Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Les avocats à la peine…

Longtemps on n’a pas osé dénoncer le caractère parfois trouble de certaines défenses, au prétexte que le barreau aurait été un bloc de compétence et d’intégrité et qu’il aurait été indécent de soupçonner de sa part des transgressions choquantes, voire opposées à l’administration de la Justice. Cette timidité de la magistrature a cessé.

Philippe Carli : une lâcheté ordinaire…

Philippe Carli pouvait n’être même pas un résistant mais juste assumer ses idées. Au contraire il a accepté d’être dépouillé de sa liberté, de sa responsabilité. Profondément, au détriment de ceux qui se battent pour ne pas voir sacrifier les valeurs foulées aux pieds par Mediapart, la CGT et les éradicateurs d’opinions et de comportements qui ne leur plaisent pas.

CNews : ce garde des Sceaux est venu et a convaincu…

Rien de ce qui doit être réformé ne lui demeure étranger et j’apprécie qu’aucune des tâches à mener ne lui apparaisse indigne de lui. Certes il y a une hiérarchisation des missions mais celle-ci est moins fondée sur la noblesse des objectifs que sur l’utilité des actions. Il y a là enfin l’apparition d’un pragmatisme intelligent et industrieux qui répudie le risque de ce rythme judiciaire voué à ralentir tout ce qu’il touche.

BHL demain 27 janvier…

Une écoute attentive préalable puis des commentaires rédigés avec une urbanité sans mépris ni grossièreté seront les bienvenus.

Boualem Sansal : une honte humaine plus qu’une faute politique…

On a le droit de ne pas aimer les idées de cet écrivain franco-algérien de qualité et de courage, on peut, pourquoi pas, ne pas apprécier ses livres mais le problème n’est plus là : quand un écrivain, âgé de 75 ans, malade qui plus est, est incarcéré dans des conditions qui relèvent de la pure intimidation politique, pour se venger d’un revirement diplomatique de la France et humilier notre président de la République, on hiérarchise, on va vers l’essentiel, on se tourne vers l’urgent. On ne tombe pas dans la honte humaine. On n’est pas indigne comme les bourreaux de Boualem Sansal. On n’accable pas une personne à terre. Il y a une solidarité morale qui devrait l’emporter sur l’affrontement belliqueux, au demeurant absurde. Le souvenir de BS ne me quitte pas et mon impuissance, comme celle de la France, sont un crève-coeur.

Donald Trump est-il français ?

Rien ne serait plus absurde que de continuer cette idolâtrie en oubliant que la France existe, et l’Europe, et que DT obsédé par les avantages à obtenir pour son pays ne leur veut pas du bien. DT est un combattant et la seule manière d’exister face à lui, singulièrement et collectivement, sera de l’être aussi.

Ailleurs qu’en France, l’herbe serait-elle plus verte ?

Sans que j’approuve forcément les politiques mises en oeuvre en Amérique centrale ou du Sud par exemple, ce qu’un observateur de bonne foi peut remarquer en France justifiera je crois mon point de vue. Il serait inepte de nier que dans notre pays, à des postes importants, il existe des personnalités fortes, des caractères trempés. Mais notre régime démocratique, le poids médiatique, la sophistication de notre République avec ses pouvoirs et contre-pouvoirs, notre État de droit, une forme de bienséance refusant même qu’on tienne contre vents et marées les promesses d’une campagne présidentielle, les empêcheraient d’engager leur être total au service de la France. Un zeste de décence les conduirait à laisser un peu d’eux-mêmes hors du service de l’État.

Roger Scruton ne plaît pas qu’à Viktor Orban…

Tous ceux qui s’intéressent au libéralisme et à la philosophie politique ont lu Roger Scruton ou du moins ont entendu parler de lui. Disparu il y a cinq ans à la suite d’un cancer fulgurant, sa pensée irrigue toutefois de plus en plus les réflexions et les orientations des pouvoirs, et pas seulement ceux qui seraient naturellement accordés avec elle. Sa grande force, me semble-t-il, est de privilégier une sorte de provocation de la mesure, d’élaborer une théorie argumentée du bon sens contre tous les progressismes qui n’ont pour ambition que de battre en brèche ce qui a duré et réussi.