François Mitterrand, socialiste, a beaucoup « privatisé » !

Initialement je voulais parler d’autre chose.

De l’érosion de Marine Le Pen dans les sondages par rapport à Jordan Bardella, comme si l’on avait pris acte, de manière anticipée, des possibles conséquences négatives de l’appel qu’elle a interjeté avec d’autres.

De l’union des droites qui fait son chemin, même si d’aucuns, parmi les plus lucides, la jugent inconcevable.

De l’hallali pathétique et indécent autour du président Macron, venant non pas de ceux qui ne l’ont jamais apprécié sur le plan politique – ils sont cohérents – mais plutôt de certains de ses soutiens et fidèles, en particulier de tel ou tel qui, sans lui, n’aurait même pas été dans le débat public d’aujourd’hui.

Emmanuel Macron est ainsi tenu pour responsable et coupable de tout. Peu importe ses prises de position : on ne veut plus de lui sur un mode d’autant plus absurde qu’il cessera d’exercer la présidence dans le courant de l’année 2027.

Cette fureur civique m’a détourné de mon dessein originel, parce qu’elle m’a fait songer, par contraste, à François Mitterrand (FM).

J’ai regardé sur France 2 la mini-série qui lui est consacrée, Mitterrand confidentiel, avec un Denis Podalydès remarquable. Son scénariste, Stéphane Pannetier, s’est attaché surtout – sans négliger pour autant le registre politique, forcément lié par ses incidences sur la sphère intime – aux amours de FM : à sa relation avec son épouse Danielle, à sa liaison durable et intense, faite de hauts et de bas, avec Anne Pingeot, ainsi qu’à la naissance de leur fille Mazarine, pour laquelle il fut un père tendre et attentionné.

La double existence de FM nous est montrée avec honnêteté, sans que soient occultés les problèmes que ce doublon a pu poser aux services de sécurité et aux organes de l’État.

Me souvenant de ce que j’avais pu écrire sur François Mitterrand, je me suis jugé rétrospectivement un peu court dans mon estime pour une personnalité insaisissable redevenue, sur la fin, proche de l’homme de droite de ses débuts.

Comme s’il n’y avait, en réalité, que cette considération pour mesurer à sa juste aune une existence défiant à ce point le bon sens, la normalité et la morale, tout en manifestant, du haut d’un pouvoir suprême exercé souverainement, une indifférence totale à l’égard du sentiment populaire et de la critique médiatique.

Solitaire et impérieux, il cultivait son bon plaisir et sa conception longtemps jouissive et voluptueuse de la vie, le pouvoir constituant l’un des éléments capitaux de cette dilection.

À vrai dire, FM n’a guère eu à faire face à l’opprobre qu’il aurait pu – et dû – subir pour cette scandaleuse privatisation des moyens de l’État au service de sa seule personne et de son entourage proche. Il n’a, en effet, jamais hésité à user de la puissance publique et de ses services pour protéger sa fille Mazarine ou pour supprimer ce qui risquait de faire connaître à tous une vérité destinée à être partagée par très peu.

Une véritable mise en couple réglée et ordonnée avec un cynisme tranquille, une évidence royale et marmoréenne.

Avec l’écriture de magnifiques lettres d’amour, qui devaient sans doute l’occuper de plus en plus, tandis qu’avec un courage admirable il tentait, tant bien que mal, d’assumer ses devoirs d’État.

Ma stupéfaction vient aussi de l’atonie et du silence complaisant de ses amis de gauche, qui tremblaient devant lui et n’ont jamais osé formuler la moindre réserve, encore moins la moindre dénonciation.

À regarder cette mini-série, j’ai été saisi par l’indulgence, voire la compromission, dont la majorité des médias avait fait preuve à l’égard de Mitterrand, sans doute à partir de la certitude qu’il aurait traité par le mépris une autre attitude de leur part, plus responsable, plus démocratique.

Mais, bien sûr, Mitterrand confidentiel ne saurait embrasser la plénitude d’une personnalité capable d’épouser tout et son contraire avec une vigueur intellectuelle, une culture, un art du verbe, une profondeur de pensée, un souci du rassemblement, une passion européenne jamais démentie, un réalisme froid.

Autant de qualités reconnues même par ses adversaires, souvent flattés, au demeurant, par les compliments qu’il leur adressait, à gauche comme à droite. Et qui n’empêchaient pas leur estime, même lorsque ses analyses géopolitiques, calquées sur le monde d’avant, se révélèrent au moins partiellement erronées – notamment sur les conséquences de l’effondrement du mur de Berlin.

FM, ce socialiste brillamment façonné pour ses victoires présidentielles, a pourtant beaucoup « privatisé » : l’État, c’est moi ; l’État à disposition.

Je voudrais simplement que, après tant de complaisance et si peu de lucidité à l’égard des errements de FM, on tente au moins de relativiser les failles et les carences des autres présidents et qu’en particulier on ne perde pas toute raison civique à l’approche de la fin du second mandat d’Emmanuel Macron.

Il faut savoir être opposant avec élégance.

Article précédent

Le macronisme bouge encore...

Article suivant

Marine Le Pen : on n'est sûr de rien...

Voir les Commentaires (32)
  1. Robert Marchenoir

    @ Jean sans terre – le 18 janvier 2026
    « Vous ne démontrez pas. Vous énoncez. »

    Absolument pas. J’ai démontré votre mauvaise foi, et j’ai démontré que c’est le libéralisme qu’il faut à la France. Vous, en revanche, avez échoué à me réfuter en quelque point que ce soit. C’est vous qui passez votre temps à énoncer sans démontrer.

    « Je connais tout ce que vous me dites du libéralisme et du conservatisme. »

    Oui oui oui. Vous connaissez tout d’avance. Vous êtes Dieu et l’on doit vous obéir en tout point. Le problème est qu’en réalité, vous démontrez votre ignorance à chaque pas.

    « Je n’observe pas ces effets que vous affirmez. »

    On s’en tape, de ce que vous affirmez observer ou pas. Vous n’êtes pas Dieu. Vous n’êtes pas le chef du monde. C’est vous qui, une fois de plus, affirmez de façon péremptoire sans jamais rien démontrer. Vous êtes tellement imbu de vous-même, sous vos atours textuels, que vous ne comprenez même pas que « j’ai rien vu » n’est pas un argument valable.

    « Vous avez tenté de provoquer en moi une réaction allergique en évoquant le désir de conversion de Milei [au judaïsme]. Vous ne sauriez mieux montrer que l’homme est dans l’erreur. »

    Toujours votre ahurissant nombrilisme. Je n’ai pas essayé de provoquer en vous une réaction allergique. J’ai cité ce fait, parmi plusieurs autres, pour prouver le conservatisme de Milei intimement lié à son libéralisme. Parce qu’il est un fait objectif et incontestable que la religion juive est la plus ancienne du monde. Mais si Milei s’était converti au rastarafisme et que c’était la religion la plus ancienne du monde, je l’aurais relevé également.

    Il se trouve que vous êtes un antisémite endurci quoique sournois, donc vous vous imaginez qu’il s’agissait d’une provocation à votre égard, et bien entendu vous nous déversez un interminable dégagement sur ce point de détail au lieu de considérer l’ensemble. Vous ne dites rien, par exemple, sur sa visite au Vatican, sa lutte contre la délinquance ou son opposition à l’immigration.

    Une fois de plus, vous faites la preuve de votre autisme radical : il ne sert absolument à rien de discuter avec vous. Vous êtes bouché à l’émeri. Vous êtes étanche à toute raison. Vous tournez en rond dans votre tête en sécrétant une interminable traînée de bave langagière qui brille de mille feux et qui ne signifie rien.

  2. @ Robert Marchenoir le 17 janvier
    « Votre arrogance idéologique se nourrit à votre absence de respect d’autrui. » (votre propos adressé à Jean sans terre)

    Le respect d’autrui passe d’abord par la simple politesse de se présenter sous sa véritable identité et par celle, tout aussi élémentaire, de ne pas tout faire pour éviter d’écrire quoi que ce soit qui permettrait de connaître ne serait-ce qu’un détail de votre personnalité. Personnellement, je vois dans cette posture la plus détestable des arrogances.

    À l’époque où Hubert Beuve-Méry dirigeait Le Monde, tous ses lecteurs savaient qui signait Sirius et ce pseudo n’était que l’expression de la volonté de « Beuve » de prendre de la hauteur pour traiter l’actualité. Vous, vous vous fondez dans le confortable anonymat qu’offrent le pseudonyme et la cachotterie pour vous persuader vous-même que vous dominez vos lecteurs. Seriez-vous narcissique au point de croire que la planète tourne autour de vous et que votre parole est de droit divin ?

    PS : À propos de la démocratie à laquelle, selon l’un de vos précédents commentaires, je ne comprends rien, je vous conseille de lire la fiche – pour une fois de bonne qualité – que Wikipédia consacre à ses différentes formes. Elle vous remettra les idées au clair. Ensuite, entreprenez de lire Tocqueville…

  3. Jean sans terre

    @ Robert Marchenoir

    Vous ne démontrez pas. Vous énoncez. Je connais tout ce que vous me dites du libéralisme et du conservatisme. Je n’observe pas ces effets que vous affirmez. La tentative de lier l’un et l’autre manque complètement de rigueur et est une simplification réductrice. Enfin, vous psychologisez beaucoup et mal, selon votre mauvaise habitude. C’est d’ailleurs la plus grande partie de votre discours et elle ne vaut rien puisque vous partez de prémisses invérifiées pour dérouler un raisonnement, certes logique, mais dont la conclusion ne peut être que fausse. Je pense que vous êtes sincère lorsque vous prétendez suivre la droite raison. La faiblesse de vos longs raisonnements se trouve toujours dans ce défaut de fiabilité des prémisses. Votre base conceptuelle n’est pas vérifiée. Elle est énoncée a priori comme étant vraie. Vous devriez reprendre le Discours de la méthode depuis le début. Il est assez flagrant que vous ne l’avez pas assez médité. Tous vos raisonnements ne sont que des déductions faites à partir de raccourcis. Rigoureusement, ils sont faibles et la méthode est sans rigueur. Il s’agit là de fantasmes et la raison fait défaut.

    Vous avez tenté de provoquer en moi une réaction allergique en évoquant le désir de conversion de Milei. Vous ne sauriez mieux montrer que l’homme est dans l’erreur. Vous évoquez l’antériorité de cette religion sur toutes les autres, comme pour lui conférer un droit d’aînesse. Je sais ce qu’il y a derrière cette volonté de faire croire qu’il existerait une sorte de sagesse primordiale commune à l’ensemble du genre humain. Cette antériorité est contestable par l’observation que la judaïté contemporaine n’a plus grand-chose à voir avec la judaïté antique, dans la mesure où elle est, pour la première, essentiellement talmudique, c’est-à-dire postérieure au christianisme de plusieurs siècles et une réaction virulente et hostile à son hégémonie. Le sujet étant trop délicat, je n’en parlerai pas plus. Contentons-nous de constater la contradiction irréconciliable et fondamentale entre le messianisme juif et la révélation chrétienne.

    Avez-vous remarqué l’obsession actuelle de l’intelligentsia juive française ? Elle a abandonné tous les sujets d’actualité relatifs à l’intervention américaine au Venezuela, à ses velléités sur le Groenland, au conflit en Ukraine, aux accords commerciaux du Mercosur et à leurs conséquences sur le monde paysan français, aux futurs accords en négociation avec le reste du monde, à la dissolution de la nation française dans l’empire européen, etc. Non, de tout cela, elle n’a plus rien à faire. Elle ne parle que de la révolution orange d’Iran. Cette obsession est amusante. Là encore, le sujet est trop délicat. Que l’on se contente de relever les déclarations du fils du feu Shah et l’on comprendra. Tout comme l’on peut s’amuser du soutien indéfectible des USA et de Trump. Certes, cela nous écarte du récit que l’on entend dans tous les médias. Vous ou d’autres allez crier au complotisme. C’est de bonne guerre pour décrédibiliser l’adversaire.

    Pour conclure cette parenthèse, de manière générale, ce qui passe aujourd’hui pour de l’information objective n’est que du récit destiné à incliner les consciences. Pris en masse, la puissance de l’esprit humain est faible. Il est prudent d’être très circonspect et vigilant à l’endroit de ce que croient les masses et d’éviter de pencher là où on les fait pencher.

  4. Robert Marchenoir

    @ Jean sans terre – le 16 janvier 2026

    Je salue l’effort. Vous avez au moins essayé. Malheureusement, votre texte est absurde logiquement, il est démenti par la réalité et par l’histoire – et il est aussi défaillant sur le plan moral.

    « On ne peut pas être à la fois libéral et conservateur. C’est une contradictio in adjecto. Je vois bien : libéral en économie, conservateur dans les mœurs. »

    Non, vous ne voyez pas. Une fois de plus, vous ignorez ce qu’est la philosophie libérale – et aussi la philosophie conservatrice.

    Le libéralisme ne se borne pas à l’économie. Le libéralisme est une théorie de l’action humaine, de la vie en société, et aussi une affirmation de la dignité de l’homme basée sur sa nature, ce qui devrait vous intéresser en tant que chrétien. Il est à la fois pessimiste, en ce qu’il n’oublie jamais l’imperfection de l’homme, et optimiste, car il a foi dans ses immenses capacités.

    Le libéralisme est basé, entre autres, sur l’idée que c’est l’individu qui sait ce qui est bon pour lui parce que chacun est différent ; et que la subsidiarité est le meilleur moyen de faire en sorte que les interactions entre individus respectent aussi bien les objectifs de chacun que l’intérêt général, par opposition à l’autoritarisme.

    De son côté, le conservatisme est loin de ne s’intéresser qu’aux moeurs, par quoi il faudrait comprendre essentiellement la sexualité.

    Le conservatisme est basé sur l’idée qu’il ne faut bouleverser qu’avec prudence l’état existant de la société, car il est issu d’un processus ancestral d’essais et d’erreurs, lequel a conduit à la sélection naturelle de ce qui marche, même si l’on ne sait pas exactement pourquoi cela marche.

    Et en cela, libéralisme et conservatisme se rejoignent. Le libéralisme dit, par exemple : il faut laisser les entrepreneurs, les savants, les artistes ou les prêtres agir à leur guise, parce que dans la pratique on constate, même si l’on se sait pas trop comment cela se produit, que les sociétés où règne la liberté et le droit sont plus prospères, plus créatrices, produisent plus de richesse, de beauté, de savoir et de paix.

    C’est la même combinaison d’humilité et d’ambition qui caractérise le libéralisme et le conservatisme – comme ils caractérisent, d’ailleurs, le christianisme.

    Vous théorisez, mais vous omettez de confronter vos convictions à la réalité. Dans les faits, la plupart des libéraux sont conservateurs.

    Si l’on se penche sur l’histoire immédiate, qu’y a-t-il de plus libéral que Javier Milei ? Eh bien, son action est également conservatrice : il considère qu’une immigration non assimilée est une invasion, il prend des mesures énergiques contre la délinquance, il interdit aux syndicats de bloquer les routes pour protester, il va voir le Pape pour s’excuser d’avoir dit du mal de lui et il envisage de se convertir à la plus vieille religion du monde, le judaïsme.

    Autant que l’on puisse porter un jugement sur l’histoire en train de se faire, l’action de Javier Milei se situe plutôt du côté « réussite spectaculaire » que du côté « échec retentissant ». Cela devrait vous donner à réfléchir.

    Si l’on étudie la pensée d’un grand théoricien libéral contemporain, le Noir américain Thomas Sowell, on trouve, là encore, la même combinaison parfaitement cohérente : libéral en ce qui concerne les choix humains, l’économie, l’éducation, la responsabilité, conservateur en ce qui concerne… l’éducation, la responsabilité, les valeurs familiales, la question raciale.

    Prenons sa vision sur l’éducation : il a montré que les écoles privées, aux États-Unis, étaient beaucoup plus efficaces que les écoles publiques. Il est pour le libre choix de l’école par les parents, et contre la toute-puissance des syndicats de professeurs.

    Et c’est justement pour cela qu’il défend l’exigence vis-à-vis des élèves, contre la discrimination positive, contre la victimisation gauchiste.

    Le couple liberté et responsabilité est au coeur du libéralisme comme il est au coeur du conservatisme.

    On retrouve ces bases conservatrices chez les penseurs libéraux les plus importants et les plus honnis des anti-libéraux. Prenons Friedrich Hayek. Pour lui, une police réprimant fermement la délinquance est indispensable à une société libre. Il est résolument opposé au « traitement social de la criminalité » si prisé des gauchistes.

    Si vous observez le micro-milieu français des idées (champ dont vous auriez intérêt à vous abstraire pour examiner ce qui se passe dans le vaste monde), quelqu’un comme David Lisnard est exactement sur cette position : libéralisme, et conservatisme.

    Reprenons le fil de vos propos.

    « Je vois bien : libéral en économie, conservateur dans les mœurs. La simplification est pratique. Elle préserve les intérêts d’argent sans remettre en cause l’ordre de la société. »

    Les intérêts d’argent ? Qu’est-ce que c’est que ce verbiage ? Vous avez des complaisances pour le communisme, comme tant de royalistes français contemporains ?

    C’est très bien, les intérêts d’argent, comme vous dites. Ça porte un autre nom : le droit de propriété. C’est un droit fondamental de l’homme, essentiel au bon fonctionnement de la société. Que les libéraux, en effet, défendent bec et ongles, tout comme les conservateurs, d’ailleurs. Au nom de quoi voudriez-vous le mettre en péril ?

    Vous vous vantiez, il y a peu, d’être un spéculateur émérite qui viviez de vos rentes. Il faut croire que vos « intérêts d’argent » sont éminemment respectables, tandis que ceux des autres seraient détestables. C’est l’état d’esprit des gauchistes.

    De plus, vous regrettez maintenant que l’on ne remette pas en cause l’ordre de la société. Je croyais que vous étiez conservateur ? Là encore, ce sont les communistes et leurs avatars qui ne cessent de rêver de révolution, de subversion, de remise en cause de tout ce qui existe. Votre position est singulièrement incohérente.

    « Ce qui est déploré aujourd’hui dans les mœurs n’est que la déclinaison, dans les choses morales, des principes libéraux. Si j’ai envie d’être une femme, ou mieux un chien comme Diogène, cela ne vous concerne pas et ne vous nuit en rien. Cela n’est que l’affirmation de ma volonté « libre », affirment les woke ou même Brigitte Bardot, les libéraux les plus cohérents qui soient. »

    Non. Le wokisme est un socialisme. C’est aisément vérifiable en observant la filiation politique de ses partisans.

    Il est malhonnête de chercher à réfuter un corps de pensée en le déformant jusqu’à la caricature, en le poussant jusqu’à l’absurde. En effet, si l’on est écervelé, si l’on perd le sens moral et le sens de la raison, on peut, en partant du libéralisme, en venir à affirmer qu’un homme peut devenir une femme s’il le désire.

    De même qu’en partant de la monarchie de droit divin à la française, celle que vous défendez, on peut en arriver aux massacres sectaires des guerres de religion, aux pogroms anti-juifs et au sac de Byzance.

    Ou qu’en partant du système aristocratique prussien, on peut en arriver au génocide hitlérien par souci de préserver l’héritage civilisationnel.

    On peut toujours être très con, si c’est ça que vous cherchez à démontrer. Mais si vous étudiez les plus éminents penseurs du libéralisme, vous ne trouverez nulle part de promoteurs de la transsexualité ou de la « théorie du genre », deux aberrations qui viennent d’apparaître il y a une micro-seconde, à l’échelle historique, et qui d’ailleurs disparaîtront très vite tellement elles sont absurdes (on le constate déjà).

    Vous devriez prendre un peu de hauteur et cesser d’être obsédé par l’actualité médiatique.

    « L’argent des autres, me demandez-vous ? De qui vient votre pension, sinon des autres ? Et quel contrat unilatéral oblige ces plus jeunes, qui n’ont rien demandé et rien signé, à vous la payer ? Il n’y en a pas. Vous aurez beau dire. D’où l’intérêt du conservatisme. Par une pirouette, il permet de réinstaurer toutes sortes d’exceptions contraignantes, utiles aux fins que vous désirez imposer. »

    C’est bien ce que je craignais. Il est temps, maintenant, de démasquer votre imposture morale.

    Premièrement, qui vous a dit que je touchais une pension ? Qui vous a dit que j’étais retraité ? Vous présumez beaucoup de choses. Votre arrogance idéologique se nourrit à votre absence de respect d’autrui. Si vous voulez connaître la condition de tel ou tel, posez-lui la question poliment. Ou, mieux, dans le cadre d’un débat de blog, ne la lui posez pas : cela ne vous regarde pas.

    Deuxièmement, en quoi le fait que je sois retraité, patron d’une multinationale américaine ou SDF vivant de mendicité changerait-il quoi que ce soit à la validité de la philosophie politique nommée libéralisme, ou de celle nommée conservatisme, ou de toute autre ? Demain, je peux passer de vie à trépas. S’ensuirait-il que le libéralisme deviendrait soudainement une bonne chose après avoir été une horreur, ou l’inverse ?

    La tactique de débat que vous adoptez ici vient en droite ligne des communistes : vous n’avez droit à la parole qu’en tant que vous êtes « prolétaire ». Si vous êtes « bourgeois », vous êtes discrédité. La validité de votre opinion politique doit être jugée à l’aune de votre condition personnelle. D’où parles-tu, camarade, interrogeait Mai-68 ? Psychanalyse et communisme, un brouet peu ragoûtant pour quelqu’un qui se réclame de la tradition et du christianisme, comme vous.

    L’éthique du débat politique démocratique (pardon de prononcer ce gros mot), en fait l’éthique du débat rationnel tout court, sur lequel est basée notre civilisation depuis deux mille cinq cents ans, repose sur le fait que les participants au débat s’abstiennent de tenir compte de leur condition personnelle, tout comme d’employer celle des autres pour contester leur position. Les personnes présentes sont exemptées de la discussion, sinon celle-ci devient impossible.

    Dans le domaine politique, cela signifie que l’objet même du débat est de rechercher l’intérêt général. Cela implique de mettre de côté les intérêts particuliers des participants, sinon la politique elle-même disparaît. Tout se réduit à un rapport de forces. L’État de droit disparaît – mais il semble que cela soit l’un de vos objectifs, à en juger par votre autoritarisme maintes fois revendiqué.

    Troisièmement, venons-en au problème politique des retraites, auquel vous faites allusion de façon particulièrement vicieuse et sournoise. Vous vous plaignez du système de retraite par répartion qui règne en France, et vous avez le culot de m’en imputer la responsabilité.

    Mais ce sont les libéraux qui, depuis très longtemps, alertent sur les dangers de ce système ainsi que sur son injustice. Ce sont les libéraux qui réclament, depuis la nuit des temps, son remplacement par un système de retraite par capitalisation, qui à la fois produirait beaucoup plus de richesses, serait plus sûr et serait plus juste. Et c’est vous qui, commentaire après commentaire, vomissez sur le libéralisme – tout en étant remarquablement vague sur ce que vous voudriez à la place.

    Vous vous moquez de qui, exactement ?

    Quatrièmement, vous avez cru bon, il y a un certain temps, de nous affirmer, sans que nul ne vous l’ait demandé, que vous étiez à l’abri du besoin grâce à vos revenus financiers, et que vous n’aviez pas besoin de pension de retraite (vous êtes resté dans le vague sur le point de savoir si vous étiez ou non un retraité, et si vous bénéficiiez ou non d’une pension ; non que je vous pose la question, mais enfin vous parlez quand ça vous arrange).

    Donc, à vous en croire (nul ici ne peut le vérifier), vous auriez bâti pour vous-même ce système de retraite par capitalisation que réclament les libéraux… et que vous refusez aux autres, puisque vous passez votre temps, ici, à vomir sur le libéralisme.

    Dans le genre tout pour mon nombril et rien pour les autres, ça se pose là. Difficile de revendiquer un égoïsme plus radical. Et vous vous réclamez du christianisme ? L’hypocrisie est à couper le souffle.

    Cinquièmement, parlons-en, du débat sur les retraites. Quand, ici, avez-vous réclamé le report de l’âge de la retraite, l’approbation des réformes de la retraite préparées par Emmanuel Macron, minimum minimorum d’une amélioration du système dans l’intérêt de tous, certes insuffisant mais indispensable pour plus de sécurité et plus de justice ?

    Sixièmement, il faut mesurer, ici, toute la vilenie de la posture que vous adoptez sur cette question, et qui est celle des « Nicolas », de ceux qui ont lancé une campagne de haine et de diffamation à l’encontre des « boomers ». Le sale petit secret de nombre d’entre eux est qu’il disposent d’une certaine aisance financière, acquise grâce des métiers enviables dans la société et à une pratique active de la spéculation financière, de l’investissement dans les crypto-monnaies, etc. Et ce petit magot, ils veulent le garder pour eux.

    Ils ragent, à bon droit, de le voir amputé d’une portion colossale due aux impôts et surtout aux cotisations sociales, dont celles qui financent la retraite par répartition. Ils mettent en évidence la part de la dépense publique due aux retraites. Jusque-là, rien à dire.

    Le problème vient de la solution qu’ils proposent : ils suffit, disent-ils, d’amputer massivement les pensions des retraités. Elles sont illégitimes, disent-ils, et d’ailleurs, la force prime le droit. Comme vous me le demandez avec une effronterie même pas dissimulée :

    « De qui vient votre pension, sinon des autres ? Et quel contrat unilatéral oblige ces plus jeunes, qui n’ont rien demandé et rien signé, à vous la payer ? »

    Y’a pas d’contrat. Donc on peut tout vous piquer. Donc on va l’faire.

    Heureusement que vous êtes un bon chrétien, que vous savez mieux que nous autres quelles valeurs morales traditionnelles nous devrions rétablir afin d’assainir la société ! Qu’est-ce que ce serait si vous étiez un brigand communiste avide des biens d’autrui !

    Alors d’abord, il y a beaucoup mieux qu’un contrat. Il y a la loi. L’ensemble des Français ont voté, depuis 1945 jusqu’à présent, pour un système de retraite par répartition. La loi s’impose à tous.

    On peut, bien sûr, la changer. Mais ce n’est pas ce que vous réclamez ! Nulle part, les « Nicolas », pas plus que vous-même, ne réclamez l’instauration d’un régime de retraite par capitalisation. Le seul slogan que nous entendons, martelé jusqu’à la nausée par cette opération de propagande parfaitement organisée, c’est : il faut retirer leur pension aux retraités.

    Évidemment, si l’on passait à une retraite par capitalisation, il faudrait prévoir un système de transition. Qui prendrait de longues années. Vous et les vôtres venez de tomber de votre chaise. Vous venez, enfin, de prendre conscience de ce que nous disons, nous, les libéraux, depuis des décennies, sur l’injustice et la non viabilité de ce système. Propos qui nous ont valu des tombereaux d’invectives, et qui nous les valent encore, comme on le constate par vos imprécations anti-libérales.

    Et maintenant que vous vous rendez compte que nous avions raison, que la chose risque, effectivement, de vous arriver dans la figure, soudain vous prétendez vous affranchir de vos décennies de désinvolture, de déni et d’irresponsabilité. Et comme tout bon communiste de fait, sinon de revendication, vous n’avez rien de plus pressé que de jouer des coudes pour espérer piquer le flouze des autres, avant les autres.

    Septièmement : les retraites sont d’une nature qui les met à part du reste de la dépense publique. Un retraité n’a que cela pour vivre. Il ne peut plus travailler, ni physiquement, ni légalement. Ce n’est pas le cas du RSA, du traitement des fonctionnaires employés à embêter le monde…

    Les pensions de retraite font effectivement partie d’un contrat moral. Les travailleurs d’hier ont accepté de payer des cotisations dans le passé en échange de la promesse de recevoir une retraite dans le futur.

    Trahir cet engagement moral aujourd’hui, prétendre leur tirer le tapis sous les pieds, c’est abolir toute solidarité sociale, c’est nier l’existence même d’une société politique. C’est revendiquer la loi du plus fort. Vous pouvez le faire, bien sûr, mais ayez, alors, la décence de vous déclarer nazi, communiste, nihiliste ou nombriliste – pas chrétien traditionaliste partisan des valeurs morales d’antan.

    Lesquelles mettent au pinacle le respect des vieux. Qu’on soit athée, ou, pire, dans votre cas, qu’on se réclame d’un christianisme plus authentique que les autres. Respect inconditionnel, dois-je me hâter d’ajouter. La Bible n’a jamais dit : tes père et mère honoreras, à condition qu’ils n’aient pas voté à gauche, qu’ils n’aient pas bénéficié d’un immobilier abordable, etc.

    Si vous n’admettez pas, publiquement et explicitement, ces principes, la discussion s’arrête là.

    Une fois votre adhésion à ces principes acquis, la vôtre et celle des « Nicolas », j’attends de vous que vous vous prononciez explicitement pour une transition vers un système de retraite par capitalisation.

    Et seulement alors, nous pourrons négocier, discuter des modalités, des sacrifices à consentir par les uns comme par les autres. Tâche éminemment compliquée et qui requerra un travail considérable.

    À défaut, c’est comme avec Poutine (pour lequel, comme par hasard, vous avez des complaisances) : il est inutile de discuter. C’est un bandit, et il n’y a rien à négocier avec des bandits.

    J’arrête là la réfutation de votre texte. Il renferme tant d’erreurs que ce serait interminable. Deux choses encore, pourtant :

    « Un Occident judéo-chrétien qui n’a jamais existé. »

    Oui, vous nous l’avez déjà dit. Vous êtes toujours aussi péremptoire et aussi arrogant. Vous ne vous sentez toujours pas obligé d’étayer cette assertion sur quelque fait que ce soit. Affirmer une sottise aussi flagrante, c’est faire preuve d’une ignorance historique insondable. Surtout pour quelqu’un qui se réclame d’un christianisme traditionaliste !

    « Comme du Bellay, je préfère mon petit village. »

    Vous voulez dire : votre petit nombril, étanche à ce qui se passe au-delà, exclusivement mû par ses intérêts quitte à les maquiller derrière de grandioses proclamations morales. C’est votre droit, mais au moins ne prétendez pas, alors, participer au débat politique de votre pays.

  5. @ Jean sans terre
    « Votre orgueil ne vient pas de Dieu mais du serpent. »

    Vous m’adressez ces paroles et m’ordonnez de me taire quand je vous réponds !
    Libre à vous d’en rester aux esclavages tyranniques, je vous saurai gré de ne pas me les imposer.

  6. Jean sans terre

    @ Robert Marchenoir

    On ne peut pas être à la fois libéral et conservateur. C’est une contradictio in adjecto. Je vois bien : libéral en économie, conservateur dans les mœurs. La simplification est pratique. Elle préserve les intérêts d’argent sans remettre en cause l’ordre de la société. Ce qui est déploré aujourd’hui dans les mœurs n’est que la déclinaison, dans les choses morales, des principes libéraux. Si j’ai envie d’être une femme, ou mieux un chien comme Diogène, cela ne vous concerne pas et ne vous nuit en rien. Cela n’est que l’affirmation de ma volonté « libre », affirment les woke ou même Brigitte Bardot, les libéraux les plus cohérents qui soient. Au pire, cela pourrait nuire à la société. Mais qu’a-t-on à faire des contraintes et des normes de la société, dans un monde composé d’individus dont la destinée est de s’accomplir et de s’épanouir dans leur vie terrestre ?

    L’argent des autres, me demandez-vous ? De qui vient votre pension, sinon des autres ? Et quel contrat unilatéral oblige ces plus jeunes, qui n’ont rien demandé et rien signé, à vous la payer ? Il n’y en a pas. Vous aurez beau dire. D’où l’intérêt du conservatisme. Par une pirouette, il permet de réinstaurer toutes sortes d’exceptions contraignantes, utiles aux fins que vous désirez imposer. Vous me direz peut-être que j’ai bénéficié de la scolarité française ou d’autres choses du même acabit, de nature à m’obliger. Hormis deux maîtres en école primaire, à qui je suis infiniment reconnaissant, qui m’ont appris l’essentiel, et un professeur au lycée, en mathématiques spéciales, qui m’a appris à raisonner droitement, tout le reste a été inutile et perdu en vain.

    Foin des obligations du contrat social. Je n’ai jamais rien signé ! Et encore moins consenti. Que faites-vous du procès de Gisèle Pélicot ? Dans le fond, à quoi reconnaît-on un libéral ? C’est assez facile : à la moindre sornette qui lui passe par la tête et qu’il attribue à sa droite raison pour en faire une règle qu’il voudrait appliquer au reste de l’humanité. Vous me direz que ce sont là des socialistes. Que nenni : les libéraux ne valent pas mieux. Ils en ont les procédés. C’est normal : ils en ont les principes. Pas étonnant que tout cela émerge à partir de la Révolution.

    Vous m’attribuez une admiration pour Trump, croyant que je me rangerai ipso facto du côté de la droite radicale française (la droite Bolloré, Zemmour, Knafo, Maréchal), finalement la dernière et seule droite qui existe encore, une droite terriblement trompeuse et corruptrice. Si je n’apprécie guère d’être grand-remplacé par l’islam, je n’apprécie pas plus d’être grand-remplacé ailleurs ! La droite radicale, qui n’a que l’identarisme à la bouche, est tellement déracinée qu’elle ne tient plus qu’à sa couleur de peau et à un Occident judéo-chrétien qui n’a jamais existé. D’accord, si vous voulez, elle est libérale. Cette philosophie venue d’outre-Manche, et qui nous a tant influencés, est séduisante par bien des aspects. Mais il faut aller au bout des conséquences, et on ne le fait jamais.

    Par facilité, par mystification aussi, on se cantonne à l’économie. Il faut aller plus loin. Je l’ai fait. J’en suis revenu. J’ai vu l’arrière-monde derrière. Sinon, je pense avoir déjà dit que je ne me reconnaissais ni à gauche, ni à droite, ni au centre, ni aux extrêmes. Trump est intéressant au moins sur un point : il montre brutalement l’Amérique telle qu’elle a toujours été. Je ne vois aucune différence avec ses prédécesseurs, sinon qu’il triche moins.

    Pardonnez-moi : comme du Bellay, je préfère mon petit village. Relisez « Heureux qui, comme Ulysse ». Je m’y retrouve entièrement. Je ne souhaite être ni musulman, ni juif, ni américain, ni anglais, ni germain, etc. Je n’ai rien contre eux, mais ce ne sont ni leurs mœurs ni leur race auxquelles je tiens plus qu’à tout. Certainement Dieu aime les Anglais, mais chez eux ! Enfin, puisqu’à ma façon je suis écologiste, je hais l’universalisme qui nous fait tous nous ressembler et n’être plus que des déracinés que l’on ballotte à droite, à gauche, en haut, en bas, au gré du vent des idées nouvelles auxquelles on nous expose à force de suggestion pour nous y incliner. Un jour, j’ai répondu à un de mes chefs, qui voulait me briser : « Le roseau ploie mais ne rompt pas ; il n’y a que les chênes que l’on abat. » Ses yeux s’écarquillèrent. Il ne comprit sans doute pas. Plus tard, il se brisa et se fracassa.

    Ma force était mon assise dans le sol. Je souhaite que mes racines plongent toujours plus profondément dans la terre de mes pères et qu’il en soit de même pour ma descendance. Et, en mon ancienne qualité d’enfant déraciné, cette épreuve est celle de toute une vie. « Je maintiendrai » était la devise d’une ancienne lignée des princes d’Orange. Elle est très belle et je la fais mienne. Le Camp des saints était investi bien avant l’invasion musulmane. C’est d’ailleurs parce qu’il l’était que les murailles ont si facilement cédé. Qui le sait ? Fort peu. Voyez-vous, je me bats autant contre l’ennemi intérieur que contre l’ennemi extérieur. Et puis il faut être clairvoyant et conséquent : l’ennemi extérieur ne sera vaincu qu’à la condition que l’ennemi intérieur ait été terrassé et cesse de distiller dans nos veines son poison engourdissant.

    ——————————

    S’il vous plaît, Aliocha – je ne réponds pas à votre observation, mais de manière générale —, ne me parlez plus de Dieu. Vous me scandalisez. Dans un syncrétisme que je juge corrupteur et que je réprouve tout à fait, vous me paraissez trop mêler les choses qui viennent de Dieu avec celles qui ne viennent que de l’orgueil des hommes. À force, vous devriez savoir que vous ne me persuaderez pas avec les idées de l’anthropologie moderne.

  7. @ Jean sans terre

    Bien sûr, l’orgueil vient du serpent.
    Il nous reste à ne plus le voir que chez autrui, pour enfin concevoir que ce n’est qu’en soi-même qu’on le reconnaît et, forts de cette réalité, accéder à une forme renouvelée de relation possible, émancipés de l’idée que nous nous faisons de Dieu, alors que nous ne le connaissons pas autrement que par ce que le Christ nous en a révélé.
    https://saintebible.com/galatians/2-20.htm

  8. Robert Marchenoir

    @ Jean sans terre – le 14 janvier 2026

    Je passe sur vos interminables élucubrations langagières sans grand intérêt, pour me restreindre au sujet : la politique. Vous dites :

    « Vous avez bien vos manies, comme celle de paraître être un parangon libéral alors que, pour vivre, il vous faut l’argent des autres ! »

    Cela est à ranger au rang des accusations parfaitement imaginaires que vous m’adressez régulièrement. D’où sortez-vous que « pour vivre, il [me] faut l’argent des autres » ? Qu’entendez-vous par là ? Tout le monde a besoin de l’argent des autres, depuis que l’homme a cessé d’être un chasseur-cueilleur et s’est mis à échanger les fruits de son travail. Cela n’a rien à voir avec le libéralisme ou son absence.

    Mais peut-être ce que vous appelez « les Lumières » remonte-t-il à l’invention de l’agriculture ? En dehors du fait que votre avenir politique est limité si vous désirez ramener l’humanité à son état antérieur à cette date, je porte à votre attention le fait que le christianisme n’était qu’un point très lointain dans le futur à cette époque.

    « Vous me faites plus l’effet d’être un néoconservateur à la sauce américaine. »

    Ah, voilà. Les « néoconservateurs ». Le diable incarné dans l’esprit des fanatiques de votre genre. Une catégorie politique que vous vous abstenez de définir, comme l’ensemble des concepts que vous manipulez, d’ailleurs.

    Il y aurait les conservateurs (bien), et les néoconservateurs (horrible). Hélas, on ne nous explique jamais la différence. Pire : il y aurait « les néoconservateurs à la sauce américaine ». On ne nous explique pas davantage ce que seraient les néoconservateurs à la sauce hollandaise, ou tchèque, ou coréenne du sud, mais comme ils sont à la sauce américaine, vous vous imaginez bien que c’est l’abomination de la désolation.

    Je pensais que Trump était le genre de beauté du camp dont vous faites partie ? L’américanité ne serait donc pas exclusivement épouvantable ?

    Petite information pour vous (non que cela soit de nature à briser le ciment de vos préjugés) : je ne suis pas néoconservateur. Ce terme est réservé à un petit groupe d’hommes politiques et d’intellectuels américains nommément identifiés, qui a brièvement existé entre 1970 et 2000.

    Non seulement cette catégorie politique a largement perdu de sa pertinence, mais on ne peut pas avoir été néoconservateur à moins d’être américain. Encore un mot-slogan qui ne veut rien dire, exactement comme le « racisme » brandi par la gauche pour calomnier ses adversaires.

    Le libéralisme, en revanche, tout comme le conservatisme, sont des philosophies politiques beaucoup plus étendues dans l’espace comme dans le temps. On peut même soutenir qu’elles ont existé avant même de porter leur nom.

    « D’aucuns disent que le libéralisme s’accorde avec le conservatisme. »

    Euh… oui. En fait, la totalité des penseurs politiques le disent. Il existe un sous-ensemble du libéralisme qui rejette le conservatisme, mais il est, en réalité, tout à fait marginal car utopique.

    Par exemple, le théoricien Hans-Hermann Hoppe appartient à ce courant. Il est intéressant de savoir que ce dernier a vigoureusement attaqué le président argentin Javier Milei, qui, lui, non seulement a appliqué le libéralisme aux manettes d’un gouvernement, mais, en plus, a réussi à redresser son pays de façon éclatante de ce fait. Javier Milei, à son tour, dit pis que pendre de Hans-Hermann Hoppe (tout comme moi, si je peux me permettre).

    « Vous allez me citer une pléthore d’illustres théoriciens. Je pourrais vous en asséner d’autres qui affirment, avec tout autant de raisons, le contraire, et nous ne serions pas plus avancés. »

    Alors non. Lorsque je cite d’illustres théoriciens, c’est à l’appui d’une position en faveur de laquelle j’ai déjà présenté mes propres arguments. Quant à vous, non seulement vous ne présentez aucun argument, mais vous ne vous donnez même pas la peine d’en appeler à vos propres « illustres théoriciens ». Vous êtes comme le Sâr Rabintranath Duval : vous pourriez le faire, mais vous ne le faites jamais. Nous sommes censés croire la Sainte Parole de Votre Seigneurie sans davantage d’explications.

    Vous venez de nous servir ici le célèbre argument poutiniste : chacun sa vérité, tout se vaut, tout est opinion, les faits n’existent pas, rien n’est vrai et tout est possible, selon le titre du fameux livre de Peter Pomerantsev. Donc le mensonge est permis et seul compte le droit du plus fort.

    Je vous ferai remarquer que cela est fondamentalement contraire au christianisme, lequel professe, au contraire, que la vérité doit guider l’homme.

    « Au surplus, votre opinion comme la mienne sont arrêtées. »

    Alors non. Merci de ne pas m’attribuer les vices qui sont les vôtres. Le débat auquel j’appelle ouvre la possibilité permanente d’un changement d’opinion. Seulement, pour cela, il faudrait que vous consentiez à travailler.

    « J’aime l’irrégularité et la foison du français en construction. J’ai horreur du charabia des Saxons. »

    L’impudence caractéristique du chauvinisme. Franchement, restreignez-vous si vous voulez faire illusion. « Les Saxons », ça n’existe pas. L’Angleterre et la France ont longtemps été, pour ainsi dire, le même pays, et la langue anglaise est aussi raffinée que n’importe quelle autre. Ce n’est pas parce vous l’ignorez que ce n’est pas une langue de haute culture.

  9. Jean sans terre

    Ah, Marchenoir, pardonnez ma méprise. Une amie me fait remarquer le « e » de trop. Je n’avais pas compris. Vous n’êtes pas au fait du jour. Le conseil d’État permet l’emploi indifférencié du masculin ou du féminin. Permettez que mon petit côté féminin ressorte. On est libéral ou on ne l’est pas. Il faudrait savoir. Mais on ne peut pas l’être à demi.

  10. Jean sans terre

    Ah, Marchenoir, si vous n’avez que cela à reprendre, c’est que nous sommes proches de nous entendre ! Permettez-moi, je vous prie, mes manies. Vous avez bien les vôtres, comme celle de paraître être un parangon libéral alors que, pour vivre, il vous faut l’argent des autres ! Vous me faites plus l’effet d’être un néoconservateur à la sauce américaine. Je vous prie de ne pas me faire la leçon. Je la connais.

    D’aucuns disent que le libéralisme s’accorde avec le conservatisme. Vous allez me citer une pléthore d’illustres théoriciens. Je pourrais vous en asséner d’autres qui affirment, avec tout autant de raisons, le contraire, et nous ne serions pas plus avancés. Au surplus, votre opinion comme la mienne sont arrêtées.

    Pour tout vous avouer, j’ai hésité à mettre à la place de « soûle » « solu ». Le sens en aurait été changé, bien qu’il reste proche. Je n’ai pas aimé sa forme trop régulière. « soult » aurait peut-être été plus juste. En son temps, souloir ne se conjuguait pas du tout comme vouloir ou falloir. Ses formes étaient beaucoup plus libres et incertaines. La grammaire n’était pas encore fixée.

    J’ai beaucoup d’affection pour ce verbe qui, depuis plus de quatre siècles, n’est plus que très rarement usité, et seulement à l’imparfait. Quelle perte, en disait déjà Vaugelas. Assurément, je n’aurais pas été compris. J’ai pris à la place soûler, dont le sens est différent mais qui convient aussi en la circonstance. Je ne l’ai délibérément pas accordé au participe passé. Cette forme me semble plus chantante, bien qu’elle soit devenue entre-temps irrégulière.

    Le sens est différent. Au lieu d’exprimer l’habitude, il exprime la satiété : ennuyer, fatiguer, importuner quelqu’un (avec quelque chose). Les deux sens auraient convenu avec le personnage présidentiel.

    J’ai voulu, grâce à ma formule, faire plaisir aux esthètes raffinés : souloir / soûler. Quel plaisir de les comparer. On moque trop le professeur Charoulet. Il en joue et s’en délecte. Vous aurez remarqué que nous n’avons pas du tout les mêmes opinions. Toutefois, nous avons tous les deux un goût commun : nous aimons les dictionnaires. J’aime l’irrégularité et la foison du français en construction. J’ai horreur du charabia des Saxons.

    Revenons à votre remarque. Si je disais : « solu (ou soult) d’entendre trop Marchenoir », j’aurais tenté d’exprimer l’habitude de vous entendre ; toutefois, ce n’est plus aujourd’hui compréhensible. Si, en revanche, je dis : « je suis soûl (ou saoul ou soûlé) d’entendre trop Marchenoir », tout de suite je suis compris, même si j’ai un peu perdu, entre-temps, la nuance que je voulais d’abord exprimer. Comprenez-vous mieux ?

    —————————————

    @ Aliocha

    Votre orgueil ne vient pas de Dieu mais du serpent.

  11. Quand Jacques Attali demanda au président Mitterrand quelle était la première qualité d’un homme d’État, celui-ci lui répondit : l’indifférence.
    Ou comment ne pas répondre au mépris de la haine par la haine du mépris, car la haine est sans raison autre que de vouloir retourner en esclavage.
    Vive la liberté !

  12. Robert Marchenoir

    @ Jean sans terre – le 13 janvier 2026

    Bonjour, ici la police de la grammaire.

    Tant qu’à faire le dandy au moyen de tournures recherchées, autant garer ses miches et s’assurer de ne pas déraper dans le fossé. Dans le texte suivant, à quoi se rapporte l’adjectif soûle ?

    « Je préfère la rustauderie de Diogène envers Alexandre. Elle est moins équivoque et son audace effrontée n’est pas dépourvue d’une rugueuse grâce. Elle plut au demi-dieu, soûle de n’être toujours que flatté. »

    (Faut tout faire soi-même, ici. Pendant ce temps, Charoulet, dont c’est pourtant le boulot, fait la sieste pour digérer ses maquereaux.)

  13. Jean sans terre

    Je préfère la rustauderie de Diogène envers Alexandre. Elle est moins équivoque et son audace effrontée n’est pas dépourvue d’une rugueuse grâce. Elle plut au demi-dieu, soûle de n’être toujours que flatté. À souhaiter préserver en chaque circonstance l’élégance de ses manières, le risque est trop grand de rester courtisan même en s’opposant. Enfin, les élégances ne vont pas sans le bon goût. On ne méprise jamais assez le président. Mais après tout, pourquoi pas s’il vous plaît le faire élégamment ?

  14. revnonausujai

    @ Mary Preud’homme le 13 janvier 2026

    Vous qui dites baigner dans une atmosphère familiale policière, demandez-leur !
    Une contravention s’applique sur la seule constatation de l’infraction, sans aucun état d’âme.
    S’agissant d’un crime ou d’un délit, ce qui est bien le cas en l’espèce (détournement d’argent public), la pratique est bien différente : le mobile et la personnalité de l’auteur entrent en ligne de compte comme circonstances aggravantes ou atténuantes et constituent des éléments indispensables de l’analyse du cas.
    C’est pourquoi il est normal et sain que ceux appelés à porter un jugement, ne fût-il que moral, sur ce détournement — en l’occurrence tant les médias que le grand public — connaissent tout, ou du moins le plus possible, des arcanes de cette affaire.

  15. Mary Preud'homme

    @ revnonausujai le 13 janvier 2026

    Je ne vois nulle contradiction dans ce que j’avais écrit, à savoir que sa vie privée ne nous regardait pas, par conséquent pas de jugement moral, comme c’est souvent le cas ici ou là.
    Et que seuls devaient être pris en compte les détournements de fonds publics et abus que cela a générés, etc.
    (Pour votre gouverne, relisez plutôt l’article du Code pénal que j’avais mis en lien.)

  16. C’est bizarre, personne n’en a parlé ici :

    https://www.arebours-revue.fr/2025/06/05/patrice-duhamel-la-photo-petain-mitterrand-est-un-secret-quil-ne-serait-plus-possible-de-garder-de-nos-jours/?utm_source=copilot.com

    Pour durer et passer à travers tous les régimes, toutes les époques, être réélu, il faut être un navigateur hauturier. Chapeau l’artiste !
    Rien à voir avec les gazelles qui ont suivi.

    Quand on regarde ou lit Normal Ier ou encore Sarko Lite, encore aujourd’hui, on se rend compte de la pusillanimité des successeurs, y compris Chirac.

    Il devait en avoir des cadavres dans les tiroirs. Bien sûr, il savait choisir ceux qui allaient travailler avec lui, et surtout, personne pour lui faire de l’ombre : lui, l’homme de l’ombre. Et des mystères pas encore éclaircis.

    Le cuir tanné et pas pleurnicheur pour un sou, il adorait, comme Trump, recevoir avec parcimonie à Latche. C’était une autre époque, mais la même symbolique : le roi chez lui, qui pratiquait l’onction. Certains devaient en rêver.
    Il s’est servi d’Attali comme caution économique. Laurent Fabius était de la trempe du Sphinx ; il lui a manqué la froideur de la réussite.

    Il a connu l’époque de la peine de mort. François, comme l’appelaient les proches : à table, quand il devait servir le vin, son bras ne tremblait pas. Pas besoin d’anneau anti-gouttes. Il était de ceux qui ne tachent pas les nappes immaculées.
    Un grand manipulateur, cachottier toute sa vie, au fond. Pierre Péan lui est tombé dessus, mais il y manque sans doute l’essentiel.

  17. Michel Deluré

    « Il faut savoir être opposant avec élégance ». (PB)

    D’élégance, François Mitterrand savait en user. Mais c’était surtout pour habiller son ironie, sa perfidie, son machiavélisme qu’il en usait, ce qui rendait ces traits encore plus cuisants et l’homme politique encore plus détestable, surtout en regard du bilan de sa gouvernance.

  18. L’élégance saura-t-elle accéder aux exigences du compromis, ou les peuples européens renonceront-ils à la paix pour s’offrir à la répétition ignorante de leurs vainqueurs russo-américains ?

    L’Europe est seule face aux ressentiments engendrés par sa domination.
    L’Amérique renonce à ses croyances et refonde son contrat social sur la souche et les chimères d’une supériorité raciale, régression qui la détruit et exacerbe les réactions postcoloniales, pour rejoindre les oligarchies mafieuses des illusions de la force, qui s’affole de sa faiblesse lorsque le pétrodollar arrive à la fin de son oppression, ouvrant la voie à des alternatives similaires, russes ou chinoises.

    L’héritage gaullo-mitterrandien est européen ; le diagnostic macroniste est aussi juste que son échec à sensibiliser la psyché du vieux continent est patent.

    Il n’en demeure pas moins que si l’Europe ne sait pas surmonter ses divisions, elle disparaît avec la liberté — celle qui permet de choisir les exigences de justice actuellement reniées par le Nouveau Monde, alors qu’elles demeurent les conditions exclusives de la paix.

    « Le nationalisme, c’est la guerre », disait le vieux Florentin, François Mitterrand, éprouvé par cette réalité historique qu’il nous reste à assumer si, réellement, nous désirons le souverain bien.
    On a toute latitude de préférer la guerre et ses sinistres recommencements du mal, droite et gauche s’alliant à leurs extrêmes pour, d’un même mouvement, refuser tout compromis et user de leur liberté pour y renoncer.
    C’est un choix clairement formulé ; l’Europe a aussi latitude de préférer la paix, en se dotant des moyens de la défendre.

    Aux armes élégantes de la liberté, chers héritiers !

    https://enseigner.charles-de-gaulle.org/de-gaulle-et-adenauer-a-reims-le-8-juillet-1962/

  19. revnonausujai

    @ Mary Preud’homme le 12 janvier 2026
    « Que François Mitterrand ait eu une double vie ne regardait que sa femme et ses proches. Seul devrait être pris en compte l’énorme détournement de fonds publics »

    Vous vous contredisez en deux phrases successives !
    Ses coucheries n’auraient concerné sa femme et ses proches que si, et seulement si, il les avait réglées sur ses propres deniers. En employant les moyens de l’État pour faciliter la vie matérielle des Pingeot, mère et fille, il légitimait les réticences des puristes et, plus encore, la curiosité de tous les contribuables.

  20. @ sylvain

    François Mitterrand consultait des astrologues de 5 à 7.
    Merci pour ces rappels.
    Il manque les délits d’initiés et les reventes d’entreprises de ses amis, comme Roger-Patrice Pelat ou André Rousselet.
    D’aucuns voudraient que le futur porte-avions porte le nom de François Mitterrand.
    Un peu de charouletisme ? Non, non, non, trois fois non.

  21. « Qu’il s’agisse du traité de Maastricht, du Mercosur, de l’immigration incontrôlée, du narcotrafic ou d’autres maux de notre société, tout serait désormais de sa faute. «  (PB)

    Mais non seulement il n’a pas dénoncé certains processus délétères, mais il les a encore aggravés, en dépit des nombreuses mises en garde lancées depuis longtemps, y compris à son endroit !

    Dans ce cas, il s’en rend non seulement responsable, mais aussi coupable, avec les autres dont l’Histoire sera bien obligée, un jour, de rappeler les noms, si les contemporains persistent à s’enfoncer dans le déni.

  22. Mary Preud'homme

    Que François Mitterrand ait eu une double vie ne regardait que sa femme et ses proches.

    Seul devrait être pris en compte l’énorme détournement de fonds publics* et les magouilles, menaces et chantages que cela a engendrés pour que ce monsieur continue à mener tranquillement ses petites affaires et puisse faire taire les rumeurs durant ses deux mandats présidentiels… aux frais et sous la protection exclusive de l’État. Avec la « sanctification » d’une justice aveugle, sinon complice.

    Telle est la seule question qui devrait se poser, sachant que d’autres, à sa suite, ont été poursuivis, traînés dans la boue, durement sanctionnés et frappés d’inéligibilité pour beaucoup moins d’abus, de profits et de protections scandaleuses et coûteuses en argent et en hommes.

    * cf. article 432-15 du Code pénal.

  23. Mitterrand c’est tout ça :

    . le financement occulte du PS

    . sa décoration de la francisque par Pétain

    . les Irlandais de Vincennes

    . les milliers d’écoutes téléphoniques

    . sa fille illégitime

    . ses maîtresses de tous bords, parfois nommées à des postes importants de la politique

    . son ami Tapie

    . les nombreuses morts par crise cardiaque ou par suicide de « ses amis »

    . son faux attentat de l’Observatoire

    . ses mensonges sur sa santé

    . ses amitiés particulières avec des nazillons (Bousquet)

    . son absence de vision de l’Histoire (se félicitant de la réussite d’un coup d’État en URSS, non-réception de Boris Eltsine alors membre de l’opposition soviétique, etc.)

    . le désir de tout faire pour créer une extrême droite puissante (évocation du vote des étrangers à quelques jours de chaque nouvelle élection)

    . le placement de toute sa famille à des postes clés

    . des lois le protégeant sur les donations-partages à ses enfants

    . sa vision de l’avenir, qu’il nourrissait en consultant régulièrement des astrologues

    . la montée du chômage et de l’insécurité

    . l’affaire du Rainbow Warrior

    . le sang contaminé

    etc. etc.

  24. « Il faut savoir être opposant avec élégance. » (PB)

    Alors que lui se permet de se moquer du monde de façon autoritaire voire pire.

  25. Cher Philippe Bilger,

    Si François Mitterrand avait été un personnage de roman — ce qu’il aurait pu être — il aurait été intéressant de s’attacher aux multiples facettes de sa personnalité qui, il faut bien le reconnaître, nous changent un peu des présidents hautement prévisibles qui lui ont succédé.

    Mais de cela, le citoyen n’a cure, qui ne retient — et il a parfaitement raison — que le strict bilan de son mandat.

    Et sur ce point, il faut avoir des lunettes sacrément encrassées de rose pour ne pas admettre que son élection en 1981 a été la plus grande catastrophe politique de la seconde partie du XXe siècle.

    Il s’est escrimé à détruire consciencieusement tout un héritage accumulé depuis des décennies, voire des siècles. Et j’inclus en tout premier lieu l’abolition de la peine de mort, louée par les belles âmes qui n’ont jamais eu de proches victimes d’assassins, et qui a été sa plus lourde faute, à l’origine de l’explosion de la délinquance.

    Tout a volé en éclats, dans tous les domaines. Tous les piliers et toutes les valeurs sur lesquels reposait la société ont été systématiquement abattus. Mais le plus pervers, c’est qu’il a mis son intelligence supérieure à instiller si profondément le poison du progressisme dans tous les rouages de l’État et dans tous les esprits qu’il semble aujourd’hui quasiment impossible d’arrêter la folle machine en train de broyer ce pays et de faire disparaître sa civilisation.

    Sans compter — et vous avez raison — qu’il a mis les services de l’État à son propre service personnel, sans oublier les fameuses « écoutes » et l’affaire du Rainbow Warrior, qui montrent l’étalage de son cynisme.

    Il a simplement eu la chance de surgir à un moment où les enfants trop gâtés des Trente Glorieuses avaient besoin de jouer les révolutionnaires de salon.

    Celui — c’est moi — qui a voté pour lui en 1981 a mis vingt ans à s’apercevoir de son erreur funeste et passera le reste de son existence à en payer les pots cassés. Et les générations à venir paieront encore davantage.

    Cela explique le service minimum pour le trentième anniversaire de sa mort.

  26. Vous soulignez que François Mitterrand a bénéficié d’une complaisance excessive, pour finalement réclamer aujourd’hui sensiblement la même chose pour Emmanuel Macron ?
    Je ne comprends pas votre raisonnement.

  27. Trente ans après la mort de ce bon père de familles (ne pas oublier le « s »), la télévision publique, gangrenée par la « bien-pensance », a dépensé de l’argent du contribuable pour tenter, en proposant un « télé-roman-photos » à la sauce Nous deux, de réhabiliter le personnage qui a détruit l’avenir de la France. Le titre donné à cette mini-série est une tromperie. Elle ne contient aucune révélation. Il aurait été préférable de l’intituler : Mitterrand, ses femmes et ses magouilles.

    Mitterrand n’est pas une énigme. Les ressorts qui l’ont animé du début à la fin de sa carrière, ce sont l’obsession du pouvoir et la haine inassouvie de De Gaulle. Rien de plus. Vichyste ou « résistant », peu importe… il doit être le chef et complote pour y parvenir, quitte à recevoir la francisque des mains du maréchal et à tenir tête aux réseaux gaullistes.

    Sous la IVe République, onze fois ministre, de droite mais pas trop, de gauche mais pas trop, un seul poste l’intéresse : la présidence du Conseil… Il allait l’obtenir mais, fort heureusement, le Général lui a soufflé la politesse. Plus tard, pour repartir à l’assaut du pouvoir, après le fiasco du faux attentat du Jardin de l’Observatoire, il s’empare sans vergogne des socialistes, puis enfume le PC, pourtant majoritaire à gauche.
    1972… le Programme commun…
    1974… Giscard lui casse les reins… mais lui prépare le terrain…

    1981… En quelques mois, devenu chef d’une gauche arrogante, il étale sa méconnaissance totale des règles de l’économie, nationalise à tour de bras… et met le pays au bord du gouffre. Qu’à cela ne tienne… coup de barre à droite… Puis ce sont les cohabitations, desquelles il s’accommode publiquement, tout en combattant en secret ses Premiers ministres, Rocard compris, qu’il percevait comme un potentiel successeur. À ce niveau de volonté de régner, on n’accepte pas que quiconque de son camp puisse vous succéder… Mieux vaut soutenir un opposant… et ce sera Chirac.

    Chirac qui, comme toute la droite à partir de 1981, aura subi, avant de s’installer à l’Élysée, le lavage de cerveau imaginé par Mitterrand pour ancrer dans les esprits « le péril qu’est l’extrême droite » que, pourtant, il appréciait dans sa jeunesse, ayant été membre des Croix-de-Feu… Le Sphinx était aussi un Cerbère… et il aura fallu plus de quarante ans pour que les Français se réveillent et mettent fin à son piège qu’est le « front républicain ».

    Des heures et des heures, des feuillets et des feuillets seraient nécessaires pour décrire toute son ingéniosité maléfique, toutes ses combines, toutes ses duplicités, tous ses coups tordus… L’un d’eux, qu’il a monté contre un journaliste qui était son ami, m’est resté gravé en mémoire, d’autant plus qu’il est encore masqué par l’idée reçue que la presse restait silencieuse sur sa vie privée parce qu’il l’avait matée.

    La vérité est qu’à l’époque les journalistes se faisaient un devoir déontologique de respecter la vie privée des personnalités politiques. « L’affaire Markovic » était encore récente… Toutes les rédactions parisiennes connaissaient l’existence de « la fille cachée » de Mitterrand, mais s’interdisaient d’en parler. Aucune enquête — sauf celle de Jean Edern-Hallier, cambriolé après sa mort brutale — n’avait été diligentée pour en savoir un peu plus…

    De son côté, FM jouait le jeu et évitait soigneusement tout incident qui aurait conduit à rendre publics ses liens avec Anne et Mazarine Pingeot… jusqu’au jour où il a décidé qu’ils devaient l’être. Il a conseillé à son ami, directeur de la rédaction d’un grand magazine, d’envoyer un photographe là où il allait déjeuner, lui promettant une surprise… Il lui a aussi ordonné que les photos soient un peu floues afin de paraître « volées »… Quand, à la veille de leur parution, les autres titres les ont découvertes, ce fut un tollé général… Mitterrand, prévenu, fit aussitôt rédiger un communiqué fustigeant cette « atteinte inadmissible à sa vie privée »… Son ami ne s’est jamais remis de cette manipulation…

    Pourtant, aujourd’hui encore, il se dit que le Florentin était fidèle en amitié… Rien n’est moins vrai. Mitterrand avait des réseaux, des réseaux d’« amitiés », mais il n’avait que très peu d’amis « à la vie, à la mort ».

    Bref, à mes yeux, Mitterrand, à qui il faut néanmoins reconnaître une belle culture littéraire, absente de nos jours dans le milieu politique, n’a jamais dépassé le niveau du chef de bande ayant mis la main sur un magot qu’il dilapide. Tout juste peut-on considérer qu’en matière de politique étrangère il a su maintenir peu ou prou le rang de la France, tout en commettant d’énormes erreurs en Afrique francophone, mais il n’a rien compris au nouveau monde né de la chute du mur de Berlin.

    Une inaptitude à la perception du réel et à la construction du futur qu’il a partagée avec la plupart des dirigeants occidentaux de l’époque et que nous payons cher aujourd’hui…

    Alors, ce soir, je vais regarder la fin de cette mini-série à l’eau de rose… et à sa gloire. Il m’étonnerait que cela modifie en quoi que ce soit mon opinion sur ce personnage que la France a eu le malheur de rencontrer sur son chemin… et de s’être laissée séduire par ses faux airs de sage.

  28. Mitterand et ses complices : 3 500 milliards de dette, insécurité record, trafic narco record, islamisme record, invasion record, délits financiers, juges rouges complices des criminels, faillites ruines dépôts de bilans records, fuite des cerveaux et des winners de ce pays de tocards losers fachos gauchistes islamistes antijuifs proterroristes ; la lie de la fange de gauche islamiste encouragée par la macronie pour la destruction du pays et en faire une colonie arabo-africaine islamiste et c’est bien parti, après la décision de l’autre siphonné macronien de vider les prisons, on met le turbo en embauchant une bande de tocards losers crétins abrutis pour en faire, tenez-vous bien : un Haut-Commissariat de la diversité.

    Mais évidemment et comme de bien entendu, le pire danger pour la France, c’est encore et toujours : le RN, Le Pen (bientôt en taule), Bardella, Zemmour, toute l’eSSetrêêêmeuuuuh drouaaaaate fasciste nazie raciste islamophobiste, ben voyons !

    « Vieux maux en rire que pleurnicher » comme aurait pu le dire le « beau Georges Marchais ».

  29. Robert Marchenoir

    Mais Mitterrand n’a rien inventé : privatiser l’État, c’est le propre du communisme. Ou du socialisme, c’est pareil. Ce n’est que dans le fantasme associé à la théorie que le socialisme met tous les biens du pays (dont ceux de l’État) à la disposition de chacun.

    Après un siècle et demi de mise en application du socialisme, seuls les naïfs croient encore à cette fable. Certes, Mitterrand avait un talent particulier pour entretenir le mythe et enfumer son monde.

    Mais dans la réalité, certains sont plus égaux que les autres, et les membres de la nomenklatura sont très, très égaux.

    Mitterrand a réquisitionné les moyens de l’État pour entretenir sa blonde (qui était brune), mais les premières huiles du parti socialiste qui sont arrivées à l’Élysée après la victoire se sont empressées de dérober quelques assiettes de Sèvres comme souvenirs.

    Il suffit d’ouvrir n’importe laquelle des portes de placard qui cachent les petits secrets de l’État fort et stratège pour en découvrir de belles. Ainsi, en 2001, quelqu’un s’est avisé que les membres du Conseil constitutionnel étaient largement exonérés d’impôt. Il fut donc mis fin à cette anomalie.

    Cependant, ces petits chéris ont hurlé comme des veaux. La correction fut corrigée de façon fort simple : au lieu de toucher une rémunération standard de haut fonctionnaire de 7 000 euros environ, ils seraient payés désormais…15 000 euros. Un simple oukase d’un sous-ministre a suffi.

    C’est un député LFI, donc communiste, qui vient de révéler ce scandale, et a déposé une proposition de loi pour corriger la correction à la correction. Comme quoi, on peut trouver quand même quelques petits avantages au communisme… en grattant beaucoup.

  30. Les comparaisons entre la Mitterrandie et la classe politique actuelle sont vaines, d’autant qu’il y a beaucoup plus de différences entre l’actuel président et FM qu’entre ce dernier et Jules César.
    Les deux derniers faisaient la guerre à pied, étaient raisonnablement fidèles à leurs amitiés mais férocement ingrats à l’occasion, et pouvaient écrire correctement leur langue respective dans un style plutôt laconique. Ils faisaient partie de ces patriciens jouisseurs qui savent séduire la plèbe. Ils offraient des cadeaux sur fonds publics à leurs maîtresses et idolâtraient leur fille unique… Ils n’ont pas mal réussi dans le Morvan. Leurs funérailles furent spectaculaires. Et surtout, ils ne se sont jamais servis d’Internet ou de ChatGPT…

  31. « J’ai regardé sur France 2 la mini-série qui lui est consacrée, Mitterrand confidentiel, avec un Denis Podalydès remarquable. » (PB)

    J’ai regardé moi aussi la première partie de cette mini-série et je compte bien regarder la seconde ce soir.
    Denis Podalydès campe remarquablement bien l’ancien président de la République.

    J’ai observé également qu’à l’occasion du trentième anniversaire de la mort de François Mitterrand, pratiquement tous les médias ont proposé un rappel de son bilan. Comme il fallait s’y attendre, les réseaux sociaux ont suivi, avec leur lot de propos haineux et de fausses informations.

    En tant qu’ancien rocardien, je n’ai jamais apprécié l’attitude détestable de Mitterrand envers Michel Rocard. Mais je ne saurais nier son intelligence, sa culture littéraire ni son autorité naturelle, qui lui ont permis de museler les médias et même ses adversaires politiques sur sa double vie durant toute sa présidence.
    Mais cela, c’était avant l’ère des réseaux sociaux, lesquels ne s’embarrassent guère de scrupules.

    « Je voudrais simplement que, après tant de complaisance et si peu de lucidité à l’égard des errements de FM, on tente au moins de relativiser les failles et les carences des autres présidents et que, en particulier, on ne perde pas toute raison civique à l’approche de la fin du second mandat d’Emmanuel Macron. Il faut savoir être opposant avec élégance. » (PB)

    Je ne saurais vous donner tort sur ce point.

    Certains médias — dont un que vous connaissez particulièrement bien — n’hésitent pas à faire porter à Emmanuel Macron la responsabilité des errements de l’ensemble des présidents de la République de ces quarante dernières années, avec une mauvaise foi et un parti pris parfaitement indécents.
    Qu’il s’agisse du traité de Maastricht, du Mercosur, de l’immigration incontrôlée, du narcotrafic ou d’autres maux de notre société, tout serait désormais de sa faute.

    Et bien sûr, celui qui pourrait sauver la France de ces fléaux qui la détruisent serait Jordan Bardella !
    Mieux vaut en rire que d’en pleurer, comme aurait pu le dire Beaumarchais. 😊

Laisser un Commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *