La classe politique en mots : chacun a ses raisons…
Les candidats pour le 9 juin : tous contre Jordan Bardella qui est forcément l’homme à abattre puisqu’il a creusé l’écart. Il a des faiblesses sur lesquelles ses adversaires ne l’attaquent pas assez, de sorte qu’il s’appuie sur ses forces, d’abord l’immigration et l’insécurité s’accroissant. Valérie Hayer estimable, compétente à Bruxelles mais dépassée. Marion Maréchal coincée entre l’obligation de s’en prendre au RN et l’envie de le ménager. Manon Aubry tentant de redorer un peu l’image de LFI en focalisant sur l’éthique européenne : elle a raison. François-Xavier Bellamy et Raphaël Gluksmann, si éloignés mais au fond si proches. Deux rationalités, deux esprits, deux honnêtetés contraintes de s’opposer mais presque à l’unisson. Sur l’essentiel qui est de rendre l’Europe forte et moins complaisante avec d’autres pays pour les droits de l’Homme.
Si la politique n’était qu’une affaire de mots, un vaste aréopage, un forum urbain, nous ne serions pas en France si mal lotis. Aucune des personnalités que j’ai citée n’est méprisable même si certaines ne sont pas à la hauteur de l’excellente opinion qu’elles ont d’elles-mêmes.
Mais la politique, c’est de l’action, du courage, de la morale se colletant avec le feu du réel, de la constance, le refus de la démagogie. De la grandeur et à la fois de la simplicité. Ce n’est plus se réfugier derrière l’édredon doux et ouaté du « chacun a ses raisons » mais plonger dans la vraie vie de la France et du monde.