La primaire socialiste : purs et impurs…

Lors de la primaire socialiste, remarquablement animée par David Pujadas, il y a eu quelques divergences singulières, quelques affrontements ponctuels et généralement courtois.

Mais ce ne sont pas ces échanges qui m’ont le plus intéressé, parce qu’ils ont été dominés, à la fin, par une confrontation passionnante entre tous les candidats sur la morale politique et le réalisme présidentiel et législatif.

On a pu constater un accord absolu, sur Israël et Gaza, entre Olivier Faure et Ségolène Royal. Notamment sur le terme de génocide ! Sur l’Ukraine, Ségolène Royal a été sensiblement contredite par Raphaël Glucksmann. Sur les carburants, elle a encore défendu une position originale. Emmanuel Maurel, dans le registre d’un socialisme à la fois intelligent et dogmatique, a tiré son épingle du jeu. La dénonciation du macronisme, un peu longuette chez Ségolène Royal, les a réunis dans un même opprobre. Sur le plan social et économique, l’accord était à peu près total.

Une fois abordé l’essentiel des thèmes « incontournables », compte tenu de la situation nationale et internationale, vint le sujet politique capital : la relation des candidats socialistes avec Jean-Luc Mélenchon et LFI.

Ce fut passionnant. Entre les purs et les impurs. Entre l’éthique et le pragmatisme. Si j’ose dire, toutes proportions gardées, entre Créon et Antigone.

Jérôme Guedj, avec un lyrisme talentueux et indigné, a développé une argumentation refusant tout lien avec LFI. Raphaël Glucksmann l’a suivi sur ce terrain, persuadé que c’était la seule manière, pour la social-démocratie, de l’emporter tout en demeurant irréprochable.

De l’autre côté, on a écouté les impurs : Olivier Faure, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Sans vouloir être offensant, ces personnalités assumaient une forme de cynisme : il faut savoir ce que l’on veut. Battre l’extrême droite et empêcher à toute force le parti de Marine Le Pen, si celle-ci était élue présidente, de remporter les législatives et de faire passer son projet au Parlement impose une alliance avec LFI ; composer avec des groupes de droite n’est pas envisageable.

L’alternative ainsi formulée réunissait ce trio dans un même réalisme, écartant toute considération morale du jeu partisan, face à la superbe exaltation d’un duo préférant instiller de l’éthique dans le politique plutôt que de céder à sa triste pesanteur.

C’est avec une profonde mélancolie démocratique que je l’avoue : j’étais du côté des purs, mais persuadé que, dans notre monde d’aujourd’hui, les impurs allaient malheureusement gagner. Les intérêts électoraux l’emporteraient sur l’éthique miraculeusement surgie, comme une chance, à la fin de ces débats.

En dépit de l’exclusion choquante de Philippe Brun, la primaire socialiste n’a pas démérité. Plusieurs candidats sont, chacun dans un registre différent, sortis du lot. Olivier Faure et Ségolène Royal : rien qui surprenne. Emmanuel Maurel, avec son socialisme délibérément désuet et familier, s’est distingué. Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann ont marqué des points.

Et on continue à soutenir que les primaires ne servent à rien !

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François Baroin trop lucide ?

Voir les Commentaires (8)
  1. « Et on continue à soutenir que les primaires ne servent à rien ! » (PB)

    Pour écouter des nantis régurgiter des morceaux disparates et repoussants de vieilles agapes, et les regarder se frictionner mollement comme au sanatorium des idiots, il faut n’avoir rien de plus utile à faire… Ils sont tous lamentablement vains !

  2. Si c’est avec cet équipage que vous allez redresser le pays, c’est pas gagné ! Rien de nouveau sous le soleil, on prend les mêmes, on secoue et on recommence, manque plus que le capitaine de pédalo pour tenir la barre de sa coquille de noix… Nous voilà sauvés ! Toujours les mêmes poncifs et toujours les mêmes recours, un ennui mortel pour une politique connue mortifère. La dette les contemple tous et eux sont bien au chaud à discourir de la pluie et du beau temps. Ce n’est que du vent qui a maintes fois soufflé depuis que les élections existent. Et Ségo qui donnerait des leçons d’économie, elle qui a mis le pays à sac, sans compter la région Poitou-Charentes.

    La mémoire courte, tout est oublié : une dette de 3 600 milliards, des prêteurs qui s’engouffrent dans la politique désastreuse que tous ces lascars ont menée.

    Une faillite et une misère jamais atteintes depuis que ces bras cassés ont géré le pays — ils ne sont pas les seuls non plus —, et il faudrait les croire à nouveau !? 10 000 000 de pauvres les contemplent aussi, et ils nous expliqueraient qu’ils ont changé ?

    Tout est hors de prix, bien sûr ils n’y sont pas confrontés, la misère c’est chez les autres, j’en ai soupé de les entendre débattre, c’est toujours conforme et sans surprise.

    Le courage politique reste au vestiaire. À eux tous, si on faisait le total des années passées dans la politique à réussir, nous serions le pays le plus riche de la planète. Que du recuit, des balivernes et des truismes. Un débat convenu, pas un pour rappeler à Ségo ses dérapages politiques et financiers, elle n’a rien à faire aujourd’hui en politique et, en plus, n’a jamais rien apporté que des dépenses et des errements.

    Ces débats sont risibles, ils n’apportent strictement rien qui ne soit déjà présenté partout, et le pire, c’est que Méluche va les arroser tous et les renvoyer à leurs sales travers, comme il sait bien le faire… « Capitaine de pédalo », c’est de lui, « Pépère », « le Volatile », et c’est avec ces types que le nouveau pouvoir doit s’éclairer ? Ils ont tous fermé le couvercle de la boîte où ils se sont mis et, à chaque parution, ils enfoncent un peu plus les clous du couvercle qu’ils essayent en vain de soulever. C’est de la folie douce de croire en ces fadaises lustrées depuis des décennies.

  3. N’ayant pas regardé cette réunion d’handicapés du bulbe, je suis le mieux placé pour en parler.
    L’ensemble des personnages dont vous parlez ne mérite pas que l’on consacre le moindre watt de consommation électrique à constater le néant qu’ils représentent. Glucksmann est non seulement un mononeuronal, mais il n’est pas capable d’afficher ce qu’il est. Atlantiste, libéral, sarkozyste, consommateur de… people ridicule, projet tenant sur un Post-it… c’est un rien. Faure, Royal, le coco… Chanel…
    Franchement, cher hôte, fichez-moi tout ça au bourrier, fermez le couvercle et attendez les éboueurs.

    1. Entièrement d’accord avec vous, Jérôme !

      Ayant cultivé mon jardin (au propre et au figuré) durant toute la journée, je n’aurais pas eu l’idée de suivre les pseudo-débats annoncés par la paroisse cathodique : que de temps perdu alors que les échanges avec des personnes étranglées par les gouvernements de ces minuscules hommes d’État, Madame Ségolène des Pôles étant probablement la pire, avaient tant d’épaisseur humaine !

      Les Français n’en peuvent plus de ces « parole, parole, parole » : non seulement ces dernières sonnent creux, mais elles tuent à petit feu toute une partie des gens jusqu’ici épargnée. Le temps qui reste jusqu’au 2 mai prochain sera empli de larmes…

  4. Mary Preud'homme

    En tout cas, voilà une primaire qui porte bien son qualificatif ! Que de la parlote à ras des pâquerettes, des promesses trompeuses et des incantations sans consistance entendues depuis des lustres, sans le moindre commencement de mise en œuvre dans l’action… Au contraire, de plus en plus d’excuses et de reniements pour s’empêcher ou se retarder d’agir et tenter de sauver notre pays de la ruine et de la décadence… Sans parler, pour ces bons apôtres, de se défausser sur l’adversaire quand ils se retrouvent pris, eux-mêmes, en flagrant délit de mensonges éhontés et de trahison. Les plus enragés étant ceux ou celles qui ont accumulé un maximum de bourdes, d’abandons ou de ralliements en rase campagne, qui devraient normalement les inciter à plus de retenue, d’humilité, sinon au silence total.

    Une gauche tacticienne, déloyale et opportuniste dont la France n’a que trop souffert depuis l’avènement de Mitterrand, mythe errant qui continue de détruire sournoisement nos valeurs et de saper insidieusement les plus sûrs fondements de notre civilisation.

    Pour combien de temps encore… Et à quand le réveil du peuple ?

  5. « C’est avec une profonde mélancolie démocratique que je l’avoue : j’étais du côté des purs, mais persuadé que, dans notre monde d’aujourd’hui, les impurs allaient malheureusement gagner. » (PB)

    La lucidité même, confirmée par l’expérience passée.
    Sauf peut-être que même des « purs », ou prétendus tels, pourraient être tentés de s’adonner aussi à l’impureté.

  6. Marc Ghinsberg

    Je partage votre intérêt pour ce débat. Il a eu le mérite de révéler à la fois les personnalités et les lignes de force des candidats. Jusqu’à la question des alliances, on observait surtout des nuances, parfois des différences de tempérament ou de formulation, plus que des divergences de fond. L’accord restait assez large sur le diagnostic social, économique et même, pour l’essentiel, international.

    Tout a basculé sur le rapport à LFI. Là, la fracture est apparue irréconciliable. D’un côté, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj, qui ont rompu avec Jean-Luc Mélenchon au nom de la morale autant que de l’efficacité. Leur argument est clair : une compromission avec LFI provoquerait un rejet immédiat d’une partie de l’électorat dès le premier tour de la présidentielle, et plus encore au second. De l’autre, Ségolène Royal et Olivier Faure, partisans d’une alliance avec LFI au moins pour les législatives.

    Chez Faure, on sent une conviction assez froide : Marine Le Pen a déjà, selon lui, partie gagnée à la présidentielle. La vraie bataille serait donc celle des législatives, afin de la priver d’une majorité et de l’empêcher d’appliquer son programme. À ce stade, cette analyse est la plus plausible. Car le débat n’a fait émerger aucun programme réellement capable de redresser le pays. Les personnalités en présence sont honorables, parfois talentueuses, mais aucune n’a dégagé la stature d’un président.

    Si cette primaire permet de prendre conscience de ces lacunes et de la nécessité de faire appel à François Hollande, alors elle aura été utile. Lui seul bénéficie de l’expérience du poste, d’une claire vision de la situation intérieure et internationale. Lui seul peut donner du souffle à un projet capable de réunir, au-delà de la gauche, les républicains qui ne veulent ni des populistes de droite ni de ceux de gauche.

    En revanche, comme toutes les primaires qui l’ont précédée, celle-ci laissera des traces. On ne pourra plus s’empêcher, à chaque apparition de Raphaël Glucksmann, de voir ressurgir l’image du « stagiaire » dont Ségolène Royal l’a affublé. Les primaires ne désignent pas seulement un candidat. Elles gravent aussi des blessures.

  7. Patrice Charoulet

    Décidé à ne voter pour aucun candidat socialiste, j’ai trouvé inutile de regarder cette émission.

    « Et on continue à soutenir que les primaires ne servent à rien ! » (PB)

    À votre dernière phrase, on pourrait objecter ceci : Mme Pécresse, gagnante de la primaire de la droite classique, fit moins de 5 % et dut crier « À l’aide ! » financièrement, n’étant pas remboursée de ses frais de campagne.

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