Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Pour le librement correct !

La correction n’est donc pas à mon sens dans l’adhésion à un point de vue qui serait quant à son fond plus acceptable que l’autre mais dans la manière dont chacun saurait faire valoir sa thèse plutôt que l’autre en étant assuré que politiquement, médiatiquement, la contradiction serait également représentée.

Un président sous sa surveillance !

Que le président continue de se placer à chaque seconde sous sa surveillance et n’oublie pas surtout, avec modestie, que, s’il a déserté le pire, il le doit en grande partie à ses adversaires.

Marlène Schiappa, n’y allez pas !

Le fil du temps n’est pas progressiste, le présent n’est pas forcément une boussole. Le pouvoir a le droit de résister à ce que l’histoire entraîne avec elle de dégénérescence. Il en aurait même le devoir s’il avait du courage, vertu quasiment disparue. Décrire avec complaisance et une sorte de volupté amère la perversion de plus en plus scandaleuse engendrée par la relation entre politique et divertissement, entre bateleurs et ministres est une fuite, une impuissance. Il faut arrêter cette prétendue fatalité. En tout cas le pire n’a jamais justifié qu’on se prive délibérément du meilleur.

Benjamin Griveaux devrait parfois se taire !

Je ne voudrais pas qu’à force, alors qu’on annonce Benjamin Griveaux comme le rival probable d’Anne Hidalgo pour la mairie de Paris, il perde tout crédit pour cette lutte municipale à venir. Il devrait parfois se taire.

A chaque fois ni tout à fait le même ni tout à fait un autre…

Malgré les débuts éclatants du grand débat national, ce sera seulement sur sa réponse exemplaire à cette double interrogation qu’il pourra sauver son quinquennat d’un enlisement que son orgueil refuserait et qui révolterait les citoyens, cette fois sans rattrapage ni recours ! Rien ne sera facile puisque le président a aussi affirmé cette évidence « qu’avoir un projet ce n’est pas faire droit à toutes les demandes « . Alors, bon courage à la France !

On veut désarmer la police !

Il faut savoir distinguer, dans la masse d’une manifestation, les lanceurs d’hostilité principaux. Et parmi ceux qui ont pour mission de défendre l’ordre républicain, les quelques brebis galeuses et les innocents majoritaires.

Emmanuel Macron : star d’hier et de demain ?

Ma mélancolie se rapporte à ce point sensible : la normalité d’Emmanuel Macron et ses manifestations pourraient-elles un jour ne plus déplaire ? Il a été une star en 2017. Il l’a été hier. Le sera-t-il demain ?

Les Français liront-ils la lettre du président de la République ?

Il s’engage à transformer « les colères en solutions ». Je crains que les colères demeurent et qu’il écarte les solutions. Parce qu’il s’agit de la structure même de sa lettre. Vous pouvez penser, rêver comme vous l’entendrez – une liberté, une ébullition de deux mois – mais je suis président.