Mon titre est pertinent, j’ai la faiblesse de le considérer, quelles que soient nos croyances.
Il y a une vision profane de la visite du pape en France et de son triomphe tranquille à Paris comme au Stade de France.
Sa délicate et sereine réserve, le sentiment que son lien fort avec ceux qui sont venus, en multitude, pour le voir et le rencontrer a été conquis de haute lutte sur une nature plutôt timide, ont compté pour et dans cette réussite.
Au-delà de sa psychologie, quel bonheur que cette accalmie bienfaisante, cette parenthèse magique où la haine, la violence, le mépris, cet éloignement d’un monde plein de bruit, de fureur et de discorde ont été un temps chassés, répudiés !
Quel formidable rassemblement que celui de ces 80000 jeunes au Stade de France dans une ferveur, une joie, une unité malgré leurs différences, accordés dans un même élan pour célébrer ce pape infiniment profond et très politique mais aux antipodes de son prédécesseur parfois tenté par une tonalité trop partisane !
Le catholicisme peut être fier d’être ainsi représenté par une figure de paix et de concorde, dispositions qui n’ont pas rendu son message équivoque mais au contraire acceptable, peut-être, par tous. Le pape, dans ses messages, n’a fait que prendre en charge un universel contre tous les relativismes politiciens. C’est sa mission et il l’a remplie avec intelligence, finesse et foi.
Il n’est pas offensant de souhaiter que l’église de France prenne souvent exemple sur la vision et la pratique de ce pape, offensif sans morgue, directeur de consciences sans injonctions, authentiquement chrétien dans la solitude du coeur comme dans sa relation avec la foule de ceux qui croient ou ne croient pas.