Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Nicolas Sarkozy : une « haine » dont on relève appel…

En retenant l’association de malfaiteurs et un pacte corruptif à l’encontre de Nicolas Sarkozy , entre 2005 et 2007, dans l’obligatoire connaissance qu’il avait des démarches troubles de Claude Guéant et de Brice Hortefeux en Libye, il me semble – mais ce sera discuté devant la juridiction d’appel – que le tribunal a répudié à juste titre l’invraisemblance d’actions engageant la France sur un mode délétère sans que Nicolas Sarkozy en ait été informé.

Il faut des contradicteurs : c’est dans l’intérêt médiatique…

Le scandale ne résidait pas dans les analyses et les propos – la liberté charrie le pire et le meilleur – mais dans l’absence absolue de contradiction dans l’ensemble des séquences. On aurait pu attendre, espérer, une ou des voix dissonantes, discordantes, pour venir apporter un autre point de vue, un regard différent, des amendements souhaitables. Non, rien, le déroulement d’une implacable et constante partialité homogène. Comme si l’on cherchait à nous faire croire que cette mutilation du réel pouvait être la réalité tout entière et que nous en serions dupes. Et c’était sur France 5, chaîne de l’audiovisuel public payé par tous pour aboutir à une vision destinée à quelques-uns !

La loi comme repoussoir…

La loi vécue comme un repoussoir aujourd’hui, par des personnalités dont la qualité républicaine devrait être indiscutable – et d’abord par le respect de la loi parce qu’elle est la loi -, a pour conséquence désastreuse de fragiliser la répression, au nom de la loi pénale, à l’encontre des délinquants et des voyous. Ceux-ci se permettent d’invoquer, le plus sérieusement du monde, le caractère relatif et contingent de cette dernière, puisque d’autres transgressent la loi sans jamais être punis.

La bande du Bellota contre Bruno Retailleau ?

Je prends toujours très au sérieux la politique politicienne, la « poloche » vulgairement qualifiée, parce qu’il ne faut jamais s’imaginer que le destin du pays est mis entre des esprits élevés et des mains nobles, pour ce qui concerne l’ambition de chacun. Il relève, au contraire, de coups fourrés et de la relégation de l’intérêt national au profit de calculs médiocres.

Qui va protéger la police ?

Il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de protéger la police, d’instaurer une responsabilité collective afin que le groupe violent ne puisse plus échapper à sa culpabilité globale, et de refuser, avec l’énergie la plus extrême, la présomption de culpabilité qui confond les rôles, les fonctions et les légitimités.

Didier Laroche : on l’avait bien dit…

Il me semble que ce n’est pas instrumentaliser l’horreur que de considérer que pour la faire cesser, pour éviter qu’elle se reproduise jour après jour, il faudra radicalement changer notre logiciel : l’état de droit n’est pas destiné à nous faire plaisir mais à protéger la société des Laroche réels ou à venir.

Blog transféré prochainement

Notre hébergeur, Typepad, connaît actuellement de fortes perturbations. Cette fois-ci, tous les articles et commentaires publiés depuis le…

L’entre-soi : un confort ou un étouffement ?

Si j’étais comme mon être privé, un tel entre-soi médiatique, ne dédaignant pas, par ailleurs, de dénigrer les points de vue antagonistes, devrait susciter mon assentiment et ne jamais m’apparaître comme un étouffement. Pourtant, en m’examinant, j’éprouve encore plus de malaise devant cet enfermement sans recours que face à mon entre-soi intime qui serait dégradé par d’autres. Comme si l’entre-soi intellectuel et médiatique, se rapportant à des idées, butait sur l’évidente limite d’une homogénéité sans faille, trahissait le principe de la liberté de l’esprit, de cette expérience renouvelée, à la légitimité sans cesse vérifiée, selon laquelle le heurt avec la contradiction d’autrui est la seule manière non seulement de vous préserver de l’enlisement personnel mais aussi de multiplier les chances d’un échange qui vous porterait vers le meilleur.