Jean-Luc Mélenchon joue-t-il seulement à faire peur ?

On a pu penser, il y a quelque temps, que Jean-Luc Mélenchon avait troqué, à sa manière et pour d’exclusives raisons tactiques, l’habit du loup pour celui de l’agneau. Il avait changé de ton et s’était métamorphosé en débatteur brillant, mais à peu près courtois. Qu’on se souvienne du premier débat médiatique réunissant tous les candidats sur LCI !

Était-ce seulement une illusion ? Tout démontre, ces derniers jours, que JLM, sur la forme comme sur le fond, est reparti sur le même mode provocateur qu’auparavant, avec une telle intensité et dans tant de domaines qu’il est permis de s’interroger : n’a-t-il pas d’autre visée que de nous faire peur, en intégrant à ses propos les risques de violence et de désordre que beaucoup de citoyens décèlent ?

La contestation qu’il inspire et favorise dans les lycées — Bally Bagayoko n’est pas en reste — n’a rien d’habituel : elle ose des formules scandaleuses ( répression, sauvagerie et racisme), elle incite aux violences urbaines, comme l’a dénoncé le ministre de l’Intérieur. Son souci n’est pas de répondre aux mille maux des collèges et des lycées, mais de faire d’eux des poudrières.

Sur tous les thèmes qui agitent le débat public, son obsession, devenue un réflexe, est de pousser les feux au maximum afin qu’on ne puisse plus examiner lucidement les difficultés et le réel, à réformer éventuellement, mais que l’on soit seulement plongé dans l’effervescence, la brutalité de la pensée, la menace par le verbe, une incandescence de tous les instants. Il faut tristement accepter ce constat pour la France : au bord du gouffre, des irresponsables désirent l’y jeter.

On ne fera pas croire que l’intelligence cynique et dominatrice de JLM le détourne de la catastrophe qu’il met en œuvre, ni que sa vision des choses n’intègre pas le fait que tout ce qu’il dit et accomplit constitue un moyen implacable d’être battu, même si, apparemment, Édouard Philippe est sur une pente descendante au regard d’une possible présence au second tour.

Aussi arrogant que puisse apparaître le comportement de JLM — son talent ne justifie pas tout —, il n’ignore pas qu’une partie de certaines banlieues et une part de la jeunesse ne suffiront pas à le placer sur le pavois suprême. D’autant qu’il nourrit sans cesse des forces centrifuges qui semblent l’éloigner de la conquête du pouvoir, comme si son objectif n’était plus de l’exercer, mais de le rendre inutilisable pour le successeur d’Emmanuel Macron.

Sinon, comment comprendre ces évolutions suicidaires qui le conduisent, assisté par Clémence Guetté, sur un mode de plus en plus choquant, à fustiger l’Ukraine, à souhaiter qu’on la prive des moyens de se défendre et, en définitive, à retrouver sa nature profonde : cette inclination à apprécier et à cultiver les dictateurs, en l’occurrence Poutine, par une sorte de similitude perverse avec son propre tempérament ?

Quelle que soit la haute opinion qu’il a de lui-même et l’idolâtrie de la Cour qui le flatte, il ne peut être aveugle à cette donnée : un second tour, aujourd’hui, le verrait écrasé par Marine Le Pen, créditée de 69 %, même s’il pourrait toujours compter sur Mediapart pour lancer des boules puantes d’ancienne date, vraies ou fausses, contre ses adversaires…

JLM, s’il n’a d’autre dessein que de « bordéliser » notre pays pour, après 2027, se poser en restaurateur d’un climat dégradé par la violence, le désordre et un incivisme sauvage qu’il aurait lui-même contribué à créer, poursuit une étrange stratégie : dilapider ses infimes chances d’être élu.

Le titre de mon billet n’est ni un paradoxe ni une interrogation dénuée de sens. Dans l’excellent Crépuscule des princes, de Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, Xavier Bertrand, comme souvent plus lucide sur les dérives d’autrui que sur son propre avenir, considère lui aussi que JLM ne veut pas être élu mais, une fois le successeur connu, obtenir un « brevet républicain » par ses entreprises de prétendu pacificateur.

JLM joue à nous faire peur. Encore faudrait-il ne pas lui donner le plaisir de gagner à ce jeu.

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Voir les Commentaires (43)
  1. @ RR le 4 octobre
    « Les images parlent d’elles-mêmes »

    Eh bien non, les images ne parlent pas. Elles montrent ce que celui qui les a tournées, puis qui a réalisé le montage de cette vidéo, voulait que le grand public retienne : JMLP s’en est pris à une femme sans défense, élue de surcroît.

    Aucune image ne parle sans un son, sans une légende, sans un commentaire. L’image, qu’elle soit fixe ou animée, ne suffit jamais. On peut lui faire dire tout et son contraire. La photographie d’une salle avec, au premier plan, cinq ou six chaises inoccupées et sa légende permettent de faire croire qu’elle est quasiment vide alors qu’elle est bondée…

    Regardez de près quatre secondes de la petite vidéo ajoutée à mon texte. Au moment où JMLP descend de voiture, les personnes qui sont proches du véhicule sont calmes, donnent l’impression d’être « amies ». Deux secondes plus tard, elles sont menaçantes, l’une d’elles lançant déjà des coups de pied.

    Vous qui avez probablement participé à maintes campagnes électorales savez comment une telle scène s’appelle : un guet-apens. Que cela déclenche une réaction musclée de la sécurité de JMLP n’a rien d’anormal.

    Écoutez aussi le son pendant la courte séquence de « l’agression » d’Annette Peulvast. On entend JMLP, tout proche d’elle, crier « On en a marre de vous ! On en a marre ! »
    Aucune injure… Si la candidate socialiste n’avait pas cru bon d’utiliser son écharpe de maire dans une contre-manifestation électorale organisée par ses partisans, écharpe qui a fait croire au président du FN qu’elle était l’organisatrice de ce traquenard, il ne l’aurait très probablement pas même aperçue…

    Visionnez à nouveau l’ensemble de la vidéo et écoutez le commentaire du jeune journaliste du service public alors préposé au suivi du FN. Il est à charge, ce parti pris n’étant « équilibré » que par quelques mots de Marine Le Pen, avocat de son père au tribunal (si mes souvenirs sont bons).

    Un dernier détail – pardon… – dont vous ne pouvez pas vous apercevoir : la chronologie de la déambulation de JMLP dans le centre de Mantes-la-Jolie a été inversée et cela donne l’impression d’une visite d’abord calme, devenant brusquement violente, ce qui cherche à faire croire que ses adversaires avaient accepté sa présence et donc que c’était lui qui avait déclenché la violence…

    Tout cela appartient au passé. Mais il n’en reste pas moins dommage que le tribunal correctionnel de Versailles se soit contenté de visionner les vidéos diffusées et n’ait pas jugé utile de voir les rushes. Peut-être contenaient-ils des séquences plus favorables à JMLP, que le monteur avait… oubliées.

  2. @ Serge HIREL

    Sur le 30 mai 1997 :
    Ce n’est pas une raison pour se conduire n’importe comment (les images parlent d’elles-mêmes). Imagine-t-on Tixier-Vignancour ou Pascal Gauchon se conduire ainsi ? Même Krivine ne se serait pas comporté comme ça.

    « Durafour crématoire », « rouquin PD », « costume en Kevlar » : c’est une exclusivité Le Pen.

  3. @ RR le 2 octobre
    « Mais s’appuyer sur un homme comme Le Pen (…) [qui ne sait même pas se conduire correctement (à Mantes-la-Jolie par exemple), ne pouvait aboutir qu’à une impasse. »

    Ah ! Le 30 mai 1997 et « Annette », son corsage blanc et son écharpe de maire de la ville d’à côté, plaquée — en fait, réfugiée — contre le mur du musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie par un « Jean-Marie » hors de lui…

    Tous ceux qui ont vécu l’incident — promu aussitôt « échauffourée » par la gauche manipulatrice et le candidat de droite, maire de la commune, tout aussi combinard qu’elle — vous diront qu’il s’agissait d’un traquenard monté par la section socialiste du coin et quelques camarades accourus d’ailleurs. JMLP, venu tranquillement soutenir sa fille Marie-Caroline, arrivée en tête au premier tour, est tombé dans le piège dès sa descente de voiture, d’autant plus aisément que la police, n’ayant rien imaginé d’un tel déchaînement de militants PS habituellement sages, était en nombre insuffisant pour les contenir.

    Plus tard, « Annette », qui, à l’égal de son père, Aimé Bergeal, respectable sénateur-maire socialiste de Mantes-la-Ville, était tout sauf une égérie aimant la bagarre, a dit, du bout des lèvres, qu’elle ne savait rien du coup monté et qu’elle avait surtout eu très peur…

    Mais l’Histoire… et vous qui détestez JMLP retiendront qu’elle a été « agressée »… L’Histoire retiendra aussi que, quelques années plus tard, elle a obtenu la Légion d’honneur, cornaquée par le maire de Mantes-la-Jolie, très en cour en chiraquie…

    PS : Cette version des faits, qui n’a pas été celle de la justice, le « régional » que j’étais à l’époque l’a apprise sur-le-champ, rapportée en termes identiques par des dizaines d’amis mantais et mantevillois, témoins oculaires ou commerçants du quartier…
    https://www.dailymotion.com/video/xfe4id

  4. « JLM joue à nous faire peur. Encore faudrait-il ne pas lui donner le plaisir de gagner à ce jeu » (PB)

    En fait, JLM joue surtout aux apprentis sorciers.
    C’est un peu facile maintenant d’appeler à l’apaisement quand on a fomenté un mouvement insurrectionnel avec des jeunes qu’on a manipulés et qui sont devenus incontrôlables.
    LFI n’est pas un parti républicain mais un mouvement révolutionnaire dont l’objectif est d’imposer un régime totalitaire.
    Je n’imagine pas les Français accepter ce genre de régime en 2027.

  5. @ hameau dans les nuages
    « Il n’y a pas besoin d’être militant RN ou d’être formé doctrinalement pour subodorer les raisons de la montée du RN. Jean-Marie le disait il y a près de 30 ou 40 ans, mais cela faisait doucement rigoler. Nous sommes maintenant au pied du mur. »

    Le FN est monté en puissance le jour où Mitterrand par stratégie lui a donné accès aux médias. Le Parti des forces nouvelles qui était à l’époque le « concurrent » du FN n’en a pas bénéficié alors que sa force militante était largement supérieure (or des centaines d’affiches collées ou de tracts distribués ne pèsent rien comparé à une émission comme L’Heure de vérité regardée par des millions de Français). Sinon bien sûr, l’arnaque était bien montée, la question migratoire devenue de plus en plus pesante, beaucoup de Français se sont réfugiés dans le vote Le Pen. Sauf que ce dernier par ses calembours débiles a tout fait pour faire de ce vote une voie de garage.

    Mitterrand a donc parfaitement réussi son coup et il est permis de penser que si Pascal Gauchon (porte-parole du Parti des forces nouvelles) avait bénéficié des opportunités offertes à Le Pen, l’opposition nationale aurait fini par s’imposer.

    Mais s’appuyer sur un homme comme Le Pen, qui même sur la question migratoire n’a jamais été cohérent (l’Europe boréale un jour, le discours de Valmy un autre, sans compter son tropisme colonial), tout en ne sachant même pas se conduire correctement (à Mantes-la-Jolie par exemple), ne pouvait aboutir qu’à une impasse. De fait, contrairement à ce que certains prétendent, Jean-Marie Le Pen n’avait en aucun cas l’envergure d’un chef.

  6. Ayant dû régler quelques problèmes informatiques, je n’ai pas réagi aux billets précédents. Pour ce qui concerne le présent billet, je retiens ces courts passages : « Il nourrit sans cesse des forces centrifuges qui semblent l’éloigner de la conquête du pouvoir, comme si son objectif n’était plus de l’exercer, mais de le rendre inutilisable pour le successeur d’Emmanuel Macron. […] JLM, s’il n’a d’autre dessein que de “bordéliser” notre pays pour, après 2027, se poser en restaurateur d’un climat dégradé par la violence, le désordre et un incivisme sauvage qu’il aurait lui-même contribué à créer, poursuit une étrange stratégie : dilapider ses infimes chances d’être élu. »

    Je ne suis pas sûr, Monsieur Bilger, que M. Mélenchon veuille exercer le pouvoir, sauf à être en mesure d’imposer sa propre dictature. Il a été, est et reste fondamentalement trotskiste : ce qui l’intéresse est principalement, pour ne pas dire essentiellement, la subversion du système en place.

    Il fait partie des lambertistes (disciples de Pierre Boussel, dit Lambert) ralliés à M. Mitterrand dès le début des années 1970 avec l’objectif de noyauter les hautes sphères de l’État et de le subvertir (par définition, de l’intérieur), à commencer par l’Éducation nationale, alors encore trop « bourgeoise ». Un certain nombre ont reconnu avoir appartenu à cette mouvance, d’autres (M. Jospin, par exemple) non.

    Pour M. Mélenchon, il semblerait que cette intégration dans les hautes sphères de l’État soit passée par le GODF : il en reste une certaine « culture républicaine » qu’il exprime parfois dans ses discours. Mais exclusivement pour la forme et pour se donner une stature d’homme d’État.

    La dégringolade de la France a certes été lancée par ce genre de personnages politiques, mais aussi par la faiblesse de la classe politique, de droite comme de gauche, convertie à l’idéologie mondialiste et antinationale des années 1990-2000, fondement de l’idéologie bruxelloise. Ce rejet de la Nation comme de la démocratie réelle, au profit de la technocratie, avec l’abolition des frontières et de la défense des peuples autochtones au profit d’une immigration de moins en moins contrôlée, est au fond ce qui a politiquement avantagé un trotskiste comme M. Mélenchon, qui maintenant s’appuie sur le ressentiment cultivé d’une partie de ces populations mal intégrées et auxquelles on a politiquement refusé l’assimilation.

    Qui plus est, la jeunesse lycéenne comme estudiantine n’est plus formée à la culture et à l’esprit critique et est donc plus facilement mobilisable sur des slogans, comme on le voit actuellement dans les lycées, avec pour finalité de susciter des émeutes qui paralysent les réactions gouvernementales.

    C’est donc la culture de la chienlit, telle que nous l’avons connue dans nos universités dans les années 1968 et suivantes, que M. Mélenchon exploite maintenant. Une cinquantaine d’années plus tard, le poisson ayant pourri par la tête, le fruit est-il mûr pour la révolution, non plus prolétarienne, mais trotskiste ? Là est la question.

    Pour le reste, je rejoins le commentaire très argumenté de Serge HIREL du 30 septembre.

  7. hameau dans les nuages

    @ RR le 30 septembre 2026

    Il n’y a pas besoin d’être militant RN ou d’être formé doctrinalement pour subodorer les raisons de la montée du RN. Jean-Marie le disait il y a près de 30 ou 40 ans, mais cela faisait doucement rigoler. Nous sommes maintenant au pied du mur. Et si, cerise sur le gâteau, Nina prend le dessus cet hiver, et vu le prix de l’énergie… ça va chauffer… et J.-L. Mélenchon de saliver…

  8. Macron patauge dans la boue, la fange, le lisier nauséabond ; il ne se prive pas de cracher sur la France à chaque déplacement à l’étranger et cautionne l’ignoble et odieux merdia extrême facho-gauchiste Mediapart, qui ne cesse de publier attaques et calomnies en toute impunité, sur ordre du pouvoir macronien, pour barrer la route au RN.

    Pour ne pas fâcher Tebboune et la rue « arabe », ses futurs électeurs :

    Macron ne s’est pas rendu à la (Allah) marche contre l’antisémitisme. Bardella, oui !

    Macron ne s’est pas rendu en Israël après l’attentat. Bardella, oui !

    Macron détient le record du monde de fuite de Juifs vers Israël, menacés, voire tués, dans notre pays, enfer antisémite islamo-gauchiste macronien.

  9. @ caroff le 30 septembre 2026
    « JLM veut à tout prix laisser une trace dans l’histoire, devenir le Lénine français, comme le montrent ses discours et sa violence (« La République, c’est moi ! »). »

    Mais alors, ne devrions-nous pas logiquement, en bons républicains laïcs que nous sommes n’ayant que faire d’idoles en plâtre, remplacer dans chaque mairie les bustes de Marianne d’un goût discutable par un simple portrait du grand homme qu’est monsieur JLM, incarnant à lui seul les vertus républicaines ?

  10. Serge Hirel, après s’être comporté en séditieux contestant la légitimité de l’élection de Macron, est inquiet.
    Il a ici l’occasion de comprendre sa cécité et que ce qu’il considère comme nébuleux, le respect d’autrui, ne concerne que son propre comportement quand, à l’image de tous ceux qui en restent aux invectives, chacun retourne à la caverne pour justifier, avec Milei, sa férocité personnelle, pour conjurer les peurs qu’inspire l’exercice de la liberté.
    https://youtu.be/RmyZm-hzdj0?t=2265

    Il y a ici la possibilité d’une définition de la loi commune, dont on voit bien qu’elle échappe aux individus quand chacun, au nom de sa souffrance personnelle qui n’est pas à écarter, se permet de la transgresser, entraînant le corps social aux retours barbares des lynchages désormais incapables de ramener un ordre pulvérisé par la révélation évangélique.

    On voit mal pourquoi interdire le voile ramènerait la paix civile. Désigner des boucs émissaires est vain et ne rajoute que de la division à la division, de la violence à la violence, qui n’a plus qu’elle-même alors pour justifier sa propre transgression. Voilà qui rime avec Mélenchon quand, au nom de la justice, on prône le déchaînement réciproque de l’insurrection et, au nom de la liberté, on décide de s’en passer pour instaurer la définition d’un État totalitaire à fraternité obligatoire, mimant le libéral dans le même retour barbare au sacrifice, avec la même conséquence apocalyptique d’un rite qui ne fonctionne plus.

    Nous en sommes à cet instant de révélation de notre condition humaine.
    D’un côté, les héritiers socialistes d’un État tout-puissant qui envoie sa jeunesse à la boucherie au nom de l’amour du prochain ; de l’autre, des anarchistes libertaires favorisant la férocité, vendant la boîte de fentanyl à ceux qui craignent de l’exercer, les envoyant eux aussi crever dans leur coin, au nom de la liberté.

    Il nous reste donc l’Europe, petite France, pour tirer l’enseignement historique des défaites de la domination désormais impossible.

    Il nous reste à opposer aux vainqueurs ennemis du désastre colonial la conscience implacable du sens véritable de la loi, quand l’État ne domine plus que par le service de justice qu’il offre au citoyen, servi par ceux qui ont acquis la juste conscience du juste lien, définition suprême de l’amour du prochain, invitant chacun à renoncer au sacrifice pour accéder au don total et gratuit consenti librement, comme un père ou une mère qui aime ses enfants :

    « C’est le chemin de ceux qui sont libérés. De même qu’il est toujours à nouveau rappelé à Israël que son chemin dans le désert est la conséquence de la libération de l’esclavage d’Égypte ; de même qu’Israël a toujours à nouveau voulu sur son chemin retourner en Égypte, car il n’était pas capable de reconnaître le bien de la liberté comme un bien, de même pour la chrétienté sur son chemin de l’exode : reconnaître le mystère de la libération et de la liberté comme don de la rédemption est toujours à nouveau difficile pour les hommes, et ils veulent retourner à l’état antérieur. Mais grâce aux actions miséricordieuses de Dieu, ils peuvent sans cesse réapprendre que la liberté est le grand don qui conduit à la vraie vie. »
    https://shs.cairn.info/revue-communio-2018-5-page-123?lang=fr

  11. @ Kardaillac
    « Le public qui soutient le ticket Le Pen-Bardella à la présidentielle (35 % puis 70 contre JLM) est parfaitement étanche à ce genre d’insinuations qui ne sortent manifestement que pour lui nuire. »

    Si ces sondages disent vrai, ça en dit long sur la lucidité des Français. Accorder sa confiance à ces opportunistes doublés de bons à rien pour sauver le pays, faut en tenir une couche. Il est vrai que ce sont les médias qui font l’opinion.

  12. @ sylvain

    Je vous ai déjà dit que je n’en ai rien à faire de cette affaire. Visiblement, c’est vous que ça obsède.

    Que ces propos soient vrais ou faux, Bardella est un minable, un bon à rien. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a été mis en avant par Marine Le Pen. Comme avant elle son père, elle ne veut pas de cadres valables, par peur qu’ils ne la supplantent. Le RN, comme avant lui le FN, est une entreprise familiale qui doit être aux mains exclusives des Le Pen. Vivement que cette escroquerie politique qui dure depuis plus de cinquante ans cesse.

  13. « On ne fera pas croire que l’intelligence cynique et dominatrice de Jean-Luc Mélenchon le détourne de la catastrophe qu’il met en œuvre, ni que sa vision des choses n’intègre pas le fait que tout ce qu’il dit et accomplit constitue un moyen implacable d’être battu » (PB)

    Il sait bien qu’il ne peut rassembler au-delà de son camp et des castors remobilisés pour faire barrage à ce parti honni…

    Il me semble qu’il joue déjà le tour suivant avec les législatives qui suivront la dissolution.
    Il rebrandira la NUPES et menacera les candidats de la gauche de gouvernement (qui, soit dit en passant, ont fait la preuve qu’ils étaient nuls, cf. Flanby…) de leur mettre un LFI dans les pattes.
    Et le comportement bienveillant des Écologistes et autres débris gauchistes à l’égard de Mélenchon peut s’expliquer ainsi.

    JLM veut à tout prix laisser une trace dans l’histoire, devenir le Lénine français, comme le montrent ses discours et sa violence (« La République, c’est moi ! »).

  14. Le plus inquiétant n’est pas le comportement séditieux de Mélenchon lui-même, ni même le climat révolutionnaire qui s’aggrave de semaine en semaine, au fil de ses prises de parole, toutes dangereuses pour notre République, toutes alarmantes pour l’avenir du pays dès le printemps prochain. Ce n’est pas la première fois que des opposants déterminés jusqu’à la violence cherchent à s’emparer du pouvoir par la rue. Souvenons-nous de la Commune, qui semble le modèle sur lequel le chef des « insoumis » — « insurgés » serait un terme plus exact — tente de bâtir sa révolution aux relents trotskistes.

    Le plus inquiétant est que la classe politique n’a pas pris réellement conscience du danger immédiat que génère cet individu, qui parvient à faire écrire à notre hôte qu’il a du « talent ». Non, cher Philippe, Mélenchon est un vaurien, au même titre que l’était déjà Hitler avant sa prise du pouvoir. Il savait, lui aussi, haranguer les foules en les flattant. La seule différence est une question d’âge mais JLM compte dans son entourage quelques clones plus jeunes et tout aussi abominables que lui, qui rêvent de lui succéder en se gardant bien de le dire sous peine de décapitation immédiate.

    Le plus inquiétant aussi est que, voici deux ans, pour que la macronie ne coule pas après une dissolution aberrante, le parti présidentiel est allé jusqu’à se compromettre dans une alliance tacite avec lui lors de législatives qui ont politiquement malmené notre Ve République, bâtie sur le bipartisme. Le résultat ne s’est pas fait attendre : LFI est libre de ses mouvements et Mélenchon tient le haut du pavé sous prétexte, par exemple, qu’en affirmant ce lundi qu’il faut protéger les jeunes de « la sauvagerie de la police », il ne fait qu’exercer sa liberté d’expression.

    Même le président de la République, qui, constitutionnellement, est garant de l’ordre public, se contente d’un maigre rappel à la loi — « la violence n’est jamais légitime », a-t-il dit ce midi — en réponse à un énergumène élu qui est allé encourager des émeutiers dont la violence, avait-il osé, est « légitime ».

    Le plus inquiétant enfin est que, quand il s’agit d’infractions et de délits commis par cette mouvance factieuse, la justice — il est vrai rarement saisie — semble avoir égaré la partie du Code pénal qui assure la sécurité de l’État, le respect de ses institutions et la protection des citoyens, tant leur intégrité physique, leur dignité que leur droit de s’exprimer. Il est de notoriété publique qu’une partie non négligeable des magistrats est politiquement peu ou prou en parfait accord avec la ligne brun-rouge de JLM et que leurs décisions en sont grandement influencées. Mais quid de leurs confrères ne partageant aucunement ces dérives ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne portent pas bien haut le pavois…

    Le plus inquiétant donc est que le plus important scrutin présidentiel depuis 1981, qui engagera définitivement l’avenir de notre nation, s’organise sous la menace insuffisamment combattue d’une secte anti-républicaine. La pré-campagne est déjà très fortement polluée, JLM parvenant, pratiquement chaque jour, à faire la une de l’actualité. Dernière « réussite » en date : son discours, ce mardi, place de la République, au départ d’un défilé organisé par une intersyndicale de fonctionnaires ne comprenant pas que des « rouges »…

    À souligner, à cet instant de la réflexion, le rôle ambigu des médias. Que les rédactions de gauche relaient intensément les diverses manœuvres de JLM, soit. Mais pourquoi celle de CNews a-t-elle diffusé en direct et en intégralité le discours d’un dirigeant politique qu’elle combat ? La réponse est simple : la peur d’une remontrance de l’Arcom à propos du respect sur l’antenne de la sacro-sainte égalité des diverses opinions. Est-il faux de dire que, dans ce cas précis, l’institution si farouchement « indépendante » a obligé la diffusion de propos portant préjudice à notre République et, en particulier, aux forces de l’ordre ?

    Il ne faut se faire aucune illusion. JLM, qui sait qu’il va vers une déculottée majeure, continuera — ne serait-ce que pour cette raison — à « bordéliser » le climat politique jusqu’à la dernière minute du dernier jour de la campagne et rien de bien sérieux ne lui sera opposé. Cette situation, certes inadmissible, ne peut que renforcer le RN et la droite, à condition toutefois que leurs dirigeants sachent garder leurs nerfs face aux coups bas qu’ils recevront, et pas seulement de JLM et de ses soutiens. Celui porté par Mediapart n’est probablement qu’un hors-d’œuvre.

    Reste la suite… le jour d’après… et le « troisième tour » déjà promis et déjà préparé par JLM. Pour l’heure, il est difficile de prévoir l’ampleur de la « révolte » qu’il tentera de déclencher. Tout dépend du degré de responsabilité des syndicats, de la loyauté de la haute fonction publique et du civisme des citoyens ayant le cœur à gauche. Une seule chose est sûre : aucun policier, aucun gendarme, aucun militaire ne se rangera à ses côtés. Même s’il vocifère encore une fois : « La République, c’est moi ! ».

  15. @ RR

    D’autres infos me parviennent à l’instant, d’après ce que je vous ai écrit avant : on aurait vu Jordy sortir d’une banque russe à Mochecou ; malgré sa cagoule et son masque, on l’a reconnu. Sa démarche nazie, bras tendu, au pas de l’oie, l’a trahi. On vous fournira les preuves après le dépouillement des caméras de surveillance ; cette fois, on le tient !

    Une autre info d’extrême importance, preuve de l’extrême antisémitisme de Jordy : allah fête de l’école, ce manant, ce maraud, aimait se déguiser en Rabbi Jacob, le même que Louis de Funès, chapeau rond à papillotes, pour caricaturer les juifs, encore une extrême preuve de son extrême antisémitisme.

    Dès que j’en aurai d’autres, vous serez le premier servi, vous le méritez.

  16. L’affaire Bardella fait vendre, c’est indéniable, mais sur le fond, la cible est en coton hydrophile et n’encaissera pas de choc. Le public qui soutient le ticket Le Pen-Bardella à la présidentielle (35 % puis 70 contre JLM) est parfaitement étanche à ce genre d’insinuations qui ne sortent manifestement que pour lui nuire. Contrairement à la classe médiatique, l’opinion n’est pas en alerte sur l’antisémitisme. Il se pourrait même que la perversité naturelle de l’électeur taquin ne le mobilise plus encore en leur faveur.

    En vrai, Kelly Betesh, sa première copine, comme lui militante au Front et qui ne le quittait jamais, nie que ce genre de propos ait été tenu dans leur équipe du 9-3 pendant la période concernée (2012-2013). On peut la croire, et le profil de JB jeune ne se prête guère à ces outrances ; mais certains savent aussi solliciter des propos hors contexte pour parvenir au bout de leur démonstration. On verra bien puisque les rédacteurs sont assignés.

    Dans le cas où les journalistes auraient été enfumés par des militants purgés du parti par l’équipe Bardella, Mediapart y perdrait des plumes, ce qui n’inquiète personne, mais peut-être que cette affabulation boosterait le score de premier tour jusqu’à se rapprocher plus encore d’une majorité plus tout à fait relative.

    Finalement, aurait-il dit vraiment que les banques sont aux mains des juifs que la réaction probable de l’électorat frontiste serait plutôt de demander si ce n’est pas la réalité que de s’en offusquer.

  17. @ Robert Marchenoir
    « À cette époque, en effet, Alain Soral, l’antisémite rouge-brun bien connu, avait une influence considérable chez les jeunes du Front national. »

    Il est vrai que le Front national n’a jamais été capable de former doctrinalement ses militants. Ça se résumait aux quelques livres de Jean-Marie Le Pen, c’est dire !
    Maintenant, ce sont sans doute ceux de Marine Le Pen et « de » Jordan Bardella !

  18. @ Tipaza

    Avez-vous écouté Milei interviewé par Rochebin ?
    https://youtu.be/RmyZm-hzdj0?t=2467

    Il se trouve qu’au moment de traverser la mer Rouge, Moïse n’avait pas encore reçu les Tables de la Loi.
    Ce n’est pas une ânerie, c’est le texte, et les références de Milei sont tout à fait intéressantes, dans la mesure où elles indiquent le moment que vivent les Argentins. Il reconnaît par ailleurs qu’il n’est pas normal qu’un libertarien comme lui soit président, mais que cela est dû à l’effondrement économique invraisemblable auquel en était réduit son pays.
    https://youtu.be/RmyZm-hzdj0?t=679

    Courage Tipaza, encore quinze siècles et vous arriverez à l’Évangile, quand l’idée du dieu dominateur sera reconnue pour ce qu’elle est : une erreur.

  19. Robert Marchenoir

    Prodigieusement rigolo : Jordan Bardella, accusé d’antisémitisme par Mediapart, est défendu par… le ministre israélien de la lutte contre l’antisémitisme. Je ne sais pas comment les gauchos vont faire pour se sortir de ce guêpier.

    Un certain nombre de bons connaisseurs de l’extrême droite, dont je ne suis pas, nous expliquent qu’il n’est pas invraisemblable que Jordan Bardella, à l’âge de 17 ans, ait tenu les propos antisémites que lui prête Mediapart. À cette époque, en effet, Alain Soral, l’antisémite rouge-brun bien connu, avait une influence considérable chez les jeunes du Front national.

    Toutefois, disent-ils, il est parfaitement normal d’avoir des opinions erronées à 17 ans, et de les avoir reniées à 31 ans. Si c’était le cas, poursuivent-ils, il aurait dû adopter la défense suivante : tout le monde a pu dire des bêtises quand il était jeune, cela fait longtemps que j’ai rejeté ces sottises et toute ma vie politique en témoigne.

    Soyons clair : si l’antisémitisme est condamnable car dangereux, ce n’est pas prioritairement parce que ses partisans penseraient que les banquiers juifs dirigent le monde (l’un des propos attribués à Bardella par Mediapart). C’est avant tout dans la mesure où une telle croyance encouragerait les musulmans dans leur entreprise d’asservissement du monde en général, et de la France en particulier.

    Or, Bardella ne pense plus que les banquiers juifs dirigent le monde, s’il l’a jamais pensé, et, surtout, on ne peut guère l’accuser de complaisance envers l’islam totalitaire, subversif et conquérant (même si on peut le considérér comme un peu mou du genou dans le domaine de la lutte anti-musulmane). C’est bien ce qui compte pour élire un gouvernement.

    Après tout, il ne manque pas d’antisémites traditionnels (ceux qui pensaient, justement, que les banquiers juifs dirigeaient le monde) qui se sont engagés dans la Résistance, comme l’a montré l’historien juif Simon Epstein dans son livre Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance.

  20. Ce matin, la une prémonitoire de Charlie, pour ceux qui pensent que MLP va les guérir des écrouelles : les miracles sont à Lourdes. Au mieux, elle participera un peu plus à la gabegie du pays et, surtout, pour tout cadenasser comme jamais cela n’a existé, elle ne s’embarrassera pas de toutes les fadaises qu’elle a pu raconter avant. Bon miracle à tous après le Nouvel An !

    Et puis il y a l’autre, Méluche, détesté aussi brutalement par Charlie. Il va tous nous faire plaisir : il adore le Venezuela et Cuba. Son soutien de longue date à la révolution bolivarienne d’Hugo Chávez, puis son refus de qualifier clairement de dictature le régime de Nicolás Maduro ou le pouvoir cubain, le positionnent un peu mieux sur ce qui attend les cinglés qui voteront pour des diatribes superficielles qui le font paraître comme un tribun d’opérette.
    Au fond, il est comme le Cinglé, et dire qu’il en est certains pour penser qu’il allait les faire rêver. Tous aux fers ! Nous en reparlerons.

    Bien sûr, l’opacité habituelle de ces deux partis, la mainmise sur tout ce qui se mettra en travers de leur route. La comptable MLP, qui ne sait toujours pas compter, et le tribun pour midinettes en mal de mots d’amour, avec le goulag en guise de perspective, à la sauce française.

    De l’emphase creuse de Villepin, pusillanime, aux mots et phrases de tribun de bazar de Méluche, les mêmes que Trotski pour le second, juste ce qu’il faut pour les adapter aux couillons qui l’écoutent.

    On va vivre des moments formidables. Pour exister, il faut être du côté du Cinglé ; les deux lui caressent le poil. On doit aimer beaucoup les prisons et l’arbitraire dans notre pays.

  21. @ sylvain

    Inutile de vous fâcher pour ça, je n’ai donné que mon avis sur la nature des fuites.
    Cette affaire ne me concerne en rien et que Jordan Bardella ait tenu ou non ces propos m’indiffère totalement. Ce que je peux vous assurer en revanche, c’est que je ne suis pas de ceux qui iraient donner la moindre information à Mediapart.

  22. Les maximes politique de JLM sont les mêmes que celles du cardinal de Retz.

    « Il me vint une pensée entre la porte Saint-Jacques et Saint-Magloire, qui fut de contribuer sous main en tout ce qui seroit en moi à la paix, pour assurer l’État, qui me paroissoit sur le penchant de sa ruine ; et de m’y opposer en apparence pour me maintenir avec le peuple, et pour demeurer toujours à la tête d’un parti non armé, que je pourrois armer et ne pas armer dans la suite, selon les occasions ».

    S’il avait vécu les émotions de la Fronde, JLM eût sûrement brigué la barrette de cardinal. Son athéisme ne l’eût point gêné : Gondi ne croyait pas à grand-chose non plus. Assurément, son audace inouïe lui eût fait obtenir le premier rang sur le pavé. Il eût fait des barricades et des harangues, conduit le peuple devant le Louvre, enfin c’eût été pour un mois le roi de Paris. Hélas ! Avec peu de fortune, et encore moins d’esprit, ses espoirs se seraient trouvés infiniment au-dessus de sa capacité. Le voyant faire le fanfaron et le téméraire devant Anne d’Autriche en lui parlant sans égards pour la Majesté Royale, Mazarin, qui n’avait point les pudeurs de rosière de certains de ses successeurs, l’eût fait bientôt serrer en geôle à Vincennes – ou plutôt au Châtelet, là où l’on mettait les roturiers…

  23. @ Robert Marchenoir
    « Ce n’est pas inéluctable : les États-Unis ont un problème de subversion islamiste depuis des années, et Donald Trump a réduit pratiquement à zéro l’immigration légale musulmane. »

    Les États-Unis ont un problème d’antisémitisme massif.
    Et pendant qu’ils vous amusent avec les mecs en robe, ils s’excitent sur les mecs en papillotes…

  24. @ Aliocha
    « On comprend facilement que ce n’est pas par Moïse (…) qu’on pourra arrêter ceux qui légitiment la violence… »
     
    Surtout que le Moïse en question en avait marre de faire le boulot.
    Écoutez ce qu’il disait au Grand Barbu :

    « Et, debout devant Dieu, Moïse ayant pris place,
    Dans le nuage obscur lui parlait face à face.
    Il disait au Seigneur : “Ne finirai-je pas ?
    Où voulez-vous encor que je porte mes pas ?
    Je vivrai donc toujours puissant et solitaire ?
    Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre.” »

    Renseignez-vous avant de dire des âneries.

  25. hameau dans les nuages

    Je voudrais dire une bonne fois pour toutes à tous les intervenants de ce blog : « La République c’est moi ! »

    Ceci dit, je m’en retourne à mon chantier. Non mais oh ! Faut pas déc*nner !

  26. @ RR le 29 septembre 2026
    « À mon avis, Mediapart tient ses informations de dénonciations de militants ou d’ex-militants hostiles à Bardella. La suite montrera si les informations en question sont vraies ou fausses. »

    J’ai mieux comme preuve de son antisémitisme : tout bébé, notre Jordy, de colère, avait jeté sa tétine sur sa nounou qui était juive. C’est elle qui, de rage, est à l’origine de la chasse à courre anti-Jordy. Si ça peut aider les anti-RN de ce blog, je suis frais et dispo pour vous envoyer des messages cash et casher, c’est ma mission divine : aider tous les ceusses qui sont en panne de neuneurones.
    Mais je ne vais pas en rester là : pitète ben que ce gougnafier a des origines russes. Bon sang, mais c’est bien sûr : « célérusses » ! Je continue mes recherches, à plus !

  27. « Débatteur brillant », « intelligence cynique et dominatrice », « son talent »… (PB)

    Arrêtons de donner des qualificatifs élogieux à J.-L. Mélenchon.

    Ainsi que vous le reconnaissez vous-même, Philippe Bilger, le gourou de LFI a une haute opinion de lui-même, alors inutile d’en rajouter. Son ego est déjà au maximum.

    Quant à « sa cour », si l’on excepte peut-être Manuel Bompard, elle est loin d’être constituée de premiers de la classe. L’inculture le dispute à la bêtise dans les rangs des élus de LFI, aussi bien nationaux qu’européens.

    Un régime démocratique comme le nôtre, où l’opinion de chacun est systématiquement suspectée d’abriter des idées malsaines (racisme, antisémitisme notamment), où une simple phrase, peut-être mal formulée, est détournée de son contexte, a pour conséquence de créer une situation inextricable dans laquelle il devient difficile de distinguer ce qui est bien de ce qui est mauvais pour notre société.

    La forme prime sur le fond. Tout est fonction du talent oratoire des personnalités qui s’expriment.
    Nous pouvons l’observer notamment lors du débat de l’entre-deux-tours, où le président élu est celui qui a su trouver la répartie qui fait mouche auprès des électeurs.

    Tout laisse à penser qu’il en sera de même cette fois-ci.

  28. On comprend facilement que ce n’est pas par Moïse, avant que ne lui soient transmises les Tables de la Loi, qu’on pourra arrêter ceux qui légitiment la violence et démontrent par là qu’ils ne sont pas à même de gouverner.

    Même soutenu par les nouveaux empereurs, Milei ne sait que mimer leur transgression.
    Or, la transgression ne saura jamais éradiquer la transgression, quand la violence ne sait qu’engendrer la violence.

    Sans Milei, Mélenchon n’existe pas, et réciproquement.
    Même phénomène entre la gauche et la droite, la finance et ses adversaires, les juifs et les musulmans, les Noirs et les Blancs, les homos et les hétéros, les chrétiens et les athées, la femme et son mari, quand le divorce les rend semblables dans la transgression.

    Il nous reste donc à devenir ce que nous sommes, ici, en France : définitivement incroyants en la violence, rétablissant l’État dans son droit démocratique, seul légitime à exercer la force au nom de la loi républicaine.

    Chacun pourra alors vivre paisiblement sa différence, dans le respect reconnu de cette transcendance inaliénable.

  29. Et si tout venait de là ?
    Mitterrand n’a jamais voulu de Mélenchon dans ses gouvernements !
    Le ressort de sa rancœur !
    « Marchez votre chemin, Monsieur ! » Et si ce mot célèbre, lancé à Jean-Luc Mélenchon par François Mitterrand peu de temps après son entrée à l’Élysée, avait été non pas un encouragement, mais un avertissement : « Vous ne compterez jamais parmi les miens ! »

  30. Je partage votre analyse. Mélenchon ne pense pas une seconde qu’il sera président de la République. Il joue le coup d’après. Il est devenu un agitateur qui trouve dans certains milieux (lycéens, immigrés) un terreau favorable. Son seul objectif est de créer du désordre, au besoin par la violence. Il sera probablement débordé par ses troupes, plus jeunes et plus violentes que lui.

  31. Robert Marchenoir

    Mohamed Louizi explique l’immense réseau de subversion islamiste en lien avec l’étranger qui se cache derrière LFI :

    https://x.com/MohamedLOUIZI/status/2029900432932225075

    C’est un problème de sûreté nationale qui va bien au-delà de l’élection présidentielle, et toute l’Europe est touchée. Ce n’est pas inéluctable : les États-Unis ont un problème de subversion islamiste depuis des années, et Donald Trump a réduit pratiquement à zéro l’immigration légale musulmane.

  32. Et si c’était le contraire ? Jean-Luc Mélenchon ne fait pas peur : c’est lui-même qui a peur de ne pas franchir la barrière du premier tour pour accéder au second lors de l’élection présidentielle de 2027. Et il a raison d’avoir la trouille.

    Pour faire croire qu’il est l’homme de la situation, après l’avoir noircie pendant ses discours et dans les faits, il enfile, dès que cela l’arrange, une cape de velours doublée de poils piquants de hérisson pour lui servir de bouclier.

    Ces extrémistes de gauche pro-Staline savent que, pour ne pas se faire démasquer, ils doivent dissimuler leur véritable visage, tout comme leurs casseurs et incendiaires encapuchonnés, aux visages masqués et téléguidés par la secte de Mélenchon. Ils ne sont que des ennemis d’une France qu’ils détestent. Mais pas de notre argent, qui leur est distribué à tort et à travers.

    Rassurez-vous, ce n’est ni dans la Russie de Poutine, ni en Chine, ni en Corée du Nord qu’ils iraient s’installer pour découvrir leur nouveau paradis. Derrière les barreaux dès les premiers faux pas…

  33. Mélenchon est un de ces obsolètes fanatiques qui croient encore qu’on peut construire un monde solidaire et fraternel dans lequel tout le monde aimera tout le monde et où, comme le croyait un désarmant communiste de l’entre-deux-guerres, il n’y aura plus de chagrins d’amour parce qu’il n’y aura plus personne d’assez méchant pour faire souffrir quelqu’un d’autre.

    C’est en cela que Mélenchon est un fossile. C’est pour cela qu’il faut l’inscrire au patrimoine mortel de l’humanité. Et ne pas le laisser risquer sa vie en faisant de la politique.

    La France : un des derniers pays à avoir reconnu les crimes du communisme, à avoir encore un Parti communiste, à rêver encore de communisme.

    Mélenchon, c’est Georges Marchais remasterisé trente ans plus tard.
    C’est dire à quel point on se renouvelle.

  34. Deux entreprises identiques, MLP & JLM, deux entreprises bien opaques pour gouverner… La première nettoiera sans doute tous les dossiers compromettants qui traîneraient dans les couloirs si elle prend le pouvoir ; le second fera pareil.

    Pour les en déloger, ce sera une sacrée paire de manches. Deux entreprises identiques : ils ne vont pas se gêner pour faire tous les tiroirs et ils occuperont, comme le font leurs homologues du Cinglé et les autres du même calibre, l’information, la police et la justice… « Je suis la République ! »… Bien sûr. Et ceux qui pensent qu’ils seront aidés par lui comprendront, mais un peu tard, qu’on ne les y reprendra plus.

    Pour le clan MLP, ce seront les mêmes objectifs et, quand tout sera bien cadenassé, les couillons pleurnicheront. L’une et l’autre ont tout à prendre et rien à donner. Et ils sont voraces, les bougres ! On en reparlera.

    Deux clans, les mêmes objectifs : eux et rien d’autre. Tout le reste est littérature.

  35. @ Attila
    « Parler de « boules puantes » pour qualifier les révélations sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, c’est particulièrement léger et irresponsable. »

    Disons-le clairement : tous ceux qui ont fréquenté ce que l’on appelle l’extrême droite, disons traditionnelle, dans laquelle j’inclus, à l’instar de François Duprat, le Front national (pour le RN, c’est peut-être devenu différent), savent que les propos attribués à Jordan Bardella y étaient monnaie courante. Ce qui n’était pas le cas dans les milieux nationalistes révolutionnaires, alors que, paradoxalement, ces derniers, que j’ai également bien connus et qui m’ont formé, soutenaient à fond la cause palestinienne.

    À mon avis, Mediapart tient ses informations de dénonciations de militants ou d’ex-militants hostiles à Bardella. La suite montrera si les informations en question sont vraies ou fausses.

    1. Hypothèse plausible !
      En tout état de cause, la véracité ou non des propos de Bardella n’a qu’un intérêt subalterne. L’intéressant est de jauger le comportement de la majorité de la presse écrite, parlée ou télévisée.
      Souvenons-nous du calvaire subi par Dominique Baudis, crucifié par une meute de chacals, eux-mêmes aiguillonnés par l’ordure Plenel.
      La seule question qui vaille est : quand mettra-t-on hors d’état de nuire la racaille de Mediapart ?

  36. Robert Marchenoir

    Comme quoi, le gauchisme n’est pas uniquement affaire de politiciens cyniques avides de se faire élire pour profiter des avantages du pouvoir. L’idéologie, le vertige de la destruction jouent un rôle central.

    Comme disait le grand philosophe de l’Antiquité Javier Milei : les gauchistes sont des m…, ils veulent vous tuer. Ça a l’air un peu brut de décoffrage, mais cépafo.

    J’en veux pour preuve les hallucinantes images que vient de nous offrir Bally-Balo va t’en vélo, le bon copain à Jean-Luc Mélenchon, à l’occasion du blocus des lycées en Seine Saint-Denis. Campant au milieu des enfançons de la Nouvelle France, 100 % noirs et marron, qui hurlent qu’ils manquent de « moyens » à l’instant même où ils les détruisent, il déclare : « La violence peut être légitime » (et si les lycéens s’y livrent, il faut les excuser : ce sont des enfants, ils ne savent pas).

    Un peu plus loin, « Monsieur le maire », hilare, entame une danse endiablée avec sa clientèle, juste devant une poubelle qui brûle.

    À un autre moment, il entoure d’un bras protecteur une fille grassouillette appartenant à une race qui n’existe pas. Face à la caméra, elle hurle qu’elle est « déçue par l’État » qui lui « envoie des brochettes de policiers », à elle et à ses camarades, alors qu’elle ne fait que « revendiquer ses drouâs ». À côté d’elle, une autre victime du suprématisme blanc, au visage intégralement caché par une capuche, un masque médical et des lunettes de soleil à la mode (ce qui est illégal dans l’ancienne France), déblatère elle aussi contre « les forces de l’ordre ».

    Et le plus extraordinaire : un bras secourable entre soudain dans le champ, et éponge le front des deux comédiennes adolescentes à l’aide d’un mouchoir en papier. Elles disposent de leur maquilleuse bénévole… Ils ne se cachent même plus : c’est Pallywood en Seine Saint-Denis. Une mise en scène soigneusement calibrée pour les médias.

    Finalement, Bally Bagayoko est porté en triomphe par les « lycéens révoltés », telle une star de rock ou un roi nègre.

    Ailleurs, on le voit exhorter un groupe de Soninkés en costume traditionnel à entrer en politique. C’est son ethnie, mais il s’agit d’un hasard, sans doute. La politique réduite au clientélisme tribal. L’africanisation des moeurs jusque dans le processus électoral, encouragée par le grand intellectuel Jean-Luc Mélenchon. Mais à part ça, c’est nous qui sommes « racistes »…

  37. Il est clair que J.-L. Mélenchon a bien compris qu’il ne sera pas le prochain président de la République, même s’il espère toujours accéder au second tour, vu les tergiversations des candidats du PS, de LR et des partis de la majorité présidentielle.

    En fait, son objectif se situe après l’élection présidentielle : créer un climat insurrectionnel destiné à renverser la Ve République pour imposer la VIe, qu’il appelle de ses vœux depuis plus de vingt ans et dans laquelle il pourra introduire un régime clairement totalitaire.
    Pour cela, il compte bien s’appuyer sur une jeunesse en pleine révolte, totalement acquise à ses idées suicidaires.

    Mais la visite de quatre jours du pape Léon XIV en France a montré que, dans sa majorité, le peuple français compte bien conserver les valeurs républicaines de la Ve République et aussi ses racines chrétiennes.

    Toute la difficulté pour le prochain chef de l’État consistera à contrer son pouvoir de nuisance tout en respectant les principes de la démocratie. Pas facile !

  38. Monsieur Mélenchon, en bon révolutionnaire influencé par le marxisme-léninisme, sait parfaitement jouer sur les deux tableaux, dont celui du loup affublé des oripeaux de l’agneau, quand il le faut pour tromper les benêts.

  39. Parler de « boules puantes » pour qualifier les révélations sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, c’est particulièrement léger et irresponsable. L’antisémitisme n’est pas un détail de campagne ni un « coup bas », c’est un délit et une question de salubrité publique.
    ​Vouloir balayer ces faits en accusant Mediapart d’être au service de Mélenchon relève du pur procès d’intention : le journal a prouvé à maintes reprises son indépendance en publiant des enquêtes tout aussi dévastatrices sur la gestion interne ou les comptes de campagne de La France Insoumise. Révéler la face cachée ou le passé des personnalités qui prétendent gouverner le pays est le travail normal de la presse d’investigation, peu importe le parti visé.

  40. Jean-Luc Mélenchon a totalement adopté la stratégie électorale développée par le think tank Terra Nova, consistant à chercher son électorat dans l’immigration, en prenant acte que l’électorat ouvrier, et plus généralement prolétaire, était définitivement perdu pour la gauche dite de gouvernement et qu’il fallait donc le remplacer par le premier.
    De plus, cela correspond parfaitement à la pensée profonde de ce personnage : profondément hostile à tout ce qui représente l’identité de la France, à laquelle il se sent étranger.

    Pour le reste, ex(?) trotskiste, membre du Grand Orient, ancien du Parti socialiste et, bien sûr, partisan du wokisme.

    Bref, cet homme est un ennemi de la France.

  41. Jean-Luc Mélenchon semble avoir fait de la tension permanente l’un des instruments ordinaires de son action. Son intelligence politique n’est guère contestable, son éloquence moins encore. Précisément pour cette raison, ses paroles doivent être examinées avec davantage d’attention que celles d’un tribun médiocre. Le talent n’absout rien. Il accroît la responsabilité de celui qui sait exactement quelle force les mots peuvent exercer sur les foules.

    L’épisode des lycées en fournit une illustration récente. Le mouvement né de revendications réelles — postes non pourvus, conditions d’enseignement, inquiétudes liées à Parcoursup — s’est étendu à quelque 180 établissements. Des violences ont parallèlement été signalées, avec dégradations, tirs de mortiers et 164 interpellations selon le ministère de l’Intérieur. Dans ce contexte déjà inflammable, Jean-Luc Mélenchon a qualifié l’action gouvernementale de « répression irresponsable », évoqué un « arrière-goût raciste évident » et appelé ses élus et militants à « s’interposer partout où ils le pouvaient ». Le gouvernement accuse LFI d’instrumentaliser la mobilisation. Les responsables insoumis répondent qu’ils défendent des lycéens injustement réprimés. Une responsable du SNES-FSU, refusant précisément cette alternative sommaire, a dénoncé l’escalade politique des deux camps et appelé au dialogue.

    C’est ici que se situe le problème politique essentiel. Une démocratie connaît la colère, la grève, la manifestation, parfois même l’excès. Sa grandeur consiste justement à transformer le conflit en délibération. Mais celui qui aspire à gouverner doit savoir que toute parole jetée dans une foule n’est pas seulement une opinion : elle devient une permission possible, une frontière déplacée, quelquefois une justification. Il existe une différence profonde entre comprendre une colère et l’exalter, entre défendre le droit de protester et faire de chaque confrontation la preuve d’une oppression générale. Lorsque le vocabulaire politique ne connaît plus que la répression, le racisme, la brutalité, l’insurrection morale et les rapports de force, il finit par rendre suspect le langage même de la mesure. La République cesse alors d’être une maison commune imparfaite que l’on réforme. Elle devient le théâtre perpétuel d’un affrontement entre coupables et victimes.

    Cette disposition se retrouve dans la politique internationale, où elle prend une gravité supplémentaire. Le 23 septembre 2026, Jean-Luc Mélenchon a suggéré que les « tirs en profondeur de l’Ukraine » pouvaient contribuer à l’accroissement de la menace russe. Devant la controverse, il a affirmé avoir volontairement provoqué la réaction médiatique, tout en rappelant qu’il était favorable au retrait russe du territoire ukrainien et en demandant l’interdiction des frappes ukrainiennes de longue portée. LFI rappelle de son côté avoir condamné l’agression russe dès son commencement. Mais son histoire parlementaire est plus complexe : ses députés se sont abstenus, en novembre 2022, sur une résolution affirmant le soutien à l’Ukraine et condamnant la guerre russe. En mars 2024, ils se sont opposés à l’accord de sécurité franco-ukrainien. Mathilde Panot a toutefois déclaré en septembre 2026 que le mouvement continuerait à soutenir le peuple ukrainien jusqu’à la fin de l’agression russe.

    L’autre interrogation porte sur une certaine conception du monde : celle qui soupçonne spontanément la puissance occidentale, cherche presque toujours derrière l’événement la responsabilité d’un système dominant et risque, à force de vouloir débusquer la faute de son propre camp, de brouiller une distinction pourtant élémentaire entre celui qui franchit une frontière avec son armée et celui dont le territoire est envahi. Le pacifisme n’acquiert sa noblesse qu’à la condition de ne pas demander principalement à l’agressé le prix de la paix. C’est tout le drame de certaines doctrines de non-alignement : conçues pour échapper aux blocs, elles peuvent finir par produire une étrange équidistance entre des situations qui ne le sont pas.

    La question de savoir si Jean-Luc Mélenchon « joue à faire peur » est finalement secondaire. Peut-être certaines provocations sont-elles calculées. Il l’a lui-même reconnu à propos de l’Ukraine en expliquant avoir cherché une réaction. Mais il n’est nul besoin de lui attribuer un plan caché pour constater que sa stratégie repose fréquemment sur une intensification spectaculaire des oppositions. Il désigne puissamment, dramatise volontiers, personnifie les conflits, et transforme souvent une divergence politique en antagonisme moral. Cette méthode possède une efficacité redoutable : elle crée de la fidélité, donne à ses partisans le sentiment de participer à une bataille historique et maintient autour de lui une tension militante. Elle possède également son envers : une société constamment décrite comme un champ de bataille finit par se comporter comme tel.

    Les enquêtes d’opinion permettent d’ailleurs de mesurer ce phénomène sans qu’il soit besoin d’en tirer une prophétie électorale. Dans une enquête Ipsos bva réalisée du 31 août au 2 septembre 2026 auprès de 1 500 inscrits sur les listes électorales, 71 % des personnes interrogées déclaraient que Jean-Luc Mélenchon les inquiétait « beaucoup », proportion supérieure à celle observée pour les autres personnalités testées. Cette inquiétude touchait également une partie des sympathisants du Parti socialiste et des écologistes. Ce chiffre ne dit évidemment rien de ce que sera le scrutin de 2027 et ne constitue pas un jugement moral. Il révèle seulement que la stratégie du conflit a désormais un coût considérable en termes de perception publique.

    Le paradoxe devient alors saisissant. Un homme qui aspire à présider la République devrait, par définition, ambitionner de devenir le gardien d’institutions appartenant également à ceux qui le détestent. Un Président français n’est pas seulement le chef momentané d’une majorité : il reçoit entre ses mains la continuité de l’État, la diplomatie, les armées, la dissuasion nucléaire, les relations européennes et cette chose invisible mais décisive qu’est la confiance des citoyens dans la règle commune. Plus le pays est fragmenté, plus celui qui prétend le gouverner devrait mesurer ses mots. Plus les passions sont fortes, plus la fonction présidentielle exige ce que Montesquieu plaçait au cœur de tout gouvernement libre : la modération.

    C’est à cette aune que doit être examinée toute candidature à l’Élysée, celle de Jean-Luc Mélenchon comme les autres. Non à travers les caricatures que ses adversaires construisent de lui, ni à travers la légende que ses fidèles construisent autour de lui, mais en confrontant ses propositions, ses votes, ses déclarations et sa conception du conflit à la nature très particulière du pouvoir qu’il sollicite. Gouverner n’est pas seulement conquérir. Gouverner consiste surtout à empêcher que les passions particulières ne détruisent ce qu’elles prétendent sauver.

    Bernanos savait que les grandes défaites politiques commencent souvent bien avant l’effondrement des institutions, lorsque les mots perdent leur poids et que l’indignation devient une monnaie trop facile. Chateaubriand, qui avait connu suffisamment de révolutions pour se défier des vertus proclamées par tous les camps, savait quant à lui combien la politique devient dangereuse lorsqu’elle prétend substituer la ferveur à la mesure.

    La France de 2027 aura sans doute assez de difficultés véritables pour ne pas avoir besoin qu’on lui en invente d’autres. La question décisive ne sera donc pas de savoir quel candidat sait le mieux mettre le pays en colère, mais ce que chacun ferait de cette colère une fois les portes de l’Élysée refermées derrière lui.

  42. Marc Ghinsberg

    Cher Philippe,

    Au détour de votre billet, une incise en dit plus long que le billet lui-même : Mediapart et ses « boules puantes d’ancienne date, vraies ou fausses ». D’ordinaire, lorsque le RN est attaqué sur son passé sulfureux, vous montez au créneau. Vous rappelez alors que Marine Le Pen l’a dédiabolisé et qu’on ne juge pas un parti sur ses fantômes. Cette fois, rien de tel. Il n’y a qu’une parenthèse, et ce « vraies ou fausses » qui ressemble fort à une suspension de jugement.

    C’est que vous connaissez bien Mediapart. On peut lui reprocher ses obsessions, le choix de ses cibles, son ton de procureur. On ne peut guère lui reprocher de s’aventurer sur un tel terrain sans disposer de pièces solides. Jordan Bardella conteste, parle de faux et dit avoir porté plainte.

    Mais un tel dossier vise le président du parti, le Premier ministre promis de Marine Le Pen. Qu’il puisse seulement exister oblige à s’interroger sur la vraie nature de la dédiabolisation : conversion ou ravalement de façade ? Vous ne pourrez longtemps garder le silence sur ce point. Chez vous, ce silence est déjà un commentaire.

    Sur Jean-Luc Mélenchon, je partage le constat, pas le diagnostic. Comme Olivier Faure, il tient, selon moi, les dés pour jetés : Marine Le Pen a gagné la présidentielle. Du moins le croyait-on avant que l’affaire Bardella ne vienne peut-être rebattre les cartes. Sa stratégie n’est pas suicidaire, elle est à double détente. Il y a d’abord le chaos, dont Marine Le Pen sera la bénéficiaire immédiate. Viennent ensuite les législatives. À l’instar d’Olivier Faure, il y jouera la carte du front républicain. Il s’y posera en seul interlocuteur possible des révoltés, et donc en seul capable de rétablir l’ordre qu’il aura lui-même contribué à défaire.

    Mon hypothèse est donc la suivante : JLM sait qu’il ne sera jamais président de la République. Il ne dilapide pas ses chances, il change de scrutin. L’Élysée lui est fermé, Matignon ne l’est pas. Il lui suffit pour cela de gagner l’Assemblée nationale.

    JLM ne joue pas à faire peur : il fait peur pour jouer plus tard.

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