Bien avant de lire l’excellent article que Martin Bernier consacre, dans Le Figaro, au philosophe écossais Alasdair MacIntyre, qui prône « une éthique de la vertu inspirée d’Aristote et de Thomas d’Aquin pour sortir notre époque de son désert moral », j’avais été frappé, dès 2007, par la relégation de la morale dans la vie politique.
Aujourd’hui, elle est quasiment devenue un gros mot, et celui qui l’invoque est perçu comme ridicule, tel un ringard qui ne comprendrait rien à l’existence, à la réalité des êtres et des choses.
Aussi navrante que puisse être cette impression, vérifiée par les expériences électorales passées et à venir, lors desquelles les débats parlent de tout sauf de l’éthique des candidats, on est bien obligé d’admettre que les citoyens se moquent comme d’une guigne de l’intégrité et de l’exemplarité, notamment judiciaire, des personnalités qui espèrent l’emporter. Comme si ces vertus n’avaient rien à voir avec l’efficacité politique et la vigueur de l’action, mais que, pire, elles étaient de nature à les entraver, à les gêner.
Est-il nécessaire de rappeler ces élus qui, d’une certaine manière, ont été confirmés par des électeurs totalement indifférents à leur morale personnelle ? Comme si l’exigence d’une éthique irréprochable relevait d’un autre monde, se trouvait absolument décalée par rapport au réalisme et même aux turpitudes obligatoires qu’imposeraient les affrontements partisans, la conquête du pouvoir et la sauvegarde de celui-ci.

Il y a une morale, si l’on peut dire, du pouvoir dont la finalité n’est rien moins que vertueuse, mais seulement vouée à user de tous les moyens, légitimes ou non, pour demeurer dans une situation de domination et de maîtrise. Une morale perverse au service de soi, au lieu d’une éthique destinée à favoriser le bien commun.
Pourquoi le pouvoir de la morale est-il moqué, comme s’il fallait à toute force ériger une frontière étanche, infranchissable, entre les enseignements religieux, les commandements laïques et les pratiques sociales et politiques, comme s’il était honteux de vouloir inscrire dans la quotidienneté du pouvoir les prescriptions de la foi et ses leçons, adaptées à l’administration des êtres et des choses, ou les enseignements d’un humanisme séculier, profane ?
On devrait au contraire considérer que l’anormal serait de n’être jamais guidé, avant l’action politique, par une lumière, qu’elle relève d’une éthique religieuse ou d’un impératif civil.
La question est bien formulée dans cet article auquel j’ai fait référence : « La morale sert-elle encore à quelque chose ? », dans lequel ce philosophe écossais déplorait que « l’éthique se soit détachée de la politique, l’État moderne s’étant construit contre la conception aristotélicienne de la politique qui visait la recherche du bien commun »…
L’une des plaies fondamentales de notre modernité, pour le gouvernement des nations et le bonheur des peuples, tient précisément à cette disparition de la morale comme guide suprême des entreprises collectives et des consécrations individuelles, au bénéfice d’un pragmatisme utilitaire et d’un clientélisme s’assumant sans honte.
J’entends bien qu’il ne s’agit en aucun cas d’être de purs esprits, sans mains plongées dans la pâte du réel.
Mais d’une morale irriguant tout et tentant, le moins mal possible, de sauver l’idéal dans le relatif de la vie publique et dans les affres des rapports de force.
Cher hôte, je suis d’autant plus sensible à votre point de vue que je me suis exprimé dans le même sens, par exemple à l’occasion du cas Morandini.
Il y a, vous le dites bien, une sorte de dédain envers la morale, comme si cette dernière était une affaire de sensibilité propre à une forme d’humanisme faiblard. C’est oublier qu’en principe la morale est tout de même un peu, c’est un doux euphémisme, à l’origine des lois. Que, probablement, notre époque est très chahutée parce que les lois ne correspondent plus à l’expression, à la traduction, d’une morale générale admise, même si cette dernière évolue et que les lois ne font que suivre, parfois lentement. Celles-ci sont maintenant l’expression du souci de protection qu’ont les tenants d’un pouvoir, de quelque nature qu’il soit, afin de se prémunir de ce qui pourrait leur porter préjudice, non seulement dans l’exercice naturel de leurs fonctions, qui peut générer des erreurs, mais surtout dans l’accomplissement de leurs dérapages, turpitudes et autres malversations.
Je reviens à l’affaire Morandini, où quelques-uns trouvaient parfaitement normal qu’il continue d’exercer à l’antenne, là où le vulgum pecus comme moi trouvait totalement indigne de maintenir un type condamné pour des faits d’agressions sexuelles, à qui l’on permettait de continuer à plastronner en donnant des leçons portant sur une morale dont il n’avait pas un échantillon sur lui.
Il va sans dire que la morale se discute, qu’elle n’est pas identique pour chacun.
Votre point de vue sur ce qui fonde celle-ci est légitime : la religion, la raison… mais attention à la religion. S’il est évident qu’elle peut être à l’origine de points de vue moraux, il n’en demeure pas moins qu’exprimés dans la sphère publique, ces derniers ne devraient pas se présenter sous les habits de la religion, mais être argumentés. Sinon, c’est de l’argument d’autorité : « Dieu a dit. » Ce à quoi le mécréant que je suis peut benoîtement répondre : « Je ne crois pas en Dieu, donc ta morale tu peux te la carrer où je pense, elle n’a aucune valeur. » À ce rythme, on n’avancera pas beaucoup.
C’est bien pourquoi l’affirmation, le rapport à la religion dans le débat public n’est pas très heureux à mon sens, quand bien même — je partage votre avis — celle-ci peut tout à fait être à l’origine de convictions morales qui sont saines, acceptables et partageables. Enfin, pas exprimées comme elles le sont dans les livres religieux 😊.
Si, par exemple, on prend le commandement qui nous enjoint de ne pas convoiter les biens qui ne nous appartiennent pas, je comprends ; mais mettre dans le même sac Nono la rondelle, alias Bruno Le Maire — pardon, l’âne, le bœuf et la femme — vous conviendrez que ce n’est pas vraiment défendable.
Tout ce blabla pour vous dire que je suis d’accord avec votre point de vue sur l’importance de la morale. J’aurai économisé les touches de mon clavier.
@ duvent le 9 mars 2026
« Mais savez-vous que vous êtes drôle ? »
Merci de me faire au moins ce plaisir de gourmet, mais ça je le savais, et en plus intelligent.
Allez, j’en reste là, je vous sens touchée, agacée, écorchée un peu, comme toutes les mégères acariâtres qui vitupèrent sur tout : le café est brûlant, l’entrecôte trop cuite, le sommier trop dur, il y a du courant d’air…
N’oubliez pas vos pastilles Valda avant de vous endormir et fermez la fenêtre : vous pourriez attraper froid… et me le reprocher…
Hiiiii…
@ Giuseppe le 9 mars 2026
Mais savez-vous que vous êtes drôle ?
Pourtant, vous devriez vous taire, car ce que vous écrivez est d’une grande débilité !
Ne vous sentez-vous pas gêné par la saleté du style ?
Comment faites-vous pour patronner l’IA dans ses élucubrations ?
Alors, je vais vous donner un petit conseil, étant aimable par nature : lorsque l’on se targue de corriger un contradicteur, lorsque l’on prétend tempérer des propos excessifs, lorsque l’on s’imagine rhéteur de qualité, il faut préalablement ordonner ses idées ; mais surtout, et avant tout — car ceci est capital — il faut avoir des idées…
Votre élégance, qui est remarquable, mérite d’être enseignée aux pauvres gueux qui errent dans ce bas monde ; ce serait grand dommage de voir se perdre un si grand et si rare talent !
Chère duvent que j’adore.
Votre intervention ressemble à ces oriflammes qu’on agite très haut pour masquer qu’on n’a rien dans les mains. Vous écrivez comme on jette des poignées de gravats : avec fracas, avec conviction peut-être, mais sans jamais bâtir quoi que ce soit. Je sais de quoi je parle.
Votre texte tonne, gronde, crépite — et pourtant, il ne contient pas une seule idée qui tienne debout sans béquilles métaphoriques. Le vide sidéral de l’esprit, la sudation fétide de l’âme.
Vous vous imaginez en vigie morale, mais vous n’êtes que la lampe-tempête qui clignote au moindre souffle et finit par s’éteindre.
Vous optez pour le ton de la mégère acariâtre, vous vous proclamez « béton », mais votre prose s’effrite dès qu’on la touche.
Vous vous rêvez poutre maîtresse, mais vous n’êtes qu’un madrier qui craque sous son propre poids, l’esprit rongé par la mérule.
Votre indignation, si bruyante, n’est qu’un décor. Votre colère, si théâtrale, n’est qu’un rôle. Votre assurance, si martelée, n’est qu’un masque trop lourd pour vous. Vous vous voulez leste d’esprit, vous êtes de plomb. Svelte ? Totalement fripée, frappée du méchant esprit. Je vous adore.
Car enfin : où est votre argument ? Où est votre démonstration ? Où est votre pensée ? J’ai beau gratter, secouer, tout sonne creux : l’ensemble vide en mathématiques, le néant cérébral de la pensée et de l’analyse.
Vous accusez, vous dénoncez, vous invectivez — mais vous ne répondez jamais. Comme toutes les vieilles filles déchues, déçues, délaissées, vous compensez comme vous pouvez. Le ton hargneux des harpies vous sied bien : un régal ! Je vous adore. Quoique il transforme souvent l’écrit en rictus. Pas beau, tout cela, et pourtant mon jugement est plutôt compatissant. Je suis un vrai gentil… J’aime bien me faire parfois un peu plaisir.
Vous parlez de courage, mais vous vous réfugiez derrière l’insulte.
Vous parlez de lucidité, mais vous écrivez dans la pénombre de vos certitudes.
Vous parlez de morale, mais vous en faites un gourdin.
Votre texte est une tempête dans un verre d’eau, et encore : un verre fêlé. Vous en êtes devenue incontinente ; il ne vous manque plus que les… Bon… Euh… Là, ce ne serait pas très élégant.
Vous me reprochez de ne pas penser comme vous. Je vous reproche de ne pas penser du tout. Vous vous drapez dans la grandeur tragique, mais vous ne produisez qu’un vacarme lyrique. Un crachin de moteur de mobylette. Vous convoquez la fin de la civilisation pour commenter une divergence d’analyse.
Vous brandissez l’Histoire comme un gourdin, la morale comme un paravent et la langue comme une arme contondante.
Mais la langue, voyez-vous, n’est pas faite pour cogner. Elle est faite pour éclairer. Et c’est précisément ce qui manque à votre prose : la lumière.
Quand vous aurez autre chose à offrir qu’un carnaval d’images outrées,
quand vous aurez autre chose à dire qu’un inventaire d’invectives,
quand vous aurez autre chose à défendre que votre propre posture,
alors nous pourrons discuter. Mettez des talons hauts pour m’atteindre : pour l’instant vous êtes au niveau de mes semelles.
En attendant, je vous laisse à vos orages : ils impressionnent les passants, mais ils n’arrosent jamais les jardins qui ne demandent qu’à fleurir. Si vous avez des fleurs, elles doivent être dans un piètre état : à cracher sur tout ce qui bouge, les postillons âcres ne doivent pas arranger la beauté de leur floraison. Vous devez avoir, sans doute, les bouquets que vous méritez : flétris et tristes. Je vous adore.
@ Robert Marchenoir le 9 mars 2026
« Et puis il faudrait arrêter un peu avec la sensiblerie gauchiste. Les bêtes d’élevage sont faites pour être engraissées, tuées et puis mangées. Que ces dames s’occupent de leurs chats et laissent les éleveurs nourrir la nation. La femme de gauche est le pire ennemi de la civilisation occidentale. Il est grand temps de réinjecter un peu de testostérone dans le débat public. »
Je vous ai manqué à vous aussi ? Voulez-vous que je vous gratifie d’un petit compliment ?
Votre sottise a voulu associer dans votre propos, afin de le rendre percutant : « les dames » et « la femme de gauche »…
Pourquoi pas la femme tout court ? Certes, il lui manque une paire de boules pour vous satisfaire en dosage de testostérone… signe de quoi ? (Merci de nous le préciser !)
Comme vous n’êtes pas très subtil, on saisit rapidement votre petit sous-entendu imbécile : votre ficelle est une corde à nœuds.
Vous devez comprendre que le reste de ce qui compose la vie sur Terre n’est pas là uniquement pour que Marchenoir s’en foute plein la lampe, ni lui ni personne…
Le reste de la vie sur Terre mérite d’être respecté par tous, et pas simplement par les connasses…
D’ailleurs, vous me donnez l’occasion de dire qu’il m’importe infiniment que l’on évoque les autres espèces !
Pendant que les guignols en chef se délestent de quelques grammes d’éléments, comment dire, explosifs ? Chauds ? Brûlants ? Toxiques ? Mauvais pour la santé ?
Bobonne doit revoir sa copie, pendant que Raymond, en se grattant l’entrejambe, décide que les animaux…
– Ça va, quoi !
– On ne va quand même pas en chier une pendule, non ?
– Faut bouffer, merde !
– Les animaux n’ont pas d’âme ?
– Et l’eau, on en parle, de l’eau ?
– Et l’air ?
– Et les arbres ?
– Et les océans ?
– Ta gueule, Bobonne ! Mémère à chats ! Connasse à oiseaux ! Crevarde à chiards !
– Ta gueule, laisse-moi jouer au maître du monde !
– La Terre est increvable !
– Ta gueule, laisse-moi jouir de ma force, je suis une poutre !
Vous avez toute honte bue, et les cimetières qui nous disent combien il faut avoir honte ont disparu : ils sont désormais à ciel ouvert. C’est de la dispersion, de la ventilation de corps, du broyage et du concassage de matière ; et pour ce faire, voici le héros, celui qui justifie l’injustifiable.
Et en effet, la Terre est increvable, mais pas l’homoncule qui pullule sur son dos, cette charogne belliqueuse…
@ Robert Marchenoir le 9 mars 2026
« On n’a pas besoin de « se demander pourquoi l’Ukraine vient taper les Européens » : on le sait très bien. C’est parce qu’elle a besoin de ce « pognon » pour gagner la guerre, et que l’Europe a intérêt à ce que l’Ukraine gagne la guerre. »
Manifestement Zelensky devient très agressif dans le cas où
un membre de l’U.E. venait à émettre quelques réticences sur le « prêt » accordé à l’Ukraine , au point d’en arriver à menacer les récalcitrants.
Il est vrai que 90 milliards c’est une belle somme ! Mais de là à envoyer ses forces armées à un chef d’État, il y a des limites que l’U.E ne saurait accepter.
Il a tendance à vouloir utiliser les méthodes de Trump.
Quand on est dans la dêche et qu’on a besoin de pognon, on demande gentiment à ses généreux donateurs (qui savent très bien qu’ils n’en reverront plus la couleur).
@ Giuseppe le 8 mars 2026
« Vous m’accusez de « collaboration », de « tapinage », de « balcon sur la fin de la civilisation »… Tout ça pour une divergence d’analyse. J’admire votre capacité à monter un trottoir rhétorique de trois kilomètres pour y planter une simple pancarte : Giuseppe n’est pas d’accord avec moi. »
Vous êtes pusillanime, comme la plupart des « va-t-en-guerre » : vous commencez par une flagornerie assez répugnante et, craintif, vous tartinez votre réponse vicieuse d’une hypocrite pommade.
Je n’ai pas votre poltronnerie et, lorsque je vous accuse, je le fais ouvertement. Certes, je ne devrais pas : dans une société de pisseuses, il est convenu de dire et de se dédire ; rien de fâcheux ne doit apparaître.
Alors, admettons qu’après avoir utilisé sbriglia (qui, semble-t-il, a une opinion tranchée me concernant — tranchée et flatteuse…), vous vous soyez convaincu d’être une victime, l’énième, d’un petit courant d’air. Soit. Mais vous qui êtes si subtil et si grand stratège, vous ne devriez pas essayer d’échapper aux évidences : la réalité est assez crue et vous n’êtes ni plus ni moins qu’un tapin, mais un tapin égaré…
Voici votre présentation :
« Simplement — mais je ne sais si vous faites dans le simple, quoique… — quand on s’expose, on peut être critiqué ou brutalisé ; c’est de vous. Mais, au fond, je suis du béton dont on fait les poutres. »
Vous êtes du béton ? Oui, pourquoi pas…
Des poutres ? Oui, c’est utile…
Et donc ?
Faudrait-il que, contre les poutres, le langage s’appauvrisse au point qu’un couard devienne le mètre étalon en sciences politiques ?
Je vous le demande, car il est parfaitement clair que vous êtes non seulement un piètre analyste, mais aussi un lamentable racoleur.
Les événements atroces qui se déroulent nécessitent un examen attentif et sans parti pris, sine ira et studio…
Mais vous êtes sensible à la lumière et vous venez vous coller à la vitre, sans même considérer les conséquences — et puis les conséquences mortelles, tragiques et douloureuses pour les autres, qu’est-ce que ça peut vous faire ? Rien !
Voilà : ce rien-là, ce vide-là est celui qui se remplit de ce qu’il y a de plus bas et de plus vil. L’homme a démontré combien il excellait à remplir le vide dans sa tête…
Dès lors, se commettre avec des personnages de comédie devient un jeu plaisant, sans risque ni danger.
Bien tranquillement, insensiblement, vous devenez l’objet : vous n’êtes plus l’Homme.
Et pourtant, il y a du mérite et du courage à ne pas succomber à l’opinion, car, aveugle et dépourvue de conscience, elle penche toujours du côté de la force brutale et inique. C’est une prostituée qui aime les soudards, les pillards et, pour finir, elle regarde les criminels avec des yeux enamourés… Comme vous !
@ Achille – le 8 mars 2026
Bon, je vois que vous êtes plus étanche que vous n’en avez l’air. Pourtant, vous êtes ingénieur, il me semble ? La rationalité devrait vous être familière ?
« Si les Ukrainiens « nourrissent le monde entier depuis des siècles », cela peut signifier qu’ils gagnent beaucoup de pognon. On peut se demander pourquoi ils viennent taper les Européens et notamment la France qui est percluse de dettes. »
S’ils « gagnaient beaucoup de pognon » il y a des siècles, cela n’a pas d’incidence sur le « pognon » qu’ils peuvent nous « taper » aujourd’hui. Aujourd’hui, l’Ukraine est le pays le plus pauvre d’Europe, et de loin. Il l’était avant la seconde invasion.
Il n’y a d’ailleurs aucun mystère sur la raison pour laquelle l’Ukraine « vient taper les Européens » : parce qu’ils ont été envahis par la seconde puissance militaire mondiale, et qu’une guerre, cela coûte extrêmement cher.
Rien à voir avec le « pognon » que peuvent rapporter les exportations de céréales, qui ont d’ailleurs été bloquées pendant un certain temps par la marine russe. Blocage qui a été levé grâce aux efforts militaires et diplomatiques de l’Ukraine, sans grande aide de la part de l’Europe.
On n’a pas besoin de « se demander pourquoi l’Ukraine vient taper les Européens » : on le sait très bien. C’est parce qu’elle a besoin de ce « pognon » pour gagner la guerre, et que l’Europe a intérêt à ce que l’Ukraine gagne la guerre. C’est aussi parce que donner du « pognon » à l’Ukraine pour qu’elle fasse la guerre à notre place coûte infiniment moins cher que le « pognon » que nous devrions consacrer à faire la guerre directement à la Russie. Ce qui risque fort d’arriver si on laisse l’Ukraine perdre.
Tout cela, vous le savez, car cela a été expliqué mille fois en long, en large et en travers. Alors pourquoi faites-vous semblant de poser des questions dont vous connaissez la réponse ?
La liberté, ça se défend, figurez-vous. Ce n’est pas gratuit. Estimez-vous heureux que, pour le moment, seul du « pognon » soit requis. À défaut de « pognon », ce pourrait bien être du sang qui serait nécessaire demain.
« Il paraît qu’ils sont devenus des experts en matière de drones. Un fabricant ukrainien a même ouvert un site de production en Angleterre. Coût de l’opération, 229 millions €. »
C’est tout à fait exact. Et donc ? Où voulez-vous en venir ? Il ne faudrait pas qu’ils soient devenus des experts en matière de drones ? Ça vous défrise qu’ils arrivent à se défendre ? Ça vous défrise qu’après avoir bénéficié d’une intense formation militaire de la part de l’OTAN, ils soient en train, maintenant, de nous rendre la politesse en formant les armées européennes à la guerre de drones moderne ? C’est justement la preuve que nous avons intérêt à une étroite alliance avec l’Ukraine.
« Quant aux conditions d’élevage industriel que ce soit pour les poulets ou le bétail, elles sont tout simplement abominables. »
Absolument pas. Il n’est nullement nécessaire de maltraiter les bêtes pour faire de l’élevage extensif, industriel et donc rentable. Renseignez-vous un peu sur ce que font les éleveurs étrangers avant de recycler vos clichés gauchistes. En ce qui concerne plus particulièrement les poules pondeuses, ce sont tous les oeufs qui manquent, y compris ceux provenant d’élevages de plein-air. D’ailleurs ce sont ces derniers qui se vendent le plus lorsque la pénurie s’éloigne.
L’excès de réglementation et l’insistance des « campagnards » à refuser que des… agriculteurs s’installent à côté de chez eux ont des effets désastreux sur tous les types d’élevage, pas seulement sur ceux où les bêtes sont maltraitées.
Et puis il faudrait arrêter un peu avec la sensiblerie gauchiste. Les bêtes d’élevage sont faites pour être engraissées, tuées et puis mangées. Que ces dames s’occupent de leurs chats et laissent les éleveurs nourrir la nation. La femme de gauche est le pire ennemi de la civilisation occidentale. Il est grand temps de réinjecter un peu de testostérone dans le débat public.
@ duvent le 8 mars 2026
Je vous adore, je savais que je vous ferais sortir du bois. Vous nous manquiez… enfin, à moi, un peu.
Chère duvent, donc, sbriglia vous avait démasquée, il l’avait fait avant moi. Mais je suis un observateur attentif et patient de vos messages — d’autres aussi, faut pas exagérer non plus. J’ai laissé courir. Il était savoureux de savoir comment vous vous en sortiriez.
Donc, à un moment donné, comme très souvent, le diable se loge dans les détails, le masque est tombé, à regret sans doute pour vous.
Je dois reconnaître que vous avez un talent rare : vous transformez chaque sujet en tempête, même quand il n’y a pas un souffle d’air. On comprend mieux votre pseudonyme.
Vous m’accusez de « collaboration », de « tapinage », de « balcon sur la fin de la civilisation »… Tout ça pour une divergence d’analyse. J’admire votre capacité à monter un trottoir rhétorique de trois kilomètres pour y planter une simple pancarte : Giuseppe n’est pas d’accord avec moi.
Vous convoquez Céline, la DGFIP, les proxénètes, mémé, les comptables, les Israéliens, les États-Uniens, la corruption universelle et même la météo morale du monde. C’est un peu comme regarder quelqu’un faire un feu d’artifice avec des allumettes : beaucoup d’étincelles, peu de lumière.
Quant à votre grande fresque apocalyptique sur la civilisation qui s’effondre pendant que je serais « au balcon », permettez-moi une précision : s’il y a effondrement, vous semblez surtout très bien placée pour en commenter chaque gravillon.
Mais rassurez-vous : je ne vous demanderai pas d’introspection. Je vois bien que vous préférez l’explosion. Et c’est votre droit.
Simplement — mais je ne sais si vous faites dans le simple, quoique… — quand on s’expose, on peut être critiqué ou brutalisé ; c’est de vous. Mais, au fond, je suis du béton dont on fait les poutres.
De votre côté, vous êtes au fond une belliciste qui transforme chaque phrase en champ de bataille littéraire. Vous me valez bien.
Sinon, continuez : le vent, après tout, ça fait tourner les moulins.
Merci pour ce grand numéro. On sent que vous vous êtes fait plaisir : vous avez sorti tout l’arsenal, du Céline de comptoir jusqu’à l’Apocalypse en sol majeur. C’est fascinant de voir quelqu’un souffler si fort pour produire si peu de clarté.
Vous me demandez aussi pourquoi je « soutiens », pourquoi je « serine », pourquoi je « collabore ». J’admire votre méthode : vous posez des questions auxquelles vous avez déjà répondu toute seule, puis vous vous applaudissez. C’est du débat en circuit fermé, écologique, autosuffisant.
Vous convoquez, j’y reviens, la corruption universelle, les proxénètes, la DGFIP, mémé, les comptables, les États-Unis, Israël, la fin de la civilisation et probablement la météo si on vous laisse deux minutes de plus. On dirait un inventaire à la Prévert, mais écrit sous vent fort.
Vous m’accusez d’être ainsi « au balcon » pendant que la civilisation s’effondre. C’est amusant : vu la quantité de catastrophes que vous annoncez chaque fois, vous devez avoir un abonnement premium au balcon, vous.
Mais je vous rassure : je ne vous en veux pas. Chacun son style, je n’ai aucune prétention de ce côté-là. Certains argumentent, d’autres tempêtent. Vous, vous avez choisi la météo.
Continuez donc à souffler : les moulins, eux, au moins, produisent quelque chose. Et puis je vous le dis, dans notre milieu nous les adorions, les personnages comme le vôtre. Ils nous ont enrichis…
En parlant de Céline et de langage « fleuri » que vous êtes censée appliquer, je vous corrige — je vous pensais plus fine, et d’un autre niveau. Ce n’est pas de moi, mais ça me va bien : « Les Entretiens avec le professeur Y sont un “art poétique”. L’auteur s’explique sur un grand nombre de points, mais il s’explique en prophète. »
Et puis, quand on convoque Louis-Ferdinand Destouches, j’entends toujours le bruit des sabots des chevaux sur les pavés humides ; alors je vous entends venir de loin, et les vôtres sont suffisamment gros pour en déterminer la direction… avec ou sans vent.
Je n’étais pas cuirassier, mais pointeur-tireur.
@ Robert Marchenoir le 8 mars 2026
« Les Ukrainiens, eux, nourrissent le monde entier depuis des siècles, ils ont les terres les plus fertiles du monde et leurs « fermes » sont des champs gigantesques, informatisés, robotisés et cultivés à l’aide de drones. »
Si les Ukrainiens « nourrissent le monde entier depuis des siècles », cela peut signifier qu’ils gagnent beaucoup de pognon. On peut se demander pourquoi ils viennent taper les Européens et notamment la France qui est percluse de dettes.
Il paraît qu’ils sont devenus des experts en matière de drones. Un fabricant ukrainien a même ouvert un site de production en Angleterre.
Coût de l’opération, 229 millions €.
Quant aux conditions d’élevage industriel que ce soit pour les poulets ou le bétail, elles sont tout simplement abominables. D’ailleurs elles sont dénoncées et combattues par plusieurs associations pour le bien-être animal, à cause des souffrances qu’elles infligent aux animaux.
Certes ces animaux sont destinés à la consommation, mais pendant le peu d’existence qui leur est accordé, ils méritent un autre sort que d’être enfermés dans une cage sans même voir la lumière du jour. Même si cela doit coûter un peu plus cher à la vente.
@ Achille – le 8 mars 2026
« En plus, [Volodymyr Zelensky] insiste lourdement pour que son pays adhère à l’Union européenne, au grand dam de nos agriculteurs qui en ont assez d’être concurrencés par le poulet ukrainien pas cher. Ils ont déjà assez à faire avec la viande en provenance d’Amérique du Sud, bourrée d’hormones et autres saloperies. »
Quel rapport ? Il est parfaitement possible de soutenir l’Ukraine militairement, ce que l’Europe fait déjà et que les États-Unis ont fait avant le second mandat de Trump, sans l’admettre au sein de l’Union européenne.
De même, il est parfaitement possible d’imaginer des niveaux différents d’intégration à l’Union européenne, avec des droits différents – d’ailleurs l’Ukraine bénéficie déjà d’un statut d’association avec l’UE.
C’est marrant comme le débat politique dépasse rarement le niveau infantile : Machin est mon copain, donc je le défends en tout point. Bidule est mon ennemi, donc je fais tout pour l’enfoncer. On peut essayer de dépasser le niveau de réflexion d’un fox à poil dur ?
Au demeurant, ce serait quoi, le problème, si « nos agriculteurs » étaient concurrencés par le poulet ukrainien pas cher ? Je pensais que tout le monde voulait « l’augmentation du pouvoir d’achat » ? « Nos agriculteurs » sont arriérés, mettent le feu aux préfectures pour se faire subventionner des exploitations beaucoup trop petites qui ressemblent à Martine à la ferme, et nous expliquent qu’on devrait accepter de payer leurs produits bien plus cher parce qu’eux sont des nobles et nous font l’immense cadeau de nous nourrir. Bénévolement. Mais faut les payer cher pour ce privilège.
Depuis peu, la fameuse agriculture française que le monde entier nous envie est incapable de produire… des oeufs. Il y a pénurie d’oeufs en France. La denrée agricole la plus simple à produire, celle que n’importe quel pays du Tiers-monde est en mesure de fournir à sa population, manque chez nous parce que le communisme en vigueur a fini par produire ce qu’il produit partout : la pénurie.
Les Ukrainiens, eux, nourrissent le monde entier depuis des siècles, ils ont les terres les plus fertiles du monde et leurs « fermes » sont des champs gigantesques, informatisés, robotisés et cultivés à l’aide de drones.
Pendant ce temps-là, les communistes agricoles franchouilles pleurent des rivières de larmes face à « l’agri-business ». Qu’ils changent de métier, puisqu’ils sont si nuls dans ce qu’ils font. Il ne manque pas de « métiers en tension » en France. Il n’y a pas de droit de l’homme à être paysan de père en fils, pas plus qu’il n’y en a à être médecin de père en fils, PDG de fabricant de machines à laver de père en fils et ainsi de suite. On se demande bien où les « paysans » français – et les Français tout court – ont piqué cette idée idiote.
Quant au boeuf argentin, c’est le meilleur du monde. C’est marrant, ce racisme de la boustifaille qui conduit à penser que tous les peuples étrangers mangent de la m…, tandis que tout ce qui se cultive ou s’élève sur le sol françoué serait un mets digne des dieux.
En imaginant que « la viande en provenance d’Amérique du Sud » soit « bourrée de saloperies », eh bien ! laissons les Français choisir. Mettons la bouffe étrangère bourrée de saloperies dans les rayons à côté de la noble nourriture française faite pour les rois, et que le meilleur gagne. Ou bien vous pensez que les Français sont trop c… pour choisir ? Vous croyez qu’il faut un petit flic communiste derrière chaque rayon de supermarché pour dire aux Français ce qui est bon et pas bon ?
« Interrogé sur RTL et Public Sénat ce dimanche, l’ancien président de la République François Hollande alerte sur un “risque humanitaire majeur” au sud du Liban, où l’armée israélienne frappe depuis plusieurs jours. “Il faut qu’Israël arrête son opération, tout en exigeant qu’il y ait une opération de désarmement du Hezbollah”, affirme le désormais député socialiste de Corrèze. “Il faut qu’Israël comprenne que les Forces armées libanaises peuvent obliger le Hezbollah à déposer les armes.” »
Quand va-t-il enfin dégager !? Tout le monde se fiche de ce qu’il pense, le monde entier se fiche de ce qu’il dit, et pour comble ! il s’est déballonné pour se présenter à un deuxième mandat. Il a eu la trouille et n’a même pas tenté de disputer sa chance de gagner : en étant sur une ligne de départ, vous avez une chance sur deux de gagner, perdre ou gagner. Lui, c’était perdu par défection…
Mais quelle poilade, ce type ! Il a fermé le couvercle du cercueil du PS en fournissant le dernier clou. J’ai horreur de ces types qui perdent sans combattre.
Et là, il se prendrait pour le ministre de Tout, à commencer par compter combien de puces sont sur le dos du chien. Il y était, lui, en première ligne, il a eu tous les pouvoirs et les 3/5 du Congrès : la nullité incarnée et la défaite en rase campagne.
S’il pouvait la fermer enfin… Il n’est plus rien, il n’apporte plus rien au débat public. Macron est hors-jeu, lui est un coupeur de citrons à mi-temps de la belle époque du rugby. Ségo, dans son genre, est son alter ego : ils voudraient tant exister. Ils sont frustrés d’avoir loupé ce que d’autres ont réussi et qui resteront dans l’Histoire.
Mitterrand doit bien rire de ces pusillanimes. On le dit intelligent ; il n’était qu’un président « normal », comme on dit de quelqu’un qu’il est gentil… C’est le pire des déclassements.
Qu’il en finisse de nous faire rire à commenter l’actualité : les autres le font mieux que lui et, en plus, ils affichent une présence que lui ne possède pas et n’a sans aucun doute jamais possédée. Le Sphinx plisse les yeux à cette évocation de l’insipide ; il avait raison de mépriser ces normalitudes. L’intelligence est forcément partout ailleurs, sauf chez ceux qui baissent les bras.
@ Giuseppe le 8 mars 2026
« Pourquoi soutenir Winston Volodymyr ? »
Il ressort de la lecture de vos commentaires que vous êtes un amateur de Céline ; je pense que vous ne verrez pas d’inconvénient à ce que j’opte pour un style fleuri…
Pourquoi vous posez-vous en tapin de ce baltringue ?
Pourquoi serinez-vous à l’envi les parallèles entre une barrique anglaise, alambic de premier choix, et un clown de bas étage ?
Pourquoi donnez-vous pour héroïque une nation corrompue jusqu’à la moelle, qui non seulement fait les poches des Européens mais qui prétend, par-dessus le marché, leur imposer sa loi ?
Pourquoi voulez-vous que l’on ajoute une case UVZ sur la déclaration (la DGFIP aurait une mission humanitaire à accomplir) ?
Ces quelques questions purement rhétoriques doivent vous conduire à une introspection tout à fait inutile : votre cas est désespéré, car vous souffrez de ce mal bien connu qui s’appelle la collaboration avec l’ennemi…
Vous affirmez ceci :
« Oui, l’Ukraine devient la force d’un symbole de l’Europe et des démocraties… »
De quelles démocraties parlez-vous ?
De celle des Israéliens ?
De celle des États-Uniens ?
De celle des proxénètes ?
De celles des comptables ?
De celle de mémé ?
Le terrorisme intellectuel qui sévit est une vaste saloperie qui, couverte par une engeance de lâches perdus de vices, considère que des vies humaines sont à valoriser : un mort ici ne vaut pas un mort là-bas…
Saupoudrez la mort loin de votre salon, ventilez la haine loin de votre jardin, encouragez l’iniquité loin de vos possessions, et gémir, gémir, trembler, trembler comme une vieille femme, hululer que les caisses sont vides, que vous avez peur de tomber malade, est si pathétique qu’il demeure tout à fait vain de chercher l’espoir dans le cœur des hommes d’aujourd’hui, car ne s’y trouvent que la corruption des idées, la prévarication, la concussion, la dégénérescence et une brutalité dont l’esthétique puissante anesthésie à peu près tout ce que l’humanité avait conquis.
La civilisation se meurt et vous êtes au balcon !
Je n’ai aucune empathie pour les mendiants de toute sorte, mais bon, tant qu’ils ne font pas ch**r le peuple, je tolère.
En revanche, quand ils réussissent la gageure d’être à la fois arrogants et pleurnichards et, cerise sur le gâteau, prétendent donner des leçons de bonne conduite aux jobards qui les soutiennent, leurs déconvenues sont un motif de satisfaction d’autant plus jubilatoire que la secousse est forte !
https://www.msn.com/fr-fr/sport/other/ils-ont-sombr%C3%A9-comme-jamais-la-presse-fran%C3%A7aise-sans-piti%C3%A9-pour-les-bleus-apr%C3%A8s-la-d%C3%A9b%C3%A2cle-en-ecosse/ar-AA1XKYGX
Cela m’a échappé : Tournoi des 5 Nations en effet, je devais sans doute être perturbé par la défaite écrasante hier contre l’Écosse.
Je me rappelle, j’étais dans le stade à l’époque, contre l’Irlande à Paris. France 25 – 18 Irlande en 1999, au Stade de France, c’était la dernière édition du Tournoi des 5 Nations. La France remporte le match mais ne gagne pas le tournoi (remporté par l’Écosse). Thomas Castaignède jouait arrière.
Un copain me disait qu’il avait appris à lire dans L’Équipe, j’ai eu le bac grâce au sport. Aïe… Aujourd’hui recalé.
Pourquoi soutenir Winston Volodymyr ?
L’enjeu n’est pas sentimental. Il est géopolitique. Si une puissance nucléaire peut envahir un voisin sans réaction internationale, alors les frontières cessent d’être garanties, les traités deviennent symboliques, les régimes autoritaires sont encouragés.
Soutenir l’Ukraine revient à préserver un ordre international fondé sur des règles, non sur la force brute.
L’Ukraine comme pare-feu de l’Europe : elle joue aujourd’hui un rôle de zone tampon entre la Russie et l’Union européenne. Si Kiev tombe, la Russie se retrouve aux portes de l’OTAN, et là tous les pleurnicheurs sortiront de leur boîte et diront qu’il aurait fallu l’aider, la soutenir avec le courage nécessaire et non la couardise ambiante.
Le risque d’escalade devient direct si Winston Volodymyr baisse les armes et si la peur s’empare de son peuple. Son peuple, qui verse son sang depuis quatre très longues années ; alors un peu de pognon et de notre temps valent bien ce que font les Ukrainiens.
Le coût humain, militaire et économique pour l’Europe serait immense. Aider Zelensky, c’est éviter une guerre continentale. Et puis n’ayons pas peur des mots : laissons la moraline de côté et pensons investissement militaire à haut rendement. L’Ukraine affaiblit une puissance hostile sans intervention directe de l’OTAN et, au fond, détruit le Cinglé à petit feu, en l’affaiblissant et en l’humiliant à bas bruit. La Chine de Xi Jinping n’est pas folle ; elle doit bien se rendre compte qu’un pays agressé est bien plus dangereux qu’un agresseur de pacotille qui n’y arrive pas malgré toutes les velléités affichées et les souffrances consenties par une grande partie de son peuple. Le Cinglé finira à la trappe ; pour lui c’est fichu, sa guerre a changé d’âme. Les Ukrainiens sont en capacité, avec leurs drones, de les martyriser en consommant de moins en moins d’humains.
L’armée russe perd matériel, hommes, influence. Aucun soldat occidental n’est engagé. Le coût financier reste inférieur à celui d’une confrontation directe. C’est un calcul froid, mais réel : soutenir Kiev coûte moins cher que défendre Varsovie demain.
Winston Volodymyr Zelensky est un leadership de résistance. Zelensky n’est pas Churchill, mais il occupe une fonction comparable : empêcher l’effondrement d’un peuple. Il refuse la fuite. Il incarne la continuité de l’État. Il maintient la cohésion nationale. Il transforme la résistance ukrainienne en symbole international.
Comme Churchill en 1940, il comprend que la guerre se gagne aussi par le récit.
Et puis c’est devenu aussi un test de crédibilité pour les démocraties. Si les démocraties ne soutiennent pas un pays agressé qui demande seulement de l’aide pour se défendre, alors leur discours sur la liberté perd toute valeur, leur cohérence stratégique s’effondre, leurs adversaires gagnent en assurance.
Oui, l’Ukraine devient la force d’un symbole de l’Europe et des démocraties ; tous les jours ils apportent la vraie parole de la liberté par leur courage sous les bombes du Cinglé.
Aider Winston Volodymyr, c’est protéger la crédibilité du modèle démocratique. Aider Winston Volodymyr n’est pas un acte de bonté, c’est un acte de lucidité, pour la stabilité européenne, pour la sécurité collective, pour l’équilibre mondial, pour empêcher que la force devienne le seul argument. Et parce que, comme Churchill, Zelensky rappelle que le courage d’un seul peut empêcher la chute de tous.
Bon, bon, je pense au match de rugby d’hier. Antoine Dupont est paru très affaibli dans ce match du Tournoi des Six Nations. Je fais ce parallèle car, quand Dupont tousse, l’équipe s’effondre. Alors à tous ceux qui pensent que ce n’est pas leur guerre, il suffit de revoir les images de la Débâcle : les charrettes à bras poussées par des malheureux qui non seulement avaient perdu l’honneur, mais au fond le pire de tout, les lits et les matelas portés en vrac sur les routes sous les bombes — plus de toit, plus rien.
@ Serge HIREL le 7 mars 2026 et @Giuseppe
« Mais pour qui se prend-il, ce Zelensky, qui n’a pas un sou en poche, qui fait la manche, qui s’accommode d’une corruption endémique… »
Il faut reconnaître que Benjamin Netanyahou ne nous pose pas de problème sur le plan financier.
Donald Trump lui a ouvert un compte où il peut puiser à volonté, vu que, finalement, ils ont des intérêts communs dans cette guerre avec l’Iran.
Alors que Volodymyr Zelensky fait un peu penser à ce vieux copain dans la panade qui vient régulièrement nous taper du pognon, nous promettant, bien sûr, qu’il nous remboursera rubis sur l’ongle quand les choses iront mieux.
En plus, il insiste lourdement pour que son pays adhère à l’Union européenne, au grand dam de nos agriculteurs qui en ont assez d’être concurrencés par le poulet ukrainien pas cher. Ils ont déjà assez à faire avec la viande en provenance d’Amérique du Sud, bourrée d’hormones et autres saloperies.
Bref, il en demande beaucoup, cet ami qui a un peu trop tendance à s’inviter chez nous sans y être toujours invité.
C’est le genre de bon copain à qui vous faites aveuglément confiance et que vous trouvez, un soir, rentrant à l’improviste, dans votre lit en compagnie de votre femme.
La générosité a ses limites… surtout quand on a 3 500 milliards de dette.
@ Exilé le 7 mars 2026
« Sommes-nous en guerre contre la Russie ? Sommes-nous l’ONU ? Non, alors ? Que chacun s’occupe de ses affaires et les vaches seront bien gardées. »
Ce qui est sûr, c’est qu’avec tous ces pleurnicheurs qui appellent papa-maman pour se faire rapatrier, pour quelques sifflements, c’est plus que des vaches qu’il faudra. Quelle bande de rigolos ! Le Cinglé doit bien se marrer.
« Selon plusieurs sources auprès de l’armée ukrainienne, les avions de combat F-16 n’ont pas eu suffisamment de missiles pour abattre les drones et les missiles russes pendant plus de trois semaines, entre fin novembre et mi-décembre. »
Et pendant ce temps-là, eux sont au front sans armes, et le pire, c’est qu’ils en sont à ne compter que sur leur courage. Là où nous sommes champions, c’est pour macroner ; alors le prix du sang, de leur sang, vaut bien un peu d’aide. Ce n’est pas cher payé pour les soutiens : c’est gratis, au fond ; ils ont la vie sauve, les donneurs de leçons et de matériel.
@ Serge HIREL le 7 mars 2026
« Mais pour qui se prend-il, ce Zelensky, qui n’a pas un sou en poche, qui fait la manche, qui s’accommode d’une corruption endémique… »
Pour ce qu’il y a de plus sublime, donner la liberté à son peuple qui la souhaite : au front, il y va fréquemment, il a tout sacrifié depuis ces années de guerre, pas comme nos politiciens qui nous ont menés à la Débâcle, qui ont trahi, qui se sont vendus avec l’autre imbécile Chamberlain.
Quant à la corruption ou à tout ce qui touche au malsain ? Les Sarko, Dati, Fillon et consorts — et j’en oublie des centaines —, ce n’est pas mal non plus… Je ne suis pas juriste à compter les points, mais les éternels donneurs de leçons que compte le pays, c’est bien une évidence.
Il fait la manche, certes, Winston Volodymyr, mais on doit être quand même un peu gagnants dans l’histoire, non ? Vous lui donnez des « sous » ? Ils versent leur sang à notre place et, pour l’instant, pour faire le sale boulot, ils sont bien seuls. Pourvu qu’ils ne s’écroulent pas, vous sentirez sinon le vent du boulet.
@ Exilé le 7 mars
À vous lire, les guerres, qui, selon vous, seraient « inévitables », seraient donc « morales » pourvu que les codes juridiques qui déterminent les règles des tueries soient respectés… Des codes qui n’ont rien d’ancestral puisque les premiers, réellement établis à partir de négociations entre États, n’apparaissent, dans les relations internationales, qu’au début du XXe siècle (Conventions de La Haye de 1899 et de 1907). Auparavant, la notion de crime de guerre était inconnue… et nos preux et « loyaux » chevaliers s’en donnaient à cœur joie en trucidant les musulmans pendant les croisades, avec la bénédiction des papes et des rois…
Il n’est pas question de mettre en doute le rôle fondamental de la morale — et, en particulier, de la morale chrétienne — dans la construction de notre civilisation. Mais il n’est pas question non plus de prétendre que le droit n’a été, n’est et ne devrait être que la traduction en lois des principes moraux. Ceux-ci créent la cohérence d’une communauté, sont en quelque sorte le ciment qui assure la stabilité et la pérennité de l’édifice. Mais le droit, lui, a une autre mission, tout aussi indispensable : organiser les multiples aspects de la vie en communauté, prévenir les tensions, régler les conflits, punir le voyou, protéger la victime, en ayant pour seule boussole de préserver l’intérêt général de la communauté.
Lequel, de nos jours, est de plus en plus difficile à déterminer tant l’individualisme divise… et de moins en moins nécessairement identique à la morale, qui, elle-même, subit les assauts du permissif.
Bien sûr, on peut penser que les Lumières sont à l’origine de ces maux, eux qui ont voulu remplacer Dieu et le droit divin, rigide et sans nuance, par le peuple et le droit du peuple, qu’ils voulaient tout aussi rigoureux. Mais l’Histoire montre qu’ils ne se sont développés que bien après la Révolution de 1789 et que c’est celle de Mai 1968 qui a provoqué leur explosion. « Il est interdit d’interdire » est le pire des slogans contre la morale et le droit.
Tout n’est pas perdu pour autant. Peu à peu, l’individualisme se heurtera à ses limites parce que, dans le monde moderne comme dans les temps anciens, la vie en société est une nécessité pour l’homme… et qu’une société ne se conçoit pas sans un minimum de principes moraux et de règles de droit qui s’imposent à tous. Déjà, quelques contraintes réapparaissent, liées à la santé, à l’environnement, à la sécurité et aux mobilités. Aucune illusion… d’autres suivront, qui, tout en provoquant la colère des plus « indépendantistes », recréeront du consensus.
@ Giuseppe le 6 mars 2026
« Pendant ce temps, les Ukrainiens font barrage pour nous et versent leur sang, beaucoup trop, pour nous. »
Sommes-nous en guerre contre la Russie ? Sommes-nous l’ONU ? Non, alors ? Que chacun s’occupe de ses affaires et les vaches seront bien gardées.
Qui a coopéré à la mise en place des provocations qui ont obligé la Russie à y répondre par la force, si ce n’est des dirigeants de chez nous qui avaient pourtant pour mission de maintenir la paix et qui ont donc trahi leur mission ?
Bien que comparaison ne soit pas raison, nous sommes une fois de plus face à un schéma selon lequel des hommes politiques français, pour jouer aux malins selon leur habitude, favorisent à l’étranger l’émergence de désordres causes de conflits pour, à l’instar de pompiers incendiaires, prétendre combattre un sinistre qu’ils ont eux-mêmes contribué à causer.
Et tout cela à nos frais.
Il y a actuellement de 55 à 60 conflits armés dans le monde, dans lesquels de pauvres gens versent leur sang en tant que combattants ou victimes, dans l’indifférence des bien-pensants conditionnés par une propagande tonitruante :
https://ourworldindata.org/grapher/number-of-armed-conflicts
Alors, pourquoi les ignorer au seul profit d’un régime qui a aussi des choses à se reprocher ?
@ Giuseppe le 6 mars
Pur oubli probablement… Dans votre argumentation à la gloire du Churchill de Kiev, vous omettez un fait d’actualité, pourtant relaté dans l’article de « msn.fr » joint à votre commentaire. Jeudi, le susnommé a déclaré : « Nous espérons qu’une seule personne au sein de l’UE ne bloquera pas les 90 milliards [de prêts accordés à l’Ukraine – ndlr]. Sinon, nous donnerons l’adresse de cette personne à nos forces armées, à nos gars. Qu’ils l’appellent et qu’ils lui parlent dans leur propre langage ». L’identité de la personne concernée ne fait aucun doute : Viktor Orbán, Premier ministre hongrois.
Bien sûr, toute ressemblance entre ce comportement et celui des voyous et autres narcotrafiquants de nos quartiers perdus qui n’hésitent pas à placer une cible dans le dos de nos forces de l’ordre et à menacer leurs familles de représailles est à exclure… Toutefois, l’Union européenne a cru bon de se fâcher – « inacceptable », a dit « Bruxelles » – et de rappeler à l’ordre « Winston »… Lequel, par ailleurs, en refusant de réparer l’oléoduc transportant du pétrole russe vers la Hongrie, s’oppose à celle-ci, qui a autorisé ce transfert.
Mais pour qui se prend-il, ce Zelensky, qui n’a pas un sou en poche, qui fait la manche, qui s’accommode d’une corruption endémique, dont la légitimité à la tête de l’Ukraine est tout sauf solide, mais qui, dans le même temps, donne des leçons à qui lui déplaît, critique vertement l’Europe et se comporte en chef de bande, prêt à en découdre physiquement avec un État membre de l’UE ? Union européenne dans laquelle il veut faire entrer son pays le plus vite possible pour lui assurer une protection qui, juridiquement, entraînerait celle-ci dans le conflit entre États slaves qui l’oppose à la Russie…
PS : Sur les 90 milliards de prêts accordés par l’UE à l’Ukraine – « prêts »… le remboursement grâce aux avoirs russes gelés est plus qu’incertain… –, 18 sont à la charge du contribuable français. Dans la situation économique et financière de notre pays (3 500 milliards de dettes à rembourser…), il y a certainement mieux à faire avec cet argent, ne serait-ce que ne pas l’emprunter…
@ Serge HIREL le 6 mars 2026
« À une échelle immensément moins importante quant au choc qu’il a provoqué, le jugement moral vient de gagner la partie dans l’affaire Morandini, celui-ci, pourtant « protégé » par une décision judiciaire qui ne le condamnait pas à la mort sociale, ayant dû, sous la pression morale de l’opinion, fortement relayée par les médias et les réseaux dits « sociaux », se retirer de toute activité publique. »
Vous distinguez ici avec raison ce qui est légal de ce qui est moral, surtout de nos jours ce qui est de ce fait à la source d’une certaine forme de schizophrénie.
Si la civilisation européenne a atteint le rayonnement qui est encore le sien aujourd’hui, après plus d’un millénaire de progrès, c’est bien à la morale et pas n’importe laquelle, la morale chrétienne héritière d’une loi mosaïque qu’elle a sublimée qu’elle le doit, en ayant également longtemps servi de substrat aux lois humaines.
Même pour les guerres, inévitables dans un monde imparfait du fait des faiblesses de l’homme, une codification à caractère moral des méthodes de combat considérées comme licites ou illicites a permis de limiter que certains affrontements brutaux ne virent à la pure barbarie et ce entre autres du fait de la création de la notion de chevalerie, ayant permis à des adversaires de nations différentes de s’affronter de façon loyale.
Mais depuis la période abusivement qualifiée des « Lumières », plutôt sombres, la morale et la loi ont sérieusement divergé dans tous les domaines, surtout quand cette dernière s’acharne avec un orgueil provocateur à intégrer des mesures profondément immorales quand elles ne sont pas simplement criminelles.
https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/p%C3%A9trole-russe-le-bras-de-fer-se-durcit-entre-orban-et-zelensky/ar-AA1XEwQP
Il a bien raison, Winston Volodymyr, de s’opposer vertement à Viktor Orbán, qui bloque un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’effort de guerre ukrainien.
Pour Winston, ce blocage affaiblit l’Ukraine en pleine invasion russe, met en danger la résistance militaire, fragilise l’unité européenne face à Moscou.
Dans cette perspective, il considère que la Hongrie met en péril la sécurité collective européenne, parce que Budapest exige la reprise du transit de pétrole russe.
La dissension porte aussi sur l’oléoduc Droujba, endommagé par une frappe russe. Winston Volodymyr affirme qu’il pourrait être réparé, mais qu’il préfère ne pas le faire car il transporte du pétrole russe.
Continuer à faire transiter du pétrole russe revient à financer indirectement la guerre du Cinglé, criminel de guerre, et la Hongrie, en insistant, affaiblit les sanctions européennes.
Orbán entretient une relation privilégiée avec le Cinglé : c’est un comble pour un pays de l’Europe. Winston Volodymyr voit cela comme une rupture de solidarité avec les autres pays européens, un soutien implicite à la Russie, un obstacle à une politique européenne cohérente.
L’Ukraine reproche à la Hongrie d’entraver les sanctions.
Budapest bloque également un nouveau paquet de sanctions contre Moscou. Cela revient à affaiblir la pression économique sur la Russie, prolonger la guerre, nuire à la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe.
La Hongrie a arrêté des citoyens ukrainiens : la tension a encore augmenté lorsque Budapest a arrêté sept convoyeurs de fonds ukrainiens, accusés de blanchiment. Kiev y voit une provocation et un moyen de pression supplémentaire.
Orbán est un infiltré, il en a toutes les caractéristiques, c’est à se demander quel rôle il joue. Il a mille fois raison de ne pas ménager ce dirigeant, il va au biberon de la Russie et, en plus, il tue le peu qu’il peut rester de cohésion européenne.
Le Cinglé tue tous les jours sans discernement et l’Europe n’aurait pas les moyens de sanctionner Viktor infiltré ? Pendant ce temps, les Ukrainiens font barrage pour nous et versent leur sang, beaucoup trop, pour nous.
L’Histoire nous enseigne que, depuis des siècles, la sphère politique ne fait pas toujours bon ménage avec la morale et que celle-ci, même lorsqu’elle est « religieuse », se modifie en fonction des circonstances – en temps de guerre, celui qui tue l’ennemi est un héros… -, des rapports sociaux – ici, exhiber sa fortune est bien vu, alors que là, il convient de la taire… – et des mentalités, qui évoluent au fil des générations. Autrefois, l’adultère et les relations sexuelles hors mariage étaient une faute morale… Aujourd’hui, si, en terre d’islam, l’adultère (commis par l’épouse) et la fornication restent des actes immoraux sévèrement désapprouvés et punis, en Occident, chacun, y compris l’Église, s’accommode peu ou prou de nos mœurs contemporaines…
Sans entrer dans un débat où seuls les philosophes patentés pourraient être compétents, il me semble toutefois que, dans notre société, la morale, qui, certes, a beaucoup perdu de sa rigueur et de sa puissance, est encore au cœur même de sa constitution et de sa relative unité. La toute récente affaire Epstein montre que, devant la monstruosité des crimes commis par le pédophile, la morale réunit encore des foules qui, sur d’autres sujets, ne trouvent aucun point d’accord. Et Epstein est condamné à jamais par la morale alors que, pour la justice, son suicide en fait pour toujours un « présumé innocent ».
À une échelle immensément moins importante quant au choc qu’il a provoqué, le jugement moral vient de gagner la partie dans l’affaire Morandini, celui-ci, pourtant « protégé » par une décision judiciaire qui ne le condamnait pas à la mort sociale, ayant dû, sous la pression morale de l’opinion, fortement relayée par les médias et les réseaux dits « sociaux », se retirer de toute activité publique. Il en est de même d’Olivier Duhamel. Ses crimes, prescrits, ne lui vaudront aucune condamnation judiciaire, mais la morale, intransigeante – avec raison – contre l’inceste, a détruit en un clin d’œil sa prestigieuse réputation professionnelle.
La morale, cependant, dans un monde de plus en plus soumis au matraquage médiatique, a perdu son statut de boussole unique du peuple. Affaiblie par l’effondrement des structures sociétales – la religion, l’école, la famille… -, en difficulté face à l’explosion de l’individualisme et du permissif, elle est aussi menacée, dans son rôle de régulation de la société, par l’émotion, désormais omniprésente – qui plus est, par l’image – dans nos rapports aux réalités de l’actualité. Et l’émotion, on le sait, n’est pas la meilleure des conseillères. La réaction violente de la première heure n’est pas très souvent, loin s’en faut, de la qualité de la décision prise avec la sagesse qu’apporte le temps de la réflexion morale, avec le recul nécessaire à son adéquation avec l’intérêt général.
Dans une telle ambiance, où l’instantané fait la loi, comment les politiques pourraient-ils, avant de se déterminer sur un sujet porté brutalement « à la une », prendre le temps d’une réflexion dans laquelle la morale aurait toute sa place ? Ils seraient immédiatement traités de « ringards » par ceux-là mêmes qui s’offusquent de son absence… Alors leurs réponses fusent… sans allusion aucune à la morale…
Bien sûr, pour un trop grand nombre d’entre eux, obnubilés par l’idéologie qu’ils défendent ou, pire, assiégés par des considérations purement électoralistes, voire essentiellement financières – Mélenchon est l’archétype de ces personnages détestables -, la morale est le cadet de leurs soucis. Tout juste savent-ils en faire un argument de tribune… et même parfois l’appeler au secours du Mal dans leur combat contre le Bien…
Mais il en est tout de même quelques-uns qui, de temps à autre, dans leur argumentation, font savoir que la morale ne leur est pas étrangère et que, l’heure venue, elle sera présente dans leurs propositions politiques, dans leur vision de l’intérêt général. Certes, nos trois plus récentes expériences – Sarkozy, Hollande et surtout Macron – sont, sur ce plan, catastrophiques… mais la morale en a vu d’autres – ne serait-ce que pendant la Révolution de 1789 et quelques autres – et n’a probablement pas dit son dernier mot.
En exemple, afin d’éviter toute polémique sur les noms des personnalités « morales » qui ont officialisé ou non leur candidature à l’Élysée, je ne citerai que le cas d’Angela Merkel. Fille de pasteur protestant, elle a su réintroduire de la morale dans un gouvernement allemand dont plusieurs chanceliers successifs avaient fait une machine de guerre au service unique de la puissance économique du pays. Ce n’est pas un hasard si son surnom est « Mutti Merkel ». On lui reproche aujourd’hui d’avoir accueilli un million d’immigrés en RFA, mais, compte tenu de leur situation précaire, à l’époque, cette décision, au plan moral, s’imposait à elle. « Wir schaffen das » – « Nous y arriverons » -, a-t-elle dit simplement pour la justifier.
@ Tipaza
Vous avez même la liberté d’aller jusqu’à l’Évangile, si vous tenez à la réelle protection, réelle et pas seulement fantasmée de la notion d’un autre avec qui il ne serait, selon vous, pas possible de s’entendre au simple titre qu’il est un autre :
« 36Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? 37Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. 38C’est le premier et le plus grand commandement. 39Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 40De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. »
https://saintebible.com/matthew/22-39.htm
Vous avez là la vraie notion du semblable, fondement de la morale chrétienne.
Dont acte.
@ Patrice Charoulet
« Seule prononciation de ce nom en allemand ? (stein) « chtène ».
Il me semble que l’on prononce en Allemagne le mot « stein » « cht-aï-nn » (en diphtonguant légèrement, ce qui donne le même son que dans le mot « aïe »), et non « chtène ». La prononciation française est aussi éloignée de l’original que la prononciation américaine (et sans doute même davantage à cause de la façon dont nous prononçons le son « t ») mais pour autant, les Français et les Américains ont-ils « tort », comme vous dites, d’américaniser ou de franciser la prononciation des noms propres étrangers ? Pour en revenir à « stein », « ei » en français se prononce parfois è, comme dans « veine », ou « peine ». Et en anglais « ei » se prononce parfois i, comme dans « weird », « ceiling ».
@ Julien WEINZAEPFLEN le 5 mars 2026
« L’homme occidental parle encore le langage des valeurs, mais il a tiré l’échelle. »
Bien vu ! C’est l’échelle de Jacob qui a été tirée.
Cette échelle, qui représentait le lien entre le Ciel et la Terre, est le pont par lequel la transcendance communiquait avec les hommes.
La morale hétéronome*, venue d’un En Haut, a disparu, remplacée par une morale autonome*, humaine, trop humaine.
Qui se souvient encore que les trois premiers, dans l’ordre de préséance, et premiers dans la liste des dix commandements, sont des références à Dieu :
« Tu aimeras Dieu par-dessus tout.
Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain.
Tu sanctifieras les fêtes. »
Le quatrième :
« Tu honoreras ton père et ta mère »
exprime le respect dû à la tradition.
Et c’est ensuite que les commandements de bonne vie en société sont énoncés.
Autrement dit, la morale hétéronome repose sur le socle de la transcendance, et c’est dans ce cadre qu’elle a valeur d’absolu chez les croyants. La bonne vie en société est le résultat du respect du divin et de la tradition.
Cette morale hétéronome n’existe plus, puisque la transcendance n’a plus cours dans nos sociétés.
Quant au respect de la tradition, il a non seulement disparu, mais il est presque devenu une tare. Dire de quelqu’un qu’il est traditionaliste est une injure au moins aussi forte que nazi ou fasciste.
La morale autonome qui la remplace est supposée correspondre à une exigence intérieure, dont on ignore l’origine — peut-être ontologique (?) — et la politique chargée de la mettre en œuvre à une nécessité de la vie sociale.
Mais, dès lors que la référence est terrestre, humaine, elle est soumise à toutes les adaptations possibles, par lesquelles chacun peut trouver des accommodements à la règle pourvu qu’il y trouve son intérêt.
C’est tellement vrai que même les plus hauts dirigeants poussent dans cette direction par une basse démagogie.
C’est François Hollande disant : « Ça ne coûte rien, c’est l’État qui paie », et, quelques années plus tard, Emmanuel Macron avec son « quoi qu’il en coûte ».
À la morale d’espérance en une éternité meilleure si l’on suit les commandements divins s’est substituée, pour certains, une morale des lendemains qui chantent.
Ceux-là encore font semblant de croire en un avenir, pour eux peut-être, ou pour leurs descendants.
Pour d’autres, c’est le style : après moi, le déluge.
Enfin, on voit apparaître une morale surprenante qui traduit le vide spirituel des nouvelles générations : la morale de préservation de la planète, que l’on ne nomme plus Terre, terme qui serait trop banal, celui de planète définissant une nouvelle déesse à respecter.
Quand d’autres, élites ou supposées telles, ne respectent plus aucune morale, même pas intérieure, et laissent libre cours à leurs instincts : accaparements de biens, d’argent et sexuels. Ces élites mondialisées ont la capacité et la volonté d’imposer leur amoralité.
Et c’est ainsi qu’elles ont donné naissance à la laïcité, piteux ersatz de religion auto-référencée humaine avec laquelle elles veulent combattre les religions hétéro-référencées.
Cette morale autonome a pour conséquence une telle individualisation de la vie — chacun y puisant ce qu’il veut — que la vie sociale se délite et qu’il est impossible de dégager un intérêt général.
D’où un communautarisme qui tend à se généraliser, et pas seulement chez les individus d’importation, mais aussi dans les petites villes et villages, où l’on a compris qu’il ne fallait compter que sur ses propres forces.
* L’expression est de Marcel Gauchet dans son livre Le Nœud démocratique ; il l’a reprise ensuite dans ses interventions.
Reste à savoir si l’intégriste a la lucidité de se reconnaître veau comme les autres.
Si ce n’est pas le cas, ses propos n’ont strictement aucune valeur morale.
C’est-à-dire qu’en politique, la morale ne peut venir que d’en bas, et qu’à quelques exceptions près les électeurs actuels ont les deux mêmes priorités que les citoyens romains de Juvénal…
Alain était sans doute un peu moins désabusé, mais il écrivait en 1911 : la France n’est plus une grande puissance, et si le philosophe avait dû remplacer Jaurès par Mélenchon, Barrès par Bardella, Poincaré par Sarkozy, Barthou par Bayrou et T. Roosevelt par D.Trump, il aurait sans doute choisi de théoriser le foot et TikTok…
« Notre élite ne vaut rien ; mais nous ne devons pas nous en étonner ; aucune élite ne vaut rien, non pas par sa nature ; mais par ses fonctions. L’élite, parce qu’elle est destinée à exercer le pouvoir, est destinée aussi à être corrompue par l’exercice du pouvoir. Je parle en gros ; il y a des exceptions.
Suivons par la pensée un fils de paysan, qui montre du génie pour le calcul, et qui obtient une bourse au lycée. Je suppose qu’il ait une adolescence sans tempêtes, parce que toutes ses passions se tournent en ambition, ou que sa tête domine sa poitrine et son ventre ; voilà un jeune homme instruit de beaucoup de choses, capable d’apprendre très vite n’importe quoi, qui a des habitudes d’ordre et de travail suivi, et enfin, par la seule puissance de ses idées, une moralité supérieure. Tels sont, assez souvent, ceux que l’on choisit, par des concours rationnellement institués, pour être dans l’avenir les auxiliaires du pouvoir, sous le nom de directeurs, inspecteurs, contrôleurs ; en réalité ils seront les vrais rois, puisque les ministres passent ; et ces futurs rois sont très bien choisis ; réellement nous désignons les meilleurs ; les meilleurs dirigeront les affaires publiques, et tout devrait bien marcher.
Seulement il faut comprendre que dans cette élite il va se faire une corruption inévitable et une sélection des plus corrompus. En voici quelques causes. D’abord un noble caractère, fier, vif, sans dissimulation, est arrêté tout de suite ; il n’a pas l’esprit administratif. Ensuite ceux qui franchissent la première porte, en se baissant un peu, ne se relèvent jamais tout à fait. On leur fait faire de riches mariages, qui les jettent dans une vie luxueuse et dans les embarras d’argent ; on les fait participer aux affaires ; et en même temps ils apprennent les ruses par lesquelles on gouverne le parlement et les ministres ; celui qui veut garder quelque franchise ou quelque sentiment démocratique, ou quelque foi dans les idées, trouve mille obstacles indéfinissables qui l’écartent et le retardent ; il y a une seconde porte, une troisième porte où l’on ne laisse passer que les vieux renards qui ont bien compris ce que c’est que la diplomatie et l’esprit administratif ; il ne reste à ceux-là, de leur ancienne vertu, qu’une fidélité inébranlable aux traditions, à l’esprit de corps, à la solidarité bureaucratique. L’âge use enfin ce qui leur reste de générosité et d’invention. C’est alors qu’ils sont rois. Et non sans petites vertus ; mais leurs grandes vertus sont usées. Le peuple ne reconnaît plus ses fils. Voilà pourquoi l’effort démocratique est de stricte nécessité ».
C’est un condensé de l’affaire Epstein ou le côté scriptural de la pyramide ? Ou les deux ?
Le paysan fait du bois en sachant qu’il va payer très cher la gymnastique de notre élite.
Ce n’est point celui qui invoque la morale qui est ridicule, mais c’est bien plutôt celui qui prétend que l’invoquer est un gros mot qui est grotesque. Considérer que la morale a mauvaise réputation alors que, vivant en société, elle est pourtant fondamentale au vivre-ensemble, est affligeant, désespérant.
Nous sommes embarqués dans une profonde crise des valeurs, crise qui de plus en plus infeste notre démocratie. Confrontés à cette situation, nous ne semblons pas avoir pour autant cette volonté de rechercher les comportements moraux qui constitueraient des garde-fous à cette dérive. Face aux périls qui nous menacent, ne serait-il pourtant pas urgent que nous repensions nos comportements et nos valeurs morales afin de garantir au moins la dignité humaine ?
Et n’est-ce pas le rôle de la politique, et donc de ceux qui en font leur vocation, que de contribuer à bien faire l’homme pour aider autant qu’il soit possible à bien faire l’humanité ?
Nul ne choisit sa couleur de peau, sa famille, son pays, sa langue… Je ne juge chacun que sur ses pensées et ses actes.
On a beaucoup parlé de Jeffrey Epstein. On ne sait pas encore tout de lui, mais ce que l’on en sait permet de le juger : c’est une ordure, un criminel de la pire espèce.
S’il s’appelait Pierre Dupont, John Smith ou Ahmed ben Ali, mon jugement serait le même.
J’apprends – je ne le savais pas – qu’il était juif. Ah bon ! Cela m’indiffère. Je fais des recherches. Quand est-on juif ? Réponse officielle : quand on est né d’une mère juive.
Jeffrey Epstein est né aux États-Unis. Son père, Seymour Epstein, est-il écrit, était juif et sa mère, née Pauline Stolofsky, était juive. Leur fils est donc juif. Ce qu’il a fait ne concerne en rien les autres juifs.
Une polémique récente s’est développée sur la prononciation du patronyme « Epstein ». Ce mot se termine par le nom allemand « Stein », qui signifie « pierre ». Seule prononciation de ce nom en allemand ? « chtène ».
C’est le cas lorsque l’on doit prononcer les patronymes suivants : Stein, Einstein, Goldstein, Rubinstein, Bernstein, Wittgenstein, Lichtenstein, Rosenstein…, par exemple. Jamais « stein » ne peut se prononcer « stine ». C’est comme ça. SAUF, me dit-on, dans les pays anglophones, où les gens prononcent « stine ». Ils ont tort.
Un politicien français, dans ses discours politiques, très médiatisés, a eu la très mauvaise idée de vouloir prononcer le patronyme « Epstein » comme on doit le prononcer, et non à l’anglaise. Tous ses adversaires politiques se déchaînent contre lui, en disant qu’il vient de donner là une (nouvelle) preuve de son antisémitisme. Ses partisans ne sont pas de cet avis. Moi qui ne suis nullement de ses partisans, je remarquerai que la question de savoir s’il est antisémite ou non doit être examinée à la lumière de tous ses actes passés, de toutes ses déclarations passées. Je laisse chacun en juger.
J’avance que la question ne peut guère être tranchée quand on prononce le nom allemand « Stein » « chtène », et le patronyme d’origine allemande « Epstein » « epchtène » et non pas « epstine ».
Moi qui suis le moins antisémite de France, je continue de penser que Jeffrey Epstein est une ordure et un criminel de la pire espèce, quel que soit son nom et quelle que soit la prononciation de son nom.
Il faut d’abord, en toute discussion, s’entendre sur le sens des mots. Morale, c’est étymologiquement ce qui est relatif aux mœurs. Éthique en est un parfait synonyme puisque issu d’« habitude ».
Nous parlons ici, en fait, de morale vertueuse. Elle fut longtemps liée au salut de l’âme, et donc liée à une religion, puis à une idéologie. Mais alors, quelle morale commune si chacun a sa religion et son idéologie ?
Pour compenser l’absence de morale commune, notre civilisation dégénérée est obligée de la codifier à l’infini pour tenter de faire régner une paix sociale et, pour couronner le tout, les juges ont aussi leur morale.
En toute logique, ce que la patrie de la pourriture morale depuis 1789, étendue à « l’Occident », ne supporte pas, c’est une théocratie. C’est bien pourquoi elle se réjouit de ce qui tombe sur l’Iran. Mort au roi, mort aux religions (« mort à Dieu », on n’ose pas parce qu’on ne sait pas au juste ce dont il s’agit – des fois que…).
Allez, les veaux, élisez vos députés : ils vont vous concocter la morale que vous voulez à coups de milliers de lois et règlements jusqu’à la fin des jours et, pour savoir ce qu’on doit faire à chaque pas, on aura l’IA sur le smartphone.
Finalement, le bon citoyen sera un robot.
@ Julien WEINZAEPFLEN
Votre conclusion ne démontre que votre manque de foi en la parole évangélique, celle qui lie la loi de l’Ancien Testament à la révélation du Nouveau que le premier annonçait.
Qu’est donc la morale si elle ne dirige pas les mœurs ?
Il est de notre responsabilité désormais d’incarner l’Esprit Saint qui s’est manifesté, et de travailler, fondement européen, aux réconciliations du pardon, libérés à tout jamais des oppressions de la vengeance qui ne sait qu’engendrer la vengeance, et d’apprendre à aimer son prochain.
Hors de cela il n’y a rien, ni morale, ni autorité, ni démocratie, ni liberté.
Vive l’Europe.
« La question est bien formulée dans cet article auquel j’ai fait référence : « La morale sert-elle encore à quelque chose ? » »(PB)
L’affaire Epstein nous a montré que la morale s’accommodait difficilement de la politique, en particulier quand l’argent et le sexe sont de la partie. Et je ne vois pas trop quel nouveau président de la République pourrait se présenter en modèle de vertu en 2027.
Ah si, Bruno Retailleau bien sûr ! 🙂
Est-ce parce qu’on est individuellement corrompu qu’on n’a point de morale ? Philippe de Villiers, qui n’est pas mon maître à penser mais cisèle souvent de belles formules, disait cependant: « Nos ancêtres avaient moins de moeurs, mais plus de moralité. »
Quelle est la part de l’héritage chrétien que l’Occident consent encore à assumer ? Qu’est-ce qui lui sert de boussole dans l’éthique proposée par l’humanisme occidental ? Et quelles leçons historiques a-t-il tirées du siècle des totalitarismes ?
L’homme occidental parle encore le langage des valeurs, mais il a tiré l’échelle. Les exigences d’antan l’ont lassé. Les valeurs au nom desquelles il se bat sont des valeurs inversées. Et il voudrait, du haut de son nihilisme, mener une guerre des valeurs à des sociétés corrompues, cruelles et théocratiques ? L’Occident trumpien, saint-simonien, néo-libéral, macroniste, techno-européiste me semble dans l’impasse. Il se bat sans le savoir pour la théocratie israélienne et contre la théocratie des mollahs en accumulant de nouvelles rancunes séculaires sans que les rancunes antérieures aient eu le temps d’être soldées.
Vamonos oblitère qu’on est toujours le con de quelqu’un et que la connerie meurt de sa propre bêtise, alors que la vie est éternelle et corrige les erreurs par la mort…
Saint Coluche est ici essentiel : con promis, chose due !
Entre d’une part la morale d’Aristote, ou même celle de Sénèque, mon chouchou depuis 45 ans, et d’autre part les morales des fables de monsieur de La Fontaine, j’ai mis du temps avant de choisir. Entre le concept ou les mises en application, le choix est cornélien.
Et puis, un jour, dans un amphithéâtre, un professeur de logique mathématique m’a ouvert les yeux à l’issue d’une démonstration de haute volée, construite avec des outils éprouvés, des méthodes irréfutables et un talent d’orateur hors norme. Cette bête d’estrade d’amphithéâtre avait présenté, analysé et démontré ces deux simples lignes :
Tant qu’on est con,
alors on fait des conneries.
Cet algorithme décrit un processus qui s’auto-alimente. On est proche du mouvement perpétuel.
Pour bien comprendre la profondeur du raisonnement, il faut considérer que le fait de dire ou d’écrire des conneries rend con. Mais, par déduction et induction, on s’aperçoit que le con ne peut pas s’en rendre compte, parce qu’il est con, et même de plus en plus con car il fait des conneries.
De plus, quand deux cons se rencontrent sur ce blog ou sur un forum, on peut assister à un dîner de cons. En effet, ils se mettent à tartiner de la confiture de connerie sur un sujet qui acquiert le statut d’idée fixe.
Sans citer de noms, pour préserver les susceptibilités et ne pas ajouter de souffrance à des âmes exténuées, je ne divulguerai pas non plus les sujets explorés afin de ne pas remettre une pièce dans la machine à fabriquer de la connerie.
La vie d’un humain est courte, 30 000 jours environ, tandis que la connerie est éternelle.
C’est l’effet du cynisme ambiant. Lorsque les gens ont l’impression que les hommes politiques sont corrompus et agissent dans leur seul intérêt personnel, ils sont tentés de valoriser des comportements immoraux qui iraient dans le sens de leurs intérêts à eux. Cela ne sert à rien, mais cela procure une satisfaction psychologique temporaire.
De plus, le monde politique apparaît comme un univers inaccessible, où des privilégiés décident du sort des autres. Le fonctionnement en semble incompréhensible. Jouer les esprits forts, les cyniques, permet de s’extraire de la masse des victimes naïves et de prétendre qu’on connaît les secrets du pouvoir.
Mais la France possède une caractéristique particulière qui encourage cette attitude : elle est, depuis la nuit des temps, infectée par l’étatisme, le socialisme, le communisme de fait. Tout le monde a appris à traire le système. Tout le monde passe son temps à exiger de l’État qu’il prenne à autrui pour donner à soi – au nom de valeurs supérieures, bien entendu : la « justice sociale », la protection des faibles, l’écologie, la culture, la défense des « paysans » ou des minorités…
L’oppression communiste est si forte, que l’on est parfois pratiquement obligé de mentir. Je pense à certains infirmiers libéraux, dont les tarifs imposés sont si bas qu’ils sont conduits à les compléter par une fraude de niveau modéré, et par conséquent tolérée. C’est l’un des aspects les plus pervers de l’étatisme : il vous force à voler, il fait de vous son complice, il vous contraint à devenir corrompu à votre tour. C’est l’une des causes du désastreux état moral de la population russe.
Mutatis mutandis, c’est ainsi qu’une dictature tient ses prisonniers dans les camps de concentration : en les affamant jusqu’à ce qu’ils soient contraints de se voler les uns les autres, puis en confiant la discipline à des voyous.
Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les gens valorisent la ruse et la tromperie de préférence à la morale. Quiconque déplore cet état de fait doit en tirer les conséquences, et réclamer une libéralisation radicale de la société française.
L’emprise de l’État doit être massivement réduite, et cantonnée à ses missions fondamentales qu’il doit mener avec beaucoup plus de rigueur : la sécurité et la défense, qui comprend la protection des frontières contre l’immigration.