Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Nafissatou Diallo : et si elle avait été en France ?

Nafissatou Diallo certes pleure beaucoup dans le documentaire mais je crois que la justice américaine, en ne la ménageant pas, lui en a donné l’occasion. Si elle avait été en France, quel changement !

Soljenitsyne, vous aviez tout prévu !

Soljenitsyne avait tout prévu et je n’ose imaginer la stupéfaction indignée de ce héros du XXe siècle face à l’état de l’Occident, au délitement de la France. 42 années ont passé depuis son discours de Harvard et son pessimisme d’alors est devenu la lumière sombre de notre temps. Faut-il, pour toujours, faire son deuil du courage ?

A-t-on encore le droit de les juger ridicules ?

Ai-je encore le droit de juger ridicules ces délires qui dans beaucoup de domaines, sur tous les registres, font perdre à notre société sa lucidité, sa mesure, son bon sens ? Le pire est qu’ils se font passer pour des avancées. Quand ils sont des déclins. Alors, de grâce, pas en mon nom !

Trois relaxes sinon rien !

Mais je parie que trois relaxes seront le moment venu prononcées. Parce que depuis le début on ne cesse pas de diffuser par tous moyens, bien au-delà du strict plan judiciaire dégradé en spectacle, que l’innocence est acquise et qu’il ne restera qu’à la valider. Les juges me feront-ils mentir ?

Valéry Giscard d’Estaing : oui mais…

Il est unique. Des êtres trop rares, pourvus de tant de qualités, dépassent de très loin les jugements habituels. Parce qu’ils ne sont pas communs, ils échappent au couperet du mépris ou de l’oubli.

La police entre écume médiatique et vrai soutien…

Tout pourrait être si simple : l’inconditionnalité à l’égard d’une police à son meilleur, la condamnation sans faiblesse du pire délictuel ou criminel susceptible de la dégrader. La police entre écume médiatique et vrai soutien.

On a le droit de rêver sur 2022 !

La politique, quand on la rêve, a d’indicibles charmes. Qui sera capable, demain, de nous faire espérer sans nous désenchanter aussitôt ?

Il faut économiser sa honte !

Mais de grâce que le président économise sa honte et économisons la nôtre avec lui ! On a pu déjà en dépenser beaucoup depuis 2017 et il y aura, dans notre avenir agité, mille opportunités d’indignation, de mépris, de révolte : il faudra qu’il nous en reste encore. Car un pouvoir jamais assez exemplaire, une police jamais assez exemplaire et des citoyens jamais assez républicains !