Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Le Finkielkraut du pauvre !

Si LR ne meurt pas, contre tous les oiseaux de mauvais augure, qui sera, en 2027 et pour la suite, son metteur en scène et à la fois son scénariste ? Cette question est centrale. Des réalisateurs, on en trouvera toujours mais des personnalités capable d’avoir des pensées pragmatiques, des ruptures opératoires, des courages productifs, du futur et de l’imagination plein leur tête, quelle denrée humaine rare ! Il n’y a aucune raison pour que la droite soit condamnée à perpétuité à faire de mauvais films, au mieux inachevés !

Emmanuel Macron et Gabriel Attal sont divisibles !

Si le président a multiplié les fluctuations et les revirements au point d’égarer le citoyen, aujourd’hui GA n’avait pas d’autre choix que d’inscrire clairement son allocution sous le pavillon de la droite. Parce que le réel, d’une certaine manière, impose cette option en accablant la société avec des maux qui n’appellent qu’une rigueur aux antipodes des solutions de gauche. Il était frappant de constater que les passages les plus applaudis, bien au-delà de Renaissance, tenaient à la formulation d’évidences répressives et d’une autorité régalienne.

Voir ou revoir Shoah pourra-t-il vaincre l’ignoble ?

Le défi est d’inventer une lutte contre l’antisémitisme de l’ignorance ou de la malfaisance, mots, gestes, agressions, apologies, une riposte qui soit efficace, qui fasse diminuer au lieu d’accroître. Bien sûr, cela tient à une répression rigoureuse mais aussi à une pédagogie moins verbeuse, attachée plus à défendre le Juif comme un frère humain que tel le représentant d’une autre religion. En tout cas ce qu’on a mené jusqu’ici est un échec puisque le mal s’aggrave au fur et à mesure qu’on croit sincèrement le combattre.

Entretien avec Jérôme Garcin

Ce n’est pas dans mes habitudes mais je vous conseille de voir et d’écouter mon entretien avec Jérôme Garcin. Un très grand moment grâce à lui. À ne pas manquer !

De Charybde en Silla ?

Pour des crimes infiniment plus graves que les transgressions dont Gérard Depardieu est soupçonné et qu’il nie, le processus est le même. Les proches sont unanimes à rapporter les bons côtés de la personne qui a pourtant avoué le pire. Comme s’il était inconcevable qu’elle l’ait perpétré. À partir de cette idée banale et absurde à la fois que le mal se voit forcément, qu’il y a une tête de criminel comme il y aurait une figure d’innocent !

Qui n’est pas de droite aujourd’hui ?

Cette impossibilité aujourd’hui, à l’exception d’accords sur le terrain vite disqualifiés par la hiérarchie de LR, de songer à une union des droites, n’empêche pas cette famille politique largement entendue, avec son centre et ses extrémités, d’être prépondérante dans notre démocratie. Il est fini le temps où, qualifiée de la « droite la plus bête du monde », elle faisait tout pour justifier cet opprobre. Les Républicains ont beau être moqués qu’ils réussissent ou échouent, ils n’en restent pas moins l’incarnation, contre des adversaires inégalement importants qui aspirent à les absorber, d’une philosophie politique qui devraient se faire une gloire de savoir concilier humanisme et rigueur, cohérence et pragmatisme.

Vive la pensée des autres…

Je mesure à quel point les pensées de Jean Cau et d’Alain Finkielkraut ont été un formidable stimulant, comme toutes les citations qu’on a envie de retenir ou de noter, parce qu’elles ouvrent des perspectives, parce qu’on ne peut pas se contenter de les approuver ou de les désapprouver, il faut les traduire pour soi, les actualiser, les adapter à ce qu’on est. La pensée des autres comme un don qui nous est fait. Après c’est à nous de jouer, de penser !

Je ne suis pas une girouette !

Être une girouette signifie qu’on bouge par intérêt, pour se faire bien voir, pour complaire aux puissants, pour accabler les modestes, par une instabilité maladive. J’ose dire que je suis aux antipodes d’un tel comportement. Est-ce à dire que je ne suis pas conscient de ce qui pourrait me menacer ? Le goût de la provocation, l’envie parfois de défendre l’indéfendable, une antipathie risquant de me rendre partial, dispositions que je sens en moi et contre lesquelles je lutte… Mais désolé, tout ce qu’on veut, mais pas une girouette !

Pourquoi Nicolas Sarkozy m’a-t-il déçu ?

Nicolas Sarkozy est allé ainsi au bout d’une logique de désaffection partisane, d’abandon et de traîtrise, manifestée par plusieurs épisodes et mise en oeuvre aussi bien au détriment de Valérie Pécresse que lors des dernières élections législatives, par des coups fourrés ultérieurs, par l’obsession de persuader son ancien camp de se dissoudre dans le macronisme et, enfin, par de médiocres tactiques favorisant l’ignominieux sort fait au sénateur Pierre Charon et validant la désertion de Rachida Dati. Cela fait tout de même beaucoup et il ne faut rien de moins aujourd’hui que la cécité de plus en plus rare d’une minorité exsangue de soutiens pour ne pas s’émouvoir de telles turpitudes politiques!

Ce pape a une sacrée personnalité…

L’obsession du Pape, d’une certaine manière à la fois profane et sacrée, est de ne rejeter personne, d’accueillir tout le monde les bras ouverts, en ne se préoccupant surtout pas à l’entrée de discriminer, de juger, d’inclure ou d’exclure. Cette démarche est admirable et ne peut que susciter l’adhésion de la multitude qui se sait infirme par rapport à une telle bonté, une telle générosité inconditionnelle. Elle montre aussi la parfaite cohérence du pape François qui, avec la bénédiction des homosexuels, développe les mêmes élans du coeur que ceux qu’il prodigue aux immigrés dont il se soucie, avec une indifférence totale pour les politiques qui le gourmandent. Il applique l’absolu de sa foi à tout, même à ce qui paraît s’y soustraire.