Retailleau – Lisnard : quel gâchis !

David Lisnard (DL) a l’intention de rencontrer Bruno Retailleau (BR), président du parti Les Républicains, pour lui annoncer son départ. Je crains que cet entretien ait bien lieu et qu’il aboutisse à cette séparation.

Au regard de l’état du parti, de l’échéance présidentielle qui approche et de l’arbitrage à venir sur les modalités de désignation de son candidat, on ne peut que regretter la volonté exprimée par DL de s’éloigner pour ne compter que sur sa seule Nouvelle Énergie.

Comme si BR n’avait plus besoin de lui pour faire face à un certain nombre d’aléas menaçant sa présidence, et que DL pouvait se permettre de se désengager de manière prématurée.

Récapitulons : Laurent Wauquiez n’a qu’une envie : créer le plus de nuisances possible pour empêcher le président du parti de mener à bien son entreprise de rénovation (qui semble tarder).

Xavier Bertrand et Michel Barnier, dans des registres différents, apparaissent davantage comme des freins que comme des soutiens.

Le premier ne participera plus à la moindre primaire et cherche en permanence à se distinguer par ses leçons de morale à l’encontre du Rassemblement national, comme s’il existait aujourd’hui le moindre risque de rapprochement entre LR et le RN !

Le second, fort d’une expérience dont il abuse, proposerait, si on le laissait faire, à l’instar de Gérard Larcher, un projet mou où le centre viendrait attiédir ce que la droite devrait avoir de ferme. On aurait donc tout sauf une droite de rupture, exigence pourtant partagée par BR et DL.

Les conseils prodigués par Valérie Pécresse suscitent des doutes quant à leur pertinence, au regard de sa campagne présidentielle catastrophique et du résultat obtenu.

Dans ces conditions, comment DL a-t-il pu, même si l’on comprend son souci d’équité dans la joute présidentielle, envisager de quitter ce parti, qui a autant besoin de lui que de son président ?

Car les critiques que DL a formulées à propos de certains votes et stratégies parlementaires de LR relèvent davantage de l’influence de Laurent Wauquiez sur le groupe que de celle de BR lui-même, à qui l’on a, au contraire, pu reprocher un manque de fermeté sur ce plan.

Que DL souhaite une primaire élargie jusqu’à Sarah Knafo, pourquoi pas ? C’est une option qu’il aurait dû défendre au sein du parti. Il aurait sans doute perdu, mais avec, à l’évidence, plus de vigueur et de force d’influence qu’en s’appuyant sur sa seule Nouvelle Énergie.

Imaginons même que les décisions prises lors du bureau politique de LR conduisent, le moment venu, à la désignation de BR par les militants : il me semble que DL aurait été trop soucieux de l’intérêt national et de l’avenir de la France pour ne pas être capable d’accepter cette issue politique, qui n’aurait d’ailleurs pas été contradictoire avec l’importance du rôle qu’il pourrait être amené à jouer.

Pourtant, on n’en est plus là. DL quittera le parti. Il aura ses soutiens, ses fidèles, ses adhérents à Nouvelle Énergie. Il abandonnera BR. Il convaincra ceux qu’il a déjà convaincus. Il aura fait preuve d’une résolution soudaine, tranchant avec la sérénité du temps long qu’on lui prêtait.

J’espère que l’image qu’il se fait de BR sera la bonne : celle d’un homme, d’un président de parti prêt à tout pour être à la hauteur du destin que beaucoup lui assignent. Pour 2027 et pour la droite de demain.

Sinon, ce serait un gâchis.

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