Jean-Jacques Goldman : heureusement il n’est pas comme nous…
On n’a jamais assez insisté, sans doute pour ne pas nous accabler nous-mêmes, sur la particularité noble d’un Goldman, échappant parce qu’il est lui et pas nous, à ces poisons d’une modernité en roue libre, qui constituent notre lot ordinaire. Égoïsme, narcissisme, médiatisation forcenée, esprit partisan, générosité ostentatoire, événements privés et intimes livrés au public, souci de soi plus que des autres, passion du somptuaire, culte délirant des réseaux sociaux : ces dérives sont le socle à partir duquel Goldman nous apparaît tel un miracle contrasté.
Karl Marx, au sujet de la religion, parlait « du coeur d’un monde sans coeur » : JJG est dans nos têtes et nos sensibilités parce qu’il a de la tenue, de l’allure, quand la France, notamment dans ses hautes sphères, en manque.
On adore JJG parce que, nous épargnant l’envie, il est des nôtres sans l’être. Il est d’ailleurs, en quelque sorte.