Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

La loi comme repoussoir…

La loi vécue comme un repoussoir aujourd’hui, par des personnalités dont la qualité républicaine devrait être indiscutable – et d’abord par le respect de la loi parce qu’elle est la loi -, a pour conséquence désastreuse de fragiliser la répression, au nom de la loi pénale, à l’encontre des délinquants et des voyous. Ceux-ci se permettent d’invoquer, le plus sérieusement du monde, le caractère relatif et contingent de cette dernière, puisque d’autres transgressent la loi sans jamais être punis.

La bande du Bellota contre Bruno Retailleau ?

Je prends toujours très au sérieux la politique politicienne, la « poloche » vulgairement qualifiée, parce qu’il ne faut jamais s’imaginer que le destin du pays est mis entre des esprits élevés et des mains nobles, pour ce qui concerne l’ambition de chacun. Il relève, au contraire, de coups fourrés et de la relégation de l’intérêt national au profit de calculs médiocres.

Qui va protéger la police ?

Il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de protéger la police, d’instaurer une responsabilité collective afin que le groupe violent ne puisse plus échapper à sa culpabilité globale, et de refuser, avec l’énergie la plus extrême, la présomption de culpabilité qui confond les rôles, les fonctions et les légitimités.

Didier Laroche : on l’avait bien dit…

Il me semble que ce n’est pas instrumentaliser l’horreur que de considérer que pour la faire cesser, pour éviter qu’elle se reproduise jour après jour, il faudra radicalement changer notre logiciel : l’état de droit n’est pas destiné à nous faire plaisir mais à protéger la société des Laroche réels ou à venir.

Blog transféré prochainement

Notre hébergeur, Typepad, connaît actuellement de fortes perturbations. Cette fois-ci, tous les articles et commentaires publiés depuis le…

L’entre-soi : un confort ou un étouffement ?

Si j’étais comme mon être privé, un tel entre-soi médiatique, ne dédaignant pas, par ailleurs, de dénigrer les points de vue antagonistes, devrait susciter mon assentiment et ne jamais m’apparaître comme un étouffement. Pourtant, en m’examinant, j’éprouve encore plus de malaise devant cet enfermement sans recours que face à mon entre-soi intime qui serait dégradé par d’autres. Comme si l’entre-soi intellectuel et médiatique, se rapportant à des idées, butait sur l’évidente limite d’une homogénéité sans faille, trahissait le principe de la liberté de l’esprit, de cette expérience renouvelée, à la légitimité sans cesse vérifiée, selon laquelle le heurt avec la contradiction d’autrui est la seule manière non seulement de vous préserver de l’enlisement personnel mais aussi de multiplier les chances d’un échange qui vous porterait vers le meilleur.

Anniversaire

Merci pour vos voeux de bon anniversaire. J’y suis très sensible.

Revue des Deux Mondes : crise de couple ?

Il n’y a pas d’impossibilité structurelle à une cohabitation apaisée et de bonne qualité démocratique entre les juges et les politiques. En effet, alors que l’univers judiciaire, au niveau de ses organes de pouvoir, a recouvré son indépendance, et qu’enfin un grand garde des Sceaux s’occupe de son présent et de ses intérêts, je suis persuadé qu’une affirmation plus fière, par les magistrats eux-mêmes, de leur rôle capital dans l’espace républicain, serait paradoxalement un remède. Démontrer, par une pratique libre et intelligente, sans la moindre mauvaise conscience, que ce couple connaîtra des hauts et des bas, à cause seulement de la plus ou moins grande moralité des politiques et de l’obligation pour les juges d’assumer leurs devoirs dans le respect strict de la procédure, de la mission de défense des avocats et de l’attente du citoyen qui ne souhaite pas une justice qui s’enlise mais qui conclut.