Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Bêtise ou ignominie, faut-il choisir ?

Comparer le pass sanitaire avec la Shoah était le comble de l’odieux mais il y a mille degrés inférieurs qui autorisent les complotistes, les péremptoires, les frénétiques du préjugé, les amateurs arrogants, à s’ébattre dans le champ illimité de la crise sanitaire et de ses développements surprenants.

Edouard Philippe tisse-t-il sa toile ?

Edouard Philippe est agaçant car dur à étiqueter : il peut sembler comme tous les autres mais souvent, de manière décalée, il rappelle qu’il est singulier. Il ne se force pas à avoir des bouffées d’atypisme, c’est lui dans sa vérité et, plutôt que de se mutiler, il tient à demeurer cette personnalité à la fois classique pour sa vision économique et sociale mais originale par beaucoup de traits, d’intuitions et de fulgurances qui le placent ailleurs. Il a les pieds sur terre mais je sens sa tête dans des nuages poétiques ou romanesques. Le réel le guide mais ne l’étouffe pas. Il bouge.

Jean-Marie Le Pen s’est-il dédiabolisé trop tard ?

Entretien exceptionnel, dans Causeur, d’Élisabeth Lévy avec Jean-Marie Le Pen (JMLP). Exceptionnel d’abord parce que les questions sont fines et intelligentes. Comme, dans le journalisme, ce n’est pas une règle générale, on a le droit de saluer cette réussite. Exceptionnel, aussi, par la substance de ce dialogue où d’une certaine manière JMLP, âgé de 94 ans, se dédiabolise sur le tard.

Faut-il pleurer pour être un homme ?

Les larmes sont à la fois de la faiblesse et, pourquoi pas, de la force quand on résiste à une vision tellement rigide de la virilité qu’elle les interdirait. Mais tout dépend : pleurer sans cesse, pour tout et n’importe quoi, s’avachir dans les pleurs, relève d’une forme d’exhibitionnisme qui vise à se faire admirer dans un monde qui veut nous convaincre qu’il faut pleurer pour être un homme.

Les experts sont-ils irresponsables ?

À la simple lecture de ce billet, il est facile de mesurer la passion que m’a inspirée cet univers singulier, étouffant, totalitaire, émouvant, irrespirable souvent, étrangement humain aussi, de la cour d’assises. Celle-ci a pour grandeur et pour limite de ne supporter que l’excellence de tous ceux qui la servent.

Il faut un coup de force chez Les Républicains !

Il faut un coup d’Etat à LR. Ma confiance ira plus vers Valérie, Xavier, Laurent, Bruno, David et Michel qu’au président Jacob et au comité stratégique (si mal nommé) avec ses étranges chemins de dérivation ; et de fuite.

Le président nous donne le tournis !

Il nous donne le tournis. C’est sa chance mais notre infortune. On ne peut pas totalement négliger les lueurs malgré les nombreuses ombres qui accablent.

Le devoir de déconstruire…

Déconstruire tout et partout devient un devoir, une mission, un humanisme à l’envers, le but d’un monde qui, ne sachant plus jouir de ce qu’il a eu de meilleur, a décidé de casser les paradis d’hier pour leur substituer l’universelle déconstruction d’aujourd’hui.

Le beauf et les spécialistes : la France éliminée !

Il y a évidemment une réalité infiniment plus grave que cette défaite sportive mais quand le pays va mal, les jeux prennent une importance capitale. On a perdu mais la France ne gagne pas vraiment ailleurs. Les tirs au but se dérouleront en avril 2022.

Le président voudrait vite passer à autre chose : pas nous !

Qu’il veuille vite tourner la page, ce désir de sa part est compréhensible. Mais qu’il nous laisse au moins le temps de savourer cette déconfiture politique, ce retour des forces traditionnelles, et, à la fois, de déplorer ce désastre démocratique : le peuple s’est mis aux abonnés absents mais il gronde. Nous ne sommes pas encore passés à autre chose.