Le garde des Sceaux ne doit pas se laisser intimider.
La révolte de nombreux avocats pénalistes contre la loi SURE n’est que la continuation d’un combat constant qui conduit les barreaux, à l’égard de toutes les lois de nature régalienne — visant des procédures moins bureaucratiques et complexes, ainsi qu’une plus grande efficacité et rapidité de la répression et de l’autorité de l’État —, à privilégier l’intérêt particulier et corporatiste de leur mission au détriment de l’intérêt général et de la protection de tous les citoyens.
Gérald Darmanin, dans l’une de ses répliques à la polémique développée contre la loi SURE et contre lui-même, a rappelé ce constat de l’hostilité quasi permanente des avocats à l’égard de tout ce qui, gauche (rarement) et droite confondues, favorise la tranquillité de chacun et la sauvegarde sociale.
Le plus navrant est moins cette continuité — qui serait, pour beaucoup d’avocats, le signe de leur devoir, aussi hémiplégique soit-il — que la déplorable abstention du syndicalisme judiciaire face à ce qui aurait dû le mobiliser au premier chef en soutien du ministre de la Justice. On peut se douter que la personnalité de celui-ci, ses orientations politiques et ses ambitions n’ont pas été pour rien dans cette indifférence coupable, fortement teintée d’esprit partisan.
Si l’ironie est permise, cette volonté de défendre à toute force le jury populaire ressemble, chez certains, à l’envie d’argumenter et de plaider devant des ignorances et des crédulités plutôt que face à des compétences et à des esprits critiques.
Cette loi SURE — Sanction utile, rapide et effective — est une excellente loi d’urgence et de pragmatisme. Si le garde des Sceaux n’avait pas été saisi par les légitimes alertes de plusieurs procureurs généraux, inquiets des conséquences dévastatrices, en matière criminelle, des engorgements et des retards, sans doute ne se serait-il pas engagé si vite dans la voie qu’il a choisie et qui a été validée par le Sénat, après que celui-ci a beaucoup concédé aux opposants sur le plaider-coupable criminel.

Des aménagements et des limites ont, en effet, été apportés à la version initiale du garde des Sceaux. Outre que le plaider-coupable ne pourra concerner qu’un seul auteur, il ne sera pas seulement exclu pour le terrorisme et les crimes contre l’humanité, mais aussi pour les viols sur mineur de moins de 15 ans, les viols aggravés et la traite des êtres humains.
Le plaider-coupable, la liberté et l’intégrité de son processus devront évidemment être légitimés par une cour d’assises.
Contrairement à ce qui est prétendu, elle renforce les droits des victimes, d’autant plus que lutter efficacement contre des délais qui pouvaient atteindre parfois six à huit ans constitue la meilleure manière de répondre en profondeur à leurs attentes.
Il serait offensant de douter systématiquement de la sincérité des avocats qui contestent cette réforme, mais est-il permis, au regard des expériences judiciaires criminelles, de souligner que les affrontements entre avocats de la défense et avocats des parties civiles sont parfois si vigoureux que la cause des secondes paraît en être oubliée, voire niée, par les premiers ?
Il n’est pas neutre non plus de relever que les Français sont, dans une très forte majorité (73 %), partisans de cette réforme du plaider-coupable criminel.
Au sujet de cette avancée, inspirée par un empirisme réparateur — éviter des catastrophes qui meurtriraient le tissu social et de nombreuses destinées singulières —, on ne peut pas négliger qu’elle s’inscrit dans un courant qui avait déjà supprimé la cour d’assises dans sa plénitude pour la diviser en cours criminelles et cours d’assises. Cette distinction, déjà capitale (le jury populaire étant supprimé dans les premières), avait été confortée par Éric Dupond-Moretti, avocat emblématique pour beaucoup de ses confrères et consœurs, devenu ministre de la Justice en contradiction, sur ce point, avec sa position initiale. S’affirmant de gauche, mais opportunément et durablement macroniste.
Pour ma part, puisque des avocats m’ont mis en cause, j’admets avoir toujours été un défenseur convaincu du jury populaire, en regrettant d’ailleurs la réduction de sa composition. Mais les circonstances d’urgence dramatique de ces derniers temps, sur le plan criminel, justifient mon adhésion conjoncturelle à cette loi, soutenue par un ministre dont on ne peut pas dire qu’il se contente du verbe. Il ne disserte pas face aux problèmes et aux difficultés : il leur oppose des actes.
La magistrature sortira-t-elle un jour de ce qui la fait baisser dans l’estime publique, de son manque de fierté pour elle-même et pour son splendide métier, ainsi que de son manque de solidarité à l’égard de quelqu’un qui se bat pour elle ?
@ Tipaza le 20 avril
« Tant de forêts arrachées à la terre (…) »
Je ne connaissais pas ce texte de Jacques Prévert… Je ne savais pas qu’il était écolo… Je ne savais pas qu’il avait eu l’idée farfelue de couper la branche sur laquelle il était assis… À son époque, ses poèmes n’étaient-ils pas édités sur papier ?…
Pour info, pour fabriquer la pâte à papier, on utilise des arbres qui ont été plantés dans cet objectif… comme on sème des graines de blé pour faire du pain. Désolé, les écolos mentent quand ils racontent que les journaux détruisent la forêt amazonienne.
L’article de Vincent Bolloré dans le JDD n’en parlait pas.
Sublime discrétion d’un milliardaire de la presse et de l’édition mais de façon subliminale, j’ai compris qu’il voulait dire :
« Tant de forêts arrachées à la terre
et massacrées
achevées
rotativées.
Tant de forêts sacrifiées pour la pâte à papier des milliards de journaux – et de livres* – attirant annuellement l’attention des lecteurs sur les dangers du déboisement des bois et des forêts. »
Jacques Prévert
*Le mot « livres » est de moi.
@ Tipaza le 19 avril
« (…) beau de surcroît, parce que son alimentation est plus équilibrée ? »
Holà ! Vous prenez le risque d’être démenti… Patrice Charoulet est peut-être beau, en tout cas bien coiffé : il apprécie le merlan…
@ Tipaza – le 19 avril 2026
Les révélations de Vincent Bolloré sur Grasset sont en effet stupéfiantes. Un salaire annuel d’un million d’euros pour le PDG d’une petite entreprise de 38 salariés qui ne fait que 12 millions de chiffre d’affaires, c’est un scandale, qui pourrait même être qualifié d’abus de biens sociaux. De plus, cette rémunération était payée par moitié par Hachette, la maison-mère : je ne sais même pas si c’est légal.
Douze millions de chiffre d’affaires, pour un éditeur soi-disant prestigieux qui a suscité un tel scandale par le renvoi de son PDG Olivier Nora, c’est ridiculement peu. Une seule librairie parisienne de surface moyenne fait un chiffre d’affaires de l’ordre d’un million d’euros, et cela peut atteindre 4 à 5 millions pour les plus grandes.
Les rémunérations élevées de certains chefs d’entreprise ne sont justifiées que par les résultats financiers qu’ils obtiennent. La disproportion entre le salaire d’Olivier Nora et les ventes générées par Grasset est choquante, et c’est sans tenir compte de la baisse récente du chiffre d’affaires (16,5 millions en 2024 contre 12 millions en 2025), et celle du résultat opérationnel (1,2 million en 2024 contre 0,6 en 2025).
En somme, c’est un peu comme le sieur Bally Balek (comme dit Éric Zemmour), de son vrai nom Bagayoko, qui s’est augmenté de 10 % après son élection à la mairie de Saint-Denis : il est de gauche (et noir, en plus !), donc il a le droit.
D’après Bolloré, le motif direct du licenciement de Nora est le refus de ce dernier de publier le livre de Boualem Sansal en juin, et sa volonté de repousser sa sortie en octobre. Une décision commercialement incompréhensible : plus la sortie du livre est proche de l’écho médiatique qui a entouré la libération de son auteur, plus il a de chances de se vendre ! Évidemment, ce dernier est d’esstrêm’drouâte, donc…
D’après le JDD, la recette de Grasset consistait à publier un nombre élevé de journalistes (beaucoup étant de gauche, bien entendu) dans le but de s’assurer de bonnes critiques.
Avec cette affaire Grasset, qui succède à la commission d’enquête du député Charles Alloncle sur l’audiovisuel public et aux scandales du musée du Louvre, les sales petits secrets de la collusion entre l’argent de gauche et le monde médiatico-intellectuel commencent à être étalés au grand jour : il était temps que ces messieurs se mettent à entendre le vrombissement de la tronçonneuse libérale, qui se rapproche.
@ Michel Deluré le 19 avril 2026
Le plus amusant est que Patrice Charoulet ignore que les magistrats sont élus aux USA.
Mais bon, le fond de sa pensée est clair : c’est le suffrage universel qu’il met en cause, souhaitant à l’évidence un suffrage censitaire.
À ce propos, on peut lui demander s’il trouve normal qu’un prof du secondaire « infoutu » d’avoir l’agrégation ait le même droit de vote, avec un bulletin qui pèserait également, qu’un professeur d’université agrégé, docteur d’État, et beau de surcroît, parce que son alimentation est plus équilibrée ?
@ Patrice Charoulet 19/04/2026
Les jurys populaires, que vous considérez donc, par opposition aux magistrats, comme des gens non-instruits et incompétents, apprécieront sans nul doute votre jugement, dont il se dégage beaucoup de mépris !
Partant de ce principe, quelle est alors votre position concernant le vote populaire en démocratie ? N’est-il pas en ces circonstances demandé à des électeurs, qui sont pour nombre d’entre eux tout aussi non-instruits et incompétents, de se prononcer pour des candidats et sur des sujets dont ils n’ont pas la maîtrise ?
@ Patrice Charoulet
« Pour la raison qu’un tribunal collégial, composé de magistrats instruits et compétents, est mieux à même de bien juger qu’une addition de charcutiers, d’éboueurs et d’illettrés. »
Logique qu’on pourrait transposer au vote, en abolissant la démocratie pour instaurer quelque technocratie. Attention cependant, vous ne seriez peut-être pas aussi bien placé que vous semblez vous l’imaginer, vu que les chiffres peuvent l’emporter sur les lettres, et une aristocratie de l’argent prévaloir sur celle du savoir.
Contrairement aux bouchers, aux éboueurs et aux illettrés cependant, avec votre mépris pour moins dotés culturellement que vous, vous aurez mérité votre relégation de citoyen à sujet de quelque caste que vous appelez de vos vœux.
J’avoue, une fois de plus, être ignorant de tout ce qui concerne la procédure judiciaire et souhaiter le rester.
Mais puisqu’on parle de justice dans le billet, et qu’au fond c’est le thème du blog, nous avons aujourd’hui même un bel exemple de ce que peut être un débat entre avocats de l’accusé et de la partie adverse :
Vincent Bolloré s’est exprimé dans le Le Journal du dimanche concernant l’affaire Nora-Grasset, qui fait scandale dans le landerneau intellectuel, et il en donne sa version.
Deux journaux reproduisent cette version.
Le Figaro mentionne que le chiffre d’affaires de Grasset est passé, selon lui, de 16,5 millions d’euros en 2024 à 12 millions en 2025, ainsi qu’un résultat opérationnel en baisse. Pendant ce même temps, la rémunération annuelle d’Olivier Nora est passée de 830 000 euros à 1,017 million d’euros, et cette rémunération, payée par Hachette, n’a été facturée que pour moitié à Grasset, améliorant ainsi les charges apparentes de Grasset et donc son résultat tel que présenté.
Parlant de Vincent Bolloré, Le Figaro cite son nom ou parle de l’actionnaire.
Le Monde commence à présenter l’article comme : « ce texte, qui s’apparente à une tribune mais n’est pas présenté comme telle », parle ensuite du JDD, qui « est sous la houlette de M. Bolloré » (sic). L’article se poursuit avec : « Vincent Bolloré évoque donc un “différend sur fond de performances économiques (…) très décevantes de la maison Grasset” et épingle avec force détails la rémunération d’Olivier Nora », sans donner de détails chiffrés !
Vincent Bolloré est présenté comme un milliardaire avec différentes variantes : « milliardaire breton », puis plus modestement comme « milliardaire », et enfin comme « milliardaire conservateur ».
Sur le fond, rien à dire : Le Monde a dit la vérité, pas toute la vérité ; les problèmes d’argent n’ont été évoqués que superficiellement, et la personnalité de Vincent Bolloré a été vue sous un prisme sinon marxiste, du moins très orienté à gauche, qui ne se salit pas les mains avec des milliardaires.
La justice est représentée avec un bandeau sur les yeux : c’est peut-être pour cela que Le Monde n’a pas pu lire complètement l’article — qui n’était pas une tribune — de Vincent Bolloré dans le JDD. 😉
« Si l’ironie est permise, cette volonté de défendre à toute force le jury populaire ressemble, chez certains, à l’envie d’argumenter et de plaider devant des ignorances et des crédulités plutôt que face à des compétences et à des esprits critiques. » (PB)
Ma thèse, constante et ancienne à cet égard, est qu’il faut supprimer les cours d’assises et les jurys populaires. Pour la raison qu’un tribunal collégial, composé de magistrats instruits et compétents, est mieux à même de bien juger qu’une addition de charcutiers, d’éboueurs et d’illettrés.
« Charcutiers », « éboueurs »… Quel mépris pour les « riens » ! Il confine au racisme anti-« France d’en bas »… Est-ce ce mépris inadmissible que vous avez avez enseigné à vos élèves ?
« Illettrés »… À qui la faute s’ils le sont… Une seule réponse possible : le corps enseignant.
J’ai été moi-même juré d’assises. Vos propos sont insultants.
« La loi SURE rassure ! » (PB)
On sera vraiment rassuré lorsque cette loi sera publiée au Journal officiel… D’ici là, le projet porté par Gérald Darmanin aura à franchir de multiples obstacles, le moindre n’étant pas l’examen par le Conseil constitutionnel du texte voté en dernier ressort par les députés. Le CC… comme Ciseaux et Censure…
La bonne nouvelle est que le gouvernement a décidé de faire bénéficier le projet SURE de la procédure « accélérée », lui évitant de stagner longtemps entre l’Assemblée et le Sénat, au gré de débats répétitifs et de blocages provoqués par le dépôt de centaines d’amendements redondants. Il est vrai que la justice est quasiment asphyxiée par le retard hallucinant avec lequel elle punit délinquants et criminels, au grand dam des victimes, et qu’il était grand temps pour les politiques de tenter de résoudre le problème… ou du moins de montrer qu’ils s’y intéressent. On remarquera néanmoins que l’Élysée ne pipe mot pour soutenir GD… « Le président Macron » traite des affaires du monde… et n’a plus à se préoccuper d’une réélection…
Comme l’indique Philippe, à quelques détails près, le texte initial paraît créer les conditions d’un désengorgement des cours d’assises à une échéance acceptable, eu égard à la situation actuelle. Certes, le plaider-coupable et la montée en puissance des cours criminelles départementales sont contraires à nos traditions et percutent la souveraineté du peuple, que traduit la présence de jurys populaires dans les cours d’assises.
Que des magistrats soient troublés, cela se conçoit… à condition qu’il ne s’agisse pas d’une posture idéologique. Que des avocats le soient aussi, pourquoi pas ? Mais il est à craindre que, pour beaucoup d’entre eux, le motif de leur mécontentement relève moins d’une émotion liée à leur engagement pour la défense des droits de leurs clients que de la perspective d’une baisse de leur activité, donc de leurs honoraires… Multiplier les procédures pour retarder le procès rapporte gros…
Comme Philippe, j’aurais préféré que le rôle éminent du citoyen dans un jugement de cour d’assises reste ce qu’il était et que la peine du coupable ne puisse pas être négociée entre celui-ci et le ministère public avant d’être « officialisée » — à la va-vite — par une cour criminelle. Mais la justice est malade de ses retards… et les procédures actuelles, longues, minutieuses, pointilleuses à l’excès, en portent la responsabilité.
Alors, il faut l’admettre : aux grands maux, les grands remèdes… Mais la version définitive de cette nouvelle loi ne pourrait-elle pas néanmoins prévoir une évaluation de ses conséquences et de sa pertinence d’ici quatre ou cinq ans, et laisser ainsi la porte ouverte à un retour en arrière, lorsque la justice, notamment en accroissant ses moyens humains, aura retrouvé un rythme de travail plus conforme à ce qu’on est en droit d’attendre d’elle ?
Pour l’heure, il me semble qu’il faille accepter l’exceptionnel et ne pas chercher à édulcorer le projet de GD. Bien qu’il y soit très favorable, en première lecture, le Sénat a pourtant entrepris d’en détricoter quelques mailles, notamment en refusant qu’une autre cour criminelle examine en appel une affaire jugée en première instance par une cour criminelle. Le recours à une cour d’assises « classique » resterait obligatoire… Ce statu quo ne peut que générer une perte de temps inutile.
Si le motif de ce recul est lié à l’absence possible de tout juré citoyen dans ces cours, peut-être pourrait-on améliorer le texte en décidant que deux des quatre assesseurs sont obligatoirement des citoyens tirés au sort sur les listes électorales, anciens magistrats et avocats en étant exclus… Pas sûr que le CC ne trouverait pas cette proposition anticonstitutionnelle…
À l’Assemblée nationale, il est certain que, venant essentiellement des différentes gauches, le feu sera nourri et que GD devra se montrer très habile pour obtenir un vote favorable. Le pire est que le canon le plus destructeur pourrait viser le projet depuis le banc des ministres et, plus précisément, être manœuvré par Sébastien Lecornu lui-même… On a maintenant bien compris que le Premier ministre, pour durer et ainsi gérer au mieux l’agonie de la Macronie, était soumis à Olivier Faure et que le moindre froncement de sourcils du PS le faisait trembler de peur.
Bref, pour le garde des Sceaux, la partie est plus que périlleuse… Mais, si par miracle il parvient à faire adopter un texte relativement proche de son projet, c’est le jackpot qu’il remportera : la légitimation de sa candidature à la présidence de la République. Pour l’heure, pour profiter de la mise en lumière que lui offre la Chancellerie, il respecte le contrat de « silence présidentiel » que lui a imposé le locataire de Matignon… mais toute son action ministérielle est en fait au service de ses ambitions.
Il ne fait aucun doute qu’il fera tout pour que médias et grand public oublient la loi SURE et lui donnent le nom, ô combien plus utile pour lui, de loi DARMANIN…
« La révolte de nombreux avocats pénalistes contre la loi SURE n’est que la continuation d’un combat constant qui conduit les barreaux, à l’égard de toutes les lois de nature régalienne — visant des procédures moins bureaucratiques et complexes, ainsi qu’une plus grande efficacité et rapidité de la répression et de l’autorité de l’État —, à privilégier l’intérêt particulier et corporatiste de leur mission au détriment de l’intérêt général et de la protection de tous les citoyens. » (PB)
Il ne faut pas chercher longtemps les raisons qui poussent la corporation des avocats à s’opposer à la loi SURE.
Plus les procédures sont longues, plus cela leur permet d’améliorer leurs honoraires. Comportement de petit boutiquier.
Pas très glorieux de la part d’une profession qui est censée être au service du citoyen victime d’une injustice… For sure ! 🙁
@ Achille le 18 avril
[Avocat,] « une profession qui est censée être au service du citoyen victime d’une injustice… »
Devons-nous en conclure qu’en Macronie, le voyou est une victime ? Il est vrai qu’Eric Dupond-Moretti et Nicole Belloubet sont allés plus loin en protégeant plus le voyou que sa victime…
« Devons-nous en conclure qu’en Macronie, le voyou est une victime ? »
Je ne vois pas en quoi vous pouvez tirer ce genre de conclusion de mes propos.
Certes même les voyous ont droit d’être défendus. C’est le privilège (si l’on peut dire) des régimes démocratiques.
On peut même regretter que les meilleurs avocats (Vergès, E. D-M et quelques autres) acceptent de les défendre, ceci par pur défi intellectuel, celui qui consiste à défendre l’indéfendable. À moins que ce soit parce que cela contribue à leur notoriété.
Allez savoir !
@ Achille le 18 avril
Non, Achille, ne reniez pas ce que vous avez écrit. Il n’y a pas d’autre lecture de votre texte que celle qui fait du voyou une victime, défendue par un avocat qui se met à son service. C’est l’honneur de tout avocat d’accepter de défendre un malfrat, à condition toutefois qu’il n’en devienne pas sa marionnette, en le présentant comme une victime, en niant l’évidence, en dénigrant la partie civile… ou en méprisant la cour (cf. l’arrogance d’Acquittator dans les prétoires et la morgue de Jacques Vergès).
Quant à la vraie victime, ce sont les magistrats du parquet et du siège qui réparent l’injustice qu’elle a subie, en requérant contre l’auteur de celle-ci et en le condamnant au nom du peuple qui, lui aussi, a subi un préjudice, sa loi n’ayant pas été respectée.
Je maintiens qu’en Macronie, jusqu’en décembre 2024 et l’arrivée de Gérald Darmanin place Vendôme, les gardes des Sceaux ont été plus sensibles au bien-être des malfrats qu’au sort de leurs victimes.
Tout cela relève du cirque tant il suffirait de légaliser l’usage des sérums de vérité pour le rendre inutile.
Alors pourquoi ne le fait-on pas ? Et pourquoi n’y a-t-il personne pour poser la question ?
La réponse est dans le devoir de dire la vérité, et là Constant et Kant tomberaient ensemble à la renverse s’ils voyaient où nous en sommes aujourd’hui.
C’est que la vérité est tout simplement incompatible avec notre démocratie, puisqu’on y érigé le droit de mentir pour la bonne cause.
Alors, on va distinguer le droit et la morale dans le mensonge, et seul compte le droit, puisque dans un pays sans religion d’État, chacun à le droit d’avoir sa morale.
Mais Constant et Kant ne représentaient que la civilisation dégénérée, car il en fut jadis bien autrement.
Souvenons-nous de l’image de saint Louis rendant la justice au pied du chêne. Pourquoi au pied d’un arbre ? Parce qu’autour d’un arbre, il se trouve un endroit où il émet au violet, et que là, on voit mieux les auras. Qu’est-ce à dire ?
C’est que notre système nerveux fonctionnant à l’électricité, il émet des champs électromagnétiques et donc portant une couleur. Et là, on peut voir qui ment ou non.
Sauf qu’évidemment, ce n’est pas à la portée du vulgaire, donc incompatible avec la démocratie, et il est donc interdit d’en parler sous peine de se faire passer pour un dingue – c’est la formule, en démocratie.
Donc, il est interdit de chercher la vérité contre la volonté de l’accusé.
Alors, victimes et réactionnaires, allez vous faire voir ailleurs ! Est-ce qu’on vous parle de vérité ? Non ! de culpabilité ou non… Ça n’a rien à voir…
Vous vous trompez sur la morale, car celle-ci ne se soumet pas seulement à quelques injonctions extérieures (religion, droit, etc.), mais elle commence là où nous sommes libres, c’est-à-dire dans notre conscience, là où nous sommes capables notamment de répondre à la question « que dois-je faire ? » et non « que doivent faire les autres ? ». C’est en cela que la morale est universelle.
Quant au devoir de dire la vérité, Kant ne se faisait aucune illusion. N’écrivait-il pas, dans ses Fondements de la métaphysique des mœurs : « Je veux bien, par amour de l’humanité, accorder que la plupart de nos actions soient conformes au devoir ; mais si l’on examine de plus près l’objet et la fin, on se heurte partout au cher moi, qui toujours finit par ressortir ; c’est sur lui, non sur le strict commandement du devoir, qui le plus souvent exigerait l’abnégation de soi-même, que s’appuie le dessein dont elles résultent. » Kant n’était point dupe des faiblesses des hommes.