Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

En attendant Emmanuel Macron…

Le président de la République a tweeté pour justement rendre hommage aux forces de l’ordre à la suite du 8 décembre. Il a bien fait parce que sa pensée était adaptée à cette technique. Mais le 10 décembre il parlera autrement. En attendant Emmanuel Macron…

Quoi qu’il se passe le 8 décembre…

C’est ce thème que le président devra marteler la semaine prochaine. Il ne pourra plus rassembler sur sa politique. Il devra rassembler au nom de la démocratie et de sa défense.

Pensées profanes sur les Gilets jaunes et autres…

Le 8 décembre on le prédit, on nous l’annonce, on le craint, on le veut, probablement une déferlante de GJ et de casseurs dans leur foulée va s’abattre sur Paris. Il n’y aura pas que le pouvoir, le ministre de l’Intérieur, le Préfet de police qui seront jugés. Mais aussi tous les GJ.

Monsieur le président, il y a une solution !

La seule solution qui vaille est cette solution politique. L’arrogance d’un Etat est le pire handicap pour faire fi du bon sens démocratique. Il faut abandonner la posture et tenter de réconcilier ainsi la France et son président. La France des oubliés avec celle des privilégiés. Puisqu’il ne doit y en avoir qu’une : indivisible.

Les Gilets jaunes : jusqu’où aller trop loin ?

Les Gilets Jaunes, pour eux, parce qu’ils doivent nous donner la certitude que nous n’avons pas été de leur côté pour rien, éviteront cette tentation d’aller trop loin, avec le vertige qui saisit toute protestation collective durable et largement approuvée, et de quitter le chemin royal de la démocratie pour s’engouffrer dans le chaos du n’importe quoi. On les écoute enfin. Qu’ils parlent donc !

Emmanuel Macron n’aurait pas pu convaincre…

Le constat est terrible. Le soutien du pays aux Gilets Jaunes est encore plus dominant après le discours du président, jugé par ailleurs hors sujet (Odoxa). Mais que Emmanuel Macron se rassure : à la date où il a parlé, il ne pouvait plus convaincre. Trop de passif à rattraper, si peu d’actif à proposer. La cause était déjà entendue.

Honte certes, mais qui peut être fier ?

Ou devra-t-on, face à l’impuissance chronique et à la fracture économique, sociale et nationale, se résoudre à accepter la dangereuse idée que la politique gagnerait à tout coup à être confiée à l’inventivité et à la spontanéité des citoyens ? Macron démission :