Pourquoi les citoyens passionnés de politique sont-ils, en général, déçus par les débats médiatiques ?
En effet, je n’ai jamais entendu, dans mon environnement, qui que ce soit se féliciter d’une confrontation télévisuelle ou radiophonique après avoir écouté des responsables politiques de tous partis. La plupart du temps, on a droit à cette banalité : c’était nettement mieux avant ; les hommes et les femmes politiques avaient une autre allure, une autre culture et de la courtoisie. C’est sans doute vrai, même si, par contraste, on surestime la qualité d’hier.
Pour ma part, je récuse ce pessimisme global qui voudrait, en permanence, nous faire tomber dans la dérision ou, pire, dans l’opprobre face à n’importe quelle joute médiatique, qu’elle soit bien ou mal maîtrisée par les journalistes qui la dirigent ou l’animent.
Il me semble, au contraire, qu’on apprend toujours quelque chose d’un débat. Prenons l’exemple de celui, sur BFM TV, ayant opposé les trois candidats à la mairie de Paris pour l’élection du 22 mars. Je pourrais aisément généraliser, tant on retrouve souvent des frustrations et une aigreur identiques.
Si le fond est rarement développé, d’autres leçons sont données aux citoyens. Certes, lorsque ceux-ci attendent de la précision, des détails sur les projets, ils sont fréquemment dans une vaine attente, parce qu’il est rare, dans une émission politique, de trouver satisfaction sur ce plan.
D’abord parce que les journalistes ne posent pas forcément les bonnes questions ou que celles-ci sont trop longues – ils n’ont pas tous le même talent que Caroline Roux dans ce registre ! — , ensuite parce que les candidats préfèrent trop souvent se réfugier dans les banalités plutôt que d’affronter l’exposé précis de leur programme.
À la suite de n’importe quelle confrontation – et, en ce sens, tous les débats nous élèvent -, on en apprend beaucoup sur le candidat ou la candidate, et sur les candidats entre eux, par une appréhension à la fois singulière et collective. La psychologie, le caractère, le tempérament, l’écoute, la politesse, la maîtrise de la parole, la capacité à laisser une place au contradicteur, une forme de respect pour ce qu’il y a de démocratique dans l’exercice constituent un formidable vivier où chaque citoyen peut puiser, au-delà de ses propres convictions, de quoi se faire une idée éclairée de celui ou celle qui le représentera s’il est élu.
J’admets qu’on puisse se tromper dans cette vie prise de plein fouet, qui nous donne à voir, médiatiquement, ce qu’elle est : sa surface, ses ombres possibles, ses lumières indiscutables, son identité. Cette vision, d’une richesse inouïe, permet non pas de négliger le fond, mais de le mesurer – s’il a pu, ne serait-ce qu’un peu, être exprimé – à l’aune de l’être qui nous sollicite et cherche à nous convaincre qu’il est, de toute façon, le meilleur.
Pour la mairie de Paris comme pour la future élection présidentielle, on en sait déjà long : en 2027, on ne sera pas à court de jugements ! Il faut avoir la passion d’écouter, de comprendre, avant de stigmatiser par principe.
Le citoyen, lui aussi, doit être à la hauteur…
@ Mary Preudhomme le 27 mars
Macron n’ayant rien du Général ni de Bonaparte, il me semble difficile de croire que les Français accepteraient sans broncher un tel coup d’État, qui les conduirait tout droit vers une dictature d’opérette, le bonhomme n’ayant pas la moindre chance de rallier ne serait-ce que la musique de la Garde républicaine…
Ce qui est possible dans une Ukraine où la corruption politique est endémique, n’est pas imitable dans le pays des Droits de l’Homme. En tout cas, Macron n’est certainement pas taillé pour réussir cette forfaiture.
@ Serge HIREL
En cas de conflit, de force majeure ou d’empêchement d’un candidat, il pourrait néanmoins faire reporter les élections sine die et donc rester au pouvoir.
« Rien dans le droit ne permet d’annuler une élection. Et ce, même si les textes relatifs aux régimes d’exception peuvent sembler flous dans leur rédaction et peuvent permettre au moins un report, mais de façon très encadrée.
« Si toutefois, le président de la République abusait de ses pouvoirs exceptionnels (article 16 notamment) et de la situation, cela se ferait hors du cadre juridique et constituerait une violation de la Constitution, risquant de dériver vers un véritable coup d’État puisqu’il remettrait en cause la périodicité nécessaire des élections.
https://lessurligneurs.eu/emmanuel-macron-pourra-t-il-annuler-les-elections-en-cas-de-guerre/
@ Mary Preudhomme Le 26 mars
« Sauf si ledit départ [de Macron] était différé (…) »
La France n’est pas l’Ukraine… où le Code électoral interdit l’organisation d’une élection présidentielle en temps de guerre (1). Le nôtre — encore moins notre Constitution — ne dit rien de cela. Seul le Conseil constitutionnel peut décider de retarder le scrutin présidentiel, mais celui-ci doit avoir lieu au plus tard 35 jours après la date de cette décision… Donc, au pire, Macron pourrait gesticuler et s’amuser avec ses joujoux un mois de plus que prévu… avant de déguerpir.
Cette idée saugrenue d’une prolongation de son mandat, on la doit à Ségolène, l’inénarrable Impératrice des Manchots, qui ne sait plus quoi dire ni faire pour rester sous les projecteurs…
(1) La Constitution ukrainienne ne prévoit que l’interdiction d’élections législatives en temps de guerre. Zelensky se maintient au pouvoir uniquement en raison d’une disposition du Code électoral de plus en plus controversée par une partie de l’opinion publique qui, avec juste raison, considère qu’elle est contraire aux règles élémentaires d’une démocratie digne de ce nom.
@ Serge HIREL
« Son départ (Macron) fera du bruit… quelques applaudissements de la part de sa maigre troupe d’affidés, mais surtout un tonnerre de huées… amplement méritées. »
Sauf si ledit départ était différé, en raison d’une sale guerre où ce chefaillon matamore « réussirait » finalement à nous impliquer, à force de menaces ridicules et de provocations grotesques… Auquel cas, il pourrait rempiler pour un bon moment et jouer à plein ce rôle de chef des Armées dont il rêve depuis qu’il a fait la nique à ses débuts au CEMA Pierre de Villiers en personne, le traitant comme un vulgaire troufion !
@ Achille le 21 mars
Votre idolâtrie me fait penser aux grognards de Napoléon… La Garde meurt, mais ne se rend pas… À ceci près que les grognards ont défendu la France contre l’Europe et que Napoléon l’a élevée au rang d’Empire, quand Macron, lui, a fait dégringoler son prestige et amoindri sa souveraineté en l’offrant à « Bruxelles ».
Quant aux 6 points engrangés par le Prince, simple « effet drapeau », qui disparaît dès que les Français font leur plein de carburant… ou s’aperçoivent que le chef des armées dédaigne de prendre le temps de participer aux obsèques d’un soldat mort pour la France…
J’oubliais… Prévert ne sera pas démenti… Son départ fera du bruit… quelques applaudissements de la part de sa maigre troupe d’affidés, mais surtout un tonnerre de huées… amplement méritées.
En période électorale, que ce soit les uns ou les autres, ça ne vaut pas cher :
https://youtu.be/8Bw_S9T627o?si=-hvNRPDe4_0-EmIJ
Et puis @sylvain a raison : « moratoire »… Encore des mots. La guerre, ce doit être terrible, mais quand on a dit cela… Un Cinglé à un bout, un autre à l’autre, les deux bouts de la folie. Cette fois sera la dernière et la bonne, a dit Israël… « Parler haut », ça ne marche pas, alors « il faut aller au bout », ont dit ceux qui sont sous les bombes depuis 37 ans… Et ce ne sont pas que des mots.
Europe de misère, qui ne se fera jamais.
@ Ellen le 21 mars
« Au fond, tous ces politiques ne sont que le reflet de ce qu’ils représentent : des rigolos et des menteurs. »
Trois questions :
– Qui les a choisis ?
– Par qui faut-il les remplacer ? Un « petit caporal » à moustaches ? Un Guide suprême ? Un Lider Maximo ? Nous en avons un qui éructe d’impatience et promet la guillotine à ses opposants…
– La démocratie, qui permet l’élection de « rigolos et de menteurs », est-elle, oui ou non, « le pire des régimes à l’exception de tous les autres » (Winston Churchill) ?
…À moins qu’il faille rectifier une faute d’orthographe et lire : « le reflet de ceux qu’ils représentent »…
Oserai-je d’abord faire remarquer à notre hôte que son billet n’est pas consacré aux « débats médiatiques », mais aux débats audiovisuels ?
La presse écrite participe — et depuis beaucoup plus longtemps que « les plateaux » — au débat démocratique, et son apport à celui-ci, d’une tout autre nature que celui qu’offrent l’image et le son, permet au citoyen de forger son opinion à partir de textes dont il s’imprègne à son rythme personnel, bien plus que grâce à des paroles et des postures qui disparaissent aussi vite qu’elles ne sont apparues, aussitôt remplacées par d’autres, toutes aussi éphémères. Ce qui rend les propos des débatteurs beaucoup moins propices à un examen approfondi de leur contenu. L’audiovisuel conduit à des impressions quand la presse écrite construit des certitudes.
Certes, les spécificités techniques de l’audiovisuel n’interdisent pas l’organisation d’entretiens et de débats sur un rythme offrant le temps de la réflexion — « Bilger les soumet à la question » en est un excellent exemple —, mais les mœurs d’aujourd’hui, dans le domaine de l’information, étant plus à la brièveté qu’à la qualité, radios et TV se plient à cette demande, ne serait-ce qu’en raison de la contrainte financière qu’est le taux d’audience. La punchline l’emporte sur l’argumentation… C’est dommage… mais nécessaire pour que l’auditeur ou le téléspectateur ne zappe pas.
En matière d’entretiens et de débats, une autre différence de taille existe entre audiovisuel et presse écrite : non pas le rôle du journaliste, mais la manière dont celui-ci est perçu par le public. Cette fois, pour porter un jugement sur le comportement de l’interviewer, prendre en compte la nature du média est primordial.
Dans un journal, les questions sont précises et concises, et le lecteur ne peut pas reprocher, même aux grandes signatures, de se positionner en vedette faisant de l’ombre à son interlocuteur ou aux débatteurs. Dans l’audiovisuel, certains interviewers savent s’effacer, mais beaucoup d’autres semblent aimer la lumière. Quelques-uns sont même réellement plus préoccupés par leur notoriété auprès des téléspectateurs — et de leurs confrères — que par le souci de laisser leurs invités s’exprimer.
Quand, lors de l’entretien en tête-à-tête qu’il retranscrira ensuite sous forme d’un article ou d’un questions/réponses, le journaliste de presse écrite peut aller jusqu’à instaurer un mode d’interrogation qui tient de la conversation et répéter ses questions jusqu’à ce que son interlocuteur consente à leur apporter des réponses précises — ou lui indique son refus de répondre —, son confrère de l’audiovisuel, qui, lui, questionne en direct — sans filet, pourrait-on dire —, doit s’adapter instantanément à l’attitude de ses invités, plus ou moins bien décidés à utiliser les questions posées pour d’abord imposer leurs messages. Les « meilleurs » parviennent même à repartir sans avoir répondu à aucune d’elles… Rares, parmi les interviewers des médias audiovisuels, sont ceux qui, sans paraître discourtois, voire agressifs, savent les remettre dans le droit chemin. Beaucoup se contentent de dérouler leurs questions au fil de l’eau, au risque de sembler leur servir la soupe…
Et ce, d’autant plus que la mode, chez ces journalistes de l’audiovisuel, est plus à faire montre d’esprit partisan qu’à observer une stricte neutralité vis-à-vis des propos de l’invité… Y compris sur les chaînes et les stations du service public, même si leurs cahiers des charges imposent celle-ci.
Tout ceci pour dire aux commentateurs qui, sur JaS, vouent aux gémonies « les » journalistes qu’ils devraient être un peu plus bienveillants vis-à-vis de ceux qu’ils écoutent ou regardent, et mieux connaître les difficultés de leur métier avant de tartiner sur leurs défauts, quand ce n’est pas sur leur veulerie… Certes, Pascal Praud, pour ne citer que lui, n’est pas parfait, ne travaille pas assez ses dossiers — comme, hélas, beaucoup de ses confrères — et coupe trop souvent la parole à ses invités. Mais lequel d’entre vous peut affirmer que, dans les mêmes conditions, soumis aux mêmes contraintes, il ferait mieux que lui ?
Revenons au billet de Philippe. Plus précisément sur la pertinence de sa conviction que, notamment lors d’une campagne électorale, les débats audiovisuels sont la meilleure occasion, non pas de mieux connaître les propositions des candidats, mais d’apprécier leur personnalité, leurs qualités humaines, leur façon d’être. Ce qui est loin d’être sans importance lorsque, par exemple, les Français ont à choisir leur président de la République… L’actualité nous démontre que négliger cet examen conduit à des désillusions…
En 1985, chacun a découvert l’orgueil et la suffisance de Laurent Fabius à l’occasion d’un débat qui, avant les élections législatives, l’opposait à Jacques Chirac. Agacé par ses interruptions, celui-ci l’a traité de « roquet »… « Vous parlez au Premier ministre de la France », lui a répondu le jeune PM en se rengorgeant.
On se souvient aussi de la fausse colère de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, agité et un rien méprisant, et de la fébrilité de Marine Le Pen, opposée à Emmanuel Macron, sûr de son intelligence supérieure et déjà donneur de leçons…
Comment ne pas citer aussi, en ce domaine, un débat tout récent, celui qui, mercredi dernier, opposait les trois finalistes en lice pour devenir maire de Paris ? En moins de deux heures, Emmanuel Grégoire, par son attitude parfois agressive, parfois mièvre et sans ressort, a démontré qu’il n’était pas à la hauteur du poste qu’il vise, quand ses deux opposantes, elles, des « battantes » l’une et l’autre, ont brillamment tiré leur épingle du jeu…
Enfin, en conclusion, notre hôte met les pieds dans le plat en écrivant : « Le citoyen, lui aussi, doit être à la hauteur… » Ne serait-ce pas là, en effet, la principale cause de la faiblesse de notre démocratie : le manque de lucidité politique de beaucoup d’électeurs qui glissent un bulletin dans l’urne comme on joue au Loto, sans rien connaître du candidat qu’ils choisissent, ou parce qu’il impose sa parole et promet de décrocher la lune ?
Ces électeurs-là sont le revers du suffrage universel direct… mais celui-ci étant la meilleure preuve de la souveraineté du peuple, il ne saurait être question de proposer un autre système électoral qui réserverait le vote à ceux qui se rendent aux urnes en sachant tout des candidats, de leurs programmes et de leurs personnalités.
Iran – USA – Israël : il n’y a plus de débat.
La guerre au Proche-Orient se termine par la victoire des Iraniens, au grand dam du monde entier, leurré, trompé, qui a cru que l’Iran n’était qu’une contrée désertique de pouilleux, facile à battre en « quatre jours ».
L’Iran mène ses adversaires par le bout du nez ; Trump a pris une claque mémorable et subi une humiliation sans précédent, une fessée sur les genoux des mollahs ; Israël, lui aussi, commence à goûter aux joies des bombardements iraniens et du Hezbollah réunis : la messe est dite.
L’Iran est serein, décomplexé ; il n’a aucun planning ni aucun budget à respecter ; l’argent coule à flots ; leur vrai chef, c’est Allah ; l’islam sortira grand vainqueur contre le satan américain ; en outre, ils massacrent leur peuple pris en otage et s’en servent de boucliers humains ; un mollah tué, aussitôt remplacé : une source inépuisable de guerriers, de tueurs, de criminels, de bourreaux, de maîtres chanteurs, surarmés, fanatiques, prêts à mourir pour leur cause et à faire mourir un maximum de leurs citoyens sous la torture.
Les USA et Israël, euphoriques, fanfarons, les débatteurs sachant tout sur toutes les chaînes d’info, goguenards au début, tirent tous des têtes d’enterrement ; ces malheureux Occidentaux sont coincés par les problèmes de planning, de budgets qui plombent leurs armées et leurs économies ; de plus, ils ont contre eux les droits de l’homme, l’opinion publique versatile, les élections, les médias prêts à déstabiliser le pouvoir, et le pire, cette notion « débile » et ubuesque de « crimes de guerre », qui fait tordre de rire les mollahs.
Tout le monde sait qu’une guerre, c’est comme une partie de pétanque : il y a des règles ; une boule qui atterrit sur un orteil, c’est un crime de guerre… ben voyons !
Ces mollahs nous ont renvoyés à nos chères études d’experts en tout et ne sachant rien ; David a terrassé Goliath : une belle leçon de modestie pour ces guignols d’Occidentaux.
Des mots, des mots, des pauvres mots dans la bouche de ceux qui n’ont qu’eux pour envisager leur réel et réaliser que ce sont eux qui sont à même, plutôt que de mentir — pauvre prince vengeur et meurtrier — de dire la vérité.
« Renard-Christ en collants de tartan, se cachant, fugitif, dans les fourches des arbres morts, contre les clameurs de haro. »
J. Joyce, Ulysse.
On dirait bien que les petits et petites camarades trouvent plus facile de s’amuser du bas que de se tourner vers le haut.
Pour cela, il faut faire travailler la glande pinéale (avant de se poiler, on fouille un peu).
Et figurez-vous que ce qui la fait le mieux travailler, ce n’est pas le yoga, mais la prière.
Après, il faut savoir quoi prier.
Pour rejoindre le sujet du jour, qui de Netanyahou, de Trump ou d’un ayatollah la fait le mieux travailler ? Ah, qu’en voilà une chouette de question bien em*erdante.
Parce que, concernant les deux premiers, il faudrait tellement de temps rien que pour la dérouiller que les autres n’ont pas fort à faire pour faire mieux.
C’est dimanche, non ?
« Des débats, mais vers le haut ? » (PB)
Le problème n’est-il pas que nous manquons aussi d’alpinistes chevronnés aptes à gravir les sommets ?
@ Alberto le 22 mars 2026
Dans le même style, sans être du Shakespeare, un mot d’enfant.
C’était il y a déjà longtemps, mais c’est resté dans la famille : mon petit-fils de neuf ans, tenu de lire un livre un dimanche pour répondre ensuite à des questions à l’école — au Texas, pas de confusion —, qui déclare :
« C’est mon pire dimanche, maintenant j’ai plein de lettres dans les yeux ! »
Formule qu’il m’arrive de reprendre à la lecture de certains commentaires. 😉
« D’abord parce que les journalistes ne posent pas forcément les bonnes questions ou que celles-ci sont trop longues – ils n’ont pas tous le même talent que Caroline Roux dans ce registre ! — , ensuite parce que les candidats préfèrent trop souvent se réfugier dans les banalités plutôt que d’affronter l’exposé précis de leur programme. » (PB)
Sur les « bonnes questions », bon, certains en posent, pas forcément celles que chacun voudrait entendre : on y passerait la nuit. Nous sommes tous des journalistes, comme nous sommes tous des sélectionneurs.
« Trop longues »… Oui, souvent.
Caroline Roux crispe, on la sent elle-même crispée sur son siège, je l’ai déjà dit ; elle a tendance à tendre la main pour interrompre. Elle me file le stress ; on la sent coincée, pas bien posée sur son siège. Je ne l’aime pas aussi pour cela ; elle n’inspire pas corporellement la chaleur qui va avec la facilité : le sourire crispé sur son visage est loin de dégager ce qui peut faciliter les échanges.
Un des rares à pousser les questions le plus loin auprès de ses interlocuteurs est le Majordome Darius ; d’ailleurs, il s’est imposé, il faut bien le dire. Il a parfois des requêtes saugrenues, comme de demander de commenter des images à ses interlocuteurs, où même un spécialiste n’y voit que du brouillard ou des banalités. Bon, tenir l’info en continu est une gageure ; il faut occuper le terrain et l’espace.
Les journalistes qui interrogent Rachida Dati, en général, passent sous le tapis ses frasques judiciaires, et dire qu’elle postule à la mairie de Paris… Elle ne mérite pas les votes, pas plus que Marine Le Pen, et j’espère qu’elle passera à la trappe au profit de Jordy le Creux.
La pire de toutes, à mes yeux, pour commenter, est Anne Nivat ; c’est un festival en saccades d’interruptions, de coupes : elle termine les phrases ou les mots de ses interlocuteurs. En fait, elle me cassait les pieds ; je la fuis. À contretemps parfois, sur des réponses éclairantes, elle va intervenir et gâche ainsi la portée juste de ce qui se disait. Elle est une intempestive des débats ; ce n’est pas fait pour elle — c’est du moins mon avis.
D’ailleurs, les mêmes, sur ses plateaux, quand ils se retrouvent avec un autre meneur, ont la décontraction confiante qui valorise les débats. Elle est pire que Caroline Roux ; cette dernière aussi, quand elle n’est pas là, la chaleur s’installe à l’écran, ce qui réchauffe l’ambiance, fluidifie l’échange et révèle ainsi des pépites : les interlocuteurs se sentent écoutés — sinon, à quoi bon.
Les utopistes de l’UE, surtout la France, le pire clown de cette équipe de débiles profonds avides de débats dans le vide, se distinguent encore par leur humour « que le monde entier nous envie ».
Pour arrêter la guerre, après maints débats cocasses, les voilà qui décident, sans rire — tenez-vous bien — de faire un moratoire.
Un moratoire !!! LOOOL !
Le gag du jour : les mollahs iraniens en sont tordus de rire ; aux dernières nouvelles, on aurait du mal à les déplier.
Au fait, sur ce blog sévissait un client fanatique des moratoires, F68.10 : où est-il ? Peut-être à Ankara, avec son attaché-case bondé de moratoires, allez savoir.
Voilà, ce sketch a fait ma journée, en souhaitant une victoire du RN, bien entendu — sans moratoire, ben voyons !
Polonius, entrant dans une pièce où Hamlet lit un ouvrage, lui demande :
« Que lisez-vous là, Monseigneur ? »
Hamlet répond :
« Des mots, des mots, des mots. »
Ainsi en est-il des débats.
Vidéo : Davynimal et son humour. En attendant, ça nous distrait. Le plus drôle, c’est François Hollande et son anglais.
Au fond, tous ces politiques ne sont que le reflet de ce qu’ils représentent : des rigolos et des menteurs.
Il ne faut pas s’étonner que les Français fuient les urnes et que d’autres votent à l’envers.
« Des débats vers le haut »… Serait-ce un oxymore ?
Habituellement, les journalistes posent des questions qui intéressent leur corporation, pas celles que les auditeurs attendent.
Être, par exemple, interrogé par Apolline de Malherbe (ce n’est pas vraiment « Enfin Malherbe vint… ») relève d’un masochisme condamnable, sans parler de Marc Fauvelle ou de Benjamin Duhamel, qui s’écoutent poser leurs questions.
In fine, c’est : « Ai-je fait le buzz avec mon piège sur le prix du pass Navigo ? », repris de concert par les confrères !
Si les intervieweurs savaient ce qu’un vain peuple pense d’eux, ils démissionneraient, saisis par la honte…
@ Ellen le 20 mars (@ Patrice Charoulet)
Attention au degré d’humour ! Il arrive que certains membres – ou anciens membres – de l’Éducation nationale chargés de l’enseignement du second degré ne soient réceptifs qu’à l’humour au premier degré…
Ceci dit, excellente trouvaille… même si je reste persuadé que tourner en dérision nos responsables politiques participe à la dégradation de notre démocratie.
@ Achille le 20 mars
« Les sondages faisant suite à ce débat passionné (…) »
Non. Ces trois sondages ont été effectués du 17 au 19 mars. Le débat a eu lieu le 18 au soir (750 000 téléspectateurs). Voici la méthodologie de chacun d’eux :
– Sondage Elabe, réalisé par téléphone du 17 au 19 mars 2026, sur un échantillon de 1088 personnes, représentatif des résidents de Paris âgés de 18 ans et plus, dont 1000 inscrits sur les listes électorales à Paris. Marge d’erreur de plus ou moins 3,6 points.
– Sondage Ifop, réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 19 mars 2026, sur un échantillon de 1235 personnes, représentatif de la population parisienne âgée de 18 ans et plus, dont 1129 personnes inscrites sur les listes électorales. Marge d’erreur de plus ou moins 2,9 points.
– Sondage Cluster 17, réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 19 mars 2026, sur un échantillon de 1616 personnes, représentatif de la population parisienne âgée de 18 ans et plus, dont 1437 personnes inscrites sur les listes électorales. Marge d’erreur de plus ou moins 2,6 points.
Vous noterez que les marges d’erreur font que seul le sondage de Cluster 17 indique une victoire « certaine » d’Emmanuel Grégoire (avec, au minimum, 1,8 point d’avance).
Par ailleurs, les sondages électoraux ne sont pas « pénibles ». Ils sont des photographies de l’état de l’opinion publique à différents instants de la campagne et indiquent son évolution. Ce qui permet aux candidats d’« écouter le peuple » et d’affiner leur stratégie. Ils participent donc à la qualité du débat démocratique.
Il est vrai qu’en Macronie, depuis bien longtemps maintenant, on les trouve ou « pénibles » ou « inutiles », voire « truqués » ou « manipulés ». Rassurez-moi, on me dit que ce rejet est dû au constat qu’ils font tous du désamour profond des Français pour le Prince. Ce n’est pas pour une raison aussi mesquine que celle-là… n’est-ce pas ?
@ Serge HIREL le 21 mars 2026
« Rassurez-moi, on me dit que ce rejet est dû au constat qu’ils font tous du désamour profond des Français pour le Prince. Ce n’est pas pour une raison aussi mesquine que celle-là… n’est-ce pas ? »
Je vous ferai juste remarquer que, depuis son discours de Davos, la cote de confiance d’Emmanuel Macron est montée de 6 points. C’est plutôt pas mal, me semble-t-il, surtout si l’on considère les événements qu’il a dû affronter au cours de ses deux mandats :
– révolte des Gilets jaunes, récupérée par des black blocs venus de l’étranger pour la plupart ;
– pandémie de Covid-19 en provenance de Chine ;
– guerre russo-ukrainienne ;
– conflit israélo-palestinien ;
– guerre en Iran ;
– sans oublier la pénétration de l’islamisme radical — via les universités notamment — dans les pays occidentaux. La France n’est pas la seule concernée par ce fléau.
Trois conflits dans lesquels Donald Trump impose ses décisions et méprise les pays de la communauté européenne, l’OTAN, l’ONU et le droit international.
J’attends de voir comment va s’y prendre le successeur d’Emmanuel Macron en 2027.
Franchement, j’imagine mal Jordan Bardella négocier avec Donald Trump, Vladimir Poutine ou Xi Jinping un accord permettant de rétablir la paix au Moyen-Orient et de retrouver des échanges commerciaux apaisés.
Comme le disait Jacques Prévert : « On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en partant. »
« Tu mens ! — Ce mot plus tard fut l’âme de Judas. » On n’a pas encore osé interdire « Et nox facta est », mais Victor Hugo serait aujourd’hui emprisonné pour un tel propos, aussi d’actualité soit-il en ce moment.
Ce que nous connaissons des civilisations anciennes nous permet de dire que le souci du salut de l’âme, comme préoccupation première de l’organisation collective, remonte au début de l’humanité. Il y a seulement mille ans — l’année dernière au regard de son histoire —, après chamans et druides, le pouvoir spirituel de l’Église y veillait encore avec force.
Aujourd’hui, le débat se trouve être entre l’Orient, et l’Occident devenu la civilisation du mensonge.
On n’a jamais été aussi certains de la survie de l’âme à celle du corps, et ce sujet est même interdit de fait. Seuls les drogués en ont une idée, mais cette idée même est aussi interdite.
Tous ceux qui disent la vérité au plan politique, réduit même au ras des pâquerettes, sont interdits — Jacques Baud, Rony Brauman, etc., etc. —, et la vérité, même réduite à celle de l’histoire, est interdite.
Alors, comment débattre de la politique à mener dans un but qui n’est même pas déterminé, lorsque le mensonge, ou la lâcheté à ne pas le dénoncer, en est la loi ?
@ Achille
« Je trouve assez pénibles ces sondages qui donnent les tendances avant les résultats du second tour, d’autant qu’ils peuvent influencer les votes de dimanche prochain. »
Les sondages font pire qu’influencer entre les deux tours, ils mettent artificiellement en lumière, avant une élection, une figure qui a déjà le vent en poupe. Ainsi de Jacques Delors en 1995, à qui aucun Français ne pensait, excepté dans le landerneau parisien. Ainsi de François Hollande, à qui personne ne pensait pour suppléer DSK, à qui personne ne pensait non plus pour diriger la France au nom du FMI ou de la troïka qui a essoré la Grèce, mais qui avait de l’entregent médiatique et qui est devenu notre premier président de la Ve République à n’être pas à la hauteur d’une fonction trop grande pour lui, et auprès de qui l’immobilisme d’un Chirac pouvait passer pour de la politique audacieuse. (Souvenons-nous que FH se définissait comme « un président audacieux », on croit rêver.)
Les sondages peuvent encore déterminer qui va diriger un parti politique, comme il est arrivé au RN, dont la base aurait sans doute préféré Bruno Gollnisch à Marine Le Pen, mais celle-ci était plus télégénique et plus efficace pour constituer un épouvantail dynastique.
Si l’ARCOM était vraiment équitable, elle distribuerait le temps de parole, non du parti qui fait le plus de voix au parti le moins connu, mais de manière à faire connaître les candidats les plus riches en idées.
Sont-ce vraiment les débats qui ont baissé en qualité ? N’est-ce pas plutôt l’interview qui, depuis des années (et J.-P. Elkabbach emportait le pompon dans cette conception de l’interview), est conçue comme si les journalistes se faisaient un malin plaisir de ne jamais laisser aller un homme ou une femme politique au bout de son propos et de l’interrompre au beau milieu d’un raisonnement, manière de faire coïncider l’interview, non avec l’exigence démocratique qui veut qu’on saisisse la cohérence d’un raisonnement politique, mais avec le temps médiatique gouverné par l’émotion et toujours avide, comme l’arbitraire culturel, d’isoler la petite phrase dans ce présent sélectionné qu’est l’actualité essentiellement fait-diversière, et où le fait divers fait diversion sur les projets, sur la stratégie ou sur les leçons qu’on voudrait tirer de l’histoire, qui seraient bien précieuses en ces temps d’escalade guerrière sans limite, où l’on dirait que tous les dirigeants du monde débloquent en même temps.
Si je devais enfin tirer deux leçons de ces municipales, « la partitocratie » (comme dirait Ph. de Villiers) a repris du poil de la bête, de LR à LFI, en occultant le RN, qui n’a pas pris de risque en présentant peu de candidats, mais des candidats éprouvés, et du Parti socialiste qui, sous l’impulsion d’Olivier Faure, qui le fait tanguer entre social-démocratie et gauche radicale, s’est mis à la remorque de LFI pour ne pas se sentir tributaire du macronisme.
Dans ma ville, les candidats indépendants ou issus du monde associatif n’ont pas été mis en valeur, n’ont pas même été invités par notre télévision régionale. Nous sommes le plus souvent contraints à un vote par défaut, de quoi démentir l’adage selon lequel le maire serait la personnalité préférée des Français, car il est proche de leurs préoccupations. Certes, on le voit sur le terrain faire de la retape ou battre le pavé, mais portez-lui la contradiction et il tourne les talons. Ça m’est arrivé avec la maire de notre ville, qui me faisait les yeux doux et à qui j’ai dit que je ne voterai pas pour elle à cause de son plan de circulation qui avait désorganisé la ville, après quoi je n’existais plus et elle m’ignora superbement.
@ Julien WEINZAEPFLEN le 21 mars 2026
« Souvenons-nous que FH se définissait comme « un président audacieux », on croit rêver. »
Je me souviens surtout que François Hollande s’était défini comme un « président normal » (cf. son anaphore lors du débat de l’entre-deux-tours de 2012 face à Nicolas Sarkozy).
Peut-on être audacieux tout en étant « normal » ? J’en doute fortement…
Un seul clic… et vous voici à nouveau démenti…
https://www.huffingtonpost.fr/actualites/article/video-francois-hollande-l-audacieux_58621.html
Et là, la libération de la femme cachée derriere un rideau, c’est tout un programme. Bon, derrière, l’imam lève les yeux au ciel et rigole.
Oui oui c’est bien en France : https://x.com/i/status/2035029415676014601
Ce pays est foutu.
Contrairement à ce que pense Achille, les meilleurs débats sont ceux où le journaliste est absent, sinon physiquement, au moins mentalement.
L’ego journalistique est le pire de tous, y compris celui des politiques.
« Elkabbach, taisez-vous ! » : la saine réaction de Georges Marchais, que voilà.
Un débat, un vrai débat, doit être fait sous le signe du tiers exclu : le tiers est toujours importun, et parfois dérangeant.
Ceci dit, un débat n’a d’intérêt que si les deux débatteurs sont du même niveau intellectuel, mais aussi ont des qualités d’extraversion semblables.
Imaginez un débat entre Patrick Modiano et Michel Onfray, deux piliers de la littérature française.
L’un mutique et quasi autiste, et l’autre bavard sans retenue, même pas la gorge sèche après une heure de bavardage médiatique.
Franchement, qui pourrait penser qu’un tel débat, devenu monologue, serait intéressant ?
Le débat Grégoire-Dati l’était aussi peu, mais imaginez un débat Dati-Knafo : voilà qui aurait de l’allure, sur le fond et sur la forme.
Deux femmes agréables à regarder — je suis un peu macho, et tant qu’à faire, si le visuel s’accorde avec le sonore, ça me va mieux. Or donc, imaginez ce débat ! Passionnant à tous points de vue.
Et puis, est-ce qu’un débat permet vraiment de mettre en valeur les qualités profondes d’un homme d’État ou, à tout le moins, celles d’un simple politique ?
Un tel débat médiatique montre les qualités de réactivité et de répartie des intervenants, mais, sur les problèmes de fond, ceux qui demandent des qualités d’approfondissement, de maturation, d’évaluation de l’action dans le temps, cela n’apparaît pas.
Alors, il faut considérer le débat pour ce qu’il est : un spectacle de cirque, de gladiateurs à l’oralité débridée, pas plus.
@ Tipaza le 21 mars 2026
« Elkabbach, taisez-vous ! » : la saine réaction de Georges Marchais, que voilà. »
À noter toutefois que Georges Marchais n’a jamais tenu de tels propos, même si sa réponse pouvait signifier la même chose. Elkabbach en a d’ailleurs fait le titre d’un livre qui s’est très bien vendu.
Cela dit, je reconnais que certains journalistes accordent plus d’importance aux questions qu’ils posent qu’aux réponses de leur invité.
Inutile de donner les noms, je pense que vous les connaissez…
@ Patrice Charoulet
Ça vole haut. Passez une bonne soirée.
https://www.youtube.com/shorts/2DcejwQUXYQ
« D’abord parce que les journalistes ne posent pas forcément les bonnes questions ou que celles-ci sont trop longues – ils n’ont pas tous le même talent que Caroline Roux dans ce registre ! — , ensuite parce que les candidats préfèrent trop souvent se réfugier dans les banalités plutôt que d’affronter l’exposé précis de leur programme. » (PB)
La qualité d’un débat dépend beaucoup des questions posées par le ou les journalistes chargés d’animer le débat, ainsi que de leur insistance à obtenir une réponse claire à la question posée.
Les personnalités politiques, de gauche comme de droite, ont toujours tendance à esquiver une question qui les embarrasse, n’hésitant pas à orienter le débat vers un autre sujet concernant généralement leur adversaire.
Il est plus facile, en effet, de critiquer le camp d’en face que de justifier une position controversée de son propre parti.
Nous avons pu le constater dans les débats de la campagne des municipales et notamment dans le fameux débat opposant Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et Sophia Chikirou.
Les sondages faisant suite à ce débat passionné semblent indiquer Emmanuel Grégoire devant Rachida Dati, Sophia Chikirou étant loin derrière.
Je trouve assez pénibles ces sondages qui donnent les tendances avant les résultats du second tour, d’autant qu’ils peuvent influencer les votes de dimanche prochain.
Heureusement, les sondages nous ont largement montré qu’ils pouvaient se tromper…
Quelqu’un a dit : « Ce n’était pas un mâle dominant, mais un mâle dominé ».