Marine Le Pen : plutôt que fuir la politique, la mettre au coeur…

Plus je considère l’institution judiciaire de loin, plus je rêve, de la part de mes anciens collègues, de pratiques de rupture, que je crois raisonnables et acceptables dans leur nouveauté.

J’y ai songé en ayant suivi, autant que possible, les réquisitions prononcées en première instance puis en appel contre Marine Le Pen et quelques autres.

Il m’a d’abord semblé que, dans des genres différents, l’accusation faisait à chaque fois preuve de talent, de conviction et de sévérité. Elle était conforme au rôle qu’on attendait d’elle, avec – c’est une impression – un peu plus de rigueur qu’à l’ordinaire pour cette prévenue exceptionnelle. Il fallait tout de même montrer qu’on n’avait pas affaire à n’importe qui !

En appel, les deux avocats généraux ont eu l’honnêteté de ne pas requérir l’exécution provisoire, au motif qu’on ne saurait pénaliser MLP pour avoir choisi un certain moyen de défense.

Le jugement de première instance – et cela a choqué – avait ostensiblement reproché à MLP d’avoir développé une argumentation jugée arrogante par le tribunal, comme s’il s’était autorisé à substituer à la contradiction juridique un opprobre moral qui, d’ailleurs, avait inspiré une sévérité accrue.

En même temps, cette attitude qui ne plaisait pas en première instance a-t-elle réellement évolué en appel ? Il semble que oui, mais pas au point d’aller vers des aveux complets, ce dont la juridiction d’appel aurait rêvé. MLP a invoqué le désordre, sa bonne foi, l’incompréhension ; elle a adopté un profil plus bas et, de fait, l’accusation a pris acte qu’en appel, l’atmosphère avait été plus sereine, plus apaisée. Reste que cela n’a pas profondément modifié la nature des réquisitions, ce qui est, au fond, assez étonnant.

En 2017, on a eu l’exemple d’une justice au moins partiellement responsable de l’échec présidentiel de François Fillon, même si sa défense et lui-même ont également eu leur part dans cette grave déconvenue pour le peuple de droite.

Il me semble qu’il n’est plus possible de faire comme si les liens entre justice et politique n’avaient pas, parfois, de très graves incidences sur le plan démocratique, et qu’il faudrait peut-être envisager d’autres solutions que celle qui consiste, du côté de l’institution judiciaire, à se laver les mains des conséquences de ses jugements et arrêts. En quelque sorte, après nous, magistrats, le déluge politique !

Et si l’on adoptait une autre solution, en pleine connaissance de cause, avec une totale transparence à l’égard de l’opinion publique et une argumentation n’omettant rien de l’arbitrage politico-judiciaire à opérer ?

Elle va faire hurler les purs juristes et les adeptes d’une répression pénale détachée de tout raisonnement politique. Pourtant, quelles que soient l’importance et la gravité des transgressions et des détournements opérés par le Rassemblement national au détriment de l’Union européenne, il n’y a tout de même pas, s’agissant certes d’un considérable préjudice financier, une atteinte intolérable à l’ordre public et la commission d’infractions ordinaires et dangereuses.

Des magistrats ne se seraient pas déshonorés en conciliant la sanction nécessaire avec la possibilité démocratique de se représenter, pour une candidate depuis longtemps – avec Jordan Bardella – en tête des sondages.

L’un des avocats généraux a déclaré, pour dénoncer la délégitimation judiciaire tentée par MLP, que « le juge est gardien de la loi et ne fait que l’appliquer ». Ce n’est pas faux, mais, en raisonnant de la sorte, il oublie le formidable pouvoir d’analyse, d’interprétation et d’ajustement dont dispose l’accusation. Pour ma part, je n’aurais pas été gêné d’introduire, dans le cours d’un propos accusateur, la double obligation de réprimer et de permettre l’exercice démocratique de l’élection présidentielle, sans être soupçonné de vouloir participer, en toute bonne conscience juridique et éthique, à une confiscation du suffrage populaire.

Remettre la politique au cœur du judiciaire aurait été, paradoxalement, une manière d’échapper à ces reproches : une justice autarcique et un laxisme pénal.

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Voir les Commentaires (35)
  1. Cher Serge, puis-je vous appeler ainsi ?

    Je ne pense pas votre exemple « pertinent ». Je partage avec vous l’idée qu’il faille tenir compte de l’environnement, du contexte dans lequel l’écart a été commis. À ce titre, une femme affamée avec un enfant affamé mérite bien plus de mansuétude pour le vol d’une pomme qu’un malfaisant violent qui s’en prendrait à une grand-mère pour se payer sa dose de coke, cela va sans dire. Mais cet exemple, tout pertinent qu’il soit pour cette dame, ne vaut pas pour Madame Le Pen et, plus généralement, pour le RN.

    Le contexte électoral ne peut pas être vu comme une circonstance expliquant — ou justifiant — la commission des actes reprochés. Dire que Madame Le Pen est appréciée de nombreux citoyens est une chose, que je ne conteste pas, mais cela n’est pas une cause légitime qui expliquerait les actes pour lesquels elle est poursuivie. Pas elle seule, mais son cas est évidemment emblématique. Je dirais d’ailleurs que son statut politique constitue une circonstance aggravante. Elle fait partie de l’élite qui édicte et vote les lois auxquelles elle contrevient. Par ailleurs, elle est juriste, ce qui ne plaide pas en sa faveur.

    Le fait d’être politicien, apprécié, n’est pas une raison pour échapper à la loi. C’est précisément le fameux État de droit que d’aucuns cherchent à mettre à bas. Ce ne sont pas les juges qui l’empêcheront de se présenter, si tel est le cas, mais son comportement, qui l’a conduite à se retrouver devant eux. Je précise, pour être tout à fait honnête, qu’il est évident qu’il existe deux fois la mesure, comme dirait Jean-Claude Convenant : un Bayrou ayant fait l’objet de poursuites pour des faits similaires n’a pas été condamné.

    Je reprends mon exemple du violeur : ce serait comme dire, s’il était encore vivant, qu’il faudrait tenir compte, dans le jugement d’un Jeffrey Epstein, du fait qu’il était apprécié de nombreuses personnes, dont il aidait le financement des projets, et qu’à ce titre il ne faudrait pas le condamner, ou seulement de façon légère.

    Un argument qui pourrait être recevable, mais que je n’entends pas, est celui du financement. Le RN a été obligé d’emprunter sur le marché russe, contraint par l’ostracisation des banques à son égard. Il aurait pu arguer des difficultés financières que cela a engendrées pour lui et du fait que ce traitement l’a obligé à trouver un moyen de financer son activité, alors que le RN est le premier parti de France et devrait être objectivement traité comme n’importe quel autre par les banques.

    Pour conclure, je ne partage pas votre point de vue sur l’idée qu’il faudrait tenir compte d’une situation électorale lors d’un jugement, tout en considérant que, oui, à certains égards, le RN est injustement maltraité. Et comme vous le savez, je n’en suis pas un électeur, loin s’en faut.

  2. @ Robert
    @ Jérôme le 7 février

    Pour un vol à l’étalage, le tarif maximum est de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Condamnez-vous à cette peine une mère élevant seule son enfant ? Habituellement, les juges tiennent compte des conséquences d’une décision aussi lourde et se montrent indulgents. Ils personnalisent donc la peine, ce qui, d’ailleurs, est leur mission.

    Pourquoi ne pourraient-ils pas adopter cette même attitude quand leur décision est susceptible de porter atteinte à la liberté des Français de choisir qui ils désirent pour les gouverner, sous le prétexte que la loi les autorise à avoir la main lourde ?

    C’est au contraire s’ils ne tenaient pas compte du fait que MLP est la candidate en tête des sondages que les magistrats s’introduiraient dans le champ politique. De plus, ils ignoreraient ainsi leur obligation de personnaliser la peine.
    Notez que, contrairement au réquisitoire prononcé en première instance, les procureurs, voulant éviter ces reproches, ont pris bien garde cette fois d’insister sur la gravité du délit plutôt que sur la nécessité de punir MLP au point d’empêcher sa candidature à l’Elysée… tout en suggérant un stratagème dont le but est d’obliger Marine à se désister elle-même, avant de connaître sa condamnation définitive le jour où la Cour de cassation rendra son arrêt.

  3. Cher Robert,

    Je prétends, c’est trop simple pour votre brillant esprit sans doute, que les juges n’ont pas à tenir compte des situations électorales des uns et des autres pour prendre des décisions.
    Et que ceux, comme Ciceron la rappelle très justement, qui prônent l’inverse, demandent aux juges de faire de la politique, de tenir compte d’une situation électorale, tout en leur reprochant d’en faire. C’est fortement stupide.

  4. @ Jérôme le 6 février 2026
    « Dire que les juges devraient tenir compte de la situation électorale de Mme Le Pen, Ciceron nous le rappelle fort justement, revient à contredire l’idée qu’ils ne doivent pas se mêler de politique. »

    En conclusion vous souhaitez littéralement que les juges se mêlent de politique et donc en réalité vous appelez à une justice politique.
    À quand la police politique et le système soviétique ?

  5. @ Giuseppe le 6 février 2026
    « Euh… On ne tire pas à balles réelles sur la foule quand même. »

    L’exercice de la tyrannie n’est pas réductible au seul fait de tirer à balles réelles sur la foule.
    Il existe des moyens plus ou moins « soft » d’asservir un peuple, en exerçant sur lui divers types de pressions ou de chantages.

    Cela a, par exemple, été le cas dans les pays communistes de l’Est avant 1989, avec divers moyens utilisés pour exclure les opposants de la vie sociale : en les empêchant d’accéder à un emploi, à un logement, à la scolarisation de leurs enfants, etc., sans bien entendu oublier les incarcérations ou, comme en ex-URSS, les internements d’intellectuels en asiles psychiatriques.

    En France, demandez aux Gilets jaunes ce qu’ils ont pensé de la répression à base de balles en caoutchouc tirées à hauteur de tête, capables de faire perdre un œil à certains.

    Et à la fin des événements d’Algérie, c’est bien sur la foule que le pouvoir en place a fait tirer à balles réelles.

    https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/conflits-et-operations-2/guerre-dalgerie-des-combats-du-maroc-et-de-la-tunisie/victimes-de-la-fusillade-de-la-rue-disly-a-alger-le-26-mars-1962

    Actuellement, en France, la tyrannie s’exerce en pratique, mais pas seulement, surtout par le biais d’atteintes à la liberté d’expression, en interprétant les propos des gens de façon tendancieuse, en leur prêtant autre chose que ce qu’ils ont pensé, afin de les condamner de manière arbitraire par des lois liberticides promulguées à cet effet sous de faux prétextes.

    Enfin, le procédé consistant à recourir à des interdictions bancaires en dehors de tout cadre judiciaire, pour des motifs inconnus de ceux qui en sont les victimes, semble commencer à se répandre de façon problématique.

    Pour l’instant, nous pouvons penser qu’il ne s’agit que de quelques ratés liés à la mise en place d’algorithmes de surveillance des mouvements constatés sur les comptes bancaires, mais ce procédé pourrait être facilement étendu à des fins de répression à caractère politique. Et quelques exemples constatés dans la zone UE, pointée du doigt par plusieurs citoyens américains pour ses atteintes à la liberté d’expression, laissent présager du pire.

  6. Dire que les juges devraient tenir compte de la situation électorale de Mme Le Pen, Ciceron nous le rappelle fort justement, revient à contredire l’idée qu’ils ne doivent pas se mêler de politique.

    Un autre argument me paraît tout à fait impropre. Ce serait aux institutions de juger des dérapages de ceux qui les commettent, dans le cadre de leur activité. Que nenni ! Si quelqu’un malverse au sein de n’importe quelle entreprise ou institution sans en respecter le règlement, celle-ci peut évidemment prendre des sanctions. Pour autant, si ces malversations entrent également dans le cadre du droit commun, en quoi la personne devrait-elle échapper à de possibles plaintes et à d’éventuelles condamnations devant la justice ?

    Cet argument avancé par Régis de Castelnau, si j’ai bien lu, n’a pas de sens. Ce n’est pas parce qu’une institution sanctionne que le droit commun ne devrait pas s’appliquer.

    Je pense, par exemple, que dans le règlement intérieur des entreprises — c’est le cas dans la mienne — il n’est pas autorisé de violer quelqu’un. Si cet acte est commis, en quoi l’institution devrait-elle être seule à sanctionner ? L’acte relève également du droit commun et, s’il y a plainte…

    De la même façon, un argument qui ne tient pas est celui qui consiste à dire que les autres ne font rien qu’à faire pareil. Eh bien, s’ils ne sont pas pris… Cet argument, reprenons l’exemple du violeur, revient à dire qu’il ne faudrait pas condamner un violeur au prétexte qu’il y en a d’autres qui passent à travers les mailles du filet pour le même crime ? Cela n’a pas de sens.

    La seule remarque qui me semble valable concerne ceux qui sont pris pour les mêmes faits et ne font pas l’objet d’une condamnation, voire font l’objet de protections évidentes. On peut le penser pour le MoDem et François Bayrou, dont Kadyrov avait bien besoin et qui s’est vu quasi absoudre de tous ses péchés, Bétharram inclus.

  7. @ Jérôme le 4 février
    « Fort heureusement, Fillon n’a pas pu se présenter. »

    Il est permis de vouer Fillon aux gémonies… mais pas de modifier aussi grossièrement les faits. François Fillon était présent au premier tour de l’élection présidentielle de 2017. Il est arrivé en troisième position avec 20,01 % des voix. Avant l’intervention du PNF dans la campagne, les sondages le plaçaient en tête, avec de 25 % à 31 % des voix. Macron était alors en troisième position (19 %), loin derrière Marine Le Pen (25 %).
    Au soir du premier tour, celle-ci arrivait deuxième (21,30 % des voix), battant Fillon d’environ 470 000 voix. Puis le fameux « cordon sanitaire » l’a étranglée…

  8. Défendre une corporation qui nous est chère est naturel… et il ne peut être question, cher Philippe, de vous reprocher de chercher, dans les éléments dont nous disposons sur ce procès en appel et, particulièrement, dans les réquisitoires des procureurs, les détails qui montrent que la justice, cette fois, cherche à rester dans son champ. Mais de là à écrire que l’institution judiciaire se lave les mains des conséquences de ses jugements et arrêts dans celui de la politique, il y a un pas qui me paraît bien trop grand pour être franchi.

    Dans les deux affaires que vous citez, la justice a dépassé sciemment – et même avec une certaine arrogance – la limite qui les sépare… et certains magistrats se délectent de cette intrusion.

    Dans « l’affaire Fillon », parce que, le 25 janvier 2017, le PNF s’est précipité comme un mort-de-faim sur la dénonciation du Canard et que, dès le 14 mars, après une enquête dont la rapidité était… disons exceptionnelle, il a mis en examen le candidat à la présidence de la République le mieux placé dans les sondages, il est difficile de croire que les magistrats ignoraient la qualité de leur prise et n’avaient pas conscience des ravages qu’allait entraîner leur action. Contrairement à vous, je pense que la justice est entièrement responsable de la défaite de François Fillon… et, de ce fait, a fortement contribué à la situation actuelle du pays.

    Comme elle serait responsable de celle que connaîtra la France après la prochaine élection présidentielle si Marine Le Pen devait renoncer à sa candidature. D’ores et déjà, le piège contre elle est armé et l’on voit mal comment, dans son jugement, la cour d’appel pourrait le désamorcer totalement. Certes, on peut admettre que le RN présentera un candidat en position de l’emporter, mais cela ne change rien au fait que les juges auront modifié la liste des prétendants à l’Élysée attendue par le corps électoral, mais aussi, même en cas d’élection de Jordan Bardella, pesé sur le futur des Français, le président du RN n’étant pas le clone parfait de Marine dans un certain nombre de domaines, dont l’économie, qui jouera un rôle majeur dans notre redressement.

    Quoi qu’il en soit, il est trop tard pour arrêter la machine judiciaire lancée contre MLP et la proposition de Philippe, complexe et probablement difficile à faire voter par l’Assemblée et le Sénat, à faire accepter par le Conseil constitutionnel, puis à mettre en œuvre, ne vaut que pour de futures affaires mettant en cause des personnalités politiques.

    Il y a peut-être plus simple à entreprendre dans un premier temps : la réforme de la peine d’inéligibilité avec exécution provisoire dès la première instance. Celle-ci ne doit pas disparaître totalement, parce qu’elle est indispensable dans de nombreuses affaires pour éviter une récidive du délinquant. Mais, lorsque des élus sont accusés de délits financiers, peut-être pourrait-on ne pouvoir la prononcer qu’en cas d’enrichissement personnel.

    Cette solution permettrait de respecter la souveraineté du peuple, lequel, a priori – sauf à Levallois-Perret –, n’a jamais accepté de réélire un élu ayant été pris les deux mains dans le pot de confiture.

    Le miracle serait qu’un projet ou une proposition de loi en ce sens soit présenté(e) aux Assemblées dans les prochaines semaines et voté(e) en urgence, ce qui obligerait la cour d’appel à renoncer à prononcer cette peine d’inéligibilité contre Marine Le Pen…

    Je ne crois pas aux miracles… surtout quand il faut, pour qu’ils se réalisent, bousculer le train-train des procédures et, surtout, obtenir des élus qu’ils sauvent un adversaire en difficulté.

    P.-S. : dans un précédent commentaire (le 5 février), j’ai commis une erreur. Les procureurs qui ont prononcé le réquisitoire contre MLP ne sont pas attachés au PNF, mais au parquet général de Paris. Il est vrai que l’on ne prête qu’aux riches et qu’en ce domaine des élus en délicatesse avec la justice, le PNF l’est particulièrement…

  9. Au passage, quand j’entends pleurnicher qu’être élu, c’est « dur, ingrat… » et tutti quanti, je remarque qu’ils sont de plus en plus nombreux à monter des listes et à se battre comme des chiens pour être en position éligible.
    Paraît-il, ils ne seraient pas assez payés ?!
    Pour le pays, on voit la dette qui nous contemple et, quand on regarde Paris et ses merveilles, et tous les autres aussi, c’est impôts et Cie.
    Alors qu’ils arrêtent tous de vouloir nous faire sortir le mouchoir, avec les sessions de nuit, etc.
    Qu’ils aillent à la découverte de l’exploitation d’un chantier qui tourne 24 h/24 : hôpitaux, hôtels… Au moins, chez nous, cela se fait en sécurité.

    Ailleurs, pour rappel : le Qatar, où la construction des infrastructures pour la Coupe du monde 2022 a été marquée par un nombre très élevé de décès parmi les travailleurs migrants. Les estimations les plus souvent citées évoquent environ 6 500 morts, même si le chiffre exact reste difficile à établir.
    Alors qu’ils arrêtent de pleurnicher sur leur nombril : s’ils ne sont pas contents, ils se barrent, ils démissionnent. Assez de ces pleureuses, et en plus ils ont mis le pays à sac.

  10. @ Exilé le 5 février 2026 (@ Ciceron le 4 février 2026)
    « Ce n’est pas pour excuser le FN/RN, mais simplement pour dire que l’égalité en général, et celle devant la loi en particulier, est particulièrement malmenée sous la République française. »

    Ah, quand même, il était temps. Nombreux ici et ailleurs ont beaucoup de fange et de fientes dans les yeux, indécrottables et incurables. Ils s’acharnent sur les seuls coupables désignés d’office par les bien-pensants macroniens islamo-gauchistes.
    Le cas Cahuzac (et beaucoup d’autres) est un bon exemple d’impunité malgré l’énormité de sa faute. Mais il est de gauche, donc déclaré non coupable. Imaginons ce même délit commis par un élu RN : aussitôt, une armada de vautours gauchistes se serait abattue sur ce facho raciste, islamophobe, xénophobe, etc.

    Le seul prétendant au trône suprême actuellement, propre sur lui, honnête, calme malgré les attaques terribles qu’il subit, c’est Bardella : stature élégante, impériale. Il gêne, il dérange. Ses adversaires le qualifient de pire danger pour la France. Effectivement, il est le pire danger pour… cette mafia macronienne et ses complices de gauche infiltrés par les islamistes.
    Il est trop jeune, il n’a pas d’expérience. Son bilan : zéro dette, aucun crime de sang sur les mains.
    Celles et ceux « qui ne sont pas jeunes » et qui ont beaucoup d’« expérience » : bilan, 3 500 milliards de dette, records de crimes, d’insécurité, d’invasion criminelle islamiste, de narcotrafic, de descente aux enfers d’une France gangrenée par l’islamo-gauchisme criminel dans toutes les institutions.

    Faites vos jeux !

  11. @ Exilé le 5 février 2026
    « …dans la pratique elle relève plutôt parfois de la tyrannie. »

    Euh… On ne tire pas à balles réelles sur la foule quand même.

  12. @ Ciceron le 4 février 2026
    « Le billet propose ce que Philippe Bilger appelle une « pratique de rupture ». En réalité, il s’agit d’une remise en cause fondamentale de l’égalité devant la loi, pilier de la République. »

    Si la République compte sur ce pilier branlant pour tenir encore vaguement debout quelque temps, elle fait un mauvais calcul, car le principe d’égalité est l’un des plus attaqués, souvent par les tenants de la République eux-mêmes.

    Dans cette affaire des assistants parlementaires, j’ai déjà eu l’occasion de rappeler ici que quelqu’un qui l’avait été lui-même pendant plusieurs années a affirmé que la plupart des partis, sinon leur totalité, ont procédé de la même manière.
    Ce n’est pas pour excuser le FN/RN, mais simplement pour dire que l’égalité en général, et celle devant la loi en particulier, est particulièrement malmenée sous la République française.

    Ainsi, à quoi rime tout ce pataquès médiatico-judiciaire contre le RN, et lui seul, si ce n’est pour l’abattre ?
    Il faut savoir qu’à l’époque des premiers succès électoraux du FN, il se disait dans les « milieux bien informés » qu’à partir d’un certain seuil, des mesures pourraient être prises — pas forcément d’ordre très démocratique — pour l’empêcher de monter davantage.

    Comment, à propos d’égalité, oser prétendre qu’elle s’est appliquée depuis le début au FN puis, ensuite, au RN, avec tous les appels quasiment officiels de l’ensemble du monde politique, médiatique, syndical, artistique, universitaire, judiciaire, sportif, et tutti quanti, à la haine de ce parti, ensemble sommé de crier à qui mieux mieux haro sur le baudet RN, tout en ne condamnant pas ceux qui le feraient de manière physique, en sacrifiant allègrement au passage le principe de fraternité ?

    Le RN, soumis à un ostracisme d’État inégalitaire et peu républicain, est, semble-t-il, le seul à ne pouvoir trouver une banque susceptible de lui accorder un prêt afin de lui permettre de mener démocratiquement ses campagnes électorales.
    Alors d’où vient cette consigne ? On ne nous fera pas croire que tous les directeurs d’agences réagissent de la même manière et que ces refus ne viennent pas « d’en haut », voire d’un « État profond qui n’existe pas »…

    Bien entendu, le principe de liberté, dont celui d’expression, est torturé de la même façon sélective que les deux autres dans la France « des droits de l’homme », la République n’ayant manifestement pas conscience qu’elle se saborde elle-même en ne respectant pas ce qu’elle présente, de façon un tantinet exagérée, comme ses valeurs.

    Enfin, il est évident que si la personne de Marine Le Pen a le même poids devant la loi, en tant que code INSEE, que n’importe qui d’autre, elle seule en France est investie d’une telle charge de haine collective qu’elle est assimilée injustement à une sorte de « bête noire », poids et source de soucis qui sont épargnés à la plupart de ses concurrents et qui pourraient mériter un peu de compréhension et une pointe d’indulgence.

  13. @ Giuseppe le 5 février 2026
    « Que je sache, nous avons élu des représentants ; alors il faut les houspiller, les interpeller. »

    Que je sache aussi, certaines des institutions problématiques en ce qui concerne les risques démocratiques, par exemple le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État, échappent au contrôle du peuple par ses représentants.

    Et encore, nous ne parlons même pas de la Justice.

    Bref, de l’art de faire croire aux benêts qu’ils vivraient dans une démocratie, alors que dans la pratique elle relève plutôt parfois de la tyrannie.

  14. Comme de juste, Monsieur Bilger, ce billet vous attire quelques adhésions et une dénonciation frontale de votre position par Ciceron, le 4 février 2026.

    Le commentaire de Ciceron m’a rappelé un article daté du 4 février lu dans la Dépêche du Midi (https://www.ladepeche.fr/2026/02/04/entretien-lelement-declencheur-cest-le-proces-de-marine-le-pen-pourquoi-la-justice-est-en-danger-selon-la-juge-dinstruction-magali-lafourcade-13198070.php) rapportant un entretien avec madame Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).

    À la question : « Les politiques français cherchent-ils à s’affranchir du droit ? », Madame Lafourcade répond notamment :
    « Je le constate pour certains d’entre eux. Depuis 2002, il existe un populisme pénal qui réclame toujours plus de répression pour les “petits” en accusant les magistrats de laxisme, alors même que la justice française est l’une des plus sévères d’Europe. Mais la tentation nouvelle, c’est l’affirmation de l’impunité pour les puissants. Dire que juger un politique est une démarche “politisée” ou une violation de la séparation des pouvoirs est un non-sens. L’État de droit repose sur la prééminence du droit : même les puissants doivent respecter la loi. »

    Je pensais ingénument que l’exercice de ces éminentes fonctions par cette magistrate devait respecter une certaine forme de devoir de réserve, qui me semble ici remis en question par la promotion de l’un de ses livres assurée par le quotidien Le Monde, dans un article dont le chapeau est le suivant :

    « La magistrate Magali Lafourcade réfute le discours populiste contre la justice.
    Face aux attaques contre la justice de certains responsables politiques, comme Bruno Retailleau ou Marine Le Pen, Magali Lafourcade publie La Justice en procès, ouvrage dans lequel elle déconstruit chacun de leurs arguments.
    Par Anne Chemin
    Publié le 23 janvier 2026 »

    Dans cet article (https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/23/la-magistrate-magali-lafourcade-refute-le-discours-populiste-contre-la-justice_6663852_3232.html) on peut lire que madame Lafourcade qui « préside le comité d’éthique et de déontologie du Groupe Le Monde est bien placée pour mesurer les dangers de cette offensive idéologique. Chargée d’enseignement à Sciences Po Paris et à l’Ecole nationale de la magistrature, elle est, depuis 2016, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme. »

    Un paragraphe de cet article mérite d’être cité :
    « De ce poste d’observation privilégié, Magali Lafourcade a tiré une certitude : les diatribes de Bruno Retailleau contre l’État de droit ainsi que les discours victimaires de François Fillon, Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen sur leurs condamnations ne constituent pas un éphémère mouvement d’humeur. Une partie de l’échiquier politique français, estime-t-elle, aspire sérieusement à rompre avec la règle constitutionnelle d’égalité devant la loi. En revendiquant de facto un principe d’impunité pour les puissants, ces élus s’inscrivent dans un registre “populiste et illibéral” contraire au pacte républicain. »
    Où l’on retrouve la thèse de Ciceron.

    Pour terminer mon commentaire, il me semble nécessaire de citer un article de Régis de Castelnau, paru sur son site et intitulé : « Préparation de la présidentielle 2027 : la justice française à la manœuvre ».
    Un paragraphe très juridique a attiré mon attention :
    « Une fois de plus, on fait l’impasse sur le véritable scandale juridique et judiciaire de cette affaire, mais aussi de beaucoup d’autres. C’est celui de cette jurisprudence inconstitutionnelle de la Cour de cassation, qui a décidé d’appliquer aux parlementaires l’article 432-15 du Code pénal sur les détournements de fonds publics. J’ai déjà expliqué ce problème en long, en large et en travers. Le principe d’interprétation restrictive empêchait d’étendre aux représentants de la Nation cette infraction. Le contrôle des dépenses exposées par députés et sénateurs incombe à leurs assemblées respectives. L’attribuer, comme l’a fait la Cour de cassation, au juge judiciaire confère à celui-ci un pouvoir de contrôle politique sur les parlementaires, en violation absolue du principe de séparation des pouvoirs. Cette jurisprudence a été délibérément mise en place à cette fin. Tout le reste est du bavardage. »

    Il conclut :
    « Ce n’est pas par hasard que les avocats généraux qui ont requis contre Marine Le Pen devant la cour ont qualifié cette justice de “contre-pouvoir (du politique)”, formulation incroyablement révélatrice. Imaginons les réactions des magistrats si la présidente de l’Assemblée nationale avait qualifié le pouvoir législatif de “contre-pouvoir du judiciaire”. »

    En conclusion, Ciceron, qui se permet de vous donner, Monsieur Bilger, des leçons de droit, devrait sortir de sa position absolutiste pour se confronter à la réalité quotidienne des citoyens français et cesser de refuser la voie référendaire, opposée au si célèbre État de droit qui corsète toute la société pour l’empêcher de penser autrement que selon la doxa en vigueur.

    En dernier lieu, j’apprécie tout particulièrement l’analyse de Tipaza, le 5 février 2026, qui rejoint en grande partie celles, juridiques, de Régis de Castelnau, lequel, au-delà de celles-ci, adopte des attitudes polémistes que l’on n’est pas obligé de faire siennes. Mais au moins forcent-elles le lecteur à réfléchir autrement et à sortir de ses seules certitudes.

  15. Selon un des grands penseurs politiques du siècle dernier, à la mort du lion ou de la lionne, les chacals se sont toujours disputé les miettes de l’Empire (Les Tontons flingueurs).

    Mais quand d’Annunzio se brouilla avec Rome à propos de Fiume, quand les généraux Sanjurjo et Mola trépassèrent dans des accidents d’avion intempestifs, quand DSK fut mis hors jeu par Sofitel interposé, ou encore quand Rocard fit sa bourde historique à Conflans-Sainte-Honorine, les derniers à s’en plaindre furent Benito et les trois François. Et JB, tout en pleurant amèrement sur les destinées de MLP, pourrait bien dire lui aussi, comme le Caudillo après la mort spectaculaire de son Premier ministre favori : No hay mal que por bien no venga — à quelque chose malheur est bon…

  16. @ Exilé le 5 février 2026

    Que je sache, nous avons élu des représentants ; alors il faut les houspiller, les interpeller. Nous avons une presse en général molassonne ; quelques journalistes font le job, mais c’est si rare.
    Une qui se suffit à elle-même : le Charlie de cette semaine. Un bon dessin vaut bien un long discours, sans aucun doute une arme redoutable.

    Les vrais bretteurs sont rares. Il faut avoir lu, entre autres, les écrits de Saint-Just : c’était de la parole aux actes. La suite, on la connaît ; je ne suis pas juge, à chacun sa vision.

    Mais lire la presse aujourd’hui est une cure de sommeil. Quelques vraies plumes, mais bien rares. Le drame est que l’encre, aujourd’hui, s’inscrit dans l’éphémère, d’un sujet à l’autre, aurait dit Louis-Ferdinand Destouches.

  17. Donald Trump va s’énerver contre la justice française si elle élimine Marine Le Pen des présidentielles de 2027 ; c’est prendre des risques considérables que d’ouvrir la porte grande ouverte aux islamo-gauchistes.
    Si cela devait se produire, beaucoup d’entreprises et de Français quitteront la France pour investir là où l’on ne nous fera pas les poches. Il ne restera que les pauvres et des étrangers illégaux, assistés par des indemnités diverses et variées.

    D’après un grand économiste, il paraît que la France n’existera plus d’ici quelques décennies si l’on continue à jouer les autruches, la tête dans le sable.

  18. @ Giuseppe le 5 février 2026
    « « Les institutions sont la garantie du gouvernement d’un peuple libre contre la corruption des mœurs, et la garantie du peuple et du citoyen contre la corruption du gouvernement » Saint-Just »

    Sauf que dans la France actuelle, certaines institutions sortent de leur rôle quand cela les arrange pour s’opposer à la volonté populaire pourtant clairement exprimée dans les urnes.
    Après, il ne faudra pas se plaindre si les Français boudent les urnes à force de voir leur bulletin de vote foulé aux pieds par des tyrans déguisés en défenseurs de la loi.

  19. En appel, les procureurs du parquet général de Paris ont adapté leurs réquisitions à la nouvelle ligne de défense de Marine Le Pen, mais ils se sont en réalité montrés tout aussi intraitables qu’en première instance. Leur objectif n’est pas purement judiciaire. Il est éminemment politique : MLP ne doit pas être en mesure de se présenter lors de la prochaine élection présidentielle ou, a minima, de mener une campagne électorale normale.

    Il est évident qu’ils ouvrent la voie à une peine principale plus faible qu’en première instance, mais rendent la relaxe quasi impossible. Et le tribunal ne pourra pas faire l’impasse sur une condamnation à l’inéligibilité. Elle sera probablement de plus courte durée et compatible avec les conditions légales d’une candidature de MLP. Compte tenu du calendrier, elle devra être d’au maximum deux ans. Celle-ci, condamnée en première instance le 31 mars 2025, serait ainsi à nouveau éligible le 1er avril 2027, c’est-à-dire quelques jours avant le début de la campagne officielle.

    Mais chacun sait que les joutes débutent bien avant celle-ci… et les procureurs en ont tenu compte en réclamant un an de prison ferme aménageable. Si le tribunal les suit, MLP pourrait être tenue de porter un bracelet électronique lors de ses meetings… et de demander une permission de sortie pour chacun d’eux… Bonjour l’égalité avec les autres candidats…

    Pourtant, le pire n’est pas là. Si elle est ainsi condamnée, Marine Le Pen, pour défendre son honneur, ne peut pas ne pas se pourvoir en cassation. L’instance suprême a promis une décision rapide… mais, quelle qu’en soit la date, si elle valide le jugement d’appel, il sera trop tard pour que le RN puisse changer de candidat sans dommage.

    Le financement de la campagne étant nominatif et contrôlable dès le premier euro reçu ou dépensé par le candidat, il ne sera pas possible à MLP de transférer la trésorerie dont elle disposera alors sur le compte que devra ouvrir Jordan Bardella.

    Le piège est parfait. Marine Le Pen, si la cour d’appel ne la relaxe pas, sera quasiment dans l’obligation de se retirer dans la minute qui suivra le prononcé du jugement… pour que la France ait une chance d’être confiée à son parti et à ses alliés.

    À part cela, tout va bien… L’autorité judiciaire est dans son couloir… Elle juge les délinquants et ne cherche en aucun cas à s’immiscer dans le champ politique.

  20. Ils pensaient quoi, tous ces prédateurs d’argent public ? S’en tirer avec une pirouette ? Trois p’tits tours et puis s’en vont ?

    Ils ont été condamnés. Un ami qui a suivi le procès m’a dit qu’ils bredouillaient à la barre, réponses indigentes, etc.
    Ce sont des voleurs, je ne suis pas juriste, mais quand on détourne de l’argent public, et que c’est documenté, on applique la loi, simplement.

    Le FN/RN au pouvoir ? Quelle galéjade. Jamais je n’ai entendu parler aussi creux que Jordy Barboteuse : il ne fait pas la maille, comme dirait un pêcheur, loin s’en faut. Et en plus, on leur laisserait la clé du tiroir-caisse ? Quelle folie.

    Les autres, tous les autres, sans remonter bien loin, ont été nuls, c’est évident. LR et le PS ne sont plus rien : nada, que pouic ! Ils ont abandonné l’électorat le plus nombreux, celui qui va au boulot, qui paie ses impôts sans rechigner… Et puis la gabegie, la perte de pouvoir d’achat, le déclassement. Alors cet électorat, qui n’en pouvait plus, s’est tourné vers le plus offrant ; les autres n’offraient plus rien que la misère.

    Quelle tristesse, quelle incertitude, des dégâts irréparables. Le FN/RN tirera la chasse, en bon plombier, puis présentera la facture. Eux n’ont rien à donner que des promesses non tenues, pires encore que celles de leurs prédécesseurs.

  21. Certains font de la politique toute leur vie, non pas pour glorifier et enrichir la France, mais pour s’enrichir eux-mêmes à titre personnel, en détroussant les contribuables, ces électeurs naïfs qui votent pour les nuls de chez les nuls. Ces rentiers gaucho-socialos profiteurs n’ont apporté que misère, désespoir et pauvreté dans le pays. Faisons barrage à ces rentiers à vie, seuls coupables d’avoir affaibli la France, désormais dépourvue d’industries et de projets stratégiques à long terme.

    En ce moment, dans l’actualité et sur toutes les chaînes, on entend Jack Lang se justifier (faussement) de sa relation très proche avec le criminel sexuel Epstein. Mais c’est qu’il continue de nous prendre pour des imbéciles, cet énergumène de 86 ans touchant une pension de retraite de 25 000 euros par mois (300 000 € par an) et disposant d’un compte offshore bien garni.

    Pendant ce temps, c’est Marine Le Pen qui paie l’addition pour toutes les incompétences des rouges, premiers responsables de la débâcle française.

    Dans ce monde de profiteurs et de brutes, courage à celui ou celle qui prendra la relève en 2027.

  22. « Pour ma part, je n’aurais pas été gêné d’introduire, dans le cours d’un propos accusateur, la double obligation de réprimer et de permettre l’exercice démocratique de l’élection présidentielle, sans être soupçonné de vouloir participer, en toute bonne conscience juridique et éthique, à une confiscation du suffrage populaire. » (PB)

    Pourriez-vous, afin d’être compréhensible pour ma bouchère ou mon plombier — dont les votes valent les vôtres — éviter les circonlocutions absconses ?
    À savoir :
    « Si j’avais été aux lieu et place des avocats généraux, j’aurais demandé une peine d’inéligibilité avec sursis, voire une peine d’amende sans inéligibilité… »

    Il est des moments où la lecture des Précieuses ridicules doit être régurgitée avec modération.

  23. « Il me semble qu’il n’est plus possible de faire comme si les liens entre justice et politique n’avaient pas, parfois, de très graves incidences sur le plan démocratique, et qu’il faudrait peut-être envisager d’autres solutions que celle qui consiste, du côté de l’institution judiciaire, à se laver les mains des conséquences de ses jugements et arrêts. » (PB)

    J’ai bien aimé votre billet. On sait que pratiquement tous les partis politiques ont joué à ce jeu, y compris François Bayrou. Mais, quelles que soient les réquisitions, c’est le quantum de la peine qui n’est pas le même, tout comme, d’ailleurs, la sentence des médias.

  24. Un billet intéressant par l’originalité du point de vue développé et par certains commentaires qui le récusent.

    Au fond, ce qui est proposé par le billet serait une justice intelligente, comme il existe une théorie des baïonnettes intelligentes.

    Je rappelle que : « La théorie de la baïonnette intelligente est, en droit pénal, la condamnation de l’obéissance à un ordre manifestement illégal. La formulation évoque la situation du soldat (la baïonnette) qui doit refuser d’exécuter un ordre manifestement illégal (car même l’engagement militaire ne saurait faire disparaître la conscience — l’intelligence — de ses actes). » (Wiki)

    Ce qu’il faut retenir de cette définition, c’est que l’engagement, qu’il soit militaire et, dans le cas du billet, juridique, ne saurait faire disparaître la conscience — l’intelligence — des actes.

    L’intelligence des actes, dans le cadre d’un jugement, consisterait, si j’ai bien compris, à prendre en compte non seulement le caractère purement formel de la loi, supposée égale pour tous, mais aussi les implications que le jugement peut avoir, au-delà de ce caractère purement formel, sur la société en général et la vie politique en particulier.
    Vie politique dont le fondement démocratique est le libre choix de ses représentants par le peuple.

    Avec ce point de vue d’une justice intelligente, on ne peut qu’être d’accord avec le billet, modulo les réserves déjà exprimées sur les éventuelles dérives de ce point de vue ; réserves qui seraient vraies également dans le cadre de l’action militaire.

    Pour ma part, j’irai plus loin en affirmant que l’accusation de détournement de fonds pour laquelle est poursuivie Marine Le Pen est injustifiée, et pire : elle est contraire à la vie démocratique.
    Vie démocratique qui consiste à ne pas entraver le fonctionnement d’un parti politique, surtout s’il est d’opposition.

    On lui reproche d’avoir fait travailler ses assistants sur d’autres sujets que ceux de l’Assemblée européenne. Accusation fallacieuse : la vie d’un parti est globale, elle forme un tout. Il ne saurait y avoir de sections différenciées entre action nationale et action européenne.
    L’Union européenne est un ensemble de nations qui n’ont pas été — encore — dissoutes ; la réflexion d’un parti est donc nécessairement globale, tenant compte des implications des décisions de ladite assemblée sur la vie nationale.

    De ce point de vue, vouloir séparer l’approche nationale de l’approche européenne est un artifice destiné à empêcher les partis de réfléchir aux éventuelles conséquences nationales des décisions européennes.
    En un mot, c’est imposer un aveuglement des partis nationaux face aux décisions prises par l’UE, afin de favoriser, de façon non démocratique — et je dirais même dictatoriale —, la fédéralisation accélérée de l’Union européenne.

    Voilà pourquoi je trouve que le procès fait à MLP est de mauvaise foi et devrait relever précisément de la théorie de la justice intelligente proposée par le billet.

  25. La réponse de Cicéron est cohérente, juridiquement fondée, philosophiquement solide, politiquement lucide. Elle met en lumière la tension fondamentale du billet de Monsieur Bilger :

    Peut-on demander à la justice de tenir compte des conséquences politiques de ses décisions sans la transformer en acteur politique ?

    Cicéron répond clairement : non. Et il a raison sur un point essentiel : introduire la popularité comme critère judiciaire reviendrait à renverser l’État de droit.

    « Les institutions sont la garantie du gouvernement d’un peuple libre contre la corruption des mœurs, et la garantie du peuple et du citoyen contre la corruption du gouvernement. »
    Saint-Just — Fragments sur les institutions républicaines

  26. Je suis contre le fait qu’on donne le privilège de l’immunité aux candidats. Par Apollon, qui n’en demandait pas tant ! Certains auraient bien voulu que Polanski soit pardonné, parce qu’artiste. Être populaire ne donne aucun droit, n’en déplaise aux groupies.

    À la vision de cette platitude face à un certain genre de puissants, je doute que les riches et les bien-nés aient dû se fatiguer beaucoup pour obtenir plus que leur dû. L’adoration des foules cherchant quelque rédempteur ou s’identifiant à quelque tête de gondole des médias ! Mais que les gens s’en purgent dans quelque match, concert de variétés, ou se trouvent quelque master ou domina, des maîtres, cela peut se rencontrer sans jeter la société dans le danger mortel d’une régression juridique et, je le pense, à terme, de la fin de la démocratie. Car qui ne se purge pas assez pollue le débat public de miasmes d’attitudes peu dignes de citoyens d’une démocratie.

    Et moi, je vous le dis, ce qui serait providentiel ne serait pas un homme providentiel, mais que chaque citoyen fasse le deuil de sa démission politique, de ce qui pourrait bien devenir une abdication face au premier tyran méditant son accession au pouvoir, ou profitant, sur un coup de tête, de l’inconscience d’un peuple : la liberté, pour quoi faire.

  27. Le billet propose ce que Philippe Bilger appelle une « pratique de rupture ». En réalité, il s’agit d’une remise en cause fondamentale de l’égalité devant la loi, pilier de la République.
    PB suggère que la justice devrait moduler ses réquisitions en fonction de la popularité d’un prévenu (« candidate en tête des sondages »). C’est une rupture directe avec l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme : « Elle [la loi] doit être la même pour tous ». PB propose d’instaurer une justice à deux vitesses où le poids électoral devient une circonstance atténuante, voire une immunité de fait. Il reproche à la justice de « se laver les mains » des conséquences politiques. C’est un contresens majeur sur la fonction judiciaire. Si un magistrat commence à juger en fonction de l’impact sur une élection, il ne rend plus la justice, il fait de la stratégie politique. En voulant éviter que la justice n’influence la politique, PB demande paradoxalement aux juges de devenir des acteurs politiques conscients.

    L’argument selon lequel le détournement de fonds publics ne constituerait pas une « atteinte intolérable à l’ordre public » parce que ce n’est pas une infraction « dangereuse » (physiquement) est juridiquement indigent pour un ancien avocat général. La corruption et le détournement de fonds publics sapent les fondements de la démocratie bien plus durablement qu’une « infraction ordinaire ».

    Le billet transpire l’ambiguïté. PB loue le « talent » et la « rigueur » de l’accusation, pour ensuite leur reprocher d’avoir fait leur travail. Ce procédé (la praeteritio) cherche à maintenir une image de magistrat sérieux tout en défendant une thèse qui déconstruit la magistrature.

    L’utilisation du terme « arbitrage politico-judiciaire » est un habillage sémantique pour désigner ce qui serait, dans n’importe quel autre contexte, un déni de justice ou une prévarication. Il tente de rendre noble une capitulation du droit devant le fait politique.

    Le billet commence par une analyse technique du procès (l’exécution provisoire, l’arrogance supposée du tribunal) pour glisser sans transition vers une théorie politique globale. Cette dérive affaiblit la crédibilité technique de PB : il ne parle plus en juriste, mais en éditorialiste nostalgique d’une époque où l’on « s’arrangeait » entre élites.

    Le billet de PB est un aveu de fatigue démocratique. Sous couvert d’audace intellectuelle (« faire hurler les purs juristes »), il propose une régression vers une justice d’Ancien Régime où le statut social et politique du justiciable dicte la sentence.

    C’est une vision qui, sous prétexte de protéger le suffrage universel, finit par le mépriser, en suggérant que les électeurs ne peuvent supporter la vérité judiciaire sur leurs représentants.

    1. hameau dans les nuages

      Je suis bien d’accord avec vous, mais sans oublier que le pognon est le carburant de la politique. Je ne vois pas quel leader, sortant de la masse populaire avec un talent charismatique, pourrait se lever pour sauver la France sans avoir à « emprunter », que ce soit à l’étranger ou dans les caisses de l’Union européenne, et donc avoir ipso facto une dette morale ou financière permettant à ses ennemis de pratiquer la politique du chantage.

      Ce pays est fichu. Faites du bois… Tiens, ça faisait longtemps. Dans le mot austère, il y a stère.

  28. C’est quand même Marine Le Pen qui, la première, a exigé, avec de grands effets de manche, l’inéligibilité à vie des élus condamnés pour des faits commis au cours de leur mandat, me semble-t-il.

    Sans doute n’imaginait-elle pas qu’un jour elle serait prise par la patrouille financière.

    Et puis, si elle venait à ne pas pouvoir se présenter à l’élection présidentielle de 2027, ce ne serait pas vraiment une catastrophe pour le RN, vu qu’elle s’est déjà ramassé trois gamelles dans cette compétition.

    Il reste au RN le plan B (comme Bardella). Jordan Bardella, qui la devance assez nettement dans les sondages. Alors, il est où le problème ?

    Bon, ce n’est pas un aigle, mais on ne sait jamais : sur un malentendu, ça peut marcher ! 🙂

  29. Marine Le Pen a été, en première instance, logiquement jugée sévèrement. La négation des faits, la posture accusatoire du RN ont poussé les juges à sanctionner sévèrement, considérant que les accusés, par leur positionnement, ne prenaient pas conscience de l’erreur et qu’il était donc nécessaire de les secouer.

    Sur le plan politique, je ne partage pas l’idée qu’il faudrait laisser un « dérapant » se présenter. Fort heureusement, Fillon n’a pas pu se présenter. On a pu constater, par ailleurs, après son éviction, qu’il est sans foi ni loi, ce collabo avec les Russes. Que la France ne vaut pas un rouble pour lui.

    Pourquoi ces politiciens qui édictent et votent les lois que nous devons respecter pourraient-ils s’en affranchir sans être sanctionnés, a minima, de ne plus avoir le droit de s’en mêler ?

    Un politique qui ne respecte pas la loi doit être exclu à vie de toute fonction politique. Si je dérape, je ne pourrai pas être fonctionnaire, alors que je ne suis qu’un monsieur tout le monde. Un politicien, lui, peut enfreindre la loi et continuer d’en décider.

    Non, cher hôte, je ne partage pas votre avis. Exclusion définitive. Il ou elle fera autre chose. Pom-pom girl, caissière de supermarché, tenancière de claque, c’est un peu comme la politique, les boulots ne manquent pas.

  30. Marc Ghinsberg

    J’aurais préféré que Marine Le Pen soit battue dans les urnes plutôt qu’éliminée par les tribunaux dans la course à l’élection présidentielle.
    Cela étant, force est de reconnaître qu’elle a mis du sien pour se retrouver dans cette situation.
    La fille de Jean-Marie Le Pen savait ce qu’elle faisait en érigeant en système les pratiques artisanales utilisées par son père pour financer le FN avec des fonds du Parlement européen et elle se moque des magistrats et des électeurs quand elle prétend ne pas avoir le sentiment de commettre un délit. N’oublions pas que Marine Le Pen connaît la loi, elle est, elle- même, avocate.
    Marine Le Pen aurait pu solder cette affaire bien plus tôt si les personnalités impliquées (dont elle-même) n’avaient déposé quelque 45 recours au cours de la procédure, retardant l’instruction sur près de dix ans.
    La justice a pris en compte son statut particulier de candidate potentielle à la prochaine élection présidentielle en programmant une possibilité d’appel dans des délais exceptionnellement rapides et en s’engageant à ce que la Cour de cassation se prononce le cas échéant dans des délais compatibles avec le dépôt d’une candidature.
    On attendra le verdict de la cour d’appel pour tirer toutes les conclusions de cette affaire, mais on peut d’ores et déjà regretter que Marine Le Pen n’ait pas mis la justice et la probité au cœur de la politique.

  31. Robert Marchenoir

    De deux choses l’une : soit on considère que la condamnation à certains délits peut entraîner l’inéligibilité, parce que les postes électifs doivent être réservés aux candidats de bonne vie et moeurs, et alors la loi le prévoit ; soit on considère que le suffrage populaire doit prévaloir, parce que sinon ce serait la porte ouverte à l’immixtion des juges dans les choix politiques, et alors la loi ne doit pas prévoir la peine d’inéligibilité.

    Mais le pire, ce serait de dire que la loi doit prévoir la peine d’inéligibilité, et que simultanément les juges ne doivent pas l’appliquer dans le cas d’une élection présidentielle (par opposition aux autres scrutins qui seraient moins importants), ou qu’ils ne doivent pas l’appliquer lorsque le coupable est trop haut dans les sondages, ou qu’ils ne doivent pas l’appliquer quand le nom du candidat commence par « le » et finit par « pen ».

  32. « Pour ma part, je n’aurais pas été gêné d’introduire, dans le cours d’un propos accusateur, la double obligation de réprimer et de permettre l’exercice démocratique de l’élection présidentielle, sans être soupçonné de vouloir participer, en toute bonne conscience juridique et éthique, à une confiscation du suffrage populaire. » (PB)

    Bien vu.
    Voilà ce qu’il fallait dire.

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