Ce titre n’est pas anodin : les rabat-joie sont déjà à l’oeuvre !
Les réalistes, les juristes, les spécialistes du droit international, les idéologues qui préfèrent un Iran tueur à une Amérique libératrice, les prudents, les précautionneux, ceux qui font la fine bouche devant un présent admirable à cause d’un futur inquiétant, ceux qui privilégient les États par rapport aux peuples, l’abjection haineuse d’une Rima Hassan : on va les entendre. Ils ont commencé à s’exprimer. Je ne doute pas qu’ils vont dominer de plus en plus dans l’espace politique et médiatique. Mais de grâce, qu’ils nous permettent ne serait-ce qu’une minute de joie…
On n’en demande pas beaucoup, nous les naïfs, nous les simplistes, nous qui ne sommes pas suffisamment sérieux pour déceler tout de suite le pire sous le meilleur : on n’exige rien de plus que le droit à une minute d’enthousiasme et d’allégresse…
Nicolas Maduro, dictateur et tueur, a été enlevé et va être jugé.

Israël et les États-Unis de Donald Trump ont attaqué l’Iran et le Guide suprême a été tué. À Téhéran, des applaudissements, des cris de joie, l’espérance a montré le bout de son merveilleux visage. Le souvenir est atroce, qui remet en pleine lumière ces héroïques jeunes femmes, ces résistants, ces citoyens de tous âges qui ont osé dire non, en sachant l’issue inéluctable qui allait les engloutir dans la mémoire de leurs proches à la fois fiers et déchirés ; ces multiples pendaisons, ces martyrs modestes et déterminés payant de leur vie leur courage inouï d’avoir un jour prescrit des limites à l’horreur et à l’étouffement. Partout, grâce à l’intervention conjointe de ces deux nations — l’une contrainte d’être sans cesse sur la défensive, l’autre impérieuse, parfois pour la cause des peuples —, en Iran, quelque chose s’est levé qui ressemble à un immense soupir de soulagement.
Je sais, cela ne va pas durer. La sale politique va reprendre ses droits. Et les rapports internationaux vont imposer leur loi. Peut-être même que, très vite, l’avenir sera assombri, repeint aux couleurs tragiques d’hier ; mais, en attendant, messieurs les rabat-joie, laissez-nous savourer cette minute de bonheur où l’oppression a marqué le pas, où les assassinats ont reculé, où la peur s’est dissipée, où le souffle de la vie l’a emporté sur l’odeur de la mort…
Messieurs les bourreaux, rassurez-vous : vous aurez toujours votre place dans l’Histoire…
Philippe, permettez-moi une observation qui, si elle peut paraître sévère, n’en demeure pas moins fondée. À vous voir ainsi exulter devant la disparition d’un homme — fût-il le plus détestable des acteurs de la scène internationale — on serait tenté de déceler, derrière la stature du juriste chevronné, quelque chose qui ressemble dangereusement à la jubilation naïve d’un enfant devant la chute d’un méchant de conte de fées. Sauf que nous ne sommes pas dans un conte.
Car ce que vous célébrez, au fond, mérite qu’on s’y attarde. Vous ne vous réjouissez pas seulement d’une mort — immédiatement rendue caduque, soit dit en passant, par l’avènement d’un successeur aux dispositions tout aussi préoccupantes, peut-être même plus aguerri dans l’exercice du pouvoir. Non. Vous vous félicitez, avec une légèreté qui confond, de l’effondrement progressif de cet ordre international patiemment construit sur les décombres de 1945 — cet édifice fragile, imparfait certes, mais réel, qu’incarnait la naissance des Nations Unies.
Ce que vous applaudissez, en d’autres termes, c’est le retour aux années trente. Et l’on sait avec une précision douloureuse ce que ces années-là ont engendré.
Ce qui dépasse mon entendement — et j’assume ici une certaine franchise — c’est qu’un homme de loi, un pilier de la justice française, dont la vocation même est de défendre la primauté du droit sur la force, puisse se réjouir du triomphe de la loi du plus fort. Il y a là une contradiction intime qui mérite, au minimum, d’être interrogée.
Sur le plan strictement pratique, enfin, votre enthousiasme me paraît reposer sur un malentendu. Vous venez d’assister à un assassinat. La victime a déjà été remplacée. Et ses partisans — bien plus nombreux que le discours ambiant ne veut bien l’admettre — n’ont pas renoncé à leur cause. Ils ne riposteront pas avec des missiles dont ils manquent, mais avec d’autres méthodes qu’ils maîtrisent avec une redoutable efficacité. La France, hélas, pourrait en faire les frais.
Votre joie, Philippe, risque fort d’être éphémère. On ne fait pas baisser la fièvre en brisant le thermomètre.
Chaque fois qu’une dictature tombe, c’est un souffle d’espoir qui naît pour le peuple qui en est débarrassé, à condition, évidemment, que celle-ci ne soit pas remplacée par une autre dictature tout aussi sanguinaire, sinon plus, comme ce fut le cas avec l’Irak après l’exécution de Saddam Hussein ou encore avec la Libye après celle de Kadhafi.
Concernant la Syrie, Bachar el-Assad n’a pas connu le sort tragique des dictateurs susnommés, mais il semble que son remplaçant n’ait pas vraiment apporté les garanties d’un régime démocratique. Il est vrai qu’Ahmed al-Charaa, le nouveau dirigeant « par intérim » de la Syrie, est un ancien commandant djihadiste, ce qui n’est pas une garantie en matière de démocratie.
Concernant l’Iran, le nom qui est prononcé dans les médias internationaux est Reza Pahlavi, le fils aîné de l’ancien shah d’Iran – lui-même considéré comme un dictateur au cours de ses dernières années de règne.
Alors espérons que notre joie ne soit pas de courte durée, car le Moyen-Orient nous a habitués à des régimes totalitaires depuis bien longtemps.
« Je sais, cela ne va pas durer. » (PB)
Cette fois sera la bonne, Israël a le champ libre, Trump leur avait retenu le bras.
Ils ont stocké tout ce qu’il fallait à l’intérieur, cela devrait suffire, même si, jusqu’au bout, à Berlin les inconditionnels y croyaient encore.
« Il est meilleur d’être irresponsable et dans le vrai que responsable et dans l’erreur. » (Winston)
Les Ukrainiens, à partir du moment où ils ont été armés lors de la dernière invasion du Cinglé, ont compris que c’était possible, et pour eux c’est gagné aujourd’hui.
Et puis un peu d’humour, plus besoin de le citer :
« Nous pourrions lui donner le ministère de la Guerre et nous serions sûrs de l’éviter : pendant la guerre, il était ministre du Charbon et nous n’avons jamais eu de charbon. »
@ finch le 1 mars 2026
‘…si l’on songe à ce que représenterait la disparition du régime né en 1979 sous l’impulsion de Ruhollah Khomeini »
Vous oubliez surtout de dire que cela n’a été possible qu’avec l’aide de certains États, dont la République française, représentée alors par M. Valéry Giscard d’Estaing, qui ont voulu jouer aux malins alors qu’ils ignoraient tout de la spécificité iranienne, de même que de bien d’autres aspects de la géopolitique d’ailleurs.
Mais, bien entendu, je ne voudrais pas jouer au rabat-joie, même s’il est regrettable que tous ceux qui, véritables apprentis sorciers dépassés par les événements, ont permis à cette monstruosité de voir le jour au nom d’une vision biaisée de la démocratie, ne soient pas jetés dans les poubelles de l’Histoire.
Mais ces gens-là, que nous avons élus, nous ne les avons ni critiqués ni empêchés d’exercer leur pouvoir de nuisance, et les Iraniens sont en droit de nous le reprocher.
Pôv’ Macrounet écarté de ce moment de gloire historique, il en trépigne de rage.
Pourtant c’est un fin tacticien en capacité absolue de protéger nos citoyens en temps de paix contre les barbares qu’il a semés dans tout le pays.
Zadistes de NDDL qui ont mis le pouvoir à genoux.
Squatteurs qui pullulent dans tout le pays en toute impunité.
OQTF qui décident par eux-mêmes de rester en France et continuer leurs exploits au nez et à la barbe de la police figée muselée.
Juges criminels qui relâchent des bombes humaines multirécidivistes. Dernier crime de ces juges rouges diaboliques, la relaxe de Traoré qui avait défenestré Sarah Halimi au motif de, sans rire, « altération de discernement » et trop drogué pour se rendre compte de ses crimes donc non coupable, se sentant intouchable et protégé par le système machiavélique macronien ce brave criminel à l’insu de son plein gré, a glorieusement récidivé récemment en effectuant un home-jacking paticulièrement violent, qui bien évidemment restera impuni, nos juges diaboliques en auront décidé ainsi.
Dernier fait divers sanguinaire qui fait suite aux milliers d’autres quotidiens dans tout le pays, Macronéron en a lui aussi décidé ainsi.
Heureusement que notre gominé poudré ne participe pas à ces opérations militaires avec sa 7e Cie, ce roquet le plus grand donneur de leçons au monde entier, doit rester dans son bac à sable et laisser les grandes personnes s’occuper des affaires sérieuses de ce monde qui a fait de notre charlot guignol charlatan une risée planétaire : il aurait pu sauver Khamenei et lui céder une place de choix dans les bancs de l’Assemblée avec les LFI, allez savoir, ce type est impressionnant avec ses lubies hallucinogènes.
Il est des heures où l’histoire semble retenir son souffle, non pour célébrer la violence mais pour mesurer la portée d’un possible basculement, et si l’on songe à ce que représenterait la disparition du régime né en 1979 sous l’impulsion de Ruhollah Khomeini puis consolidé durant plus de trois décennies par Ali Khamenei, on comprend que l’émotion dépasse le simple frisson stratégique pour toucher à la question plus vaste de la paix mondiale.
Car la République islamique d’Iran ne fut pas seulement un État parmi d’autres, mais le cœur idéologique d’un arc de tensions reliant le Liban, la Syrie, Gaza, l’Irak et le Yémen, soutenant ou inspirant des organisations telles que Hezbollah ou Hamas, finançant des milices, projetant une puissance indirecte qui fit du Moyen-Orient un échiquier permanent où la guerre ne cessait jamais tout à fait.
Dans cette longue séquence, la confrontation avec Israël devint existentielle, presque théologique, et l’hostilité déclarée envers les États-Unis structura une rhétorique de résistance qui, au fil du temps, se mua en système d’influence et de déstabilisation, si bien que la stabilité régionale fut constamment suspendue à la capacité de retenue des acteurs et à la dissuasion nucléaire latente.
On peut dès lors soutenir que l’effacement d’un tel centre de gravité idéologique ouvrirait une fenêtre stratégique inédite, non parce qu’un peuple serait vaincu — car les nations survivent aux régimes — mais parce que la matrice doctrinale d’exportation révolutionnaire serait affaiblie, et avec elle la logique des guerres par procuration qui ensanglantèrent tant de territoires.
Toutefois, comme l’enseignait Spinoza, la paix n’est pas simple absence de guerre mais disposition des esprits à la justice, et rien ne garantit qu’un vide de pouvoir ne fasse surgir des forces plus imprévisibles encore, tant l’histoire regorge de transitions mal maîtrisées où la chute d’un absolutisme engendra le chaos.
Hobbes rappelait que sans autorité reconnue la vie peut redevenir « solitaire, pauvre, méchante, brutale et courte », et ce risque n’est pas théorique dans une région saturée d’armes, de rivalités confessionnelles et d’intérêts géopolitiques croisés impliquant aussi bien les puissances européennes que la Russie ou la Chine.
Pourtant, il serait injuste d’ignorer ce que représenterait, pour le peuple iranien lui-même, la fin d’un système où la contestation fut régulièrement réprimée, où des femmes et des hommes payèrent de leur liberté ou de leur vie l’audace de réclamer des droits élémentaires, et où la souveraineté populaire demeura subordonnée à une légitimité religieuse institutionnalisée.
Si une transition pacifique devait émerger, si un Iran réconcilié avec lui-même choisissait la coopération plutôt que l’exportation idéologique, l’équilibre du Golfe s’en trouverait profondément transformé, la course aux armements atténuée, la menace nucléaire désamorcée par un retour à des accords vérifiables, et la Méditerranée orientale pourrait respirer d’un souffle plus stable.
Certains invoqueraient alors la realpolitik et rappelleraient que les nations poursuivent leurs intérêts au-delà des idéologies, que l’hostilité à l’Occident ne disparaît pas par décret, et que les passions collectives ne s’éteignent pas en un jour, mais l’on ne saurait nier que l’architecture des conflits serait modifiée si le principal foyer d’irradiation stratégique changeait de nature.
Les débats autour de l’intervention extérieure, qu’elle soit assumée ou implicite, diviseraient les consciences, et des figures comme Donald Trump ou d’autres dirigeants seraient tour à tour accusées d’ingérence ou louées pour leur fermeté, mais au-delà des personnes demeure la question philosophique : un ordre international peut-il se consolider lorsque l’un de ses pôles revendique une mission révolutionnaire permanente ?
Simone de Beauvoir écrivait que la liberté ne se reçoit pas, elle se conquiert, et si le peuple iranien venait à redéfinir par lui-même les contours de son destin politique, le signal envoyé aux sociétés voisines serait considérable, démontrant qu’une identité culturelle forte n’implique pas nécessairement un régime fermé.
À l’inverse, si la transition dégénérait en affrontements internes ou en surenchères nationalistes, la région pourrait connaître une phase d’instabilité accrue, les marchés énergétiques seraient secoués, les alliances redessinées dans l’urgence, et la paix espérée se muerait en turbulence prolongée.
C’est pourquoi l’on doit tenir ensemble l’espérance et la prudence, refuser le cynisme qui nie toute amélioration possible mais aussi l’angélisme qui confond chute d’un régime et avènement immédiat de la concorde, car comme le notait Albert Camus, la vraie générosité envers l’avenir consiste à agir lucidement dans le présent, et l’événement, s’il devait advenir, ne serait ni la fin de l’histoire ni son salut automatique, mais l’ouverture d’un chapitre dont la paix mondiale dépendrait moins de l’élimination d’un adversaire que de la capacité collective des peuples et des États à substituer à la logique d’affrontement celle d’une coexistence exigeante, fondée sur la sécurité mutuelle, la dignité des sociétés et la conscience que la stabilité durable naît toujours davantage de la justice que de la peur.
La joie des victimes savourant la vengeance ne doit pas occulter la perversité naïve des inconscients.
La récupération, par l’extrême droite, de la nécessaire défense ne fera jamais oublier que les divisions létales de la démocratie israélienne ont exposé les populations à la tragédie du 7 octobre.
Cela ne justifie en rien le pire orchestré par le Hamas, mais doit faire réfléchir les Européens, pour ne pas s’offrir aux publicités dangereuses qui oublient que Trump comme Netanyahou, à l’image de Poutine ou Xi, comme les mollahs iraniens, ne méritent qu’une chose : la taule !
Que l’éviction de l’unique solution, la parole de réconciliation, éveille enfin le seul peuple indépendant sur cette terre, pour ne pas s’offrir naïvement au plaisir d’un jour et assumer son destin européen, renvoyant ceux qui n’ont que leur croyance en la violence à la réalité de leur désir inconscient : l’autodestruction.
Alors Mélenchon et Le Pen accueilleront la parole de lumière et comprendront qu’il n’est plus temps de la refuser au bénéfice de leur similaire obscurité.
Ils pourront alors prétendre à l’honneur d’être français.