Il y avait le bon vieux temps où les choses, les convictions et les comportements étaient bien ordonnés, et la politique limpide dans ses manifestations. La gauche et la droite demeuraient sagement dans leur camp, et le citoyen n’était pas perdu, comme aujourd’hui, dans un monde devenu de plus en plus illisible.
En gros, sans que l’on questionne véritablement la justesse de ces étiquettes, le réalisme concret se situait à droite et la générosité abstraite à gauche : la lucidité froide chez la première, le cœur chaud au sein de la seconde.
Cela ne date pas de cette période récente, l’évolution a peu à peu fait bouger les lignes. La droite, pas toujours pour de bonnes raisons, s’est mise à avoir mauvaise conscience sous l’influence de la gauche ; et celle-ci s’est piquée, parfois à juste titre, de battre le camp conservateur sur son propre terrain, en se montrant plus dure que lui, au nom de cette règle injuste selon laquelle le progressisme aurait tous les droits.
Avec certaines réactions indignes qui ont suivi la mort de Brigitte Bardot, on a touché le fond de l’ignominie, et j’ose soutenir que, désormais, sans l’ombre d’un doute, le cœur aussi est passé à droite !
À l’exception de quelques voix qui ont sauvé l’honneur de la gauche, que de dénonciations lamentables et honteuses !
Je ne sais ce qui, de la part notamment d’Olivier Faure, de Sandrine Rousseau ou de Sarah Legrain, est le plus scandaleux : l’esprit ou la sensibilité défaillants. Mais leur indécence a atteint son comble lorsqu’ils n’ont invoqué que le « racisme » de la disparue, son manque de compassion pour les migrants alors qu’elle défendait la vie animale, ou sa prétendue incompatibilité avec les « valeurs républicaines ».
On met en avant un doigt étique – à le supposer valide – montrant une lune grandiose, et l’on ose mettre en balance l’immensité d’une aura française et internationale avec une approche aigre et étriquée d’un destin exceptionnel.
Il ne s’agit même pas des arguties portant sur le principe d’un hommage national ou populaire, puisque Brigitte Bardot, à l’évidence, n’aurait pas voulu du premier, et que le second – qui aurait permis les hommages d’une multitude d’admirateurs – aurait été concevable si sa famille ne s’était pas, semble-t-il, opposée aux deux.

Ce qui est le plus choquant, de la part de ces contempteurs et de ces idéologues, de ces profanateurs d’un moment absolu de recueillement et de concorde que devrait engendrer la mort d’une personnalité – plus encore lorsqu’il s’agit d’un être qui a fait rayonner la France bien au-delà d’elle-même, indépendamment de l’adhésion ou non à la manière dont elle a mené son existence, aux positions qu’elle a prises et aux combats qu’elle a engagés -, c’est la négation même de ce temps suspendu.
Certains instants, lorsqu’ils sont troublés, révèlent l’absence de cœur et de dignité de ceux qui en sont responsables, mais aussi leur incapacité à saisir la disproportion entre la grandeur d’une destinée et la médiocrité des reproches qui lui sont opposés.
Bien sûr, ces justiciers à contre-temps, si souvent prompts au laxisme face à la délinquance ordinaire et à l’indulgence envers les condamnés, se sont obstinés à rappeler les sanctions infligées à Brigitte Bardot.
Comme si, d’une part, ces sanctions occultaient tout ce que notre pays lui doit, notamment la réputation mondiale qu’a engendrée son destin d’actrice lucide et de citoyenne engagée, et comme si, d’autre part, elles étaient forcément justifiées.
Il me semble que l’on ne parviendra jamais à comprendre que les transgressions liées à la liberté d’expression n’ont rien de commun avec les autres, en ce qu’elles donnent lieu à des analyses intellectuelles et juridiques parfois contradictoires ; et je ne suis pas certain que j’aurais, pour ma part, pris les mêmes décisions de renvoi ni requis de la même manière à l’égard de la prévenue Brigitte Bardot.
J’admets, pour rester honnête, qu’au-delà de ce point de vue que je tiens pour fondé, je suis sans doute si attaché à la liberté de pensée et de parole qu’elle prime, à mes yeux, sur toute autre considération.
La droite et l’extrême droite – Marine Le Pen sera présente le 7 janvier à son enterrement – ont été irréprochables face à cette disparition, et il était mesquin d’y voir une quelconque complicité politique plutôt qu’une estime, une sollicitude et une admiration humaines.
La gauche et l’extrême gauche ont définitivement sombré dans le partisan et l’odieux, en abandonnant le parti du cœur.
Elles n’ont plus la moindre leçon à donner, sur quelque plan que ce soit.
@ Patrice Charoulet
« Autant j’ai plutôt un préjugé favorable pour les médecins, les avocats, les magistrats, les pharmaciens, les architectes, les ingénieurs, les professeurs, et pour tous ceux qui ont fait des études pour devenir compétents, autant j’ai du mal à estimer les commerçants. »
On n’étudie pas que dans les livres : certains se forment sur le tas et sont notés tous les jours par les clients, qui achètent ou non chez eux. La survie de leur affaire montre leur adaptation au monde économique : c’est évident.
Il devrait l’être tout autant que les commerçants sont indispensables. Il ne suffit pas que des biens soient produits : ils doivent vous être proposés par le commerçant, à l’interface entre vos désirs et l’offre des producteurs. Valeureux ambassadeurs, animateurs des villes ! Je m’en vais faire leur éloge.
Le commerçant doit être aimable avec des gens qui ont un a priori contre lui, ce dont vous montrez l’exemple… S’il est normal de défendre son intérêt en essayant de ne pas trop payer, il est normal aussi que le commerçant tire la corde en sens inverse. Sinon, serait-il le seul dont l’intérêt soit illégitime ?
Beaucoup le pensent, mais allez-vous courir les magasins d’usine, les fermes ? Il ne semble pas. Vous dévaluez un service dont vous ne sauriez ni ne voudriez vous passer. Et vous n’êtes pas le seul.
J’aimerais que mon pays cesse d’entretenir une guerre idéologique stupide entre les fonctionnaires ou diplômés et les entrepreneurs. À un certain degré de civilisation, on a les deux, qui sont comme le fleuve Bleu et le fleuve Jaune irriguant la Chine depuis fort, fort longtemps : pays au commerce étendu, comme le montrent la route de la soie et le système des examens pour les fonctionnaires, inspirant le nôtre.
@ Patrice Charoulet le 2 janvier
« Ce jour-là, je vais dans un magasin de vêtements. »
À Dieppe ? Quelle aventure !… Un 2 janvier, par ce froid ? Quelle bravoure !… Cela mérite d’être conté… Bien que, dans cette histoire, la seule « victime » soit le commerçant… qui a eu à vous supporter.
Quant à la marge du boutiquier que vous supposez énorme, chacun sait que le commerçant ne paie ni TVA, ni impôts, ni taxes locales ; que l’électricité lui est fournie gratuitement ; qu’il est exempté de tout prélèvement de l’État sur ses bénéfices ; et que ses employés, son expert-comptable et les artisans qui aménagent son magasin travaillent pour le plaisir… tout comme lui-même.
À noter que, s’il est des commerçants qui achètent 100 et revendent 200, il est des profs qui, faute de s’intéresser à leurs élèves, parviennent, au contraire, à faire baisser leur QI…
Il semblerait que notre ami Patrice Charoulet n’ait toujours pas fait la différence entre un blog dans lequel on répond au thème d’un billet et un forum qui est un espace de discussion où l’on raconte sa vie.
Mais ce n’est pas grave. Ses commentaires font office d’intermède. 😊
Autant j’ai plutôt un préjugé favorable pour les médecins, les avocats, les magistrats, les pharmaciens, les architectes, les ingénieurs, les professeurs, et pour tous ceux qui ont fait des études pour devenir compétents, autant j’ai du mal à estimer les commerçants. Résumons : un commerçant est un homme qui achète un truc un euro et le revend deux euros. Pas de quoi s’enthousiasmer.
Et malgré tout, j’entre dans des boutiques pour acheter des choses. Ce jour-là, je vais dans un magasin de vêtements. À l’entrée, je lis en gros caractères : « Ventes privées ». Je ne sais pas ce que cela veut dire, mais je suppose que je vais bénéficier d’avantages. Très vite, je vois sur toute la gamme du vêtement que je vais acheter : « –30 % ». Bonne nouvelle !
J’en choisis un à ma taille. Après l’avoir essayé, je vais à la caisse pour payer. Quand on m’annonce le prix, je suis un peu surpris : on semble avoir oublié de diminuer le prix de 30 %. Je le fais remarquer en souriant, très aimablement.
Réponse de la caissière :
— « La réduction est pour deux articles achetés. »
Réplique :
— « Ce n’est pas précisé sur le vêtement. »
Réponse :
— « C’est écrit à l’entrée. »
Elle me montre alors, à trois mètres de la caisse, sous le texte « Ventes privées » écrit en très gros caractères, ce qui figure en dessous, en très petits caractères, et que j’avais manqué. Retour à la caisse. J’achète.
On me demande si je veux un sac. Oui.
Le sac est… payant.
Petite somme, certes, mais comme je pense — voir plus haut — qu’entre le prix du grossiste et celui du détaillant il y a peut-être du cent pour cent dans l’air, la moindre des choses serait de ne pas faire payer le sac. Mais bon, c’est le commerce. Et les procédés commerciaux ont dû être enseignés aux commerçants.
Mon estime pour ces professionnels n’en a pas été augmentée.
À tous ceux, d’ici et d’ailleurs, qui s’indignent des critiques émises contre la gloire nationale BB, abonnée aux déclarations racistes, je demande un peu de patience : vous aurez le RN au pouvoir pendant cinq ou dix ans.
Cette épouvantable perspective a plus de poids, à mes yeux, que les réserves émises au sujet d’une petite actrice qui était, paraît-il, jolie — maigre mérite.
@ Achille
« J’ai fait un voyage dans le futur.
Photo du prochain président de la République au lendemain de l’élection de 2027.
Vous avez encore le temps de quitter le pays ! 😊 »
Meuh non, j’ai dit : « Tebboune ». Méluche est trop mou. Y a que vous qui ne suivez pas et qui ne respectez pas votre charte, qui stipulait à mon égard : « le mieux, c’est de ne pas lui répondre ».
Soyez sérieux… reprenez-vous !
Brigitte Bardot inhumée un an jour pour jour après le décès de Jean-Marie Le Pen. Qui pour reprendre le flambeau pour défendre ce qui reste de grandeur à la France ? Jordan Bardella ? Excusez-moi mais je suis obligé de rire.
@ sylvain le 1 janvier 2026
J’ai fait un voyage dans le futur.
Photo du prochain président de la République au lendemain de l’élection de 2027.
Vous avez encore le temps de quitter le pays ! 😊
Dans ses vœux, Emmanuel Macron a parlé de la présidentielle. Ce n’est pas en 2027, l’élection ? Aurait-il la lucidité et la sagesse de partir avant ?
Le successeur pourrait ainsi commencer les vœux de 2027 par :
« 2026 a été marquée par la lucidité et la sagesse des dirigeants et des électeurs de notre beau pays, la France. »
2026 : réception de Macron par Tebboune en Algérie ; le protocole proctologique sera le suivant :
– Le bureau sera ovale, plus long que celui de Poutine.
– Ali Ben Macron devra laisser ses babouches dans le couloir.
– Il devra rentrer en marche arrière, position préférée de notre présigland devant les glands de ce monde.
– Ensuite, il devra adopter la position « Griezmann », le footeux qui s’agenouillait avant chaque match en repentance contre le raciiiiisme.
– Ensuite, il devra passer sous le bureau de Tebboune.
Ensuite, chuuuut… on ne saura pas ce qu’il se passera sous le bureau : secret d’État ! Ben voyons.
Brigitte Bardot, donc, serait censée représenter tout ce qui rend la France supérieure aux autres nations. Admettons. L’étonnant est que personne ne semble se rendre compte du caractère extraordinairement auto-incriminant d’une telle assertion.
Je peux me tromper, mais je n’ai pas vu les Allemands tartiner des éditoriaux à n’en plus finir sur la puissônce de l’Allemagne dans le mônde au motif de l’existence de Jean-Sébastien Bach.
Pas plus que les Italiens ne passent leur temps à expliquer qu’ils sont supérieurs au reste de l’humanité parce qu’ils ont donné naissance à Léonard de Vinci.
Non plus que l’on entend les Suisses se proclamer la lumière du monde et de ses environs en raison d’Albert Einstein.
Pas davantage que les Danois ne prétendent être la coqueluche des nations au prétexte de Niels Bohr.
Mais les Français, eux, croient que la terre entière se prosterne devant eux en raison d’une nana plutôt jolie, à la cuisse légère, qui a gagné beaucoup d’argent dans des films de second ordre et qui aimait les chats.
Ce n’est pas que le melon est prodigieux. C’est qu’on a rarement vu une médiocrité aussi satisfaite d’elle-même.
Tant qu’à s’attribuer une gloire à laquelle on n’a pas contribué, on pourrait s’attendre à ce que les Français se gargarisent d’Évariste Galois et de Frédéric Bastiat. Mais non : ce sera Brigitte Bardot.
Les mêmes pleurent des torrents de larmes sur la « désindustrialisation de la France ». Et attendent le retour du généraldegôl qui fera surgir les usines de terre en traçant le signe de la croix (de Lorraine) au-dessus du sol sacré de nos ancêtres, etc.
Pas étonnant que lorsqu’on dégonfle leur baudruche, les plus enivrés du mythe qu’ils se sont bâti explosent de rage, vomissent des torrents de haine et se déchaînent en attaques personnelles plus vicieuses les unes que les autres. Un rêveur, ça mord quand on le réveille.
Pendant ce temps, les diplômés des grandes écoles quittent en masse ce pays du tiers-monde pour exercer leurs talents dans des nations moins imbues d’elles-mêmes.
J’ai beaucoup écrit contre cette détestable manie des jeunes gens et des trentenaires de diaboliser ceux qu’ils appellent les « boomers ». Je commence à comprendre certains de leurs motifs.
Brigitte Bardot, comme bien d’autres totems, est un prétexte pour ne rien faire, pour se masquer les yeux devant la réalité, pour réclamer un dû imaginaire au lieu de se mettre au travail. « Les avantages acquis pour lesquels nos ancêtres se sont battus. » Et nous, on n’a qu’à tendre la main en disant : donne-moi, donne-moi, donne-moi. Brigitte Bardot, Brigitte Bardot, Brigitte Bardot. Et le général de Gaulle, bien sûr. Avec une pincée de Poutine autour, pour assaisonner. Ça va bien se passer, n’en doutons pas.
Les victoires de Brigitte Bardot : c’est encore Patrick Cohen qui en parle le mieux !
Concernant Mai-68, sa vision des conséquences sur notre comportement n’était pas totalement fausse.
À noter toutefois que cette libéralisation des mœurs n’était pas spécifique à la France, mais s’est étendue à l’ensemble du monde occidental.
@ Achille le 31 décembre
« J’en veux pour preuve le post d’Aymeric Caron qui semble très affecté par la disparition de la star. »
Ben voyons, je décerne le faux-cul d’or 2026 à Aymeric Caron, qui semble vouloir se rattraper aux branches après sa dernière grosse bourde ; les élections approchent, il faut se redonner une apparence plus électoraliste… ben voyons ! LOL
@ Robert Marchenoir le 1 janvier 2026
Cela s’appelle l’anthropomorphisme. On voudrait une vraie révolution en France, bien saignante : il suffirait d’annoncer que tous les NAC doivent être abattus en totalité à cause d’une dermatose féline contagieuse. On verrait les gens quitter leurs canapés, s’associer aux vétérinaires – dont c’est devenu le principal revenu – pour dresser des barricades et monter à Paris. Même les épouses des gendarmes mobiles demanderaient à leurs maris de faire « crosse en l’air ».
La France s’appauvrit, certes, mais pas que financièrement.
Le cœur, donc, définit son monopole, et l’amant désormais ne sait plus aimer que son chien obéissant, dont les aboiements furieux protègent les barbelés des particularités haineuses.
Roméo désirait Juliette pour braver l’interdit ; l’alouette chante mieux que le rossignol ; Montaigu saigne Capulet, et les amants maudits finiront dans le même lit du tombeau qui tous nous réunit.
Le vent, pourtant, continue de souffler où il veut, et notre liberté lui permet de porter ceci à l’Amoureux : lui, l’allumeur du feu qui pénètre nos cœurs ardents, les pousse à choisir leur camp quand, si l’on pouvait l’éteindre, perpétuelle serait l’union, ou quand, s’il pouvait être embrasé, l’amant, jamais, ne pécherait.
Bonne année aux amoureux.
Le portefeuille en peau de zébu sauvage pleine fleur, garanti doré sur safari, des gens de gauche n’ayant jamais cessé d’être à droite : cela commence à faire de ce lieu sacré un endroit monumental, très visité.
Un rééquilibrage des masses, un contrebalancement des mauvais penchants d’une population placée devant ses contradictions — d’une certaine manière accomplies —, pour ne pas dire une mise en conformité, ou simple constat métaphysique et moral d’individus que cela pousse à déserter un côté thoracique gênant pour leur réputation, désormais vide comme un tiroir lors d’une perquisition, où l’on entend plus voler que des moustiques caroniens femelles assoiffées de sens ?
Que faire de cet emplacement nu, de son silence phosphorescent, où jadis coulait une sève saoule, délicieusement incontrôlable ?
De quel nouveau spectre poudreux allons-nous pouvoir le hanter ?
Avec quelle fraîche dénonciation d’un génocide quelconque allons-nous avoir latitude de le gauchir ?
Bonne année à Pascale et Philippe Bilger.
Quant à moi, je me contenterai de passer l’orme à senestre (les chênes maoïstes malruciens qu’on abat venant de rejoindre la scierie de Simon Leys, située à dextre de la nouvelle clairière aux coupes claires).
(Sons d’un cœur qui bat en 2026, qui essaie de mener une vie droite, peinte en rose, pourquoi pas.)
« Mais leur indécence a atteint son comble lorsqu’ils n’ont invoqué que le “racisme” de la disparue, son manque de compassion pour les migrants alors qu’elle défendait la vie animale, ou sa prétendue incompatibilité avec les “valeurs républicaines”. » (PB)
Je ne sais pas si les gens ont du cœur ; en tout cas, il leur manque la plus élémentaire justice. Il n’y a pas de droit à immigrer chez les autres, mais il y a un droit à vivre chez soi à sa convenance.
Et c’est ce droit que les écolos comme Brigitte Bardot bafouent. Qui ne se souvient de l’indécente campagne de pleurnicherie sur les bébés phoques ? Mais enfin, qu’on laisse les chasseurs chasser comme ils l’ont toujours fait : la liberté, ce n’est pas seulement la nouvelle et heureuse liberté des femmes, c’est aussi l’ancienne et tout aussi heureuse liberté des chasseurs.
Je ne sais pas si les gens ont du cœur, mais ils n’ont aucun amour de la liberté…
Si d’aventure j’en promeus une mais que j’en attaque une autre, ai-je encore le droit d’être libre, ou bien l’élite le peut et le doit, mais pas toi ? C’est affligeant, vraiment.
Cela remonte à loin. Dans le monothéisme, la liberté de penser n’existe pas : si tu ne crois pas en Dieu, c’est l’enfer ; tu vas en enfer. Et tu ne seras pas dépaysé : les croyants t’auront déjà fait subir l’enfer, le bûcher, avec l’éternel bûcher que nous ménage ce gentil créateur tout-puissant, mais responsable de rien – ô contradiction !
Il est bien naturel que la France, fille aînée de l’Église, ait laïcisé cette passion liberticide. Eh oui ! Le pauvre pays n’a pas eu cette compensation boiteuse – mais mieux vaut ça que rien – à la perte du polythéisme, c’est-à-dire de la diversité divine…
Il n’y a quasiment pas eu de cohabitation durable entre diverses tendances religieuses, avec débat et apprentissage de la coexistence entre gens différents. Donc l’État, et ses citoyens, ont tendance à vouloir hériter des pouvoirs de contrainte de l’Église, religion d’État toute-puissante, et du roi absolu. Tant d’entre eux tendent à s’emparer inconsciemment de cet héritage !
Alors que tout être digne devrait avoir horreur de tyranniser les autres de toutes les façons possibles, par exemple : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.
Mais problème : les humains, et notamment les Français, sont des… coqs ? Non, des poules. Ils veulent bien que la poule supérieure les picore, s’ils peuvent picorer la poule inférieure. Leur surmoi peut être la liberté, leur moi est l’égalité – égalité dans la servitude, surtout – et leur « ça » est le désir effréné de pouvoir.
Croire en un dieu unique, puis en Gaïa l’unique, entre-temps sacraliser l’État chez les totalitaires, prédispose à ces dérives.
Ce que renforce encore le fait d’être un usurpateur. Les chrétiens puis les musulmans se sont dégagés de leurs prédécesseurs. Si tu n’es pas légitime, si tu n’as pas le moindre droit, que te reste-t-il sinon la force ?
Rien ne craque aussi bien que le surmoi du soi-disant amour du prochain et de la liberté. Ainsi, le chrétien n’aime même pas son plus proche prochain : il ne manifeste pas pour les persécutés dans le monde, bien trop occupé à le faire pour que l’homosexuel n’ait pas le droit de se marier.
Si, une dizaine d’années avant tout cela, un auteur taquin avait écrit un livre décrivant ces deux actions parallèles, il se serait trouvé pour sûr quelqu’un pour dire qu’il n’est pas gentil : comment peut-on caricaturer ainsi de si bonnes gens ?
Un pas de plus, et comme pour les musulmans, chaque fois qu’on relèvera leurs bêtises, ils traiteront les autres de racistes !
Comment les monothéistes peuvent-ils compenser leur manque de diversité divine ? En cohabitant entre leurs diverses Églises – une chance, en vérité, de réenraciner le pluralisme dans le monde, et donc d’éviter les guerres religieuses puis idéologiques qui en découlent. Je parle de gens prêts à jouer le jeu.
Mais comme chez les immigrés musulmans, une minorité liberticide suffit à abolir toute liberté, comme l’ont prouvé auparavant les chrétiens dans l’Empire romain, puis les totalitaires… La porte !
Pour le cas des Français, qui n’ont pas eu cela mais un roi absolu, une Révolution et une Occupation, et qui trop souvent penchent vers l’islam – le danger du Sud – ou vers le régime poutinien – celui de l’Est – que faire, en plus de refuser toute immigration musulmane ?
Je dirais : imiter la liberté d’expression garantie par le Premier amendement américain, et cela même si ce pays devenait un jour une dictature !
Il faut reconnaître notre penchant liberticide et prendre le contrepied en imitant ceux qui sont, ou qui furent, les meilleurs à leur apogée.
Il y a les Alcooliques anonymes ; il devrait y avoir les Liberticides anonymes !
S’agit-il vraiment d’un problème de cœur ?
Je veux dire : s’agit-il d’une variante du fameux débat entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, comme un intervenant l’a mentionné ?
Il me semble que le problème est d’une autre nature.
Brigitte Bardot était l’incarnation de la France, vue de l’étranger.
Cette incarnation, elle ne l’a pas voulue ; elle fut admise par ceux qui voyaient la France un peu comme elle : belle, fantasque, spontanée, initiatrice de mode – elle fut l’une des premières féministes, sans le dire mais en le démontrant – et aussi un peu fragile mentalement par ses foucades.
Bref, la France dans ses stéréotypes, comme le béret basque que personne ne porte et la baguette de pain qui fait fureur dans les boulangeries françaises à l’étranger, comme j’ai eu l’occasion de le constater, en particulier au Texas, mais aussi dans d’autres régions.
De la même façon que, bien souvent, on ne choisit pas ses ennemis – ce sont eux qui nous choisissent – on ne choisit pas d’être un stéréotype.
Et c’est là qu’est le cœur du problème, le cœur au sens de profondeur.
Le rejet de BB à gauche est une version personnalisée de la haine de soi, c’est-à-dire de la haine de la France dans toutes ses composantes, haine qui est la marque de la gauche, et pas seulement de l’extrême gauche.
La Révolution se voulait universelle ; elle a donc considéré qu’elle devait se débarrasser de la France.
Il n’est que de voir la façon dont les valeurs de la République sont mises en avant, sans que l’on sache trop ce qu’elles sont, oubliant par là même ce qui a fait la France des millénaires bien avant.
Georges Clemenceau disait, non sans orgueil, sur un ton péremptoire :
« La Révolution est un bloc. Un bloc dont on ne peut rien distraire, parce que la vérité historique ne le permet pas. »
En disant cela, il cautionnait sans états d’âme Maximilien Robespierre et la Terreur au nom des principes républicains qu’ils portaient.
On pourrait faire remarquer à cette gauche qui rejette Brigitte Bardot que celle-ci est un bloc également, avec ses qualités immenses et ses défauts tout aussi immenses. L’excès dans un sens se retrouve toujours dans l’autre.
C’est ce refus de considérer BB comme un bloc, incarnation involontaire de la France, que l’on doit reprocher à la gauche.
Cette gauche partisane sélectionne ce qui lui convient pour rejeter ce qu’elle n’approuve pas dans l’histoire de France, dont cette incarnation est porteuse, volens nolens.
Au fond, ce rejet d’un bloc de la France, on le retrouve également chez Emmanuel Macron lorsqu’il parle de la colonisation en disant que c’est un crime contre l’humanité, oubliant qu’elle fut aussi – cette colonisation porteuse du progrès, si vanté par la gauche – un facteur d’accélération du processus de mise à niveau des pays colonisés.
Le bien et le mal sont toujours ensemble ; il suffit de changer de point de vue pour voir l’un plutôt que l’autre.
Et la gauche n’a jamais eu de vision binoculaire.
Il lui a toujours manqué le sens du relief, et donc celui de la grandeur de l’action et de la France.
La gauche représente les éternels révoltés contre la soumission à laquelle ils consentent par lâcheté.
Même celui qui ne sait rien faire et n’a rien a le choix entre passer une annonce sur Le Bon Coin ou sur la caisse de l’épicerie du village pour proposer ses services de travailleur indépendant, et aller travailler pour un patron.
Le premier aura toujours la tête haute. Pour le second, cela dépendra de sa capacité à dire non et à changer de patron.
Il y a aussi les hommes qui ne sont pas gênés de voir leur épouse partir tous les matins travailler, plus ou moins étroitement, aux ordres d’un autre homme, et ceux à qui cela ne vient même pas à l’idée.
Il y a là deux mondes différents qui font semblant de ne pas le savoir sous le joug de la troisième catégorie : celle des esclaves dans l’âme, celle des fonctionnaires. Ceux-là choisissent de travailler au service de l’État, et donc quel qu’il soit. La loi est la loi, et aussi pourrie soit-elle, on a pour métier de l’appliquer. Un jour on va tirer sur les patrons, le lendemain sur les salariés ; faire abstraction de sa conscience est l’honneur du sous-homme.
Et, comble de l’imposture, ils le font comme le firent leurs prédécesseurs pour le Roi, symbole de l’amour filial. Il en est même qui le font habillés en prêtres de l’ancienne justice ecclésiastique !
Alors ce monde de lâches et d’hypocrites se dévoile dans la révolte, et bien évidemment sous la protection du syndicat ou du parti.
On a dit oui au patron pendant des années, et un beau jour on le met aux prud’hommes pour lui piquer « la galette ».
La racaille et les fonctionnaires, tous les patrons – petits ou grands – savent de quoi il s’agit.
Cette année commence avec les paysans contre les gangsters du Mercosur. Les veaux passent devant la campagne sans savoir que leurs petits-enfants n’en verront peut-être que la forêt, encombrée de fourrés et de ronces. Les prés qui ne servent plus à rien… il y a encore des vieux pour passer le broyeur et couper les arbres qui tombent en lisière parce que…
Tas de couillons, vous croyez que ça va durer encore combien de temps ?
Allez, bonne année quand même.
On présente Brigitte Bardot comme l’incarnation de la France, alors qu’elle était, à l’évidence, surtout l’incarnation d’elle-même. Mais admettons. Encore faudrait-il reconnaître, dans ce cas, que la France puisse ne pas être, à 100 %, ce phare des nations et cette éminence de vertus que certains se plaisent à décrire.
Car Brigitte Bardot illustrait à merveille ce péché mignon (l’adjectif est douteux) si propre à la mentalité française : la propension à imposer son mode de vie à autrui. Encore une fois, qu’elle ait poussé son amour des animaux jusqu’à l’absurde n’est pas un problème. Chacun porte sa croix, chacun se débrouille comme il peut en ce bas monde.
Personne n’aurait songé à lui reprocher de creuser des tombes pour ses chats et ses moutons sur ses propriétés, d’orner ses murs de photos de ses bêtes comme d’autres y encadrent leurs photos de famille… En revanche, lorsqu’elle prétend interdire aux Français de manger du cheval sous prétexte qu’elle, elle ne le ferait pas et que les chevaux sont gentils (contrairement aux vaches qui sont vilaines, je suppose), elle franchit la frontière qui sépare l’innocente manie qu’on peut se permettre de chambrer gentiment, du casse-piédisme méthodique qui ne saurait être admis.
Du haut en bas de l’échelle sociale, on croise sans cesse ce type humain si particulier qui, à tout propos, vous affirme : moi ch’fais comme ça, et qui enchaîne en vous expliquant que par conséquent, tout le monde doit faire pareil.
Je m’excuse de vous demander pardon, mais je ne vois pas le rapport. Pour commencer, il se peut que le locuteur soit un sombre abruti qui pratique des moeurs néfastes. Il est étonnant que les intéressés excluent d’avance cette hypothèse, aussi ténue puisse-t-elle être.
Mais surtout, vous faites bien ce que vous voulez, mon brave. Il ne s’ensuit pas que tout le monde doive faire pareil. Hors quelques règles d’intérêt général tendant à garantir qu’on ne trucide pas son prochain sauf absolue nécessité, et qu’on s’essuie les pieds avant de dire bonjour à la dame (ou l’inverse, j’ai oublié), j’vois pas pourquoi l’aversion bardotienne à la viande de cheval (ou toute autre conduite relevant de la dilection personnelle) devrait s’étendre à l’ensemble de la population, du seul fait que l’intéressée avait un beau cul. Sachant que dans la quasi-totalité des cas, celui qui vous tient ce genre de « raisonnement » ne peut même pas se prévaloir d’un tel avantage.
Il y a un mélange de délire logique, de narcissisme et d’autoritarisme qui tend à faire de chaque Français un petit chef en puissance, un agent du KGB en manque d’ordres à donner, un architecte de la vie des autres à qui nul n’a songé à faire appel. D’où le célèbre « les gens sont cons » – puisqu’ils ne sont pas un décalque de ma personne.
C’est aussi ce genre de disposition qui provoque l’obésité de la fonction publique, le gigantisme du coût de l’État, la conviction que lorsqu’un pot de fleurs est de travers le gouvernement doit absolument Faire Quelque Chose, etc.
Je vous assure que dans les pays normaux ça se passe différemment.
@ Achille le 31 décembre
« Je ne pense pas que la gauche et l’extrême gauche aient été unanimes pour critiquer Brigitte Bardot. J’en veux pour preuve le post d’Aymeric Caron qui semble très affecté par la disparition de la star. »
« L’hirondelle ne fait pas le printemps », dit le dicton. Parmi les têtes de La France insoumise, Aymeric Caron est un cas à part. Il a un passé, une carrière, une cervelle et des idées. Son obsession, c’est l’écologie. Pas l’écologie rouge à la Sandrine Rousseau, la vraie écologie, celle qui s’occupe de la nature et des animaux… à la Brigitte Bardot.
Il est rude dans ses convictions et extrémiste dans la manière de les exprimer… un peu comme BB. Il appelle un chat « un chat » et ne calcule pas la portée de ses propos… un peu comme BB. C’est vrai, il semble adorer la polémique — BB ne s’en privait pas non plus — et n’est pas le petit soldat qui obéit au chef, comme le sont la quasi-totalité des députés de son groupe. Il n’y est d’ailleurs qu’apparenté.
Son message en hommage à Brigitte Bardot est plutôt intelligent. En tout cas, il est très bien construit. Il dit d’abord la tristesse de l’écologiste engagé qui perd une « collègue », avant de faire allusion à ses désaccords politiques profonds avec BB (« Aujourd’hui, je laisse de côté les déclarations polémiques. Je ne retiens que son engagement précurseur. »).
Tout est dit et bien dit… en particulier, à peine sous-entendu, qu’il n’est pas d’accord avec le fait que des insultes aient été proférées contre Brigitte Bardot aussitôt après sa mort. Naturellement, la garde prétorienne de Jean-Luc Mélenchon et les militants bas du front n’ont rien compris. Il s’est pris depuis lors une mémorable avoinée type « procès de Moscou ». Chef d’accusation officiel : non-respect de la ligne idéologique du parti (en langage « révolutionnaire » : déviationnisme) et connivence avec l’ennemi. Chef d’accusation réel : s’être permis d’exprimer un point de vue personnel et d’intervenir sans avoir reçu l’aval du Líder Máximo.
Chez LFI, seul le chef a des idées… et peut se permettre, par calcul politique, de ne pas ajouter ses hurlements à ceux qu’il commande à ses troupes contre une dépouille « raciste ».
Pour mon dernier post de l’année 2025, qui se termine sur une note un peu triste, je souhaite une bonne et heureuse année à nos hôtes, Pascale et Philippe Bilger, en espérant que ce blog continue encore longtemps à solliciter notre réflexion.
Ne doutons pas que l’année 2026 sera riche en événements, tant sur le plan national qu’international.
Bonne année également aux contributrices et contributeurs dont les commentaires apportent parfois des échanges vigoureux, mais toujours intéressants, car c’est dans la contestation que nos convictions s’affinent.
Cher Philippe Bilger,
Dans ses vœux, Emmanuel Macron vient d’évoquer la préférence européenne : enfer et damnation, le voilà passé à l’extrême droite !
Dans ses prochains vœux, ira-t-il jusqu’à la préférence française ?
« La droite et l’extrême droite – Marine Le Pen sera présente le 7 janvier à son enterrement – ont été irréprochables face à cette disparition, et il était mesquin d’y voir une quelconque complicité politique plutôt qu’une estime, une sollicitude et une admiration humaines. La gauche et l’extrême gauche ont définitivement sombré dans le partisan et l’odieux, en abandonnant le parti du cœur.
Elles n’ont plus la moindre leçon à donner, sur quelque plan que ce soit. » (PB)
Franchement, difficile d’imaginer la droite et surtout l’extrême droite porter un jugement négatif sur Brigitte Bardot, dont les propos ont toujours été résolument nationalistes, avec parfois le manque de nuances dans ses propos qui lui a été reproché par les partis de gauche.
J’ose espérer que le RN ne récupérera pas la disparition de BB à des fins électorales dans les élections à venir. Mais en politique, il n’y a pas de petit profit.
Je ne pense pas que la gauche et l’extrême gauche aient été unanimes pour critiquer Brigitte Bardot. J’en veux pour preuve le post d’Aymeric Caron qui semble très affecté par la disparition de la star.
« Profanateurs » (PB)
Le mot est fort… il est juste, précis, parfait, cher Philippe Bilger. Mais il me semble que le crime sociétal de ceux-là va bien au-delà de l’indécence qu’il y avait à troubler le silence pendant le moment de recueillement qui suit la mort de quiconque. Même de son pire ennemi.
En la traitant aussitôt de « raciste », réduisant ainsi son immense personnalité à quelques phrases condamnées, ils ont profané la dépouille encore chaude de Brigitte Bardot et, ce faisant, ils ont profané Marianne — la République à laquelle elle avait donné son visage —, le drapeau tricolore — encore resplendissante de beauté, exaltant son patriotisme, elle s’en était fait une armure —, mais, encore pire, ils ont profané la France, la nation française, ce peuple qui, ce matin-là, s’était réveillé abasourdi par l’annonce du décès de sa « BB ». Ils ont insulté les Français, tous les Français, y compris les électeurs de gauche. Leurs propres électeurs…
Inacceptable, inexcusable, impardonnable, ce comportement signe aussi leur incompétence politique. Faute de n’avoir pas réfléchi deux secondes, bon nombre de gauchistes — les écolos notamment — se sont tiré une balle dans le pied… Et la blessure, très profonde, laissera une cicatrice… que la droite devrait savoir exploiter lors des deux prochains scrutins électoraux. Une idée simple : faire en sorte qu’aux municipales, toutes les listes qu’elle soutient fassent figurer dans leur programme un projet de rue ou de place « Brigitte Bardot »…
La palme du plus mauvais stratège revient, à n’en pas douter, à Olivier Faure. Qu’est allé faire dans cette galère le premier secrétaire du PS, qui a voulu se la jouer chef de l’opposition alors qu’il a déjà bien du mal à contrôler son propre entourage ? Celui-là, aux prochaines législatives, il faudra qu’il soit battu, non sur son programme, mais pour balourdise…
La gauche a ainsi démontré qu’elle possédait l’incroyable talent de parvenir à se disqualifier elle-même… Seuls deux ou trois de ses dirigeants ont été assez lucides pour flairer le danger. Et d’abord Jean-Luc Mélenchon, qui, vieux canasson au cuir épais de l’écurie gauchiste, n’a rien dit, mais n’a pas interdit à ses jeunes protégés de ruer. Peut-être leur a-t-il ordonné de le faire… Pas vu… pas pris… Manuel Bompard et Mathilde Panot ont fait de même.
Quant à Fabien Roussel, le coco, lui aussi roué, il a joué le veuf éploré, mais néanmoins pas vraiment triste, tout en se réjouissant en son for intérieur de l’erreur stratégique de ses alliés. Un numéro d’équilibriste qui lui est familier, le PC cherchant systématiquement à faire oublier qu’il est rouge et que cela devrait lui valoir, tout comme pour LFI, l’exclusion de l’arc républicain.
Le 7 janvier, séance de rattrapage pour tous ceux qui, ces jours-ci, ont loupé l’oral sans toutefois avoir obtenu un zéro pointé (décerné sans exception à l’ensemble de la gauche). Qui sera à Saint-Trop’ ? Pour Emmanuel Macron, dont l’hommage manquait bigrement de ferveur, la sanction est déjà tombée. C’est non, et pour sa Bri-Bri aussi. Conseil à ses conseillers : ne le laissez pas regarder la cérémonie à la télé… S’il voit Marine Le Pen et Éric Zemmour embrasser la famille, il risque de faire un malheur… Sa démission ?… Non, non, n’y comptez pas… il sera en colère, ulcéré, dépité, mais il restera entêté…
Quant aux autres politiques, ceux de gauche n’ont aucun intérêt à en remettre une couche, et ceux de droite, tous gênés aux entournures, doivent d’ici là peaufiner leurs messages pour que leurs électeurs, quasiment tous les larmes aux yeux, ne se sentent pas incompris. Sinon, Marine fera une nouvelle moisson de voix…
Cher Philippe Bilger,
Sur le fond, on serait tenté d’expliquer ce jusqu’au-boutisme par le suprémacisme moral dont la gauche se prévaut depuis des décennies, et devant lequel la droite s’est toujours couchée.
Si elle peut se permettre ainsi de faire continuellement la leçon à la planète entière, c’est qu’elle opère en roue libre, sans personne pour la remettre sèchement à sa place et la renvoyer à sa responsabilité écrasante dans la situation catastrophique de notre pays, dans tous les domaines.
Comme je l’ai déjà dit et répété ici, le progressisme moral a pénétré en profondeur tous les interstices de notre société, à commencer par la jeunesse, aujourd’hui totalement contaminée par la pensée de gauche. Ce cancer s’est propagé dans tous les milieux qui font l’opinion, à commencer par les médias — et notamment l’audiovisuel public — qui n’ont pas hésité à cracher leur venin sur la dépouille encore fumante de celle qui nous a tant fait rêver, et dont le rayonnement mondial constitue une fierté pour chaque Français.
Mais l’obsession maladive de la fameuse extrême droite est plus forte que tout chez ces minables venimeux, dont le principal carburant est un ressentiment qui les aveugle et leur fait perdre toute décence. Pour la morale — et vous avez raison — cette gauche cancérigène repassera.
J’aime bien cette photo :
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Le clivage traditionnel gauche-droite, qui loin de s’effacer comme l’avaient espéré certains architectes du macronisme, n’a cessé de se creuser – et vous avez raison de le souligner – s’est même exacerbé de manière particulièrement préoccupante. Cette polarisation trouve une illustration troublante dans l’affaire Brigitte Bardot, où les réactions les plus viles, à l’image de celles que l’on peut lire dans l’immonde journal du même nom, trouvent leur justification première dans ces six condamnations judiciaires qui jalonnent son parcours.
Vous êtes sans doute mieux placé que quiconque pour mesurer l’écart qui sépare la vérité judiciaire de la vérité tout court. Comme vous, j’émets des réserves substantielles sur la motivation et le bien-fondé de ces jugements. Ayant examiné ces dossiers en détail, je déplore qu’ils semblent manquer d’une assise véritablement solide. Néanmoins, nous nous trouvons face à un paradoxe inconfortable : c’est précisément sur ces décisions de justice que repose le jugement de ceux qui ne perçoivent chez Brigitte Bardot qu’une figure du racisme et de la haine.
Cette réduction est certes extrêmement appauvrissante, voire caricaturale. Mais peut-on raisonnablement balayer d’un revers de main six condamnations prononcées par la justice française ? Aussi critiquables qu’elles puissent nous paraître, ces décisions existent, elles font jurisprudence. On peut difficilement reprocher aux citoyens de s’appuyer sur ces verdicts pour forger leur propre opinion, même si cette démarche nous semble réductrice ou contestable dans son principe.
«…je suis sans doute si attaché à la liberté de pensée et de parole qu’elle prime, à mes yeux, sur toute autre considération. » (PB)
Sauf quand même concernant l’histoire de l’Allemagne de 1920 à 1945, qui est complètement falsifiée de A à Z par la pègre au pouvoir, et à un point tel que les veaux ne savent même pas qu’ils ne sont pas libres de penser.
Il faut aller au Royaume-Uni notamment pour avoir la liberté de parole.
Votre admiration pour Brigitte Bardot vous égare.
Pour répondre à votre billet, il faudrait se lancer dans une polémique sordide sur sa personnalité. Ce sera sans moi. Je vous laisse avec votre titre ridicule : « Le cœur aussi est passé à droite… »
N’est pas Giscard qui veut.
Droite et gauche ne sont pas fondamentalement opposées. Elles sortent de la même matrice idéologique et conceptuelle pour aboutir à une même destination finale, invariablement. Que l’on songe seulement que les valeurs actuelles de la droite sont celles de la gauche quelques décennies plus tôt.
Il y a cent ans, on eût jugé Brigitte Bardot très à gauche, comme une révolutionnaire et une factieuse dangereuse pour le bon ordre de la société. Il y a deux cents ans, on lui eût coupé la tête. Aujourd’hui, d’aucuns la classent à l’extrême droite. Elle n’a jamais fait que suivre la pente inéluctable d’une façon archétypale, un peu en avance sur son temps.
Depuis, lasse et épuisée, elle s’était arrêtée en chemin. De nouvelles poursuivent la marche en avant. À chaque génération sa Marianne. Aujourd’hui, Aya Nakamura incarne les nouveaux traits de la Française républicaine. Elle dépareille à peine de sa devancière.
La droite, dans le fond, n’est rien d’autre qu’une gauche en retard et à la traîne, rétive, moins souple, plus vieille. Invariablement, elle adopte les unes après les autres toutes les innovations sociétales de la seconde. Il n’y a pas de différence matricielle entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Le premier est juste plus pressé. Le résultat sera le même.
Saluons la mémoire de la défunte artisane qui a contribué plus qu’aucune autre à façonner le visage de la France contemporaine.
Cher Philippe Bilger,
Si j’approuve en tout point votre propos, je m’étonne de votre soumission au vocabulaire militant et éculé de la gauche (où j’englobe le bloc central), qui classe Marine Le Pen à l’extrême droite.
Je serais très curieux d’apprendre en quoi Marine Le Pen serait d’extrême droite. Il n’y a guère que sur le plan régalien où elle pourrait, à la rigueur, être classée plutôt à droite.
Mais même sur ce plan, elle n’est qu’une pâle copie du RPR d’antan et serait considérée comme très modérée par de nombreux partis de droite à l’étranger.
Voilà pourquoi on lui préfère désormais Jordan Bardella, qui semble plus ferme sur les principes.
On invoque toujours la lutte contre l’immigration, mais nombreux sont les pays très démocratiques qui régulent, voire interdisent, l’immigration. Il n’y a qu’en France où la préservation de l’identité est un crime.
Quant à la préférence nationale, elle est le fondement même de la nation.
Alors pourquoi parlez-vous encore d’extrême droite pour MLP ?
Dès maintenant, je vous souhaite, ainsi qu’à tous les lecteurs de ce blog, une excellente année 2026.
« J’admets, pour rester honnête, qu’au-delà de ce point de vue que je tiens pour fondé, je suis sans doute si attaché à la liberté de pensée et de parole qu’elle prime, à mes yeux, sur toute autre considération. » (PB)
Merci, cher monsieur Bilger, de défendre cette liberté de plus en plus menacée actuellement en France et dans l’UE sous de faux bons prétextes.
M. Bilger, quel dommage que vous alliez toujours et toujours dans le même sens (sous couvert de bon sens)… Vous fonctionnez comme l’IA générative : vous êtes trop prévisible 😉
Je ne partage pas totalement la première partie de votre billet, cher hôte.
J’en profite au passage pour vous souhaiter, ainsi qu’à ma chère correctrice et modératrice 😊 préférée, d’excellentes fêtes de fin d’année.
Peut-être eut un temps, comme disaient nos anciens, où la droite aurait pu être considérée comme lucide et réaliste, et la gauche humaniste et peu réaliste.
Il me semble que, depuis pas mal d’années, au moins depuis Jacques Chirac, le réalisme dont vous supposez être équipée la droite n’est rien d’autre que la volonté d’auto-promouvoir des dirigeants, qu’ils soient politiques ou d’entreprises, qui n’ont rien des qualités qu’ils se prétendent ou qu’on leur prête, afin de protéger leurs acquis sociaux.
Gagner un argent indu en étant protégé de la valetaille par des FDO auxquelles on assigne le rôle principal de protéger le bon fonctionnement de la démocratie, étant entendu que cette dernière est synonyme, chez ces braves gens, de « pouvoir continuer à s’accaparer à un niveau irrationnel ce que nous ne méritons absolument pas mais qu’on aime bien posséder, CQFD ».
Pendant ce temps, ceux qui travaillent dur – leitmotiv d’un délinquant connu – qui devraient gagner plus, s’appauvrissent, alors que les députés, sénateurs, conseillers de toutes sortes, privés ou publics, minitrucules, s’enrichissent à qui mieux mieux. Je crains malheureusement que le supposé réalisme de la droite ne soit que la volonté de convaincre que le monde doit continuer à tourner tel quel, rien de plus.
De même, le supposé humanisme de la gauche n’est que parole censée convaincre de la bonté de ceux qui les tiennent, au moins depuis l’ineffable François Mitterrand, ami de tous les puissants et argentés, leur épargnant ainsi la douleur de la manifester, et leur permettant de rejoindre, dans un concert unanime et théâtral d’oppositions diverses et débiles, le réalisme de la droite dont nous parlions plus haut.
Les deux prennent plaisir à donner la becquée aux citoyens, les réduisant à la dépendance de ceux à qui l’on fait la charité. De sinistres redistributeurs, pour des raisons identiques.
Étant de gauche, d’extrême gauche, je pense depuis longtemps que le travail en est une valeur essentielle. Peu de redistribution, à celui qui en a vraiment besoin – les gros accidents de la vie… – de la distribution à la base. Une limitation des écarts de salaires, 1 à 20, 30, 40… ça se discute. Et si nos merveilleux patrons et politiques que le monde entier nous envie veulent aller voir ailleurs s’ils y sont, allez-y sans hésiter. Étant donné l’état du pays, je ne doute pas que leurs qualités soient admirées de partout.
Bref, toutes ces petites personnes voulant nous faire croire qu’on peut s’éclairer à la vessie sont les mêmes accapareurs : LFI, la « gôche réaliste », le centre, la droite, l’extrême droite : cinq accapareurs. Tirons la chasse, ça sent mauvais.
À droite toute !
Il faut remplacer le soldat BB, vite, ça urge !
À quand une nouvelle BB pour sauver les bébés phoques que nous sommes devenus, nous, les vrais Français blancs de souche, massacrés par des chasseurs cruels venus de contrées sauvages, en accord avec nos élus islamos-gauchistes macroniens, collabos immigrationnistes vendus à l’islamisme ?
Très bonne question, et je suis fier de me l’avoir posée.