Lâcheté générale, courages singuliers : une France qui n’est plus tenue…
Rien n’est facile et on ne me trouvera jamais aux côtés de ceux qui, vindicatifs et adeptes du « il faut qu’on… on n’a qu’à… », considèrent qu’il suffit de vouloir pour pouvoir et que notre démocratie est le régime rêvé pour tout réussir en temps de crise.
Cela étant dit, comment ne pas être effaré par l’état de la France au quotidien, avec les multiples exemples qui nous sont donnés du délitement et de la faiblesse de notre nation, dans l’exercice du pouvoir, le rôle des institutions et le courage des directions ?
Il y a une France officielle qui, à tous niveaux, va à vau-l’eau et n’est plus tenue. Comme si une lâcheté générale avait remplacé l’envie de résister. Comme si le « à quoi bon » avait remplacé l’optimisme de l’action.
Fanny Ardant a des fulgurances comme d’autres des banalités…
Fanny Ardant parlait de la pièce de Laurence Plazenet « la Blessure et la Soif », où elle est seule en scène au Studio Marigny. Elle en faisait la promotion d’une manière inimitable, avec cette voix unique qui rien que par sa sonorité et son articulation délicieusement voilée, donne à tous ses propos un tour original.
Mais une fois évoquées la perfection de son oralité et de son langage, la qualité de la forme, il convient de s’attacher au fond dont c’est trop peu dire qu’il respire l’intelligence et distille de l’esprit.
LFI : Voltaire a bon dos…
Il est piquant alors, de la part de LFI qui exige à son bénéfice une liberté d’expression pleine et entière, sans la moindre entrave, d’entendre les mêmes, au nom d’une conception idéologique et hémiplégique de ce beau concept démocratique, réclamer contre ses adversaires censures, éradications, ostracismes. Faut-il rappeler Aymeric Caron laissant CNews être insulté et boycotté sans réagir à Sciences Po ? On a encore en mémoire la diatribe de Jean-Luc Mélenchon contre la même chaîne !
Un héros iranien va être pendu et on ne fait rien…
Toomaj Salehi est incarcéré depuis le mois d’octobre 2022. Dès le début de la révolte des jeunes femmes iraniennes contre l’obligation de se voiler, avec les multiples violences, emprisonnements et exécutions qui ont suivi, il a défendu avec courage et talent leur cause, conscient des risques qu’il encourait de la part de ce régime barbare, sans illusion sur son propre futur.
Edwige Antier a raison, je comprends Ramzy Bedia…
Je retiens une double conclusion miraculeuse : que cette éducation aimante mais à la dure n’ait rien dégradé chez Ramzy ni dans sa fratrie mais qu’au contraire elle ait sauvé l’un et l’autre, à vie, des dangers et de la nuisance de cette cité criminogène.
Edwige Antier a raison mais je comprends Ramzy Bedia qui, jugeant sans vanité ce qu’il est devenu, ne théorise pas sur l’éducation qu’il a reçue mais remercie sa mère.
La pauvreté de l’entre-soi : mes contradictions…
Ce besoin de ne jamais me sentir coincé entre mes quatre murs, rebattus d’interlocuteurs que je surprendrai aussi peu qu’ils me surprendront, trouve son paroxysme dans des débats médiatiques où, présent, il peut se faire que les plateaux composés – à supposer qu’on ait eu le choix d’invitations sur une large palette intellectuelle et politique – représentent plus un piétinement sur les mêmes chemins que des approfondissements et corrections enrichissant sa propre pensée.
Quel type, ce Jean Cau !
Retrouver aujourd’hui tout ce que cet être doué à tant d’égards a eu d’unique m’a saisi à l’esprit et au coeur. Un choc.
À cause de cette certitude que pour la France, les dangers qui la menacent, le délabrement de ses institutions, sa décadence, le manque de courage de ses dirigeants, tous politiques confondus, et la morale dont elle aurait besoin, un Jean Cau serait plus que jamais nécessaire. Il a tout annoncé, il a tout vu et dit avant tout le monde. Rien de ce qui est tristement actuel ne lui a échappé.