouver dans une situation proche de celle d’aujourd’hui, nombre de ses électeurs étant rentrés dans leur famille après avoir voté pour lui en se pinçant le nez…
Pour éviter cela, il n’y a guère qu’une solution : réduire le nombre de candidats au premier tour, en entreprenant dès maintenant un rapprochement entre partis proches en vue de soutenir une même personnalité… Encore faut-il bien sûr que celle-ci soit réellement consensuelle. Encore faut-il ne pas chercher à marier la carpe et le lapin… et ne pas introduire dans cette famille recomposée et fragile un vilain petit canard…
Pour ma part, je crois que ce serait le cas si LR et Horizons, qui ont de nombreux points communs et un ancrage clairement à droite, cherchaient à s’allier avec Renaissance, vestige de la Macronie, dont le président, Gabriel Attal, non seulement a les dents longues, mais aussi n’a rien perdu de ses origines socialistes.
N’a-t-il pas, en juillet 2024, organisé avec le Nouveau Front populaire la magouille des désistements qui a barré la route de Matignon au RN et permis au PS et à LFI de compter beaucoup plus de députés que le résultat du premier tour leur permettait d’espérer ? N’est-il pas, de ce fait, en partie responsable du chaos qui sévit au Palais-Bourbon ?
Cela ne s’oublie pas et ne se pardonne pas.
Bruno Retailleau portera tout au long de la campagne à venir sa démission sur un sujet futile, alors qu’il aurait pu, qu’il aurait dû démissionner contre l’attitude d’Emmanuel Macron face à l’Algérie.
Le temps est venu d’une agressivité forte contre le président.
Le RN faisant profil bas pour cause de respectabilité qui lui sert d’horizon inatteignable, il y a un espace libre pour s’affirmer avec détermination, sans états d’âme.
À maboul, maboul et demi, en faisant remarquer que, s’il doit y avoir des injures côté président, elles pourraient au moins se faire en langue française et pas en langue arabe.
Pour le reste, la volonté de primaire que l’on observe chez la gauche dite de gouvernement, comme chez la droite dite également de gouvernement, ce que je regrette compte tenu des résultats des uns et des autres, or donc cette volonté de primaire à tout prix marque une impuissance certaine.
Ce n’est pas la masse qui doit pousser le chef en avant, mais c’est le chef, si c’est un vrai chef, qui doit tirer la masse et la mettre en mouvement.
Tous les vrais chefs savent cela, à commencer par Jean-Luc Mélenchon dont la stratégie est parfaite. On pourra remarquer l’habileté avec laquelle il manipule le langage orwellien.
Lui qui ne rêve que de détruire la vraie France ne parle que de nouvelle France, après la France insoumise !
Jamais depuis longtemps un parti ou un politicien n’avait employé avec autant de répétitions le mot France quand les autres minables de gauche, du centre et de la fausse droite parlent de République à nous en dégoûter.
Je suis très inquiet pour cette présidentielle, Jordan Bardella ne sera pas crédible dans l’isoloir, et Jean-Luc Mélenchon risque de l’emporter par abstention de ceux qui attendent un vrai changement.
Darmanin, qui ne l’est pas moins, laisse tout ce petit monde d’arrivistes s’entretuer et viendra surfer sur les décombres. Il aura le soutien de Gérard Larcher qui, tant qu’il peut continuer à se goinfrer, soutiendra toujours le mieux placé prêt à lui attacher le bavoir autour du cou.
Retailleau fait un peu petit Chanteur à la croix de bois , et l’on retient de lui qu’il n’a pas su s’affirmer. C’est un peu comme les entraîneurs de foot : certains sont compétents pour les équipes de milieu de tableau, mais quand on leur donne un grand club, au vu de leurs bons résultats, c’est l’échec.
Jordy, pour lui, c’est fini. Tous ceux qui se penchent sur le programme économique du FN/RN ont compris la gabegie des dépenses sans financement en face : compter tirer la chasse ne trompe plus grand monde, et vouloir nous enfumer avec les mêmes rengaines non plus.
Le Medef est comme le chat : il n’aime pas l’eau, et encore moins quand elle est froide. Et en plus, quand on écoute Jordy, constamment sur la défensive parce qu’inculte en économie basique, c’est rajouter des glaçons.
Jordy n’est pas compétent — ce n’est que mon humble avis —, il me fait penser à ces équipes de rugby qui, lorsqu’elles sont laminées, tapent le plus loin possible et serrent leur jeu au strict minimum pour ne pas sombrer.
Le FN/RN ne passera pas la barre, il ne fait plus illusion. Jouer en défense comme le fait Jordy, et ramener sans cesse son discours sur les poncifs que deviennent l’immigration et la préférence nationale, tout cela ne fait pas un programme.
En fait, il a la trouille de s’aventurer sur des sujets où il va se faire ramasser ; il ne les comprend pas. Ce qu’il raconte, c’est la messe, mais les pèlerins commencent à douter.
Le pays est à sac. Je me suis amusé à comparer le PIB par habitant avec celui de l’Espagne ce soir, à l’heure de l’apéro local : 39 100 € pour la France et 36 300 € chez nos voisins (Eurostat)… Je vous fais grâce des centimes : le plein d’essence à 1,50 €/l, la viande de boucher (porc, morceaux nobles) à 9,50 €, trois semaines de location en bord de mer idyllique pour 1 100 € ; je passe sur l’exceptionnel pour les soins dans leurs centres de proximité flambant neufs. Je ne vais pas vous faire pleurer avec les boissons qu’il faut boire avec modération… Faites le calcul, et c’est bien le tableau du déclassement de la France que brandissait un journaliste s’appuyant sur Eurostat, sachant que la moyenne UE est à 39 700 €.
Pas de discours chez eux sur le 1er mai ; ils travaillent sans doute, ceux qui le veulent. Les voisins français, en remontant, font leurs courses chez eux : on peut les comprendre.
Nous avons tout à prendre et rien à donner. Les taxes sont une folie, les impôts nous classent en tête de l’OCDE. Et Jordy, dans tout cela ? Pas grand-chose : beaucoup plus de dépenses, certainement plus de misère.
Retailleau n’a pas de troupes ; l’espoir fait vivre, dit-on. Quant à l’autre qui se prépare, il devrait faire un tour en Espagne : il saurait ainsi comment affronter un taureau, lui qui s’est dégonflé à se représenter mais qui « se prépare »… à quoi, diront certains ? À rien, diront d’autres. Comment faire confiance à un type et à la pire des attitudes : partir sans combattre, et dire ensuite qu’il se prépare ?
Retailleau a sans doute un courage inversement proportionnel à ses soldats. Le combat va être rude, mais pas désespéré s’il y croit.
La séparation de David Lisnard d’avec LR est consternante. À l’évidence, la droite a besoin et de Retailleau et de Lisnard. Le constant sécessionnisme de la droite française est navrant. Chacun veut créer son propre parti.
Au lendemain même de son élection triomphale à la présidence de LR, Bruno Retailleau a commis une erreur fatale : il n’a pas « cheffé ». Non seulement, par bonté d’âme, il n’a pas jeté aux oubliettes l’adversaire acharné qu’il avait pourtant écrasé, mais, par une trop grande prudence tactique, il a semé le doute sur sa volonté de conquérir l’Élysée en n’annonçant pas immédiatement et officiellement qu’il serait candidat et que LR ne soutiendrait que lui. D’où cette impression malsaine d’une démarche entreprise « par devoir ».
Le deuxième vote des militants, les 18 et 19 avril, n’aurait pas dû avoir lieu. Il est même contre-productif. Dans l’opinion publique, ce deuxième plébiscite lui fait perdre l’avantage qu’il aurait eu en faisant de sa candidature une décision personnelle. Il aurait ainsi été « soutenu » par LR, et non « présenté » par celui-ci.
Ce qui lui aurait permis d’éviter, d’une part, l’étiquette de candidat d’un parti en régression, manquant d’unité et, de plus, peu clair sur son positionnement politique — le gouvernement Lecornu compte six ministres encore encartés LR… —, d’autre part, le reproche de présenter un programme conçu plus par les dirigeants d’un parti qui aspire à retrouver le pouvoir que par le candidat lui-même, fort de son expérience, de sa volonté de réussir et de sa vision personnelle de l’avenir.
Bien sûr, ceux qui le connaissent savent que BR n’est pas prêt à défendre des projets qu’il ne valide pas, ni à faire des promesses dont il sait qu’il ne pourra pas les tenir… Mais ce ne sont pas ceux-là qu’il faut convaincre qu’il est le meilleur candidat…
En prenant trop de temps pour se mettre officiellement sur les rangs, Bruno Retailleau a aussi laissé ses concurrents s’installer dans l’opinion, qu’ils soient encartés LR, récemment démissionnaires, en marge du parti ou s’en rapprochant après de longues années d’allégeance à la Macronie qu’ils cherchent à faire oublier (Wauquiez, Lisnard, Bertrand, Darmanin, Philippe et quelques autres qui « réfléchissent »…).
BR devra dès maintenant dépenser beaucoup d’énergie pour s’imposer… et tenir compte de ce handicap en élaborant les principales propositions de son programme. L’exercice est périlleux — il tient du grand écart —, mais il est indispensable si BR veut se donner une chance d’accéder au second tour… en position de challenger. Il est évident, dès aujourd’hui, que, compte tenu du nombre de candidats en lice, officiels ou supposés, et de l’éparpillement des opinions qui n’a jamais été aussi grand, un candidat qui se la jouerait « seul contre tous » n’a aucune chance d’attirer suffisamment de voix pour arriver en seconde position au soir du premier tour.
Pour BR, qui doit renforcer son électorat tant à sa droite qu’à sa gauche, l’objectif est de trouver l’équilibre dans un même programme entre des propositions qui plaisent aux électeurs du RN et de l’UDR et ne rebutent pas ceux de la droite molle, encore tentés par le centre et les vestiges de la Macronie, et d’autres qui plaisent à ceux-ci sans faire fuir ceux de la droite ferme… Ceci, tout en entreprenant de supplanter les autres candidats, cherchant eux aussi à ratisser le plus largement possible dans ce même espace politique…
BR est-il apte à réaliser cet exploit ? Il est permis d’en douter, d’autant que — il faut le reconnaître — son être ne brille ni par une souplesse qui lui permettrait de trouver des compromis, ni par un charisme qui attirerait les indécis…
Sa déclaration prononcée à Albi, que cite notre hôte, en témoigne. Il est brutal, sec, tranchant… Certes, il répond à une nouvelle incartade du locataire de l’Élysée qui justifie ce ton, mais l’électeur de base n’a cure de ces chamailleries entre dirigeants politiques. Il faut que, très vite, BR trouve le discours qui rassemble, qui attire, qui donne envie de l’écouter. Il faut qu’il martèle des propositions, en particulier dans les domaines où il fait la différence avec ses concurrents : le régalien, la sécurité, l’immigration, l’évolution de nos institutions, la réforme en profondeur des aides sociales, la revalorisation du travail, la remise à plat de nos services publics… y compris la baisse drastique du nombre de fonctionnaires.
Il faut aussi qu’il évite les clichés — « renverser la table »… — qui, à force d’être utilisés par les uns et les autres, ne veulent plus rien dire… Qu’il admette que le marketing électoral, qui ne conduit pas nécessairement au clientélisme, est un moyen moderne d’attirer l’électeur… Il faut aussi qu’il trouve sa marque, son identité graphique, son « cri de guerre », qu’il en sature l’espace public… avec la même puissance que « La force tranquille » de Mitterrand.
« C’est ce courage d’agir qui devra être assumé par celui ou celle qui, dans un an, présidera au destin du pays », a-t-il dit à Albi, en reprochant à Macron sa position de faiblesse vis-à-vis du régime algérien. « Le courage d’agir »… Voilà un slogan qui lui irait comme un gant… et plairait aux Français qui, à une écrasante majorité, en ont assez des dix ans de com’ de la Macronie.
La validation de la candidature de Bruno Retailleau par LR ne me paraît nullement constituer un critère décisif de nature à légitimer cette candidature, eu égard, malheureusement, à l’état de décomposition dans lequel se trouve ce parti. Combien sont-ils déjà, à ce jour, ceux qui se réclament encore de ce parti ou qui s’en sont éloignés depuis 2017, qui se sont déjà postés sur la ligne de départ pour 2027, qui attendent le moment propice pour, eux aussi, s’y aligner, ou qui encore guettent la première opportunité pour mettre gentiment des bâtons dans les roues de leur président ?
Dans ce contexte, BR va avoir fort à faire pour affirmer sa personnalité et, surtout, bâtir un projet de redressement qui puisse fédérer autour de son nom tous ces candidats déjà déclarés ou potentiels, à droite et au-delà, car il n’échappe aujourd’hui à personne que toute division au sein de ce camp lui sera fatale et lui enlèvera toute chance de participation au second tour.
J’ose espérer que tous ceux qui, de LR à Renaissance, piaffent dans l’attente de participer à la compétition élyséenne sont parfaitement conscients de cet enjeu crucial et ont intégré le fait que toute division équivaudra à une élimination dès le premier tour de l’élection, sans espoir de repêchage.
On a eu Nono la rondelle, maintenant c’est Nono l’Algérien. Comment est-ce qu’il l’a appelé, Kadyrov, un maboul ? Bon, il ne l’a pas nommé, mais on a compris.
Lui qui connaît bien les chevaux devrait se montrer honnête envers lui-même. À défaut d’être un pur-sang, il aurait pu tenter de se donner l’allure d’un magnifique percheron. Capable de traîner n’importe quelle charrue sur des chemins défoncés.
Hélas, il apparaît comme une rossinante à l’enthousiasme droopiesque. You know what, I’m happy. Il aurait fait fortune chez Borniol.
Vous l’aurez compris, je ne partage pas votre enthousiasme, cher hôte.
Je ne vois que Jean-Cul Mélenchon pour sauver la France.
Ah flûte, sylvain, je ne vous avais pas vu, rangez donc ce tranche-lard, vous allez vous couper.
Un trop gentil garçon pour envisager l’élection suprême.
Il faut qu’il devienne un requin, un vrai méchant, démolissant ses ennemis et ses adversaires, au lieu de quoi il fera de la figuration.
De plus, les LR s’apparentent plus à un poulailler caquetant, avec des Copé, des Wauquiez, des Larcher ou des Pécresse en recherche de graines (les électeurs), qu’à un parti politique porteur d’idées renversantes pour 2027.
En revanche, il ne faut pas sous-estimer Éric Ciotti, qui mène sa barque avec dextérité et onctueux louvoiements dans le dédale des Alpes-Maritimes. Réussir à dégager Estrosi n’était pas une mince affaire, et il l’a brillamment réalisé !
Retailleau, lui, est empêtré dans les rets tendus par Wauquiez et quelques autres…
Depuis les commentaires sur ce blog (et sur d’autres) jusqu’à la presse nationale, j’ai souvent entendu des doutes quant à la capacité de Bruno Retailleau à séduire l’électorat, non pas à cause de ses idées ou de la manière dont il les défend, mais à cause de son allure supposée de prof de math un peu ennuyeux — je ne fais ici que citer les critiques. Ce genre de commentaire me paraît bien à l’image de notre époque, qui ne retient que la superficialité du paraître au détriment de la valeur réelle d’un individu.
Personnellement, je préférerais un bon gestionnaire plutôt qu’un séducteur charismatique à l’ego proéminent, à la Macron ou Sarkozy. Les façades attrayantes cachent parfois — et même souvent — des intérieurs bien creux.
Nous parlons ici d’une élection présidentielle, et non d’une émission de télé-réalité.
Il y a Hercule et les écuries d’Augias, il y a aussi le « Sous-préfet aux champs » d’Alphonse Daudet.
Et puis il y a la France, avec son Conseil constitutionnel (dont le champ d’action a été dévoyé… depuis Roland Dumas), avec son Conseil d’État, ses tribunaux administratifs, ses syndicats largement non représentatifs, son monde culturel nombriliste, ardent défenseur de son exception culturelle, mais uniquement pour lui.
On sanctifie le 1er mai, mais on trouve normal de travailler le jour de la Fête nationale, puisque les commerces, tous les commerces, sont ouverts.
La France d’Ubu roi et de sa phynance, la France des Shadoks et des Gibis.
@ Alberto
« …ses syndicats non représentatifs… »
Pour rappel, Retailleau, choisi par environ 33 000 militants LR sur 76 000 adhérents, ça c’est représentatif de quoi ?
Je rêve d’un candidat qui aurait ce programme :
– Supprimer le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, le Conseil de l’Europe, etc., tous mammouths gauchistes qui dressent des obstacles à toute tentative nécessaire pour redresser le pays.
– Supprimer ces LDH, Défenseur des droits, HALDE, SOS Racisme (anti-blancs), droits des racailles seulement, qui ne font que de la politique gauchiste immigrationniste raciste anti-blancs.
– Parquer les OQTF que l’Algérie refuse de reprendre dans des îles — nous en avons de nombreuses qui ne servent à rien — et intimer fermement à cette Algérie de délinquants mafieux du pouvoir de Tebboune qu’ils seront tenus responsables de leur état de santé ; ils nous les ont envoyés, qu’ils les reprennent, la France n’est pas une poubelle à racailles algériennes.
– Virer les squatteurs manu militari le jour même, ces ordures protégées par le préfet et la justice gauchiste macronienne.
– Incarcérer les députés LFI qui propagent haine, menaces, chantages et encouragent les terroristes palestiniens, voire dissoudre ce parti hyper-dangereux de cassos attardés mentaux, députés racailles anti-France, racistes anti-blancs et aux propos nazis antisémites anti-juifs.
– Arrêter de mettre aux finances des bandits extrêmes gauchistes LFI, tel cette honte de Coquerel, goguenard, qui passe plus de temps à faire de l’anti-RN et du pro-terrorisme palestinien qu’à compter les sous de la nation.
Voilà une première étape facile à mettre en œuvre et si la rue, gauchiste bien entendu, proteste, casse, incendie, frapper très fort sans pitié.
En êtes-vous capable, M. Retailleau ? Ben non, comme tous les autres vous battrez en retraite et tout continuera comme avant.
M. Retailleau n’a pas la carrure imposée pour sortir la France de l’ornière clientéliste qui la mène à sa perte. Il ne suffira pas de faire des télés. On doute déjà de la consistance de ses promesses électorales. Il est en plus d’un ennui prodigieux.
Philippe Bilger ne ménage pas ses efforts pour soutenir Bruno Retailleau dans la course à la prochaine élection présidentielle. Pourtant, ce dernier peine encore à convaincre les Français qu’il possède l’étoffe d’un futur président de la République.
À la tête d’un parti rabougri et profondément divisé, il n’a jamais réussi à imposer son autorité, alors même qu’il a été élu à sa présidence avec 75 % des voix. Dans ces conditions, on voit mal comment celui qui, dans ses rêves les plus fous, parviendrait à être élu à la fonction suprême avec à peine plus de 50 % des suffrages, pourrait « renverser la table », comme il aime à le faire croire.
Au demeurant, Philippe Bilger est bien obligé de constater les faiblesses de la candidature de son favori : « En effet, longtemps, il s’est présenté comme un homme de devoir, allant vers la candidature présidentielle comme si elle était un échafaud, n’insufflant pas, de ce fait, la confiance qu’un chef doit inspirer et diffuser. C’était hier, et c’est bien fini. »
Donc demain ce sera mieux, car : « Bruno Retailleau ne se contentera pas de faire son devoir : il mettra tout en œuvre pour être à l’heure de son rendez-vous avec le peuple français, porté par la conscience de la chance qui lui est donnée et qu’il aura su créer. »
Ce vœu en forme d’injonction traduit, à lui seul, tout le doute qu’inspire la candidature du président de LR.
C’est évident que Bruno Retailleau, sur la photo publiée, dégage un enthousiasme débordant… Cet homme, par son physique et son accoutrement, est d’une tristesse… On est loin d’un Fillon.
Qui a envie de le suivre ?!!!!
Nous devons supprimer quelque un million et demi de postes de fonctionnaires, les planques à copains tels que le CESE, les subventions aux associations de copains, enfermer les OQTF, et pour cela, se débarrasser du Conseil constitutionnel qui n’est plus qu’une autre planque à copains de gauche pour que rien ne change.
Sans tout cela, on ne peut rien faire, et n’est donc que du pipeau.
« Depuis que la candidature de Bruno Retailleau a été nettement validée par Les Républicains, il est clair qu’il a changé de registre, poussé les feux et passé la cinquième vitesse. » (PB)
Il est plein de bonne volonté, Bruno Retailleau. Sur ce point, rien à dire. Il a même quelques bonnes idées. Mais avant de vouloir « renverser la table », il devrait d’abord prendre soin d’enlever certaines pièces du couvert qui contribuent à la stabilité du pays.
Vouloir empiéter sur les plates-bandes du RN, encouragé en cela par Éric Ciotti, qui s’y vautre allègrement — au point d’ailleurs que l’on a du mal à distinguer ce qui distingue son parti (l’UDR) du RN — n’est pas la meilleure stratégie pour rassembler le puzzle d’une droite dispersée aux quatre vents et qui se cherche un leader vraiment fédérateur parmi tous ses « petits chefs » qui, tous les matins en se rasant, se voient en président providentiel que les Français attendent depuis le départ du Général.
Avec son air de curé de campagne, il peut certes réunir les ouailles de sa petite paroisse, mais de là à rassembler une majorité d’électeurs de droite, ça paraît difficile. D’autant qu’il peut compter sur certains de ses « amis » de LR pour lui poser des chausse-trappes.
Certes, il a été désigné « officiellement » par LR pour être son candidat à l’élection présidentielle de 2027, mais il reste encore un an avant que les Français ne se prononcent. La route est encore longue et semée d’embûches.
Bref, c’est pas gagné !
Un propos aussi résolu ne peut qu’engager celui qui l’a tenu : les discours ou les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient… C’est la liberté de chacun d’entre nous…
Bien dans ses basques diront ceux qui en ont … ! Il est l’homme qui se présente pour une situation où l’honneur de la France demande des excuses et non des courbettes diplomatiques… Bon vent pour Bruno…