Le Rassemblement national est annoncé, de manière certaine, comme présent au second tour de la future élection présidentielle.
Il me semble cependant qu’on aurait tort de considérer que sa victoire est acquise, malgré la baisse actuelle, dans les sondages, des rivaux plausibles de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella.
Il est sans doute difficile de se risquer à des pronostics alors qu’il reste environ dix-huit mois avant la joute finale, mais si les choses demeuraient en l’état – avec ce mélange de désordre politique et social, d’accroissement de l’insécurité et de terrorisme ponctuel d’un côté et, de l’autre, de désaffection de la chose publique et de lassitude démocratique -, on pourrait tenter d’identifier ce qui serait susceptible de décevoir à nouveau le RN, quel que soit son candidat.
A coup sûr, la présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour – elle n’est pas inconcevable, compte tenu de son exploitation effrénée, clientéliste et démagogique des cités dites sensibles, ainsi que d’une certaine jeunesse peu regardante sur les moyens de la convaincre – constituerait pour le RN la garantie absolue de triompher. Des enquêtes d’opinion l’ont confirmé, avec un écart net en faveur de MLP, et l’intuition générale selon laquelle tout vaudrait mieux – abstention ou adhésion – qu’un JLM traitant la France comme il gère LFI, ses opposants, ses adversaires, les médias, les problèmes régaliens, l’urbanité républicaine et sa vision internationale
L’argument qui consisterait à « essayer », pour une fois, le RN serait d’autant moins discuté que l’autre branche de l’alternative concernerait JLM.
J’espère qu’aussi forte que soit son emprise sur ses fidèles et les députés de son groupe, quelqu’un, le moment venu, osera rappeler les chiffres et la certitude de sa défaite face au RN. Il sera sans doute difficile de faire admettre ce constat par celui qui en niera forcément la validité. Jusqu’à subir un ultime désaveu en 2027.
Par ailleurs, pour ceux qui pourraient juger mon analyse immature à cause de son excessive personnalisation, je souhaiterais évoquer l’étrange nouvelle configuration du RN, au moins dans sa version parlementaire : un alliage fait d’une banalisation poursuivie et d’une imprévisibilité, voire d’une incohérence, assumées.

Avec le risque de décevoir aussi bien les soutiens friands de provocations que les citoyens soucieux de rectitude programmatique. Quoi qu’on pense du RN – la cravate et la tenue ne sont pas tout ! -, l’inquiétude peut surgir des volte-face et des embardées, ainsi que des coups tactiques susceptibles de faire douter de la profondeur et de la constance d’idées en effet fluctuantes, sauf en matière régalienne.
Enfin il y a MLP elle-même. Peut-être son principal obstacle ? Non qu’elle n’ait pas accompli d’énormes progrès médiatiques – alors que souvent elle n’est pas ménagée, puisque la plupart des médias français ne se rappellent leur devoir de questionner à fond et rudement que lorsqu’il s’agit du RN.
Je ne sais pas si, un jour, elle saura être à la hauteur du débat du second tour, ou si elle demeurera seulement excellente et convaincante entre les élections présidentielles. Parviendra-t-elle, au cours des ultimes échanges, à retrouver la même force d’argumentation, la même ironie, la même maîtrise que celles dont elle fait preuve dans le remarquable entretien qu’elle a donné à Causeur – questionnée, il est vrai, sans complaisance mais sans hargne ?
Certes ce n’est pas la même chose, techniquement, que la joute suprême qui décide de tout, ou que le dialogue médiatique de fond… Dans ce dernier, on relève tout de même cette brillante formule : « La France, c’est le pire du libéralisme et le pire du socialisme », ainsi que le fait que MLP se montre définitivement hostile à l’union des droites à la française.
Je n’oublie pas Jordan Bardella. Même si les enquêtes d’opinion le placent parfois devant MLP, il me semblerait plus facile à déstabiliser dans un débat capital, car il me donne toujours l’impression de suivre une ligne bien ordonnée – un canevas rigide, fond et forme -, et de pouvoir être troublé par la moindre imprévisibilité ou le moindre changement de direction. Dans les questions de cours, pour peu qu’on les présente autrement, il ne le suivra plus!
J’apprécie, comme citoyen libre – avec ses choix qui relèvent du for intérieur et sa curiosité qui l’autorise à papillonner de parti en parti -, d’avoir le droit de projeter sur une réalité complexe un regard d’un analyste au petit pied. Je ne me pousse pas du col mais c’est mon col.
Le RN n’a pas encore gagné en 2027…
« Le Rassemblement national est annoncé, de manière certaine, comme présent au second tour de la future élection présidentielle. Il me semble cependant qu’on aurait tort de considérer que sa victoire est acquise, malgré la baisse actuelle, dans les sondages, des rivaux plausibles de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella. » (PB)
En fait, les sondages semblent indiquer qu’après cinquante ans de gens très intelligents et hyper diplômés installés au pouvoir, les Français — pas moi, mais apparemment beaucoup d’entre eux — en sont venus à envisager de voter pour des gens sans diplômes mirobolants, aux discours sans nuances, parfois même clairement simplistes.
Ceci dans le seul but de vérifier si, finalement, ces gens-là, guidés par leur simple intuition (pas toujours très fiable), seraient capables de résoudre certains problèmes endémiques qui plombent notre pays depuis trop longtemps.
« Il faut que tout change pour que rien ne change » (cf. Le Guépard), mais cela ne marche pas à tous les coups, alors prudence !
Lire Le Figaro du 14 novembre 2025.
Nouvelle réglementation décidée et votée fin 2024 par les technocrates de la Commission européenne à Bruxelles, sans avoir demandé l’avis des 27 pays membres de l’UE.
Je sens que toutes les droites se réuniront pour 2027 afin de dire stop à l’envahissement clandestin de l’Europe !
Ils sont devenus fous à Bruxelles. Tenez-vous bien : les pays de l’UE qui refuseraient d’accueillir des réfugiés (terme employé à Bruxelles), qui sont en majorité des migrants clandestins — environ 90 % d’hommes sans qualification et ne parlant pas français pour la plupart, arrivés par la Méditerranée avec l’aide de passeurs mafieux chèrement payés pour nous inonder — devront s’acquitter d’une amende de 20 000 euros par migrant clandestin refusé à l’entrée sur leur sol.
« Nicolas Sarkozy en prison, ces lettres hebdomadaires envoyées par Sébastien Chenu : “Elles lui font beaucoup de bien”. »
https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/nicolas-sarkozy-en-prison-ces-lettres-hebdomadaires-envoyees-par-sebastien-chenu-elles-lui-font-beaucoup-de-bien-20251109
Mais quoi, cette nouvelle devrait nous faire verser des larmes de compassion ? C’est bien connu, entre repris de justice on se comprend, manque plus que Marine pour lui souhaiter « Joyeux Noël ! ». Ils nous prennent vraiment pour des couillons, oui ils ont été condamnés par un système démocratique, oui ils sont reconnus coupables, et non il n’y a pas de chasse aux sorcières. Si on les écoutait tous, ces pleureuses, ils seraient au-dessus des lois. Des fripouilles, au mieux des condamnés par la justice, parce que tous ces types le méritent et ne nous méritent pas.
Le problème du candidat du centre élargi, c’est de faire en sorte qu’un autre candidat se fasse torpiller à sa place.
Édouard Philippe, qui connaît la situation catastrophique du pays, fait mine de se lancer mais, dans le même temps, savonne sa planche — d’où le manque de loyauté envers Macron.
Son intérêt est une forme de suicide politique pour 2027, dans l’espoir d’une résurrection en 2032, moment où il aura 62 ans.
Il me rappelle Angela Merkel, qui avait laissé Edmund Stoiber se faire battre par Schröder, ce qui lui avait permis de s’en débarrasser.
Je pense qu’il y a donc une partie de poker menteur entre les différents candidats ex-macroniens.
C’est sans compter sur le fait que le nouveau président pourrait obtenir des résultats corrects — ce dont Bardella me semble peu capable.
Il serait prudent, pour les candidats déclarés ou non, de ne pas « jospiniser » le prochain scrutin et de faire campagne pour le premier tour, et non pour le second.
L’empressement n’a jamais été un bon allié.
Les anciens bras droits de la famille Le Pen — François Duprat, Jean-Pierre Stirbois — ont eu tendance à rencontrer des difficultés au volant de leur véhicule.
Florian Philippot, de son côté, clamait haut et fort ne pas avoir le permis de conduire.
Bardella devra, lui, se montrer bon pilote.
Mais si le RN se plante, tout en parvenant tout de même à nous débarrasser de la racaille qui pullule, ce sera déjà cela de gagné.
Et la confiance revenant, l’économie suivra… ou pas.
À noter que certains musulmans et intégristes veulent débaptiser les vacances de Noël — mais pas touche à la prime du même nom.
On a connu cela déjà : une République essoufflée, la rumeur d’un effondrement, des gouvernants qui tanguent et l’Histoire qui, du fond de sa mémoire, tire une sonnette d’alarme. En 1958, la IVe s’étiolait, ravagée par ses querelles et ses crises ; et soudain un homme se leva, porteur d’une phrase qui semblait plus ancienne que lui : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. » Le pays, qui croyait n’avoir plus que des options médiocres, découvrit qu’il lui restait une grandeur disponible à la première main ferme.
Nous y revoilà, dira-t-on, avec d’autres tourments et la même lassitude. Le centre technocratique s’est épuisé à vouloir administrer l’âme comme on gère un tableau numérique ; l’extrême gauche a le verbe révolutionnaire et la main déjà lourde quand il s’agit de faire taire la contradiction ; l’extrême droite promet la protection à crédit et mélange l’ordre régalien à la dépense sans discipline. Le pays paye, soupire, s’abstient. Dans ce brouhaha, il arrive qu’une silhouette se dessine à contre-jour : discrète, patientant dans l’embrasure d’une porte que nul ne gardait plus. On croit d’abord à une illusion d’optique — un provincial, vraiment ? — puis l’on s’aperçoit que la figure a des contours constants : une probité sans emphase, un parler net, une fidélité aux paysages et aux morts qui les ont faits.
Il vient d’une terre où la mémoire a survécu à l’idéologie, et l’on entend chez lui le froissement d’un livre d’école : « Tu dois aimer la France, parce que la Nature l’a faite belle et parce que l’Histoire l’a faite grande », répétait Lavisse aux enfants de la IIIe. La phrase, qu’on croyait musée, lui sert de boussole. Il a appris, auprès d’un vieux dissident naguère moqué, que perdre la grande histoire, c’est finir par perdre la sienne — et qu’un peuple sans roman s’éparpille en particules. Nul romantisme creux pourtant : il s’agit de retrouver le fil, simple geste d’artisan, entre l’hier et le demain.
Comment, dans ce dédale où se cognent les ambitions et se délitent les certitudes, un tel homme gagnerait-il son passage vers la lumière ? Par la fatigue des modernes d’abord, ce peuple de contribuables harassés et de familles prudentes qui n’en peuvent plus des promesses au-dessus de leurs moyens et des intrigues au-dessous de leur dignité. Par l’éclipse aussi des champions trop sûrs d’eux qui, de renoncements en calculs, ont laissé un vide au centre droit — ce vide que l’histoire électorale, comme la nature, déteste. Alors, sans bruit, la rumeur ferait son ouvrage : « Et s’il n’était pas trop tard pour choisir la raison courageuse ? »
On dira : la vague frontiste est haute, elle recouvre tout. Justement. Les vagues, aux grandes marées, réveillent aussi les digues nobles. Notre inconnu ne répondrait ni par le cri ni par la politesse capitularde. Il parlerait comme on pose une main sûre sur un gouvernail : ferme, mesuré. Face à la furie insoumise, il opposerait Hobbes — non pour effrayer mais pour rappeler que la liberté ne dure que sous la loi. Il ferait ce que d’autres se contentent d’annoncer : compter. Gouverner, c’est choisir, disait Bastiat ; il choisirait la dépense qui soigne des missions et extirperait celle qui nourrit des clientèles.
Le programme ? De la chirurgie, non de la rhétorique : attaquer le gras avant d’augmenter la ration. Réserver les prestations à ceux qui ont la carte de famille, pour tarir les puits sans fond ; mettre fin à des dispositifs devenus symboles d’angélisme coûteux ; cesser d’arroser des « politiques » dont les résultats restent chaque année introuvables ; fondre les agences qui doublonnent et vivent d’elles-mêmes ; rendre au marché ce qui n’a jamais relevé du sacré régalien — jusqu’à cet audiovisuel pléthorique qui ne sait plus pourquoi il parle ni pour qui il fait la leçon. Et, pour desserrer l’étau sur les foyers, abolir l’impôt de trop, celui qui frappe au seuil de la disparition ce que la vie a déjà acquitté : « l’impôt sur la mort », que d’aucuns, en des termes simples et justes, qualifient d’immoral et d’économiquement absurde. Mot d’ordre limpide : dépenser moins pour taxer moins ; alléger pour libérer.
On objectera : beau catéchisme, mais l’épreuve d’un débat, l’avez-vous envisagée ? Oui. On l’imagine, ce soir-là, comme dans un conte cruel de Maupassant : deux France face à face, l’une flamboyante mais fruste, l’autre sans faste et pourtant sûre. En face, une candidate rompue aux studios mais empêtrée dès qu’il faut relier les chiffres entre eux, ou bien un jeune hussard au verbe prompt, qui sait sa leçon tant que nul ne change l’ordre des questions. Ici, point d’éloquence d’estrade : des phrases brèves, un fer plié en pointe. Il ne haussera jamais la voix. Il suffira d’un inventaire courtois : pro-euro, anti-euro ; sociale le lundi, libérale le jeudi ; la nation comme totem et l’État comme guichet. « La France ne peut être la France sans la grandeur », glissera-t-il — non pour se grandir, mais pour rappeler que l’intendance, même genrée sociale, ne fait pas une destinée.
Peu à peu se produira l’effet le plus rare en politique : le soulagement. On se souviendra qu’un chef n’est pas un orateur, mais une conscience organisée ; que l’autorité ne crie pas ; qu’un pays se sauve par économie de mots et maîtrise des chiffres. Les électeurs du bord d’en face, ceux qui étaient venus chercher la garantie d’un ordre, la trouveront sans l’illusion ruineuse de la dépense perpétuelle. Les honnêtes gens — ces Français de l’entre-deux, ni béats ni extrêmes — se reconnaîtront dans la tenue : on peut aimer la patrie sans confondre le Trésor avec une corne d’abondance.
Reste le soupçon d’irréel, l’ombre d’un « trop tard ». Mais c’est mal connaître la dramaturgie française. Sur les marchés, on se passe le mot ; dans les salons, on ravale l’ironie ; au balcon des abstentionnistes, une lampe se rallume. Ce n’est pas un sauveur qu’on appelle — l’époque se méfie des messies —, c’est un homme de bien, ce vieux mot que Montaigne préférait à tous les autres.
Alors, à pas mesurés mais décidés, l’énigme s’ouvre. Les troupes orphelines d’une droite raisonnable se rassemblent ; les déçus du progressisme administratif redécouvrent qu’on peut réformer sans mépriser ; les patriotes lucides, effrayés par les additions à douze zéros, bifurquent à temps. Le premier tour, d’ordinaire loterie de l’impuissance, prend l’allure d’un tri : à la stupeur des états-majors, voici notre inconnu au rendez-vous final. Le duel n’oppose plus la colère à la colère, mais la tenue à l’habitude…
Le second tour illumine…
On dira que nous rêvons. Soit. Mais il arrive que le rêve serve d’échafaudage au réel. En 1958, un pays à l’agonie trouva, par un détour d’évidence, son homme de la situation. En 2027, la France pourrait bien découvrir que la providence n’a rien de mystique : elle peut revêtir le visage d’un honnête homme.
@ Julien WEINZAEPFLEN le 8 novembre 2025
En ce qui concerne le fatalisme, il convient de faire la différence entre deux attitudes.
Mektoub se traduit, en toute rigueur, par :
« C’était écrit ».
La terminaison « ou » exprime le passé, comme le « ai » l’exprime en français, dans l’imparfait. L’arabe ne connaît qu’un seul temps pour le passé.
« C’était », cela veut dire de toute éternité, et rien ne pourra changer.
C’est un fatalisme fort, auquel on ne peut échapper dans la stricte lecture de l’islam.
« C’est écrit », comme on le traduit souvent, est différent. C’est un présent qui s’écrit, mais dont l’« Auteur » garde une certaine distance avec le texte, en observant comment réagit celui qui subit sa destinée, pour lui donner… peut-être… une autre fin, sinon une autre chance.
C’est un fatalisme faible.
Sachant que, dans les deux cas, nous faisons toujours ce qu’il était fatal que nous fassions. Vous connaissez certainement le si beau conte du vizir à Samarcande.
Dans le premier cas, la pièce étant écrite, nous ne sommes que des marionnettes.
Dans le second, il nous appartient d’être de bons acteurs, afin que la pièce soit aussi bonne que possible et, éventuellement, d’en modifier la fin.
En ce sens, Zemmour a raison : la messe n’est pas… encore… dite.
Pour le présent, s’il est possible de le modifier, je partage avec vous une attitude de retrait à l’égard de Marine Le Pen, dont je n’ai pas apprécié qu’elle écarte son père pour prendre sa place, puis qu’elle évince également tous les anciens du FN « canal historique », dans une volonté de dédiabolisation.
Le couronnement de cette stratégie fut le vote des articles du présent budget, où j’avoue ne pas comprendre la logique — s’il y en a une —, sinon celle de ratisser, pense-t-elle, le plus large possible de voix.
Je voterai pour Zemmour, ou Knafo, votant ainsi pour la fidélité à mes convictions.
En ce qui concerne un éventuel duel Bardella–Attal, nous serions face à deux personnalités aussi différentes que possible.
Il y a chez Bardella un esprit de sérieux dont on se demande à quoi il correspond.
Souvent, les gens atteints de ce syndrome font du sérieux une ligne Maginot, derrière laquelle ils croient se protéger de toute contestation et de tout piège.
On sait ce qu’il advint des lignes Maginot.
J’attends de lui qu’il sorte de ses fortifications « sérieuses » et accepte l’imprévu du débat, avec ce qu’il a de déconcertant.
Le personnage Attal est à l’opposé : volubile, versatile, parfois au point de trahir avec désinvolture ; une désinvolture qui n’est autre que la négligence de l’être.
Il m’agace au plus haut point, évidemment.
Sa maîtrise du débat, son sens de la répartie — y compris pour dire n’importe quoi et esquiver la vraie question — font que, lors d’un débat avec Bardella, il en sortirait vainqueur.
Il le sait, et c’est pourquoi il l’avait souhaité lors des législatives précédentes.
« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! »
Quant à la future présidentielle, je crois qu’il faut attendre les municipales qui arrivent. Elles définiront les rapports de force entre les formations, car elles seront un sondage grandeur nature, même s’il est classique de dire qu’elles sont locales — ce qui ne sera pas le cas dans toutes les grandes et moyennes villes.
Donc, pour moi, « Wait and see », sachant que mon choix est fait et définitif :
Le Z forever, enfin… si le grand livre m’en laisse la possibilité. 😉
Puisque tout le monde y va de son petit pronostic, je vais donner le mien.
En fait, en 2027, je ne vois ni le candidat du RN, ni celui de LFI accéder à la présidence de la République.
Si c’est MLP qui est candidate, elle accédera peut-être au second tour mais sera battue par son adversaire, quel que soit son parti.
Si c’est Jordan Bardella le candidat RN, je pense même qu’au cours des débats il ne pourra pas cacher ses insuffisances dans les domaines économiques et culturels et finira avec moins de 7 % au premier tour.
Je ne vois pas le candidat de LFI au second tour, même et surtout si c’est J-L Mélenchon.
En effet, depuis la tuerie d’octobre 2023, il accumule les provocations avec sa horde de décérébrés antisémites.
Le seul qui puisse permettre à LFI d’atteindre la finale c’est Manuel Bompard, qui est de loin le plus intelligent de la bande.
Les sondages très favorables du RN s’expliquent par le climat délétère qui règne actuellement, consécutif à l’immigration non désirée, le sentiment d’insécurité sur fond d’antisémitisme (LFI) et de racisme (RN tendance ex-FN).
Mais la France profonde ne veut pas d’un parti extrémiste au pouvoir.
Et donc la victoire finale devrait se jouer entre un candidat de LR et Renaissance, vu que le candidat du PS, probablement Raphaël Glucksmann, sera torpillé par les autres partis de gauche (LFI, PCF, écologistes).
Tout se jouera donc entre Gérald Darmanin, Gabriel Attal, David Lisnard, Xavier Bertrand, Bruno Retailleau et peut-être Édouard Philippe.
Bref, le prochain président ne sera pas vraiment différent de celui que nous avons actuellement. Et c’est très bien ainsi !
Voilà un pronostic qui avec quelques jours de retard relève des horreurs d’Hallowen ! ;-(
Cher Philippe Bilger,
Puisque tout le monde se lance dans les hypothèses, j’en énoncerai une qui relève de l’irrationnel : et si Nicolas Sarkozy, tout auréolé de sa nouvelle condition de martyr de la justice, se refaisait une santé au sortir de la prison du même nom et mettait tout le monde d’accord ?
Que quiconque puisse perdre ne fait aucun doute : le RN et Marine le Bardella comme les autres. C’est souhaitable.
JB promet le libéralisme ? Ce qui, de la part d’un parti autoritaire, prête à sourire.
Marine, elle, promet de raser gratis — ce qui lui assure le vote des Portugaises.
Ceci étant, je me garderai de sous-estimer l’ensemble des représentants de ce parti.
J’ai écouté une longue interview de Jean-Philippe Tanguy : ce jeune est brillant et très drôle.
Laurent Jacobelli, Philippe Ballard, Sébastien Chenu sont d’une urbanité dont beaucoup devraient s’inspirer.
Ils ont, ce qui plaît à l’électeur, un comportement respectable.
Un de leurs défauts est aussi ce qui les unit et qu’ils essaient de glisser sous le tapis : la xénophobie « ontologique » — pour ne pas parler de racisme — de leur parti.
Dès qu’on gratte un peu, les Sieg Heil ressortent dans l’arrière-boutique chez bien de leurs affidés.
La droite a gagné, temporairement. La roue tourne, tournera, comme le dit le grand philosophe Franck Ribéry.
Le « pari » gramscien d’Alain de Benoist, véritable inspirateur du babillage d’extrême droite sur l’ethno-différentialisme — élégance s’étant substituée au racisme crasse dont certains bas du front, jusqu’ici, s’obstinent à justifier la pratique à grands renforts de liens bleus vers des URL nous ramenant à des auteurs « culculglandesques » et de « vraies vérités scientifiques » affirmées par les mêmes.
Le RN peut vraiment passer.
De nombreux citoyens de gôôôche, comme je suis reine d’Angleterre, n’auront aucune hésitation à voter pour eux.
Le travail mental, la peur, la bataille gagnée des idées ont fait leur œuvre, même dans leurs rangs.
L’immigration est un bel épouvantail, et — je ne saurai que me répéter — les mêmes qui la conchient ne sont en rien gênés par les existences misérables des petites mains qui, dans ces pays d’immigration, travaillent à la conservation de leur niveau de vie au prix des leurs.
Des gens de gôôôche, vous dis-je.
Comme d’habitude, le jour des élections, j’aurai piscine.
Rosé piscine.
« Rosé piscine » ? C’est de la bibine !
Sunrose – Pays d’Oc 2024, Languedoc-Roussillon – 11,5 % : médaillé, léger et fruité. Avec cela, vous ne coulerez pas au fond.
Un excellent et court extrait de film sur cette question de gauche humaniste : https://www.youtube.com/watch?v=rIP7e0IZL9I.
Tant que le FN/RN ne dépassera pas 55 % d’intentions de vote, il aura toutes les chances de perdre.
Son socle est encore trop restreint, et gagner aussi, et c’est le plus important, à l’Assemblée avec 50 %, sinon ce sera pschitt !
@ Serge HIREL
Les jeux seraient faits si le RN nous annonçait plus de 36 milliards de réduction des dépenses publiques.
Il ne faut pas ramener le déficit à 4,7 % ; mais à moins que rien.
Et comme les autres, il ne parle pas de la balance commerciale qui est la clef de tout.
@ Xavier NEBOUT 8 novembre 2025
Je partage pleinement ce constat. Avant de chercher à taxer davantage les retraités ou les citoyens, il faudrait d’abord s’attaquer au vrai problème : la gabegie des dépenses publiques.
La dette dépasse les 3 500 milliards d’euros, et pourtant on continue à multiplier les postes et les structures inutiles.
Tout le monde sait que la France compte près d’un million et demi de fonctionnaires de plus que l’Allemagne, mais on ne parle que de supprimer quelques milliers de postes, ce qui est dérisoire.
Dans les communes, les grands équipements étant déjà financés, on préfère dépenser sans réfléchir plutôt que de réduire les impôts locaux.
450 000 euros pour isoler une mairie à Saint-Caprais-de-Bordeaux ? Alors que les priorités sont ailleurs, c’est se faire plaisir et se gargariser.
Isoler n’est pas gagner : procéder par étapes, de façon ciblée, serait sans aucun doute plus professionnel.
Ajoutons à cela la prolifération de présidences d’agences, d’associations subventionnées, de commissions et de conseils divers, qui servent surtout à garantir des postes aux proches du pouvoir.
Oui, l’État gaspille et manque de courage.
Plutôt que de pressurer encore les contribuables, il est temps de réduire les dépenses inutiles et de rationaliser l’administration.
Je confirme : en France, on compte environ 5,6 millions d’agents publics (État, collectivités, hôpitaux), soit près de 20 % de l’emploi total.
En Allemagne, environ 4,9 millions de fonctionnaires et contractuels publics, soit environ 11 % de l’emploi total.
Cela représente donc près d’un million et demi de personnes de plus en France, si l’on compare en valeur absolue — et surtout une part beaucoup plus élevée de la population active.
Et pendant ce temps, l’Allemagne investit 500 milliards dans sa défense.
Rheinmetall est en train de tailler des croupières à l’industrie américaine, avec l’ambition avouée de devenir la plus puissante armée d’Europe : moins de blabla, moins de « machins Théodule », plus de travail.
Et nous, avec nos pauvres 50 milliards pour les armées, nous regardons l’horizon se griser.
On n’a plus un rond, mais on continue à dépenser, à empiler dettes et impôts, on est les champions. On en crève et on nous ment.
Et quand on n’a plus un rouble vaillant, c’est de la monnaie de singe pour tous.
Je le maintiens : les jeux sont faits (pour le RN). Rien ne va plus (pour les autres).
Même si les doutes de Philippe sont à prendre en compte… même si une élection n’est jamais gagnée d’avance.
Le RN est le seul parti qui pourrait faire face, dès maintenant, à une élection présidentielle et être en mesure de l’emporter… si ses adversaires, entre les deux tours, ne réitèrent pas les magouilles qu’en juillet 2024 ils ont appelées « front républicain ».
Si tel était le cas, la France se retrouverait avec un président de la République encore plus mal élu que Macron en 2022, sans majorité possible à l’Assemblée nationale.
Il aurait à gérer une crise politique encore plus grave que celle d’aujourd’hui, puisque sans aucune issue possible.
Le risque serait alors que ce soit la rue qui impose celle-ci.
Premier atout du RN : il caracole en tête de tous les sondages et – ce qui se dit moins – est la formation politique dont les électeurs potentiels sont les plus nombreux à déclarer que leur choix est définitif.
Deuxième atout (n’en déplaise à ceux qui y voient une faiblesse) : il mise pour l’instant sur deux candidats, Jordan Bardella remplaçant Marine Le Pen, la candidate désignée, si la justice, en juin 2026, ose la disqualifier en maintenant son inéligibilité.
La semaine dernière, dans un entretien accordé à Causeur, elle a été claire : en cas de confirmation de sa condamnation, elle se retirera de la course dès cette date, sans attendre le résultat d’un éventuel pourvoi en cassation, et sera, sur l’heure, remplacée par JB.
Celui-ci, mardi soir, sur BFM TV, a confirmé ce scénario.
L’entente stratégique entre eux est donc une réalité, même si, sur le plan politique, des nuances, sans gravité, semblent se faire jour.
Troisième atout : le RN a déjà choisi les dossiers sur lesquels reposera sa campagne électorale : insécurité, immigration et pouvoir d’achat — trois thèmes qui arrivent en tête dans la longue liste des préoccupations des Français.
Nul ne peut nier qu’aujourd’hui, après le désastre qu’a été et reste la gestion du régalien par la Macronie, l’immense majorité d’entre eux attend de l’ordre et même de la rigueur, voire de la rudesse en ce qui concerne les deux premiers.
Quant au troisième, les solutions en partie populistes proposées — moins d’immigrés et moins d’aides aux immigrés permettront d’améliorer le sort des Français — paraîtront de bon sens aux millions de citoyens lambda, peu habitués à jongler avec les concepts économiques.
Deux remarques pour corroborer ce point de vue :
Le numéro estival de Bayrou sur la « tragédie de la dette » qui plombe notre économie, ce qui est exact, n’a eu qu’une résonance éphémère au sein de la population (« plaie d’argent n’est pas mortelle », n’est-ce pas ?) et lui a valu indifférence, incompréhension et disgrâce rapide.
CNEWS bat chaque mois son précédent record d’audience en priorisant dans l’actualité tout ce qui touche à l’insécurité et au rôle majeur de l’immigration dans celle-ci.
Il n’y a aucune raison pour que l’électeur ne ressemble pas au téléspectateur et ne soit pas attiré davantage par un candidat qui promet de régler ces problèmes que par son adversaire qui l’endort sur les bienfaits (supposés) de l’Europe.
On pourrait même voir un quatrième atout du RN dans le fait que, sur certains points non régaliens, notamment en matière économique, son programme puisse paraître flou et source de divergence entre ses deux têtes.
En réalité, cela lui permet de ratisser large : des « grands patrons » auprès desquels il se déclare « pro-business » — sans autre précision — au patron de PME et à l’agriculteur qui en ont assez de la paperasse et des normes, jusqu’au retraité qui craint le gel de ses revenus et l’augmentation de la CSG sur son assurance-vie.
Aujourd’hui, le discours du RN est suffisamment prudent, parfois complexe, pour qu’au pouvoir, il ne soit pas accusé de ne pas tenir ses promesses.
Il est vrai aussi que cette attitude est la bonne quand on sait que le risque n’est pas négligeable de trouver des bombes à retardement dans les tiroirs de certains ministères, en particulier à Bercy, et que le RN devra faire face aux foudres de Bruxelles (cf. les premiers mois de Giorgia Meloni au palais Chigi).
Quant aux adversaires du RN, il n’est pas nécessaire d’examiner longuement leur situation pour prédire leur déroute.
Ils forment trois puzzles, l’un à gauche, les deux autres à droite, dont les pièces ne s’accordent pas.
À gauche, quoi qu’il advienne, Mélenchon se présentera… et, grâce au labour qu’il a entrepris de longue date dans les territoires perdus de la République, parmi les minorités et chez les bobos, révolutionnaires béats et imbéciles, il l’emportera, au premier tour, sur les autres candidats de cette obédience mal en point.
Tenter de reconstituer le « front populaire » au premier tour paraît, pour l’instant, impossible.
Mais mieux vaut cependant attendre les municipales, pour lesquelles les premières combines entre LFI, PS, PC et EELV se dessinent, avant d’émettre un avis définitif.
Un « détail » à ne pas oublier, cependant : l’électeur n’est nullement tenu de respecter les consignes… et Mélenchon, qui était encore « respectable » et « républicain » en 2022, sera cette fois un épouvantail.
Quant à la constitution, au deuxième tour, d’un « front du refus » comprenant les partis du centre et de la droite, comme en 2002, 2017 et 2022, elle est désormais utopique, tant la Macronie a saccagé et radicalisé le paysage politique.
Le bloc central, lui, est très fissuré, et ses candidats — ils sont quatre ou cinq — en subissent déjà les conséquences… hormis Darmanin, qui, sur le plan de la stratégie, semble mieux affûté que les autres.
Dans les sondages, tous naviguent en dessous de 15 %, ce qui s’explique par le boulet qu’ils doivent tous supporter : le bilan désastreux de la Macronie, dont ils sont responsables au même titre que le président déchu.
Reste enfin LR… quatre noms pour un seul parti, qui ne peut plus être qu’une force d’appoint.
Retailleau a commis deux erreurs : la main tendue à Wauquiez, à qui il a laissé le pouvoir exorbitant de présider le groupe à l’Assemblée, et sa sortie trop tardive du gouvernement, qui a effacé son action place Beauvau.
Au fil des mois, sa candidature à l’Élysée était devenue naturelle.
Il est aujourd’hui en compétition scabreuse, d’autant plus qu’il met beaucoup de temps à admettre que les militants de LR, et plus encore ses électeurs, souhaitent l’union des droites et pourraient être attirés par « le vote utile » dès le premier tour.
BR ne mérite tout de même pas de finir comme Valérie Pécresse, en dessous de 5 %.
S’il n’est pas achevé — l’année qui vient peut être pleine de surprises —, le tableau se dessine tout de même, dominé par le RN, qui, au second tour, affrontera un adversaire ne représentant que l’une ou l’autre des deux oppositions qui lui feront face quand il sera au pouvoir.
Dans ces conditions, on voit mal les électeurs de celle non représentée dans ce scrutin se précipiter aux urnes pour voter pour un candidat qui ne leur plaît pas plus que celui du RN.
Pour ma part, je crois que le « front républicain » a vécu sa dernière heure dans la foulée de la dissolution ratée.
Tout ceci dit, je conviens qu’il ne faut néanmoins pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
P.S. – Je n’ai rien dit d’Éric Zemmour et de Sarah Knafo… La politique est un combat sans merci.
Malheur à ceux qui ont raison trop tôt.
Même si, à mes yeux, leurs projets (au pluriel, parce que de petites différences se font jour entre eux) sont les meilleurs pour relever la France, ils n’ont aucune chance, lors du prochain scrutin présidentiel, de figurer en haut de l’affiche.
Il est pourtant souhaitable que l’un ou l’autre puissent soutenir une candidature de conviction.
La présence de Reconquête! dans le débat ne pourrait que relever sa qualité… ce qui est vrai aussi pour Marion Maréchal.
Belle analyse, dans laquelle vous semblez néanmoins oublier ou minimiser quelques points cruciaux : le déchaînement futur, sans précédent, du « système » (médias, mondes culturel, économique, sportif, judiciaire, institutionnel) contre le RN ; le surmoi progressiste d’une majorité de Français, qui les fait reculer devant l’obstacle au dernier moment ; et enfin le bon sens populaire, qui, malgré les sondages, ne va pas plébisciter un programme économique délirant et suicidaire.
Réveillez-vous !
La pègre politicarde nous fait un cirque en tentant de nous mettre quelques dizaines de milliards de plus sur le dos, alors qu’elle nous a monté une dette de plus de 3 200 !
Tout le monde sait que nous avons au moins un million et demi de fonctionnaires en trop, par rapport notamment à l’Allemagne, alors que la drouate nous parle, au mieux, d’en supprimer quelques milliers.
La folie des dépenses publiques descend jusque dans les petites communes où, les grands équipements étant payés, on se croit obligé de dépenser l’argent à tort et à travers, faute de songer une seconde à baisser les impôts fonciers.
Dans ma petite commune de Saint-Caprais-de-Bordeaux, on a prévu quelque 450 000 euros pour des travaux d’isolation de la mairie, et c’est plus ou moins partout comme ça.
Quant aux postes de présidents d’agences, d’associations subventionnées, de commissaires, d’observateurs, de délégués, de conseillers de ceci et de cela, il faut bien que la pègre puisse garantir ses arrières, non ?
Alors, les veaux, circulez, il n’y a rien à voir ! C’est le prix de la démocratie !
Je vous rejoins en tous points.
Mais les municipales arrivant, ils ne vont pas promettre l’austérité ni couper les subventions aux associations de toutes sortes.
Ici comme ailleurs, c’est un architecte d’intérieur qu’on mandate pour aménager un Algeco destiné à une association pour le partage intergénérationnel… pour taper le carton et faire du coloriage.
Le système est tellement pervers que, si vous avez un projet pourtant modeste pour la commune et que vous ne demandez aucune subvention pour le réaliser, vous êtes regardé de travers — ils se demandent ce que cela cache… 🙂
Je précise que je ne me présente pas en mars pour la commune.
Si le RN perd les élections de 2027 parce que des unions contre-nature auront encore été conclues, il ne faudra plus venir pleurer sur CNews à propos de l’insécurité, de l’immigration galopante, du manque de prisons, de la justice molle, de l’antisémitisme débridé, de l’extrême gauche violente, des pillages organisés lors de manifestations au nez et à la barbe des forces de l’ordre réduites à l’impuissance, des atteintes graves à la laïcité, des refus d’obtempérer, des voitures folles conduites par des fous radicalisés, etc., etc.
Tant qu’à me risquer moi-même à un pronostic, je dirais, à l’encontre de certains commentateurs avec qui j’ai eu autrefois maille à partir, que non seulement le RN peut perdre, mais qu’il ne peut que perdre, et même qu’il doit perdre, car il a tout renié.
Il s’est renié, c’est un parti renégat — non que j’aie aimé toute sa doctrine antérieure ou me sois reconnu sans réserve dans ses soubassements maurrassiens, mais enfin, « c’était [son] col », c’était sa doctrine, et le fait qu’il l’ait abandonnée jette par avance un doute sur sa fidélité aux promesses qu’il fera en 2027.
Les futurs déçus du lepénisme peuvent lire dans ce reniement ce qui les attend en matière de déception s’ils accordent leurs suffrages à ce parti du dégonflement permanent, fondé par d’anciens Waffen-SS et qui se pose aujourd’hui comme le plus philosémite qui soit.
Toutes les idées qu’il met en avant sont des variables d’ajustement, hormis la xénophobie que vous appelez « le régalien ».
La banalisation et la diabolisation sont les deux faces d’une même médaille et rappellent la « banalité du mal », concept énigmatique énoncé par Hannah Arendt.
Mais entrons dans « le détail » — si ce mot n’est pas piégé, s’agissant du RN.
« Marine Le Pen est peut-être son principal obstacle », vous interrogez-vous, cher Philippe.
Je plussoie, en ajoutant que, comme d’habitude en pareil cas, il n’y a qu’elle qui ne s’en rende pas compte.
Elle accusait Marion Maréchal d’être « trop raide » — c’est l’hôpital qui se moque de la charité.
Au contraire, Marion est adepte de relations plus fluides et a toujours su ménager des passerelles pour rendre possible « l’union des droites à la française », que sa tante s’est évertuée à rendre impossible par son refus de toute alliance qui ne soit pas une prise de guerre.
Il y a Jordan Bardella, aux cheveux si rangés que toute sortie de route hors des sentiers battus de sa rhétorique rodée et balisée par des media-trainings le dérange et le fait chavirer.
Je n’apprécie guère Gabriel Attal, mais les faiseurs d’opinion ont eu raison de mettre ces deux personnalités en parallèle.
La supériorité de l’éphémère et fringant Premier ministre sur Jordan Bardella était écrasante.
Le porte-parole du gouvernement du confinement, qui avait autrefois bridé les Français (et que ceux-ci avaient déjà oublié), faisait à la fois preuve de répartie et brillait par sa connaissance de tous les dossiers, au point de ne jamais être pris en défaut.
Je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon perdrait dans un second tour qui l’opposerait à un représentant du RN.
Car demeure le cordon sanitaire, et ce qui s’est passé aux dernières élections législatives se reproduira à la prochaine élection présidentielle ; il n’y a pas de raison que cela change.
Les partis du « système », ou du si mal nommé « État profond », ou encore les corps intermédiaires de la France telle qu’elle s’est syndiquée, associée et donnée des gages de respectabilité gouvernementale, préféreront JLM à MLP, comme JML préfère l’antifascisme au front des populismes.
Je termine en digressant.
L’élection de Zohran Mamdani comme maire de New York m’a fait réaliser que l’islamo-gauchisme, que je prenais pour une tarte à la crème, se réunit dans un salmigondis que j’avais observé, enfant, en écoutant la propagande du FLN sur les ondes courtes dans sa représentation de l’Algérie ; mais dont les racines profondes ont été théorisées par Jules Monnerot, ancien membre du Conseil scientifique du Front national (on y revient) : « Le communisme est l’islam du XXᵉ siècle », écrivait-il.
Un quart de l’humanité vit encore sous le joug du communisme.
L’islam est belliqueux, mais mal armé.
Le communisme n’a pas désarmé.
Il y a une parenté plus que sémantique entre la terreur robespierriste et le terrorisme islamiste : tous deux prônent des « sociétés de surveillance », comme le rappelle régulièrement Bernard Antony.
L’islam est un « opium du peuple » qui, ne connaissant pas de séparation des pouvoirs, est compatible avec le communisme — et réciproquement.
L’islamisme et le gauchisme ont des choses à se dire.
C’est pourquoi l’islamo-gauchisme est plus qu’un mot-valise, et qu’entre JLM et Zohran Mamdani, c’est le même combat.
À mon avis personnel, il sera très difficile de gouverner notre pays, quel que soit le parti élu aux présidentielles, tant que la Constitution de 1958 ne sera pas retoquée, tant que le Conseil d’État mettra son grain de sel et freinera les ardeurs d’avancer dans le bon sens, et enfin tant que LFI sèmera la pagaille générale.
Rien alors ne pourra se reconstruire pour que la France redevienne le centre du monde, crédible et écoutée avec respect.
« …et de pouvoir être troublé par la moindre imprévisibilité ou le moindre changement de direction. Dans les questions de cours, pour peu qu’on les présente autrement, il ne le suivra plus! » (PB)
Oh que oui!
C’est son côté mécanique, leçon bien apprise qui lui borde la route, mais qui n’autorise, comme dans une course automobile, aucun froissement de tôle auquel il ne soit préparé.
Je me pose parfois la question de savoir s’il comprend tout ce qu’on lui fait dire… C’est sûr, il n’est pas Ari Vatanen à Pikes Peak sur 405 T16. Dans le genre, Attal lui mange la soupe sur la tête.
Les électeurs veulent des politiques qui ont les yeux qui brillent. L’un qui m’avait époustouflé en son temps, c’était J6M (Jean-Marie Messier Moi-Même Maître du Monde), dont le Volatile cher à Mongénéral égratignait quelque peu la peau.
Souvenir pour ceux qui ont le volant et la parole svelte mais courageuse :
https://www.bing.com/videos/riverview/relatedvideo?q=ari+vatanen+pikes+peak&mid=88BBC4231AFC207C287488BBC4231AFC207C2874&FORM=VIRE
Ce soir, j’ai zappé dès que je l’ai entendu parler, Jacquattali. Que fait-il encore, ce ringard, à nous expliquer que le diable n’avait pas de queue ? Il a beaucoup foiré dans des postes où d’autres ont brillé. Il a été dégagé, ce pompeux cuistre qui se ferait passer pour un phare.
Bon, je ne vais pas m’agacer à parler de ce type dont on peut se demander ce qu’il a fait et apporté à notre beau pays.
Je suis en cannes en ce moment. Samedi, la France va se coltiner l’Afrique du Sud. Pompon ne sera pas toujours là ; il aurait été intéressant de l’y voir. Mais là, j’anticipe : la vraie revanche est pour bientôt.
Darmanin est en train de se griller au foyer de Sarkozy. Il n’est plus rien. Il a trop de qualités pour se perdre avec un has been.
Lui a les yeux qui brillent, mais quelles divisions ? Pour gagner, il faut des troupes pour le second tour. Le poteau est encore loin, la dernière ligne droite terrible. Ramos sait combien le geste de Cheslin Kolbe a empêché une très belle équipe de France d’être championne du monde.
Les leçons de l’Histoire sont édifiantes, mais la destinée impénétrable — même pour les plus avertis.
Jean-Marie Messier n’était pas un homme politique. Il était chef d’entreprise, j’ai travaillé indirectement pour lui, il était mon N+3 dans la hiérarchie.
Il n’avait absolument pas l’ambition de devenir le maître du monde.
Vous répétez les mensonges des Guignols.
Jean-Marie Messier est parti à l’étranger pour refaire sa vie, loin des journalistes menteurs et des communistes qui détruisent la France lentement mais sûrement.
Tentons de faire un exercice de prospective électorale en demeurant le plus objectif possible, et énonçons une suite de possibilités factuelles envisageables.
Il est possible qu’en 2027 n’ait pas lieu d’élection présidentielle. J’évalue cette probabilité à un quart ou un tiers.
Si élection présidentielle il y a, le président putatif devra préalablement franchir le Rubicon de tous les périls du premier tour de l’élection.
La probabilité d’accès au second tour d’un des candidats issus des partis dits de gouvernement est faible, inférieure à 33 %, sauf à supposer un candidat unique pour représenter à la fois la droite, la gauche ou le centre traditionnels réunis, ou sauf à supposer une propagande intensive de l’ensemble des médias pour n’en favoriser qu’un.
Glucksmann ou Attal me paraissent, dans ce cas de figure, parmi les candidats les plus aptes à rassembler l’électorat modéré de droite et du centre, prêt à se résoudre à un vote raisonnable de dépit.
Les candidats putatifs de la droite ou du centre me paraissent devoir être exclus en vue de la victoire, dans la mesure où aucun d’eux ne pourrait rassembler à lui assez de l’électorat modéré socialiste ou écologiste pour avoir une chance de finir dans les deux premiers.
Si un candidat issu des partis dits de gouvernement accède au second tour, ses chances de succès face à un candidat du RN sont supérieures aux deux tiers, voire proches des trois quarts ; face à JLM, ses chances de succès sont pratiquement totales.
La candidature de Zemmour, ou celle possible de Villiers soutenu par Philippot, n’auront pour effet que de réduire la probabilité pour le candidat du RN de ne pas accéder au second tour. Les chances de ces derniers d’accéder au second tour sont à peu près nulles.
L’hypothèse d’un second tour opposant un candidat du RN à JLM est élevée, supérieure à 50 %, sans doute proche des deux tiers.
Dans cette hypothèse, la probabilité d’une victoire finale de JLM sur le candidat du RN est un peu plus élevée que l’inverse, tant les défections à gauche et au centre vers Mélenchon seraient importantes. Il y aura même des Républicains, à l’instar de Darmanin, qui, par pur calcul d’intérêt, préféreront la victoire de Mélenchon.
Terminons par quelques remarques tierces.
Sauf dans l’éventualité d’une confrontation Bardella–Mélenchon au second tour, tout le système médiatique sera mis en branle pour décourager le quidam électeur de voter Bardella. Ce dernier subira une campagne de décri extraordinaire, insistant beaucoup sur son âge, son inexpérience, son absence de diplôme, sa nullité supposée.
Le RN étant un parti absolument inoffensif, il est parfaitement miscible dans la République, l’européisme et l’atlantisme.
Si le RN accédait au pouvoir, il se révélerait aussi impuissant que tous les autres partis de gouvernement, le pouvoir réel étant sis à Bruxelles, en délégation du pouvoir de Washington.
Si LFI ou le RN accédaient au pouvoir, aussitôt une crise sur les emprunts français serait déclenchée, avec des effets incommensurables. Le RN serait réduit à l’inaction, à l’obligation de se soumettre à nos créanciers. LFI pourrait, quant à elle, entreprendre des mesures d’ordre totalitaire.
Une victoire de LFI exposerait directement la France à d’immédiats et dangereux bouleversements.
Une victoire du RN, sauf ingérence étrangère via les marchés financiers, ne changerait pas grand-chose par rapport aux traditionnels partis de gouvernement.
« Tentons de faire un exercice de prospective électorale en demeurant le plus objectif possible, et énonçons une suite de possibilités factuelles envisageables. Il est possible qu’en 2027 n’ait pas lieu d’élection présidentielle. J’évalue cette probabilité à un quart ou un tiers. »
Tiens, notre « influenceur » du blog se lance dans ses calculs de probabilité. Même Christophe Barbier ne se serait pas hasardé à de tels pronostics.
Ce n’est pas madame Irma et sa boule de cristal, mais on y est presque ! 😊
Je plaide l’indulgence.
Ce n’est que jeu de l’esprit et, pour le plaisir, exercitation de l’acuité.
Dans ma tentative de prospective, j’ai sous-estimé la rouerie subtile de quelques personnalités de la droite ou du centre droit.
Des personnalités comme G. Darmanin – je pense surtout à lui –, É. Philippe, moins probablement D. de Villepin, sont capables de faire la jonction, de prime abord contre-nature mais pas tant que cela lorsqu’on y songe plus profondément, entre les supposées nécessités de l’économie libérale et les faveurs de l’uniformité du vote musulman.
Cela suppose beaucoup de séduction et énormément de concessions faites au monde musulman, comme a pu le faire, après son élection, N. Sarkozy, de sorte que les autorités religieuses musulmanes françaises donnent la consigne de vote de choisir un candidat de droite dès le premier tour, au détriment de J.-L. Mélenchon.
Les grands principes républicains sur l’homme indifférencié y seraient respectés à la lettre.
Le monde de l’entreprise et la bourgeoisie seraient satisfaits.
La population âgée, nostalgique de N. Sarkozy et d’E. Macron, y trouverait son nouveau champion rassurant.
Quant au monde musulman, il y verrait un protecteur favorisant une transition de société ultérieure.
Dans cette hypothèse, aujourd’hui a priori improbable et farfelue, la droite obtiendrait, au second tour, au moins un écart de 5 % avec le candidat du RN.
Toutefois, cette hypothèse n’est pas si absurde.
La survie de la droite républicaine sur la scène politique n’est possible que grâce à une alliance inavouée avec la composante musulmane de la population.
La droite républicaine, qui fait toujours montre d’être le plus ferme soutien des grands principes mais qui, dans le fond, n’en a aucun et n’a d’idole que l’argent, est tout à fait capable de ce type de forfaiture.
D’ailleurs, n’est-ce pas ainsi qu’elle a procédé sans discontinuité depuis plus d’un demi-siècle ?
Méfiez-vous des républicains de droite : ce sont les plus grands traîtres qui soient, toujours au nom des sacro-saints principes de la République et des prétendues nécessités économiques.
Cher Philippe Bilger,
Le RN peut dire merci à la justice d’avoir évincé Marine Le Pen, car elle représente l’obstacle majeur à l’accession de ce parti au pouvoir.
D’une part, il y a bien sûr, et vous avez raison, le souvenir cruel des débats de 2017 et de 2022.
D’autre part, et contrairement à ce que les médias nous racontent, ce n’est pas le programme régalien – qui fait s’étrangler les commentateurs, mais qui semble approuvé par l’opinion* – mais bien le programme économique porté par MLP, qui constitue un obstacle rédhibitoire.
MLP, dans sa grande naïveté, s’imagine que les Français sont assez irresponsables pour creuser encore davantage les déficits colossaux qui sont les nôtres. Certes, nourris au petit-lait de l’État-providence, ils se déclarent en majorité opposés à la réforme des retraites. Mais le moment venu, un regard vers l’étranger et un éclair de lucidité les ramèneront sur terre, et les verront refuser cette posture démagogique, illisible, changeante et quasi suicidaire.
On peut gager qu’entre février 2026, lorsque Bardella prendra les rênes du RN, et l’élection de 2027, il pourra « tuer la mère » (comme MLP avait dû « tuer le père ») et revenir au bon sens, à la clarté et à la rigueur économiques, condition sine qua non pour espérer l’emporter.
*Attention néanmoins à ne pas sous-estimer notre surmoi progressiste collectif, qui nous conduit immanquablement, malgré les enquêtes d’opinion, à donner une majorité aux partis immigrationnistes.
Le FN/RN reste un parti qui, malgré ses progrès électoraux, peine à construire des alliances solides. Dans une élection présidentielle à deux tours, la capacité à rassembler au-delà de son socle électoral est décisive. Or, le FN/RN souffre encore d’un « plafond de verre » : une partie importante de l’électorat, notamment centriste et modéré, refuse de voter pour lui au second tour. Cette difficulté à élargir sa base rend la victoire improbable.
La Cinquième République favorise les candidats capables de fédérer une majorité autour d’eux. Historiquement, le FN/RN a toujours été battu au second tour grâce au « front républicain ». Même si ce réflexe s’est affaibli, il reste puissant et pourrait se réactiver en 2027 face à la perspective d’une victoire du FN/RN.
Ce parti souffre encore d’un déficit de crédibilité sur les questions économiques et internationales — la partie la plus importante aujourd’hui : les caisses sont vides, et avec leur programme, le trou serait encore plus profond.
Ses propositions sont souvent jugées irréalistes par une large partie de l’opinion publique. De plus, les tensions internes et les rivalités de leadership fragilisent l’image du parti. Dans une campagne présidentielle, ces faiblesses peuvent peser lourdement et empêcher le FN/RN de convaincre les électeurs indécis.
La société française est diverse et complexe. Les grands enjeux de 2027 — transition écologique, pouvoir d’achat, relations internationales — nécessitent des réponses nuancées et pragmatiques. En se concentrant principalement sur les thèmes identitaires et sécuritaires, ce parti risque de ne pas apparaître comme une solution globale. Cette inadéquation entre ses priorités et les attentes majoritaires des Français pourrait limiter son ascension.
Le FN/RN n’a aucune chance d’être élu en 2027. La France entière a vu Marine Le Pen faire un gloubi-boulga de ses fiches devant Macron, et cette image indélébile fera plus que de l’ombre à Jordy, si c’est lui le candidat. Jordy Barboteuse serait le canular de la Ve : à part un discours plat et des idées dignes du Komintern, c’est peu dire de sa vision et de celle d’un parti fourre-tout.
Des girouettes : cette qualification les photographie bien. Faites vos jeux, 2027 sera la surprise — le FN/RN ne peut pas gagner, il aura donc perdu.
Bingo ! J’ai fait sortir Giuseppe de sa palombière, tel Tartarin allah chasse au FN/RN. MDR LOL !
« Le RN peut perdre en 2027… »
Je fais confiance à la justice de mon pays !
Vieux proverbe corse signifiant qu’une affaire paraissant bien engagée échouera à cause d’intérêts divergents et trop puissants. En général, cela signifie qu’il faut préparer un plan B pour contourner ladite justice.
Un plan B qui ne saurait être ni celui de la tautologie qu’est la gauche républicaine, ni celui de l’oxymore qu’est la droite modérée.
L’évolution de la démographie aidant, un autre proverbe est de rigueur, le bien connu « Mektoub », qui signifie « c’était écrit ». 😉
@ Tipaza
Bon sang, mais c’est bien sûr, vous faites référence à « Jacques le fataliste » : « Je crois que c’était écrit là-haut. » « Capitaine, mon capitaine ! »
En cette décennie agitée, la France s’avance vers l’élection présidentielle de 2027 comme on s’engage dans un roman-feuilleton aux rebondissements imprévus. Les sondages l’annoncent invariablement : le Rassemblement national sera de la partie au second tour, porté par le mécontentement ambiant et une insécurité protéiforme. Mais son triomphe serait-il pour autant assuré ? Rien n’est moins sûr. À mesure que la colère politique gronde, un danger symétrique se dessine : celui d’un duel fratricide entre deux extrêmes, RN contre La France insoumise, qui plongerait la République dans une ornière inédite. Une telle affiche — Marine Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon, ou plus improbable encore, Jordan Bardella contre Mélenchon — serait le cauchemar achevé d’une démocratie à bout de souffle.
Certes, une large majorité de Français rejette l’idée même de voir le tribun insoumis accéder à l’Élysée : face à lui, Marine Le Pen l’emporterait haut la main, d’après les indicateurs d’opinion. L’insoumission méthodique de Jean-Luc Mélenchon, son flirt clientéliste avec certains quartiers sensibles, son emprise quasi sectaire sur ses députés et sa propension à traiter son parti comme son fief personnel lui aliènent une grande partie du public. Les enquêtes récentes ne lui accordent plus que 12 à 13 % des intentions de vote, quel que soit son adversaire envisagé. Autant dire qu’en cas de présence de Mélenchon au second tour, « tout vaudrait mieux » — l’abstention massive ou un vote par défaut en faveur du RN — plutôt que de livrer la France à celui qui gère LFI d’une main de fer et d’humeur changeante, méprisant ses contradicteurs, rudoyant les médias et flattant dangereusement les passions les plus vives.
Mais faut-il pour autant se résoudre à ce choix funeste entre le chaos insoumis et le repli national-populiste ? Il est tentant, par lassitude, de voir dans le RN une option « essayons pour voir », après tout. Une France épuisée pourrait se dire qu’après des alternances décevantes, il faudrait bien tenter le grand saut dans l’inconnu frontiste. Pourtant, là encore, la prudence s’impose. Derrière la façade policée d’un RN dédiabolisé — costumes sombres, mots pesés — affleure une imprévisibilité doctrinale qui inquiète plus d’un observateur averti. Le groupe parlementaire du RN offre un spectacle étrange : un alliage de banalisation rassurante et de volte-face soudaines, de coups tactiques surprenants qui déconcertent les citoyens en quête de constance. Volonté de normalisation d’un côté, provocations identitaires de l’autre, le tout agrémenté de programmes économiques fluctuants. À force de vouloir ratisser large, le RN risque de cumuler les contradictions plutôt que les suffrages éclairés.
Il y a enfin la question des prétendants. Marine Le Pen, trois fois candidate malheureuse, a certes poli son image et affermi son verbe. Elle peut assurer dans les interviews fouillées, loin des arènes hostiles où les médias — oublieux de leur complaisance envers d’autres — la soumettent, elle, à un feu roulant d’interrogations aiguës. Mais sera-t-elle enfin à la hauteur lors de l’ultime débat décisif face à son adversaire en 2027 ? Le doute persiste, nourri par le souvenir cuisant de 2017, où, déstabilisée, elle manqua totalement le rendez-vous. Son dauphin Jordan Bardella, parfois donné favori des sondages internes, n’inspire guère plus de sérénité. À trente ans, le jeune président du RN affiche une ligne idéologique d’une pièce, un catéchisme bien appris — trop bien appris, peut-être. Son éloquence est rigide, telle celle d’un étudiant studieux qui perdrait pied à la moindre question imprévue. On a vu ce que produisait l’accession au pouvoir d’un homme inexpérimenté et prématurément élu : l’épisode Macron a vacciné le pays contre les candidatures météores tombées de nulle part, sans ancrage territorial ni amour charnel du pays profond. La France ne veut plus d’un apprenti sorcier à l’Élysée, fût-il bien peigné et ambitieux. Bardella traîne cette jeunesse comme un péché originel qui terrifie désormais bien des électeurs : comment confier le glaive de la France à un homme qui n’en a pas senti le poids, sinon à peine dans les salons de Bruxelles ?
Ainsi les deux extrêmes, LFI et RN, présentent-ils chacun un visage d’effroi. Chez les Insoumis, l’anarchisme de posture et la surenchère révolutionnaire promettent l’aventure hasardeuse — on entend déjà le fracas du désordre, une fois la machine étatique démantelée par idéologie. Thomas Hobbes, en son temps, décrivait la condition humaine sans l’État comme une terrible plongée dans la loi du plus fort : « Pas d’arts, pas de lettres, pas de société… et la vie de l’homme, solitaire, pauvre, méchante, brutale et courte. » On ne saurait mieux peindre ce qui adviendrait si l’utopie insoumise de dissolution de l’ordre régalien se réalisait : la politique du coup de balai permanent mènerait au chaos, et les séides de Mélenchon, ivres de slogans, risqueraient de balayer avec l’Ancien Monde jusqu’aux libertés publiques élémentaires. La trahison guette d’ailleurs dans ce camp qui prétend renouveler la démocratie : comment faire confiance à un chef qui vilipende les dérives autoritaires tout en s’y livrant lui-même au sein de son mouvement, écartant sans pitié les voix discordantes ? L’histoire enseigne que les révolutionnaires exaltés d’hier deviennent souvent les tyrans du lendemain, prompts à fouler aux pieds les idéaux qu’ils brandissaient. LFI, par ses purges internes et ses excès de langage, rappelle tristement que « les extrémités se touchent », selon le mot de Pascal, et que l’extrême gauche peut rejoindre l’extrême droite dans l’intolérance et la confusion.
Symétriquement, du côté du RN, le danger est d’un autre ordre. Ce parti, qui se veut le champion d’une France enracinée, risque en pratique de l’entraîner dans un dirigisme économique inquiétant. Son programme étatique, interventionniste et dispendieux, apparaît comme le faux-nez d’un socialisme national qui ne dit pas son nom. Le RN promet monts et merveilles — retraite abaissée, dépenses publiques accrues, protections tous azimuts — sans jamais expliquer comment financer ces largesses autrement qu’en creusant la dette ou en pressurant un peu plus le contribuable, déjà à l’agonie. La France figure déjà au premier rang des pays les plus taxés au monde, avec un niveau record de prélèvements obligatoires représentant 46,1 % du PIB. Faut-il en rajouter ? Les gens, eux, savent bien qu’on ne tond pas un œuf et qu’au pays d’Astérix, c’est toujours le petit villageois qui finit écrasé sous l’impôt. Le vieux Clemenceau le disait avec une ironie grinçante : « La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires, et il y pousse des impôts. » Or le RN, loin de vouloir défricher cette jungle administrative, l’épaissit par ses propositions tous azimuts financées par l’État nounou. Derrière la flamme bleu-blanc-rouge du parti de Le Pen, on décèle une fâcheuse tentation de cumuler « le pire du libéralisme et le pire du socialisme », c’est-à-dire d’abandonner le pays au marché quand cela l’arrange, tout en multipliant les dépenses publiques clientélistes quand cela lui convient. Un tel attelage bancal, mélange de rigueur affichée en matière régalienne et de laxisme budgétaire patent, peut-il vraiment convaincre une majorité de Français ? On peut en douter.
Vivement Noël !
Pourquoi ? La fête du petit Jésus, la messe de minuit, le réveillon, les bûches, les cadeaux, les sourires des enfants devant le sapin garni ?
Non, non ! Tout simplement, j’attends, en trépignant d’impatience, la suite de la série qui se déroule tous les ans à Béziers :
La crèche dans le hall de la mairie, installée en pure provocation par M. Ménard, le maire — un beau doigt et bras d’honneur annuel envers les racailles gauchiasses des tribunaux administratifs rouges de rage, haineux, violents, fachos, antichrétiens et pro-islamistes.
Du pur bonheur, un régal de fin gourmet ! Bravo, M. Ménard, surtout n’arrêtez pas ce feuilleton délirant, très humoristique : je suis plié en douze, mal au bide — que du bonheur !
Il arrive aussi qu’un maire par trop sectaire et laïcard, comme celui de Marseille, qui avait fait déprogrammer dans une salle de sa ville le film Sacré-Cœur pour « atteinte à la laïcité », se voie condamné par le tribunal administratif à faire marche arrière, ledit tribunal ayant jugé sa décision illégale et constitutive d’une atteinte grave à la liberté d’expression.
Si bien que le film a été reprogrammé aussitôt, et que ce fâcheux intermède s’est en définitive avéré être une publicité inattendue pour le film documentaire Sacré-Cœur, qui a fait un carton partout, notamment à Marseille, où les séances étaient archi-bondées, au point que l’on refusait du monde !
Étonnez-moi, Benoît ! Avalez des pommes de pin, Benoît ! Des abricots, des poires et des lames de rasoir…
Cher Philippe Bilger,
Si la prudence élémentaire nous oblige à considérer votre titre comme une évidence absolue, votre analyse – et je ne m’en étonne qu’à moitié – repose en grande partie sur la participation de Marine Le Pen à cette élection. Est-ce, en effet, par solidarité corporatiste que vous feignez, contre vents et marées, d’ignorer la partialité de notre justice, alors qu’elle montre chaque jour à quel point elle est juge et partie, et qu’elle semble quasiment en mission divine pour empêcher la droite d’arriver au pouvoir ? (C’est surtout son intérêt vital, car sinon, des têtes vont valser.)
Or vous savez pertinemment que MLP est d’ores et déjà hors circuit : l’appel de début 2026 devrait au mieux confirmer sa mise hors course, au pire l’envoyer en prison pour discréditer davantage encore le RN. (Dans le même ordre d’idées, la condamnation de Sarkozy sera elle aussi confirmée, voire alourdie.)
Pourquoi les juges se gêneraient-ils, alors que tout le « système » les soutient ?
Si l’on vous rejoint sur la fragilité intrinsèque de son suppléant, c’est surtout la montée en puissance de ce « système », justement annoncée par Pascal Praud, qui risque de fragiliser Jordan Bardella. À part la sphère Bolloré, on peut sans risque prévoir un déferlement continuel et hystérique anti-RN.
Vous avez aussi raison pour Mélenchon, qui se trouve aujourd’hui dans la même situation que MLP jadis : il perdra, quel que soit son adversaire.
Mais Bardella connaîtra le même sort face à un autre candidat de droite ou même de gauche modérée. Je pense ici à Glucksmann, qui pourrait bien coiffer JLM et bénéficier du tsunami médiatique contre Bardella.
Pour terminer, un pronostic : la primaire à droite sera gagnée par David Lisnard (Retailleau s’est définitivement abîmé), qui éclabousse tous les autres par sa surface intellectuelle (lire L’Opinion d’hier). C’est le Zemmour de la droite modérée, avec un avantage de taille : son expérience de gestionnaire. Et s’il arrive second au premier tour, il remportera une élection suprême qu’il aurait déjà largement gagnée s’il s’était engagé en 2022.
Cela étant, et pour l’essentiel, seules les mesures radicales de Zemmour* sont à la hauteur du péril civilisationnel qui vient. Les autres candidats, beaucoup trop timorés et soumis au surmoi progressiste, ne pourront au mieux que retarder l’échéance de la prise du pouvoir par l’islamisme, qui est puissamment aidé par tous les idiots utiles de gauche. Qu’on se rassure : il s’est sabordé en 2022 et n’a strictement – pas plus qu’une Sarah Knafo avec qui personne ne veut plus collaborer – aucune chance de simplement égaler son score de 2022.
*On lira avec un immense intérêt le petit ouvrage didactique et visionnaire La messe n’est pas dite, qu’il vient de publier chez Fayard (10 €). Le Z s’appuie sur le passé pour lire l’avenir. C’est simple, clair et lumineux : de loin son meilleur opus depuis Le Suicide français.
Attendons, courant janvier ou début février 2026, ce que diront les derniers sondages. Nous serons alors plus fixés sur le supposé gagnant du premier tour.
Encore que, tant que les bulletins de vote ne seront pas comptabilisés à la sortie des urnes, le jour venu, nous ne pourrons faire aucun pari sérieux. On nous a déjà fait le coup : tous les médias avaient misé sur un cheval de course, et c’est un jeune poney, inconnu des parieurs avant sa montée en scène, qui est arrivé en tête.
Sondage Elabe–Les Échos du 7 novembre : 39 % pour le RN, en tête devant les autres candidats.
En dix-huit mois, tout peut encore changer. Un incident majeur et grave, survenu entre-temps, peut bouleverser les résultats.
On peut douter que MLP soit présente à la présidentielle, puisque les boulets judiciaires qu’elle traîne sont un obstacle définitif.
Reste Bardella, lancé à pleine allure, telle une savonnette au fond d’une baignoire.
Beaucoup se demandent s’il résistera aux débats entre candidats où, en théorie, devraient apparaître ses insuffisances et ses contradictions, notamment sur les propositions économiques du RN.
En fait, il est probable que les 35 % dont il est crédité se réduiront comme une sauce après réduction, tant les étincelles de Knafo (Z n’ira pas) et les élucubrations mélenchoniennes le rendront inodore et sans saveur !
À moins que les électeurs français ne soient décérébrés — ce qui ne peut être exclu —, Bardella connaîtra donc le même sort que la lessive Balladur en 1995…
Mais je réfléchis comme un citoyen raisonnablement cultivé et à peu près censé : serai-je en minorité en mai 2027 ?
P.-S. : et n’oublions pas le rôle essentiel des journalistes, qui auront mis toute leur énergie et leur mauvaise foi à dézinguer les « extrêmes » aux yeux des personnes âgées, terrorisées par le désordre qui ne manquerait pas de survenir au cas où l’élection tournerait mal !
Le RN peut perdre en 2027 ?
Et alors ? On n’ en a rien à cirer , il fait campagne comme tout le monde juste pour sauver quelques meubles , garder les bons sièges bien rémunérés dans l’ opposition , beaucoup moins risqué dans ce pays de triples buses abatardies qui s ‘ en foutent de l’ avenir de la France ; on leur a bien précisé qu’ aimer son pays c’ était fasciste raciste xénophobe ; les gens de gauche leur ont récité la messe socialiste , et comme ils n’ ont pas le temps ni l’ envie de réfléchir , ni même la capacité de se faire une opinion par eux mêmes , ces troupeaux de veaux vaches cochons couvées délèguent ce pouvoir à ceux qui sont les plus gentils , donc la gauche , c’ est inscrit et gravé dans le marbre .
Répétez après moi : « la gauche célégentils , la droite céléméchants » point barre , interdit de contester sous peine de passer pour un affreux réactionnaire .
Les clichés perdurent et sont coriaces :
Le méchant patron en queue de pie et haut de forme avec un cigare colossal a figuré longtemps en tête des tracts des syndiracailles cégéterroristes ,
L ‘ ouvrier victime à genoux sous les coups des nervis de l’ usine .
Les femmes et leur QI de bulot génétique qui votent en toute irresponsabilité pour « celui qui a la plus belle moustache » n ‘auraient jamais du avoir le droit de vote avec leurs slogans féministes débiles : « les hommes sont des pourris » , mais veulent quand même être égales aux hommes ; ne cherchez pas , il faut dix ans d ‘ études psy pour les comprendre .
Quant allah justice , depuis qu’ elles sont autorisées à exercer très gauchistement cette profession , l ‘ insécurité et l’ impunité ont explosé , elles sont très émotives ces malheureuses , ben voyons , et relaxent par compassion allah pelle de dangereuses bombes humaines , inutiles d ‘égrener la liste des victimes , elle est bien connue .
« Haro sur Bardella ! » ben voyons , malheureusement pour ces gogols empêtrés dans leurs 3500 milliards de dette , notre Jordy a les mains propres , ils en ont fait une cible très facile à pointer pour camoufler leurs échecs lamentables et leur nullité crasse en ciblant le RN « le pire danger à venir pour la France » . Ben voyons !
Conseil à Jordy : « Ne vous emmerdez pas avec ce peuple de tocards , restez dans l’ opposition , installez vous dans une ile au soleil , les doigts de pieds en éventail sur un transat sous un parasol , contentez vous d ‘envoyer des discours par télétravail et resservez vous un bon mojito bien frappé » .
Lisez bien ce blog , vous avez un supporter très spécial rétréci du bulbe depuis une chute de sa palombière , voire peut être amoureux de vous , et qui fait grimper le RN à chacun de ses messages hallucinogènes .
Le RN peut perdre en 2027 ?
Et alors ? On n’en a rien à cirer. Il fait campagne comme tout le monde, juste pour sauver quelques meubles, garder les bons sièges bien rémunérés dans l’opposition. C’est beaucoup moins risqué dans ce pays de triples buses abâtardies qui se fichent de l’avenir de la France. On leur a bien précisé qu’aimer son pays, c’était fasciste, raciste, xénophobe. Les gens de gauche leur ont récité la messe socialiste, et comme ils n’ont ni le temps ni l’envie de réfléchir, ni même la capacité de se faire une opinion par eux-mêmes, ces troupeaux de veaux, vaches, cochons, couvées délèguent ce pouvoir à ceux qui sont les plus gentils, donc la gauche. C’est inscrit et gravé dans le marbre.
Répétez après moi : « La gauche, célégentils ; la droite, céléméchants ». Point barre. Interdit de contester, sous peine de passer pour un affreux réactionnaire.
Les clichés perdurent et sont coriaces :
Le méchant patron en queue-de-pie et haut-de-forme, avec un cigare colossal, a figuré longtemps en tête des tracts des syndiracailles cégéterroristes.
L’ouvrier victime, à genoux sous les coups des nervis de l’usine.
Les femmes, et leur QI de bulot génétique, qui votent en toute irresponsabilité pour « celui qui a la plus belle moustache », n’auraient jamais dû avoir le droit de vote, avec leurs slogans féministes débiles : « Les hommes sont des pourris », mais veulent quand même être égales aux hommes. Ne cherchez pas, il faut dix ans d’études de psychologie pour les comprendre.
Quant à la justice, depuis qu’elles sont autorisées à exercer très gauchistement cette profession, l’insécurité et l’impunité ont explosé. Elles sont très émotives, ces malheureuses ; ben voyons, et relaxent par compassion à la pelle de dangereuses bombes humaines. Inutile d’égrener la liste des victimes, elle est bien connue.
« Haro sur Bardella ! » Ben voyons. Malheureusement pour ces gogols empêtrés dans leurs 3 500 milliards de dettes, notre Jordy a les mains propres. Ils en ont fait une cible très facile à pointer pour camoufler leurs échecs lamentables et leur nullité crasse, en ciblant le RN, « le pire danger à venir pour la France ». Ben voyons !
Conseil à Jordy : « Ne vous em*erdez pas avec ce peuple de tocards. Restez dans l’opposition, installez-vous sur une île au soleil, les doigts de pied en éventail sur un transat, sous un parasol. Contentez-vous d’envoyer des discours par télétravail et resservez-vous un bon mojito bien frappé. »
Lisez bien ce blog : vous avez un supporter très spécial, rétréci du bulbe depuis une chute de sa palombière — voire peut-être amoureux de vous — et qui fait grimper le RN à chacun de ses messages hallucinogènes.
« Le RN n’a pas encore gagné en 2027… » (RN)
Très juste.
D’autant plus que ses adversaires seront alors prêts à tout, y compris au recours à des coups tordus dont nous avons eu historiquement quelques échantillons pour nous en convaincre, pensons par exemple au montage scandaleux de l’affaire de Carpentras, avec la participation du ministre de l’Intérieur lui-même, pour empêcher la progression du FN.
Déjà à l’époque les adversaires de cette mouvance fixaient à 25 % de voix potentielles le seuil fixé pour intervenir par tous les moyens possibles, y compris les plus illégaux, pour faire obstacle à un avenir électoral qui s’annonçait mal pour eux.
Alors avec 30 %, il faudra pour ce parti et pour les gens qui le suivent veiller au grain et à ne pas donner prise aux provocations qui ne manqueront pas…
La question est plutôt : le RN doit-il remporter les élections ?
Car la planche est tellement pourrie, avec chausse-trapes et coups tordus…
Le peuple de France, tellement perclus de subventions et d’aides en tous genres, voudra-t-il vraiment changer la proie pour l’ombre ?
Faites du bois…
Faut-il que les Français soient en plein désarroi pour que 38 % d’entre eux se résignent à voter pour Marine Le Pen qui a déjà essuyé trois défaites à l’élection présidentielle, et surtout pour Jordan Bardella, pur produit du marketing politique, totalement inexpérimenté, avec une réputation de cossard et qui se fait régulièrement renvoyer dans ses cordes dans les interviews et les débats.
Ce qui est surprenant au RN c’est qu’il y a des personnalités bien plus compétentes pour prétendre à la fonction suprême que Jordan Bardella et Marine Le Pen. L’un comme l’autre ne tarderaient pas à montrer leurs limites quelques mois après leur prise de fonction.
Ceci étant, les sondages n’ont jamais vraiment brillé par leur fiabilité. J’en veux pour preuve celui qui annonçait Valérie Pécresse devant Emmanuel Macron quelques mois avant l’élection présidentielle de 2022. On connaît le résultat ! 😊
Comme la vision d’une hydre à deux têtes, diront les contempteurs du RN.
À cheval entre un panache blanc ou noir autour du cou, ou assis au fond d’un bateau armé d’une voile anthracite ou ivoire, selon que le chevalier Bardella tienne les rênes ou que la skippeuse Mme Le Pen lui barre la route en tirant ses propres bords.
Avec, à gauche sur la photo, une tenante de l’école dirigiste française, classique, répertoriée, et à droite, un adepte d’une méthode mileienne douce, mate comme les flots argentins du Rio de la Plata, avaleuse, mais alors avec beaucoup de mesure, des silures du fonctionnariat domestique – ses naturels agents, recouverts d’une triple couche d’écailles protectrices – et autres gros poissons de la bureaucratie nationale.
C’est mieux que « Trois hommes dans un bateau », comme chez les LR, me direz-vous, certes, mais disons que Marine Le Pen fait tout pour donner le mal de mère au jeune Jordan, rendu hypocondriaque à force d’ordonnances aux théories contradictoires (il ne fait la moue exclusivement qu’en présence de la présidente, judiciairement presque déjà déchue, de son parti, difficile de ne pas le remarquer, il y a des expressions, mêmes figées dans leur bête répétition, qui parlent plus que de faibles mots).
Au risque d’un balbutiement de la doctrine (de toute façon toujours improbable, peu sincère, pour ne pas dire purement cosmétique, dans la plupart des partis politiques français), comme vous le notez excellemment dans votre billet.
Peut-être n’est-ce même pas que le RN poursuive deux lièvres à la fois, mais la marque évidente qu’il ne sait toujours pas où trouver cette tortue de mars 2027, qui le conduirait, en rut, vers les derniers mètres du poteau de la victoire.
Cette étrange carburation à double corps pré-électorale est singulière en Europe, a-t-elle pour dessein de ratisser large ou est-elle le symptôme d’une restriction mentale, ses dirigeants restant incapables de se décider sur un nom avant la naissance d’un futur roi.
M. Bardella n’étant peut-être que la rime riche ou pauvre de la prodigieuse apparition d’un Emmanuel Macron, un poète pourtant fort oublié aujourd’hui.
Les Français semblent adorer la rimaille en politique.
La France est en péril d’invasion africaine, péril que l’on dissimule sous celui de l’islamisme pour ne pas faire raciste, et d’autant plus grand pour trois raisons :
1 Démographique: Les immigrés et Français d’origine africaine nous font deux ou trois fois plus d’enfants que les Français de souche qui n’assurent même pas le renouvellement.
2 D’ordre spirituel: l’islam leur propose une unité spirituelle dans un pays qui a perdu le sens même du mot esprit.
3 Relative à la lâcheté : Les Français, très justement appelés « des veaux » par de Gaulle, sont dans un état de stupidité tel, qu’ils se sont donné pour gardiens une pègre intellectuelle qui leur interdit d’en prendre conscience.
« Au moment le plus cruel de son histoire, la France doit comprendre et accepter la nécessité d’une révolution nationale », nous disait notre dernier chef – il s’appelait Philippe Pétain.
Nous n’en sommes pas au moment le plus cruel, mais à celui de notre agonie. Alors le RN peut-il l’entreprendre face à la pègre, Conseil constitutionnel et magistrature pourrie en tête ?
Peu probable. Il en éveille subconsciemment l’espoir, mais il nous manque celui qui viendrait nous dire « Je vous fais don de ma personne » pour être votre père.
Le RN tire sa force de la faiblesse et de la division de ses adversaires. Compte tenu de son écrasante domination dans les sondages, sa présence au second tour est assurée sauf accident industriel. Si Jean-Luc Mélenchon affronte plusieurs candidats de gauche et plusieurs de droite, il sera également au second tour, mais battu.
La condition nécessaire sinon suffisante pour que le RN ait une chance d’être battu est que les partis de la gauche républicaine d’une part et les partis de la droite modérée d’autre part se présentent unis dès le premier tour.