Idolâtrer ou détester : un devoir ?

Dans l’émission Les Vraies Voix sur Sud Radio, j’ai un soir choisi, dans la rubrique « Seul contre tous », ce sujet dont j’avais à défendre la pertinence : on n’est pas obligé d’admirer ni de dénigrer en bloc !

Il me semble tellement révélateur de notre climat intellectuel et politique que j’éprouve le besoin d’y revenir dans ce billet pour mieux l’appréhender et éclairer ce qui pourrait constituer un paradoxe : l’obligation du tout ou rien !

Probablement sommes-nous nombreux à avoir dû nous assujettir, dans tous les espaces de l’expression publique et quelles que soient ses modalités, à cette règle qui nous contraint à ne jamais proférer le moindre mal sur les tenants de notre camp ou les sympathisants de notre cause, ou, inversement, à vitupérer sans nuance nos adversaires ou contradicteurs…

Pour ma part – et je suis navré, sur ce plan, de n’avoir pas d’autre recours que le « je » –, je n’ai cessé de me confronter à cette difficulté, parce que je n’ai jamais pu ni voulu me laisser embrigader dans cette alternative stérilisante de l’inconditionnalité ou de l’hostilité sans réserve.

Pourtant, il n’est pas si facile de gérer cette volonté d’honnêteté, car, quelle que soit l’attitude choisie, elle est source de désagréments.

Pour peu qu’on dise un peu de bien d’une personne aux antipodes de soi, on est taxé de faiblesse et d’inconstance. Loin qu’on vous sache gré de votre ouverture d’esprit ou, pire, de votre incapacité à haïr, on la juge comme une inaptitude à tenir une ligne, à être solidaire, à privilégier le groupe plutôt que soi.

En de multiples occasions, j’ai refusé de céder à ce diktat de l’opprobre total au prétexte d’un antagonisme intellectuel, politique ou médiatique, et pas seulement parce que l’affrontement personnel n’a rien à voir avec la dispute des idées, mais aussi à cause de l’infinie curiosité, nourrie de doute et de questionnement, qu’on doit éprouver pour ceux qui échangent avec vous ou contre vous.

Suis-je condamné à traiter tous les députés LFI comme Rima Hassan le mériterait ? Parce que la plupart ne pensent pas comme moi, convient-il que je les disqualifie humainement ? Si on laissait faire, la société, au figuré, serait jonchée de cadavres !

Probablement la situation est-elle encore pire quand on commet l’imprudence d’émettre des réserves sur quelqu’un perçu comme intellectuellement et politiquement proche : on est sur-le-champ vilipendé, même si l’on reconnaît pourtant une forte complicité, des affinités majoritaires. Peu importe. Il est illégitime de faire état de la moindre dissidence, d’oser poser sur telle ou telle personnalité un regard nuancé, et non pas seulement extatique ou admiratif.

Que se passerait-il si, dans le numéro hyperbolique de Valeurs actuelles consacré à Mathieu Bock-Côté, je glissais une réticence ou une lassitude ?

Je l’ai constaté : on n’a pas le droit, au sujet d’Alain Finkielkraut, de compléter la très forte estime et l’admiration qu’on lui porte par un ou deux bémols. L’esprit partisan veut ses saints dans les deux camps !

Je n’évoque même pas le cas lancinant et durable de Nicolas Sarkozy qui, parfois condamné, devait être élevé au rang d’homme et de président irréprochables !

Si la personnalité à sanctifier par devoir est en plus médiatiquement célébrée, socialement emblématique, le moindre souci de lucidité et de vérité vous marginalise davantage encore. Un jour, je me suis risqué à cet exercice au sujet de Claire Chazal : j’avais raison, mais crime de lèse-majesté ! On vous prête aussitôt jalousie, amertume…

Pourtant, il faut résister. On ne m’imposera jamais une emprise négative et délétère quand je veux continuer à cultiver, pour les êtres, les idées et les choses, quoi qu’il en coûte, la liberté et l’imprévisibilité d’un homme qui, sur ce plan au moins, ne s’est jamais trahi.

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Voir les Commentaires (33)
  1. Le raciste terroriste totalitaire continue sa propagande trumpo-poutino-communiste aux fins de dénigrement personnel, pensant pouvoir justifier sa pulsion haineuse non maîtrisée.
    Quand on décolle le papier peint des haineux, ils s’aperçoivent pourquoi l’image qu’ils ont prise pour la réalité leur cachait le mur dans lequel ils vont donner du front, tel le loup des cartoons.

    Quant à René Girard, les franchouillards l’ont toujours méprisé alors qu’il a influencé mondialement la recherche sociologique, anthropologique, économique et religieuse des soixante dernières années, inspiré les barons de la tech d’une manière qui ressemble aux errances du catholicisme historique, ce qui a nécessité l’intervention du Vatican pour en redresser une interprétation que Girard n’aurait sûrement pas validée.

    Si les Français veulent encore exister, ils devraient s’apercevoir que la porte ouverte par leur compatriote est l’apologétique chrétienne la plus aboutie du XXe siècle, selon le Vatican.
    Mais pour cela, il faudrait qu’ils apprennent, plutôt que de toujours en rester aux terrorismes esclavagistes, qu’ils ne sont plus, et depuis longtemps, le nombril du monde, ayant néanmoins l’occasion de tirer les enseignements universels de leur effondrement que la théorie mimétique formule.

    On a bien entendu le droit d’en rester à Éric Zemmour et aux méthodes ordurières à la Roy Cohn de Marchenoir ; on choisit de soi-même le tout petit remplacement et l’enfermement aux goulags de son esprit obsolète et dépassé.

  2. Robert Marchenoir

    @ caroff – le 27 avril 2026
    « Aliocha c’est comme le papier peint dans le séjour : on n’y fait plus attention et on en a oublié les motifs ! »

    N’insultez pas le papier peint : on en trouve de fort jolis, et c’est un art typiquement français, Monsieur ! Une véritable pépite de notre patrimoine culturel !
    ______

    @ Aliocha – le 26 avril 2026
    « De la part de celui qui me traitait de puceau de la vie, l’incompréhension des morsures de l’ironie est réellement pur délice […]. »

    Mais bien sûr !… La traditionnelle dérobade des gauchistes, pris en flagrant délit d’énonciation d’énormités, qui se dédouanent en invoquant soudainement un « humour » que personne n’avait remarqué…

    Et quand vous disiez que « les racistes et les antisémites sont des terroristes », c’était de l’humour, aussi ? C’est pour ça que vous avez été incapable de répondre à mes nombreuses sollicitations d’avoir à vous justifier de cette prodigieuse ânerie ?

    Aliocha, le pénible cureton sentencieux qui passe son temps à faire la morale à tout le monde, ici, s’invente subitement un sens de « l’humour », une aptitude à « l’ironie ». L’ironie, je vous le signale, c’est ce qui, au minimum, arrache un sourire. Nulle trace d’une telle substance dans vos ennuyeux pensums longs comme un jour sans pain.

    Si vous aviez un minimum de talent pour l’humour ou l’ironie, vous auriez compris que cela implique, dans un tel contexte, de vous dénigrer vous-même. Pas de vous vanter des « lumières » que vous seriez contraint d’apporter sans cesse à Pierre, Paul ou Jacques, ce qui ne correspond que trop à votre incessant trollage.

    Démasqué que vous êtes dans votre prétention à déverser sur tous des « lumières » inexistantes, vous l’êtes aussi dans la bonté à laquelle vous exhortez hypocritement les autres : nous apprenons maintenant que c’est un « pur délice », pour vous, que de me « tendre des pièges », de me « manipuler » et de me « mordre ».

    Pardon ? Je croyais que le seul comportement admissible, en société, le seul remède à tous les maux sociaux, c’était l’amûûûr, la présentation de l’autre joue afin d’attirer la claque, le pardon aux ennemis, la repentance des péchés et tout le tralala.

    Vous confirmez qu’il ne s’agit là, dans votre bouche, que d’un travestissement tout à fait transparent. Ce sont les autres qui doivent s’écraser lorsqu’on les attaque : des règles différentes s’appliquent à vous, car vous êtes le Maître. Ce qui vous permet de grimper sur le tabouret de la supériorité morale affectée tout en jouant les dictateurs de poche. La gauche, quoi.

    Vous êtes en effet un puceau de la vie, et c’est faire preuve d’une indulgence peu crédible que de circonscrire ainsi vos motivations.

    Vous n’avez jamais travaillé de votre vie, vous n’avez jamais eu à rendre des comptes sur le résultat de vos actions, mais vous passez votre temps à nous dire que pour empêcher les immigrés de violer des octogénaires, d’égorger des prêtres et de tuer des enfants, il suffirait que nous nous excusions envers eux, que nous cessions d’être « racistes » à leur encontre.

    Vous passez votre temps à nous dire que pour empêcher la répétition du pogrom du 7-Octobre, pour faire cesser l’invasion de l’Ukraine, il suffirait que les Israéliens demandent pardon aux « Palestiniens », que les Ukrainiens s’excusent de leurs fautes supposées envers les Russes.

    Peu importe que de telles agressions n’aient jamais été stoppées, au cours de l’histoire, par les moyens que vous préconisez. Vous continuez à pérorer sur le dos des victimes, en exigeant d’elles seules des bontés que vous vous abstenez de demander à leurs agresseurs.

    Vous prétendez promouvoir la charité chrétienne (un terme que, curieusement, vous ne prononcez jamais), mais pas une seule fois vous n’avez exhorté les immigrés à faire preuve de charité envers les Blancs, pas une fois vous ne les avez appelés à demander pardon pour l’effroyable délinquance qu’ils commettent, pas une fois vous n’avez morigéné les musulmans afin qu’ils se repentent de leur antisémitisme génocidaire, qu’ils cessent de tuer des Juifs et des chrétiens en Israël, en Europe et dans le monde.

    C’est toujours à sens unique.

    Il y a un coupable éternel, le Blanc, l’Occidental, le chrétien, le Juif qui se fait envahir et exterminer. Et il y a un être supérieur, l’immigré, le non-blanc, le musulman qui jouit de l’impunité, quels que soient ses crimes.

    Vous aussi, vous êtes un être supérieur, un agresseur perpétuel qui jouit de l’immunité. Plus vous piétinez le visage de la victime, plus vous revendiquez une éminence morale.

    Manifestement, cela ne peut être dû au seul fait que vous soyez un « puceau de la vie », le signataire d’un curieux pacte privé, avec votre épouse, au terme duquel c’est elle qui bosse pour faire vivre le foyer, tandis que vous, vous êtes dispensé de travailler parce que vous élevez le gosse (du moins si l’on en croit ce que vous avez cru bon de nous raconter, parce qu’au point où nous en sommes…).

    Face au déni du réel qui est le vôtre, il faut bien conclure qu’il s’agit là, de votre part, d’un choix délibéré, le choix de la perversion de gauche. Celle qui, sous d’incessantes protestations de vertu, s’emploie en réalité à promouvoir le mal, la haine, la persécution, la tyrannie, le vol, la violence, le viol et le meurtre.

  3. @ caroff (@ Achille)
    « Aliocha c’est comme le papier peint dans le séjour » 

    À la différence que le papier peint se décolle alors qu’Aliocha déconne.
    C’est fou ce que deux petites consonnes peuvent faire pour nous consoler !

  4. @ Achille
    « Personnellement, je suis un peu fatigué par les échanges de fond de court entre Aliocha et Lodi, sur fond de monothéisme, René Girard et autres fariboles qui durent depuis des années et sont sans aucun rapport avec le thème du billet.  »

    Aliocha c’est comme le papier peint dans le séjour : on n’y fait plus attention et on en a oublié les motifs !

  5. Cher Aliocha, j’adore votre prose un tantinet surréaliste, un peu du Dalí dans le texte, « y’a dé zéyacoulassiones dans la tête ».
    Juste une remarque, il me semble que vous confondez « l’emmêmetentisme » du Kadyrov et la nuance. Une porte entrebâillée n’est pas en même temps ouverte et fermée. Elle est… entrebâillée.

    Je vous accorde cependant qu’il est parfois possible de pratiquer le « en même temps ». Emmanuel « Kadyrov » Macron nous le démontre tous les jours. En même temps nul, cruel, totalitaire, ridicule…

    Amitiés, cher Aliocha.

  6. Personnellement, je suis un peu fatigué par les échanges de fond de court entre Aliocha et Lodi, sur fond de monothéisme, René Girard et autres fariboles qui durent depuis des années et sont sans aucun rapport avec le thème du billet. 🙁

  7. Ou quand les vengeurs, tombant du piédestal de leur vanité injurieuse, y remontent à grand-peine pour continuer à nier, vous accusant de leur méprise, la connaissance que vous essayez de partager avec eux.

    Refusant de reconnaître leur vice idolâtre, ils continueront à se penser du côté du bien, tout en discriminant ce qui n’est rien d’autre que leur réalité reconnue chez autrui, alors que ce n’est qu’en eux-mêmes qu’ils ont pu l’identifier, vexés à tout jamais d’avoir été tronçonnés par leur propre tronçonneuse, arroseurs arrosés de la fable qui, de tout temps, provoque le rire bienfaisant, celui qui chasse le diable et nous remet tous à notre place quand nous croyons pouvoir nous prendre pour ce que nous ne sommes pas.

    C’est ainsi que nous saurons partager, conscients de notre vice de forme, le nécessaire effort pour nous en corriger, reconnaissant l’autorité qui nous l’a signalé, indiquant le chemin d’émancipation des tyrannies de nos petits moi, alors inclus à la réalité qui nous appelle à reconnaître le mystère de la libération et de la liberté comme don de la rédemption, invités sans cesse à réapprendre que la liberté est le grand don qui conduit à la vraie vie.

  8. @ Aliocha
    « où quand Marchenoir se prend à tous les pièges qu’on lui tend. »

    Mais, à supposer que vous ayez bien tendu un piège, et non étalé votre vanité, c’est mal, vous le savez. René Girard ne se servait pas de son savoir pour tourner ses contradicteurs en dérision. Il expliquait sa théorie sans nier d’autres aspects de la réalité et ne prenait pas les gens de haut. Vous compromettez bien plus gravement René Girard et d’autres auteurs par votre manière de tendre à manipuler que par une simple vanité.
    Il faut choisir, dans la vie : soit on se sert de son savoir pour éclairer, soit on s’en sert pour se rehausser aux dépens des autres. Les deux sont bien sûr inconciliables, parce que :

    – Soit on sert la vérité, soit on s’en sert. Le fait de se servir de la vérité aveugle aux vérités que peut apporter l’autre et empêche de progresser.

    – Soit on applique sa morale, vous, par exemple, exigez qu’on pardonne, soit on la projette sur les autres, en croyant obliger les autres à pardonner. Vous ? Vous m’avez traité de raciste et d’autres choses injustes sans jamais présenter vos excuses, m’encombrer de votre morale du pardon et ne pardonnez pas à Marchenoir de vous avoir traité de « puceau de la vie ». Vous êtes typiquement l’exemple de gens prêchant aux autres ce qu’ils n’essaient même pas de faire eux-mêmes.

    – Soit on essaie de faire avancer ses idées, soit on gonfle sa personne. Si vous ironisez sur quelqu’un, si vous insultez, vous parviendrez peut-être à l’humilier ou, du moins, à rallier les rieurs de votre côté. Mais son ouverture d’esprit à vos idées sera irrémédiablement perdue, car il ne voudra pas examiner les auteurs et les textes que vous avez pervertis. Vous n’avez pas le droit de vous en moquer, car, outre que vous en êtes la cause, vous-même repoussez bien d’autres aspects de la réalité.

  9. De la part de celui qui me traitait de puceau de la vie, l’incompréhension des morsures de l’ironie est réellement pur délice, où quand Marchenoir se prend à tous les pièges qu’on lui tend.
    Celui qui ne maîtrise pas sa pulsion est manipulable à souhait.
    Fin de la leçon.

  10. Robert Marchenoir

    @ Aliocha – le 26 avril 2026
    « Après Lodi et Marchenoir, il semblerait que Jérôme ait besoin de mes lumières […] »

    Hahaha. Dieu sait si ce blog a connu un défilé de commentateurs gonflés de leur importance, mais je ne crois pas y avoir jamais lu une phrase aussi prétentieuse que celle-là. Vraiment, vous ne vous rendez pas compte du ridicule absolu dans lequel vous vous vautrez ?

    Vous tenez la Bible à l’envers, ou vous l’avez confondue avec le Coran ? Le sauveur du monde a planté sa tente ici même, et personne n’est au courant.

  11. Après Lodi et Marchenoir, il semblerait que Jérôme ait besoin de mes lumières pour lui faire prendre conscience qu’en fustigeant Macron, c’est lui-même qu’il met en question.

    Dans le même texte, il nous décrit avoir, avec ses collègues, essayé la technique du « en même temps ». Il semblerait que le consensus espéré n’ait fini, à l’habitude, que par la cuite de fin de semaine et le rituel anti-Macron comme unique solution.

    Ce qui nous amène aux nouvelles de Dieu qu’il réclame, pauvre hère désespéré et néanmoins bien-aimé, qui en est encore à rendre le Créateur responsable des errances irano-américaines.

    On l’invitera donc, avec le seul et vrai Dieu d’amour, à observer que les idoles que ces deux peuples adorent n’ont à voir qu’avec l’idée fausse qu’ils se font de la divinité, pensant à tort pouvoir s’en arroger l’exclusivité qui leur permettrait de soumettre l’autre à leur domination tout aussi fausse qu’exclusive, arrivant à la conclusion désolante que l’expression de la force, si elle n’est pas au service de la justice, n’est qu’une erreur de plus des idolâtries, dont les mouvements réciproques ne peuvent mener qu’à la mutuelle destruction.

    Ainsi renseigné, Jérôme a toute latitude du choix qui se propose à lui et que, voilà deux mille ans, la seule vraie divinité a formulé pour la rédemption de l’humanité, lui donnant l’insigne potentialité de savoir l’incarner en toute connaissance de cause, libéré de la vieille croyance en la violence.

    Il rejoindrait alors le corps vivant de la communauté humaine vouée à exercer sa liberté, ayant reconnu le plus faible non plus comme une catégorie sociologique, mais comme le lieu théologique où l’histoire est jugée.

    Il comprendrait rationnellement qu’en démocratie, c’est à chacun de savoir incarner cette réalité, quand ce n’est plus du sujet du tableau que dépend l’avenir des humains, mais de ceux qui le regardent, ainsi associés à la vie commune dont chacun porte l’égale responsabilité.

    Nègres ou blancs, migrants ou fachos, athées, cathos, parpaillots ou musulmans, fiston perdu à la recherche de sa maman, Brizitte et Manu comme le Lodi à son Robert, tous conscients et enfin renseignés qu’ils ont capacité à ne plus considérer leur « moi » comme seule et unique divinité, pour accueillir l’idée suprême de savoir se penser en relation, suivant le chemin de la croix, le chemin qui crucifie une existence renfermée seulement sur le moi, ouvrant par-là la route à la joie véritable et durable.

    C’est moi et ce n’est plus moi, disait l’apôtre de si grande raison, c’est le Christ qui vit en moi, triomphe d’une parole qui, avant tout, était : si nous vivons de cette manière, nous transformons le monde. C’est la formule qui contredit toutes les idéologies de la violence, et c’est le programme qui s’oppose à la corruption et à l’aspiration au pouvoir et à l’avoir.

    Jérôme a bien entendu le droit de continuer à croire qu’en crucifiant Macron, on sauvera l’humanité : il témoignera qu’il sert encore un dieu qui n’a jamais existé que dans le cerveau malade des déments idolâtres.

  12. Ce qui peut se penser comme un manque de nuance relève des choix qu’imposent ceux qui voudraient qu’on en fasse preuve. Je vais réveiller mon ami, le cardinal Aliocha, qui va rappliquer, soutane au vent, galero en bandoulière sur son fidèle Tornado. Je ne suis pas sûr pour le bourrin.
    Prenez Emmanuel « Kadyrov » Macron, on peut faire preuve de nuance en lui accordant un peu d’intelligence, de culture… mais concrètement, c’est le politique qui m’intéresse. Sur le sujet, je le trouve nul dans tous les domaines. Libertés publiques, économie, politique intérieure, extérieure, respect des citoyens, des votes qui, paraît-il, l’engageaient, assainissement de la vie publique, on a vu, Ferrand, Solère, Kohler… violence politique, cruauté, remember le Rivotril Gate que l’on jugera peut-être un jour.
    Pas de nuance le concernant.

    Pour le reste, les politiciens normaux, c’est exact que la nuance n’est plus de mise. Je me suis amusé de la tête de collègues, certains très à droite, d’autres très à gauche, quand, lors de notre petit repas de fin de semaine, j’ai flatté l’intelligence et l’esprit d’un Jean-Philippe Tanguy. Les gauchistes s’en offusquaient, là où les zemmourro-bardellistes se pourléchaient les babines. J’ai innocemment continué en accordant beaucoup d’intelligence et de clarté à un Manuel Bompard. Le sourire est revenu sur les visages de mes collègues lfiistes quand les droitards protestaient. Alors que, quelles que soient nos opinions, il me semble évident qu’ils possèdent tous deux beaucoup de qualités. Au contraire de Macron.

    Ah flûte, je ne vous avais pas vu, Aliocha. Comment se porte Dieu ? Vous avez des nouvelles ? Pas très bienveillant, le Créateur, en ce moment, il se laisse aller. Mes amis iraniens et palestiniens se font martyriser par deux dignes représentants d’un 4e Reich à venir.

    Vous noterez, cher Aliocha, que je fais montre de nuance, enfin de prudence, je mets un D majuscule à Dieu et un C à Créateur, que certains feraient bien d’aller se faire mousser, ça nous ferait des vacances, suivez mon regard, si si, vers l’Élysée, vous savez, le repaire de l’incapable. Briziiiitte y’en qui disent du mal de moi, ze les zaime pas.

    Allez, un p’tit gorgeon, santé.

  13. @ Claggart le 24 avril 2026

    Ah oui, j’oubliais… J’espère que vous avez les yeux clairs de famille et les cheveux blonds. Je taquine un peu, mais pas tant que cela : sans Churchill et d’autres, vous parleriez au pas un langage allemand, sans l’écrire sans doute librement.
    Quelqu’un de précieux, de mon côté, a été sauvé par son passeport espagnol et les yeux clairs de ma famille, dont une personne au moins a hérité de ce détail. Les yeux gris de ma maman et verts de mon papa… éternels. La pièce qui tombe du bon côté…

  14. @ Claggart le 24 avril 2026

    Vous soulevez un point douloureux et parfaitement légitime : les bombardements alliés ont ravagé Lorient et d’autres villes françaises. Personne ne peut minimiser la souffrance des civils bretons.
    Mais il faut replacer cet épisode dans la stratégie globale de la guerre :
    Lorient était l’une des principales bases de sous-marins allemands, d’où partaient les U-Boote qui coulaient les convois alliés et affamaient le Royaume-Uni.

    Churchill, comme Roosevelt, savait que la bataille de l’Atlantique était existentielle : si les U-Boote gagnaient, la Grande-Bretagne tombait, et avec elle toute l’Europe libre.
    Les bunkers allemands étaient indestructibles, ce qui a conduit les Alliés à frapper la ville autour, une stratégie tragique mais courante dans la guerre totale.

    On peut condamner les conséquences humaines, mais accuser Churchill d’avoir voulu détruire Lorient par malveillance est historiquement faux.
    Il a pris une décision militaire dans une guerre où l’alternative était la victoire nazie.

    On peut y ajouter le commentaire de duvent, comme souvent d’une méchanceté passionnée, mais il repose davantage sur une vision caricaturale que sur l’histoire, ce qu’elle est aussi souvent.

    Oui, Churchill buvait. Oui, il avait un ego monumental. Oui, il pouvait être brutal dans ses jugements.
    Mais réduire Churchill à une « barrique alcoolisée » ou à un « porc » revient à ignorer qu’il a été le seul dirigeant européen à refuser la capitulation en 1940 ; il a tenu tête à Hitler quand toute l’Europe était à genoux ; il a galvanisé un peuple isolé, bombardé, affamé ; il a été l’un des artisans majeurs de la victoire finale.

    On peut critiquer Churchill — et il y a matière — mais nier sa contribution décisive à la survie de la civilisation européenne, c’est se priver de la nuance que Philippe Bilger appelle justement de ses vœux.

    Sans Churchill, la Grande-Bretagne aurait probablement négocié avec Hitler. En mai 1940, la majorité du cabinet britannique voulait discuter avec l’Allemagne. Churchill a tenu seul la ligne : « We shall never surrender ». Ce refus a empêché Hitler de gagner la guerre avant même l’entrée en scène des États-Unis. Il a transformé aussi une nation en rempart contre le nazisme.

    Ses discours ne sont pas de la littérature : ils ont empêché l’effondrement moral d’un pays isolé. Il a fait comprendre aux Britanniques qu’ils se battaient pour quelque chose de plus grand qu’eux.

    Il a été l’un des trois architectes de la victoire, avec Roosevelt et Staline ; il a compris Hitler avant tout le monde.
    Dès les années 1930, il dénonçait le nazisme quand la plupart des élites européennes prônaient l’apaisement.
    Il a défendu la liberté au moment où elle semblait perdue.
    C’est cela qui fait un grand homme : être indispensable au moment décisif. La nuance n’empêche pas la reconnaissance.

    Churchill n’était pas un saint. Êtes-vous un saint ?

    Qu’auriez-vous fait à sa place, sous les bombes ?

    Il a été l’homme sans lequel la victoire n’aurait probablement pas eu lieu. On peut donc répondre aux critiques sans les mépriser, mais en rappelant que l’histoire n’est pas un tribunal moral : elle juge aussi l’importance des actes, et, sur ce plan, Churchill demeure l’un des géants du XXᵉ siècle.

    La guerre est sale : qu’auraient dû faire les Ukrainiens face au cinglé ? Rendre les armes et vivre sous le knout d’un criminel de guerre ?
    Ils l’ont fait avec le Mémorandum de Budapest, ils ont rendu les armes, et cela n’a rien changé. La lâcheté des pays concernés les fait aujourd’hui crouler sous les bombes et les crimes de Boutcha. Si vous avez d’autres solutions, il faut les dire aux concernés. Oui, la guerre est horrible ; le dire ou la dénoncer semble pusillanime. C’est tous les jours que l’on assiste à des marches blanches, à des paroles blanches, devrais-je ajouter.

    Pour revenir aussi sur la Seconde Guerre mondiale, les Alliés n’ont pas libéré plus tôt les camps de concentration parce que leur priorité absolue était la défaite militaire de l’Allemagne, et non une opération spécifique de sauvetage — malgré le fait qu’ils disposaient d’informations partielles sur les crimes nazis.

    L’Histoire ne se réécrit pas ; elle peut sans doute être jugée, mais en aucun cas on ne rembobine les événements passés.
    La guerre tue, avilit ; elle est génocidaire aussi parfois ; mais elle existe depuis la nuit des temps (là, c’est une expression que je n’aime pas), apparemment partout elle existe. C’est terrifiant, mais rien n’y fait.

    Allez, on ne va pas se quitter sans au moins deux traits, au choix :

    « Quand j’étais plus jeune, j’avais comme règle de ne jamais boire d’alcool fort avant le déjeuner. Maintenant, ma règle est de ne jamais le faire avant le petit-déjeuner. »

    « Avoir foi en la perfection de l’homme, c’est très bien chez un homme d’Église, pas chez un Premier ministre. » (Winston)

  15. @ Claggart

    WC a été généreux sur la destruction de la vie des autres, c’est ce qu’on appellait un grand guerrier, quand la dissimulation et la manipulation étaient faciles…
    Il détruit la flotte francaise à Mers El Kébir, il laisse détruire Coventry, il se gondole quand les Japonais servent d’expérience in vivo, il se moque d’affamer au Bengale…
    WC était affamé de la vie des autres et un soiffard invétéré, un homme bas…

  16. Serge HIREL

    Risquer un commentaire de ce billet de notre hôte est scabreux. Si j’écris aimer la nuance tout autant que lui, on affirmera que je l’idolâtre. Si, écoutant mon penchant, j’apporte un bémol à son propos, on m’accusera de le détester… alors que le proverbe dit : « Qui aime bien châtie bien ». Ce qui, apparemment, signifie que la critique est un acte d’admiration… et l’occasion, pour celui qui la reçoit, de se remettre en question et, de ce fait, d’être idolâtré… ou détesté encore plus…

    Pour ne pas subir l’un ou l’autre de ces blâmes inévitables, je devrais clore ma prose ici, sans dire un mot susceptible de permettre de me ranger dans l’un ou l’autre camp… Silence qui me vaudrait le reproche d’être une poule mouillée… Mieux vaut donc ne pas en rester là et tenter de passer entre les gouttes en me contentant d’un commentaire d’observateur…

    On remarquera que le phénomène décrit par Philippe n’a rien de nouveau dans la sphère politique — il sévit aussi dans tous les autres secteurs des activités humaines —, mais que, depuis une dizaine d’années, cette tendance au rejet abrupt de celui qui critique son camp, ne serait-ce que d’un iota, s’est aggravée, et qu’il est devenu malsain d’oser se déclarer « globalement d’accord… à ceci près… ».

    Dans les années 80, les adversaires de Mitterrand s’irritaient de son talent d’enfumeur, mais la plupart reconnaissaient aussi l’homme de culture qu’il était, sans être vilipendés par leurs amis. Plus tard, les mésententes Chirac-Balladur, puis Chirac-Sarkozy ont donné lieu à des bisbilles de cour d’école entre leurs partisans, mais pas à des pugilats au grand jour et sans retenue tels que ceux que l’on connaît aujourd’hui… à droite, à gauche et en Macronie.

    Comment expliquer qu’on en soit arrivé là ? Incontestablement, les nouveaux supports de la communication politique sont au cœur de cette évolution. Le citoyen, qui, autrefois, s’informait grâce à des médias où la mesure était la règle et disposait de peu de moyens pour s’exprimer, bénéficie aujourd’hui de réseaux dits « sociaux » et de chaînes d’information instantanée. Les uns et les autres passent leur temps à déceler et à commenter en direct — et quasiment sans filtre — le moindre petit désaccord, la plus petite vacherie entre les politiques d’un même parti, les mettent en épingle, les gonflent… et s’assurent ainsi de l’audience. Ajoutons à cela que le ton des débats sur ces réseaux et ces chaînes est tout sauf apaisé, ce qui provoque la division de l’opinion publique en de multiples chapelles… qui se combattent sur des nuances parfois infimes et en oublient leurs points communs. Les sondages, qui, parfois, analysent des déclarations à peine divergentes sur le fond, ne sont pas non plus pour rien dans cette atmosphère de guérilla.

    La responsabilité des partis politiques est tout autant engagée. Hormis le RN et LFI, aucun d’eux n’est dirigé par une personnalité incontestée en son sein — cf. les duels Retailleau-Wauquiez et Faure-Vallaud — et ne possède un programme — une « bible » — qui s’impose à tous ses dirigeants, à tous ses militants. Ce qui permet, notamment à gauche et au centre, l’apparition de « petits chefs » n’ayant en rien une stature d’homme d’État, mais qui, néanmoins, se permettent d’étaler leurs divergences hors les murs et de chercher des soutiens dans l’opinion publique, au risque, encore une fois, de sa division et de l’excommunication de quiconque, dans un « courant », ose faire un pas vers celui le plus proche… Au risque donc d’interdire tout regroupement des Français autour de trois ou quatre grandes écoles de pensée. Plus ces partis sont en déshérence, plus les fidèles de chacun de leurs « chefs à plumes » se montrent agressifs entre eux.

    Quant aux deux partis en situation plus confortable — un chef, un programme et un état-major au garde-à-vous (ou presque) —, eux aussi participent à cette montée en puissance de l’obligation de taire une parole non conforme, qui, très vite, dans ces formations, prend l’allure d’une désobéissance. Si le RN a fait le choix de ne pas s’adonner au jeu dangereux de la réprimande publique d’un encarté osant reconnaître quelques qualités à l’adversaire, Mélenchon, lui, se comporte en maître absolu et ne pardonne aucun écart… comme au bon vieux temps des « procès de Moscou ». D’où ce bloc LFI apparemment monolithique, mais qui, de temps à autre, se lézarde, les « déviants » étant virés sans ménagement.

    Reste une dernière observation de ma part, dont je ne suis pas certain de la pertinence. Ce phénomène de rejet de la nuance politique et de son interdiction se développe surtout, semble-t-il, lorsqu’un État doit faire face à des difficultés, qu’elles soient régaliennes, économiques, financières ou sociales, alors même que celles-ci exigeraient de se serrer les coudes.

    C’est le cas de la France depuis un bon nombre d’années, et encore plus depuis l’irruption de Macron dans une France déjà en proie au déclinisme… Le « en même temps » a eu l’effet inverse de celui que le jeune gourou proposait : le rassemblement des Français, qui, au contraire, sont aujourd’hui divisés plus qu’ils ne l’étaient en 2017… et ce, dans un pays encore plus proche du gouffre que voici dix ans.

    Mais c’est aussi le cas de l’Allemagne, où le régime des coalitions gouvernementales, que l’on admirait tant il semblait la clé de sa réussite, a aujourd’hui beaucoup perdu de sa superbe, au point que le chancelier Merz (SPD) doit faire face régulièrement à des propos de ses ministres CDU qui « nuancent » la lettre et l’esprit de l’entente signée voici un peu plus d’un an. Parallèlement, sans être aussi gravement malade que Paris, Berlin n’est pas au mieux dans de nombreux domaines, notamment économiques.

    Tout ceci serait anecdotique si la sphère politique n’était pas à l’orée d’avoir à gérer un événement qui sera historique. La prochaine élection présidentielle, dans un an au plus tard, décidera du sort de la France pour au moins dix ans, voire pour beaucoup plus, la Macronie laissant un champ de ruines et de multiples problèmes à prendre à bras-le-corps au lendemain même du scrutin.

    L’importance du choix que les Français auront à faire exige une campagne électorale digne de ce nom, d’autant plus que les deux précédentes ont été escamotées, l’une par la justice, l’autre par le président lui-même. Cela impose de vrais débats sur le fond, des confrontations entre les programmes… et un climat où l’argument l’emporte sur l’invective.

    Il est à craindre que cette attente de la quasi-totalité du corps électoral soit déçue si les candidats sont trop nombreux, si les dirigeants des partis poursuivent leurs luttes intestines, si les désaccords pour des peccadilles l’emportent sur la nécessité absolue, non de l’unité — impossible à atteindre —, mais de l’union, seul moyen d’accès à l’Élysée.

    Assaillie comme jamais par d’innombrables problèmes (pouvoir d’achat, sécurité, immigration, souveraineté, identité, dette, santé, éducation, transition climatique…), la France, cette fois, jouera son avenir. Elle ne peut pas se permettre une campagne présidentielle exécrable…

  17. @ duvent 24 avril

    Pour nous Bretons, Churchill c’est celui qui a ordonné en janvier 1943 la destruction de Lorient. Résultat : ville détruite à 80 % par 4 000 tonnes de bombes, des centaines de morts.
    Et la base des sous-marins allemands intacte.

  18. Ce sont les media traditionnels qui, majoritairement, sont davantage dans une démarche de propagande politique que d’analyse ou même d’information nuancée, et cela selon une échelle de valeurs tacite, renforcée par une rhétorique banalisée et bourrée de sous-entendus qui vise à transformer les auditeurs en chiens de Pavlov : « extrême gauche », « raciste », « néo-nazis », « mâle blanc », « antidémocratique », etc.

    Tout minoritaire qu’il soit dans les médias, le camp opposé au camp de gauche — ou camp du bien auto-proclamé — emploie souvent des tactiques similaires, marquées par un militantisme à court terme qui, de plus, s’enorgueillit de lui-même.

    L’objectif le plus propre à concentrer l’attention est évidemment la prochaine élection présidentielle ; il se renouvellera de lui-même six mois après ladite élection.

    Les intellectuels ne peuvent toucher le grand public qu’en passant par les media, un peu comme les tankers ne peuvent livrer leur fuel qu’en empruntant le détroit d’Ormuz. Ils s’adaptent, certains parce qu’ils sont du même bord, d’autres par nécessité, au prix de concessions.

    Le public est-il tout à fait dupe ? That is the question. Que l’État doive subventionner les journaux pour les maintenir en vie est quand même le signe qu’ils ont du mal à convaincre.

  19. «Si la personnalité à sanctifier par devoir est en plus médiatiquement célébrée, socialement emblématique, le moindre souci de lucidité et de vérité vous marginalise davantage encore. »

    Oui, et alors ? Cela ne vous empêche pas d’avoir raison !

    Prenez moi, par exemple : j’ai le don de dire ce qu’il ne faut pas dire. Est-ce que cela change quelque chose au réel ? NON !

    Je dis, par exemple, de Trump et Béni que ce sont des ordures dangereuses et indignes de confiance.
    Je le dis parce que c’est vrai, comme je dis de Churchill que c’était une barrique alcoolisée, indigne de confiance.

    Il existe des faits qui me donnent raison, mais ce n’est pas suffisant puisqu’ils sont « célébrés médiatiquement »…

    Je ne crois pas que Winston Churchill, que par commodité j’appellerai WC, soit le héros affiché : il a eu des manières de soudard, il n’avait pas de morale, il se vautrait dans la suffisance, et son cynisme lui a servi à détruire plus qu’il ne fallait ; c’était tellement jouissif pour une barrique d’imposer ses pensées à 45°…

    Et il l’a fait sans vergogne, sous les applaudissements d’une foule décérébrée et veule.

    Dès lors, vous ne devez pas vous attarder : l’histoire donne raison tardivement, car les écailles tombent tardivement…

    Quand WC n’a pas empêché la famine de 1943, il a trouvé toutes sortes de gens pour se taire ; quand il pensait avoir du bon sens, le sien l’avait tout à fait abandonné ; quand il se pensait puissant, il jouait sur une scène de branquignoles le rôle d’un porc dont le gros derrière annonçait le petit esprit ; et quand on dit « WC », on pense : latrines, qui sont son domicile pour l’éternité, car il n’est pas admis parmi les hommes de bien qu’un tel personnage soit porté aux nues, et de fait il ne l’est pas.

  20. I have fait un dream, un beau dream, mais hélas ce n’était qu’un dream :

    J’idolâtre tellement ce couple merveilleux, Jordan – Maria Carolina, que j’ai rêvé que j’étais assis à côté d’elle dans un jet supersonique – sa mère lui tenant sa main fine et douce, en direction de Bobollywood, invité par l’élite du gratin nœud pap’-queue de pie du cinoche showbizien, à la remise des Oscars, suivie de libations, de lunchs concoctés par l’autre gratin culinaire des meilleurs cuistots de la planète, youpi me dis-je !

    Quand soudain le bruit, le mur du son du jet, me réveilla, et que vis-je à mes côtés dans mon plumard ? Ma rombière en date périmée, bigoudis – bas de contention, celle qui se balade toute la journée avec son seau à serpillère et ses gants en caoutchouc rose, une vraie concierge de bidonville pour rapatriés et harkis.

    C’est depuis ce moment-là que je me suis donné le devoir de me détester, triste chute du rêve à la réalité.

    Depuis, tous les soirs, on observe le ciel et ses étoiles parmi lesquelles ce couple merveilleux, Jordan – Maria Carolina, illumine nos misérables petites personnes assises comme des crapauds sur leurs culs-de-basse-fosse.

  21. @ Tipaza le 23 avril 2026
    « Énoncée par un certain Stephen Decatur, lors d’un toast porté après un dîner autour de 1816-1820 :
    “Our country! In her intercourse with foreign nations, may she always be in the right; but right or wrong, our country!” »

    Stephen Decatur n’était autre qu’un officier de la marine des États-Unis qui s’est fait remarquer par ses exploits et sa bravoure lors de la guerre menée par ce pays contre les Barbaresques, qui rançonnaient alors ses navires marchands, notamment après avoir repris, dans le port de Tripoli, le 16 février 1804, le navire Philadelphia, qui avait été capturé par des pirates.
    Cet épisode a aussi marqué, à travers la participation des Marines, la première intervention à l’étranger de cette unité.

    https://www.historyonthenet.com/stephen-decatur-and-the-barbary-conflict

    À l’époque, certains pays ne se comportaient pas comme des carpettes face à ce qu’il faut bien appeler des « États voyous », contrairement à un certain gouvernement actuel.
    Mais ceci est une autre histoire…

  22. Michel Deluré

    @ Exilé 23/04/2026

    Si tout système républicain moderne n’existe que par un peuple qui s’en réclame, sa mise en oeuvre, en quelque espace qu’il s’agisse, se traduit inéluctablement par la mobilisation d’élites sociales qui s’y réfèrent pour légitimer ainsi leur action.

    Si le suffrage universel a fait entrer un grand nombre d’individus dans l’espace de la souveraineté, il n’en a pas pour autant entraîné la perte d’influence de groupes sociaux assumant un rôle dominant. Et cela n’est nullement spécifique au système républicain français qui présente certes bien des défauts mais qui n’a nullement à rougir de la comparaison avec d’autres systèmes, républicains ou autres d’ailleurs.

    Cela explique sans doute que la notion de république soit appréhendée très différemment selon sa position sociale et qu’elle fasse l’objet de jugements souvent contradictoires.

  23. L’art de la nuance peut avoir un sens dans le monde idéal des idées platoniciennes.
    Il a son importance dans les relations humaines, et cela s’appelle la civilité.
    Mais, dans la vraie vie, dans un conflit larvé ou ouvert, alors la seule formule qui a un sens, un vrai, au sens de la survie, est celle-là :

    Énoncée par un certain Stephen Decatur, lors d’un toast porté après un dîner autour de 1816-1820 :
    “Our country! In her intercourse with foreign nations, may she always be in the right; but right or wrong, our country!”

    Ce qui donne, en bon français :
    « Notre pays ! Dans ses relations avec les nations étrangères, puisse-t-il toujours avoir raison ; mais, qu’il ait raison ou tort, notre pays ! »

    On ne peut que regretter la fausse nuance d’analyse, et l’art de l’auto-culpabilisation, suivie d’une hypocrite repentance, dont font preuve beaucoup trop de nos hommes politiques.

  24. Allah question, idolâtrer ou détester, sans faire des km de coms, je réponds clair, net et brut de décoffrage :
    J’idolâtre tout ce qui est d’extrême, ultra-giga-méga droite.
    Je déteste et exècre tout ce qui est de gauche, de droite couille molle, les islamos-fachos-gauchos, les écolos verts-de-gris, les racailles antira­çons collabos pro-terroristes, les nazis LFI, HamaSS, et toutes ces racailles macronien­nes, sponsors de toute cette malaria cancérigène de gauche.
    J’espère ne pas avoir été trop long. Vous n’êtes pas obligés de m’idolâtrer, je sais le faire tout seul. Merci quand même.

  25. @ Michel Deluré le 23 avril 2026
    « Désolé, Exilé, mais cette règle n’est nullement la conséquence du système républicain français, puisqu’elle s’applique ainsi dans bien d’autres régimes politiques que le nôtre, dans lesquels s’affrontent pareillement majorité et opposition (…) »

    Mais vous semblez oublier que le système que nous subissons encore de nos jours en France a quasiment été le seul, ou du moins le premier, à avoir été inventé par des « copains et des coquins » réunis de façon occulte, avant d’avoir ensuite lancé le résultat de leurs élucubrations sur le terrain, ce qui s’est rapidement traduit par des violences sanglantes ensuite déguisées en « volonté populaire », à l’ombre de la guillotine, alors que le peuple, le vrai, pas celui représenté par la pègre parisienne, n’a jamais pu donner vraiment librement son avis.

    Et, encore de nos jours, la représentation arbitraire des partis politiques en « extrême droite », « droite » (?), « gauche » et « extrême gauche » relève de la tromperie, car toute gauche est, par nature, extrême dans sa haine de ce qui n’est pas elle, donc des gens normaux, qui sont vus ailleurs, donc à sa « droite », même s’ils n’ont rien demandé, comme calomniables, taillables, exploitables, voire zigouillables à merci…

    Bref, la République actuelle n’est en réalité qu’une gauche extrême (il suffit de se reporter à ses lois pour s’en convaincre), quasi monolithique, sans amendement possible et sans contrepoids sérieux.
    Une forme d’URSS, en quelque sorte.

  26. Il n’est pas étonnant que Philippe Bilger nous enjoigne d’éviter les effets de meute, les engouements fulgurants laissant la place à des détestations ridicules.

    Je suis par exemple très touché par les imprécations s’abattant sur Boualem Sansal : certains à gauche préfèrent visiblement pardonner l’ignoble dictature algérienne au motif que ce grand écrivain ne s’agenouille pas devant la meute LFIste et les inquisiteurs sévissant au Monde et ailleurs…

    Si la nuance doit animer nos réflexions et nos jugements, je persiste à penser que certains doivent être pourfendus avec une grande sévérité en dépit de cette recommandation…

  27. Robert Marchenoir

    On peut aussi vouloir aller à l’essentiel, sans prétendre à un jugement exhaustif qui n’est de toutes façons à la portée de personne. Il y a des gens qui passent dix ans à écrire une biographie de mille pages, et puis il y a des décisions pratiques, immédiates et limitées dont les conséquences sont critiques : faut-il embaucher telle personne ? doit-on donner à telle autre la responsabilité du pays ?

    Naturellement, je vous rejoins dans votre dénonciation du sectarisme et du corporatisme qui sont, en effet, une caractéristique déplorable de la France.

  28. Michel Deluré

    Non, nous n’avons nul devoir d’idolâtrer ou de dénigrer en bloc !

    Tout d’abord, parce qu’une telle attitude implique une soumission qui ne peut être que l’expression d’une absence de liberté.

    Ensuite, parce que tout être ne constitue pas un bloc parfaitement homogène, sans la moindre nuance, et qui ne pourrait être que loué ou à l’opposé rejeté dans son entièreté.

    Comme en photographie, il existe entre le noir profond et le blanc pur tout un éventail de nuances de gris. Notre devoir, par l’observation, par l’écoute, par l’échange, par la réflexion, est de discerner où se situe chaque être, sujet de notre jugement, sur ce nuancier.

  29. J’ai repris l’extrait repris par Achille, qui a sans aucun doute le bon sens d’un stratège de demi de mêlée :
    « Il me semble tellement révélateur de notre climat intellectuel et politique que j’éprouve le besoin d’y revenir dans ce billet pour mieux l’appréhender et éclairer ce qui pourrait constituer un paradoxe : l’obligation du tout ou rien ! » (PB)
    Beaucoup d’entre nous ont déjà ressenti cette obligation, surtout quand on s’exprime en public :
    on doit toujours défendre notre propre groupe et ne jamais en dire du mal, même si quelque chose nous dérange.
    Et, à l’inverse, on doit critiquer l’autre camp sans nuance, comme si tout ce qu’il fait était forcément mauvais.
    Cette règle non écrite nous empêche d’être honnêtes, de réfléchir librement et de reconnaître ce qui est juste, même quand cela vient d’un adversaire.

    Nous disions entre nous que cela faisait du bien de se « purger », quand il s’agit de loupés, il ne faut pas tergiverser, c’est la loi du tout ou rien, il faut le crier haut et fort pour que cela rentre bien dans les crânes, le droit à l’erreur oui, mais pas plus.
    Monsieur Bilger, avec tout le respect que je puisse avoir, vous auriez vendu sans aucun doute dans la veine de Michel Onfray, la nuance est pour l’érudit, convaincre est difficile et c’est la superposition d’éléments simples où chacun porte une nuance qui constitue un spectre, qu’il soit de couleurs, d’opinions ou de messages à faire passer.

    Rien ne passe dans un discours qui se veut en un seul coup, « one shot », audible de tous les spectres. Pour faire monter une idée il faut la poser juste au bord de l’oreille, et la laisser faire son chemin. De MO à Trump c’est 200 signes et pas un de plus. Il a été élu par deux fois président de la première puissance mondiale, Hollande soi-disant intelligent et courtois et cultivé et abordable et qui faisait sourire est passé pour une nouille et s’est déballonné pour une deuxième candidature.

    Écrire ce n’est sans doute pas se faire plaisir à soi-même, c’est juste utiliser l’essentiel pour la majorité.
    Bardella c’est moins de 200 signes et travailler sa messe, cela ne porte pas plus loin, Marine Le Pen l’avait bien compris, elle a simplifié ce qui pouvait être perçu par le plus modeste comme le plus érudit. En quelques mots émettre sur la bonne fréquence. Michel Onfray est un champion !

    Je l’ai déjà dit ici, avec les opérations de base on peut construire la tour Eiffel, il suffit d’utiliser les capacités des autres pour les mettre en lumière, mais !… ce qui constitue votre formation de base vous permettra toujours de faire les choix, les bons choix, et parfois de se « purger » si l’on n’est pas satisfait du résultat.
    Bon… bon…

  30. « Probablement sommes-nous nombreux à avoir dû nous assujettir, dans tous les espaces de l’expression publique et quelles que soient ses modalités, à cette règle qui nous contraint à ne jamais proférer le moindre mal sur les tenants de notre camp ou les sympathisants de notre cause, ou, inversement, à vitupérer sans nuance nos adversaires ou contradicteurs… » (PB)

    Mais cher monsieur Bilger, la cause de tout cela n’incombe-t-elle pas au système républicain français qui a posé dès le début le principe fondateur de l’affrontement quasi obligatoire entre une « droite » et une « gauche » comme s’il allait de soi, ce qui a conduit très tôt à un extrémisme tel qu’il a inéluctablement entraîné et préfiguré les pires crimes commis par l’humanité au nom de la politique ?

    Donc, pourquoi déplorer une fois de plus des effets dont nous chérissons les causes ?

    1. Michel Deluré

      Désolé, Exilé, mais cette règle n’est nullement la conséquence du système républicain français, puisqu’elle s’applique ainsi dans bien d’autres régimes politiques que le nôtre, dans lesquels s’affrontent pareillement majorité et opposition, et puisqu’elle sévit de même dans bien d’autres domaines que la seule politique, qu’il s’agisse, par exemple, des domaines artistiques, sportifs, etc.

  31. « Il me semble tellement révélateur de notre climat intellectuel et politique que j’éprouve le besoin d’y revenir dans ce billet pour mieux l’appréhender et éclairer ce qui pourrait constituer un paradoxe : l’obligation du tout ou rien ! » (PB)

    Il est vrai que l’hystérisation de la vie politique française, soigneusement entretenue par les chaînes d’info(x) continue (à commencer par celle qui se prétend la première), a tendance à radicaliser les prises de position des citoyens.
    Nous pouvons le remarquer sur les réseaux sociaux et notamment sur X (ex-Twitter), où certains commentaires sont particulièrement violents et haineux.

    La confrontation des partis d’extrême gauche et d’extrême droite, qui s’accusent mutuellement de racisme et d’antisémitisme, devient virale et tout laisse à penser que des débats animés porteront sur ces thèmes lors de la campagne électorale, alors que d’autres sujets mériteraient plus d’attention (sécurité, pouvoir d’achat, santé, enseignement, etc.).

    Le nombre de candidats officiels ou qui « se préparent » (dixit François Hollande) ne cesse de grossir, si bien que l’élection présidentielle de 2027 est en train de devenir une véritable course à l’échalote. Ça devient du délire !

    Ajoutons à cela le côté pathos de certains candidats qui n’hésitent pas à nous faire pénétrer dans leur vie privée :

    Marine Tondelier et sa grossesse ;
    Jordan Bardella et sa princesse ;
    Gabriel Attal et ses malheurs de jeunesse.

    À qui le tour ? Jean-Luc Mélenchon va bien nous trouver quelque chose !

    Et l’élection n’aura lieu que dans un an. Les mois à venir risquent d’être particulièrement éprouvants ! ☹

  32. Notre hôte ne confond pas les débats et la guerre, et c’est très bien. À la guerre, on doit écraser l’ennemi sous les bombes, conventionnelles ou atomiques, avant de débarquer et de le soumettre, impitoyabilité sans laquelle la Seconde Guerre mondiale n’aurait pas été gagnée, et la France délivrée.

    Dans les débats, chacun essaie de faire prévaloir ses idées et celles de son groupe. Voilà une différence avec la guerre : dans la guerre, le but du groupe et de l’individu est exactement le même, le salut des frères d’armes, de la nation et des alliés, la soumission de l’ennemi.
    En politique, tout le monde a son agenda… Par exemple, on conviendra que toute personne ou parti de droite doit éviter que la gauche ne vienne au pouvoir. On m’objectera le RN ? Mais il s’est respectabilisé et continue à le faire, tandis que LFI donne dans une surenchère d’outrances parfois antisémites dont l’ombre ferait hurler si une personne de droite les prononçait… Après, je n’apprendrai à personne qu’il y a plusieurs droites en France, et que, dès qu’on a un cerveau, comme notre hôte, on a des idées singulières, qu’on défend avec courage mais sans fanatisme.

    Si, en plus, on sort de la politique au sens de conquête du pouvoir, mais qu’on débat d’idées parfois transversales, les avis ressortissant encore moins de la meute et étant souvent plus nouveaux, le débat devrait être encore moins idolâtrie et détestation.

    Cependant, les gens sont ce qu’ils sont, on est ce qu’on est ; il y a, par exemple, le besoin de se réconcilier sur le dos de quelqu’un. Je pense que, de ce point de vue, la corrida est parfaite : c’est le taureau, un animal, qui en fait les frais. Et, avant cela, un humain fait preuve de courage dans le cadre de rites qui peuvent toucher à l’art. Que ceux qui m’opposent que c’est trop cruel remballent leur objection dans un monde où la viande des assiettes vient souvent de l’élevage industriel !

    De plus, ce que je préconise est un spectacle remettant l’animal à sa place dans un monde où l’on sacrifie des hommes aux bêtes, inversant ce qui doit être, à savoir où l’on expulse des peuples pour créer des réserves naturelles, des sanctuaires — le mot n’est pas dû à ma plume taquine… Or, il y a des millions de réfugiés de la conservation ; une BD a même été faite dessus, assez bien classée par un site de BD, je veux dire sous plusieurs rubriques, mais pas celle de l’écologie. Il est encore intouchable, ce nouveau monothéisme ; c’est comme autrefois, quand on critiquait les abus des abrahamistes : c’était toujours la faute des gens de pouvoir, de la bêtise des masses, de tout ce qu’on voudra, mais pas la faute de l’idée de base. Tu parles !

    Pour le besoin d’avoir des idoles, il me semble que les chanteurs de variété sont là pour ça… Les toréadors aussi. Sinon ? En somme, il faut beaucoup de petits dieux pour éviter l’émergence de quelque idole bouffie exigeant l’admiration unanime et se retrouver dans un pays non plus démocratique, mais autoritaire, voire totalitaire.

    En somme, on doit se purger de sa violence excessive comme de son admiration excessive… Si l’on est en position d’être adoré, il faut accepter les hommages comme un paratonnerre conscient recevrait la foudre. Bien sûr, il vaut mieux montrer un tant soit peu d’humour pour ne pas se prendre trop au sérieux et permettre à chacun de mettre un peu de distance dans son adoration.

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