Le macronisme bouge encore…

Quand je l’ai lu, je n’en ai pas cru mes yeux ni mon esprit.

Le député macroniste, Florent Boudié, président de la commission des lois à l’Assemblée nationale, s’apprêterait à déposer une proposition de loi qui, selon lui, viserait à lutter contre l’engorgement des prisons en rendant massives les libérations conditionnelles. (Le Monde).

Sans vouloir manquer de respect à la représentation nationale à travers cet élu, force est cependant de considérer que cette initiative, si elle venait à se concrétiser, serait une folie pure.

À un moment où la naïveté ou l’inconscience se sont à peu près dissipées – l’insécurité, contrairement à ce qu’affirmait le prédécesseur de Gérald Darmanin, n’étant plus un sentiment mais un fléau terrible qui affecte la majorité des honnêtes gens – et alors que cette proposition de loi ne pourrait être approuvée que par la gauche et l’extrême gauche, il est provocateur d’oser une telle suggestion.

Je n’ose penser qu’il s’agisse, pour cet estimable député, de se livrer à une opération de publicité personnelle. Si l’on écarte cette vulgarité, d’où pourrait donc venir une idée qui défie à la fois le bon sens, la rigueur judiciaire et pénitentiaire, ainsi que l’impératif de la sauvegarde sociale ?

Subsisterait-il chez Florent Boudié un résidu de ce macronisme qui, sur le plan régalien, a fait le malheur de la France ? des choix ministériels aberrants, une philosophie laxiste à force de peser le pour et le contre – donc de ne rien accomplir -, et parfois une sollicitude plus grande à l’égard des transgresseurs que des forces de l’ordre ?

Une telle persistance serait d’autant plus absurde que l’on a vu, heureusement, sous l’influence notamment d’un couple ministériel exceptionnel (Gérald Darmanin et Bruno Retailleau), la réalité brutale s’imposer aux réflexions comme à l’action politiques. On est sorti de l’angélisme pour se confronter à la crudité du réel.

Pas encore, à l’évidence, pour le député Florent Boudié qui est en retard au moins d’une prise de conscience. Peut-on tenter l’hypothèse qu’il relève de cette catégorie d’humanistes abstraits et confortables, d’autant plus à l’aise dans leurs suaves illusions que la rançon en sera, tôt ou tard, acquittée par le peuple français, contraint de subir les conséquences de ces « libérations conditionnelles massives » ?

Je ne peux m’empêcher de mettre en relation cette aberration annoncée avec la prise de conscience, enfin assumée, de la situation des prisons et l’annonce des mesures que Gérald Darmanin entend mettre en œuvre « pour endiguer la surpopulation carcérale » et notamment interdire les matelas au sol (Le Télégramme) dans un délai de dix-huit mois.

D’un côté, un macronisme jetant ses derniers feux ; de l’autre, un réel intolérable, contre lequel s’emploie un volontarisme actif et résolu.

Le choix est vite fait.

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Voir les Commentaires (4)
  1. @ Achille le 9 janvier 2026
    « Le réel est surtout l’idée que l’on s’en fait »

    C’est beau comme l’antique.
    La théorie de la caverne platonicienne revue et corrigée !
    Platon aurait été surpris d’abord, et ravi ensuite de s’apercevoir qu’il avait des disciples chez JaS.

  2. revnonausujai

    « Le macronisme bouge encore… »

    Il est bien connu que, sous l’effet des gaz issus de la décomposition, certaines charognes bougent après leur mort !

  3. « Le député macroniste, Florent Boudié, président de la commission des lois à l’Assemblée nationale, s’apprêterait à déposer une proposition de loi qui, selon lui, viserait à lutter contre l’engorgement des prisons en rendant massives les libérations conditionnelles. » (PB)

    J’imagine que ces libérations conditionnelles concernent des individus non dangereux : des escrocs, des voleurs à l’étalage, quelques personnalités politiques qui ont trempé dans des affaires politico-financières. Mais certainement pas des violeurs, des prédateurs sexuels ou des terroristes islamistes qui pourraient menacer la sécurité des citoyens.
    Cette décision a le mérite d’éviter à certains détenus de coucher à même le sol dans une cellule surpeuplée, le temps que d’autres prisons soient construites, ce à quoi s’emploie l’actuel garde des Sceaux, d’après ce que j’ai cru comprendre.

    « D’un côté, un macronisme jetant ses derniers feux ; de l’autre, un réel intolérable, contre lequel s’emploie un volontarisme actif et résolu. Le choix est vite fait. » (PB)

    Le réel est surtout l’idée que l’on s’en fait, influencée par des médias qui ont renoncé à faire du vrai journalisme pour se consacrer à de la propagande lourdingue pour les partis de la droite radicale, et même un peu plus, ainsi que nous en font la démonstration tous les jours Pascal Praud et sa clique sur Europe 1 et CNews.

    Ben oui, le macronisme bouge encore, au moins jusqu’à avril 2027. Tout vient à point à qui sait attendre.
    Ce Macron-bashing obsessionnel ainsi qu’on peut le voir dans cet extrait finit par devenir pathétique.

  4. « …cette initiative, si elle venait à se concrétiser, serait une folie pure. » (PB)

    Elle est déjà bien concrétisée, vu le nombre d’assassins remis en liberté qui courent les rues, multirécidivistes, bombes humaines relâchées par les juges rouges du SM, mur des cons. Le nombre de cadavres qui jonchent trottoirs, métros, parcs et jardins atteste de cette folie provoquée et encouragée par le pouvoir macronien, en application du programme de destruction de la France, de son peuple, de ses coutumes et de son histoire.

    Mais les malades mentaux de ce pouvoir dégénéré ont calculé qu’il fallait accélérer le rythme, et qu’il n’y avait pas assez de tueurs dans nos rues ; d’où cette trouvaille criminelle pour le peuple, qui devra verser encore plus de sang.

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