Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Surtout ne pas s’habituer !

Surtout ne pas s’habituer. Refuser le à quoi bon. Ne pas pétitionner mais se battre. Ne pas pleurer collectivement mais s’armer démocratiquement. Quitter les territoires de la faiblesse pour aborder ceux de l’honneur.

Le grand-rabbin de France a-t-il forcément raison ?

Je déplore que le grand-rabbin de France, avec l’autorité qu’il a et le prestige de son statut, se soit engagé dans ce combat non pas douteux mais inopportun : il n’avait pas à s’en mêler. Ce n’est pas l’offenser que de constater qu’il n’a pas forcément raison sur tout.

Médias : le règne des insipides est-il fatal ?

J’admets volontiers que ma détestation de l’insipidité vient probablement de mon incoercible propension à l’ennui quand on ne m’offre pas une nourriture renouvelée. Mais après tout pourquoi les médias ne seraient-ils pas tenus à une obligation de fraîcheur, à une exigence de surprise et d’étonnement? Il est vrai qu’on ne peut pas multiplier Edouard Baer.

Trop tard, monsieur le président ?

Alors, bravo monsieur le président, pour avoir énoncé ce poncif que les élus doivent être exemplaires ! Dit trop tard, serez-vous cru ? Saurez-vous dorénavant faire des exemples avec ceux qui n’auraient pas compris votre injonction d’aujourd’hui et le refus, pour demain, de votre retraite ?

Gérald Darmanin à l’étroit avec Macron…

Je veux bien croire que ce vif-argent, ce cynique souriant et s’affichant tel, le chanceux de la retenue à la source, cette anguille subtile et pugnace dont la colonne vertébrale fixe est d’aller le plus haut possible, ce talent exploité mais pas encore assez, ne jetant personne mais s’assurant tout le monde, lucide dans ses jugements, certain de faire mieux que ceux qui l’entourent, à sa place mais impatient de monter, populaire dans l’âme, politicien jusqu’au bout des ongles – je veux bien parier que Gérald Darmanin commence à se sentir à l’étroit avec Macron.

Surtout ne jamais guérir de son enfance !

Je ne serai jamais Roger Vitrac s’adressant à son épouse : « tu verras quand je serai grand ! ». L’enfance moins une nostalgie qu’une permanence. Un malaise, un délice incurables.

Parler du courage ou en avoir ?

Le courage au fond est une ardente obligation. Comment en avoir ? S’adresser un ordre impératif, une injonction de chaque seconde et s’obéir sans frémir ni discuter. Le courage c’est ce qu’on DOIT avoir.

Pauvres de nous !

Sa foi l’a aidé, l’a animé, lui a permis, ainsi qu’à son épouse, de tenir, de porter au plus haut une dignité arc-boutée contre le mal, d’assumer une mort inéluctable. Mais pourquoi Dieu en qui il croyait, s’il est bienveillant et tout puissant, a-t-il permis le surgissement de démons contre lesquels, à sa place humble, Franz a lutté et qui l’ont fait mourir ? Cette interrogation troublante laisse toute sa place à ma respectueuse empathie pour cet homme décapité au mois d’août 1943.

Delevoye de garage, non ?

Le calembour est discutable mais bien trouvé. Delevoye de garage aurait dû être la mesure immédiate à prendre. Je ne ris plus ou jaune.