Il est tout à fait normal que la médiatisation s’attache au couple que forment aujourd’hui la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles et Jordan Bardella. Un reportage, publié dans Paris Match, éclaire avec finesse ce lien, en le montrant lors d’un séjour de vacances en Corse.
La princesse sera un jour cheffe de la maison royale des Bourbon-Siciles, et Jordan Bardella sera peut-être le candidat du Rassemblement national en 2027, voire notre futur président de la République.
À elle seule, la destinée de ce couple suffirait à justifier la lumière projetée sur lui. Mais l’essentiel n’est pas là.
Rien ne serait plus anachronique que de s’étonner de cette attraction, dont l’histoire est parfaitement décrite dans l’hebdomadaire, comme si nous en étions encore à une époque révolue où l’inégalité des conditions ou leur apparent éloignement rendaient impossible, ou imprudente, toute relation amoureuse.
J’aime, au contraire, dans ce qui nous est montré, la tranquille assurance de la complicité ; j’aime surtout l’allure de ce couple qui, livré à lui-même, s’abandonne à des gestes de tendresse et qui, s’il croise des gens, même les mieux intentionnés, reprend délicatement ses distances.

Il m’a semblé que, si cette union durait et demeurait dans le même registre — registre qui, en tout cas, paraît bien être celui de Jordan Bardella, si l’on se fonde sur ses déclarations personnelles, rarement intimes —, elle offrirait à la France, souvent passionnée par le destin de ceux qui seront peut-être appelés à la présider, une leçon, un enseignement, un avertissement.
Même proche du pouvoir, on peut se tenir avec dignité quand on aime.
Ces images corses — cette pudeur qui n’enlève rien à l’expression des sentiments mais la magnifie par contraste, cette absence d’attitudes ostentatoires — sont rafraîchissantes dans un monde où le cœur sans excès est décrié, où la visibilité sans clinquant est moquée, où l’on se comporte rarement avec classe.
Je devine qu’on va m’objecter mille sarcasmes sur Monaco, sur le frelaté, le futile et le superficiel, sur le culte des apparences, sur la médiocrité somptuaire, les faux contes de fées… Et si l’optimisme avait raison ?
Quelle chance alors, pas seulement pour soi, mais pour honorer tous ceux qui rêvent d’exemples : la multitude des citoyens, fleur bleue ou non, qui aspirent à ce qu’on leur fasse honneur. Il n’y a jamais de jalousie ni de ressentiment lorsque le couple est heureux, qu’il ne s’affiche pas pour la façade et que son authenticité rassure.
Je serais naïf, ridicule, ignorant, égaré ? Qu’importe, si ce présent dure !
J’ose affirmer que cette histoire d’amour sera, au moins un temps, une pierre tendre dans un univers politique difficile.
Rien de plus, rien de moins.
Cher Monsieur,
Je partage votre espoir. Un peu de classe et de distinction ne gâte rien dans le pays de l’envie, où une partie de l’échiquier politique se vautre avec délectation dans la médiocrité qu’il porte sur lui, collant à la peau comme une crasse jamais dissoute.
J’aurais préféré lire sur votre blog une critique argumentée du dernier livre de Jordan Bardella, jamais venue, plutôt que ce commentaire doucereux sur ce type de reportages people savamment mis en scène.
Ces images idylliques, soigneusement calibrées, ne disent strictement rien d’une future réalité. Elles relèvent de la communication politique la plus classique : construire un narratif romantique pour humaniser l’image, adoucir les angles et séduire au-delà du socle électoral.
Y avait-il plus beau couple, en apparence, que celui jadis formé par John et Jackie Kennedy ? Le mythe s’est effondré sous le poids des réalités bien moins glamour. L’Histoire nous rappelle que les façades les plus photogéniques cachent souvent des failles profondes.
Avant de s’émerveiller devant la dernière idylle en date, il serait plus utile d’examiner le fond : les idées, la cohérence du projet et la capacité réelle à gouverner. Le reste n’est que décor.
J’ai mille raisons de ne pas voter pour le dénommé Bardella, et ce n’est sûrement pas la tête ou la famille de sa fiancée qui me feront changer d’avis.