Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Le président et la Justice : une respectueuse indifférence !

En toute bonne foi je cherche ce qui, dans ce qui nous a été annoncé, sera en mesure de répondre vite à tous ces défis. Surtout avec un président de la République qui se tient en surplomb dans une pose de respectueuse indifférence.

Droite, gauche ou ailleurs ?

Pas le bouleversement d’un ailleurs fulgurant, d’une rupture éclatante, d’une espérance sortant enfin de l’ordinaire. On continue, c’est tout.

Un président a-t-il droit au bon sens ?

Il faut arrêter de tout confondre. La dénaturation en profondeur de l’allure présidentielle, de la tenue officielle – il n’est personne qui puisse sur ce plan lui imputer quoi que ce soit – avec des spontanéités libres, peut-être provocatrices mais nullement choquantes. Sauf à considérer qu’un président de la République n’a pas, n’a plus droit au bon sens.

Des coupables avant le tueur de Marseille !

Avant le tueur de Marseille, il y a eu des coupables. Les sanctionner enlèvera au terrorisme cette force délétère et déstabilisante d’apparaître comme inéluctable. Puisqu’il y a toujours eu des fautes évitables avant les crimes.

Sandrine Rousseau : non-assistance à invitée en danger !

On ne m’enlèvera pas de l’idée qu’un monde médiatique qui facilite de telles dévastations et s’en repaît devrait être jugé avant de juger. D’opposer trop souvent son arrogance et son indécence à des détresses désarmées.

Je suis un jeune marxiste…

Dans cet instant, avec cette indifférence triste, je ne suis plus un jeune ou un vieux marxiste mais le marxisme nous aiderait-il pour cette quotidienneté qui échappe à l’Histoire et à la philosophie ?

Maëlys : la torture par l’espérance

Mais ce n’est pas rien de faire cesser la torture par l’espérance et de poser sur un crime, une tragédie, l’implacable décret d’une condamnation judiciaire et sociale.

La prison n’est pas le mal absolu !

Je continue à m’illusionner peut-être. L’intelligence et la sensibilité de la majorité des honnêtes gens ont-elles besoin en permanence de battre leur coulpe pour s’excuser de punir et d’emprisonner des coupables avec une mise à l’écart temporaire ou assez durable pour prévenir le renouvellement du pire ?

Saynètes de la vie médiatique

Ce n’est rien, diront certains. Pour moi, « ça veut dire beaucoup ». Si j’étais le seul de cet avis, pour une fois j’en serais marri.