Alain Bauer (AB) est intervenu longuement dans l’émission de Sonia Mabrouk, le 1er octobre, sur BFMTV. Elle l’a questionné et écouté religieusement. Sans doute le ton dont il use n’y est-il pas pour rien : tant il paraît assuré d’avoir raison et de dire le vrai, dans la forme, qu’on éprouve presque quelque scrupule à le discuter sur le fond. Comme il est omniprésent médiatiquement, on a parfois l’impression qu’il lui est facile de se donner lui-même raison en permanence…
Pourtant, certaines de ses analyses peuvent au moins engendrer de véritables interrogations. Trois notamment.
Elles concernent les violences urbaines de ces derniers jours, sans commune mesure avec les contestations lycéennes antérieures, et les dévastations d’établissements qui les ont accompagnées, sans parler des agressions contre les pompiers ni, comme on l’a appris le 2 octobre, du fait que quarante proviseurs ont été blessés.
De mon point de vue, il n’y a pas une instrumentalisation politique, mais bien davantage une incitation politique, en particulier de LFI, qui ne se contente pas de soutenir mais jette du feu sur le feu.
Quand AB, sur le ton de l’évidence, affirme qu’il aurait été très simple pour le pouvoir d’apaiser ce climat exacerbé et antagoniste en faisant nommer un médiateur qui, presque par magie, apaiserait tout, on peut douter de cet optimisme. Pour aujourd’hui comme pour les crises et les émeutes d’hier.

D’abord, il est peu probable que, dans l’incandescence, et plus encore à ses débuts, le choix de quelque personnalité que ce soit puisse être validé par les forces en présence. Surtout, que pourrait-il réellement tenter, alors que le propre des conflits actuels est de mêler des éléments qui leur sont spécifiques – par exemple les problématiques des collèges et des lycées – à d’autres qui leur sont étrangers, comme Gaza, ou la présomption de légitime défense pour la police.
Ensuite, cette idée chère à AB selon laquelle cette fureur collective comblerait le vide laissé par l’État est sujette à caution. Peut-on admettre ce constat ou doit-on, au contraire, considérer, et c’est pire, que l’État n’a pas disparu, mais que sa bonne volonté demeure sans effet, qu’il est impuissant et que le citoyen est condamné à lui dire sans cesse : « Pourrait faire mieux ! » ?
Une pensée iconoclaste surgit alors, qui ferait des actions prétendument efficaces du pouvoir l’équivalent de ces villages Potemkine qui faisaient illusion dans la Russie impériale. La folie et les violences, qui n’ont déjà que trop duré, ne remplacent pas le vide : elles s’ajoutent à l’impuissance.
Enfin, il est permis de récuser ce qui est, en définitive, une banalité, d’apparence originale et provocatrice, mais fausse. Peut-on réellement soutenir que le chaos vindicatif et destructeur d’aujourd’hui n’est pas seulement ce qu’il est, mais qu’il représente la création d’un autre ordre qu’il conviendrait, d’une certaine manière, de saluer tout en dénonçant le désordre qui l’a produit ?
En forçant le trait, on pourrait appliquer cette grille à toute incohérence sociale, à toute criminalité à la fois sauvage et organisée.
C’est précisément cette spontanéité sans limites, cette fureur sans fil directeur autre que la libération de certains instincts, d’une haine et d’une contestation s’égarant sur mille chemins, qui rendent difficilement maîtrisable ce prétendu ordre, ce vrai dérèglement…
Sur ces trois sujets, ce n’est pas offenser AB que d’oser la contradiction. Mais, et c’est un comble, cet expert mis à toutes les sauces n’est pas loin de faire trembler celui qui s’autorise quelques doutes face à une science proférée comme une vérité laïque.
Gilles Platret, maire de Châlon-sur-Saône, ancien membre des Républicains, interrogé sur le mouvement lycéen : « Nous sommes entrés dans une période insurrectionnelle ».
@ Robert Marchenoir
Pour votre information, au cas où vous auriez oublié ce que déjà je vous signalais, la numérotation concerne les versets, pas les notes de bas de page :
20Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas?
https://saintebible.com/lsg/1_john/4.htm
Bonne lecture.
@ Mary Preud’homme
Quel rapport ? Je ne me présente à aucune élection et je ne suis pas un homme public.
@ RR
« En ce qui me concerne, j’ai connu des anciens du Front de l’Est (toutefois nullement obsédés par la « Question » contrairement à ce que certains s’imaginent) et je n’ai aucune intention de le nier même publiquement. »
Voilà un gars qui prétend n’avoir aucune intention de nier publiquement son passé sulfureux et qui écrit anonymement…
Encore un courageux pas téméraire aire aire !
Alain Bauer, au fond, il peut raconter ce que bon lui semble, par contre celui-ci il nous prend vraiment pour de fiéffés imbéciles. Deuxième personnage de l’État depuis des lustres, il en vit et nous en crevons, comme si pour la dette il n’y était pour rien ! À vomir ! Lui n’est pas le technicien de surface de son palais, il prend quand même une bonne part du désastre du pays. Et il nous donnerait des leçons de maintien ?!
https://www.msn.com/fr-fr/actualite/other/g%C3%A9rard-larcher-tire-la-sonnette-d-alarme-la-dette-publique-fran%C3%A7aise-inqui%C3%A8te/ar-AA2dJWCj?ocid=msedgdhp&pc=EDGEESS&cvid=6ac63c36ebe5496ca471cdd2ad89009d&ei=143
@ Robert Marchenoir
Vous avez raison. Mais que voulez-vous, ils me provoquent alors je leur réponds !
@ Ellen
J’irai même encore plus loin : le Duce, qui savait ce qu’il faisait (sauf à partir de la fin des années 30, où il n’était plus maître de son monde), plutôt qu’un pseudo-nationaliste comme Bardella, aurait bien préféré récupérer un Alain Bauer pour ses compétences, quand bien même haut gradé de la franc-maçonnerie.
De ce point de vue-là, on mesure la stupidité obsessionnelle du gouvernement — illégitime et illégal par ailleurs — dit de Vichy, aboutissant à l’exclusion de Georges Lapierre — dont M. Bauer a certainement entendu parler — de l’enseignement public, auteur d’un remarquable manuscrit d’histoire, hélas inachevé du fait de sa mort en déportation.
En revanche, les compétences de Bardella, hormis les selfies, on les cherche toujours.
@ RR – le 7 octobre 2026
« Jaloux de Bardella ? Non, mais vous aussi, vous délirez. Le Duce n’en aurait pas voulu. »
V’là aut’chose… Jusqu’à présent, c’était : imagine-t-on le général de Gaulle en train de… Maintenant, c’est : le Duce n’en aurait pas voulu. Remarquez, Hitler ou Staline n’en auraient pas voulu non plus, donc je vois mal ce que vous essayez de démontrer.
Bientôt : Platon n’en aurait pas voulu comme compagnon de beuverie ? Remarquez, on a déjà Aliocha qui pense que « le petit Jésus ne serait pas d’accord » est un argument en matière politique (surtout quand on est ignare comme lui en matière de christianisme).
Je veux bien que ce blog soit, comment le dire sans froisser personne… un repaire d’individus riches de leur passé, mais il faudrait peut-être commencer à réaliser que la politique, c’est affaire de présent et d’avenir.
Je me réjouis à l’avance d’une entretien AB-PB. Génial !
@ Ellen
Ce n’est pas moi qui parasite les commentaires, mais les pro-RN qui font leur propagande sous des billets totalement étrangers au sujet (en quoi M. Bauer et Primo Levi sont-ils liés au RN ?). Et du coup, ils m’obligent à rectifier le tir.
Jaloux de Bardella ? Non, mais vous aussi, vous délirez. Le Duce n’en aurait pas voulu. Pas plus que de Marine Le Pen, d’ailleurs.
@ RR
Eh bien dites, vous êtes vraiment obsédé par cette affaire. On dirait que vous aimez bien la délation gratuite sans même avoir été témoin direct. À bon entendeur, si vous continuez à remuer votre passé de jeunesse, apparemment très reluisant d’après votre confession, et à charger gratuitement sans relâche Bardella, vous risquez nerveusement de souffrir de crampes d’estomac.
Lâchez-lui la bride et regardez devant vous au lieu de vous enfermer dans des idées sournoises. La jalousie est un vilain défaut. Peut-être que vous auriez aimé avoir autant de succès auprès des électeurs que Bardella et le RN.
Et écrire vos commentaires dans le billet concernant Alain Bauer est une faute d’inattention. Vous voulez peut-être que l’expert et professeur en criminologie vous enseigne que la délation gratuite, sans avoir été témoin direct, est un vilain défaut ?
Ne soyez pas jaloux. Si vous regardez devant vous, vous avez une chance de vous améliorer pour connaître le même succès que Jordan Bardella.
Faites attention de ne pas souffrir de crampes d’estomac. C’est nerveux chez vous ?
Bon, ça m’embête un peu de répondre à ce message hors sujet (rappelons que nous sommes sous un billet consacré à Alain Bauer, sans le moindre rapport avec la mauvaise tambouille du RN).
« Bardella Imperator, the big winner ! » (sylvain)
Le big c.. et surtout le big lâche, incapable d’assumer ses relations passées (à supposer qu’il ne les a plus). Quand bien même les messages n’émaneraient pas de lui ce qui est tout de même peu probable, ses relations n’ont nullement été inventées. En ce qui me concerne, j’ai connu des anciens du Front de l’Est (toutefois nullement obsédés par la « Question » contrairement à ce que certains s’imaginent) et je n’ai aucune intention de le nier même publiquement.
Le refus de notre réalité religieuse explique pourquoi nous ne repérons pas que notre dénonciation des comportements séditieux est la réplique de notre comportement séditieux.
Si chacun refuse ce à quoi la connaissance du phénomène religieux invite et qui concerne la sphère privée — la maîtrise de sa propre violence —, comment voudrions-nous que la sphère publique se débarrasse de l’idée fausse d’une divinité que la laïcité mal comprise imite ?
Ce qu’il y a à dire ici, tous, nous le savons : nous mourrons !
La créature consciente pourra se débattre avec cette réalité première, vouer la jeunesse au sacrifice pour éviter de mourir du Covid au motif qu’elle, elle vote : elle n’empêchera jamais l’inéluctable d’advenir.
Jusqu’à quand allons-nous nier notre réalité de mortels, quand chacun réclame pour lui-même ce qu’il ne peut qu’ôter à l’autre, quand la jeunesse, prise dans la même méprise, détruit l’instrument de son émancipation pour affirmer son droit à l’existence, pourtant offerte à son entendement ?
Jusqu’à quand allons-nous réduire notre réalité à l’espace du champ du potier, acheté par l’institution avec l’argent rendu par celui qui lui a livré l’être de parole, pour en exclure la vérité, enterrée en ce cimetière avec les étrangers ?
Alain Bauer, fort de sa connaissance solide, invite la France à croire en elle-même, quand elle se serait débarrassée de ses illusions ataviques révolutionnaires, quand l’abolition des privilèges n’a su que métastaser la cour du roi et entraîner chacun à réclamer son propre privilège au détriment d’autrui, alors que son sens profond n’est pas le privilège pour tous, mais pour personne.
Il y a là, quand enfin nous admettrions être ce que nous sommes, l’occasion d’incarner ce que le pays a toujours su offrir au monde, du baptême de Clovis jusqu’aux lumières des droits de l’homme : l’indispensable réconciliation nécessaire à la paix civile, quand ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas admettent ensemble d’assumer leur condition de mortels pour offrir leur vie gratuitement au service du bien, parfaitement défini par le texte religieux comme profane, loi écrite de la concordance exacte entre la divinité et l’amour du prochain, fondement de l’État de droit démocratique quand, je me répète, l’égalité fraternelle des devoirs nécessaires à la contention de sa propre violence ouvre alors le droit à l’exercice souverain de sa liberté.
Nous serons alors à même d’être ce que nous sommes, incroyants en la violence, capables de dire non à ses rééditions sempiternelles avec tous les moyens de la force légitime, face à ceux qui voudraient encore nous faire croire que la liberté n’est pas compatible avec la démocratie, vendent nos enfants aux algorithmes pour asseoir leur pouvoir, à l’image de ceux qui les envoient à la boucherie au nom de l’amour du prochain.
@ Robert le 5 octobre 2026
« Coquille aussi de plus en plus vide en matière de sécurité des citoyens, ce en quoi cet État ne répond pas à ses obligations constitutionnelles. »
Pis encore, lorsque les citoyens sont obligés d’assumer, pour cause de carence de l’État, certaines fonctions d’ordre régalien, par exemple dans des opérations liées à la légitime défense, ce dernier est trop souvent enclin à leur tomber sur le dos sous le prétexte qu’ils chercheraient « à se faire justice eux-mêmes ».
J’ai encore en tête ce dont témoignait une dame qui avait joint le commissariat local une nuit, alors que, manifestement, des individus s’en prenaient à une fenêtre de sa maison pour y pénétrer. On lui avait répondu : « Surtout, ne faites rien et laissez-vous faire ! »
Laissez-vous faire, c’est facile à dire, mais jusqu’à quel point ?
Mon message de remerciements et de félicitations sera dédié à tous ceux qui, ici et ailleurs, participent très paranoïaquement et schizophréniquement à la campagne contre Bardella.
D’après ceux qui font les comptages de messages de soutien et de sympathie, le RN continue à monter en flèche, loin devant tous les tocards losers de la ligue macronienne islamo-gauchiste qui s’échine en vain, merdias aux ordres compris, à tenter de le détruire.
Plus besoin d’aller tracter sur les marchés, les odeurs de poisson sont épouvantables : il suffit seulement de compter les points depuis l’ordi, les doigts de pied en éventail, en sirotant une bibine.
Merci à LFI : leurs comportements fachos nazislamistes lors des émeutes ont beaucoup aidé le RN.
Merci aussi à vous, très chers anti-RN : vos messages de haine sont les bienvenus. On vous remerciera en 2027, le jour de la victoire.
Bardella Imperator, the big winner !
La question est : faut-il répondre favorablement à une invitation apparemment courtoise, dont l’auteur, cependant, frise la provocation et cherche déjà à placer l’invité en position d’infériorité ?
Ainsi donc, se parant sans le dire de son titre prestigieux de grand maître du Grand Orient de France, rappelant sans modestie excessive son expérience en matière de « mouvements sociaux » — tiens, je le croyais criminologue… —, Alain Bauer ferait des « analyses », quand notre hôte, lui, ne commettrait que des « interprétations »…
Pire, PB ne serait pas capable de soutenir un débat avec AB à la hauteur de la dispute que celui-ci aurait pu avoir avec Bourdieu, philosophe peu en cour parmi les « frères » et les « sœurs », mais qu’il cite parfois pour renforcer ses dires. Face à son immense savoir, tout juste le sachant s’attend-il aux « habituelles saillies » de notre hôte…
Lequel, il est vrai, a perpétré un attentat odieux, un crime de lèse-majesté, en émettant quelques critiques, bien sûr non argumentées, à l’égard d’un « prof ». Depuis quand un avocat général, fût-il reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs, peut-il se permettre de contredire un « prof », même si la compétence de celui-ci est mise en doute par nombre de ses collègues ? Allons, Philippe, un peu de respect !
Bref, AB est un bretteur à l’ancienne qui propose un combat à l’épée sans merci, quand notre hôte, lui, est une fine lame qui préfère le fleuret et sait s’arrêter au premier sang… comme il le montre dans chacun des épisodes de la série « Bilger les soumet à la question ».
Ce duel entre la robe, l’hermine, la toge et le tablier est-il vraiment nécessaire ? AB repartirait avec ses certitudes qu’il impose et PB poursuivrait son cheminement vers sa vérité qu’il nous propose…
Décidément Bardella est partout, même dans les commentaires d’un billet consacré à M. Bauer.
Un vrai parasite !
@ sylvain le 5 octobre 2026
Les jours comptés de Jordy Youpala ont intérêt à suivre la courbe à touche-touche avec MLP. Lorsque le croisement se fera en défaveur de Jordy, avec bien évidemment en jeu le résultat futur de la présidentielle, il sautera.
Pour l’instant, c’est un soutien méfiant du bout des lèvres. Nous en reparlerons. On sent une certaine fébrilité, et au FN/RN, on doit regarder le moindre frisson des sondages avec anxiété. C’est pas gagné et elle le sait. Méluche encore moins, et j’entends aussi que le futur vainqueur n’est pas encore dans les stalles du Grand Prix des Présidentielles.
En votre faveur, la brochette qui se dispute à gauche les primaires est terrifiante de nullité politique, tout ce que rejette une majorité de Français. Pour l’instant : « Elle est la seule qu’on n’a pas essayée ! »… C’est un avantage… tant que le futur vainqueur, qui n’a jamais été essayé, ne se fait pas connaître… Macron en était un de ce calibre.
J’ai suivi dans les années 1974-75 les cours de criminologie de Jacques Léauté. Monsieur Bauer en est le lointain successeur. Personne ne saurait lui dénier sa compétence en ce domaine.
L’intervention d’Alain Bauer du 4 octobre 2026 sur ce blog montre qu’il a été sensible au reproche fait sur la désignation d’un médiateur pour régler le problème d’ordre public actuel. De fait, l’on sent bien ici le mode d’action de l’ancien Grand Maître du GODF.
Je ne suis pas sûr qu’un médiateur aurait pu apporter une solution, sauf aux vrais lycéens qui sont inquiets de leur avenir et de la qualité de l’enseignement qui leur est actuellement dispensé. La crise présente est en réalité une manipulation politique de l’extrême gauche actuelle qui, dans la lignée de M. Mélenchon, veut faire régner une chienlit pouvant ouvrir sur une incapacité des partis au pouvoir d’exercer les fonctions régaliennes de l’État. Et donc de récupérer le pouvoir comme un fruit mûr, ou plutôt blet.
La grande différence avec mai 1968 est que cette extrême gauche n’a pas le même intellect que ses grands anciens qui, eux, avaient une solide culture, souvent marxiste, voire maoïste. Les choix actuels de cette frange politique restent de faire régner la peur, voire la terreur, par un accroissement progressif de la violence. Il suffit de voir comment ses adeptes frappent leurs adversaires au sol, notamment par des coups répétés à la tête, ce qui montre l’absence de surmoi capable de réfréner la violence face à la faiblesse manifeste de l’adversaire.
Par ailleurs, l’on perçoit parfaitement que nos politiques (ou plutôt politiciens) ne sont animés que par la peur des conséquences de l’exercice de l’autorité de l’État, notamment sa violence légitime. L’État est trop souvent absent. C’est pourquoi, Monsieur Bilger, je comprends mal cette phrase de votre billet : « cette idée chère à AB selon laquelle cette fureur collective comblerait le vide laissé par l’État est sujette à caution. Peut-on admettre ce constat ou doit-on, au contraire, considérer, et c’est pire, que l’État n’a pas disparu, mais que sa bonne volonté demeure sans effet, qu’il est impuissant et que le citoyen est condamné à lui dire sans cesse : “Pourrait faire mieux !” ? »
De fait, le mot État est ici toujours biaisé car il recouvre un trop grand éventail sémantique. Si cet État est trop présent dans sa volonté de tout normaliser, jusque dans la vie privée des citoyens, de trop légiférer pour tout et n’importe quoi, avec pour effet de restreindre de plus en plus les libertés fondamentales, en revanche l’expression « force doit rester à la loi » est devenue une coquille vide quand il s’agit de troubles à l’ordre public commis par des spécialistes du désordre (black blocs notamment) qui manipulent des lycéens d’abord, puis des étudiants dont la formation politique est plus qu’approximative. Coquille aussi de plus en plus vide en matière de sécurité des citoyens, ce en quoi cet État ne répond pas à ses obligations constitutionnelles. Et encore plus quand une frange importante de magistrats exerce son pouvoir de manière expressément politique sans que personne, pas même l’État de droit, au nom du droit syndical, n’y mette un terme.
En conclusion, Monsieur Bilger, dans votre différend avec Monsieur Bauer, j’attends une confrontation d’idées qui serait fort instructive, notamment par le biais d’un entretien.
Toutes les races elles sont pareilles. Revendications des lycéens en Guadeloupe : « On peut pas dormir en classe parce que les professeurs sont pas d’accord avec ça ».
I reste my caisse.
« …sans parler des agressions contre les pompiers ni, comme on l’a appris le 2 octobre, du fait que quarante proviseurs ont été blessés » (PB)
Félicitons et remercions ces proviseurs qui ont su faire face aux événements, dans la limite de leurs moyens et de leurs pouvoirs, parfois au risque de leur propre vie.
Ceci dit, comment ne sommes-nous pas obligés de constater que cette violence est la résultante de « l’éducation » républicaine dispensée (pour un « pognon de dingue ») dans les établissements scolaires français actuels, dans lesquels un pédagogisme démentiel semble parfois le disputer à un gauchisme pathologique ?
Et là, il n’est même plus question de « classement PISA » catastrophique, mais de discipline élémentaire, car si, à l’extrême limite, les bacheliers n’étaient que des ânes, mais polis et bien élevés, ce serait un moindre mal. Mais que pouvons-nous faire de vrais voyous diplômés, aptes à entrer sans examen en « prison sup » avant d’intégrer « centrale » ?
Enfin, quelle est la part de responsabilité de certains enseignants syndicalisés « de travers » (pas dans la rectitude ou la droiture) dans ce désastre ?
@ Giuseppe le 5 octobre 2026
« À mon humble avis, Jordy est sur la sortie. »
À mon encore plus humble avis, depuis le temps que vous dites que Jordy est sur la sortie et qu’il est toujours là, c’est qu’il doit y avoir un problème avec la porte de sortie. Appelez un serrurier et qu’on en finisse ! Pas un serrurier juif, bien entendu, Jordy Pampers est antisémite, tout le monde le sait maintenant ; c’est écrit sur tous les rouleaux de papier toilette de Merdiapart.
« …on le soumettra à la question »
Diantre, fichtre ! À la (Allah) gégène comme en Algérie ? Si vous avez besoin de conseils, j’ai la notice signée Aussaresses, le général légendaire qui posait beaucoup de questions à ses « invités » à l’insu de leur plein gré ; d’ailleurs, les réponses étaient rapides, l’appareil étant d’une efficacité redoutable. Même M. Bauer ne pourra résister longtemps.
Fichtre ! Si les mis en cause par Philippe Bilger se mettent à répondre, voilà qui va booster ce blog !
L’aviez-vous vu venir, cher hôte, ce retour de service ?
Je m’étonne que notre hôte consacre un post à cet individu gorgé de suffisance. On se rappelle qu’il avait qualifié l’organisation des derniers JO de Paris de « folie criminelle ».
Par ailleurs, sa fiche sur Wiki n’est pas sans intérêt.
Mais chut ! « Horresco referens ».
@ Guiseppe 05/10/2026
« …un classement PISA qui vaut ce que l’on voudra bien y lire… »
Faudra-t-il encore pouvoir le lire puisque, comme en tant d’autres domaines hélas, même la compréhension de la lecture fout le camp !
À mon humble avis, Jordy est sur la sortie. Le discours a changé dans la bouche de MLP. Puisqu’il lit le blog de PB, Alain Bauer nous apportera son analyse, et comme le disait Achille, on le soumettra à la question…
Dans les trois jours qui viennent, nous saurons si notre pognon vaut quelque chose, Le logement est inaccessible et le ruissellement de la hausse des prix est anticipé chez les commerçants. Bientôt 12 000 000 de pauvres nous contempleront et toujours aucune économie. Et la charge de la dette pour payer tous les frais de fonctionnement des lycées. Bref, on vit une époque formidable, un classement PISA qui vaut ce que l’on voudra bien y lire, mais le savoir cela se transmet, même avec AB, pour peu qu’on y mette un peu de bonne volonté.
@ Achille (@ sylvain)
« Alain Bauer est certes très intelligent, mais entre nous, je doute fort qu’il fasse partie de ceux qui partagent vos idées ! 😊 »
Ah ouais, et alors, il est brillant, il parle bien, calme, serein, seules mes idées et mes opinions à moi-même m’intéressent, les siennes, non.
@ sylvain le 5 octobre 2026
Alain Bauer est certes très intelligent, mais entre nous, je doute fort qu’il fasse partie de ceux qui partagent vos idées ! 😊
La France des plateaux TV et des chaînes classiques raffole d’Alain Bauer. Il a des qualités, mais au milieu, il faut quand même un peu trier cet ultracrépidarianiste, un SUV pour un public acquis. Bien sûr, comme d’autres comme lui, il adore les lampions.
Depuis le temps qu’il est en place, il n’est sans doute pas écouté et ce qui est dans la rue en est un signe. Pour le reste, il ressemble à tous ces économistes de salon qui ont les recettes, mais apparemment ne sont pas davantage écoutés : la dette de 3 600 milliards les contemple.
Ceci dit, je préfère les analyses de François Ecalle, qui reste dans son domaine, et à partir d’aujourd’hui se joue sur les marchés l’avenir du pays. Avec son humilité habituelle, il a été incapable de prédire si ce serait désastreux pour le pays ou simplement un épisode de plus dans cette course sans fin de la gabegie d’argent public.
5 % sur les taux d’intérêt, le pays est devenu fou. Pour rassurer, il faudrait trouver 150 milliards et pas ces miettes qui ne contenteront que des piafs, mais pas ceux qui misent leur pognon.
@ Alain BAUER le 4 octobre 2026
Je pense que Philippe Bilger se fera un plaisir de vous soumettre à la question !
Nous attendons avec impatience cet entretien.😊
@ Merville le 5 octobre 2026
« Alain Bauer a un avis sur tout(…)Je lui suggère une cure d’abstinence et d’humilité. »
La jalousie, toujours cette jalousie. Abstenez-vous de ce genre de commentaire poussif et faites preuve d’humilité : vous ne faites pas le poids et ne lui arrivez pas à la (Allah) cheville.
La jalousie est la nourrice de la haine, la preuve : cette campagne démoniaque et délirante des islamo-gauchistes macroniens et leurs boules puantes contre le RN-Imperator, ce n’est que de la jalousie. Pas la peine de faire de longues dissertations paranos schizophrènes pour expliquer leur succès.
On espère avec ardeur que notre hôte accueillera favorablement la proposition du criminologue qui, nous informant comme personne, est un des rares qui permettent d’envisager de sortir du déni qui plombe le pays, laissant les invectives à leur barbarie.
Le réel nous attend.
Alain Bauer a un avis sur tout. Il s’exprime sur tous les sujets avec une assurance et un aplomb qui laissent penser qu’il connaît tout sur tout. Je lui suggère une cure d’abstinence et d’humilité. Aucun média pendant quelques semaines.
Outre son appétit démesuré pour les micros et les caméras, qui en fait, en quelque sorte, un autre BHL — comme celui-ci, il impose sa parole —, Alain Bauer présente trois défauts pour tous ceux qui considèrent que l’État doit n’être, par son autorité et sa mesure, qu’un facilitateur de la vie en société : il est franc-maçon, de gauche, plus précisément rocardien, et intensément laïc. Son entretien avec Sonia Mabrouk le confirme.
Venu là en qualité de criminologue — ce qui suppose une certaine neutralité professionnelle — pour exposer les mécanismes qui entraînent les foules vers la violence, il n’a pu s’empêcher très rapidement de faire part de son opinion de citoyen, certes bien informé, sur les événements en cours aux abords de centaines de lycées. Et il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère…
Son constat, exposé avec une certaine véhémence, accuse l’État de n’avoir jamais su négocier avant d’en arriver au clash et, en ce qui concerne ces dernières années, d’avoir failli à toutes ses missions de service public. « Il y a une rage contre l’État qui ne protège plus », dit-il, sans néanmoins identifier clairement la plus grave de ses fautes : le recul de l’autorité.
Le franc-maçon, qui ne jure que par la puissance de l’État, le regrette profondément. Mais le rocardien, lui, militant de la Deuxième gauche et de la « cogestion à la française », ne pouvant imaginer un rétablissement de l’ordre par l’exercice de la force légitime de l’État — il va jusqu’à laisser entendre que les émeutiers, eux aussi, la possèdent… —, conçoit une issue du conflit actuel, qu’il présente comme un mouvement d’humeur de lycéens, par la nomination d’une médiatrice, chargée d’ouvrir le dialogue entre eux et l’État, au milieu des flammes et des tirs de mortier. Ce qui revient à dire que l’État, s’il veut avoir le dernier mot, doit y mettre les formes…
Ce penchant pour le dialogue à tout prix le conduit aussi à affirmer que l’implication de LFI dans ce mouvement, devenue officielle après les déclarations, entre autres, de Mélenchon et de Bagayoko, va permettre l’apaisement, les émeutiers, inorganisés, trouvant dans ce soutien un cadre politique nécessaire à la mise en forme de leurs revendications et à l’émergence de leaders.
Il faut être bien naïf pour croire que LFI n’est pas là pour jeter de l’huile sur le feu… On sait maintenant que ce mouvement lycéen est tout sauf spontané et que des sbires de JLM, ces dernières semaines, ont beaucoup fréquenté les abords des lycées aujourd’hui endommagés. Par ailleurs, il ne fait aucun doute que des black blocs et des racailles de banlieue participent avec allégresse à la chienlit. La question est de savoir si Alain Bauer est réellement naïf ou s’il ferme les yeux face à la réalité, faute de pouvoir critiquer vertement le seul mouvement de gauche ayant encore l’oreille d’une partie de l’opinion.
Quant au très ferme défenseur de la laïcité, qui n’est pas laïcard, il faut le reconnaître, il a oublié d’expliquer — la question ne lui a pas été posée… — pourquoi les établissements de l’enseignement libre ne sont pas touchés par ce déploiement de violences d’un degré jamais égalé. Ne serait-ce pas parce que le corps professoral, au lieu de revendiquer sans cesse comme le font les enseignants du secteur public, y maintient l’autorité indispensable pour que leurs élèves restent des élèves dont la seule activité doit être d’apprendre, leur environnement de travail étant l’affaire de la direction et de leurs parents ?
PS : Pendant son « cours » sur le plateau de BFMTV, Alain Bauer a rencontré un petit problème de mémoire. Il a affirmé qu’en 1986, la mort de Malik Oussekine était un « assassinat » commis par des policiers. La vérité judiciaire est un peu différente : les deux policiers qui ont frappé le jeune étudiant ont été jugés en cour d’assises pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ils ont été condamnés à une peine de prison avec sursis, de cinq ans pour l’un et de deux ans pour l’autre. Cette erreur — involontaire ? — du criminologue aurait mérité d’être relevée par Sonia Mabrouk…
Cher PB,
Quel étrange note de blog.
Nous avons déjà débattu de tout et du reste.
Vous m’avez mal écouté ou je me suis mal exprimé peut-être.
Disons que depuis les années 80, j’ai une certaine expérience des mouvements sociaux et des négociations pour en sortir.
Sans reprendre une « construction » plus proche de l’autre PB (Bourdieu) que de vos saillies habituelles, je vous propose donc un débat sur vos interprétations et mes analyses.
Je suis prof, et j’essaie de démontrer ce que je dis. Je m’interdis les sermons et accueille la critique. Argumentée si possible.
Quand vous voulez…
Quand je pense que des parents sont fiers de leurs enfants qui veulent devenir profs, moi perso, j’ai honte pour eux. Les envoyer au casse-pipe comme on a pu le voir, les voir se faire tabasser, lyncher, tuer à coups de couteau, je les ferais sortir d’urgence de ce foutoir anarchique gangréné par les gauchistes islamistes criminels.
Un prof masculin se fera égorger dans les années à venir en toute impunité, une femme sera tabassée, violée, humiliée sous les applaudissements de toutes ces racailles fachos nazies LFI, islamistes, narcos surpuissants protégés par la gauche et la macronie.
Saccages, incendies, explosions, tirs de mortier, tabassages et viols de profs, rackets, menaces, chantages, collèges zones de deals et de trafics de drogue indélogeables, jets d’encre sur les murs des classes, livres cramés, profs terrorisés suppliant leurs bourreaux… voilà l’avenir de l’« éducachiotte nationanale ».
Il faut être fou et criminel pour envoyer ses enfants dans cet enfer, zone sauvage diabolique entretenue par la macronie gauchiste dont le but est de détruire la France à tous les niveaux : économique, social, sociétal, culturel, éducatif.
Parents, réfléchissez bien : ce qu’on a vu ces jours-ci n’est qu’un entraînement, un jeu de cour de récré en comparaison de l’Armageddon social, du Mad Max qui va devenir monnaie courante dans peu de temps. Les islamistes et LFI y travaillent sous l’œil bienveillant de Macron, le président le plus sadique et machiavélique que la France aura connu.
Je partage l’analyse et le point de vue de Robert Marchenoir sur la question posée au sujet d’Alain Bauer, dont deux points de son propos ont attiré mon attention. D’abord, il évoque les arguments et le pouvoir qu’auraient les « narcos » de faire cesser les émeutes, ce qui laisse à penser, à juste titre, que la France serait un narco-État en devenir. Ensuite, il occulte effectivement l’aspect ethnique et tribal de ces émeutes, comme tout un chacun peut le constater de visu ou lors des reportages.
C’est pourquoi il apparaît aussi que les responsables politiques « aux manettes » semblent tétanisés par le risque de la mort d’un des « djeun’s », risque inhérent aux mesures prises afin de limiter au minimum la casse et les désordres, alors qu’il est de leur devoir d’assurer la sécurité des citoyens, celle des biens matériels et le fonctionnement des institutions. Cet événement est redouté car il pourrait être le déclencheur d’une guerre civile dans les banlieues.
Vous pouvez comparer les chouineries hallucinantes des lycéens « en colère » concernant leur emploi du temps, leurs devoirs, leurs notes, la cantine et ainsi de suite, avec le régime éducatif des écoliers de Shanghaï :
https://x.com/davidlisnard/status/2106704569417818184
Il n’est pas forcément souhaitable d’aller jusque-là, mais entre la garderie actuelle qu’est l’école française et le modèle asiatique (sans parler des revendications auxquelles nous assistons), il y a un abîme. Je vois mal comment on va « réindustrialiser » la France avec de tels paresseux imbus d’eux-mêmes.
Le commentaire de Robert Marchenoir est d’une lucidité tonitruante (c’est tout ce que j’ai trouvé comme adjectif).
Bauer est manifestement cultivé et intelligent… mais pas omniscient.
Il décrypte plutôt bien l’actualité délictuelle et criminelle d’aujourd’hui, tout en nous infligeant ses commentaires sur l’essor de l’économie chinoise, sur les aventures de Tsahal à Gaza, sur Poutine en Ukraine et pourquoi pas, bientôt, sur l’invasion de la Méditerranée par le poisson-lion (s’il bosse un peu, il peut y arriver !).
La toutologie à l’état pur.
Après Alain Minc, Jacquattali, Jean Garrigues, Alain Bauer est à présent la plus belle rente de la consultance audiovisuelle.
Si on demande aux lycéens qui ne sont pas dans la rue ce qu’ils aimeraient faire, je pense que beaucoup voudraient faire « Alain Bauer ».
Axel était intéressant à écouter en son temps.
Avec Alain, c’est cargo de nuit, de jour et de week-end.
Je reviens sur mon histoire de « petit-lait » : sachez, M. Bauer, que j’en bois beaucoup quand je vous écoute. Je suis tout ouïe, je ne lève même pas un sourcil ni ne remue un petit doigt, tant je suis hypnotisé par vos discours tellement vrais.
Je vous avais trouvé super sympa quand, lors d’une émission de Frédéric Taddéï, où Maître Thierry Lévy s’était mis en colère contre vous puis, hors antenne mais rapporté par des témoins, qu’il avait jeté votre livre au sol avec un mépris et une arrogance insupportables ; le même geste nauséabond que faisaient les nazis avec les livres des Juifs dans des bûchers. Il ne manquait pas d’air, lui qui se targuait de lutter contre le nazisme, tout en l’imitant.
Quand vous nous dites qu’en « forçant le trait, on pourrait appliquer cette grille à toute incohérence sociale, à toute criminalité à la fois sauvage et organisée », vous usez d’une ficelle dialectique usée, qui consiste à faire dire ce qui n’a pas été dit. Contentons-nous de relever le dit, et laissons les supputations de côté.
L’assurance d’Alain Bauer vient de son aura maçonnique doublée d’une aisance bien réelle au micro. Je ne peux rien juger de ses assertions relevant du domaine de la criminologie (j’ai lu tout Agatha Christie, pas plus), mais s’il croise à angle droit mes connaissances, j’aperçois alors ses limites. C’est le cas pour son analyse de l’empire chinois.
Pour le reste, il est indéniable que des groupes anarchistes organisés attisent la « Lutte » pour aller au chaos ; pour le chaos ! sans projet autre particulier.
La question ne se règle pas par une « médiation » mais par la force légitime d’un État, qui n’en a plus, hélas. La problématique lycéenne n’a rien à voir avec tout ça finalement.
Tout d’abord, il est nécessaire de rendre hommage à Alain Bauer pour la qualité de ses analyses.
Il est un de ceux qui se bercent le moins d’illusions sur les bisounours qui gambadent dans la luzerne d’un Occident habitué au confort de son opulence, sans s’apercevoir que, s’il ne réagit pas aux violences qui le minent et qui sont la conséquence de cette méprise, il est destiné à disparaître.
Ceci dit, on ne peut que remarquer ce qui manque à l’analyse implacable de l’incapacité de l’État à savoir négocier, pour finir par ne savoir se réformer que par l’insurrection, légitime selon notre Constitution, comme le rappelle le criminologue, ouvrant le débat sur l’interprétation de ce qu’est la violence légitime et la nécessité impérieuse d’avoir des partis politiques qui canalisent la violence, en l’amenant à la parole politique et au militantisme, condition nécessaire à l’exercice apaisé d’une souveraineté populaire.
En ce sens, l’intervention de LFI, que ce soit auprès des lycéens, des musulmans ou des pauvres, est nécessaire : elle ne doit pas ici être vilipendée pour jouer ce rôle essentiel, mais mise face à sa haute responsabilité.
Bauer incite à ne pas entendre le « ni oubli, ni pardon » de Mélenchon, mais plutôt le « mobilisons-nous pour protéger nos enfants ».
En témoignant qu’il sait identifier, mais sans le comprendre, le phénomène d’amnésie comme étant le problème à régler pour savoir se réformer sans en passer par les violences de l’insurrection, il indique exactement ce qui manque encore au temple républicain pour exercer la transcendance de sa loi : l’intégration de la connaissance anthropologique du phénomène religieux.
Tant que nous n’aurons pas pris conscience que tout temple, toute institution, ne s’écroule que parce qu’il n’est plus possible de contenir la violence par l’expulsion d’un bouc émissaire, nous ne comprendrons pas ce moment de crise générateur du sacré archaïque qui contient en lui-même sa propre amnésie, définition évangélique de Satan qui expulse Satan car il est divisé contre lui-même.
Tant que chaque citoyen n’aura pas été éduqué à cette connaissance de sa propre structure mentale de persécution, l’établissement démocratique du consentement à la loi ne sera pas possible, la justice restera impossible car elle confondra le pardon avec l’oubli et les enfants seront victimes ad æternam d’une vengeance éternellement rééditée.
La véritable cause de la violence dans nos sociétés est la rivalité mimétique de nos désirs ; il nous faut en prendre conscience.
C’est un véritable travail sur nous-mêmes auquel la théorie mimétique nous invite, permettant d’échapper aux justices expéditives du lynchage : quand chacun exerce sur lui-même les rigueurs de la loi républicaine, il est donc à même de défendre et de revendiquer l’État de droit démocratique, dans l’égalité fraternelle des devoirs nécessaires à la contention de sa propre violence, qui ouvrent alors le droit à l’exercice souverain de sa liberté.
https://www.youtube.com/watch?v=wt70BXoQAR0
Brillante analyse car en effet je me pose cette question chaque fois que j’entends ce sachant omniscient développer ses avis sur absolument tout et rien…
Que pense (de brebis farcie) notre cher Alain Bauer de mon analyse médicale ?
Je n’ai pas fini de boire du petit-lait en assistant à tous ces spectacles pyrotechniques-sa-mère et ces débats hilarants entre partis sur les chaînes infos : « C’est pas moi, c’est l’autre », « la gauche célégentils, la droite céléméchants », voilà le niveau du caniveau intellectuel français décérébré, gavé par des décennies de gauchisme de l’Éducation nationale socialiste, profs paranos de gauche, justice pourrie par leurs syndiracailles gauchiasses du SM anti-police de Sire-Marin.
Évidemment, tout ce petit-lait me coûte cher, aussi j’ai contacté mon fournisseur, qui veut bien me faire un prix si j’en commande par citerne, étant donné que l’élection est encore loin ; du coup, vu la ristourne généreuse, j’en ai commandé deux.
Ce qui me coûte le plus cher, c’est le spectacle jouissif de voir ainsi les profs, eux qui nous ont donné pendant des décennies des leçons de gauche, de pensée unique seule autorisée, et qui ne se sont jamais privés de nous insulter sur les chaînes gauchiasses du « sévice pubis » : Ruquier, Gérard Miller, les pires procureurs inquisiteurs, et bien entendu leurs complices, associations gauchistes anti-France, anti-Blancs, anti-droite.
Un cubi de petit-lait par jour en ce moment, faites les calculs (rénaux), vivement la suite, mon transat en position du tireur couché, les doigts de pied en éventail, j’arrive à voir ma télé entre les orteils.
« Comme il est omniprésent médiatiquement »… « … cet expert mis à toutes les sauces… »
En diriez-vous autant de ces généraux, colonels et autres cadres de réserve qui nous assomment de leurs certitudes sur les conflits iranien et ukrainien en cours ?
J’ai plaisir à l’écouter : vif, précis, argumenté, dégraissé de toute formule creuse, son discours ne laisse jamais indifférent et nous apprend toujours quelque chose.
Alain Bauer n’agace que ceux qui, constatant sa vive intelligence et son grand savoir, au lieu de montrer quelque appétence à l’écouter et à apprendre, ne peuvent s’empêcher de le critiquer sur des vétilles, faisant preuve ainsi d’une discrète forme de jalousie, voire du regret de ne pouvoir rivaliser avec lui dans l’exposition médiatique…
Mais bien sûr notre hôte ne saurait être de cette engeance…
Alain Bauer fait partie de ces « Monsieur Je-sais-tout » qui ont tendance à envahir nos plateaux télé.
Ce qui ne l’empêche pas, au demeurant, de dire d’énormes bêtises.
Qu’à cela ne tienne, il sait très bien récupérer des propos excessifs qui ont pour effet de le ridiculiser avec un talent, assez remarquable, qui ressemble surtout à de la mauvaise foi.
Pas de doute sur ce point, il est très fort ! 😊
Ne soyez pas jaloux de M. Bauer. Je sais, c’est dur à encaisser de se savoir grenouille face au bœuf Bauer. Reprenez vos esprits, écoutez-le religieusement : une seule parole, et vous serez guéri.
Nan. Vous n’avez pas le droit de contredire Alain Bauer. Il porte un col mao, donc il a Raison.
Sans blague, je me suis appuyé les trois quarts d’heure de son interview, et c’est fascinant.
1) Il ne dit pas que des sottises. Bien au contraire. Il est supérieurement intelligent. Ce qu’il explique sur la façon de se joindre à un mouvement insurrectionnel pour l’apaiser est très bien vu. C’est ce qu’a fait le Parti communiste en 1968. Sa dénonciation de l’État français incapable de négocier depuis mille ans est très juste.
2) Il passe complètement à côté des motifs des émeutes en cours. Les remèdes qu’il préconise sont à l’opposé de ceux qui seraient nécessaires.
L’origine de son aveuglement est claire. Non seulement il est franc-maçon, mais surtout, il est de gauche. Même s’il fait figure d’épouvantail de droite auprès de certains sous prétexte qu’il n’est pas totalement partisan du laxisme en matière de délinquance, nous avons ici un éclatant exemple de la façon dont la pensée de gauche rend irrémédiablement idiot.
Accessoirement, il illustre le danger qu’il y a à laisser certains intellectuels très brillants s’aventurer hors de leur domaine d’expertise. Alain Bauer est un criminologue, et on ne devrait l’interroger qu’à ce sujet. Mais comme ce n’est pas la moitié d’un imbécile et qu’il est franc-maçon, il fait figure de toutologue, avec les résultats consternants qu’on voit ici.
À aucun moment, dans cet entretien, il ne prononce les mots immigration, immigrés, race, ethnie, Noirs, Arabes, islam, musulmans. À aucun moment il ne dit ce que tout le monde peut voir à l’oeil nu, à savoir qu’il s’agit d’une guerre ethnique, raciale, tribale et religieuse qui est menée contre les Blancs, les Français de souche. À aucun moment il ne dit que cette prétendue révolte lycéenne est simplement le djihad en marche, qui prend le relais du communisme incrusté dans la mentalité nationale.
Ce n’est pas qu’il l’ignore. Il le sait. Tout le monde sait, comme le dit le slogan en vogue chez les prétendus « racistes » de « l’extrême droite ». La preuve : il lâche que parmi les jeunes interpellés, ne figurent pas, en majorité, « ceux à qui vous pensez ». Motus, évidemment, sur l’identité de ces mystérieuses personnes… (mais il reconnaît que « ceux à qui l’on pense » sont plus entraînés que les autres à échapper à la police).
Au lieu de ça, il prétend que les « lycéens » déplorent le « dépérissement de l’État » et la « suppression des services publics ». Bah oui. Ce fameux ultra-libéralisme qui fait que l’État doit promettre, depuis quelques jours, 5 % d’intérêts pour placer sa dette (plus que la Grèce, l’Italie ou l’Espagne), ce qui fait dire à nombre de spécialistes que la crise financière est désormais inéluctable.
Les voyous barbares et incultes qui tentent de brûler vifs leurs professeurs le font, à l’évidence, parce que « les hôpitaux ne marchent pas ». Et d’ailleurs, si les hôpitaux ne marchent pas, ce n’est pas parce qu’il faudrait les vider des immigrés qui les encombrent, les privatiser et remplacer la Sécurité sociale par des assurances privées : c’est parce qu’ils manquent de « moyens ».
Les émeutiers sont filmés, face caméra, disant que leur principal problème est qu’ils doivent travailler à l’école de 8 h 30 à 17 h 30 (*), et qu’ils ont « seulement » une heure pour manger à midi – il leur en faudrait deux. Ils se plaignent qu’ils ne soient pas payés pour étudier et qu’on les prive de leurs téléphones portables. En 1991, c’était un sketch. En 2026, c’est la réalité.
Mais à part ça, nous dit Alain Bauer, ce qu’ils réclament avant tout, c’est « un service public qui fonctionne » ; « il y a une rage par rapport à un État qui a disparu, un État protecteur », et « ils demandent tous le retour de ce qui a fait la fondation de cette nation : l’État ».
L’État, l’État, l’État. Le poumon, vous dis-je.
Et en même temps, Alain Bauer reconnaît que si les émeutiers attaquent les pompiers, c’est à cause de l’uniforme, qui représente l’État. Il dit bien que c’est une guerre de territoire menée par des délinquants (il ne va pas jusqu’à dire : des djihadistes, des guerriers raciaux). Mais son élastique mental le ramène inéluctablement vers l’explication que lui impose son idéologie de gauche : ils veulent plus d’État.
Il suffit d’écouter les décérébrés qui s’expriment pour constater qu’à moins d’être payés depuis l’âge de douze ans jusqu’à leur mort à ne rien faire, ils estimeront que l’État n’est pas assez protecteur. C’est bien le problème.
Les immigrés imbéciles et haineux que nous avons importés se glissent dans le modèle gauchiste qui est le nôtre pour le détourner à leur profit. C’est bien pourquoi il faut faire disparaître l’État protecteur, et limiter cette protection aux domaines où elle est réellement nécessaire : la lutte contre l’immigration et la délinquance, la défense nationale.
Alain Bauer, lui, réclame toujours les solutions qui ont fait la preuve de leur inefficacité depuis un demi-siècle, au moins : « faire le Grenelle de l’école » (il a vraiment dit ça !), « nommer un médiateur, ou plutôt une médiatrice » (bah oui, ça va marcher : face à des barbares élevés dans une religion basée sur le mépris de la femme, qui attaquent physiquement des femmes policiers et des femmes proviseurs, une médiatrice saura sûrement se faire respecter).
En même temps, il fait preuve d’une coupable indulgence envers Bally Bagayoko et Jean-Luc Mélenchon, « le seul à avoir compris ». Ce dernier serait un immense stratège qui aurait l’intelligence de faire mine de soutenir le mouvement afin de le pacifier, et non un boutefeu criminel qui attise l’émeute dans l’espoir illusoire d’arracher le pouvoir ici ou là, avant de se faire éjecter de son mouvement par les allogènes qu’il croit pouvoir manipuler.
Bien sûr, rien sur l’arrêt de l’immigration, rien sur l’interdiction de l’islam, rien sur la remigration, rien sur la construction massive de prisons (il est pourtant criminologue !), rien sur la nécessaire privatisation de l’école couplée au chèque scolaire, afin que les directeurs puissent choisir leurs élèves, leurs professeurs et leurs méthodes, recette qui a fait la preuve de son efficacité dans au moins 16 pays à travers le monde (y compris en Espagne, en Allemagne, en Suède, en Norvège, en Finlande, au Danemark, aux Pays-Bas, en Angleterre et en Irlande, pour ne parler que de l’Europe).
Alain Bauer croit très malin de signaler que les émeutes étudiantes et lycéennes se répètent depuis 1986, avec la mort de Malik Oussekine (**), mais il omet de rappeler le motif des manifestations de l’époque : l’opposition à la loi Devaquet (abandonnée en conséquence), qui instaurait la sélection à l’entrée des universités. Ce qui était une bonne chose, et non une mauvaise. Quarante ans après, vous avez des lycéens illettrés qui disent aux journalistes : nous voulons étudier cinq heures par jour seulement, et être payés pour cela.
Et Bauer affirme : c’est parce que l’État manque de « moyens », alors que la dépense publique en France est au niveau record de 57 % du PIB, tandis que le taux de prélèvement est le plus élevé du monde. Au lieu de dire : il est urgent que les écoles recommencent à enseigner, à noter les élèves, à récompenser les bons et à punir les mauvais. Et à expulser, bien sûr, ceux qui empêchent les autres de travailler.
Contraint de faire allusion, tout de même, à l’éléphant dans la pièce, il prétend qu’il ne faut pas faire attention aux drapeaux palestiniens omniprésents dans les blocages de lycées. Ab-so-lu-ment rien à voir avec l’islam conquérant et la guerre ethnique en cours : « ils sont à la mode, comme les drapeaux rouges jadis », voilà tout. Pourtant, d’authentiques experts de l’islam préviennent que des mouvements djihadistes organisent en coulisses les « blocages de lycées ». Et les drapeaux rouges de jadis n’étaient qu’une inoffensive « mode », bien sûr. Rien à voir avec le communisme. L’URSS et la Chine n’ont jamais financé les mouvements révolutionnaires en Occident.
Enfin, en une défense invraisemblable des prétendues « valeurs républicaines », il indique que le droit à l’insurrection est légalement reconnu, en France, et que la Révolution a décapité un paquet de gens – sous-entendu : ce n’est pas forcément un mal.
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(*) Il faudrait que la journée scolaire se limite à 8 h-13 h, dit l’une de ces écervelées qui va « payer vos retraites ».
(**) C’est faux : les émeutes étudiantes (et maintenant scolaires) sont en effet un pilier de la nouvelle gauche qui a succédé à l’ancienne, basée sur un marxisme traditionnel. Elles reposent sur le culte de la jeunesse allié au rejet de l’autorité, un tournant historique fondamental. Mais elles ne remontent ni à 1986, ni même à Mai-68.
On en trouve un précurseur avec les graves troubles qui ont éclaté à l’université de Cordoba, en Argentine, en… 1918. Huit ans plus tard, la contagion a gagné la plus ancienne université d’Amérique latine, celle de San Marcos au Pérou, où les étudiants ont arraché la co-gestion aux autorités (la qualité de l’enseignement s’y est effondrée depuis). Après la Seconde Guerre mondiale, la révolte étudiante a touché le Japon. De là, elle a gagné la côte Est des États-Unis. Puis Berlin-Ouest, qui fut la racine de l’infection européenne. Francfort, Paris, Rome et Madrid ont suivi (Leftism : From de Sade and Marx to Hitler and Marcuse, Erik von Kuehnelt-Leddihn, Arlington House, 1974).
Analyse pertinente.