Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Gramsci ne connaît pas la crise !

La pensée de Gramsci, en effet, ne sera jamais dépassée, inutile, précisément parce qu’elle avait anticipé. inventé le futur. Avant beaucoup, elle avait appréhendé les limites du politique et de l’économique et pressenti que la culture serait la manière la plus décisive de s’approprier les esprits et de conquérir le pouvoir en profondeur.

Faut-il s’excuser de ne pas haïr Emmanuel Macron ?

Je ne me fais aucune illusion. Ce billet va sans doute aggraver mon déficit auprès de certains mais entêté pour le meilleur, je creuserai toujours ce sillon, récusant toute inconditionnalité forcée mais appréhendant au détail pour le positif comme pour le négatif. Depuis 2017 je n’ai pas dérogé. Je suivrai notre président à la trace et je n’aurai jamais à m’excuser de ne pas le haïr ou de ne pas l’idolâtrer.

Ne quittons pas Twitter !

Quitter Twitter, ce monde qui est une toute petite part de la vie intellectuelle et politique – il n’y a que Donald Trump qui préside grâce aux (ou à cause des) tweets – serait pour moi répudier des opportunités éprouvantes mais irremplaçables de dialoguer, d’apprendre, d’estimer, de convaincre, de rectifier, de douter, de répliquer, de combattre, d’admirer, de dénigrer, d’être vrai et sincère : donc d’exister !

Le président veut changer de méthode !

Double danger donc pour le président avec ce nouveau discours de la méthode. Ou « l’ambition transformatrice » serait réduite à la portion congrue ou une terrible déception naîtrait de l’illusion, du vent d’une relation différente avec les Français. Je ne doute pas qu’Emmanuel Macron, avec 2022 en ligne de mire – et pour l’instant personne ne lui bouche cet horizon – s’efforcera de combler ses inconditionnels et de faire taire les critiques, les sceptiques.

Le Monde et moi…

Le Monde et moi : je continue à appréhender ce rapport telle une ascèse voluptueuse. Ce quotidien est, pour la vie, irremplaçable et contestable. Sans doute cette ambiguïté fait-elle sa force. Il ne laisse personne indifférent. Qu’on ne veuille pas le lire par principe, qu’on le lise avec passion ou écartelé entre ses travers et ses lumières.

Des belles et des bêtes…

Je n’aurais eu aucun désir de rencontrer des tueurs en série autrement qu’aux assises pour les faire condamner. Je n’ai jamais éprouvé la moindre fascination pour ces criminels extrêmes et j’ai souvent regretté la curiosité médiatique et l’exploitation indécente et vulgaire qui s’attachaient à eux. On ne parvient pas à tout savoir des incroyables mécaniques humaines mais tenter de les démêler procure une obscure volupté.

Union des idées ou désunion des personnes ?

Alors, il est clair que si l’union des droites n’est pas d’abord une union des idées à inventer, elle demeurera lettre morte. Et la désunion des personnes sera seulement la comédie qui nous laissera croire que quelque chose d’essentiel se joue.

Alain Finkielkraut à prendre et à laisser !

Société d’exigence dont les médias devront être une première incarnation. Pour être légitimes dans les leçons qu’ils donnent et les bouleversements politiques et judiciaires qu’ils causent. Beaucoup à prendre chez AF, peu à laisser !