Marine Le Pen : on n’est sûr de rien…

Le procès en appel de Marine Le Pen (MLP) et de quelques autres s’est ouvert le mardi 13 janvier.

Jordan Bardella (JB) a réaffirmé son plein soutien à cette dernière « qui convaincra de son innocence ». Sans être nécessairement contre-productif, un tel soutien politique n’aura en tout cas aucune incidence sur le cours de la procédure judiciaire à venir.

Je ne crois pas non plus que, pour la juridiction d’appel, le fait que l’éventuel remplaçant de Marine Le Pen en vue de l’échéance présidentielle soit déjà désigné puisse exercer une quelconque influence sur l’arrêt à intervenir, lequel, quelle qu’en soit l’issue, aura tout intérêt à se fonder sur des éléments strictement juridiques, contrairement au jugement de première instance qui s’est aventuré – au moins pour ce qui relève de l’exécution provisoire – dans une argumentation davantage politique que technique.

Ayant suivi attentivement les débats de première instance en pratiquant un pluralisme médiatique – et ma lucidité n’est pas rétrospective ! -, j’avais été surpris par l’option maximaliste retenue par Marine Le Pen, même si elle correspondait à son tempérament et avait conduit son unique avocat à plaider dans le même esprit.

On connaît la condamnation qui a suivi, assortie de l’exécution provisoire et de ses effets potentiellement désastreux sur l’avenir présidentiel de la candidate officielle du RN.

Il me paraissait clair que, d’une manière ou d’une autre, une autre ligne de défense serait envisagée en appel. Le fait que Marine Le Pen dispose désormais de deux avocats – l’un pour le Parlement européen, l’autre pour le parti -, que chacun des appelants ait dorénavant son propre conseil et que la communication sera davantage contrôlée constitue un élément non négligeable, mais ce n’est pas l’essentiel.

Il va résider dans l’obligation pour MLP – sans qu’elle opère un revirement complet et tout en continuant à proclamer son innocence – de développer une argumentation moins impérieuse et plus modeste. Cette évolution devrait la conduire à moins s’opposer frontalement au droit européen qu’à s’en prévaloir, en exploitant ses zones d’ambiguïté afin de justifier le comportement collectif des assistants parlementaires mis en cause. Sans aller jusqu’à la résipiscence, elle fera valoir une attitude de bonne foi qui la fera sortir de ses dénégations intégristes et pourrait lui valoir une écoute plus bienveillante.

Déjà, en affirmant d’emblée « qu’elle n’a aucun sentiment d’avoir commis la moindre infraction », elle a placé la barre moins haut et s’est campée en innocente moins sûre d’elle. Cette formulation est révélatrice d’un climat de moindre affrontement.

En effet, il est fondamental, à quelque niveau juridictionnel que ce soit, de toujours ménager une porte de sortie lorsque l’argumentation principale ne convainc pas, plutôt que de s’enfermer – et les juges avec et contre soi – dans une logique du tout ou rien.

Mais il faut prendre garde à ce que cette volte-face n’apparaisse pas comme insincère, voire purement utilitaire, d’autant plus que, depuis des mois, on avait presque l’impression que, médiatiquement parlant, la défense du RN s’élaborait à ciel ouvert. Il est évidemment permis de modifier son comportement et ses arguments en appel, à condition toutefois que cette nouvelle posture ne soit pas cousue de fil blanc, au point de donner le sentiment d’un jeu consistant, après avoir d’abord brûlé tous ses vaisseaux, à chercher ensuite trop ostensiblement à en sauver quelques-uns.

J’en viens naturellement, pour conclure, au rôle capital des avocats dans les procès où la politique vient troubler l’apparente objectivité du droit. Dans les causes perdues, lorsqu’on s’en prend à la justice et que l’on met en cause ses juges, il est frappant de voir que, parmi les explications avancées pour justifier l’échec judiciaire, n’est presque jamais évoquée la possible insuffisance des conseils, la maladresse de leurs plaidoiries, leur excès de certitude, proche parfois de l’arrogance, de l’emporter, et plus généralement, leur échec dans cette obligation de convaincre.

Pour Marine Le Pen, rien n’est acquis. C’est déjà beaucoup que de le savoir et d’en tirer, en conséquence, l’attitude appropriée.

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François Mitterrand, socialiste, a beaucoup "privatisé" !

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  1. Julien WEINZAEPFLEN

    « [L’arrêt à venir] aura tout intérêt à se fonder sur des éléments strictement juridiques, contrairement au jugement de première instance qui s’est aventuré – au moins pour ce qui relève de l’exécution provisoire – dans une argumentation davantage politique que technique. » (PB)

    On doit pourtant reconnaître que le jugement de première instance justifiait l’exécution provisoire par une défense si négatrice de tout détournement qu’elle pouvait laisser craindre un risque de récidive, ce qui constitue certes une régression du droit à la défense, mais a néanmoins vu juste, non pas s’agissant de Marine Le Pen, mais de Jordan Bardella, l’ancien poulain-dauphin qui la soutient comme un Brutus qui continuerait de flatter Césarine tout en la poignardant dans le dos.

    La récidive de Jordan Bardella est de s’être fait financer des séances de médiatraining (dont tout son itinéraire montre qu’il en a un besoin quasiment obsessionnel) par le même Parlement européen qui s’était montré sourcilleux sur le non-respect de l’affectation exclusive de sa trésorerie à des positions du député sur la législation et sur la politique européenne, intransigeance qu’on peut juger suspecte, comme je suis sensible à l’argument présenté par Bruno Gollnisch, qui déjà parlait trop hier soir sur Radio Courtoisie : « Débusquez la manœuvre, expliquait-il. Vous condamnez Marine Le Pen, vous mouillez Jordan Bardella et la République est sauvée, bon sang, mais c’est bien sûr. »

    Il n’empêche qu’on aimerait être dirigé par des politiciens qui ne se comportent pas comme des voyous, qui ne détournent pas l’argent public et aussi qui ne se renient pas, qui ne changent pas d’avis tous les quatre matins, qui ne sont pas contre la loi Veil un jour, puis votent presque comme un seul homme pour la constitutionnalisation du droit à l’avortement, qui ne sont pas socialistes un jour et libéraux le lendemain, qui ne sont pas antisémites à leur fondation et sionistes tendance likoudiste quand Benyamin Netanyahou est aux commandes d’un Israël aux menées génocidaires ou dont la barbarie vis-à-vis des Gazaouis et des habitants de la Cisjordanie n’a rien à envier aux répressions iraniennes.

    En un mot, on aimerait des politiciens qui ont une colonne vertébrale et on aimerait voir dans le Rassemblement national, pour autant qu’on n’y soit pas allergique par principe (ce n’est pas mon cas, le FN puis le RN m’ont toujours paru des partis intéressants qui méritaient de compter dans le débat public), qui n’offre pas le contraste saisissant d’être incarné successivement par le flamboyant Jean-Marie Le Pen, qui carburait à la colère, et le tendre Jordan Bardella, qui pèse ses mots, a les cheveux bien rangés et ne veut jamais commettre la moindre bévue.

  2. Robert Marchenoir

    @ Serge HIREL – le 14 janvier 2026
    « Il y aurait un souverain suprême, « le peuple » (…) »
    « …Et la Constitution, qui, dans son article 3, dit que « la souveraineté nationale appartient au peuple », serait donc un conte de fées débitant des « utopies »… »

    Il faudrait vraiment que vous alliez vous acheter un cerveau. À chacune de vos réponses, on se demande si vous êtes vraiment à ce point en situation de pénurie cognitive, ou si vous vous moquez simplement du monde.

    Copier-coller un bout de mon texte, puis copier-coller un bout de la Constitution, les mettre l’un à côté de l’autre et prétendre ne pas avoir lu le raisonnement qui expose mes idées, c’est dans quelle école de journalisme qu’on vous a appris ça ?

    Vraiment, vous n’êtes pas en mesure de comprendre la différence entre la démocratie représentative basée sur l’équilibre des pouvoirs, le respect de la loi et l’indépendance des juges, d’une part, et d’autre part, des fantasmes de démocratie directe où le peuple réclame le mandat impératif, le référendum révocatoire et la possibilité d’annuler, par son vote, des peines d’inéligibilité prévues par la loi ?

    Face à une telle mauvaise foi, il est inutile de lire le reste de votre blabla. Comme d’habitude.

  3. Mary Preud'homme

    Étant donné que la séparation des pouvoirs est de plus en plus bafouée, voire n’existe plus, les juges gauchistes politisés jusqu’au slip auraient tort de se gêner pour continuer leur petit manège sournois et autres combines foireuses de mise en coupe réglée, par les moyens les plus retors, visant à éliminer tout adversaire politique. Ce qui importe seulement pour parvenir à leurs fins étant, selon leur vulgate déformée et sectaire, moins les faits reprochés aux mis en cause que l’appartenance de ces derniers à un parti politique diabolisé et quasiment frappé d’anathème.

    À noter que j’avais déjà tenté de publier ce commentaire, qui s’est retrouvé perdu pour cause de maintenance de l’hébergeur du blog.

  4. Hors sujet ?… pas tant que ça !

    « CNews l’a fait savoir à l’AFP, mercredi soir : “Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l’antenne.” »

    Du vice, oui, mais de la tenue !

    On attend avec intérêt les prises de position des moralisateurs bien-pensants ayant leur rond de serviette chez CNews… à défaut de son prédécesseur à l’antenne, Pascal Praud…

    M’est avis que leur silence sera assourdissant : « la présomption d’innocence ! » vont-ils vous susurrer, un peu honteusement, compte tenu de l’arrêt de la Cour de cassation.

    Tartuffes !

  5. Nul ne sait quel sort la cour d’appel va réserver à Marine Le Pen. Cependant, comme Philippe, il me semble qu’ayant apparemment modifié son axe de défense, elle offre à ses juges la possibilité de ne pas être quasiment obligés de confirmer le jugement de première instance et d’être plus cléments à son égard que leurs prédécesseurs.

    Côté accusation, le fait que le Parquet national financier n’est plus piloté par le même président que lors du premier procès peut aussi changer la donne… On s’en est aperçu dès aujourd’hui, le parquet général ayant indiqué que MLP n’aurait pas dû être punie pour « complicité » dans le volet de l’affaire concernant une dizaine de contrats litigieux. Mais rien ne dit que cela n’est pas reculer pour mieux sauter…

    Quoi qu’il en soit, ce procès est et restera politique. Il l’a été dès le début de l’affaire et le demeurera à jamais, que MLP soit condamnée ou acquittée. Quelle que soit l’issue de l’appel, son impact sur la prochaine élection présidentielle est d’ores et déjà avéré.

    Politique dès le début de l’affaire… On remarquera que le Parlement européen a mis cinq ans (2009-2014) pour s’apercevoir que les attachés parlementaires des eurodéputés FN travaillaient dans les locaux parisiens du parti ; pour supposer que, de ce fait, ils étaient aussi au service de celui-ci — ce que MLP n’a jamais contesté — ; pour consulter les points de son règlement intérieur concernant le rôle de ces personnels ; pour découvrir que, ce faisant, ils n’étaient pas dans les clous ; et pour alerter la justice, ou, plus exactement, l’OLAF, un service de la Commission européenne, qui lui-même a fait suivre aux magistrats réputés rouges du PNF.

    Ceux-ci ont confié l’enquête à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales… dont les limiers antifraude ne se sont pas intéressés aux interprétations différentes que faisaient MLP et le Parlement du fameux et complexe règlement intérieur… Ce qui a abouti au procès de l’hiver dernier et à celui en appel qui débute.

    Inutile de dire que, bien entendu, le fait que l’affaire a débuté sous la présidence du Parlement européen exercée par un socialiste (SPD) grand teint est une simple coïncidence, et que la Commission a laissé toute liberté à l’OLAF pour mener ses investigations comme il l’entendait… Simple hasard aussi si le PNF semble moins pressé de s’intéresser au cas similaire des eurodéputés LFI, et si ceux du MoDem, accusés eux aussi de « détournement de fonds publics », attendent patiemment leur procès en appel…

    Circulez… Si on vous dit que ce n’est pas politique… Croyez-le !

    Quant à l’impact sur la prochaine élection présidentielle, ce mardi, il n’y avait qu’à ouvrir Le Monde pour le constater. Sur près de deux pages, le « grand-quotidien-du-soir » étale un sondage qui n’aurait pas eu de raison d’être si la justice, en condamnant MLP à l’exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité, n’avait pas créé le besoin pour elle de prévoir un plan « B »… « B » comme Jordan Bardella.

    Sous couvert d’information, le seul objectif de cette étude, qui donne l’impression qu’ils se présenteraient tous les deux, est de différencier les candidatures de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, en insistant surtout sur le ressenti des électeurs… et, en particulier, ceux du RN… Ben voyons… Rien que de l’info, n’est-ce pas ?

    On y apprend par exemple que 70 % des électeurs du RN — « frontistes » dans le jargon de L’Immonde — jugent que JB est en meilleure position pour accéder à la présidence que MLP (20 %)… Ou que 56 % d’entre eux estiment qu’il « ferait un meilleur président » qu’elle (29 %)…

    Toute personne qui verrait là une tentative de semer la zizanie entre les deux têtes du RN serait bien sûr un complotiste qui s’ignore. Toute personne qui, établissant un lien entre la date de publication de ce sondage défavorable à MLP et celle du début de son procès en appel, imaginerait une volonté du journal de la déstabiliser, serait un vulgaire agitateur sans cervelle… Pensez-vous ! Le Monde n’est pas capable d’oser une si odieuse manœuvre ! Ben voyons…

    Et ce n’est que le début d’un long mois d’audiences… avant un verdict en juin… qui décidera, sinon du nom du prochain (ou de la prochaine) chef de l’État, du moins de celui du candidat (ou de la candidate) qui, dès maintenant, a le plus de chances d’accéder à l’Élysée.

  6. Le problème n’est pas tant l’invasion islamiste criminelle dénoncée par le RN, à juste titre, chiffres et preuves à l’appui ; c’est le nombre impressionnant de citoyens français collabos, soumis à la destruction de leur pays par ces hordes, meutes barbares islamistes, qui tuent, égorgent, brûlent, saccagent en toute impunité.

    Des chroniqueurs soumis au pouvoir, Zéribi, Joffrin, Brossat, Dartigolles, Aphatie, les syndicalistes policiers blablateurs sur toutes les chaînes, toute la lie de la fange nauséabonde des merdias d’extrême gauche — Le Monde immonde, Libé PQ gauchiasse, France sphincter, etc. — sont chargés de réciter en boucle le chapelet islamiste macronien en stigmatisant ceux qui refusent de se soumettre comme étant des affreux fachos racistes : Zemmour, Bilger, Goldnadel, Charlotte d’Ornellas, Roufiol, Messiha, Bigot…

    Beaucoup de débats enflammés depuis des années, et rien ne bouge.

    Aucun débat chez les islamistes, sauf peut-être sur la taille de la lame du couteau la plus propice à l’égorgement, à la décapitation ; ils avancent sans peur et sans reproche. Leurs alliés du pouvoir, des collabos de gauche, et surtout la justice criminelle de Ducon-Moretti, séditieux, félons, factieux, antirépublicains, traîtres à la France, sont chargés, par les médias aux ordres, de minimiser et d’excuser leurs crimes en pointant du doigt le pire danger qui nous guette.

    Langue au chat ?

    Le RN, bingo ! Ben voyons, et lui seul ! Pôv’ petit parti insignifiant qui ne ferait mal à aucune mouche, mais il restera toujours l’alibi confortable, coupable désigné de la déchéance et de la destruction du pays par les vrais responsables, pas coupables : mafieux macroniens, islamo-gauchistes, fachos nazis… on croit rêver !

    Bravo à tous ces résistants d’extrême droite patriotes : l’avenir leur rendra justice et bravoure. Il n’en sera pas de même des macroniens islamo-gauchistes de la honte et de la trahison, qui auraient envoyé Jean Moulin dans les sous-sols de la Gestapo dans les années 40 pour crime d’avoir voulu résister à l’ennemi.

  7. @ Florestan68
    « Quand on voit l’apathie des Français face à ces juges investis d’une mission de salut public, on peut imaginer que tout sera fait pour empêcher le RN de gagner. »

    En parlant d’Aphatie, le vrai, un fou à lier :
    Aphatie, de sinistre mémoire, bien avant Facebook et autres réseaux sociaux, sévissait sur le Net avec un blog de RTL masqué sous le pseudo de Kid Carson, où il déversait des tombereaux d’injures sur les participants de son blog. Il censurait, menaçait de poursuivre en justice, insultait tous ceux qui osaient le défier et le contrarier sur tous les sujets divers et variés concernant les faits politiques du jour.

    C’était l’époque Sarko, gare à ceux qui, même modérés, osaient le contredire sur les calomnies, les caricatures et les attaques ad nauseam, ad hitlerum, qu’il vomissait contre ce président ; ils étaient radiés sur-le-champ avec moult noms d’oiseaux.

    Aphatie a été le premier à inaugurer les réseaux sociaux de la haine absolue, dialogues, échanges modérés et tolérants interdits, seules les confrontations d’insultes les plus terribles étaient la marque de fabrique du blog d’Aphatie, une horreur à l’image de ce triste sire qui pataugeait lamentablement dans l’insignifiance, ce qui le rendait fou de rage.

    Je me souviens qu’en haut à droite de la page du blog, il y avait la photo de Martichoux, mais la rédaction de RTL n’avait aucune charte de bonne conduite, d’où les excès de ce grand malade autorisés, tolérés, encouragés, les buzz, même les plus débiles, étant prioritaires sur la morale de cette station.

  8. Robert Marchenoir

    @ Tipaza – le 14 janvier 2026

    Je dois admirer, une fois de plus, votre capacité à pontifier interminablement en enfilant les sarcasmes. Lorsqu’on parvient, enfin, au bout de votre texticule, on s’aperçoit qu’une fois de plus, vous n’avez rien dit. Mais vous avez l’air très content de vous.

    Serait-ce trop vous demander que de fournir un argument, un seul, à l’encontre de l’État de droit ? J’ai fourni les miens en sa faveur. Si vous prétendez me contredire, la moindre des politesses intellectuelles serait que vous alliez plus loin que : « L’État de droit c’est caca, puisque mon clan politique passe son temps à le dire ».

    Sinon, point par point :

    « C’est beau comme l’Antique – une de mes formules préférées – lorsqu’un poncif est étalé sans complexe. »

    L’État de droit n’est pas un poncif. C’est l’une des bases de la civilisation politique occidentale. Mais les flics politiques dans votre genre pensent qu’on devrait être « complexé » d’avoir des opinions contraires aux leurs. On se demande bien pourquoi. Faire honte, intimider, ridiculiser plutôt qu’argumenter et étayer son opinion : l’éternelle perversion des micro-dictateurs en puissance.

    « Notre collègue Marchenoir est-il un humoriste ou est-il un suppôt de la bien-pensance comme le remarquait Robert à propos d’Achille, dans un billet précédent ? »

    Bien-pensance : encore un mot qui ne veut rien dire. Lorsqu’on est incapable de défendre une philosophie politique, on dit : bien-pensance, et ça veut dire : mal-pensance.

    Autrement dit : y’a les gens qui pensent comme moi, et ça c’est les gentils, et y’a les gens qui pensent pas comme moi, et ça c’est les méchants. Heureusement que vous avez fait de longues études pour arriver à un tel niveau de sagesse. Qu’est-ce que ce serait si vous étiez un écervelé à moitié analphabète !

    Quant à votre accusation selon laquelle je soutiendrais le pouvoir en place, ou l’opinion dominante, ou je ne sais quel consensus majoritaire, il me suffit de rappeler les faits suivants pour montrer à quel point elle est grotesque.

    Je suis le seul, ici, à rappeler régulièrement que l’une des raisons principales pour lesquelles l’immigration de masse doit être impitoyablement combattue, est que l’essentiel de ses représentants sont issus de races qui possèdent en moyenne une intelligence dramatiquement inférieure à la nôtre : de 70 à 80 de quotient intellectuel, contre 100 pour les Blancs.

    Que ce niveau d’intelligence correspond, chez les Blancs, à un handicap mental léger. Que ce défaut d’intelligence est dans une large mesure à l’origine de la prodigieuse sur-délinquance des immigrés. Qu’il rend ceux qui en sont affectés incapables de fonctionner dans une société aussi sophistiquée que l’Occident, largement basée sur l’intelligence. Que le simple maintien de cette civilisation (l’entretien des bâtiments, celui des réseaux électriques…) ne peut être assuré par des hommes dotés d’un tel déficit intellectuel – ne parlons pas de la faire progresser pour l’adapter aux défis contemporains.

    Et que l’intelligence est, dans une très large mesure, héréditaire, gouvernée par la biologie, et donc ne peut être améliorée par quelque politique éducative ou étatique que ce soit.

    Puisque ça vous amuse tant de vous amuser, amusez-nous, et dites-nous quel parti politique, quel groupe d’influence, quelle personnalité politique, quel intellectuel en France a jamais osé énoncer cette vérité, de l’ultra-gauche à l’ultra-droite.

    Et tant qu’à faire, puisque vous prenez la pose du rebelle, indiquez-nous à quel moment vous auriez, vous, développé ce thème ici – ou, d’ailleurs, n’importe lequel des autres commentateurs.

    Allez-y. Faites-nous rire.

    Je suis le seul, ici, à défendre la suppression de la Sécurité sociale au profit de la mise en concurrence d’assureurs-maladie privés.

    Là encore, amusez-nous. Expliquez-nous à quel moment « Macron », ou « le Système », ou n’importe quel parti politique, ou n’importe quel groupe de pression, ou n’importe quel politicien ou journaliste aurait défendu une telle thèse. Expliquez-nous ce qui arriverait à celui qui oserait le faire.

    Dites-nous à quel moment vous avez, vous, réclamé la suppression de la Sécurité sociale. Dites-nous à quel moment les commentateurs les plus « rebelles » de ce blog l’auraient fait.

    Je suis le seul, ici, à récuser entièrement le gaullisme – pas comme cela se fait traditionnellement à l’extrême droite, en crachant sur De Gaulle au motif de l’Algérie, mais en le portant aux nues à chaque fois qu’il est question de politique étrangère, d’agriculture ou de l’éradication des verrues plantaires chez le clergé bas-breton, tout en défendant des politiques que le Général aurait combattues avec la dernière énergie.

    Là encore, expliquez-nous qui, chez les Importants, au sein du Système, dans l’opposition, voire chez les rebelles professionnels que ce blog s’honore d’accueillir, défendrait une telle position.

    Donc, voyez-vous, si vous voulez vous engager dans un concours de rebellitude et de mal-pensance avec moi, vous allez avoir beaucoup, beaucoup d’efforts à faire.

    « Parce que, utiliser ‘l’État de droit’ comme référence ultime de la vie démocratique, c’est amusant, enfin, un peu… »

    Ce n’est pas la référence ultime. Il n’y a pas de référence ultime, contrairement à ce qui se passe dans le monde purement idéologique et partisan qui est le vôtre. L’État de droit est bien, en revanche, un pilier de la démocratie.

    Tout le monde se tape de votre « amusement » éventuel. Le fait que vous ricaniez bêtement face à une idée qui vous dépasse ne l’invalide nullement ; elle invalide, en revanche, toute tentative de réfutation de votre part. Il s’agirait, pour vous, d’expliquer en quoi la démocratie pourrait exister en l’absence de l’État de droit.

    « Le Conseil d’État, garant par définition de l’État de droit, vient de déclarer licite l’écriture inclusive. Je pourrais citer mille et un détournements de cet ‘État de droit’, mais celui-là me paraît très fort dans la mesure où il mélange culture et politique, c’est à dire le fondement d’un pays et sa vie quotidienne. »

    Nous arrivons, enfin, au seul semblant d’argument de votre poussive tentative. Malheureusement, cela n’en est pas un.

    Tout d’abord, cette décision du Conseil d’État ne met nullement en péril l’État de droit. Vous la pensez mauvaise, c’est mon avis également, mais elle n’a rien à voir avec l’État de droit.

    L’organisme en question s’est contenté de juger que les textes officiels pouvaient faire usage de l’écriture dite inclusive. Je ne vois pas en quoi cela violerait la Constitution, remettrait en cause l’équilibre des pouvoirs ou donnerait un blanc-seing à l’État pour violer les lois qu’il s’impose à lui-même. Ce qui est l’essence de l’État de droit.

    Cet État de droit qui est aboli par Donald Trump lorsqu’il affirme, par exemple, que la seule limite qu’il se donne pour ses décisions de politique étrangère, c’est sa propre morale (et non, par exemple, la Constitution américaine, le droit international ou le vote du Congrès qui est obligatoire pour partir en guerre). Ou lorsqu’il dit que celui qui sauve son pays (une notion éminemment subjective qui n’est arbitrée par personne) n’est contraint par aucune loi.

    Certes, la décision du Conseil d’État que vous évoquez est une décision de gauche, mais de même que les gauchistes ont tort de prétendre que l’État de droit c’est l’État de gauche, de même il serait fallacieux et malhonnête de prétendre que l’État de droit c’est l’État de droite.

    Le fait qu’un organisme de l’État français, nommé le Conseil d’État, ait pris la décision A, B ou C en janvier 2026 n’a strictement rien à voir avec la validité de la notion de philosophie politique qu’on appelle l’État de droit. Cette notion s’applique à travers la terre entière et durant la totalité de l’histoire humaine, celle des millénaires passés comme ceux à venir.

    Si vous voulez la récuser, il va vous falloir le faire par un raisonnement de philosophie politique universel, s’appliquant en tout temps et en tout lieu.

  9. Si la justice était si politique, alors, elle absoudrait Marine Le Pen. Elle est sûre de perdre la présidentielle, alors que le jeune tendron…

  10. Comme vous le dites, cher Philippe, on n’est sûr de rien… Même MLP n’est plus sûre d’elle puisque aujourd’hui, elle n’a aucun sentiment d’avoir commis la moindre infraction ! La bonne blague ! Rappelez-moi sa profession ? Ah ! Félicultrice… Donc bien sûr, elle ne pouvait pas savoir.
    4 millions, une paille selon Serge HIREL. Ouais, 600 000 € pour Cahuzac, c’était une plume…

    Étonnante cette indulgence à deux vitesses. Que ça plaise ou non, c’est Marchenoir qui a raison. Ce n’est pas au « peuple » (si tant est que ce machin invoqué à tort et à travers signifie encore quoi que ce soit) de trancher si MLP a commis un délit ou non. Et morale et règlement n’ont rien à faire ensemble.

    En Suède, les parlementaires n’ont pas d’assistants. Ils dorment dans un petit appartement et paient avec leur propre argent tout ce dont ils ont besoin, jusqu’au café. Les ministres, sauf le Premier, n’ont point de chauffeur.
    Et un usage illicite de quelques couronnes peut les pousser à la démission.

  11. Petite question à ceux-qui-savent-tout : En quoi l’article 432-15 du code pénal s’applique-t-il à un parlementaire ?
    Merci.

  12. Ils auraient tort de se priver les MLP et Cie, si mes souvenirs sont bons, et si ma mémoire est fiable, il était à l’article de la mort, il n’y a pas qu’à côté de chez nous à Lourdes que les miracles existent.

    « Le tribunal d’application des peines d’Evreux a accordé lundi à Patrick Balkany la libération conditionnelle pour les 18 mois de prison qu’il lui reste à purger après sa condamnation en 2023 pour plusieurs délits financiers. »
    https://www.facebook.com/AFPfra/posts/%EF%B8%8F-le-tribunal-dapplication-des-peines-devreux-a-accord%C3%A9-lundi-%C3%A0-patrick-balkany-/1290283809800116/

    Il avait demandé la levée de son inéligibilité, mais la cour d’appel de Paris a rejeté sa demande en novembre 2025.
    Sa peine d’inéligibilité de 10 ans, prononcée après sa condamnation pour fraude fiscale et blanchiment aggravé, reste donc en vigueur. Résultat : il ne peut pas être candidat aux municipales de 2026. Ouf ! Nous sommes sauvés ! Mais il affiche une telle vigueur qu’il devrait l’instiller à tous les maires qui ont le blues, lui il est prêt à les remplacer sans problème.

  13. Faut arrêter de se la raconter, ils trichaient comme d’autres l’ont fait, Fillon est un exemple parmi tous ceux qui se font « pesquer ». Ils trichent donc en se pensant intouchables, ou si peu — et en toute connaissance de cause — c’est du pognon facile, cela démontre surtout que ces députés sont bien trop de temps à eux, trop nombreux, ils arrivent non seulement à bricoler sur plusieurs moteurs à la fois sans se faire péter la caisse.

    Je me fiche que MLP soit condamnée, elle le sera sans aucun doute, et puis personne n’est irremplaçable, même par un gamin de cour d’école.

    Par contre le FN/RN ne sera jamais au pouvoir, les Français sont des cabochards en général mais ils auront la trouille de ces personnages qui ont montré leurs limites.

  14. xavier b. masset

    Cette affaire est une disputation de troisième rideau juridique qui aurait fait bâiller les basochiens du divin Moyen Âge.

    Au plus grand bonheur caché de MLP, qui a toujours craint de gouverner, M. Bardella a percé le plafond de verre électoral qui jusqu’ici barrait ou gênait la pousse des cheveux du RN.

    Prendre les institutions européennes pour un guichet salarial était bancal, comportait un risque.
    Comme disait l’autre : « I fought the Law and the Law won. »

    Ne pas requérir l’inégibilité une seconde fois, quoique bien glosé dans votre billet, me paraîtrait comme se dédire inutilement, nier son pouvoir d’exemplarité.

    Le Parquet fit appel de la relaxe de M. Bayrou dans un procès de même nature concernant son MoDem.

    Les tribunaux français nagent dans les hypothèses qui confinent à la spéculation, à la trop fluide viscosité.

    L’absence de preuves étant érigée au rang des beaux-arts par nos partis politiques, très peu stables idéologiquement mais très fermement campés sur un « pas vu, pas pris » mentalement de rigueur.
    C’est du joli…

  15. @ Robert Marchenoir le 14 janvier 2026
    « Que de questions, et si peu de réponses… Ou plutôt une, bien connue et qui a fait ses preuves : l’État de droit. »

    C’est beau comme l’Antique – une de mes formules préférées – lorsqu’un poncif est étalé sans complexe.
    Notre collègue Marchenoir est-il un humoriste ou est-il un suppôt de la bien-pensance comme le remarquait Robert à propos d’Achille, dans un billet précédent ?

    Parce que, utiliser l' »État de droit » comme référence ultime de la vie démocratique, c’est amusant, enfin, un peu…

    L' »État de droit », expression valise – valise sans poignée – dans laquelle on peut mettre ce que l’on veut, relève de l’humour gaulois ou de la mauvaise foi la plus affirmée.
    Un « État de droit » – droit comme un Z – qui prend des chemins de traverse pour s’octroyer des droits que le Droit ne lui confère nullement.

    Un exemple récent, apparemment mineur, mais qui ne l’est pas, car il montre la dérive, l’incompétence et au bilan l’idéologie comme fondement du droit vu par l' »État de droit ».

    Le Conseil d’État, garant par définition de l’État de droit, vient de déclarer licite l’écriture inclusive.

    De quel droit, je veux dire, quelle est sa compétence en langue française pour modifier la langue de cette façon ?

    Il s’agit simplement (?), pour ledit Conseil, d’imposer un des vecteurs de l’idéologie woke, le langage inclusif.
    Évidemment l’Académie française a réagi, mais que croyez-vous qu’il se soit passé ?

    https://www.academie-francaise.fr/actualites/communique-sur-la-decision-du-conseil-detat-relative-lusage-de-lecriture-inclusive

    Rien, l' »État de droit » décide souverainement de la langue et impose sa façon d’écrire contre l’avis de ceux qui sont chargés de protéger, de faire évoluer la langue, mais qui hélas pour eux, ne sont pas les décideurs, ni les porteurs de cette valise sans poignée, remplie de bombes à retardement.

    Manipuler la langue est une bombe à retardement pour les générations futures ; penser et s’exprimer vont de pair.
    L’Académie avait déjà exprimé son opposition à ce poison, pour les générations futures, qu’est l’écriture inclusive.

    https://www.academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-lecriture-dite-inclusive

    Je pourrais citer mille et un détournements de cet « État de droit », mais celui-là me paraît très fort dans la mesure où il mélange culture et politique, c’est à dire le fondement d’un pays et sa vie quotidienne.

  16. Zemmour, Fillon, Le Pen, Bardella, etc. : tous d’extrême droite ou pas, inutile de faire de longs discours moralisateurs. Nous vivons sous une dictature macronienne qui élimine le plus dangereux de ses adversaires par des moyens diaboliques et machiavéliques : cabinets noirs, justice à genoux aux ordres du perruqué, gauchisterie complice, etc.

    Tout le monde l’a compris : je parle des gens de la rue, des vrais, et qui iront tous voter RN en réaction, moi le premier, bien que je les trouve trop mous, la France ayant besoin d’un Trump ou équivalent.

    Mais ce pays de débiles profonds peut crever, rien à cirer.

  17. Xavier NEBOUT

    Le RN ne bénéficiant pas, comme les autres partis, des myriades de combines fraternelles via une infinité d’associations financées indirectement par le contribuable pour se financer, les élus versent leur rémunération au pot commun, et l’on redistribue.

    Alors, même si ce n’est pas réglementaire, il n’y a rien de moralement répréhensible. Ce qui est, au contraire, répréhensible sur le plan moral, c’est que les élus ne soient pas libres de faire ce qu’ils veulent de leur rémunération.

    Imagine-t-on un patron dire à ses salariés qu’ils n’ont pas le droit de virer leur salaire sur le compte du ménage ?

    De même, en quoi F. Fillon n’avait-il pas le droit de payer sa femme à ne rien faire plutôt qu’un autre à faire semblant ?

    Si MLP devait partir en prison pour deux ans, on peut y mettre tous les membres du CESE pour vingt ans.

  18. Robert Marchenoir

    J’aimerais réfuter d’avance l’un des arguments politiques les plus souvent entendus. Je ne ne suis pas sûr qu’il fasse partie de la panoplie juridique de Marine Le Pen, mais beaucoup de ses partisans l’ont employé pour la défendre : quelle que soit la matérialité des faits imputés, ce serait au peuple de trancher par son suffrage lors de l’élection présidentielle ; l’intervention des juges dans cette affaire serait un déni de démocratie.

    Je dirais : c’est le contraire. C’est justement si Marine Le Pen était coupable de ce dont on l’accuse que la justice devrait l’empêcher de se présenter à l’élection. L’intérêt général consiste à ce que les personnes autorisées à se présenter à la magistrature suprême fassent preuve d’un minimum d’intégrité.

    Les lepénistes renversent la proposition, et disent : puisque l’immigration de masse est un désastre et que seule Marine Le Pen peut nous en préserver, alors elle doit pouvoir se présenter quels que soient les délits qu’elle ait pu commettre par ailleurs. Mais on voit bien à quel point cette pente est glissante avec l’expérience Donald Trump.

    Soutenir que le peuple a le droit d’amnistier les délits en fonction de ses préférences politiques, c’est exactement ce que fait Trump pour son compte lorsqu’il distribue des grâces à
    tour de bras à ceux qui l’ont soutenu. Ou, à l’inverse, lorsqu’il menace de poursuites pénales le président de la banque centrale, pour un prétexte sans base juridique, parce qu’il résiste à ses injonctions de baisser les taux d’intérêt. Un épisode qui vient de se produire et qui fait dire à de nombreux commentateurs américains que les États-Unis sont devenus une république bananière.

    Soutenir l’exception présidentielle en faveur de Marine Le Pen, c’est défendre une version pervertie et inopérante de la démocratie : la démocratie directe, érigée en modèle par les Gilets jaunes. Il y aurait un souverain suprême, « le peuple », et l’on devrait obéir sur-le-champ à tous ses caprices.

    Il est clair qu’il s’agit là d’une utopie, et que si l’on essaye de l’appliquer, elle peut conduire à la pire des tyrannies, comme toutes les utopies. La démocratie requiert la limitation et l’équilibre des pouvoirs. Prétendre que faut l’faire parce que « le peuple » le veut, indépendamment de toute contrainte constitutionnelle, juridique ou institutionnelle, c’est ouvrir la voie à la dictature (et je ne parle même pas de la définition de la notion de peuple, ou de l’ambiguïté possible de l’expression de sa volonté).

    De plus, les lepénistes devraient nous dire dans quels cas joue cette exception, sachant qu’elle n’est inscrite nulle part dans la loi : seulement pour leur championne, ou bien aussi pour leurs adversaires politiques ? Seulement pour l’élection de 2027 ? Seulement pour les élections présidentielles ? Si un candidat à la mairie de Mézynou-une-Tournée a tripoté des petits garçons mais qu’on l’aime beaucoup beaucoup pour une raison X ou Y, il faut passer l’éponge, aussi ?

    Que de questions, et si peu de réponses… Ou plutôt une, bien connue et qui a fait ses preuves : l’État de droit.

    1. « Il y aurait un souverain suprême, « le peuple » (…) »

      …Et la Constitution, qui, dans son article 3, dit que « la souveraineté nationale appartient au peuple », serait donc un conte de fées débitant des « utopies »…
      Quelle erreur de ma part ! Jusqu’à maintenant, je croyais que, dans notre belle démocratie, jugeant « au nom du peuple français », le juge — avec une indépendance certaine — exerçait néanmoins une délégation que celui-ci lui avait accordée… et que, dès lors, exclusivement dans une affaire mettant en cause des personnalités politiques dans l’exercice de leurs fonctions, le peuple, s’il le désirait, pouvait se passer de lui et juger lui-même… en allant voter.

      En tout cas, c’est ainsi que les Américains conçoivent leur démocratie. Pendant sa campagne électorale, personne n’a eu l’idée de disqualifier la candidature de Donald Trump sous prétexte qu’il était poursuivi par la justice… De graves délits lui étaient reprochés, mais pas le simple fait que des magistrats l’avaient mis en examen ou s’apprêtaient à le faire. Ce sont les citoyens qui ont décidé de l’élire ou non à la Maison-Blanche, pas les juges… Même si, outre-Atlantique, le juge étant élu, le lien entre juge et citoyen est plus évident et plus fort qu’en France.

      Par ailleurs, les lepénistes affirment bien — avec raison — que « l’immigration de masse est un désastre », mais n’ont jamais ni déclaré ni laissé entendre que « seule Marine Le Pen peut nous en préserver »… La preuve de votre tromperie est facile à faire… Elle s’appelle Jordan Bardella… Ce que disent les dirigeants et les électeurs du RN, c’est que ce procès, initié par le Parlement européen et construit par des juges rouges, est politique…

      Et une démocratie ne se grandit jamais en acceptant que ses juges participent à une telle mascarade, digne d’une dictature. En admettant, peu ou prou, qu’au regard de la lecture que fait le Parlement européen de son règlement — particulièrement complexe — concernant les activités des attachés parlementaires des eurodéputés, il est possible qu’un délit ait été commis, mais qu’elle n’en avait pas conscience, encore moins l’intention de le commettre, Marine Le Pen offre aux juges de la cour d’appel l’occasion de se sortir du piège dans lequel ils se trouvent : avoir à juger une affaire dont le verdict aura un impact majeur sur l’avenir politique de la nation.

      Ce qui, naturellement, est hors de leur champ de compétence, cette décision appartenant strictement au peuple lui-même, qui s’exprime soit par référendum, soit lors des élections.

      Que votre aversion contre la souveraineté du peuple vous emporte, soit… mais ne racontez tout de même pas que la justice le domine constitutionnellement et que, arrogante, elle peut lui interdire de choisir tel ou tel candidat à l’Élysée sans dommages pour son image dans l’opinion publique… L’affaire Fillon est encore dans toutes les mémoires, d’autant plus que celui qui a été élu par défaut a conduit la France au bord du gouffre.

  19. Marine Le Pen ne pourra évidemment pas être relaxée pour la raison très simple que onze prévenus dans la même affaire, poursuivis pour les mêmes faits, n’ont pas fait appel et sont donc définitivement condamnés. Néanmoins sa stratégie de défense consistant à soutenir qu’elle n’avait pas conscience de commettre un délit et que les autorités de Bruxelles ne l’ont pas rappelée à l’ordre peut conduire la Cour à prononcer une peine de principe sans inéligibilité.

  20. « Pour Marine Le Pen, rien n’est acquis. C’est déjà beaucoup que de le savoir et d’en tirer, en conséquence, l’attitude appropriée. » (PB)

    Même si le tribunal, dans sa sentence, ne retient pas l’inéligibilité pour Marine Le Pen, lui permettant ainsi de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, elle est grillée.
    Ses adversaires ne manqueront pas de revenir sur cette affaire de détournement de fonds publics, dont le montant s’élève à 4,1 millions d’euros. Ben oui, quand même !

    Ils ne manqueront pas de lui rappeler qu’à une certaine époque MLP jouait les indignées, réclamant l’inéligibilité à vie pour tous les élus qui ont été condamnés pour des faits commis à l’occasion de leur mandat.

    Il faut toujours être très prudent quand on se lance dans de telles exigences, dictées par un élan de moralité, car cela peut se retourner contre soi. On appelle ça l’effet boomerang ! 😊

    1. « Ses adversaires ne manqueront pas de revenir sur cette affaire de détournement de fonds publics, dont le montant s’élève à 4,1 millions d’euros. »

      Détournement de fonds… présumé ! Tenez-vous pour acquis que MLP est coupable ? Bonjour le respect de la présomption d’innocence…

      « Ben oui, quand même ! »

      4,1 millions d’euros sur 624, montant du budget du Parlement européen (en 2024), soit 0,6 %… Sortez votre règle à calcul avant de vous étrangler…
      En 2024, l’ADEME, comité Théodule gouvernemental chargé de dire au bon peuple, par essence ignare, comment lutter contre la montée des températures (elle aussi présumée), a dépensé la même somme pour nous apprendre, entre autres conseils farfelus, combien de jours on doit porter un vêtement avant de le laver… Là, vous ne trouvez rien à redire…

      1. « Détournement de fonds… présumé ! Tenez-vous pour acquis que MLP est coupable ? Bonjour le respect de la présomption d’innocence… »

        4,1 millions d’euros, même sur 624, je trouve que c’est un bien mal acquis.
        MLP, après avoir longtemps nié ce détournement de fonds public, admet maintenant « qu’elle avait peut-être commis involontairement un délit »

        En clair, ce n’était pas vraiment de la malhonnêteté, mais tout simplement de l’incompétence… Évidemment ça change tout !

  21. Cher Philippe Bilger,

    Ce nouveau procès n’est que comédie. La messe est déjà dite.
    Au vu des réactions mitigées au premier procès, les juges en mission ne vont pas se gêner, et Marine Le Pen pourra s’estimer heureuse de ne pas se retrouver au cachot.

    Mais pour 2027, les carottes sont cuites pour elle.
    Et une fois que la pression sera retombée, ce sera au tour de Bardella de passer à la moulinette.

    Quand on voit l’apathie des Français face à ces juges investis d’une mission de salut public, on peut imaginer que tout sera fait pour empêcher le RN de gagner.

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