Défense des ploucs…

Didier Maïsto, lorsqu’il présidait Sud Radio jusqu’en 2020, avait écrit un texte étincelant, très lu et admiré, pour défendre la France « des clopes et de la bière », moquée par Benjamin Griveaux.

Même si nous avons quitté la période intense où les Gilets jaunes ont à la fois fait espérer et désespérer notre pays, rien, aujourd’hui, n’a véritablement changé. Il y a toujours ce clivage grossier entre les élites et le peuple, entre ceux, comme l’aurait dit Michel Onfray, qui détiennent le pouvoir et la multitude sur laquelle il pèse.

Un entretien, dans Politique Magazine, avec Diane de Bourguesdon, qui vient de publier Les indésirables – Prolophobie, a remis en lumière cette division que l’auteure définit ainsi : « on peut pratiquer ostensiblement le racisme social ».

Cette « défense des ploucs » court le risque de tomber dans une forme de démagogie qui, derrière une apparente absence de mépris, conforte pourtant la condescendance avec laquelle la France d’en haut se penche sur la France d’en bas, en maintenant cette impalpable frontière qui distingue les humbles, les modestes, souvent abandonnés, des privilégiés.

L’invocation répétée d’un peuple supposé homogène tient trop souvent lieu de réflexion à la pensée conservatrice : elle se borne à dénoncer indistinctement les élites et, par effet de contraste, à idéaliser ceux qu’elles sont censées dominer.

Pour échapper à ce qui pourrait n’être qu’un simulacre – un hommage superficiel dénué d’authenticité -, la seule solution est de comprendre que cette France majoritaire des « honnêtes gens » n’a pas seulement à être valorisée, remise sans détour au cœur du débat démocratique, mais saluée, célébrée comme une chance presque ultime de sortir le pays d’une situation infernale, où ceux qui croyaient savoir ont failli, tandis que la masse des autres n’a jamais été ni consultée ni respectée.

Si la défense des ploucs n’est jamais que l’attitude d’une dame patronnesse républicaine, elle n’aura pas le moindre effet.

En revanche, si, en élargissant le sens de « ploucs », elle consiste, face à la pompe et aux grandeurs, à favoriser l’unité de la nation en mêlant ses ombres multiples à ses lumières, alors elle pourra la sauver.

Du racisme comme de tant d’autres dangers.

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Voir les Commentaires (42)
  1. La coupure face à l’extérieur rend très vulnérable aux aléas climatiques ; l’ouverture, aux tensions politiques, militaires et économiques.
    Certes, avoir des paysans pour produire ici permet de moins craindre que ceux d’ailleurs ne veuillent ou ne puissent nous approvisionner, mais même cela peut ne pas être suffisant, par exemple sans pétrole et autres ressources qui ne se trouvent pas chez nous — quoiqu’il paraisse qu’on ait trouvé, joie, de l’hydrogène aux pieds de nos charentaises.

    https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/la-france-a-decouvert-en-lorraine-un-gisement-d-hydrogene-equivalent-a-14-annees-de-consommation-electrique-de-la-belgique-le-pays-voisin-veut-lui-aussi-sonder-ses-sols_AD-202603300739.html

    https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20260416-kerosene-co2-engrais-alimentation-les-effets-en-cha%C3%AEne-du-blocage-du-d%C3%A9troit-ormuz

    Peut-on sécuriser les routes commerciales ? Vaste problème… En tout cas, avoir une multinationale du pétrole française comme TotalEnergies est une garantie, non absolue — car rien ne l’est —, mais une garantie.
    Et qui ne coûte rien, grâce à ses profits, dont on lui fait un crime… Avoir acheté du pétrole pas cher au bon moment montre qu’on est bien informé et intelligent : il suffit de lire les journaux, il y a des gens pour ça… Ceci dit, comme le fait remarquer le patron de Total, la situation économique générale finirait par devenir bien mauvaise si cela dégénérait — ce dont n’osent pas se féliciter les écologistes et autres rêveurs de la démondialisation, qui se voient exaucés.

    Car problème : la plupart des gens sont voués à beaucoup souffrir si cela continue ainsi. Ce n’est pas comme si tous les pays du monde avaient tant développé leur agriculture et leur industrie locales qu’ils n’avaient plus besoin d’un extérieur qui peut toujours se dérober, alors même qu’on en dépend.
    Tout ce qu’on subit est mauvais, non seulement dans son principe, mais aussi parce que, prenant de court, on y est inadapté et voué à se trouver dans le manque par sa faute… Quand cela touche à l’alimentation et à la santé, le manque est flagrant. Devra-t-on dire aux ploucs de ne plus boire de bière, mais du vin ? Avec le respect des plus ou moins élites, écartant ceux qui leur déplaisent de la légitimité des jurys en matière judiciaire.

    Bref, et j’y reviens, il faudrait sécuriser les routes commerciales… Ce n’est certes pas la seule chose qui serait désirable dans le cas iranien : empêcher l’Iran de nucléariser Israël, voire l’Europe un jour…

    https://www.tf1info.fr/international/base-de-diego-garcia-visee-on-pensait-que-les-missiles-iraniens-avaient-une-portee-de-2-000-km-la-c-est-beaucoup-plus-explique-david-rigoulet-roze-sur-lci-2431537.html

    …et ce qui serait le Graal : la liberté offerte par l’Amérique à l’Europe autrefois, s’étendant à présent chez les Perses…
    Mais on ne sait pas trop ce que Donald Trump avait en tête en allant taquiner du mollah, et il a trahi le peuple iranien en l’incitant à la révolte pour le laisser se faire massacrer par ses tyrans. Espérons qu’il développe une vision stratégique et un tant soit peu de loyauté, parce que, sans cela, le monde me paraît bien mal parti.

  2. Mary Preud'homme

    @ hameau dans les nuages le 19 avril 2026

    Les provocations ridicules de Marchenoir ne méritent certes pas votre indignation !
    C’est attacher trop d’importance à un planqué anonyme qui ne frappe que dans l’ombre et masqué, contrairement à ceux qui débattent ou combattent à visage découvert, et dont il se complaît lâchement à faire des proies faciles !
    À fuir !

  3. hameau dans les nuages

    @ Robert Marchenoir le 19 avril 2026

    Ayez le courage de venir me le dire en face, et à tous ces agriculteurs que vous déclarez inutiles. Je l’ai déjà formulé ici aussi. Un peu de courage, au lieu d’insulter. Demandez donc à Philippe Bilger, qui est déjà venu en vallée d’Aspe, ce que vont devenir les vallées et le piémont sans le travail quotidien des agriculteurs et des éleveurs…
    Allez ! Un peu de courage ! Venez le dire devant nous !

  4. @ sylvain le 19 avril 2026

    Je vous adore, vous en êtes resté au siècle dernier, carbus d’une autre époque. Pas étonnant, vous et le parti FN/RN, c’est has been, l’économie, c’est IA et bon sens.

    D’ailleurs, j’en profite, je suis à la recherche d’une Simca 1500, vous devriez m’aider. Là, c’est du carbu double corps, c’est votre domaine.
    Ultime précision, aujourd’hui, c’est pompe immergée, injecteurs et bobines individuelles.

    Si vous voyez passer cette Simca, peinture d’un gris métallisé, intérieur en skaï rouge, on peut discuter.

    En fait, vous êtes comme Pépère, il se “prépare”, paraît-il, on ne sait pas pourquoi, ni pour qui, ni pour quoi, mais il se prépare. Le capitaine de pédalo, qui n’a même pas de carbu, lui, mais il se prépare, il actionne pour l’instant à la force des mollets, et ce n’est pas avec ça qu’il va décoller.

    Et puis, tant que j’y suis, il y a aussi le motard Estrosi, un autre qui pensait qu’il pouvait courir les 24 Heures du Mans avec un moteur vieux de plusieurs décennies, Ciotti, malin avisé, a compris que son heure était venue pendant que l’autre appuyait encore sur son kick.

    Une époque formidable, des losers à la pelle, des infos pour ne rien dire et des acteurs à faire pleurer mémé dans les chaumières.

    J’attends avec impatience la suite du journal de Sarko, ce ne peut plus être l’abbé Faria, il va devoir faire plus long, un peu dans le style de Patrick McGoohan, célèbre pour Destination Danger et Le Prisonnier.

    On n’a pas fini de rire. Pépère va peut-être du coup gonfler son moteur, double corps Weber et pompe de reprise, une baudruche a toujours besoin d’air. Parce que, comme dégonflé, on a vu.

  5. Entre Jordy-Jordannette, le Prisonnier Sarko, Marine au trapèze et peut-être les deux derniers au guignol, Trumpette et l’hallali qui change tous les jours, c’est un cafouillis d’infos stratosphérique ; sans compter les déclarations qui « condamnent fermement » tous les jours, on ne sait plus qui, on ne sait plus quoi.

    Le temps est magnifique, alors, devant mon noisette, je vais faire un peu le lézard. Grand privilège devant les secousses journalières.

    Huit pages sur papier glacé pour la romance de Jordy Barboteuse : il n’en fait pas un peu trop ? Je pense de plus en plus qu’il ne sera pas élu ; il suffit de l’écouter : encore dernièrement, c’est sans odeur, sans saveur, c’est mécanique et sans électrovanne. Il lui manque l’essentiel, le carburant qui fait la différence : il parle à l’arrêt, il récite la messe, aucune étincelle dans sa bougie.

    Allez, repos !

  6. @ Giuseppe le 18 avril 2026

    Bingo, j’adore quand un plan se déroule sans accroc. Merci de faire, comme d’hab’, l’éloge du FN/RN, le seul parti politique honorable, civique, patriote.

    Pour en revenir à ces carbus que vous décrivez, je me pose une question : « Êtes-vous sûr que l’électrovanne de votre cerveau n’est pas bouchée ? »
    Faut arrêter de lire Pif le chien, les maquettes sont fausses. Ne me remerciez pas, c’est de bon cœur.

  7. Robert Marchenoir

    @ hameau dans les nuages – le 18 avril 2026
    « Liste avec ou sans commissions : »
    https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/industries/ces-fleurons-industriels-de-la-france-deja-passes-sous-pavillon-etranger_AN-201709270157.html

    Et donc ? En quoi cette liste réfute-t-elle un seul mot de mon analyse ? Elle la confirme, bien au contraire.

    « Je pourrais ajouter l’électricité nucléaire bradée. »

    Non. Vous ne pourriez pas. L’électricité nucléaire n’a été « bradée » à personne. L’électricité nucléaire est, elle, sous le contrôle du gouvernement, contrairement aux « fleurons » du slogan stupide dont vous vous êtes fait l’écho. Elle a fait l’objet, par le passé, d’un choix nocif tendant à la fermeture de centrales, pas à leur vente. Pour des prétextes écologiques malvenus. C’était une mauvaise décision de l’État, soutenue par de nombreux « ploucs », d’ailleurs. Depuis, le gouvernement est, fort heureusement, revenu dessus.

    « Et la perte de notre indépendance alimentaire. »

    Il n’y a pas d’indépendance alimentaire. Aucun pays du monde ne possède une indépendance alimentaire, et d’ailleurs ce serait une mauvaise chose. L’indépendance alimentaire, c’est la disette et la famine. Elles ont disparu, en France comme ailleurs, à partir du moment où l’agriculture a fait l’objet d’un commerce, d’abord régional, puis national et international. C’est la mondialisation qui a éradiqué la famine.

    Et au cas où votre connaissance de l’histoire économique serait défaillante, la mondialisation de l’agriculture ne date pas des années 1980. Elle a plusieurs siècles, pour ne pas dire plusieurs millénaires.

    Il y a, en France, une augmentation des importations agricoles concomitante à une réduction des exportations, ce qui est effectivement préoccupant vu le potentiel du pays. Aucun « fleuron » agricole n’a été « bradé ». C’est le contraire.

    Ce phénomène est la conséquence des politiques étatiques et protectionnistes stupides dont vous vous faites le défenseur : c’est vous et vos amis des « confédérations » machin-chose qui empêchez la création de « fleurons agricoles ». Vous et une bonne partie des « ploucs », qui habitent aussi bien à la campagne qu’à la ville, d’ailleurs. Puisque vous ne cessez de nous servir votre « racisme social » selon lequel les campagnards seraient les gentils, et les citadins les méchants.

    « Je repense à cette réunion de 1996 à laquelle j’assistais, en présence de François Bayrou, de l’économiste Philippe Chalmin — que je viens de revoir sur un plateau de télévision —, ainsi que d’un représentant local de la FNSEA, également président d’une coopérative céréalière. »

    « On y affirmait, avec un aplomb tranquille, que « les prix se fixeraient à Chicago », que la mondialisation était inévitable, que les paysans devaient “s’alléger pour passer le gué”, et que 100 000 agriculteurs suffiraient à la France. »

    Oui, vous nous l’avez dit à peu près un million de fois. C’est une excellente chose, que le nombre des agriculteurs diminue en France. Il y en a beaucoup trop. Ils ne sont pas assez productifs. Ils sont comme vous. Vous devez, en effet, disparaître. Cela fait plus d’un siècle qu’il y a trop d’exploitations agricoles en France, qu’elles sont trop petites et qu’elles ne sont pas assez efficaces. Vous défendez cet état de choses. Vous travaillez activement à la paupérisation de la France.

    Les prix ne sont pas seulement fixés à Chicago. Ils sont fixés dans le monde entier. C’est une excellente chose. C’est ce qui permet aux Français, et aux habitants du monde entier, de ne pas mourir de faim. Et de faire des tonnes de pognon avec l’agriculture. Vous êtes agriculteur, et vous ne voulez pas faire une tonne de pognon avec l’agriculture ? Laissez votre place à plus talentueux que vous.

    Laissez la place à la FNSEA, aux Jeunes Agriculteurs, à des professionnels qui ont vraiment envie de développer l’agriculture et d’enrichir la France et les Français. Que les saboteurs dans votre genre dégagent. C’est le mieux qui pourrait nous arriver. Vous ne défendez pas les « paysans ». Vous êtes un imposteur, un militant politique extrémiste représentant une frange minoritaire de la profession.

  8. @ hameau dans les nuages le 18 avril 2026

    L’autarcie exige de la compétitivité, sinon c’est l’URSS dans toute sa splendeur. Ça ne marche pas : c’est l’écroulement et la misère.

    Un pays ne peut pas prétendre à l’autarcie ou à une forte souveraineté économique s’il n’est pas capable d’être compétitif. Produire chez soi implique d’accepter les règles du jeu : efficacité, innovation, coûts maîtrisés. Sans cela, l’autarcie devient un slogan vide plutôt qu’un projet viable.

    Les entreprises non compétitives doivent être restructurées ou fermées.
    Si certaines entreprises ne parviennent pas à atteindre un niveau de compétitivité suffisant, deux options existent : les restructurer profondément ou accepter de les laisser disparaître. Maintenir artificiellement en vie des secteurs entiers sans perspective de redressement ne fait que dilapider des ressources publiques.

    Certaines industries justifient un soutien massif car elles sont stratégiques : nucléaire, aviation de combat. « On paie ce que ça coûte », on ferme les yeux, on travaille en dépenses contrôlées, mais on l’accepte.
    Donc, forcément, il existe des secteurs dont l’importance dépasse la logique économique immédiate : défense, énergie, technologies critiques, alimentation de base — de base, je précise —, santé.

    Pour ces industries, l’État peut légitimement accepter de « manger de l’argent », c’est-à-dire d’investir massivement sans attendre un retour rapide, car la dépendance extérieure serait trop risquée. La question se pose ainsi pour le renouvelable et les énergies fossiles que nous ne détenons pas.

    Les « fleurons » ne sont pas sacrés par nature. C’est normal : l’industrie peut être belle mais pas rentable, alors il faut tirer le rideau.
    Le simple fait qu’une entreprise soit considérée comme un « fleuron national » ne suffit pas à justifier sa protection. Si elle n’est ni compétitive ni stratégique, elle peut être vendue ou laissée à la concurrence internationale. Le patriotisme économique ne doit pas se transformer en conservatisme inefficace ou en gabegie d’argent public précieux.

    Le véritable choix politique est de hiérarchiser les priorités.
    La question n’est pas de choisir entre autarcie et mondialisation, mais de déterminer clairement :

    — Quelles industries doivent absolument être conservées, même au prix d’un soutien financier important ;
    — Celles qui doivent être laissées au marché, quitte à disparaître ou à être rachetées.

    Sans cette hiérarchisation, la politique industrielle devient incohérente, inefficace, la dette s’envole et la misère s’installe au bout du chemin.

    Bon, bon…

  9. hameau dans les nuages

    @ Robert Marchenoir le 18 avril 2026

    Liste avec ou sans commissions :

    https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/industries/ces-fleurons-industriels-de-la-france-deja-passes-sous-pavillon-etranger_AN-201709270157.html

    Je pourrais ajouter l’électricité nucléaire bradée… et la perte de notre indépendance alimentaire. Je repense à cette réunion de 1996 à laquelle j’assistais, en présence de François Bayrou, de l’économiste Philippe Chalmin — que je viens de revoir sur un plateau de télévision —, ainsi que d’un représentant local de la FNSEA, également président d’une coopérative céréalière.

    On y affirmait, avec un aplomb tranquille, que « les prix se fixeraient à Chicago », que la mondialisation était inévitable, que les paysans devaient “s’alléger pour passer le gué”, et que 100 000 agriculteurs suffiraient à la France.

    La grande braderie… Mais bien sûr, il ne faudrait pas parler des « ploucs » : ils ne comptent pas.

  10. @ sylvain le 18 avril 2026
    « Ah bon ? Il y aurait des électrovannes dans les carburateurs ? Vous m’avez l’air doué, cherchez sur le 32 PBIC ainsi que sur le Zénith Stromberg, appelez-moi dès que vous voyez passer une électrovanne.
    Nous, au RN, on connaît tout ça, nous sommes plus cultivés que vous, désolé. »

    Savez-vous au moins ce qu’est une électrovanne ?
    Votre ignorance stratosphérique est bien à la hauteur de la nullité du programme FN/RN pour l’économie.
    Je comprends pourquoi Marine Le Pen se paumait face à Macron dans ses fiches. Aussi nulle ce jour-là que vous pouvez l’être aujourd’hui.

    Je me suis coltiné le programme de ce parti et je me suis fait peur devant une telle vacuité.

    Comme tout ce qui est partagé fait du bien, je vais vous mettre au piquet avec le bonnet d’âne que vous porterez le temps de vous éclairer.

    En général un microtracteur de tonte est équipé d’une électrovanne de carburateur, qui lorsque vous mettez le contact actionne le pointeau qui laisse passer le carburant aspiré lors de la mise en route en position « run » du démarreur.

    Un démarreur, lui, est actionné par l’intermédiaire d’un solénoïde, en fait le même principe que la bobine de l’électrovanne qui laisse passer un liquide, en l’occurrence l’essence. Pour le démarreur cela permet d’alimenter par un gros câble en direct la borne concernée et la batterie, pour ne pas que la puissance passe par le contacteur à clé : cela s’appelle un relais ou solénoïde dans ce cas.

    Et comme la clé de contact revient après le « start » ou « run » à sa position de contact, le pointeau reste toujours ouvert et le moteur tourne.
    Il s’arrêtera quand vous reviendrez à la position « O » qui mettra la bobine d’allumage à la masse et l’électrovanne ne sera plus alimentée, ce qui coupera l’arrivée de l’essence du carburateur.

    Pour la petite histoire, pour des nuls de votre calibre, vous noterez qu’un contacteur à broches est en principe marqué de lettres G-L-A-S etc. Ne me remerciez pas, en guise de punition vous réviserez tous les contacteurs 5-6 broches etc.

    https://www.manomano.fr/carburateur-4508?model_id=95264705&referer_id=701089&msclkid=93d549db5ab71d0215d120388b5567bd&utm_source=bing&utm_medium=cpc&utm_campaign=Bing%20Shopping_CPC_FR_B2C_Tail&utm_term=4576236141677027&utm_content=Tail%20products

    Et dire qu’il en est certains qui vont voter FN/RN… Vous savez, pour faire du béton, certains ont fait l’ESTP… Et je vais vous faire une confidence : nous étions une génération recrutée avec le seul mot d’ordre « Soyez curieux ! » ; jamais je n’ai dû exhiber le diplôme, les opérations de base suffisent pour construire la tour Eiffel. Dans votre cas, pas encore désespéré, la maternelle devrait être un bon départ.

    Je taquine, bien évidemment : nous étions un peu taquins avec mes collègues, l’ambiance était plutôt agréable et souriante.

  11. Robert Marchenoir

    @ hameau dans les nuages – le 18 avril 2026
    « J’entends bien, mais encore faut-il ne pas vendre nos fleurons, nous donnant une « certaine autarcie ». Ce qui est fait joyeusement et goulûment par notre élite de plus en plus mondialisée. »

    Une fois de plus, il faut mettre en évidence l’état de maladie mentale qui a permis la généralisation de cette formule. Vous n’êtes pas le seul à énoncer cette sottise. Quantité « d’élites », hommes politiques, journalistes ou intellectuels la répètent.

    Pour commencer, lorsqu’on reproche la « vente de nos fleurons », cela s’adresse au gouvernement. C’est l’État, qui, par un mécanisme mystérieux, est censé « vendre nos fleurons ». Il faut donc rappeler, pour la millième fois, que la France n’est pas, en principe, un pays communiste : l’État n’y est pas propriétaire des entreprises. Comment peut-on vendre quelque chose qui ne vous appartient pas ?

    Pour enfoncer une seconde porte ouverte, pourquoi diable l’État vendrait-il nos fleurons ? Quel serait son intérêt ? À moins de présumer l’hypothèse délirante et complotiste d’un gouvernement cherchant à nuire systématiquement au pays, ou bien celle de dirigeants touchant de l’argent clandestin grâce à de telles ventes (par quel moyen ?), la déduction s’impose : ces « fleurons » n’en sont pas. Ce sont des poubelles ambulantes. Elles sont susceptibles de rachat parce qu’elles sont branlantes.

    Rappelons, de plus, aux illettrés économiques qui composent l’essentiel de la population, que l’économie n’est pas un monument érigé par Louis XIV, nettoyé par Napoléon puis épousseté par le général de Gaulle, qui « aurait vocation » à rester immobile et inchangé pour les siècles des siècles, amen. Les entreprises naissent, se développent, sont vendues puis meurent.

    La condition de la prospérité, c’est la faillite des non-fleurons ou leur rachat par des propriétaires plus compétents. Je sais bien que c’est difficile à accepter par des réactionnaires agricoles qui pensent que l’on nourrit la population en ne touchant pas un brin d’herbe dans des fermes-maisons de poupée, protégées de la concurrence par des subventions, des droits de douane et des prix contrôlés par le gouvernement, mais c’est ainsi que les hommes vivent.

    Vous avez d’ailleurs oublié un élément essentiel de la complainte : « nos fleurons sont bradés ». Il va de soi que les sales étrangers sous-estiment systématiquement la valeur de nos sublimes entreprises que le monde entier nous envie, nous escroquant de façon éhontée. Mais si le monde entier nous les envie, comment se fait-il, alors, que d’autres étrangers, encore plus vicieux et plus avides de dépecer la sainte et doulce France, ne les battent pas sur la ligne d’arrivée en proposant plus cher ? Éliminant, donc, tout « bradage » ?

    Comment se fait-il, d’ailleurs, que des actionnaires français ne se précipitent pas pour offrir plus cher, remportant la mise et conservant nos « fleurons » au sein de la « fleuronnerie » françouése ? Question malcommode que personne ne pose, car elle risquerait de dévoiler le sale petit secret, cause de tout ce « bradage » de « fleurons » : l’intervention, non pas insuffisante comme le prétendent les adeptes de cette légende, mais excessive de l’État dans l’économie.

    Il n’y a personne en France pour racheter les « fleurons » français parce que l’argent manque : l’État confisque une trop grande part de la richesse nationale pour permettre la formation de capital. Et personne ne veut les racheter parce que, même s’il a le capital, les perspectives de rentabilité sont absentes.

    Enfin, à chaque fois que des rivières de larmes sont versées au nom de cette catastrophe, personne ne mentionne les « fleurons » qui sont censés avoir été « bradés », ce qui permettrait une discussion basée sur des faits et la réfutation possible d’une règle péremptoirement posée comme générale.

    C’est comme le fameux « racisme » dont seraient victimes les Noirs, les Arabes, les Turcs, les Pakistanais… Personne ne cite jamais les exemples concrets de « racisme » dont seraient victimes ces pauvres petits enfançons, ce qui risquerait de révéler que les réactions qu’ils suscitent sont parfaitement légitimes et justes.

    De même, personne ne dit quels « fleurons » il a en tête. En général, des entreprises dont on parle à la télé. Mais on oublie, ce faisant, les milliers d’entreprises dont on ne parle jamais, et qui sont soit vendues, soit ferment purement et simplement, à cause, comme toujours, de la dépense publique délirante qui est la nôtre. Et n’oublions pas le plus important : les entreprises qui ne voient jamais le jour.

    J’ai, par le passé, cité l’un des ces « fleurons » inconnus qui avait été « bradé », non pas aux méchants Américains, mais aux gentils Suisses : Girard-Sudron, une PME non stratégique parmi bien d’autres, un fabricant d’équipements d’éclairage créé au XIXe siècle. Eh bien, ça n’a pas suffi. Après un parcours semé d’innombrables dépôts de bilan, Girard-Sudron a fini par être liquidé. « Macron » ne s’y est jamais intéressé. CNews n’en a jamais parlé. Le RN n’a pas mis les violons dessus. C’est une victime de plus de l’effroyable étatisme français.

    Et ce n’est pas avec plus d’étatisme qu’on corrigera le problème. C’est en faisant vrombir la bienfaisante tronçonneuse libérale, en coupant les mains de l’État pour qu’il ne puisse plus fourrer ses gros doigts là où ils n’ont rien à faire.

    Quant à favoriser l’éclosion de « fleurons » français sur des secteurs stratégiques, afin d’échapper au risque de chantage politique par des puissances étrangères mal intentionnées, la solution est la même : baisser massivement la dépense publique et l’interventionnisme étatique. Aucune mesure exceptionnelle de protectionnisme stratégique ne peut fonctionner si, pour commencer, les entreprises ne sont pas libres de se développer dans un environnement favorable, non entravé par des impôts et des règlements excessifs.

  12. hameau dans les nuages

    @ Giuseppe le 18 avril
    « l’autarcie est un leurre »

    J’entends bien, mais encore faut-il ne pas vendre nos fleurons, nous donnant une « certaine autarcie ». Ce qui est fait joyeusement et goulûment par notre élite de plus en plus mondialisée. Un solénoïde sans moteur ne donne pas grand-chose… 🙂

  13. @ Giuseppe 18 avril 2026 :
    « …plus une électrovanne de carburateur… »

    Ah bon ? Il y aurait des électrovannes dans les carburateurs ? Vous m’avez l’air doué, cherchez sur le 32 PBIC ainsi que sur le Zénith Stromberg, appelez-moi dès que vous voyez passer une électrovanne.
    Nous, au RN, on connaît tout ça, nous sommes plus cultivés que vous, désolé.

  14. @ Robert Marchenoir Inc., LLC, GmbH, SARL

    Il existait autrefois une formule : SGDG : Sans garantie du gouvernement, supprimée en 1968.

    Elle disposait que les brevets étaient délivrés « sans examen préalable, aux risques et périls des demandeurs, et sans garantie soit de la réalité, de la nouveauté ou du mérite de l’invention, soit de la fidélité ou de l’exactitude de la description ».

    Je la verrais bien remplacée par SGDLM : Sans garantie de la modération.

    Formule par laquelle les commentaires sont édités aux risques et périls des lecteurs… etc.
    La suite reprenant l’antique formule me conviendrait parfaitement.

  15. @ Xavier NEBOUT – le 16 avril 2026
    « En maçonnerie, on apprend à plancher en suivant la règle du 3-3-3. Quand on a sorti son premier jus, on divise le nombre de chapitres par trois, puis de phrases par trois et enfin de mots par trois. Certains petits camarades devraient la suivre, car, passé un certain nombre de lignes, ils barbent grave. »

    Non, monsieur ! Dans le bâtiment, il existe 3 règles essentielles :

    J’ai écrit ici qu’en maîtrisant les opérations de base — multiplication, soustraction, addition, division — n’importe qui (avec le bon sens cher au maire de Béziers) est capable de construire la tour Eiffel. Francis Bouygues a expliqué comment on devient numéro un des chaînes TV, et comment, à partir de rien, on crée un des groupes les plus puissants en Europe.

    J’ai écrit ici que la règle des 3 E est seule valable pour des opérations immobilières, quitte après à se retrousser les manches pour faire la plus belle opération immobilière.

    Par contre, il faut le vice du rugbyman d’une autre époque, et compter sur la fainéantise des contrôleurs ; il faut les yeux « qui brillent », disait un collègue… La soustraction pour les décomptes définitifs est à bannir, sauf quand c’est l’évidence connue.

    Et puis je confirme qu’Anne Nivat est insupportable, comme d’autres d’ailleurs ; je la fuis et me replie donc sur la chaîne 18, qui enfin donne le temps de respirer aux intervenants. Notre hôte y aurait sa place : c’est toujours lucide et éclairant pour les béotiens et leur curiosité.

    L’actualité, c’est comme la mécanique : il était soi-disant « mort », le moteur du Simplicity Régent ; un solénoïde de démarreur plus loin, plus une électrovanne de carburateur, plus loin encore, et un contacteur 5 broches tout neuf, et voilà la jeunesse en forme pour de nombreuses années : 60 € venus de Chine.

    Tout cela pour dire que tous ces mensonges du FN/RN, qui veulent fabriquer national, sont un leurre : pour vendre, il faut être compétitif, ou faire dans le luxe. L’autarcie industrielle est un leurre, et c’est la mort d’un pays et sa misère : la conception était en France, règles de calcul françaises, les plans au Maroc et la fabrication en Pologne pour être livrés sur place, du côté de Pau, pour ce qui fut le plus grand chantier du Sud-Ouest dans le délai le plus court ! La date, je m’en souviens comme si c’était aujourd’hui : j’étais au téléphone avec l’ingénieur BA pour régler un problème quand je lui ai annoncé cette nouvelle extraordinaire de 2001, dont tout le monde se souvient.

    Anne Nivat me gonfle, je sais… je n’en parlerai plus à l’avenir. Notre patron supervisait tous les courriers avant de partir, et surtout vous les renvoyait par la secrétaire avec du stylo rouge : ça forge la rigueur d’exécution et de calcul. Ouf ! Je me suis fait du bien.

  16. @ hameau dans les nuages le 17 avril 2026
    « Un coup de déprime ce matin du « Parisien tête de chien » devenu plouc :
    Voir la police municipale parisienne interdire à un « vieux Blanc moche » de dessiner aves ses crayons de couleurs sur des feuilles de papier posées sur une petite table de camping sur le pont des Arts… »

    Ben voyons, la police a été nourrie au sein de la mafia socialiste d’Hidalgo pendant des décennies : un peintre blanc, donc ce sont des tableaux racistes, quelle horreuuuuur !
    Si ce peintre avait été noir et taguait les trottoirs d’appels à la (allah) haine contre les fachos-du-RN, la police bien dressée ne se serait pas déplacée, ben voyons, au contraire, ce peintre aurait été décoré de la médaille de la résistance au fascisme d’extrêêêêmeuh drouââââte par Hidalgo et ses sbires, ben voyons.

    Cette mairie s’est déjà bien illustrée en envoyant des « subventions » (LOL) aux mafias de passeurs ONG en toute impunité, juste pour narguer le RN qui dénonçait ce scandale toléré par les juges gauchistes macroniens complices de ces racketteurs.

    Parigots têtes de veaux, crétins abrutis, ça se vérifie tous les jours, le seul et unique danger c’est encore et toujours : le RN !
    Ben voyons !

  17. Je pense que parfois des gens se heurtent au mépris de personnes « mieux nées » ou plus riches, mais que cela n’arrive qu’à la marge, quand elles ne se tiennent pas « à leur place », selon les dominants en question. Une telle attitude montre d’ailleurs qu’elles ne sont pas dignes de dominer.

    Mettons que vous êtes plus haut socialement qu’un autre qui travaille pour vous ou exerce une fonction dépendante de la vôtre, il est irrationnel de mépriser ce que vous avez voulu, ou qui du moins fait partie du système qui vous met au sommet de la hiérarchie. Le général face au soldat, le lord face aux domestiques, ne doivent éprouver aucun mépris pour ce qui se situe à la base de cette pyramide dont ils occupent le sommet.

    Mettons que vous êtes un héritier ou un fils de vos œuvres parvenu au sommet il y a quelques années. Il est irrationnel de mépriser le nouvel arrivant, qui démontre par ses qualités qu’il est à sa place parmi les installés. De plus, en montrant que l’ascension est possible, il sert à l’acceptation des inégalités au nom de la méritocratie. Enfin, il est suicidaire de se créer des ennemis par le mépris. La noblesse d’épée regardant de haut celle de robe et méprisant les bourgeois n’a pas été pour rien dans la Révolution. La pérennité de la royauté anglaise anoblissant des gens qui n’en ont aucun besoin mais s’en sentent honorés est le produit d’une histoire toute différente. Je pense que ce n’est pas que pour le côté glamour que les gens regardent les spectacles de la couronne, mais par une sorte de désir uchronique, de même d’ailleurs qu’ils regardaient une République plus républicaine que la nôtre, celle des États-Unis, qui prônait la liberté d’expression, la réussite individuelle et la découverte de nouvelles frontières.

    Que beaucoup de gens se disent victimes de mépris peut, il faudrait enquêter, montrer que dans notre pays les dominants seraient plus méprisants qu’ailleurs, ce qui me paraît possible, vu notre pedigree, que beaucoup de gens se prennent pour des personnes gravissant les échelons sous le mépris, ou bien que beaucoup se croient encore en train de jouer la Révolution, voire à préparer la révolution bolchevique. En fait, vu la confusion mentale des gens, il se peut que tout cela fasse un mélange chaotique dans les têtes.

  18. Robert Marchenoir

    @ Xavier NEBOUT – le 16 avril 2026
    « En maçonnerie, on apprend à plancher en suivant la règle du 3-3-3. Quand on a sorti son premier jus, on divise le nombre de chapitres par trois, puis de phrases par trois et enfin de mots par trois. Certains petits camarades devraient la suivre, car, passé un certain nombre de lignes, ils barbent grave. »

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  19. Robert Marchenoir

    Un autre point très important concernant la ploucophilie de cette dame de Bourguesdon. Dans son interview à Politique Magazine, on retrouve les expressions récemment introduites dans la langue française de « racisme social » et de « mépris de classe ».

    Cette dernière, en particulier, est devenue très courante. Bien entendu, il va de soi que ce « mépris » comme ce « racisme » sont exercés, dans l’esprit des auteurs de ces formules, par les classes supérieures en direction des classes inférieures. En réalité, c’est l’inverse – j’y reviendrai.

    Se plaindre du « mépris de classe », c’est, manifestement, se revendiquer marxiste. C’est la lutte des classes remise au goût du jour : il existe des classes sociales, leur interaction économique est le moteur de la société, les basses classes sont opprimées et la mécanique de l’histoire conduit inéluctablement à leur révolte, à leur dictature puis à la disparition des classes sociales une fois le bienfaisant communisme inévitablement installé.

    Les méprisants sont les gros méchants, et les méprisés sont les gentilles victimes.

    Mais Marx n’a jamais parlé de « mépris de classe ». Une telle approche sentimentale était idiote à ses yeux. Les « bourgeois » n’étaient pas en faute au motif de l’oppression qu’ils exerçaient sur les « prolétaires » : c’était une phase inévitable de l’histoire, tout comme était inévitable le passage à la phase suivante, où ce seraient les opprimés qui deviendraient les oppresseurs (pour la bonne cause).

    Certes, les membres du parti communiste étaient « dans le sens de l’histoire », tandis que leurs adversaires étaient voués à se retrouver dans ses « poubelles » (ces fameuses « poubelles de l’histoire » inventées par Trotski et omniprésentes dans le discours contemporain, une autre marque de sa profonde marxisation). Mais il ne s’agissait pas là d’une question morale. Il s’agissait, tout au plus, de lucidité : « l’avant-garde de la classe ouvrière » était chargée d’accompagner, et tout au plus d’accélérer, une mécanique inéluctable.

    Avec l’extraordinaire enrichissement produit par le libéralisme et le capitalisme, le confort s’est répandu, et avec lui le sentimentalisme, la priorité donnée aux émotions, l’envahissement de la mentalité féminine par rapport au froid calcul de la mentalité masculine. Voici donc le « mépris de classe », et ça, franchement, c’est pas bien.

    Naturellement, le « mépris », ça ne se mesure pas, contrairement à un PIB par tête ou à un niveau de revenu, donc tout le monde peut se prétendre « méprisé » : c’est irréfutable. Par conséquent, tout le monde peut sortir sa carte de victime et réclamer son petit cadeau compensatoire à l’État – que ce dernier, bien sûr, ne peut fournir sans le voler dans la poche de quelqu’un d’autre, ou des enfants à naître.

    Le communisme contemporain s’est féminisé, il s’est amolli. Mollesse trompeuse, car à la virilité du révolutionnaire le couteau entre les dents s’est substituée l’étouffante mesquinerie de la fonctionnaire-maman, qui vous reproche votre « mépris » pendant qu’elle vous tape sur les doigts à propos de tout et de rien.

    Quant au « racisme social », c’est un chef-d’oeuvre conceptuel. Jusqu’à présent, on avait le droit (enfin, sur le papier) de ne pas être communiste. Certes, des lois ancraient le communisme dans l’économie (création de la Sécurité sociale, etc.), mais enfin, en théorie, il était permis d’être anti-communiste.

    Avec l’invention du « racisme social », c’est fini. Chacun sait bien que « le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit » – et d’ailleurs, pas besoin de procès : l’accusation de racisme peut provoquer la mort sociale de sa cible, aussi sûrement que s’il s’agissait de dénoncer un pédophile nazi jouant au football avec des chatons.

    Cet échafaudage intellectuel est d’autant plus brillant qu’il est basé sur un mensonge. Il n’y a ni « mépris de classe », ni « racisme social » des classes supérieures envers les classes inférieures. Quand on est une « zélit », quand on jouit d’une aisance financière certaine, on plane très haut au-dessus de ces considérations. Le « plouc » se fait un cinéma dans sa tête pour s’imaginer qu’on le « méprise », ce qui serait déjà une forme d’attention. En réalité, c’est l’indifférence qui règne à son égard.

    Il y a une exception notable : l’écologie. L’écologie est anti-plouquiste, malheureusement les ploucs sont eux-mêmes, bien souvent, écologistes, comme l’ont montré les dirigeants des Gilets jaunes. Le plouc se méprise lui-même, ce qui aide à comprendre certaines choses.

    Et il y a une autre exception : les riches de gauche, qui sont nombreux ! Non seulement ils n’émettent ni « mépris de classe » ni « racisme social », mais c’est l’inverse ! Ils sont positivement amoureux du plouc ! Ils sont de fiers anti-racistes sociaux ! Ce qui conduit, bien évidemment, à la ruine du plouc, mais celui-ci est trop bête pour s’en rendre compte.

    Tous ces bruits faits avec la bouche ont pour but de dissimuler l’évidence massive : le « mépris de classe », le « racisme social » s’exercent du bas vers le haut. Ce sont bien les « ploucs » qui applaudissent ceux de leurs dirigeants qui « n’aiment pas les riches », c’est eux qui ne voient de solution à leurs ennuis que dans le fait de « faire payer les riches », c’est eux qui sont obsédés par la « lutte contre les inégalités », la « justice sociale » et autres formes de mépris de classe.

    C’est bien le « peuple » qui s’indigne dès qu’une exploitation agricole fait mine de dépasser le stade de Martine va à la ferme, dès qu’une entreprise grossit suffisamment pour faire concurrence aux « pitits commerçants » et aux « pitits artisans ».

    C’est bien le « peuple » qui, non content de pourchasser les moindres « inégalités » qui pourraient exister entre son sort et celui d’autrui, en vient à reprocher à ses propres parents d’avoir été (prétend-il) plus heureux que lui ! C’est, du coup, le véritable « mépris de classe » et le « racisme social » qui frappent les « boomers », que les « ploucs » veulent punir en leur retirant leur retraite ! Quand ils ne s’indignent pas de les voir encore vivants aux caisses des hypermarchés le samedi (à défaut de mourir, ils devraient avoir le bon goût de faire leurs courses en semaine), ou, comble de la mesquinerie, de les voir bénéficier de réductions dans les musées (comme si les jeunes n’étaient pas couverts de réductions, de chèques-ceci et de chèques-cela !)…

    L’envie, le ressentiment, voilà le vrai moteur du plouc. Non seulement ils provoquent la ruine de l’âme et la destruction des sociétés, non seulement ils maintiennent la France dans un état de pauvreté croissant, mais ils violent pas moins de deux des Dix commandements, lesquels sont tout de même le fondement de la morale communément admise en Occident, même pour les non-croyants.

    Et c’est une aristocrate qui s’exprime dans un journal catholique d’extrême droite (puisque proche de l’Action française) qui fait ainsi allégeance aux idées les plus funestes et les plus immorales issues du communisme.

    Mieux vaut écouter David Lisnard, Sarah Knafo, Thomas Sowell ou Javier Milei.

  20. « Du racisme comme de tant d’autres dangers. » (PB)

    Oui, avec le premier d’entre eux qui est la menace pesant sur la sécurité quotidienne des Français, principalement s’ils sont supposés ne pas être placés du bon côté de la barrière selon les normes actuelles telles qu’elles sont fixées et imposées de façon arbitrairement léonine par le gauchisme depuis une cinquantaine d’années.

    Mais de quel racisme parle-t-on ?
    De celui dont seraient uniquement victimes les allogènes et leurs descendants, ou bien du racisme-qui-n-existe-pas, à savoir le racisme anti-français ou anti-blanc, celui que tout le monde, y compris les magistrats, fait semblant d’ignorer avec un brin d’hypocrisie, en dépit des évidences les plus criantes ?

    Nous en sommes arrivés au point où nous pourrions nous demander, devant des faits criminels où le racisme anti-blanc occupe manifestement le centre de la scène comme un éléphant au milieu de la pièce, si au vu du déroulement de certains procès, nous ne serions pas face à une pièce de théâtre qui aurait pour titre non pas « Le Tartuffe ou l’Imposteur » mais « Le Tartuffe ou le Magistrat bien-pensant » qui s’exclamerait par exemple : « Cachez ce racisme que je ne saurais voir », en axant le procès dans d’autres directions, dont par exemple celles liées à la psychiatrie pour ne surtout pas aborder le fond de la question.

    Il suffit de se reporter à certains jugements récents pour s’en convaincre.
    Ici même, PB s’est lancé il y a quelque temps dans des éloges du psychiatre de service pour la façon selon laquelle il a mené son intervention, alors que la question pourtant pertinente et prégnante du racisme en tant que mobile principal potentiel a été, semble-t-il, pudiquement évacuée.

    Dans une autre affaire plus récente où les sommets de l’horreur ont été atteints dans le meurtre d’une fillette, il semblerait que la motivation possiblement raciste de la meurtrière placée sous l’emprise d’une haine incroyable n’ait pourtant pas été évoquée.
    Alors, s’il ne s’agissait pas de haine de type raciste, quelle autre explication fallait-il retenir ?

    Bien entendu, il ne s’agit pas ici de mettre en cause le jugement et les magistrats ayant eu à traiter une affaire difficile, la meurtrière ayant été par ailleurs condamnée au maximum de la peine, mais les Français au nom de qui la justice est en principe rendue ont cependant le droit de savoir dans chaque affaire du même type s’il est normal que ce mobile du racisme, récurrent et de fait de nos jours au cœur de nombreuses affaires criminelles et pénales, soit évacué comme s’il s’agissait d’un tabou voire d’une bombe.

    C’est en fait la crédibilité de la justice française qui est en cause.

  21. @ Patrice Charoulet le 16 avril 2026
    « Le sens du terme « élite », on le sait, est « les meilleurs ». Quel esprit sensé peut critiquer les meilleurs ? Préfère-t-on les pires ? »

    Sauf que les meilleurs dans le domaine professionnel ne le sont pas nécessairement en tout, par exemple il est arrivé que des agrégés (vos chouchous) aient pour certains, une minorité heureusement parmi des gens plus estimables, trucidé leur épouse.
    La France a longtemps été gouvernée par les meilleurs, on appelait cela l’aristocratie, mais cela a chagriné certaines coteries qui en ont été jalouses et ont cru que le mérite en un domaine particulier suffisait pour leur conférer une autorité générale au nom de qualités imaginaires.
    En fait, dans la France actuelle, nous sommes trop souvent placés sous la coupe d’une kakistocratie (le gouvernement par les pires).

  22. hameau dans les nuages

    Un coup de déprime ce matin du « Parisien tête de chien » devenu plouc :

    Voir la police municipale parisienne interdire à un « vieux Blanc moche » de dessiner aves ses crayons de couleurs sur des feuilles de papier posées sur une petite table de camping sur le pont des Arts, alors que gamin j’y faisais du patin à roulettes et admirais les oeuvres d’art dessinées à même le sol du pont par les étudiants des Beaux-Arts… (vidéo sur X)

    Fort avec les faibles, faible avec les forts, quand on voit le Paris multiethnique et ses dérives dans d’autres arrondissements…

    Pauvre pays, pauvre Paris :
    https://www.youtube.com/watch?v=Ym5pWvcKGSQ

  23. @ Ellen
    « À Bordeaux, il y a un restaurant qui s’appelle « Restaurant Chez les Ploucs », recommandé par Tripadvisor… »

    Très bon cassoulet de la Mère Ploucs à 16,80 € dans un restaurant situé dans le vieux Bordeaux, là où l’on ne trouve pas vraiment de « ploucs ».
    Les ploucs votent plutôt RN et, aux dernières municipales, la valeureuse candidate n’a réuni que 8 % des suffrages, alors qu’en milieu rural il a performé…

  24. Mary Preud'homme

    J’ai beau chercher, je ne vois nulle France auto-proclamée d’en haut, susceptible d’être supérieure à la France d’en bas, qualifiée faussement comme telle, en raison de préjugés, de l’arrogance de « possédants » et d’une condescendance puante, émanant la plupart du temps des premiers, trop souvent imbus de leur petite personne : parvenus, quémandeurs et autres profiteurs bien nés, qui, au lieu de s’afficher ostensiblement et de se poser en donneurs de leçons à tout bout de champ, feraient mieux de faire profil bas et de se montrer plus reconnaissants de ce qu’ils ont reçu et, de ce fait, plus humbles…

    Sachant que la véritable noblesse, pas plus qu’elle ne se transmet, ne peut s’acquérir qu’en raison de sa propre volonté et d’efforts soutenus, indépendamment des conditions de sa naissance. Ce qui donne d’autant plus de prix et de mérite à ceux qui n’ont rien reçu et ont réussi à s’élever à la force du poignet.

  25. Serge HIREL

    Un court passage de la vidéo de l’entretien de Diane de Bourguesdon avec Cyril Chevrot (à 27:20) est exemplaire, selon elle, de ce que sont la prolophobie des « élites » et les méthodes pour la faire progresser sans en avoir l’air. Un spot publicitaire pour une marque d’alarmes met en scène un « mâle blanc de plus de 50 ans » qui est censé être le voleur… alors que, statistiquement, les malfrats qui présentent ce profil ne sont pas légion. Diane de Bourguesdon dénonce cette duperie d’une agence publicitaire, mais ne mentionne qu’en creux « le réel ». « Il ne s’agit pas, évidemment, de dire que 100 % des voleurs sont des personnes issues de l’immigration », dit-elle. On n’en doutait pas…

    Il est rare que l’on évoque sans détour ce moyen pernicieux d’instiller le wokisme dans les esprits qu’est la diffusion de spots publicitaires « orientés ». Il est vrai que les médias ont tendance à éviter de critiquer leurs financeurs… Mais il faut être aveugle pour ne pas s’être aperçu que des acteurs issus des minorités exogènes y figurent de plus en plus souvent, et dans des rôles qui positivent les personnages qu’ils interprètent. Un grand opérateur de télécommunications ne semble plus recruter comme hôtesses d’accueil que des jeunes femmes issues de l’immigration et, récemment, une marque automobile européenne faisait applaudir son nouveau modèle par une foule qu’on ne peut rencontrer qu’à Dakar, Ouagadougou ou Brazzaville…

    Bien sûr, les publicitaires sont parfaitement en droit d’exercer leur liberté d’expression… Mais leurs messages ne visent-ils qu’à promouvoir le produit dont l’annonceur leur a donné la charge ? Clairement, ne cherchent-ils pas à apporter leur part à l’entreprise de déstabilisation de notre société que mènent les wokistes ? Ceux-ci, on le sait, ne sont pas nécessairement des immigrés qui entendent se venger des « crimes de la colonisation ». On compte aussi dans leurs rangs de nombreuses « élites », « bobos », bourgeois en rupture de ban et fils de… en mal d’indépendance. Tout ce beau monde se sent l’âme révolutionnaire… tout en conservant ses privilèges.

    Pour avoir observé, pendant une quinzaine d’années, le comportement du milieu des « pubards », je peux témoigner que de tels individus y pullulent.

    Par ailleurs, les organes de régulation et de contrôle de la publicité… disons qu’ils sont coulants… et évitent, semble-t-il, de s’emparer du sujet… On a tellement vite fait, de nos jours, de se faire traiter de « raciste »…

    Il reste encore de beaux jours au wokisme sur nos écrans de télévision…

  26. Patrice Charoulet

    Votre texte commence mal. Vous avez été mal inspiré en soutenant que la pensée conservatrice dénonce les élites. Le sens du terme « élite », on le sait, est « les meilleurs ». Quel esprit sensé peut critiquer les meilleurs ? Préfère-t-on les pires ?

    Je rappelle que j’ai critiqué les « Gilets jaunes » du premier jour au dernier. Je rappelle aussi que, de ma vie, je n’ai jamais participé à une seule manifestation. J’abhorre les foules. Y compris les foules de supporters sportifs.

  27. hameau dans les nuages

    J’ai voyagé, pas que par la route, des quartiers huppés et élitistes des 6e et 7e arrondissements de Paris jusqu’à un petit village pyrénéen. Ce fut un long chemin de l’esprit que je pouvais, par moments, assimiler à un chemin de croix, vu les épreuves que j’ai dû subir avec mon épouse. Je vous passe les détails pour éviter d’être critiqué sur le fait d’exposer ma vie privée.

    Je suis devenu plouc, et même cul-terreux. Et comme l’avait déclaré Pétain : « la terre ne ment pas », et je rajouterais qu’elle a de la mémoire et vous fait payer cher vos erreurs. Pour qu’elle soit votre compagne, il faut apprendre à l’aimer pour travailler avec elle.

    Alors voir ici une certaine élite, ou se prenant comme telle, ayant passé son temps à rabaisser ses interlocuteurs à travers ses commentaires longs comme une semaine de pluie, comparant le Champ-de-Mars à une prairie, n’ayant jamais emprunté l’escalier de service de son immeuble haussmannien, m’amuse beaucoup.

    A queste ! Diou biban ! 🙂

  28. « Un entretien, dans Politique Magazine, avec Diane de Bourguesdon, qui vient de publier Les indésirables – Prolophobie, a remis en lumière cette division que l’auteure définit ainsi : « on peut pratiquer ostensiblement le racisme social ». » (PB)

    Eh oui, ce racisme social permet aux parangons de vertu et autres bien-pensants qui ne peuvent ouvertement s’adonner au racisme originel, tel qu’il fut enseigné et prôné par Paul Bert et ses épigones dans leurs manuels scolaires, de disposer d’un exutoire leur permettant de satisfaire leurs bas instincts à travers l’exaltation de leur sentiment de supériorité, tout en piétinant allègrement une fraternité républicaine dont ils se font pourtant par ailleurs les chantres à temps et à contretemps…

  29. La France peut s’énorgueillir d’avoir élu un des pires ploucs au monde : Hollande, le président-plouc, alias « Flanby » pour ses fans, ploucs intimes.

    Images en boucle à la téloche, suant, soufflant aux côtés de Sarko, le sportif infatigable, divaguant aux côtés de Merkel qui s’acharnait à le guider lors d’une revue, son discours en anglais qui a fait tordre de rire le monde entier, son escapade en scoot, ses délires : « j’aime pas les riches », etc., en somme un vrai plouc socialo, invité d’honneur à tous les dîners de cons de tous les ploucs de gauche.

    France, pays de ploucs « veautant » pour des ploucs.

  30. Commençons par le commencement :

    Il n’y a aucun rapport entre les ploucs et la ploutocratie.
    Et, s’il y a rapport, il s’agit plutôt d’un rapport de force que d’un rapport amical.
    La ploutocratie est le gouvernement des riches et les ploucs, ce sont les pauvres, pauvres en argent et, certains disent, pauvres en esprit également, mais ceux-là se trompent, nous allons le voir.

    Il y a comme ça, dans les langues, des faux amis, comme disent les traducteurs, mais entre plouc et ploutocratie, ce n’est pas une fausse amitié, mais une franche hostilité.

    Puisque j’en suis aux origines du vocabulaire, le mot plouc ne vient pas, comme le dit Wikipédia :
    « Plouc est un terme argotique utilisé pour désigner, à l’origine, les paysans bretons ou les gens d’origine bretonne. »
    Mais il vient du mot plèbe qui, à Rome, désignait le peuple. Croyez-moi sur parole, je n’ai pas d’arguments, sinon de dire que c’est bien plus historique ainsi. Forcément !

    Or donc, ce peuple, qui est la source et le fondement de toute société, a été de tout temps méprisé, c’est son karma.

    Le mot plouc peut prendre différentes déclinaisons, selon les pays et les époques, qui se veulent toutes péjoratives.

    Par exemple, lorsque les Pays-Bas espagnols se sont soulevés sous la direction de Guillaume d’Orange, les révolutionnaires ont été traités de Gueux par un responsable espagnol.
    Cette appellation, qui se voulait péjorative et l’était, a été reprise par les insurgés, qui se sont définis et fait appeler sous ce label.
    Ce sera la première fois qu’une injure portée sur des ploucs sera revendiquée en signe de ralliement et d’honneur, mais ce ne sera pas la dernière.

    Plus tard, l’injure s’exprimera sous forme privative, en désignant le peuple et les éventuels insurgés par des absences vestimentaires.
    Les sans-culottes, parce qu’ils portaient des pantalons. On les oublie, mais ils furent les premiers ploucs de la République.
    En Espagne, après l’épisode napoléonien, le peuple se révolta contre les Bourbons ; les insurgés furent qualifiés de « descamisados » — sans chemises —.
    Ils la revendiquèrent évidemment et la guérilla anti-Bourbons se poursuivit avec ce label.

    Ce terme de descamisados franchit l’Atlantique et devint plus tard le signe de ralliement des péronistes galvanisés par Eva Perón.
    Il arriva au Brésil avec une variante encore plus privative puisqu’en 1989, Fernando Collor de Mello fit sa campagne pour la présidence du Brésil en s’adressant aux « descamisados et pés descalços ». Là, il parlait aux sans chemises et sans chaussures.

    Au train où vont les impôts, taxes et autres prélèvements, les ploucs français pourraient devenir bientôt des sans-culottes, sans chemises et sans chaussures, au sens littéral de l’expression.

    Sauf que, pour la première fois dans l’histoire, des insurgés n’ont plus été définis par un privatif, mais au contraire par un possessif : celui des « Gilets jaunes ».

    On voit par là le génie du peuple français, de ces ploucs français capables de renverser, sinon la table, du moins le langage, ce qui n’est pas rien.
    Toute révolution commence par un changement de sémantique.

    Pour le reste, Marchenoir en a dit tellement qu’en rajouter dépasserait les limites raisonnables d’un commentaire.

  31. Xavier NEBOUT

    En maçonnerie, on apprend à plancher en suivant la règle du 3-3-3. Quand on a sorti son premier jus, on divise le nombre de chapitres par trois, puis de phrases par trois et enfin de mots par trois.
    Certains petits camarades devraient la suivre, car, passé un certain nombre de lignes, ils barbent grave.

  32. Xavier NEBOUT

    Il y a aujourd’hui les fonctionnaires et les ploucs comme il y avait jadis les nobles et les roturiers.
    L’insolence du luxe de la noblesse a conduit à la Révolution de 1789, et la corruption et l’inutilité de quelque deux millions de fonctionnaires et planqués divers tendent vers une autre.
    Membres du CESE, cadres d’agences, observatoires, comités, commissions, etc., forment une belle bande d’escrocs à faire semblant de servir à quelque chose dont la place est en prison.
    Mais le pire est que les Français ont conscience d’être gouvernés par des incapables sortis d’une école de comédiens dite de Science Po…

  33. Sans rire…
    À Bordeaux, il y a un restaurant qui s’appelle « Restaurant Chez les Ploucs », recommandé par Tripadvisor, qui vante un accueil très chaleureux, un grand professionnalisme et des plats très savoureux.

  34. Serge HIREL

    « Si la défense des ploucs n’est jamais que l’attitude d’une dame patronnesse républicaine, elle n’aura pas le moindre effet. » (PB)

    Je n’ai pas lu l’essai de Diane Maugeis de Bourguesdon, mais j’ai écouté l’entretien qu’elle a accordé à Cyril Chevrot, qui anime le site Cosmos littéraire :
    https://www.youtube.com/watch?v=RxNbXq_gThA

    Son patronyme, son expertise en matière de communication et quelques éléments de son CV trouvés ici et là sur la Toile m’avaient alerté… Ses propos me l’ont confirmé : Diane Maugeis de Bourguesdon, au début du siècle dernier, aurait probablement été l’une de ces dames patronnesses qui secouraient « leurs » pauvres, mais ne cherchaient pas à les sortir de l’ornière, au risque de perdre la raison d’être de leur charité.

    Son constat sur l’état actuel de notre société est exact, mais il est taillé à la serpe et aurait mérité d’être nuancé. Alors que les différentes classes de celle-ci s’interpénètrent — notamment grâce à « l’ascenseur social » —, elle les divise au cordeau et les globalise (« les » élites, « la » bourgeoisie, « les » patrons, « les » immigrés…), les oppose comme des armées sur un champ de bataille… et perd ainsi en crédibilité. Non, tous « ceux d’en haut » ne sont pas atteints de « prolophobie », ne méprisent pas tous « ceux d’en bas »… et vice versa.

    Il me semble aussi que qualifier ce mépris de « racisme social » est exagéré. Depuis toujours, y compris sous la Révolution, qui pourtant prônait l’égalité, et encore aujourd’hui, notre société fonctionne sur un mode hiérarchique, qui ne conduit plus nécessairement à la lutte des classes, comme l’envisagent les nostalgiques du Grand Soir. Un credo marxiste qui, lui, relève bien de l’« élitophobie » et d’un racisme anti-friqués, anti-tauliers, anti-bourges…

    Que ce système se soit dégradé, grosso modo depuis 1968, nul ne le nie. Que l’arrivée massive d’une population exogène, peu éduquée, pauvre et trop souvent bien décidée à imposer ses us et coutumes, voire sa religion, aggrave sa déstabilisation est une réalité. Qu’il faille le rénover, le rendre plus souple tout en préservant notre mode de vie, tout le monde — plus exactement, une large majorité — est d’accord… sauf sur les moyens à mettre en œuvre.

    En tout cas, ce n’est certainement pas en se contentant d’attribuer l’entière responsabilité de cette dégringolade de nos relations sociales aux « bourgeois », aux « patrons », aux « hauts fonctionnaires », aux « politiques », bref aux « élites » — terme-valise qui amalgame tous ceux qui possèdent la moindre once de pouvoir — que celles-ci s’amélioreront. Diane Maugeis de Bourguesdon en reste à ce stade de la dénonciation… sans proposer la moindre solution… sauf celle d’une miraculeuse fin du mépris de classe.

    Que faire donc ? Le retour des Gilets jaunes avec, cette fois, des dirigeants identifiés et porteurs de projets concrets ? C’est croire au Père Noël… Il s’agissait d’une jacquerie. Elle peut se reproduire, mais sera tout aussi stérile. Un acte de contrition des « élites », suivi de « grands débats » à la mode Macron ? Bon, passons…

    En fait, ce sursaut indispensable de notre cohésion sociale ne peut être initié que par l’échelon politique : par un exécutif qui aura présenté aux Français un projet clair et crédible et reçu d’eux un soutien massif, et par une Assemblée nationale débarrassée des « petits arrangements » entre partis et des vociférations de la « bande à Mélenchon ». L’objectif ne doit pas être de mettre au pas « ceux d’en haut », mais de rendre la parole à « ceux d’en bas » : en consultant le peuple (1) par référendums, en décentralisant les prises de décision, en organisant une écoute permanente des attentes que les citoyens expriment sur les réseaux dits « sociaux » et, pourquoi pas, en rendant le vote obligatoire…

    Afin de mettre fin à l’abstention, qui est le signal du pire mal dont puisse souffrir une démocratie : le désintérêt du peuple souverain pour la res publica.

    (1) Dans notre République, on appelle « peuple » l’ensemble des citoyens français. Diane Maugeis de Bourguesdon, elle, emploie ce mot pour désigner « ceux d’en bas », qu’elle répartit entre deux « classes populaires » : l’une « historique », qui regroupe les Français de souche ; l’autre « nouvelle », que composent les immigrés et leur descendance. Les « élites » forment un troisième groupe… À quand une convocation des États généraux ?

  35. Robert Marchenoir

    L’un des problèmes de cette attitude consistant à « prendre la défense des ploucs » réside dans l’ignorance de la ploucométrie manifestée par les tenants de cette thèse, alliée à leur résolution à maintenir la confusion à cet égard.

    Vous le dites d’ailleurs fort bien, en faisant remarquer que « l’invocation répétée d’un peuple supposé homogène tient trop souvent lieu de réflexion à la pensée conservatrice : elle se borne à dénoncer indistinctement les élites et, par effet de contraste, à idéaliser ceux qu’elles sont censées dominer. »

    Qui est plouc ? Qui ne l’est pas ? Les ploucophiles se gardent bien de tracer la frontière, mais se vantent souvent d’être du bon côté : c’est ainsi qu’il est du dernier chic de s’affirmer comme « gueux ».

    Ce n’est pas toujours vrai : lorsque, par exemple, on se penche sur le mouvement des « Nicolas qui paient » (et qui posent en victimes exploitées du système), on s’aperçoit qu’il s’agit, pour une bonne part, de cadres d’entreprise ou d’entrepreneurs jouissant de bons revenus, investissant en Bourse ou dans les cryptomonnaies, et qui ne veulent surtout pas lâcher un euro pour alimenter les retraites des « boomers ». Leurs revendications pourraient être positives s’ils demandaient une transition vers la retraite par capitalisation, ce qui supposerait des efforts de leur part, mais en réalité ils se contentent de réclamer une baisse massive de la retraite des autres.

    Mais alors, comment passez-vous de la mise en garde contre « une forme de démagogie qui, derrière une apparente absence de mépris, conforte pourtant la condescendance avec laquelle la France d’en haut se penche sur la France d’en bas », à « la seule solution » qui consisterait à « comprendre que cette France majoritaire des « honnêtes gens » n’a pas seulement à être valorisée, remise sans détour au cœur du débat démocratique, mais saluée, célébrée comme une chance presque ultime de sortir le pays d’une situation infernale » ?

    Ce terme empoisonné de « célébrer » est l’un des mots-clés de la doxa wokiste, celle précisément qui est dénoncée par l’article de Diane de Bourguesdon auquel vous faites référence, et qui accroît la confusion. La seule différence, c’est que le wokisme enjoint de « célébrer » le peuple qui a sa préférence, le peuple de substitution, c’est à dire les races non-blanches, les immigrés et les musulmans, avec le renfort des personnes à la sexualité anormale et des féministes, tandis que les ploucophiles veulent « célébrer » leur tribu à eux, c’est à dire le peuple en voie de remplacement, les Blancs pauvres de souche.

    « Célébrer », cela veut dire flatter les instincts les plus infantiles, promouvoir la victimisation et l’irresponsabilité. C’est la dernière chose à faire.

    Au passage, on ne comprend pas pourquoi vous voulez « sauver la nation du racisme », puisque tel est le premier objectif du wokisme. Soit vous êtes wokiste et donc remplaciste, soit vous êtes « raciste », et en tous cas anti-antiraciste et anti-remplaciste. Il n’y a pas de troisième voie.

    Prétendre ne pas voir les races est une illusion : la pulsion tribale est l’un des moteurs les plus puissants de l’homme. C’est un instinct essentiel à sa survie.

    Il convient donc de clarifier cette immense confusion.

    L’article de Diane de Bourguesdon ne fait que l’aggraver. Elle prétend dénoncer la « prolophobie », dite aussi « haine des ploucs », que manifesterait la « minorité bourgeoise ».

    Une chose est donc claire : la ploucophilie est un énième avatar de la perversion marxiste. C’est la dernière manifestation de l’élastique maudit qui gouverne la nation française, et qui ramène tout, inéluctablement, à la Bonne position, la seule position possible, celle du communisme.

    Personne, en France, n’a jamais été vilipendé pour avoir sorti la carte communiste. Au contraire : c’est un sauf-conduit. Lorsque vous vous appelez Diane de Bourguesdon (de corvée de ch… demain matin), et que vous faites la promotion de votre livre dans Politique Magazine, journal royaliste, découper la société française en « prolétaires » et « bourgeois » vous permet de couper court à toute accusation d’être une grosse vache réactionnaire et d’extrême droite, puisque vous vous revendiquez, en fait, de la pensée marxiste.

    Rappelons que le marxisme a) est une doctrine dont la fausseté a été prouvée de façon indiscutable, b) a provoqué des malheurs sans nom dans le monde. S’en réclamer, même de façon allusive, est la preuve d’un échec intellectuel, moral ou les deux.

    Il devrait être évident que quiconque emploie, « en 2026 », comme disent les gauchistes, les termes de « bourgeois » et de « prolétaires » est un idéologue, et non un analyste honnête de la réalité pas plus que le promoteur de convictions susceptibles de conduire au bien commun.

    La preuve se trouve dans les propos mêmes de Diane de Bourguesdon. Après avoir employé ces deux catégories de la pensée marxiste, elle tente de définir les « élites », donc les « bourgeois » : ce serait « toute la population diplômée et cosmopolite qui vit dans les grandes agglomérations ».

    Puis elle se contredit spectaculairement en enchaînant sur sa dénonciation du wokisme :

    « Le wokisme est un essentialisme anti-Blancs, qui désigne le Blanc comme étant la source du Mal par nature. Or les représentants de la bourgeoisie française ne sont pas eux-mêmes issus de la « diversité » mais de la majorité blanche. […] La bourgeoisie a résolu ce dilemme grâce à un tour de maître : elle a détourné la vindicte wokiste contre une partie seulement des Blancs : les classes moyennes et populaires. »

    Malheureusement, c’est faux. Une partie notable des wokistes, ceux de La France Insoumise par exemple, sont constitués par des membres des « classes moyennes et populaires », si ces mots ont un sens, c’est à dire de gens qui ne gagnent pas beaucoup d’argent. Les Blancs de LFI, les gauchistes blancs en général, se recrutent, pour beaucoup, parmi les petits fonctionnaires mal payés, les travailleurs de la « culture » qui vivent tant bien que mal de subventions et d’allocations, les salariés d’associations, les syndicats, etc. Et une bonne part d’entre eux sont « diplômés » et vivent « dans les grandes agglomérations ».

    Mais il faut absolument tout ramener au lit de Procuste du marxisme, épicentre du confort intellectuel et moral en France.

    L’autre erreur fondamentale de la ploucophilie consiste à mettre l’accent sur le « mépris » dont le « peuple » serait la cible de la part de « l’élite », lequel ne saurait être corrigé que par la « célébration » de celui-ci, comme vous dites, les « salutations » qui devraient lui être adressées, la reconnaissance de la « chance ultime » qu’il représente (une « chance pour la France », peut-être ?).

    Pour commencer, le mépris est surtout dirigé du « peuple » vers les « élites », et celui-là, on n’en parle jamais, bien sûr. Ce sont bien les « prolétaires » qui veulent guillotiner Emmanuel Macron, qui s’étalent sur « la b… à Brigitte » et j’en passe. Ce sont bien les « ploucs » qui déversent leur mépris sur les « sachants » et le savoir lui-même.

    D’ailleurs, les « ploucs » ne sont nullement gênés, en réalité, d’un « mépris » dont ils seraient la cible. Ce n’est pas parce qu’ils le disent que c’est vrai.

    Si le travail payait en France, si chacun pouvait aisément trouver un emploi et un logement, si l’aisance voire la prospérité étaient accessibles au plus grand nombre, si l’on trouvait facilement un médecin, si l’école prodiguait l’instruction au lieu d’être une garderie, si l’automobile était un moyen de transport économique même pour les plus modestes, si une délinquance de plus en plus violente ne menaçait pas la plus grande partie de la population, si des millions d’immigrés hostiles et inassimilables ne se répandaient pas à travers le pays, alors tous les « bourgeois » et toutes les « élites » du pays pourraient bien se gausser des « fumeurs de clopes » qui « roulent au diesel », des « analphabètes » et des « Gaulois réfractaires », cela ferait tout juste l’objet de caricatures dans Charlie-Hebdo et de numéros d’humoriste chez Dieudonné.

    Il n’y aurait ni Gilets jaunes, ni blocages de routes, ni congés-maladie frauduleux massifs.

    Quelle doit être, dans ce cadre, l’action des « élites », les vraies ? C’est à dire ceux qui ont la chance, par leur intelligence, par leur richesse, par leur pouvoir, d’être en mesure de mieux comprendre la situation et de peser sur l’amélioration du sort des Français ?

    Tout d’abord, ils doivent récuser toute approche de la politique par l’émotion. Certes, les peuples ne sont pas uniquement mus par la raison. Mais c’est justement parce que le déchaînement des sentiments fausse la vision politique que ceux qui sont en mesure d’agir doivent se garder de céder à cette tentation.

    Cela commence par refuser de dénoncer le « mépris » réel ou supposé envers tel ou tel, refuser le pincement de cordes sentimentales comme l’appel à « l’union » des Français… Tout le monde est pour le respect, l’union, la paix et les petits oiseaux. Ce n’est pas la question. La question est : comment y arriver ?

    Il incombe aux élites, donc, de commencer par identifier les problèmes stratégiques. Puis de trouver les moyens d’y remédier. Et seulement après, d’expliquer au « peuple », aux « ploucs » et aux « élites », aussi, le bien-fondé des uns comme des autres. Par la raison, tout d’abord. Et aussi, mais seulement en sus, et seulement après, par les sentiments. C’est la seule façon de susciter le débat démocratique.

    Sachant que la démocratie, donc l’intérêt commun, exigent des compromis. Et que donc, certains se sentiront peut-être, momentanément ou durablement, « méprisés ». Et qu’il faudra passer par-dessus cet inconfort. Faire partie de « l’élite », ce n’est pas dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre.

    C’est seulement à ce prix que les « ploucs » (et les autres) pourront choisir leur sort en toute connaissance de cause. Sachant qu’ils pourront aussi choisir de saboter leurs propres intérêts. Et choisir de mériter, alors, le « mépris » qu’ils peuvent subir.

  36. Michel Deluré

    Mais, dans notre société, et à bien y réfléchir, quelle que soit notre place dans l’échelle sociale, chacun d’entre nous n’est-il pas, en fait, le plouc d’un autre ? Chacun d’entre nous, par manque d’humilité, par vanité, par absence d’ouverture d’esprit, par intolérance, n’a-t-il pas une disposition naturelle à considérer que l’autre est son plouc ?

    C’est un poison que cette indifférence, cette intolérance au dialogue, à l’écoute réciproque, entre ces deux ensembles que constituent, d’une part, ceux qui sont pris pour les élites et, d’autre part, ceux que l’on considère comme les ploucs. Et cela vaut aussi bien en politique qu’en tout autre domaine.

  37. Sarkozy va pouvoir écrire une suite à ses mémoires de prisonnier. Cette digression rappelle que, dans les affaires, il n’y a qu’un seul interlocuteur : « Un seul secret des dieux », disait le défunt Cruchade ; il avait bien raison. Un Dieu, et sans téléphone, bien évidemment.

    Jérôme Sainte-Marie répondait, dans une émission, à l’insulte faite aux citoyens qui votaient FN/RN. Même si, pour les mêmes raisons que le maire de Béziers, je suis en désaccord avec ce parti, cette gauche méprisante, hier dans C dans l’air, devrait plutôt s’interroger sur la crasse ignorance qu’elle porte en elle. Ils sont, avec d’autres, un peu responsables, non ? Beaucoup, certainement.

  38. Le premier qui a parlé des ploucs, c’est quand même Jésus.

    Je me souviens d’un cours de catéchisme, donné par un séminariste, qui nous avait lu des propos de Jésus rapportés par un certain Matthieu. De mémoire — défaillante peut-être —, il disait :

    « Heureux les ploucs en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! »

  39. On n’arrête pas le progrès :
    « Cependant la princesse de Luxembourg nous avait tendu la main et, de temps en temps, tout en causant avec la marquise, elle se détournait pour poser de doux regards sur ma grand-mère et sur moi, avec cet embryon de baiser qu’on ajoute au sourire quand celui-ci s’adresse à un bébé avec sa nounou. Même dans son désir de ne pas avoir l’air de siéger dans une sphère supérieure à la nôtre, elle avait sans doute mal calculé la distance, car, par une erreur de réglage, ses regards s’imprégnèrent d’une telle bonté que je vis approcher le moment où elle nous flatterait de la main comme deux bêtes sympathiques qui eussent passé la tête vers elle, à travers un grillage, au Jardin d’Acclimatation. (…)
    Puis elle dit adieu à Mme de Villeparisis et nous tendit la main avec l’intention de nous traiter de la même manière que son amie, en intimes, et de se mettre à notre portée. Mais cette fois, elle plaça sans doute notre niveau un peu moins bas dans l’échelle des êtres, car son égalité avec nous fut signifiée par la princesse à ma grand-mère au moyen de ce tendre et maternel sourire qu’on adresse à un gamin quand on lui dit au revoir comme à une grande personne. Par un merveilleux progrès de l’évolution, ma grand-mère n’était plus un canard ou une antilope, mais déjà ce que Mme Swann eût appelé un « baby ». »
    https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Proust_-_%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu_%C3%A9dition_1919_tome_4.djvu/125

    La question reste donc entière, peut-on hiérarchiser notre amour pour autrui, dans l’objectif de savoir qui mangera qui ?
    « Et le soir ils ne dînaient pas à l’hôtel où les sources électriques faisant sourdre à flots la lumière dans la grande salle à manger, celle-ci devenait comme un immense et merveilleux aquarium devant la paroi de verre duquel la population ouvrière de Balbec, les pêcheurs et aussi les familles de petits bourgeois, invisibles dans l’ombre, s’écrasaient au vitrage pour apercevoir, lentement balancée dans des remous d’or, la vie luxueuse de ces gens, aussi extraordinaire pour les pauvres que celle de poissons et de mollusques étranges (une grande question sociale, de savoir si la paroi de verre protégera toujours le festin des bêtes merveilleuses et si les gens obscurs qui regardent avidement dans la nuit ne viendront pas les cueillir dans leur aquarium et les manger). En attendant, peut-être parmi la foule arrêtée et confondue dans la nuit y avait-il quelque écrivain, quelque amateur d’ichtyologie humaine, qui, regardant les mâchoires de vieux monstres féminins se refermer sur un morceau de nourriture engloutie, se complaisait à classer ceux-ci par race, par caractères innés et aussi par ces caractères acquis qui font qu’une vieille dame serbe dont l’appendice buccal est d’un grand poisson de mer, parce que depuis son enfance elle vit dans les eaux douces du faubourg Saint-Germain, mange la salade comme une La Rochefoucauld. »
    https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Proust_-_%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu_%C3%A9dition_1919_tome_4.djvu/103

  40. Tous des ploucs sauf moi ! J’adore cette devise ; on peut créer une liste avec des milliers de qualificatifs très fleuris : débiles, attardés, relous, ringards, gauchiasses, fachos, nazis, racailles, etc.
    C’est notre devise ; je dirais même plus : c’est votre « denise ».
    Ouvrez le ban !

  41. « En revanche, si, en élargissant le sens de « ploucs », elle consiste, face à la pompe et aux grandeurs, à favoriser l’unité de la nation en mêlant ses ombres multiples à ses lumières, alors elle pourra la sauver. » (PB)

    Le racisme de classe a toujours existé, en particulier en France qui s’est toujours distinguée par son élitisme très surévalué si l’on se réfère aux résultats obtenus par ceux qui prétendent en faire partie.

    Pour ma part je ne saurais attribuer le terme de « ploucs » (*) aux gens de petite condition sociale. Ces gens que l’on croise dans la rue et dont on ne sait rien, qui ne seront jamais invités sur un plateau télé, et dont l’avis « sur la situation » apparaît via un pseudo, en des termes parfois virulents, sur les réseaux sociaux.
    Tous ces anonymes qui constituent néanmoins les forces vives de notre nation, par leur travail, leur cellule familiale, leurs relations sociales.

    Je préfère utiliser le terme de « ploucs » pour des personnalités bien connues du grand public qui se distinguent par leur excentricité, leur vulgarité, leur méchanceté gratuite et que l’on retrouve notamment dans les émissions destinées à un public peu enclin aux envolées intellectuelles.

    (*) ou encore de « gueux » comme on dit dans les milieux distingués.

  42. Le problème est que la sainte hygiène de vie condamne les pauvres ploucs. Fumer nuit gravement à la santé, et pas que la sienne ; boire est réputé guère meilleur, et la bière peut facilement faire grossir, ce qui n’est pas aussi sain qu’avoir un corps d’athlète, et fait moins spirituel qu’être, sinon musclé, du moins maigre.

    De plus, les pauvres sont sous le signe du moins, donc en principe automatiquement évités, comme tout ce qui est insignifiant. Bien sûr, on peut prétendre que le moins est plus, que les derniers seront les premiers, ou bien que les prolétaires font la Révolution… Mais leur état provisoire n’intéresse pas pour lui-même, et a fortiori ni leur mode de vie ni leur valeur. Cela me semble de tous les temps et de tous les lieux.

    Reprise, d’ailleurs, de ce qui est : le dernier va sauver le monde, chez notre hôte :

    « la seule solution est de comprendre que cette France majoritaire des “honnêtes gens” n’a pas seulement à être valorisée, remise sans détour au cœur du débat démocratique, mais saluée, célébrée comme une chance presque ultime de sortir le pays d’une situation infernale, où ceux qui croyaient savoir ont failli, tandis que la masse des autres n’a jamais été ni consultée ni respectée. »

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