Jeffrey Epstein : une comédie inhumaine…

Il faut regarder son visage, l’ironie qui s’y affiche parfois, le cynisme qui affleure, le dédain peut-être aussi, derrière le charme, la séduction et l’amabilité.

Je me suis demandé quels étaient les vrais buts de cet homme, si l’on exclut ses propres appétences, ses vices, ses voluptés et son sadisme. En effet, il n’était pas un homme de pouvoir classique, seulement intéressé par sa jouissance d’être et de dominer. Il ne se satisfaisait pas d’être admiré et respecté par la multitude de ceux qui le connaissaient, l’exploitaient avec son consentement et profitaient de son immense fortune et de son entregent d’une redoutable efficacité. Par ceux qui le prenaient exclusivement pour ce qu’il n’était pas : un milliardaire mondain, généreux et infiniment civilisé.

L’argent, le sexe, l’organisation terrifiante et sans limite des plaisirs des autres, la manière dont il comprenait les faiblesses, les besoins, les dépendances, l’incroyable vulgarité et la salacité latentes chez certains puissants et privilégiés, auxquelles il permettait de s’abandonner enfin, dans un univers apparemment préservé et intouchable.

Pour l’inhumain, on va finir par tout savoir. Notamment depuis que les investigations ont recommencé à Paris afin de tirer toutes les conséquences de la complicité malfaisante et criminogène entre Jeffrey Epstein (JE) et Jean-Luc Brunel, tous deux réunis par leur suicide.

Pour JE, « trente ans de négligence judiciaire au détriment des victimes de ce prédateur sexuel… Les premières plaintes en 1996. Une condamnation en 2008, mais, jusqu’à l’été 2019, il ne sera plus inquiété par la justice ».
À Paris, « avec son appartement avenue Foch et sa présence dans les tables et lieux d’exception », ses relations vont être passées au crible… Et les servitudes odieuses liées à de jeunes filles soumises, livrées à l’encan, transférées d’un lieu à l’autre, d’une soumission sexuelle à l’autre, comme, par exemple, Malika, dont le témoignage est glaçant (Marianne, Match, Le Figaro, Le Parisien…).

L’inhumain, c’est cet effroyable commerce de jeunes corps programmés, dédiés, livrés et soumis, dans un monde d’ignobles personnages que leur apparence sociale aurait dû rendre plus exemplaires encore. La chair de ces proies, présentée et goûtée comme celle d’esclaves modernes.

Mais on manquerait de psychologie si l’on s’arrêtait à cette atroce et souriante inhumanité.

J’imagine JE maître d’œuvre de ces horreurs, distribuant son argent à foison, rendant des services, facilitant des projets, accroissant son influence et élargissant son cercle, enfermant ses obligés et les puissants, de plus en plus pris dans un étau soyeux. Je ne peux pas l’imaginer autrement que comme un diable contemplant tout cet univers humain, cette comédie multiple où les prétendus importants se montraient à lui avec leurs turpitudes et leurs faiblesses, leur consentement absolu aux débauches, leur absence de pudeur à tous points de vue, aussi bien pour le sexe que pour leur besoin d’argent. Je le conçois seulement avec le regard à la fois amusé et cynique de celui qui menait la danse, qui tenait ce royaume pervers, en attente de tout, sous son joug.

Cette inhumaine comédie constituait JE en une sorte de démiurge, qui ne s’excluait pas des horreurs mais dont la plus grande volupté, à mon sens, était d’en rendre les autres prisonniers, en se disant probablement combien il était facile de mener les privilégiés par le bout du vice et de l’intérêt.

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  1. Au-delà de l’affaire principale, je me suis posé une question que je considère, à tort ou à raison, comme assez fondamentale quand nous tous envoyons et recevons, tant dans notre vie privée que professionnelle, des milliers de mails et SMS depuis, disons, 25 ans — mails et SMS qui ne disparaissent jamais : ils restent dans la mémoire informatique, celle de nos appareils respectifs et/ou celle des serveurs de nos prestataires de services.

    À ce jour, 3 500 000 pages du dossier Epstein ont été publiées et mises en ligne par le DOJ (Dept. of Justice US), et il en reste encore environ 2 500 000 « en stock ».

    Selon la législation US, pour faire simple, tant la loi fédérale de public access to judicial records (même dans le cas d’une personne décédée ou d’un abandon des poursuites), que d’éventuelles ordonnances judiciaires, voire le recours au 1er amendement, permettent la divulgation générale → c’est open bar : tout le monde peut farfouiller dans le tas !

    Internet, à la différence du nuage de Tchernobyl, ne s’arrêtant pas aux frontières, en France la masse des documents US concernant Epstein est non seulement consultable par qui le veut, mais exploitée, si ce n’est exploitable.

    À ma connaissance, la légalité de l’exploitation des documents dépend du contexte précis d’utilisation et n’est pas automatiquement interdite, mais elle est soumise au contrôle du respect :
    (i) du droit à la vie privée,
    (ii) du secret des correspondances,
    (iii) du principe de proportionnalité,
    (iv) et des règles de recevabilité de la preuve.

    Tout le monde s’en fiche comme de colin-tampon.

    Chez nous aussi, c’est open bar : tout un chacun peut explorer et gloser sans vergogne sur ses trouvailles. Des dizaines de noms sont livrés en pâture ; tous sont d’office plus ou moins présumés coupables des pires exactions. Certains le sont sans doute, la patrouille veille à les rattraper. N’appelle-t-on pas cela « les filets dérivants », procédure ahurissante validée en son temps par la CC ?

    Certes, le cas Epstein est exceptionnel, mais on peut aussi y voir les prémisses d’un futur où le déballage tous azimuts sera la norme : l’accès de tout à tous, d’un clic d’ordinateur.

    Et cela, que vous vous soyez mal conduit ou innocent (l’est-on jamais à 100 % ?) et même innocent (*), si vous tombez dans les griffes d’une presse peu scrupuleuse de validation, faisant la course aux rézos_socios → bien du plaisir pour en sortir indemne.

    (*) « Pour l’essentiel, l’homme est ce qu’il cache : un misérable petit tas de secrets. »
    André Malraux, Les Noyers de l’Altenburg, Gallimard, 1948.

  2. @ Exilé le 19 février 2026

    Désolée de vous décevoir. Le SBU est un service de renseignement ukrainien se protégeant contre l’impérialisme russe, soviétique avant 1991. Il est injuste de comparer le SBU à celui du KGB/FSB aux méthodes meurtrières staliniennes : goulag, déportations en Sibérie, assassinats, prison et empoisonnement des opposants au régime soviétique, famine du peuple, travaux forcés, etc.

  3. @ Ellen le 18 février 2026
    « Allez donc faire un stage chez vos potes de KGB/FSB, ils vous apprendront leurs bonnes manières. »

    Pour équilibrer un peu votre propos un tantinet unilatéral, sans vouloir chercher à excuser tel ou tel belligérant, apprenez que le régime de Kiev possède à travers le SBU un analogue du KGB/FSB dont il a repris les méthodes et dont le personnel n’est pas composé uniquement d’angelots débordants de tendresse, comme ont pu en témoigner des habitants de l’est de l’Ukraine avant 2022.

    https://www.ohchr.org/sites/default/files/Documents/Countries/UA/29thReportUkraine_EN.pdf

  4. @ Robert Marchenoir le 18 février 2026
    « Je crois que vous pouvez remettre votre « imagination » dans votre poche… »

    Vous me croirez ou pas, mais c’est la première réaction que j’ai eue quand j’ai appris cette information, sans attendre vos bons conseils.

    Mais alors, je trouve que c’est bien plus grave politiquement.
    On peut admettre des égarements humains, trop humains, de nature financière ou des perversions sexuelles moins admissibles et carrément répréhensibles, mais la manoeuvre qui se met en place est lamentablement grave.

    Ce qui se passe est la manipulation des institutions contre le peuple.
    L’exemple type, emblématique, de l’État de droit utilisé pour museler la volonté populaire.
    Une inversion de valeurs que même Orwell n’avait pas anticipée à ce niveau.
    On en revient à l’Ancien Régime, où la monarchie et l’aristocratie avaient tous les pouvoirs, au nom d’une monarchie de droit divin.
    Le droit divin a disparu, on ne fait plus appel à une quelconque transcendance à qui on faisait dire ce qu’on voulait qu’elle dise, on se contente d’utiliser le Droit, le Droit, issu de la lutte contre l’absolutisme royal, voté par les représentants du peuple, le Droit censé protéger le peuple des abus de pouvoir pour pratiquer l’Abus magistral de pouvoir consistant à ne pas tenir compte de sa volonté.
    Voilà ce qu’est devenu l’État de droit.

    Ces deux banquiers, du plus haut niveau, qui participent à cette lamentable et détestable manoeuvre confirment avec cynisme les rumeurs complotistes selon lesquelles Macron n’est que l’instrument de la mondialisation financière.

    De quoi devenir communiste, poutiniste ou trumpiste, ou les trois à la fois.

  5. Robert Marchenoir

    @ Tipaza – le 17 février 2026

    On vient d’apprendre que Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, devrait quitter son poste de façon anticipée, pour les mêmes raisons que François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France : éviter qu’un président Rassemblement national ne puisse influer sur la nomination de son successeur, et donc favoriser le financement par l’Union européenne de la dette française conformément au programme du RN.

    Je crois que vous pouvez remettre votre « imagination » dans votre poche, en compagnie de vos divagations complotistes relatives à une présence de Villeroy de Galhau dans le dossier Epstein.

  6. @ Valéry le 17 février 2026

    Seriez-vous celui qui n’a rien vu, rien entendu, rien étudié…. mais fait le gros malin ?
    Allez donc faire un stage chez vos potes de KGB/FSB, ils vous apprendront leurs bonnes manières. Mais pas sûr d’être admis, Poutine, de l’ancienne école stalinienne, est très sélectif.

  7. Je m’étonne que nul ne propose, ou du moins ne cherche, des mesures pour prévenir des abus tels que décrits. Bien sûr, rabaisser les corrupteurs à leur juste place — en général rien de démiurgique, juste des gens qui font passer le mal pour le bien ou se trouvent des excuses diverses, dont je suppose que leur sentiment de supériorité est une base —, savoir dégonfler leur vanité, et celle d’éventuels suiveurs.

    Avis à tous : se servir de faibles pour servir des affidés et corrompre d’autres puissants pour tenir tout cela dans son réseau n’a rien de surnaturel ; on ne devient pas un initié à des mystères, extrait de la masse, pour si peu.

    Que le pouvoir absolu corrompe, et que le pouvoir absolu corrompe absolument, est infiniment connu.

    Que l’on scelle des alliances par le crime, soit en tuant des gens, soit en tuant leur dignité, comme dans l’affaire qui nous occupe, est vraiment à des galaxies d’être incompréhensible : c’est, au contraire, très aisé à saisir pour l’esprit.

    C’est triste, c’est tout, et cela peut inciter à ne plus s’informer, car, au fond, ne sait-on déjà pas vite tout sur la nature humaine ?

    https://www.youtube.com/watch?v=SD27eir2GNw

    S’il vaut la peine de s’informer, c’est juste pour connaître certaines évolutions, ponctuelles comme la marée, ou de fond, comme la tectonique des plaques, pour se mettre à jour.

    Et peut-être pour trouver des remèdes. Dans la psychologie des abuseurs à la Epstein, leur psychologie, voire pire, le salut de leur âme supposée, n’est rien : seul compte d’éviter que des gens de cette sorte ne fassent des victimes.

    Je pense que, de même que les gnous sont fascinés, comme tant d’autres proies, par les prédateurs, il faudrait éviter la fascination par les riches.

    Non que je dise que tout riche soit pervers, mais enfin, la richesse n’est pas quelque chose qui doive faire perdre la tête. Si l’on ne voit pas un riche faire un usage intéressant de sa richesse, créatif, civilisé, voire, qui sait, altruiste, il ne vaut sans doute pas grand-chose, et sa fréquentation, comme celle de tout autre médiocre, n’apportera rien, voire pire, comme un piège à souris bien vivant avec un gros appât de fromage.

    Dans la majorité des pays, les maquereaux sont interdits — et je ne parle pas des poissons… Il faudrait veiller à ce que ce qui gravite autour du monde de la mode et de la nuit ne soit pas atteint par la corruption de la fête. Il me semble que, plus judicieux que de tout faire contre la circulation des voitures en centre-ville, il vaudrait mieux orienter la police, toutes les polices, vers de tels problèmes.

    On dirait que les affaires mettant en jeu des puissants, adultes face à des enfants, riches versus pauvres, ou des réseaux complexes de prostitution, mettent un temps fou à sortir. Sans doute faudrait-il donc rallonger encore les prescriptions.

    Je pense que les rêves préservent les pauvres comme les riches de la bassesse, soit de ramper, soit d’écraser — du moins autant que quoi que ce soit puisse détourner des gens qui souffrent et qui meurent, mimétiques donc lyncheurs, de quelque chose. Qui jette ses forces dans l’accomplissement de quelque chose de grand — je ne sais pas, moi, la conquête spatiale — a autre chose à faire qu’à organiser des orgies bien inférieures à celles de l’Antiquité, et je m’explique.

    Quand l’asservissement de certains humains était vu comme la norme — les esclaves, pour appeler les choses par leur nom —, ceux qui y recouraient n’étaient pas en train d’opérer une régression face aux critères de leur époque, ni corrompus ni corrupteurs. Ceux qui n’assument pas l’acquis moral de l’Histoire sont des décadents, et cela n’a rien de beau. Il ne s’agit pas là de poèmes taquinant l’étroitesse d’esprit de certains, ni de se dire : et si nous couchions, nous, entre égaux, après avoir mangé, sur des lits à la romaine, avec de la musique de l’époque ?

    Entre autres idées évidentes, qui pourraient coûter un bras mais se faire avec art — et, qui sait, représentations artistiques pour exhibitionnistes et voyeurs ? Éternel retour à l’antique : on pourrait même l’accomplir dans une reproduction de la Maison dorée de Néron, matrice d’un renouveau artistique. L’art serait total et ne ferait qu’un avec la vie, ancien et moderne en même temps, et qu’on y boive du falerne !

    Il n’est pas spécialement cher. Mais l’eau et le feu, sans lesquels nous ne serions rien, non plus :

    https://www.cavesa.ch/actualite-du-cave/newsletter-30-10-2022

  8. Orwellien ?
    C’est signé Valery !
    Il ne nous parle pas de la jeunesse russe envoyée à la boucherie pour massacrer le frère ukrainien au nom de l’amour du prochain.
    Encore un nostalgique de Verdun.

  9. « Affaire Epstein : Sébastien Lévi met en garde contre une vague mondiale de complotisme antisémite »
    https://www.i24news.tv/fr/actu/vu-sur-i24news/artc-affaire-epstein-sebastien-levi-met-en-garde-contre-une-vague-mondiale-de-complotisme-antisemite

    En toute rigueur, monsieur Lévi a raison, au vu du climat actuel en France, d’attirer l’attention du public sur le risque qu’il dénonce.

    Mais « en même temps », comme dirait quelqu’un, le fait de tout caviarder, de tout censurer, de tout nier, de tout judiciariser, voire de bloquer le compte bancaire d’un auteur travaillant sur un dossier autour de faits patents et publics relevant de la constatation, ne relève-t-il pas d’une volonté liberticide parfois scandaleuse dans les méthodes arbitraires employées, comme dans le dernier cas cité ?

    Et puis n’est-ce pas le moyen de renforcer, à juste titre, le soupçon de : « On nous cache tout, on nous dit rien »  et donc de créer un « complotisme » qui n’aurait pas existé autrement ?

    S’il est possible de qualifier de « complotiste » des théories basées sur des fantasmes ou des ragots, est-il normal de qualifier ainsi ce qui ne fait que décrire la vérité ?

    Voir :
    https://www.youtube.com/watch?v=PxsPXwvvMvE
    « Exclusif : Xavier Poussard balance sur la branche française de l’affaire Epstein ! »

  10. @ Ellen
    « Navalny, empoisonné avec une toxine rare découverte par les plus grands médico-scientifiques européens »

    Mais bien entendu, depuis deux ans, les plus grands scientifiques européens — en pointure de chaussures, sans doute — examinent, sous microscope, des échantillons de la peau de Navalny que la Russie a généreusement distribués afin de se faire prendre. Tout comme, auparavant, la Russie avait autorisé son départ, après l’avoir empoisonné — selon les plus grands scientifiques européens, mais pas les mêmes —, pour se faire soigner en Allemagne. Et survivre. Bougrement efficace, la pharmacologie russe.

    Et quand toute la planète a vu Emmanuel se faire refaire le portrait par maman à la descente de l’avion, qu’est-ce qu’il a couiné ? « C’est les Russes, c’est une fake ! », vous vous rappelez ? Avant de se faire rembobiner dans son délire car, pas de bol, la scène avait été filmée par des médias occidentaux, eux aussi.

    On a eu Bruno nous promettant l’effondrement économique de la Russie ; maintenant, on a Jean-Noël, la main sur le cœur, pérorant devant les caméras comme quoi cette ultime preuve atteste de la volonté de la Russie d’utiliser des armes biologiques contre sa population. Rien que ça.

    Des fois, malgré mon amour pour la France — celle du passé —, je me dis que la cuite magistrale que la Russie est en train de lui infliger, à elle et à tous les autres qui ont choisi l’option de se frotter à la bête, est bien méritée, vu les cuistres qui vous gouvernent. À vous d’avaler, ou pas, les couleuvres qu’ils enfilent telles des perles, tous les jours. Orwellien.

  11. Robert Marchenoir

    @ Tipaza – le 17 février 2026
    « Vous n’avez tout de même pas donné d’explication à la démission surprise. »

    Je ne m’appelle ni Villeroy de Galhau, ni Macron. Donc je n’ai pas à donner quelque explication que ce soit.

    Cependant, vous avez posé une question, j’y ai répondu pour vous rendre service. Je vous ai dit ce que j’ai entendu à la radio, et dont je ne suis nullement l’auteur. Vous tentez maintenant de lancer une polémique à mon encontre, après avoir émis, de votre côté, des allégations dont j’ai montré le ridicule.

    La carrière de Villeroy de Galhau de corvée de bois demain matin ne m’intéresse pas du tout. C’est vous que cela semble passionner. Si je devais suivre à la trace tous ces messieurs de la haute qui sont payés des ponts d’or depuis leurs jeunes années jusqu’à leur mort à nos dépens, avec une sécurité de l’emploi garantie à 100 % par-dessus le marché, je n’en finirais pas.

  12. @ Robert le 16 février 2026
    « L’on peut donc considérer, sans risque de se tromper, qu’il avait nécessairement des liens avec la CIA ou le Mossad. »

    En effet, l’affaire JE dépasse le seul domaine des affaires de mœurs, d’ailleurs surtout utilisées à des fins de chantage, pour couvrir celui de la finance, celui de la géopolitique et parfois celui de la prestation de services « limites ».

    En ce qui concerne le Mossad, sachant que nous en sommes réduits à des supputations, il est difficile de se montrer affirmatif.

    Il existe cependant un lien indirect entre JE et le Mossad, représenté par son égérie Ghislaine Maxwell, qui n’est autre que la fille de Robert Maxwell, qui a été retrouvé mort de façon mystérieuse près de son yacht aux Canaries et qui a ensuite reçu des funérailles quasi nationales en Israël, en présence de membres du gouvernement et de représentants du Mossad, ce qui laisse entendre qu’il aurait rendu de grands services à ce pays, reconnus officiellement en dépit de certaines indélicatesses de sa part.

    https://x.com/nigroeneveld/status/1944102384378294667
    (Cliquer sur « traduire le post » au besoin.)

    JE, de son côté, a traité cet événement comme suit :
    https://jmail.world/thread/EFTA02507843

    Il est mort.

    « Robert Maxwell a “menacé le Mossad”.
    Durant cette période, il avait libre accès au 10 Downing Street de Margaret Thatcher, à la Maison-Blanche de Ronald Reagan, au Kremlin et aux cercles du pouvoir à travers l’Europe.
    Maxwell transmettait tous les secrets qu’il avait appris au Mossad, à Tel-Aviv. En retour, ce dernier tolérait ses excès, sa vanité et son appétit insatiable pour le luxe et les femmes.
    Il a indiqué à ses supérieurs qui cibler et comment procéder. Il s’est autoproclamé ambassadeur officieux d’Israël auprès du bloc soviétique. »

    Ceci dit, JE ne semble pas avoir laissé entendre qu’il en était un agent, quel qu’en soit le type.

    En revanche, il lui est arrivé de servir d’intermédiaire :

    « Boies vous a-t-il demandé d’aider à recruter d’anciens agents du Mossad pour mener des enquêtes douteuses ? »
    https://jmail.world/thread/EFTA02572187

    Le meilleur des mondes…

  13. @ xc le 17 février 2026

    Mensonges, tricheries et camouflages existent trop souvent, malheureusement.
    Un peu comme en Russie de Poutine ? Vous rentrez en prison et vous sortez dans un cercueil comme Navalny, empoisonné avec une toxine rare découverte par les plus grands médico-scientifiques européens. Raison pour laquelle ses poutino-assassins avaient refusé de montrer sa dépouille à sa famille pendant plusieurs jours.

  14. @ Robert Marchenoir le 17 février 2026
    « Vous travaillez sérieusement du chapeau. »

    D’où je conclus qu’avec vous l’imagination ne sera jamais au pouvoir. Vous n’avez jamais connu l’ivresse de mai 68, pourtant avec vos qualités d’extraversion dans les débats, vous auriez fait un tabac dans les amphis. 🙂
    Vous n’avez tout de même pas donné d’explication à la démission surprise. Que le successeur soit un fidèle macroniste n’explique pas pourquoi le prédécesseur a démissionné.
    Parce qu’on lui a demandé poliment ?
    Je vous trouve bien docile devant une coïncidence curieuse, l’un s’en va brusquement à un an de sa fin de mandat et l’autre arrive, et pour vous tout est normal.

    Surtout que j’apprends que le démissionnaire a déclaré partir pour s’occuper de l’Association des apprentis d’Auteuil. Je suis pour l’apprentissage, cette association fait partie des bénéficiaires de mes bonnes oeuvres, ça réduit mon ISF. 😉
    Mais je vais réviser mon bénévolat pour m’adresser ailleurs. Si j’en juge par la gestion de nos finances, la dette, le déficit, tout ça quoi… il aurait pu démissionner avant !

  15. @ Ellen le 16 février 2026

    J’ai quelques rudiments de médecine légale. Si je vous disais comment certains détenus parviennent à leurs fins (et à leur fin), vous ne me croiriez pas. Mais j’aime mieux ne pas donner de détails.

  16. Michel Deluré

    Sénèque avait raison lorsqu’il affirmait déjà à son époque : « Ô la vile chose et abjecte que l’homme, s’il ne s’élève au-dessus de l’humanité ! ». JE en est la parfaite illustration.

    Il renvoie de l’humanité, avec tous ceux qui, pour de multiples raisons, se sont par lui laissés aussi naïvement appâter, son côté le plus sombre, le plus corrompu, le plus vil.

    JE, incarnation du mal, n’obéissant qu’à ses obsessions auxquelles il était entièrement soumis, exerçait habilement, comme nombre d’individus de cet acabit, ce pouvoir d’impressionner, d’illusionner, pour mieux profiter de la faiblesse, de la cupidité, de l’égoïsme qui sont, depuis la nuit des temps, dans la nature humaine.

  17. On nous apprend que trois magistrats de référence ont été nommés pour décortiquer les trois millions de documents numériques partiellement noircis, envoyés par le département de la Justice de Washington.
    C’est un travail pharaonique : c’est une dizaine de magistrats et d’enquêteurs professionnels qu’il faudrait mobiliser pour y voir un peu plus clair. Dans cinq ou dix ans, on saura peut-être qui se cache aussi derrière les documents numériques ultrasensibles et intégralement noircis, non publiés, parmi les trois autres millions de documents restant à analyser, gardés confidentiels par Washington.

    Il y a bien un donneur d’ordre principal dans cette affaire obscure. On devine qui c’est…

    Mais bon, comme J. Epstein et J.-L. Brunel sont morts, et que les victimes passent pour eux au dernier plan, ils doivent se dire que désormais il n’y a pas le feu au lac et que la vieille Europe se débrouille avec ses trois millions de pièces.

    Reste la manipulatrice et entremetteuse Ghislaine Maxwell, condamnée à vingt ans de prison, qui passerait, depuis un mois, ses journées sans surveillance dans une prison ouverte au Texas, sans contrôle obligatoire. Elle promet de parler — parler de quoi et de qui ? — à condition que Donald Trump la gracie, comme il a gracié les 1 600 émeutiers républicains en février 2025, qui ont pris d’assaut le Capitole en janvier 2021.

    Le chantage de Maxwell serait irrecevable en France. Si elle parle ou dénonce des protégés de Trump, elle pourrait alors compter ses jours.

    On vit dans un monde de plus en plus fou et dangereux !

  18. Tout d’un coup le monde judiciaire s’excite sur les frasques passées de Jack Régécolor, il en aura fallu du temps, au fond il n’a rien fait lui aussi. C’est quand même bizarre, tout sens dessus dessous à l’Institut du monde arabe, et les années ont passé, par contre toujours la même teinture. Comme quoi un caméléon de la politique dans toute sa splendeur sous nos yeux ça existe, il faut être fort, très fort pour arriver à 86 balais et qu’on pense encore à lui.

    https://lu.linkedin.com/posts/lor%C3%A9al_affiche-activity-7034585490099970048-ZY2E

  19. Robert Marchenoir

    @ Tipaza – le 17 février 2026
    « La question que je posais implicitement était la suivante : est-ce que François Villeroy de Galhau démissionnait en échange d’un floutage numérique, ou si vous préférez d’un oubli de son nom dans le dossier Epstein ? Lorsque j’ai dit que la question était hors sujet, c’était de l’ironie, mal comprise apparemment. »

    Ah, d’accord…. Votre hypothèse est absolument invraisemblable, alors si en plus vous la gardez pour vous, comment voulez-vous qu’on la comprenne ?

    Vous donnez carrément dans le complotisme. Juste parce qu’on parle en ce moment de l’affaire Epstein, Machin démissionne, donc c’est parce qu’il est dans le dossier Epstein. Zéro fait, zéro indice, aucune source, que du jus de crâne.

    Jeffrey Epstein ne fréquentait que des hommes très puissants, qui pouvaient lui apporter quelque chose : chefs de grandes entreprises, hommes politiques en vue, scientifiques de renom…

    Vous avez l’air de croire que le gouverneur de la Banque de France est un type qui a les mains sur « l’or de la France » et qu’il peut le fourguer à qui bon lui semble. Non seulement ce n’est pas le cas, mais en plus, la Banque de France a un rôle singulièrement réduit depuis la création de la Banque centrale européenne.

    Si les mails de Jack Lang ont été publiés, on voit mal pourquoi d’éventuels documents mettant en cause le gouverneur de la Banque de France ne l’auraient pas été.

    Enfin, vous supposez que François Villeroy de Galhau aurait un quelconque pouvoir d’influence et de corruption sur le ministère de la Justice américain : il serait dans le dossier Epstein, supposez-vous, et il aurait les moyens de négocier la confidentialité des données le concernant en échange de sa démission. Non seulement c’est absolument invraisemblable, mais de plus, en quoi sa démission avantagerait-elle le gouvernement américain ?

    Il semble que les autorités judiciaires de Washington aient protégé certaines personnalités américaines en ne publiant pas leurs données, mais les étrangers, ils s’en moquent pas mal. Il ne manque pas de dirigeants européens de premier plan dont la présence dans le dossier Epstein a été révélée, et qui ont dû démissionner en conséquence.

    Vous travaillez sérieusement du chapeau.

  20. @ sylvain

    Exact, Boulin se serait noyé dans une flaque d’eau de 20 cm, à Rambouillet, sans autopsie du corps et avec une enquête bâclée ; Bérégovoy se serait tiré une balle dans la tête dans sa voiture, devant son chauffeur, près du canal, sans autopsie du corps, enquête douteuse ; Grossouvre se serait tiré une balle dans la tête à son bureau, en plein jour, sans autopsie du corps, enquête douteuse, etc.

    Sans oublier François Mitterrand, qui aurait organisé lui-même un attentat bidon contre sa personne pour gagner en popularité. Et flop : la Cour de cassation a confirmé un non-lieu. Au revoir, Monsieur Mitterrand, ne recommencez plus ! Le pot aux roses a été découvert lors d’enquêtes minutieusement menées. F. Mitterrand avait alors accusé l’extrême droite d’être à la manœuvre et d’avoir voulu le tuer.

    Faire de la politique, c’est s’exposer à prendre de gros risques pour sa vie, surtout quand on fait le mariole et qu’on ment aux Français.

  21. @ Tipaza le 17 février 2026

    Seul Emmanuel Macron, qui a reconduit pour son deuxième mandat le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, en 2021, connaît les raisons de sa démission anticipée, prenant effet le 1er juin 2026, soit un an avant l’échéance officielle de son mandat. Il semblerait qu’un désaccord soit né entre les deux hommes il y a quelques mois, au sujet des finances pitoyables de la France. Mais que se cache-t-il réellement sous le tapis poussiéreux de Macron ?

  22. Xavier NEBOUT

    Depuis les temps immémoriaux du chef et du chaman jusqu’au XIIᵉ siècle, les pouvoirs temporels et spirituels s’équilibraient. Puis ça s’est lentement dégradé, mais le pouvoir spirituel subsistait encore dans les faits sous la Révolution, pour s’éteindre en 1905.

    Alors, cette sinistre affaire aurait-elle pu exister lorsque l’Église savait quasiment tout de la vie privée des uns et des autres, et que les portes du pouvoir étaient toujours ouvertes à l’évêque du diocèse ?

    Vous avez dit que des plaintes n’étaient pas suivies par la justice ?
    Étrange, il n’y a que les frères pour être efficients sur ce point…

    Eh oui, les veaux se soumettent à l’interdiction de la spiritualité, et après ils meuglent.

  23. Vous oubliez Boulin, qui s’est suicidé dans une flaque d’eau, Bérégovoy, Grossouvre, etc. Tous les présidents ont leur lot de suicidés « à l’insu de leur plein gré », ça fait partie du décor.

  24. On se dit, au spectacle bien ordonné de ceux qui n’ont pour seule référence que de garantir de pouvoir continuer à tremper leur andouillette dans le Saint-Amour, qu’il serait temps que l’Europe se réveille de son songe abâtardi.

    En ce sens, la réaction de Mme Lagarde à Davos, face aux nouveaux shérifs du monde, suggère qu’il serait préférable pour la France, plutôt qu’une dame qui aime les chats ou son adorable échanson, star des midinettes en mal de rétributions lyncheuses, de se donner une présidente digne de ce nom, à même de réveiller les somnambules du Vieux Continent :

    « L’Européen d’aujourd’hui est trop souvent le consommateur final d’un confort dont il n’a plus la moindre idée des conditions d’existence. Dans son existence perforée par les failles du souvenir, la phrase de Stephen Dedalus est devenue réalité :
    “L’histoire est un cauchemar dont j’essaie de m’éveiller.” »
    https://www.college-de-france.fr/fr/chaire/peter-sloterdijk-invention-de-europe-par-les-langues-et-les-cultures-chaire-annuelle

    Comme l’a souligné Friedrich Merz en citant cette réflexion majeure, l’Europe serait alors à même de tenir un rang autre que celui de « sortir de l’histoire en direction des vacances », revenue de son fantasme de déclinisme qui, en compagnie de Houellebecq et Onfray, s’endort dans la paresse confortable de la fin désirée de notre civilisation, ce refus d’incarner ce que pourtant elle est : la proue d’une humanité qui a renoncé à dominer pour inventer le futur radieux d’une réconciliation.

  25. @ Robert Marchenoir le 16 février 2026

    La question que je posais implicitement était la suivante :

    Est-ce que François Villeroy de Galhau démissionnait en échange d’un floutage numérique, ou si vous préférez d’un oubli de son nom dans le dossier Epstein ?
    Lorsque j’ai dit que la question était hors sujet, c’était de l’ironie, mal comprise apparemment.

    N’oublions pas qu’Epstein, outre son rôle de pourvoyeur de chair fraîche, était aussi et surtout un redoutable homme d’affaires aux activités plus ou moins claires.
    Le sexe était pour lui une façon de s’assurer une certaine impunité dans les combines affairistes qui ont fait sa fortune.

    Dans ce cadre-là, je suis persuadé qu’il y a un travail d’éclaircissement à faire sur les motivations de la démission en question.
    Cette explication est due aux citoyens : la Banque de France n’est pas n’importe quelle institution.

    Démission d’autant plus surprenante, de mon point de vue, qu’à plusieurs reprises François Villeroy de Galhau était récemment intervenu pour mettre en garde contre la dérive des finances et de l’économie, ce qui était d’ailleurs son rôle.

    Qu’on ait voulu le faire taire est une hypothèse parmi d’autres, y compris celle de la lassitude, mais je ne crois pas trop à cette dernière.

  26. @ Robert Marchenoir

    Je vous envoie Columbo… 🚙… il va mener l’enquête et vous dira ce qu’il en pense…

  27. Robert Marchenoir

    @ Ellen – le 16 février 2026
    @ Robert Marchenoir
    « Le photographe David Hamilton a été trouvé mort dans son appartement à Paris avec un sac en plastique sur la tête (étouffé). »

    C’est exact. Et donc ? Qu’en concluez-vous ? C’est un mode de suicide comme un autre. C’est ce qu’a déterminé la justice. Rien ne permet de croire à un assassinat.

    Et Jean-Luc Brunel, qui s’est suicidé en prison ? Assassiné, lui aussi ?

    Concernant Epstein, il y a plusieurs faits, des experts, des sources, qui permettent d’évoquer l’hypothèse du meurtre. Non qu’elle soit avérée. Mais enfin on peut en débattre.

    Pour David Hamilton et Jean-Luc Brunel, vous avez quoi, en dehors de spéculations complotistes ? Des articles de médias sérieux ? Des liens ?

    Qu’est-ce qui vous paraît étrange, dans ce genre de suicide ? Vous pensez que seuls les fonctionnaires se suicident (policiers, agriculteurs, salariés d’Orange) ?

    Différentes études scientifiques montrent au contraire qu’il s’agit d’un comportemant courant :

    Suicide among child sex offenders

    Suicidal behavior in individuals accused or convicted of child sex abuse or indecent image offenses

    C’est confirmé par des cas particuliers :

    55 pédocriminels présumés interpellés en France, l’un d’eux tente de se suicider

    Un quinquagénaire du Tarn aux penchants pédophiles tente de se suicider en prison la veille de son procès

    Polémique après quatre suicides consécutifs à l’opération ADO 71

    1. hameau dans les nuages

      D’autant plus que certains se compliquent bien la vie pour mettre fin à leurs jours… au point d’aller ranger l’escabeau une fois pendu :

      https://blogs.mediapart.fr/benat/blog/120825/pendaison-incomplete

      Mais le point crucial qui va interpeller Marchenoir. Était-il vacciné contre le covid ? Ou bien, dans un autre registre, le sport est-il devenu dangereux ?
      https://www.larepubliquedespyrenees.fr/sport/rugby/rugby-disparition-la-serie-noire-se-poursuit-au-club-de-l-ag-theze-27899930.php

  28. @ Robert Marchenoir

    Le photographe David Hamilton a été trouvé mort dans son appartement à Paris avec un sac en plastique sur la tête (étouffé). Ce même pédocriminel qui n’aimait que les très jeunes filles de moins de 16 ans (c’est lui-même qui s’en était vanté) avait aussi violé Flavie Flament en 1987 alors qu’elle n’avait que 13 ans.
    Depuis cette date, la prescription du viol sur mineur de moins de 15 ans a été allongée à trente ans et inscrite dans le Code pénal comme un crime, alors qu’auparavant la prescription était de dix ans et que les faits étaient jugés comme un délit.

  29. « J’imagine JE maître d’œuvre de ces horreurs, distribuant son argent à foison, rendant des services, facilitant des projets, accroissant son influence et élargissant son cercle, enfermant ses obligés et les puissants, de plus en plus pris dans un étau soyeux. » (PB)

    Effectivement, Monsieur Bilger, je pense qu’il ne faut pas se limiter à l’aspect pédophile du personnage. Il était avant tout un agent d’influence.
    Pour qui travaillait-il ? Là est la vraie question. Il a en effet gravité autour du processus d’Oslo qui visait à une paix en Palestine. À ce titre, il en a fréquenté les négociateurs, norvégiens en particulier, et donc s’est rapproché de certaines instances de l’ONU. Il s’est fait communiquer de multiples documents de la plus haute importance.

    L’on peut donc considérer, sans risque de se tromper, qu’il avait nécessairement des liens avec la CIA ou le Mossad. Il était donc détenteur de nombreux secrets qui touchent aux plus hauts dirigeants de la planète, surtout occidentale. Et la satisfaction des penchants pédophiles de ses connaissances ressemblait fort à ce que les Russes appellent le kompromat. Il est aussi impossible que les services de renseignement, tant états-uniens que français, aient pu ignorer les activités délictuelles de Monsieur Epstein.

    Une fois en prison, il risquait une condamnation des plus importantes, à l’inverse de ses mises en cause précédentes. Dès lors, il aurait pu vouloir monnayer ses secrets, comme d’ailleurs tente de le faire sa compagne, qui voudrait obtenir une grâce présidentielle pour « se mettre à table ». Ce faisant, elle a dû confier des éléments à certains de ses contacts pour éviter de finir comme son compagnon, suicidée dans sa cellule.
    Mais le système se protégera.

    Alors, Monsieur Bilger, le titre de ce billet me rappelle furieusement celui d’Hannah Arendt : La banalité du mal, elle qui fut la compagne et la muse du philosophe allemand Martin Heidegger, lui-même sympathisant du nazisme…

    Le problème de fond est que ces prétendues élites qui dirigent le monde, singulièrement occidental, constituent la haute société mondiale (celle qui notamment fréquente Davos), s’estiment hors de la morale ordinaire, celle du peuple qu’elles méprisent, et se considèrent au-dessus des lois.

    Au bilan, Monsieur Epstein me semble correspondre à l’image de cette caste privilégiée à qui la fortune financière fait perdre tout repère moral et qui s’auto-protège. Et donc à l’image de notre actuelle société, qui cultive la perversité chez une grande part de ses élites, ce que l’on perçoit chez les plus grands patrons des industries, numériques notamment.

  30. « J’imagine JE maître d’œuvre de ces horreurs, distribuant son argent à foison, rendant des services, facilitant des projets, accroissant son influence et élargissant son cercle, enfermant ses obligés et les puissants, de plus en plus pris dans un étau soyeux. » (PB)

    Mais ce monde d’une voyoucratie de connivence entre divers cercles de pouvoir, dans le monde des affaires, de la politique et de l’art marchandisé, est parfois confondu avec ce que d’aucuns qualifient abusivement d’« élite », dont la critique est très mal vue par les bien-pensants qui affectent d’y voir une manifestation de « populisme ».

    Des citoyens s’inquiètent depuis plusieurs années d’affaires mettant parfois en cause des personnes très haut placées, impliquant des trafics d’enfants à grande échelle et souvent de façon internationale, ne pouvant exister qu’autour de réseaux organisés.

    L’ancien animateur Karl Zéro s’est consacré, en pionnier, à la dénonciation de ce système et a été victime d’accusations de « complotisme » pour le discréditer. Certes, s’il est possible de ne pas nécessairement reprendre, en l’état actuel des connaissances, sa thèse, basée sur des moyens probablement limités, associant des gens comme Dutroux à d’éventuels réseaux, il n’empêche que l’existence de ces réseaux, informels ou non, de gens qui ne sont en général que des fournisseurs de « chair fraîche » à d’autres qui ne sont que des « consommateurs », ne relève que d’une sinistre réalité.

    Mais c’était à prévoir : il ne fallait pas soulever le couvercle de l’affaire JE :

    https://www.lexpress.fr/societe/affaire-epstein-publier-des-documents-ne-suffit-pas-a-produire-des-preuves-KUJQ54YERRFLLH6LYA7FVVLDBA/?cmp_redirect=true

    « La publication de millions de documents relatifs à l’affaire Epstein sert les récits complotistes en ligne. Jusqu’à une certaine limite. »

    Le « complotisme » a bon dos pour nous sortir le « circulez, il n’y a rien à voir ». Il y a tout de même, en certains cas, affaire Epstein ou autre, un certain nombre de personnes qui peuvent être mises en cause, dont le nom relève du secret de Polichinelle, même si, bien entendu, dans le cas JE, ceux qui l’ont fréquenté de près ou de loin ne sont pas nécessairement tous soupçonnables des pires turpitudes en matière de traite d’êtres humains.

    De plus, on ne peut nier que des personnes très riches ou très haut placées disposent, plus que d’autres, de divers moyens pour étouffer certaines affaires gênantes, par voie de presse, judiciaire ou relationnelle, c’est ainsi. Quand nous constatons que certains organes de presse nous rejouent l’air du « complotisme » sur telle ou telle question, nous sommes en droit de nous demander, à chaque fois, pour qui ils roulent. Pour des membres de « l’État profond » qui craindraient pour leur matricule, par exemple ?

    Mais entendre hurler au « complotisme », quel que soit le sujet, à chaque fois qu’il y a matière à investigation, ne fait au contraire que renforcer le désir de transparence du public, capable de faire le tri entre ceux qui ne cherchent qu’à répandre un épais nuage de fumée et les autres, plus enclins à jouer le jeu démocratique.

  31. Ce n’est pas une « aventure inhumaine », c’est en réalité l’illustration des relations humaines entre sexe, argent, pouvoir, vieilles comme nos civilisations.
    Attendons que sortent les dossiers avec les noms et les activités des un(e)s et des autres pour, peut-être, constater que beaucoup savaient mais regardaient ailleurs.

  32. Robert Marchenoir

    @ Ellen – le 16 février 2026
    « « Suicide », c’est vite dit. Dans ce milieu, on ne se suicide pas. »

    Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Il est certain que les circonstances de la mort de Jeffrey Epstein sont étranges, et qu’un médecin légiste indépendant conteste le suicide.

    Cependant, Jean-Luc Brunel s’est lui aussi suicidé dans sa cellule, et je ne me souviens pas que quiconque ait contesté le fait.

    Et puis il y a un autre homme célèbre qui s’est suicidé dans des circonstances similaires, à son domicile : le photographe David Hamilton, après que l’un de ses anciens modèles s’est retourné contre lui. Ce suicide-là non plus n’a pas été contesté. Mais l’on s’est empressé de l’oublier, parce qu’un nombre considérable de gens ont des livres et des calendriers de David Hamilton chez eux, en toute légalité.

  33. Robert Marchenoir

    @ Tipaza – le 16 février 2026
    « Quelqu’un sait-il pourquoi François Villeroy de Galhau a annoncé, le lundi 9 février 2026, qu’il quitterait ses fonctions de gouverneur de la Banque de France au début du mois de juin ? »

    Oui. C’est en prévision de l’accession possible de Jordan Bardella ou Marine Le Pen à la présidence de la République. Il a démissionné maintenant afin que son successeur ne soit pas désigné par un président Rassemblement national.

    Source : une radio de grande diffusion, genre France Info ou BFM. J’ignore si c’est la raison officiellement donnée ou officieusement connue. Je n’ai pas creusé plus loin, mais l’explication me paraît crédible.

  34. À défaut d’être (et de loin !) le meilleur commentateur sur ce blog, au moins pourrais-je me vanter d’être le premier à y poster une réponse en Louchebem… :
    Lellebem lrapulecem, ce Leffreyjem Lpsteinnem, ça ne fait laucunem loutedem. Mais la lraievem luestionqem loncernecem son lincredibleem lrain-tem de vie : d’où lenait-tem-il lettecem lontagnemem d’largentem ?

  35. « Cette inhumaine comédie constituait JE en une sorte de démiurge » (PB)

    La liaison de l’acronyme JE et de démiurge donne un sens extraordinaire à cette affaire.

    Si le Boss l’a fait exprès bravo, et s’il ne l’a pas fait exprès encore plus bravo, c’est un signe de l’au-delà.

    JE, mais c’est le nom que se donne Dieu lorsque Moïse lui demande comment il doit le nommer, après être descendu de la montagne, pour se faire comprendre des Juifs.
    Et Dieu répond : « JE suis celui qui est ».
    C’est-à-dire qu’il est et que tout n’existe que parce que Dieu, le JE, le fait exister.

    Le JE traduit cette volonté d’apparaître comme celui par qui tout advient, tellement il tient tout en relation et que tout passe par lui.
    Et chez Jeffrey Epstein c’est une volonté de démiurge, c’est exactement ça, bien vu.

    Les kabbalistes et autres ésotéristes se feront bientôt un plaisir de développer l’aspect satanique du JE de Jeffrey Epstein.

    Et dire que je n’ai fait le lien qu’en seconde lecture, après la sieste.
    Moralité : faites la sieste avant de dire des bêtises, elles n’en auront que plus de sel. 🙂

  36. @ Jérôme le 16 février 2026
    « Pour laisser la place à un kadyrovien qui sera nommé. »

    Vous avez raison.
    Ça je l’avais compris, mais la question que je pose est en amont de cette réponse.
    Pour qu’un individu de ce niveau et dans cette situation se fasse hara-kiri, il faut quand même qu’on lui ait fait miroiter certains avantages ou inconvénients – au choix – à rester en place.
    Ou alors c’est par amour kadyvorien, comme vous dites, à l’égard du gourou de la secte. En amour tout est possible.

    ———————————————————–

    @ Achille le 16 février 2026
    « L’émancipation des femmes, qui a vraiment pris son essor au XXIᵉ siècle, a permis de rompre un tabou millénaire sur leur rôle dans la société… »

    Je dirais même plus, un tabou ontologique… si… si, je n’ai peur de rien en philosophie.
    Et voilà où mène le progressisme que vous défendez 😉

  37. Cette affaire Epstein est dans la continuité du mouvement #MeToo — qui, lui aussi, nous vient des États-Unis — et a mis en évidence les turpitudes de la haute société, où argent, sexe et politique sont étroitement liés.

    L’émancipation des femmes, qui a vraiment pris son essor au XXIᵉ siècle, a permis de rompre un tabou millénaire sur leur rôle dans la société d’aujourd’hui, puisque désormais elles ne sont plus reléguées à s’occuper des enfants, du ménage et à satisfaire les petits plaisirs de leur mari (et accessoirement de leur patron), mais elles peuvent désormais occuper des postes à haute responsabilité dans les affaires, l’enseignement et la politique.

    Ainsi que le laissait entendre en son temps Simone de Beauvoir, une femme est un « homme comme les autres »… à un petit détail près, bien sûr !

    Il va falloir s’y faire. 😊

  38. « Suicide », c’est vite dit. Dans ce milieu, on ne se suicide pas. Le commanditaire utilise discrètement un tueur à gages bien payé, on débranche les vidéos de sécurité, on élimine en silence, on lui passe le drap autour du cou en nous faisant croire qu’il se serait pendu avec un drap accroché… où ça et à quoi ? À la poignée de la fenêtre située à 1,50 m du sol, laissant trois fractures autour du cou ?

    On attend la divulgation des autres célébrités, protégées par le département de la Justice US. On nous prend pour des naïfs ? Entre soi, rien ne vaut un bon arrangement. Ça ne vous interpelle pas ?

    Todd Blanche, ancien avocat de Donald Trump, aujourd’hui à la tête du département de la Justice US, a intérêt à ne pas contrarier son patron, DT. On ne sait jamais : un accident pourrait vite arriver.

  39. Démiurge, dit notre hôte ? C’est beaucoup dire, et diable aussi. Un maître du jeu de rôle, un corrupteur, certes, mais sans rien de créateur qui, à mon sens, fasse partie des attributs accordés aux démiurges et même aux diables.

    Je pense que les pervers peuvent céder à deux tentations : faire du mal, faire le bien, ou encore se hausser, par les discours, par l’image, bien au-delà de leur domaine de compétence. Outre que se laisser corrompre n’est pas bien beau, supporter une médiocrité certes dorée, mais une telle médiocrité, me semble mortellement ennuyeux. Je ne veux pas dire que les pervers ne puissent pas être créatifs, mais là, il me semble qu’on a une sorte de libre-service du vice et de l’entre-soi tellement fastidieux que je me hâte de conclure mon commentaire, car je m’ennuie déjà.

  40. Cher Tipaza,

    Pour laisser la place à un kadyrovien qui sera nommé.
    Le changement naturel devait se faire après l’élection présidentielle, donc avec un gouverneur proche d’un nouveau sérail, moins compatible avec l’Europe de la soumission et les grands patrons.

  41. Question hors sujet !
    Quelqu’un sait-il pourquoi François Villeroy de Galhau a annoncé, le lundi 9 février 2026, qu’il quitterait ses fonctions de gouverneur de la Banque de France au début du mois de juin ?
    Une décision surprise alors que son mandat devait initialement se terminer fin 2027.

    Hum… si la question est hors sujet, j’ignore ce que sera la réponse.
    Complotisme, quand tu nous tiens, comme disait l’autre !

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