Sur les réseaux sociaux, l’extrême gauche est d’une grossièreté insigne. Sur X, elle insulte jusqu’au scatologique, méprise, traîne dans la boue, sans qu’à aucun moment, même lorsqu’elle est traitée correctement, elle ne prenne la peine de répliquer autrement que par des abjections.
J’en pâtis comme tant d’autres. Devoir bloquer ces ignominies est une piètre consolation quand on songe à ce qu’a été, à une certaine époque, la richesse intellectuelle offerte par des penseurs et des écrivains révolutionnaires d’extrême gauche. On n’avait pas besoin d’aspirer à une société à feu et à sang pour être passionné par des réflexions de haute volée, des analyses critiques qui enrichissaient aussi bien les déjà convaincus que les curieux comme moi.
Il y a des livres et des auteurs qui m’ont passionné, durant ma jeunesse et au-delà, et dont la tonalité largement « gauchiste » se traduisait surtout par des mises en cause du pouvoir et de ses mécanismes, ainsi que par des discussions sur la possibilité de transformer radicalement, ou non, une société.
Il y avait dans ces ouvrages la complexité d’esprits qui, pour être clairement d’extrême gauche, selon des modes très divers et des influences étrangères variées, livraient pourtant des fulgurances, des utopies et des espérances éblouissantes d’intelligence et de profondeur.
On était conduit à se dire, quand la politique, sous toutes ses formes, avait votre dilection, qu’il y avait là un vivier capital, essentiel, et qu’il était vain de prétendre l’ignorer si l’on désirait ne pas être en retard d’avancées significatives.

Il ne semble pas que la relève ait été assurée avec le même talent et une densité identique par des essayistes et philosophes de droite, conservateurs, mais ce qui est sûr, c’est que l’extrême gauche se trouve fort démunie depuis qu’ont disparu, par exemple, Laurent Dispot, Guy Lardreau, Gilles Martinet, Alain Krivine ou Jean-Paul Sartre.
Cette pauvreté n’aurait pas dû engendrer, pour autant, une impossibilité de dialogue politique, social et culturel avec l’extrême gauche. On n’a pas toujours besoin de théoriciens de grande envergure pour cela !
Cette dérive s’est produite pour plusieurs raisons, dont au moins trois sont sérieuses.
D’abord, la baisse très nette du niveau de ceux qui sont appelés à « penser » l’extrême gauche et à penser pour elle.
Ensuite, la substitution, très confortable et paresseuse, de l’esprit, de ses finesses et de ses contradictions, par la violence. Celle des mots, d’abord, puis celle des gestes et des agressions contre les corps des ennemis, dans une véritable exaltation de la force brute.
Enfin, persuadée à tort d’avoir une chance de conquérir le pouvoir avec Jean-Luc Mélenchon, elle s’est abandonnée à la seule domination de ce dernier en se privant dorénavant de toute réflexion sur l’essence du pouvoir, ses limites, ses impasses, ses dangers et sur la possibilité d’une révolution en régime démocratique.
On ne peut plus dialoguer avec l’extrême gauche. Ordurière trop souvent sur les réseaux sociaux, elle n’est plus obsédée par la prise du Palais d’Hiver, mais par celle de l’Élysée. Quant à la VIe République qu’elle appelle de ses vœux, elle n’aurait de nouveau que le visage impérieux de Jean-Luc Mélenchon à sa tête.
« Il y avait dans ces ouvrages la complexité d’esprits qui, pour être clairement d’extrême gauche, selon des modes très divers et des influences étrangères variées, livraient pourtant des fulgurances, des utopies et des espérances éblouissantes d’intelligence et de profondeur. » (PB)
Eh bien c’est justement ce que je récuse. Que l’extrême gauche soit plus ignorante, plus bête et plus vulgaire aujourd’hui, c’est une évidence. De là à regretter le bon vieux temps des gauchistes propres sur eux, il y a une ligne qu’il ne faut pas franchir.
Ces fameux grands noms auxquels tout le monde pense étaient tout aussi sectaires et nocifs que leurs homologues d’aujourd’hui. Simplement, ils savaient mieux vous embobiner. Mais lorsqu’on les mettait au pied du mur, ils montraient les dents tout comme les autres. Ils vous faisaient comprendre très nettement qu’ils étaient prêts à discuter de n’importe quoi avec n’importe qui, à condition qu’on soit d’accord avec eux sur l’essentiel. Dès qu’ils reniflaient le dissident, ils coupaient court.
Certes pas en vous traitant de « FDP » ou autres gracieusetés inspirées de l’immense culture africaine à laquelle nous devons tant, mais l’effet était le même. C’était le wokisme et l’annulation des ennemis du peuple avant la lettre.
Au total, nous avons eu une caste entière de gens payés d’une manière ou d’une autre par l’argent public, qui ont passé leur vie à bâtir d’inutiles échafaudages intellectuels uniquement destinés à les distraire, eux et leurs amis, à les faire passer pour de grandes âmes, et à enraciner dans la mentalité collective des idées détestables.
Donc non, être capable de citer Platon par coeur n’excuse rien.
Les méthodes de Mélenchon pour conquérir le pouvoir sont identiques à celles des bolcheviks qui ont réussi, à 50 000, à prendre le pouvoir dans un pays qui comptait (en 1914) 178 378 800 habitants, dont les institutions étaient protégées par un corps de 50 000 gendarmes et qui s’était « aventuré » dans une guerre hasardeuse.
L’idéologie du parti bolchevique, que les communistes n’ont guère reniée, comprenait la libération des « exploités », prolétaires d’Europe ou colonisés d’Asie ou d’Afrique, mais il était entendu que lesdits colonisés devaient créer des régimes « socialistes » DANS LEURS PROPRES PAYS RESPECTIFS !!
D’où les limites d’une comparaison historique pourtant assez tentante…
« Il ne semble pas que la relève ait été assurée avec le même talent et une densité identique par des essayistes et philosophes de droite, conservateurs, mais ce qui est sûr, c’est que l’extrême gauche se trouve fort démunie depuis qu’ont disparu, par exemple, Laurent Dispot, Guy Lardreau, Gilles Martinet, Alain Krivine ou Jean-Paul Sartre. » (PB)
Je crains, Monsieur Bilger, que vous ne cédiez à une vision romantique de cette gauche extrême qu’il convient de ne pas regrouper de manière indifférenciée.
L’on doit en effet distinguer les intellectuels marxistes formés par le parti communiste, qui était alors un parti attaché à la nation (l’internationalisme revendiqué supposait en effet l’existence des nations) des groupements comme les trotskistes et autres maoïstes qui sont notamment à la base des événements de mai 1968 et dont l’unique objet, notamment par un entrisme forcené dans toutes les sphères de décision et particulièrement dans la haute administration, est la destruction de l’État. C’est bien en cela que monsieur Mélenchon en est un représentant particulièrement dangereux pour notre nation.
Vous citez Jean-Paul Sartre en faisant référence à sa période d’intellectuel écrivain-philosophe, marxiste et communiste. C’est bien parce qu’un écrivain comme Albert Camus, initialement encarté au PC, a décidé de s’en écarter que Sartre a tout fait pour le disqualifier. Et il ne faut pas oublier sa déchéance finale quand en 1968 il a sombré dans le maoïsme…
Il convient aussi de ne pas oublier les intellectuels comme Foucault, Deleuze ou Derrida qui sont au fondement de la destruction de notre société par le wokisme dont ils sont les instigateurs aux États-Unis et que nous avons importé par le progressisme dont notre président de la République me semble être un fervent adepte.
Pour ce qui concerne des personnalités actuelles issues du marxisme et dont les écrits méritent d’être lus, je pense en particulier à Descartes qui tient un blog de grande qualité (une simple recherche permet de le trouver) et que je consulte systématiquement. Bien que marxiste revendiqué, il produit des billets de haute tenue qui manifestent un sens profond du service de l’État, au sens noble de l’expression, qui me semble correspondre à votre propre conception de ce service.
Stalinisme édulcoré pour un Mélenchon assoiffé de pouvoir, qui emprunte les chemins habituels des groupes en rupture avec l’État de droit sur tous ses points faibles, et avec la République sur tous ses manquements, tout en gardant bien sûr — ils sont malins — un équilibre compliqué à tenir.
Le centralisme organisationnel est la force de Mélenchon, car ils lui doivent tout, tout de leur existence politique. Bien sûr, il faut des convaincus, quelques dissidents, mais à la marge.
Une Église qui excommunie quiconque n’est pas d’accord avec le chef suprême, qui coupe les têtes et tout ce qui dépasse.
LFI est très structurée autour de Mélenchon. Certains y voient un « centralisme démocratique » version moderne.
Mais cela reste dans les normes des partis politiques, avec une partie immergée qui cache bien les véritables intentions. Mélenchon est un type dangereux, non pas parce qu’il connaît trop bien le monde politique, mais surtout parce que le pouvoir emballera la machine.
Une rhétorique de confrontation : Mélenchon — je pense aussi à Rima Hassan et Mathilde Panot, etc. — utilise, comme eux tous, un style tribunicien, conflictuel, dramatique, anti-élite.
Certains y voient un héritage marxiste-léniniste.
Mais ce style existe dans toute la gauche radicale, pas seulement chez les communistes.
Et puis, pour l’essentiel, une stratégie de rupture. LFI assume vouloir rompre avec les traités européens, renverser l’ordre économique dominant, instaurer une planification écologique.
Cela rappelle des stratégies révolutionnaires, mais sans violence… Hmmmh… Sans doute plus autoritaires et plus dures s’ils arrivent au pouvoir. Ils casseront une mécanique bien fragile et cela débouchera toujours vers « la Terreur », dont le plus doux d’entre eux fut un adepte qui y succomba : « l’Ange de la Terreur ».
Un programme économique désastreux, bien que ceux qui sont au pouvoir aient du mal à le contester ; mais cela ne comptera pas, ils ne seront pas là pour cela. Il faut écouter Bally Bagayoko : c’est dans le texte, comme chez le Cinglé, où tout était annoncé, dit ou écrit.
Les murs sont lézardés ; qui pourra faire des reprises en sous-œuvre ? Et encore faudra-t-il stabiliser les talus par des parois cloutées. Quand on a trop dépensé et une dette abyssale, les pauvres sont encore plus pauvres. Méluche et Jordy, leurs sauveurs… La misère est incrustée ; dix millions de pauvres en sont la vitrine et rien ne permet une remise à niveau.
Nous sommes devenus un pays émergent. Ceux qui ont connu l’Espagne de la peseta comprendront.
« On ne peut plus dialoguer avec l’extrême gauche » (PB)
Je ne savais pas que cela avait été un jour possible…
Pourquoi dialoguer ? Le dialogue est l’arme des lâches, des vaincus, des soumis.
Or l’extrême gauche a pris tous les pouvoirs dans le pays par la menace, le chantage et la violence : pouvoir économique, pouvoir culturel, pouvoir social et sociétal, pouvoir de décision sur tous les sujets politiques, qui ne vont que dans son sens. Toute contradiction sera interdite et cataloguée comme raciste, fasciste, xénophobe ou islamophobe, puis poursuivie pénalement.
Le vrai pouvoir est exercé par l’aile la plus radicale de l’extrême gauche sur les bancs de l’Assemblée nationale. Les élus LFI, groupe de fascistes islamo-gauchistes et narcos, s’en donnent à cœur joie, se sachant protégés et impunis par le macronisme, qui a besoin d’eux pour continuer à détruire la France blanche, de souche catholique.
Il suffit d’assister au spectacle délirant qu’offre LFI pendant une séance à l’Assemblée nationale : hurlements, insultes, menaces, anarchie, désordre, sous l’œil bienveillant — un tout petit peu courroucé tout de même — de leur alliée macronienne au perchoir.
Les rappels à l’ordre vigoureux sont réservés au RN. Le bruit d’une mouche qui vole chez eux suffit à déclencher la colère de cette cruche au QI de civelle.
Même si l’extrême gauche ne l’emporte pas en 2027, sa haine génétique, ses agressions verbales et physiques suffiront à effrayer les élus, surtout s’ils sont de droite. Ils devront donc se soumettre ou se démettre.
Nous avons la droite la plus molle du monde, ne l’oublions pas ; avoir un siège suffit à leur bonheur, pas à celui de la France, dont ils se tamponnent le coquillard.
Nos élus LFI sont l’arme de pointe du programme de l’Union européenne, donc intouchables. Macron en use et en abuse avec délectation.
« Devoir bloquer ces ignominies est une piètre consolation quand on songe à ce qu’a été, à une certaine époque, la richesse intellectuelle offerte par des penseurs et des écrivains révolutionnaires d’extrême gauche. » (PB)
Il est vrai que la gauche intello de la grande époque – qui va, grosso modo, de l’affaire Dreyfus à l’époque mitterrandienne – a disparu. Certes, il reste bien encore quelques philosophes bon teint que l’on peut voir à la terrasse du Café de Flore et qui sont encore invités dans les émissions tardives du service public. Mais désormais, les réseaux sociaux ont ouvert la voie à toute une horde de gauchos enragés et parfaitement incultes, plus prédisposés à écouter la parole quasi divine de leur vieux gourou et à suivre ses consignes séditieuses qu’à solliciter leur propre cerveau (sauf peut-être leur cerveau reptilien).
Et dire que ce sont ces gens-là qui prétendent accéder au pouvoir en 2027. Si l’on en croit leurs commentaires sur les réseaux sociaux, ils en sont persuadés.
Personnellement, je pense qu’ils vont au-devant d’une grosse déception. 😊
Cette pauvre extrême gauche croit de plus en plus qu’on doit partager ses croyances. Quand on est fanatique, on est en principe peu enclin à discuter avec les hérétiques. Au bûcher !
Si l’on ne peut jeter ses adversaires dans le feu ou dans des camps, reste la ressource de les invectiver. Plus les gens ont la foi, ou le pouvoir, ou la perspective d’avoir le pouvoir, ou un mélange de tant d’appétits, plus ils s’avèrent pénibles, et cela remonte à loin, comme je l’ai déjà montré.
Ventre affamé n’a pas d’oreille ? Eh bien, il ne s’agit pas seulement de la faim d’aliments mais aussi de tout le reste, et, en l’occurrence, du pouvoir !
Voyons ce qui nous attend si des totalitaires viennent au pouvoir.
Je vais me faire plaisir avec 1984 :
« Et souvenez-vous que c’est pour toujours. Le visage à piétiner sera toujours présent. L’hérétique, l’ennemi de la société, existera toujours pour être défait et humilié, toujours. Tout ce que vous avez subi depuis que vous êtes entre nos mains, tout cela continuera, et en pire. L’espionnage, les arrestations, les trahisons, les tortures, les exécutions, les disparitions ne cesseront jamais. Autant qu’un monde de triomphe, ce sera un monde de terreur. Plus le parti sera puissant, moins il sera tolérant. »
Là, c’est « l’appétit vient en mangeant »… La domination et les autres instincts fonctionnent de façon si similaire…
Bref, il faut toujours opter pour le moindre mal, et il est sûr, pour moi, que le pire mal est l’extrême gauche et l’islamisme.
Les gens croient-ils mesquin d’être avant tout mobilisés par la lutte contre le pire mal ? Qu’ils réfléchissent, d’une part, à la petite somme de liberté et de bonheur sauvée et, d’autre part, à l’enfer qui nous menace.