Le bonheur de l’infériorité…

Quelle tranquillité que de savoir que certains vous dépassent !

Il y a, en effet, des supériorités indiscutables qui rassurent. Qui pourrait avoir l’idée saugrenue de se mesurer à Bernard-Henri Lévy ou à Nathan Devers sur le plan de la culture philosophique, ou à Michel Houellebecq, quand il est à son meilleur, dans le domaine de la littérature, ou de s’imaginer, même en rêve, aussi doué pour le football que Kylian Mbappé ?

Il y a des évidences qui vous laissent le seul registre de l’admiration et vous détournent de toute aigreur, parce qu’il y a un gouffre entre ces personnalités emblématiques, gravitant dans des sphères différentes, et vous-même. À aucun moment, vous ne pouvez prétendre rivaliser. Elles sont hors concours et vous, tout au plus, vous êtes en plein dans le concours !

Cette volupté d’une infériorité admise, louée, irréfutable a pour rançon, dans la vie intellectuelle, politique et médiatique, le sentiment, souvent douloureux, qu’on pourrait faire mieux que ceux qui, à des degrés divers, sont dans la lumière.

C’est un sujet infiniment délicat parce que cette perception pourrait ressembler à de l’aigreur, à de la jalousie, à une frustration permanente qui vous ferait envier la lumière en tant que telle, l’exposition et la célébrité en elles-mêmes, alors que mon propos a justement le souci d’échapper à cet opprobre, qui révélerait une médiocrité de cœur et d’esprit…

Acceptons de ne pas jouer les faussement modestes. Il y a des métiers – journalistes, penseurs, hommes ou femmes politiques – qui peuvent naturellement vous donner la certitude que vous accompliriez mieux que certains les missions et les tâches qui sont les leurs. Parce que, dans le quotidien de beaucoup de gens, la politique, les médias et les débats constituent un terreau permanent et qu’il n’est pas de séquence où l’on ne puisse s’affirmer, sans vanité ni narcissisme, meilleur que tel ou telle, plus apte aux interrogations, plus fin dans le questionnement ou plus efficace dans l’action…

Ce n’est pas se pousser du col que d’oser cette comparaison et je ne méconnais pas la difficulté de la formuler, de la communiquer à autrui. Parce qu’immédiatement, la réplique banale pourrait être de vous renvoyer dans vos cordes, alors que, pourtant, il serait aisé d’argumenter pour démontrer les raisons de votre conviction.

Le 10 juillet, j’entends une journaliste questionner Alain Minc et, on me pardonnera, j’aurais fait mieux. Combien de fois, dans différents médias, à l’écoute, quel que soit le thème, cette certitude m’a habité et fait mal : une multitude de pensées et d’affirmations « rentrées » ! J’aurais fait mieux, et beaucoup, passionnés par le sujet, se disent la même chose.

Il y a évidemment, dans certaines particularités et modalités de ces métiers, des dispositions et des qualités qui me seraient restées étrangères. L’écriture de certains articles est incomparable et je n’aurais, par exemple, pas pu être ministre de l’Économie.

Le paradoxe est surprenant qui à la fois conduit à dénigrer globalement journalistes, élus et intellectuels – pour les politiques, c’est assez scandaleux ! – et à se camper dans une forme de timidité devant l’éventualité d’occuper les mêmes fonctions, d’agir, de questionner ou de commenter.

C’est probablement parce que nous sommes quelques-uns à ne pas surestimer le caractère irremplaçable et spécifique de certaines fonctions, pour l’utilité sociale et démocratique, que nous sommes si sévères avec les imperfections et les carences dont elles pâtissent.

Quelle félicité que l’infériorité admise ; quel malaise de se sentir au bord quand on voudrait être dedans !

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  1. La vie la mort, les joies, les peines et toutes ces choses-là. Il y en a qui se masturbent le cerveau avec, valent-ils mieux que ceux qui nous en parlent en peinture, musique, poésie, ou ceux qui lors d’une séance plénière au comptoir de chez Bébert vont nous les résumer en trois pets deux borborygmes ?
    Quelques noms cités, Botul-Henri Lévy, Nathan Devers, sont des épigones de la banalité au service de Narcisse, surtout BHL, plutôt que de ces êtres que vous dépeignez comme « supérieurs ».

  2. Robert Marchenoir

    Au risque de passer pour excessivement bavard, je rajoute quelques précisions importantes dont je m’aperçois que beaucoup des lecteurs les ignorent probablement.

    À propos du gaullisme et du prétendu « racisme », j’ai évoqué Pierre Sautarel. Qui est-il ? C’est le fondateur du site François de Souche, abrégé en Fdesouche. Créé en 2005, il y a 21 ans déjà, il s’employait à relever tous les méfaits commis par les immigrés, en particulier les actes de délinquance. Ces méfaits massivement dissimulés par la presse audiovisuelle et la presse écrite nationale, mais qui étaient rapportés par la presse locale, selon une tradition bien ancrée consistant à informer sur les événements locaux les plus insignifiants – au risque d’être moquée par les esprits forts au titre des « chiens écrasés ».

    En somme, Pierre Sautarel faisait le boulot que les Français ne voulaient pas faire – ou plutôt cette mince frange de Français constituée par les journalistes parisiens, les intellectuels et les hommes politiques. Ce qui permettait de cacher à la nation entière la nature et l’ampleur de la délinquance et des comportements asociaux dont les immigrés se rendent coupables de façon absolument disproportionnée, puisque ce dont on ne parle pas à la télé n’existe pas.

    Ou du moins, de les dissimuler à cette partie de la nation qui avait encore la chance de vivre dans les parties du pays préservées de l’omniprésence des immigrés, et donc de leurs exactions.

    Bien entendu, pendant plusieurs années, l’identité du dirigeant de Fdesouche est restée secrète. Pour tout le monde, il était « François de Souche ». Le site déployait une stratégie sophistiquée à base d’hébergement à l’étranger. Un prête-nom indien, Tilak Raj (dont j’ignore s’il existe réellement), était présenté dans les colonnes du site comme son véritable patron.

    Pierre Sautarel se protégeait grâce à cette méthode que tant de commentateurs de la fausse droite, ici (Patrice Charoulet, Mary Preud’homme, Xavier Nebout…) s’emploient à diaboliser (tout en l’employant lorsque ça les arrange) : l’anonymat pour obtenir la liberté d’expression, le pseudonyme pour se préserver de la guérilla totalitaire des gauchistes.

    Il a bien eu raison, comme l’ont prouvé les efforts continus de la presse nationale de gauche (Le Post.fr, Libération, Les Inrockuptibles, Le Monde…) pour dévoiler sa véritable identité, furieuse qu’elle était de la destruction irréfutable de leur sale mensonge : l’immigration bénéfique, indispensable et heureuse.

    Et, malheureusement, elle a réussi, avec l’aide de la police.

    Le résultat, pour Pierre Sautarel, a été une persécution incessante, ainsi que sa mort sociale. Il ne compte plus les convocations au commissariat, les gardes à vue, les poursuites judiciaires par tel ou tel représentant du lobby gauchiste, immigrationniste et musulman, les interdictions bancaires et ainsi de suite.

    Tout cela sous les accusations permanentes de diffuser des « fake news » – alors qu’en réalité, il s’employait, et s’emploie toujours, à pulvériser les véritables fausses nouvelles dont nous inondent les médias dominants au nom de leur religion immigrationniste.

    Or, le travail de Pierre Sautarel a été fondamental pour l’éducation politique d’un nombre très important de Français. La « dédiabolisation » du Front National, la transformation du Rassemblement National en premier parti de France, l’essor d’Éric Zemmour, d’Éric Ciotti, de Sarah Knafo, de Marion Maréchal, le soutien de 83 % des Français à des mesures de remigration (y compris, dans leur grande majorité, des Français de gauche) – rien de tout cela n’aurait été possible sans le patient travail et les sacrifices personnels consentis par Pierre Sautarel en faveur du site Fdesouche.

    Il suffit de consulter sa biographie, et de lire ses écrits, pour s’apercevoir que cet homme aurait pu prétendre à un statut social prestigieux et rémunérateur s’il ne s’était pas sacrifié en faveur de ce qu’il pensait être les intérêts fondamentaux de la France – et qui le sont vraiment : la préservation de notre civilisation par la fin de l’immigration de masse.

    Au lieu de cela, il a dû s’exiler dans un petit village et renoncer à toute ascension sociale, évidemment refusée à toute personne accusée d’être « d’extrême droite » et « raciste ». Cette même accusation brandie de façon aussi systématique et perverse, dans ces colonnes, par un certain nombre de commentateurs qui se prétendent « de droite », voire gaullistes.

    Mutatis mutandis, c’est Pierre Sautarel qui est le véritable résistant, dans cette affaire, le véritable gaulliste, si l’on concède à de Gaulle quelque mérite dans la Résistance et la Libération.

    À l’inverse, ce sont les gaullistes en carton de 2026, les « anti-racistes » de pacotille, qui sont des imposteurs au même titre que de Gaulle était un imposteur entre 1940 et 1945 – voire jusqu’à sa mort. Les véritables Résistants n’ont demandé l’autorisation de personne, et certainement pas celle de De Gaulle, pour risquer leur vie sous la torture au bénéfice de la liberté de la France. De Gaulle a été leur mouche du coche, au même titre que les gaullistes et les « anti-racistes » d’aujourd’hui sont des mouches du coche qui, lorsqu’elles sont à droite, tentent de tirer les marrons du feu pour la cuisson desquels des gens comme Pierre Sautarel ont littéralement risqué leur vie.

    Car ce serait aller vite en besogne que de ridiculiser cette comparaison au motif que François Hollande, Emmanuel Macron ou les journalistes de Libération ne seraient pas des nazis, que nous ne sommes pas en guerre, que la Gestapo ne patrouille pas dans les rues.

    Des gens comme Pierre Sautarel, une fois désignés à la vindicte publique comme « fachos », « racistes » et « d’extrême droite », sont à la merci de la torture et de l’assassinat aux mains des musulmans immigrés, voire des milices d’extrême gauche – nous n’en avons que trop d’exemples. Les plus chanceux de ceux qui sont visés par ces calomnies immondes peuvent bénéficier de la protection discrète de policiers en armes. C’est le cas de personnes comme Éric Zemmour, Florence Bergeaud-Blackler et d’autres.

    Pierre Sautarel n’a pas cette chance. Beaucoup n’ont pas cette chance. Un minimum de décence serait de rigueur à leur égard. Pour ne pas parler de reconnaissance – mais j’en demande beaucoup, sans doute.

  3. Robert Marchenoir

    @ Serge HIREL – le 12 juillet 2026
    « Ce type de manipulation sur le ton de la dérision vous est coutumier. »

    Oh ! Pardon, Monseigneur. Je sais que vous n’aimez pas que l’on dérisionne, et que seule votre Majesté a le droit de dérisionner. Je ne le ferai plus, promis.

    Vous pensez qu’il suffit d’injecter, dans la discussion, un mot savant comme « manipulation », pour réfuter ceux que vous n’aimez pas. C’est une erreur : encore faut-il démontrer qu’ils ont tort.

    Vous dites :

    « Ce n’est pas parce qu’on prononce le mot « race » que l’on est raciste. C’est quand, comme vous, par exemple, on affirme que le QI dépend de la couleur de peau et du continent de naissance et qu’on hiérarchise les humains – je dis bien « humains » – sur ce critère nauséabond. »

    Mais le quotient intellectuel dépend, en effet, très largement, non pas de la « couleur de peau », comme le disent les soi-disant « anti-racistes » (les « Jaunes » sont blancs, et beaucoup d’Arabes aussi), mais de la race, c’est à dire des caractéristiques génétiques communes à tel ou tel groupe humain. C’est un fait établi par la science. Plus d’un siècle de travaux le prouvent.

    Figurez-vous qu’il y a une science de l’intelligence. Des milliers de savants ont consacré leur vie professionnelle à l’étudier, et la très large héritabilité du quotient intellectuel fait l’objet d’un consensus scientifique. Aucun spécialiste de la chose ne le conteste.

    Par conséquent, les différences moyennes de QI doivent se retrouver entre différentes races – et en effet, c’est ce que l’on constate, étude après étude, tout au long du siècle écoulé et plus encore. Personne n’a pu réfuter ce fait.

    D’autant qu’il y a, désormais, une science de la génétique. On sait, aujourd’hui, pourquoi et comment les caractéristiques humaines s’acquièrent et se transmettent. Ce n’est pas un hasard si James Watson, prix Nobel pour son invention de l’ADN, a été ostracisé par tout le gotha gauchiste mondial pour avoir dit… exactement ce que j’ai dit ici : qu’il y a une différence indiscutable de QI moyen entre, en particulier, les Noirs et les Blancs, et que cela s’explique par leurs caractéristiques génétiques.

    Évidemment, personne n’a été en mesure de montrer que c’était faux. Les censeurs se sont contentés de dire que c’était « raciste » et « inacceptable ». Truc utile pour comprendre pas mal de choses : « raciste » veut dire vrai, mais banni par le politiquement correct.

    Ces acquis de la science ont d’autant moins de chances d’être contestés sur le fond aujourd’hui, à l’heure où l’on peut observer à l’oeil nu le fonctionnement du cerveau en train de produire de la pensée, grâce à l’imagerie moderne qui révèle la biochimie cérébrale en temps réel.

    Un fait ne peut pas être « raciste ». Cela n’a pas de sens. Il peut être racial, c’est à dire relatif à la race. Mais le « racisme », quel que soit le sens qu’on donne à ce mot, et Dieu sait s’il en a de complètement différents, est un état d’esprit, une opinion ou une doctrine.

    Les différences de quotient intellectuel moyen entre les races sont un fait scientifique. Un fait ne peut pas être « nauséabond », comme vous le dites. Seul un stalinien, un lyssenkiste peut tenir un pareil discours. Un fait est soit avéré, soit faux.

    C’est bien pourquoi les gauchistes en sont réduits à aboyer que « le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit », prouvant par là qu’ils sont ni plus ni moins que des communistes : si vous voulez créer des délits d’opinion (et c’est en effet ce que prévoit la loi), c’est bien que vous êtes un communiste. À moins que vous ne préfériez le terme de fasciste, ou de national-socialiste.

    Quant à la hiérarchie, que vous évoquez, l’intelligence peut être plus ou moins grande. Non seulement elle se distingue, elle s’isole et elle se mesure – c’est le facteur g -, mais il y a bien une hiérachie de l’intelligence. Le niveau d’intelligence a un effet absolument énorme sur la réussite des êtres humains. Cela aussi est un fait prouvé de façon indiscutable par la science. Et l’on constate, en effet, à l’oeil nu – mais aussi par d’innombrables études scientifiques prenant le problème par tous les bouts – que les différentes races de la planète réussissent de façon complètement différente.

    Ce n’est pas un hasard, par exemple, si les Européens et les Américains se font complètement défoncer par les Chinois. Dix points d’écart de QI moyen, c’est absolument considérable.

    Ce n’est pas un hasard, non plus, si l’écriture n’existait pas en Afrique noire avant sa colonisation par des races étrangères. Et ne parlons pas d’inventer l’énergie nucléaire…

    Donc, si vous voulez, oui, bien sûr qu’il y a une hiérachie entre les races. Bien sûr que c’est la race blanche qui a bâti les cathédrales, et non les Arabes musulmans comme le prétend votre allié objectif Jean-Luc Mélenchon, et encore moins les Noirs d’Afrique, les Pygmées ou les Aborigènes d’Australie.

    De même qu’il y a une hiérarchie chez les abrutis qui poussent une baballe dans des filets, autrement appelés joueurs de foute, et là, curieusement, ce sont les Noirs qui sont en haut de l’échelle.

    De même que les Noirs sont en haut de la hiérachie lorsqu’il s’agit de courir – et même, certaines tribus noires particulières sont en haut de la hiérarchie lorsqu’il s’agit de courir, non pas le plus vite possible, mais sur de très grandes distances.

    En revanche, ils sont en bas de l’échelle lorsqu’il s’agit de nager – ils coulent, en fait. Les Noirs sont absolument sur-représentés dans les noyades. Là aussi, il y a des raisons biologiques, donc génétiques.

    Évidemment, vous, vous êtes de gauche, comme vous nous l’avez prouvé en cochant toutes les cases : soi-disant « anti-raciste » accusateur, poutino-incliné, pro-communiste et gaulliste trop bruyant pour être honnête.

    Or toute la doctrine gauchiste s’écroule, dès lors qu’il est prouvé que le Chef providentiel Degauche n’est pas en mesure de faire régner l’Égalité entre les hommes en Faisant Payer les Riches.

    C’est bien pourquoi le prétendu « anti-racisme » est le marqueur le plus sûr de l’être-de-gauche. Le gauchiste doit absolument préserver la fiction que Thimothée Durandal de la Tour du Pin a autant de chances de violer de la demoiselle que Souleymane Travonte.

    Et puis « l’anti-racisme », historiquement, vient en droite ligne de l’Union soviétique. C’est une arme de destruction massive de l’Occident concoctée par les bolcheviques : on l’oublie un peu. Bolcheviques qui ont été parmi les plus racistes de l’histoire, dans le véritable sens du terme, cette fois, puisqu’ils ont massacré des peuples entiers sur la base de leur nationalité – y compris des Juifs, d’ailleurs.

    Mais les communistes s’y entendent à merveille pour accuser les autres des crimes dont ils sont coupables, afin de détourner l’attention.

    « Quant à de Gaulle, il serait temps que vous lui fichiez la paix. »

    Au contraire : il est grand temps que les gaullistes comme vous nous fichent la paix, et de Gaulle avec eux. Qu’il retourne dans les mausolées et les livres d’histoire dont il n’aurait jamais dû sortir.

    Ce n’est pas moi qui parle de De Gaulle soir et matin. Ce sont les politiciens de tout bord, les journalistes, les pseudo-intellectuels, les influenceurs, les commentateurs de blog, les Gilets jaunes… ce sont tous les Français qui se gargarisent de De Gaulle afin d’avoir à éviter d’affronter les problèmes de l’heure.

    Pierre Sautarel le dit très bien, lui qui est l’un des rares véritables résistants d’aujourd’hui, lui qui a sacrifié sa vie personnelle et professionnelle en créant le site Fdesouche pour alerter les Français. Le de Gaulle d’aujourd’hui, c’est lui, en fait. Voici ce qu’il en dit :

    « Ce qui rend le gaullisme si commode, c’est qu’il est devenu assez prestigieux pour ennoblir n’importe qui, mais assez flou pour n’obliger presque personne. »

    « De Gaulle lui-même refusait de s’enfermer dans une idéologie rigide : il jugeait les circonstances et décidait en fonction de ce qu’il estimait être l’intérêt supérieur du pays. Mais cette souplesse, qui relevait chez lui de la hauteur de vue et du sens de l’État, est devenue chez beaucoup un simple instrument de récupération. »

    « Le gaullisme offre ainsi aux opportunistes une combinaison idéale : un noyau historique prestigieux, mais des contours assez souples pour autoriser presque toutes les interprétations et justifier presque tous les reniements. »

    « C’est précisément pour cela que j’admire De Gaulle et que je me méfie tant de ceux qui se réclament du gaullisme. »

    Pour ma part, je vais plus loin : je n’admire pas de Gaulle, car il avait des côtés parfaitement détestables et funestes, et nous lui devons une grande part des maux actuels de la France, ainsi que je l’ai expliqué en détail sans que nul, pas plus vous qu’un autre, ait été en mesure de me contredire.

    Mais surtout, surtout, il devrait être interdit de parler de De Gaulle sous peine de mort, à moins d’être agrégé d’histoire, et de mener ses discussions enfermé à double tour avec d’autres agrégés d’histoire dans une pièce privée d’électricité et de téléphones portables.

    Parler de De Gaulle dans l’espace public, lorsqu’il est question de politique, c’est un prétexte pour continuer à s’enfoncer dans le bavardage et l’immobilisme, pour ne pas s’attaquer aux problèmes de l’heure qui n’ont rien à voir avec ceux qu’a traités de Gaulle.

    Vous dites :

    « Lisez le texte que vous avez cité en prenant en compte cette volonté du Général d’en finir avec notre empire colonial et, si vous avez un soupçon d’honnêteté intellectuelle, vous ne soutiendrez plus qu’il était raciste. »

    De Gaulle était raciste au sens où vous employez ce mot pour me calomnier. Si je suis raciste, alors de Gaulle l’était d’autant plus.

    Pour ma part, j’ai longuement expliqué, ici, pourquoi les termes mêmes de raciste et de racisme constituent une imposture, pourquoi je récuse le concept, et pourquoi quiconque raisonne en ces termes est une crapule gauchiste.

    « Pas plus que ne le sont, n’en déplaise à la gauche et à la macronie immigrationnistes, ceux d’entre les Français qui jugent, comme de Gaulle, qu’il est impossible d’intégrer dix millions d’étrangers venus de cultures différentes de la nôtre. Différentes, mais tout aussi respectables. »

    On s’en tape, qu’elles soient « respectables ». Ça ne veut rien dire. Vous les respectez suffisamment peu pour vouloir leur interdire (comme de Gaulle, et comme moi) le droit de s’installer chez nous. Mais elles sont « respectables », dites-vous, pour vous donner une respectabilité à peu de frais.

    Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. Les gauchistes prétendent qu’il ne faut pas haïr les races allogènes. Mais si on leur interdit de venir chez nous, c’est bien parce qu’on ne les aime pas, pour d’excellentes raisons. On les « hait » donc. On est donc « raciste », et vous aussi.

    L’accusation de racisme qui est brandie dans le débat politique, celle que vous agitez à mon encontre, surgit à un seul propos : lorsqu’il s’agit de s’opposer à l’immigration. Est « raciste » quiconque s’oppose à l’immigration.

    Maintenant, soudain, vous vous opposez à l’immigration, mais vous, vous n’êtes pas « raciste », bizarrement, vous êtes un type bien. Évidemment, si vous voulez grenouiller dans les milieux du journalisme, de l’associatif ou de la politique, vous devez donner des gages « d’anti-racisme » à fond la caisse. Calomnier un inconnu comme moi en le traitant de « raciste » vous donne un brevet « d’anti-racisme » à peu de frais. C’est d’une bassesse assez consternante.

    Vous vous dites opposé à l’immigration de masse, mais vous refusez que l’on évoque l’une des principales raisons objectives, indiscutables, nullement liées à une quelconque émotion ou à une quelconque haine irrationnelle invoquée par les gauchistes : le fait que notre civilisation est vouée à l’effondrement si l’on y injecte des peuples massivement moins intelligents que nous. Ce que nous avons déjà commencé à faire. Avec les résultats observables à l’oeil nu qui en découlent.

  4. Le commentaire de Rajoy sur l’équipe de France est d’autant plus intéressant qu’un des seuls Français blancs, il y a quelques années, Aymeric Laporte, a dû demander la nationalité espagnole pour pouvoir jouer dans une équipe nationale. Sélectionné un temps par Didier Deschamps, il n’a pas eu l’occasion de faire un match avec l’équipe de France, ce qui l’aurait définitivement lié à la sélection française.

    Rien n’est plus haut que l’équipe de France. Le véritable apport de Deschamps est d’avoir fait une équipe fière de représenter notre pays, quand, quelques années auparavant, elle était composée un peu de racailles et était donc également représentative du pays.
    Les Noirs semblent davantage talentueux. Français, ils sont fiers de l’être et de représenter le pays, mais une question se pose : n’est-ce pas déjà dans les clubs de jeunes et de banlieue que les jeunes Français blancs abandonnent, pour des raisons non officialisées ?

    Rajoy peut être jaloux, mais ne crache pas sur les Français noirs des clubs espagnols.
    Notre équipe nationale de football donne une bonne image du pays, au moins elle, pendant que les conseillers de Macron étudient la meilleure stratégie pour récolter quelques miettes de ses succès.

  5. Une supériorité évidente dans un domaine peut conduire certains à vouloir la contester, en apportant des éléments dépréciatifs.
    C’est bien ce à quoi s’est livré Mariano Rajoy, ancien président du gouvernement d’Espagne (l’équivalent de notre Premier ministre), quand il a récemment soutenu que l’équipe de France de football, les Bleus, ne comprendrait pas de joueurs français. Cette affirmation ne résiste pas à l’examen : ces footballeurs possèdent majoritairement la nationalité française, et il semble même que ce soit le cas de chacun d’entre eux ; peu importe leur origine familiale ou ethnique, ainsi que leur lieu de naissance.

    Mariano Rajoy a donc commis une lourde erreur — probablement en vue de déstabiliser cette équipe qui fait montre d’excellence — et il y a lieu de la dénoncer et de s’en offusquer, réclamant que son auteur reconnaisse ouvertement son erreur et présente ses excuses aux intéressés. Voilà comment il y a lieu de réagir, dans une société apaisée.

    Or, comme souvent, nos responsables politiques et les médias s’engouffrent dans des considérations déraisonnables, convoquant racisme et xénophobie. En voilà assez de cette volonté constante de semer la zizanie et de nuire au vivre-ensemble dont a besoin toute société, et la nôtre plus que jamais. Les propos proférés doivent être analysés comme tels : ils sont mensongers. Il n’appartient à quiconque de sonder les reins et les cœurs pour rechercher quelles raisons animent ces propos absurdes. Reconnaissons le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie… s’agissant des situations dans lesquelles l’auteur des faits ou des propos reprochés tombe à l’évidence sous le coup de la loi.

    Tenons-nous-en au premier degré, à ce que leur auteur a fait ou a dit ; cessons de vouloir rechercher à tout prix ce qu’il aurait voulu faire ou ce qu’il a entendu dire. Tout simplement, appliquons le Code pénal, en nous gardant de toute interprétation extensive des infractions qu’il prévoit. Monsieur Rajoy, vous êtes avant tout un âne bâté !

  6. En effet, il est des domaines où l’on a naturellement tendance à se sentir en infériorité, si l’on se compare à certains de leurs meilleurs représentants actuellement en vie. Mais je ne crois pas que, s’agissant de la littérature de langue française, mon inclination m’aurait porté vers Michel Houellebecq, mais bien plutôt vers J. M. G. Le Clézio ou Patrick Modiano, ou, en passant la frontière, vers Amélie Nothomb. Des goûts et des couleurs, me dira-t-on ; c’est pourquoi je ne m’appesantirai pas sur la question, étant trop soucieux de l’exercice de la liberté d’expression par chacun.

  7. Julien WEINZAEPFLEN

    Le bonheur est-il l’absence de manque ? Tentative de définition magnifique, qui me rappelle ce qu’on nous disait du désir en classe de philo : le désir est l’expérience d’un manque.

    Toute ma vie, ou du moins depuis mon adolescence et la classe de philo où on nous sensibilise à cette discipline, sous l’influence de mon frère Gilles, qui en est un zélote, j’ai tourné autour de la psychanalyse.

    Qu’en ai-je retiré ? Du bien ? Du mal ? Je ne saurais le dire. Mais tout de même cette impression que la psychanalyse nous apprend à apprivoiser le manque au-delà de toute sublimation.

    C’est pourquoi je pense que la psychanalyse est un avatar moderne de l’école stoïcienne ou, pour employer une formule qui claque un peu comme « l’existentialisme est un humanisme », je pense que la psychanalyse est un stoïcisme.

    Or, je dois dire qu’apprivoiser le manque ne m’intéresse pas. Je suis un boulimique resté au stade oral et avide de toutes les sublimations, ce qui m’a permis – et encore aujourd’hui – de vivre un grand amour.

    Apprivoiser le manque, ne pas vouloir le sublimer, c’est se priver d’aimer, tout paradoxal que cela paraisse, car aimer, ce devrait être se priver pour sublimer celui qui est, en n’en faisant pas celui que l’on voudrait qu’il soit.

    Mais la sublimation est à ce prix : faire quelqu’un d’autre de celui que l’on aime.

    Donc je préfère aimer et sublimer mon amour pour ne manquer de rien, et surtout pas d’amour.

  8. @ Robert Marchenoir
    « Pour ma part, lorsque je serai dictateur, j’interdirai le connisme. Ça nous fera de l’air, je vous prie de me croire. »

    Oh, non ! Faites pas ça ! Non, non, non !!!

    Quand vous serez dictateur, on va se faire chi*r à mort : votre prose sera interdite. Et comment qu’on va faire pour se gondoler gratis ? Hein ? Vous y avez pensé à ça ?
    Ben non, hein !
    Comme d’habitude…

    Quand vous serez dictateur – et le plus tôt sera le mieux –, pensez à interdire :

    les prothésistes ongulaires, les boissons énergétiques, la bouffe industrielle, les onguents à base de lisier, les sucettes au plomb, la Dreal, les fêtes foraines, l’accordéon, les endives, ma sœur, la vôtre…

    Je n’ai pas le temps, je n’ai plus le temps…
    J’attends du monde. Je reviendrai plus tard compléter ce catalogue.

    P.-S. : N’optez pas pour la moustache brosse à dents et n’allez pas porter des rouflaquettes. Glabre, oui ; dictateur, oui, mais glabre, ce serait chouette !!

  9. @ Robert Marchenoir le 12 juillet

    Ce type de manipulation sur le ton de la dérision vous est coutumier. Ce n’est pas parce qu’on prononce le mot « race » que l’on est raciste. C’est quand, comme vous, par exemple, on affirme que le QI dépend de la couleur de peau et du continent de naissance et qu’on hiérarchise les humains – je dis bien « humains » – sur ce critère nauséabond.

    Quant à de Gaulle, il serait temps que vous lui fichiez la paix. Le Général s’exprimait dans le vocabulaire de son époque et, s’il était encore de ce monde, il ne l’emploierait plus. Vous oubliez un peu facilement qu’il a projeté les indépendances des colonies françaises avant même la fin de la WW2, de la Seconde Guerre mondiale si ce terme choque vos oreilles que je ne savais pas si franchouillardes.

    Lisez le texte que vous avez cité en prenant en compte cette volonté du Général d’en finir avec notre empire colonial et, si vous avez un soupçon d’honnêteté intellectuelle, vous ne soutiendrez plus qu’il était raciste. Pas plus que ne le sont, n’en déplaise à la gauche et à la macronie immigrationnistes, ceux d’entre les Français qui jugent, comme de Gaulle, qu’il est impossible d’intégrer dix millions d’étrangers venus de cultures différentes de la nôtre. Différentes, mais tout aussi respectables.

  10. @ duvent le 12 juillet 2026

    Vous maniez un outil dangereux, mais avec dextérité, un beau mur de pierre sèche se mérite et je n’en vois pas souvent à mon goût.
    Vers le Tourmalet ou en Galice, l’Andorre aussi.

  11. Robert Marchenoir

    @ Serge HIREL – le 12 juillet 2026
    « Il me semble que la source de ce bonheur qu’éprouve notre hôte est en réalité l’inégalité naturelle entre les humains. Je dis bien « entre les humains », et non « entre les races », ce qui constituerait un délit de « racisme » que certains, dont un certain R6M sur ce blog, commettent régulièrement. »

    Houlàlà. Je suis terrorisé. Envoyez-moi la police.

    Je remarque que selon vous, les races ne seraient pas composées d’humains… c’est pas un peu raciste, ça, mon gaillard ? Et puis il n’y a que les gauchiasses qui parlent « d’humains » au lieu de dire : les hommes, comme n’importe quel… homme digne de ce nom.

    Ce sont les dictatures qui interdisent le « racisme », l’existentialisme, le décurbitationnisme ou toute autre façon de penser. Vous êtes un dictateur (fantasmé et impuissant, bien entendu). Nous le savions déjà.

    Pour ma part, lorsque je serai dictateur, j’interdirai le connisme. Ça nous fera de l’air, je vous prie de me croire.

    Charlie of ze Gaulle (votre copain, je crois), à Alain Peyrefitte :

    « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. »

    « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire ! Les musulmans, vous êtes allé les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. »

    « Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et les Berbères d’Algérie étaient considérés comme français, comment les empêcherez-vous de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »

    Et aussi, à Jacques Foccart, qu’il voyait une heure tous les soirs, à la fin de sa journée de travail :

    « Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] »

    « Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt. »

    C’est un délinquant, votre Gogôl.

  12. @ duvent et Tipiza

    Si vous aimez les Fables, vous pouvez lire une série que je n’ai commencée que récemment quoiqu’elle soit relativement ancienne…. Elle en use de manière créative :

    https://marvelll.fr/critique-fables/

    Sinon, toutes les histoires de tous les lieux et de tous les temps sont ouvertes à notre imaginaire. En ce moment, France Culture met la Chine à l’honneur, et j’attire l’attention sur un mythe où les gens ont un problème avec l’eau sans que ce soit un châtiment, et où il est question de savoir comment la réguler pour le plus grand bien de la Chine.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/ils-ont-change-le-monde/episode-2-yu-le-grand-gouverneur-des-eaux-4929231

    Fascinant.

  13. @ Exilé le 12 juillet

    Philippe aurait pu aussi être ministre de l’Agriculture… comme un certain Bruno Le Maire – encore lui -, qui, nommé à ce poste, ne savait pas combien de mètres carrés contient un hectare…

  14. « Inférieur » est un terme blessant. Comment pourrait-il créer du bonheur ? Me serais-je installé en Charente-Maritime si ce département s’appelait encore Charente-Inférieure ? Ce changement de dénomination date de l’État français… mais, chut, le sujet n’est pas là.

    Il me semble que la source de ce bonheur qu’éprouve notre hôte est en réalité l’inégalité naturelle entre les humains. Je dis bien « entre les humains », et non « entre les races », ce qui constituerait un délit de « racisme » que certains, dont un certain R6M sur ce blog, commettent régulièrement.

    Cette inégalité-là, qui ne contredit pas l’égalité politique et sociale, est un bonheur parce qu’elle permet de côtoyer des semblables disposant de dons, de valeurs ou de connaissances que l’on ne possède pas, y compris dans des domaines qui nous sont familiers.

    Pour toute personne qui veut progresser et qui trouve du bonheur dans cet effort, plus que des idoles, ces « supérieurs » deviennent des modèles. Il ne s’agit pas de s’identifier à eux, mais de tenter de les imiter, même si l’on sait qu’il sera impossible de leur ressembler totalement.

    Le souci est que, de nos jours, beaucoup de ces modèles ne sortent pas du rang qu’en raison de leurs qualités exceptionnelles. Certains même apparaissent tels sans disposer d’aucune. Plus les années passent, plus ils sont fabriqués de toutes pièces par les grands médias audiovisuels, qui, pour faire de l’audience – et donc du « fric » -, choisissent les « bons clients » bien plus que les meilleurs sur le sujet traité, préfèrent le philosophe bidon et son discours pompeux à un intellectuel de haut vol, mais peu télégénique. Qu’apporte Roselyne Bachelot à un débat scientifique ? Rien… mais sa gouaille et son franc-parler attirent les caméras.

    Cette dérive sévit dans tous les domaines, mais le sport est probablement celui dans lequel elle culmine. Qui a fait de Mbappé une vedette mondiale, si ce n’est TF1 ? N’existe-t-il pas dans nos clubs de foot amateurs des jeunes tout aussi habiles que lui avec un ballon ? Bien sûr que si, mais un « agent » a repéré le petit gars de Bondy, a senti la bonne affaire, a joué de ses relations… et le voici adulé par des milliards de téléspectateurs…

    Bref, de nos jours, pour être exceptionnel et susciter l’admiration, qui est une forme du bonheur, il faut aussi, trop souvent, être exceptionnellement chanceux.

  15. Le meilleur exemple d’infériorité, c’est le lieutenant Columbo. Mon grand-père est d’ailleurs le dessinateur de sa 403 cabriolet.
    Au final, il nique tout le monde (pas mon grand-père !) ou, comme dit l’Évangile, les derniers sont les premiers et les premiers sont les derniers.

    Un autre exemple ? François Hollande. Il ressort du débat de 2012, aux dires de l’équipe de Sarkozy, président de la République.
    On aurait aimé cela de Philippe Bilger dans L’Heure des Pros : accepter de se faire rabaisser par Praud, mais que cela soit une stratégie. Il n’en fut hélas rien. Et le combat cessa faute de combattants.

  16. Julien WEINZAEPFLEN

    Je ne sais pas s’il existe un « bonheur de l’infériorité », mais j’aimerais comprendre ce qui préside à l’existence des intellectuels médiatiques. Vous commencez d’en dresser une liste assez contemporaine : Bernard-Henri Lévy, Nathan Devers. Plus jeune, je ne comprenais pas la ferveur qui s’attachait à Alain Finkielkraut qui, en dehors d’être un lecteur compulsif, me semblait surtout être un compilateur de lieux communs. J’étais un auditeur incompréhensif du Panorama de Jacques Duchateau. On y parlait de Roland Barthes dont une infirmière antillaise, très consciente de son identité, me dit un jour : « Il parle un peu pour ne rien dire. »

    Je suis allé poursuivre des études à la Sorbonne par curiosité. Curiosité d’abord de connaître le Quartier latin, dont j’avais entendu parler quand j’étais en classe de cinquième. Je croyais que me rendre quotidiennement dans le Quartier latin me ferait parler latin aussi bien que duvent. Combien me trompais-je !

    Ma curiosité subit une déconvenue dès le 22 octobre 2010, à 13 h, pendant le cours de Madame Arlette Michel, dont le mari Alain était formidable. Je ne nie pas que son épouse maîtrisait, elle aussi, son sujet. Victor Hugo, mais « le plus grand poète français, hélas ! », n’était pas un Père de l’Église. Je me suis aussitôt demandé : à quoi correspond et renvoie le culte des grands morts ? A-t-il une légitimité intellectuelle ou éthique ?

    Voulant vivre le paradis latin, je fréquentais beaucoup les bars dans le quartier des Aveugles. On m’y prédisait un avenir de « futur intellectuel » et on me couvait pour me permettre de le réaliser. Je ne le suis pas devenu. En revanche, j’ai connu de formidables professeurs ; je vais en oublier pas mal : René Pommier, qui fut mon ami jusqu’à sa mort, déboulonneur d’idoles, pourvoyeur de leur crépuscule et pourfendeur de Roland Barthes, ce qui n’est pas mon cas, par où il commença ; Jean-Louis Chrétien, aède philosophique, comme Alain Michel était un aède de la patristique ; Jean-Yves Tadié, Philippe Sellier, Georges Molinié, que je n’aimais pas et qui me le rendait bien ; Nicolas Grimaldi, qui fut mis à l’honneur par Raphaël Enthoven, et je m’en réjouis.

    Tous ces professeurs auraient mérité de passer mille fois dans les médias, mais Alain Finkielkraut, qui a invité certains d’entre eux, leur volait la vedette. Le malheur de ces êtres profonds était de ne pas être des toutologues.

    Les ai-je enviés ? Pas le moins du monde. Me suis-je cru à leur hauteur ? Pas du tout non plus. Mais j’étais très heureux et je n’en reviens toujours pas de les avoir connus, parfois fréquentés ou été leur ami. Et je me suis dit que, quitte à aimer les intellectuels, autant vaudrait inviter ceux qui ont un vrai savoir plutôt que de vivre sous la dictature des pseudo-grandes consciences comme Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, que j’ai essayé d’aimer (les colonnes de ce blog peuvent en témoigner), et Nathan Devers, qui paraît d’un commerce agréable, mais a peu de perspectives.

  17. « ..pas pu être ministre de l’Économie. » (PB)

    FAUX ! Le patron d’un des fleurons du BTP régional indépendant avait une licence et une formation de juriste. Il « suivait les comptes », comme on dit, économiste hors pair.

    Ne lui demandez pas de savoir dans quel numéro de compte il fallait mettre les recettes, les dépenses, les amortissements, etc.

    Les métiers de la recherche scientifique sont réservés aux seuls chercheurs. Pour le reste, le bon sens et le fait de bien s’entourer sont primordiaux.

    Au début, il nous a contrôlés ; nous étions de jeunes embauchés : « Soyez curieux ! » Il savait que nous savions lire, écrire et que nous maîtrisions les opérations de base ; cela suffit pour être parmi les meilleurs. Il ne nous a jamais demandé de montrer notre diplôme, mais, à la fin de l’envoi, il savait toucher.

    Monsieur Bilger, vous êtes, sans le savoir peut-être, et sans doute, un excellent gestionnaire. La vision est importante, l’acuité visuelle aussi. Nous avons été les premiers à utiliser le système Nixdorf Computer, grâce à un… juriste, pour la gestion de toute la chaîne du BTP. Nous étions jeunes, il le savait, et nous aimions le sable chaud (ça, c’est pour le fun), mais… « seul le travail commande ! »
    Les Dix Commandements et beaucoup, beaucoup de bon sens. La production utilise les compétences des autres ; nous étions tous de bons musiciens avec le temps, sans avoir appris la musique, mais pour un avenir de chef de musique.

    Ne faites jamais confiance à un « économiste ». En revanche, il faut apprendre à le lire et, quand votre salaire et vos primes en dépendent un peu aussi, vous apprenez vite.

    Et puis, quand on voit que ce n’est pas leur pognon, le pognon cher à Nanard, on voit où cela nous mène : 3 600 milliards de dette nous contemplent, et eux, et eux, et eux… se recaseront. Vincent Jauvert vous l’expliquera mieux que moi. Un Mozart de la finance, un rentier de mandats comme Bruno – sans courage – qui raconte partout que ce n’était pas de sa faute… Il était à un poste où il pouvait partir ou agir. Il nous prend un peu pour des imbéciles, mais lui aussi gérait le pognon des autres, pas le sien, et cela fait toute la différence.

    L’esprit supérieur agit ou démissionne ; tout le reste est pipi de chat. Mais la qualité essentielle, partout, partout, pour réussir, est le courage !

  18. Rien compris à toute cette prose… Je suis admiratif devant ce que font les faiseurs. Les causeurs, je les laisse à leurs… causeries, point final.

  19. Michel Deluré

    Vaste sujet que le bonheur et qu’il serait bien difficile d’épuiser en quelques lignes.

    Si le bonheur est l’absence de manque, difficile alors de considérer que le sentiment d’infériorité puisse être source de bonheur puisque cet état est justement la traduction d’un manque manifeste par rapport à ceux que nous considérons comme supérieurs. Comment, alors, ne pas souffrir de ce manque ? Comment ne pas se trouver, en fait, confronté à cette situation que décrivait fort bien Pascal où « nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais » ?

    Peut-être alors en adoptant cette situation de sagesse qui consiste à ne plus espérer le bonheur, mais tout simplement à le vivre au quotidien, nous acceptant tels que nous sommes, considérant, comme Montaigne, que finalement « nos mœurs sont naturelles », mais qu’il est, par contre, un devoir pour nous de « les assister » pour combler les manques dont nous souffrons.

  20. @ Patrice Charoulet
    « Je suis ultra-minoritaire : aucune supériorité chez autrui, dans le domaine philosophique, littéraire, langagier… ne me gêne. Je vois le rang et je le reconnais… même chez des gens que je combats. »

    Vous aimez vous croire ultra-minoritaire, vous vous flattez à peu de frais…
    Mais je suis certaine que vous distinguez entre « le bonheur de l’infériorité » et l’absence de gêne face à la supériorité…

  21. C’est propre à la France, BHL ? Mais il suffit de le lire ou même de l’entendre ; s’il était ce qu’une minorité lui reconnaît, un brin d’esprit supérieur, alors il aurait la reconnaissance d’un Victor Hugo. Il suffit de lire le dernier livre de ce dernier et, là, on s’aperçoit que BHL est un hâbleur, sans doute parfois habile, mais qui ne passe pas la rampe.

    Nathan Devers, la nouvelle coqueluche de certains médias, sympathique chroniqueur, il est photogénique, tant mieux pour lui ; il passera de mode comme tant d’autres.

    Et puis l’inénarrable Alain Minc, le pendant de Jacquattali ; s’ils avaient été des phénix, cela se saurait. Minc, qui se plante sur presque tout, et l’autre, dès qu’il a dû faire et mettre en pratique ce qu’il prônait, a été renvoyé à ses chères études : sa gestion de la BRED et ses prises de position, pour lui qui n’a jamais été élu, font de lui un brasseur de vent et tout ce qu’il prononce est désormais démonté, un ventilateur. Mitterrand s’en est servi, à l’époque, pour asseoir une crédibilité en économie, ce qui était reproché au PS.

    Les performances de Mbappé sont, sans aucun doute, elles, au-dessus du lot de ces penseurs de bazar, beaucoup plus lucide et brillant de sa tête et de ses pieds que toute cette équipe de cuistres. Devers à part, bien évidemment ; ils sont légion de son calibre, mais il plaît, ce côté petit-fils idéal qui passe à la télévision.

    J’ai un faible pour Houellebecq ; il a, avec beaucoup de finesse et peu de mots, écrabouillé Finky dans un débat sur la fin de vie.

    Macron, qui aurait dû se montrer un esprit supérieur, élu par deux fois sans réel risque d’opposition, Hollande étant désastreux, est apparu comme un Mozart sans sa musique au bout du compte.

    Quant à la mise en valeur de ses qualités extraordinaires dans la finance, en face de MLP, aucun mérite ; mais la réalité, c’est quand même 3 600 milliards de dette, un pays avec ses 10 000 000 de pauvres à la sortie et une dette, pour sa part, de près de 2 000 milliards. Je laisse tous ces petits génies aux bons soins de ceux qui le pensent, et le pire de tout est qu’ils ont fait d’un pays émergent notre beau pays, et ils en sont responsables.

    Être nul, cela ne s’invente pas. Il en est d’autres dont on ne parle jamais ; il suffit de lire le CAC 40. Et d’autres encore plus modestes. Qui connaît le patron du Tour de France ? L’entreprise la plus florissante du monde en pourcentage de résultat. La philosophie du résultat : un ventilateur, tout le monde sait l’enclencher, il suffit d’appuyer sur un bouton.

    Une minorité encense tous ces gonfleurs d’hélices ; ils nous vendent des marteaux à bomber le verre, ça fait genre. Les vrais, les esprits supérieurs, n’ont pas de miroir, juste ce qu’il faut d’intelligence brillante pour s’imposer et être reconnus en toute discrétion ailleurs que dans cet entre-soi de vaporisateurs.

  22. Je crois, humblement, qu’il y a une erreur à parler d’infériorité (a contrario de supériorité), alors qu’il s’agit tout simplement de compétence(s).

    Il y a bien entendu le fameux principe de Peter : « Tout individu employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence. »

    Sans oublier la parabole de saint Matthieu.

    Et, pour citer Michel Audiard :

    « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche. »

    Devant une fuite d’eau, mon plombier m’est supérieur, puisque nettement plus compétent. Et cela en toute humilité.

  23. Le sentiment de supériorité trouve sa limite quand il s’aperçoit qu’il ne sait pas borner ses illusions, carence qui provoqua, provoque et provoquera la chute de tous les empires comme de tous les orgueilleux.

    « Le sang païen revient ! L’esprit est proche, pourquoi Christ ne m’aide-t-il pas, en donnant à mon âme noblesse et liberté. Hélas ! L’Évangile a passé ! L’Évangile ! L’Évangile.
    J’attends Dieu avec gourmandise. Je suis de race inférieure de toute éternité. »

    https://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Sang.html

  24. hameau dans les nuages

    J’avoue, moi, l’inférieur, le péqu, avoir un plaisir sadique à observer ces « supérieurs », des sachants bien au-dessus des banalités de la vie, se prendre la tête pour une petite tracasserie. Ils n’osent pas demander, bien sûr, car leur ego en prendrait un sale coup, alors ils tournicotent, se grattent la tête et moi, d’avouer « mon ignorance » devant un problème qui me semble, à moi aussi, insoluble.

    « Alors là ! Chai pas ! Peut-être qu’en prenant l’outil par le manche, mais c’est dangereux… »

  25. « …je n’aurais, par exemple, pas pu être ministre de l’Économie. » (PB)

    Allons, allons, cher monsieur Bilger, votre modestie vous honore, mais, grâce à votre bon sens, vous n’auriez probablement pas pu faire pire que Bruno Le Maire et successeurs pour plonger la France dans la faillite.
    Pour ne pas parler du compétent (?) M. Macron.

  26. A contrario, moi, je verrais plutôt le bonheur dans la supériorité : celle de nos bobos gauchos, élites intellos, donneurs de leçons au monde entier, nous classant, nous les parias, dans une infériorité génétique. Un mini-nazisme, un eugénisme gentil, mais méprisant.

    Le terme « bobo », contraction de « bourgeois-bohème », fait partie du dictionnaire et désigne un socio-type, c’est-à-dire une personne appartenant à un groupe social de gauche, plutôt aisé sans être riche, mais particulièrement méprisant et se croyant dans le camp du Bien, celui de la supériorité intellectuelle sur les autres.

    Le bobo méprise les gens, le monde ; selon lui, son entourage est essentiellement composé de beaufs, de poujadistes, de pollueurs, de supporters-veaux du Paris Saint-Germain, voire de « crasseux ».

    Le bobo ne peut s’abaisser à répondre à la contradiction par des arguments : il se sent tellement supérieur et les autres si ignorants.

    C’est un bourgeois vivant dans un cocon formé par l’idéologie dominante de gauche, ben voyons, et allergique au réel.

    Portrait détaillé du prototype parfait : de gauche, plutôt électeur PS ou écolo, mais s’encanaillant parfois d’un vote Mélenchon ; vivant essentiellement dans le centre des grandes villes ; niveau professionnel, on le trouve surtout chez les profs, les journalistes, les intermittents du spectacle, dans la pub ; ça tortille du popotin en pinçant les voyelles ; partageur, solidaire, humaniste pour la photo, mais pas chez eux, ben voyons !

    Confit dans son mépris pour le peuple, réduit à une masse informe de beaufs, convaincu de la marche du progrès et très peu porté sur les traditions populistes, fascistes, réactionnaires de drouââââte… Beurk !

    Pas du tout favorable aux figures d’autorité, sauf quand ça chauffe et que le réel tape à la porte : genre les gars de Charlie allant se cacher dans les jupes des flics après leur avoir craché à la figure pendant des années.

    Féministe en guerre contre le patriarcat ; pour l’accueil des sans-papiers, mais pas dans son quartier : pas de ça devant chez nous !

    Pour l’école publique tout en mettant ses gosses dans le privé, traitant de « facho », « raciste » ou « homophobe », suivant les sujets, tous ceux qui ne pensent pas comme lui ; adepte du fooding bio, anticapitaliste tout en vivant très confortablement des fruits du capitalisme, se qualifiant de « citoyen du monde »… La belle blague !

    Bref, si l’on veut résumer ce foutoir bondé d’êtres supérieurs : les foules de spectateurs convaincus de Canal+, de France Inter et autres chaînes en rut contre le fascisme RN, ainsi que les lecteurs assidus de la presse gauchiasse, des « merdias » du « Sévice pubis » islamo-gauchiste…

    Le top : le Festival de Cannes ; des révolutionnaires guévaristes, castristes, en queue-de-pie et nœud pap’, mobilisés contre le RN, mais sur tapis rouge, bien entendu. Dans la jungle, il y a trop de bestioles qui piquent… Ben voyons ! MDR ! LOL !

  27. Patrice Charoulet

    Il m’a fallu plusieurs semaines pour lire, la plume à main, les Mémoires de Raymond Aron, 770 pages. Excellent exercice.
    Au dos du livre, on lit un petit texte sur lui. Il se termine par cet « homme supérieur ». L’auteur lui-même, à plusieurs reprises, ne craint pas de parler de tel ou tel « esprit supérieur ». On n’est plus très friand de cet adjectif. La plupart des gens sont indisposés par la supériorité. Sauf dans le domaine sportif ! Témoin vous-même, qui citez tel sportif… qui m’indiffère.

    Toute la France a parlé de l’arrogance du président français, qui était en réalité une supériorité.
    Je possède la liste des majors de l’ENA. L’un d’entre eux, Alain Minc, brillantissime, que vous citez dans votre texte, est un des hommes les plus détestés de France !

    Je suis ultra-minoritaire : aucune supériorité chez autrui, dans le domaine philosophique, littéraire, langagier… ne me gêne. Je vois le rang et je le reconnais… même chez des gens que je combats.

  28. « Quelle tranquillité que de savoir que certains vous dépassent ! » (PB)

    Celui qui ne semble pas souffrir du bonheur de l’infériorité, c’est J-L Mélenchon. Pour lui et ses troupes, il est clair qu’il sera le prochain président.

    Il pousse même l’audace jusqu’à prétendre vouloir nous parler de culture. Discours fait d’éléments de langage à l’emporte-pièce qui relève plus du bonimenteur de foire que du maître de conférences.
    D’ailleurs on peut avoir un aperçu du domaine culturel de la France Insoumise avec certains de ses affidés : Sébastien Delogu, à la limite de l’analphabétisme, Alma Dufour, Louis Boyard, Thomas Portes, Antoine Léaument, Éric Coquerel, qui a quand même réussi à être nommé président de la commission des finances à l’Assemblée nationale sans que l’on ait vraiment compris pourquoi.

    Je ne sais pas qui a dit un jour « La culture, c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale ». LFI est en train de nous en faire la démonstration.

    Franchement, s’il est un domaine où ces gens-là nous dépassent, c’est bien celui de la bêtise.

  29. De quoi parlez-vous M. Bilger ?
    À moins d’être tout à fait hypocrite, je ne vois à quel bonheur vous faites allusion…
    Par ailleurs, si le bonheur existe lorsque l’on mesure son niveau d’infériorité, je dois vous le dire tout net, je ne connais pas ce bonheur et je m’en félicite vivement.

    Je pourrais inventer comme Tipaza un étudiant, pour illustrer le propos, mais ce prétendu étudiant montre à la fois son imbécillité et sa fatuité, se croyant philosophe il pose et prête à rire…

    La simplicité et la sincérité vous obligent à respecter et apprendre de celui qui possède la matière, sans se réjouir de mesurer combien de temps a été perdu jusque-là…
    Une infériorité dévoilée à ses propres yeux ne rend pas un homme heureux, au mieux il devient un homme gêné… et gênant !

    Le bonheur, vous savez, c’est un tas de petites choses délicates et pures, il ne supporte pas les petites tâches qui portent la vexation, non ! Il ne supporte pas, c’est le bonheur… il est bon, il est doux et ne connaît ni ce qui est amer ni ce qui est acide, non ! C’est comme ça !

    1. On voit par là que duvent n’aime pas les contes de fées.
      Et pourtant je n’ai pas conclu mon histoire par : « Il se maria, eut de nombreux enfants, et fut très heureux. »

      Brusquement me vient l’idée que la dénatalité est peut-être liée au désintérêt des jeunes femmes modernes pour les contes de fées et leurs conclusions prolifiques signe de bonheur.
      Je vais écrire au ministère de l’Éducation dite nationale pour ajouter aux cours d’éducation sexuelle, des cours de contes de fées.
      Je suis sûr que la natalité augmentera… enfin, peut-être.

      P.S. : Mon histoire était vraie. Je n’ai aucune imagination 😉

  30. Je ne crois pas que ce soit exactement le bonheur par l’infériorité… Quand vous exerciez vos fonctions de magistrat, vous étiez à l’aise dans ce cadre, et vous ne paraissez pas aller trop mal dans les médias. Actuellement, vous subissez le rejet de ceux dont vous étiez proche sur CNews, ce qui fait que vous ne pouvez intervenir avec la même fréquence et sans y penser comme avant. C’est cette incertitude qui rend douloureux le fait de ne pas savoir si l’on serait plus ou moins pertinent qu’un autre à intervenir. C’est dans l’incertitude qu’on est obligé de se comparer.

    Or, comme l’incertitude et le désir inassouvi sont, pour l’une, angoissants et, pour l’autre, frustrants, il y a un paradoxal repos quand la compétition était perdue d’avance et, d’ailleurs, devait l’être, à votre avis.

    Ainsi donc, l’infériorité réelle ou supposée n’est-elle pas bonne en soi ; sinon, on devrait désirer être le plus inexistant possible, ce qui implique de ne rien faire, donc pas de blog, pas de livres, rien, voire espérer être le plus nul possible !

    C’est, je dirais, un mélange entre être beau joueur, comme vous l’êtes dans bien des cas, et aussi une position de repli, de repos, qui n’aura plus lieu d’être quand vous vous exprimerez à la hauteur de votre désir de faire passer vos idées, de promouvoir la parole et de faire des rencontres.

    Bon courage !

  31. J’ai bien aimé le thème de ce billet qui m’a fait sourire, en me rappelant un épisode lointain de ma vie professionnelle.
    J’ai eu en thèse un étudiant très brillant. C’était un plaisir de discuter avec lui.
    Tout le monde sait que l’on apprend autant par les questions posées que par les réponses que l’on peut obtenir, et ses questions m’obligeaient chaque fois à repenser le problème.
    Cet étudiant si brillant dans nos discussions en tête à tête était plutôt modeste en réunion, ne se mettant jamais en avant, même quand il en aurait eu l’occasion.
    Comme je lui en faisais la remarque une fois, il m’a répondu :
    « Il vaut mieux être sous-estimé que surestimé, ça donne plus de degrés de liberté. »
    Sublime réponse qui prouvait qu’il connaissait sa force et qu’il ne l’utilisait que dans les cas extrêmes. Il tenait à sa liberté avant tout, considérant que le carriérisme était à l’opposé de la liberté de penser et surtout d’action.
    Ce fut une bonne leçon de sagesse. 😉

    1. Votre étudiant ne fait qu’imiter la parabole prônant une modestie insincère pour obtenir la meilleure place possible sous couvert de ne pas la convoiter :

      « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

      C’est habile mais je ne vois pas la hauteur morale que les gens croient trouver dans le christianisme où en effet on s’acharne à prétendre à la première place voire à prendre toute la place en jouant les modestes.

      Et c’est bien ce qui a eu lieu. En interdisant le sacrifice – enfin, pas celui de la messe – on a interdit le polythéisme inventeur de la science, de l’art et du droit. Tu parles d’héritiers ! De même, on n’est jamais qu’un surgeon du judaïsme, mais on fait tout pour inférioriser voire parfois effacer la religion mère ! Les musulmans ont imité cette attitude avec les Juifs et les chrétiens, les totalitaires avec les libéraux.

      Une envie pour ce qui précède, un mélange de complexe d’infériorité et de supériorité déferle dès lors sur le monde ainsi que le désir de tout dominer que porte en lui le monothéisme quand le polythéisme est par nature pluraliste.

      Dans le monde d’Ovide, on croyait aux métamorphoses, dans le nôtre, on est assigné à celles de cette catastrophe. Nous étions déjà dans l’enfer de la souffrance et de la mort, la passion de l’unique nous cloue en plus les tourments de ses abus, c’est le seul Hadès dont les créatures se battent pour aggraver les supplices de tous !

      Un désastre dont on ne peut jamais que tenter d’atténuer les effets, faisant de tous les êtres un tant soit peu conscients et mobilisés les Sisyphe des fautes des autres. Mais peut-on critiquer ceux qui préfèrent s’assigner à d’autres tâches ou contemplations ?

  32. Robert Marchenoir

    Mais pourquoi parler de bonheur de l’infériorité, alors qu’il est tellement plus simple d’apprendre auprès des meilleurs, de les étudier, de s’en inspirer ? Admirer les grands ne nécessite pas de se diminuer…

    Quant à Bernard-Henri Lévy ou Nathan Devers, ce n’est certes pas ceux que j’aurais épinglé à mon tableau d’honneur. J’y vois plutôt la funeste spécialité française consistant à parler de n’importe quoi avec virtuosité, sans se sentir obligé, en plus, d’être pertinent, lucide voire simplement exact.

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