Heureux pour lui, fier de la Justice…

Il y a eu un certain délire politique et médiatique à la suite du jugement ayant notamment condamné Nicolas Sarkozy (NS) le 25 septembre, ainsi qu’au moment de son incarcération.

Après vingt jours de détention, NS a été remis en liberté par la cour d’appel de Paris, présidée par Olivier Géron. Il demeure soumis à un contrôle judiciaire strict, lui interdisant de rencontrer les autres prévenus, de se rendre à l’étranger et d’entretenir le moindre contact avec le garde des Sceaux ou les membres de son cabinet.

Ayant toujours considéré que nous avions enfin un grand ministre de la Justice, j’ai regretté que celui-ci n’ait pas été suffisamment attentif aux apparences, tant dans sa relation avec NS que dans ses propos à son égard. On peut dire qu’il a lui-même contribué à fragiliser la séparation des pouvoirs, ce qui explique cette « première » dans l’arrêt en question.

Celui-ci ne désavoue pas la présidente du tribunal correctionnel, car les deux juridictions, pour statuer sur la détention ou la remise en liberté, ne se fondaient pas, procéduralement, sur les mêmes critères.

Il me semble qu’une double conclusion peut être tirée de cette première séquence judiciaire, du 25 septembre au 10 novembre.

La France n’est pas véritablement une démocratie, puisqu’il est clair que, pour certaines causes, l’égalité entre « les puissants et les misérables » non seulement n’est pas admise, mais conduit à des dénonciations qui perdent toute mesure et toute crédibilité. Il y aurait donc des innocents par principe et des coupables par vocation !
On m’a rapporté que mon ami Ivan Rioufol avait comparé la situation de NS à celle de Jésus-Christ !
Il me semble pourtant évident que le principe selon lequel plus on détient de pouvoir, plus on doit répondre de ses actes, constitue un progrès indéniable.

J’avais trouvé l’exécution provisoire inutile, même si elle sert beaucoup en matière pénale et que le tribunal l’avait ordonnée en raison de l’exceptionnelle gravité des faits. Il s’agit en effet, et de loin, de l’affaire la plus grave — et même la plus indigne — que l’on puisse reprocher à un candidat à l’élection présidentielle, si NS, présumé innocent, devait voir sa condamnation confirmée ou aggravée en mars 2026. Cela n’exclut pas qu’il puisse être relaxé, conformément à ses dénégations constantes – attitude qu’il a d’ailleurs adoptée dans toutes les procédures auxquelles il a été mêlé.

Ce qui changera au mois de mars – ce sera une seconde séquence -, c’est que le fond sera abordé avec rigueur et objectivité, sans que la tenue des débats soit parasitée par la situation personnelle de NS. En effet, la pitié qu’a suscitée, chez beaucoup, son incarcération, a empêché que l’on s’attache à la substance du jugement, bien plus favorable à NS qu’on ne l’a dit. Les débats, puis l’arrêt attendu en 2026, seront totalement délestés de ce risque.

Comment ne pas conclure par un hommage à cette magistrature, aujourd’hui étrangement décriée — y compris par certains de ses plus éminents serviteurs —, et qui s’est pourtant montrée remarquable par sa compétence, sa tenue, sa résilience et sa résistance aux attaques les plus abjectes et les plus indécentes ?

Solidaire d’elle pour le meilleur, il m’importe peu d’en être trop souvent le seul défenseur convaincu.

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Voir les Commentaires (44)
  1. Elle est unique ! En voilà une qui n’est pas d’accord avec monsieur Bilger sur le point n°2.
    Si les trois juges de première instance l’ont écoutée, je suis sûre qu’ils ont dû, malgré le sérieux de l’affaire, éclater de rire. Mais au moins, ça détend un peu l’atmosphère.
    https://www.youtube.com/shorts/miYIYLrytqw

  2. Les élus qui nous gouvernent, vous avez dit lunaire ? Ils ne se rendent même pas compte, et qu’on arrête de dire et de penser qu’ils sont mal rémunérés pour voter des lois et aller les discuter à la cantine soignée de l’Assemblée.
    Je ne ferai pas l’injure ici de dresser la liste des métiers pénibles et risqués ; qu’ils arrêtent de pleurnicher, et, comme le disait le Général Motor, que Jacques Rueff nous « fasse de bonnes finances ».

    Nous avons un pays à la ramasse : il suffit de comparer le niveau d’endettement entre l’Allemagne et la France. Nous avons vendu le chanvre dont on fait les cordes qui ont commencé à nous pendre, comme disait Lénine.
    Nous n’avons plus un kopeck vaillant et, bien sûr, c’est la misère partout : chaque année, on balance pour les intérêts le budget de l’Éducation nationale. Nos représentants sont un peu secoués du bulbe quand on pense que c’est la base de tout progrès, cette belle école qui nous a fait avancer, gratuite, avec ses instituteurs de choc. Ils doivent bien se marrer, là-bas, au pays de Xi.

    Dans le même genre que Pascal Praud, il existe Hanounouille : ils ont un public conquis d’avance, le second plus vulgaire et sans doute plus rance que le premier, qui ne manque jamais de rappeler à ses chroniqueurs que c’est lui qui leur porte la becquée.
    À n’en pas douter, c’est le style de ces chaînes qui occupent une niche constante.
    La réussite d’Hanounouille ne fait aucun doute : de yacht en vacances people, il s’affiche avec la discrétion de ces puants qui ne veulent pas paraître riches. Le ressort marche toujours : proche des galeux qu’il ne défend qu’avec la certitude de faire de l’audience et du pognon, qu’il vénère tant, il adore humilier ses chroniqueurs à qui il rappelle que c’est lui qui les fait exister et vivre.

  3. J’espère que Pascal Praud a eu l’occasion de lui adresser toute sa dévotion. Je ne comprends plus pourquoi des chroniqueurs participent à ses émissions, où il est à la fois arbitre, juge et partie, et se permet désormais de distribuer des saillies (préparées au petit matin). Ce personnage est devenu vain.

  4. Bien sûr que la justice est faite par des hommes, et qu’elle a toujours un fond subjectif. La « peine encourue », cela laisse quand même des latitudes. Ce qu’il sera curieux de constater, c’est le rendu de l’appel de Sarkozy : un jugement sans doute « au milieu », je mise un petit billet.

    Il mérite sans doute la taule, mais on ne l’y renverra pas : la pression sera bien trop pesante, et puis il faudra oublier cette affaire pas glorieuse du tout. Comme pour les robots-tondeuses, on lui fera porter un bracelet, et un périmètre de tonte lui sera accordé. Cela ne durera pas bien longtemps : on lui laissera prendre quelques vacances aussi. Puni, il l’a été par un peu de prison ; il ne faut pas exagérer non plus. On le laissera dehors cette fois-ci, et ainsi il prodiguera ses conseils que le monde entier attend avec impatience, les mêmes qui ont permis à la Grande Bourgeoise un score sans appel aux présidentielles.

    Il est vain de penser que Sarkozy est un personnage d’ampleur : il a tout raté. Son quinquennat fut un échec tel qu’il a été éjecté des primaires pour ne plus jamais s’y aventurer, sans aucun doute. Loser bien rémunéré, il est vrai : il a ses mécènes — qui sait pourquoi ? Un peu comme les oracles de Delphes, Minc et Attali, qui se sont vautrés dans tout ce qu’ils ont entrepris. Surfait sans aucun doute : il portait des talonnettes, paraît-il ; mais un fait est certain, il ne faisait pas la pointure.

  5. Il y a tellement à dire sur la conclusion du billet. Sous la plume de l’ancien haut magistrat, cet hommage est répété à satiété depuis toujours, avec une insistance particulière ces derniers temps. Je m’y associerai très volontiers. Mais il est excessif, car la justice est rendue par des hommes, qui, consciemment ou inconsciemment et en toute bonne foi, sont influencés par leurs sentiments, leurs convictions, leurs sympathies ou leurs détestations, ce qui se traduit dans les décisions prises. Donc oui pour l’hommage, mais sans oublier qu’il ne saurait être absolu.

    Quant aux attaques contre la justice, il faut réprimer férocement celles qui ne se présentent pas avec l’humanité et la courtoisie nécessaires. On peut critiquer la justice avec des arguments, des raisonnements et le respect dû à cet indispensable organe de la vie en société. Le droit ne se pratique pas à coups de matraque.

  6. « Comment ne pas conclure par un hommage à cette magistrature, aujourd’hui étrangement décriée — y compris par certains de ses plus éminents serviteurs —, et qui s’est pourtant montrée remarquable par sa compétence, sa tenue, sa résilience et sa résistance aux attaques les plus abjectes et les plus indécentes ? » (PB)

    Cher monsieur Bilger, vous connaissez certainement mieux le monde judiciaire que la plupart d’entre nous et en cette matière nous ne pouvons que faire confiance à votre manière de voir les choses.
    Qu’il ne faille pas décrier la magistrature d’aujourd’hui en bloc est admis, et nous espérons qu’elle est prête à écouter les plaintes des Français sur la façon dont la justice est parfois rendue.

    Ainsi, en dehors des heurs et malheurs de monsieur Sarközy, ce qui pour le moment pourrait surtout inquiéter beaucoup de Français dont votre serviteur est la façon selon laquelle la justice actuelle aborde ou pas la question du racisme anti-français dans certains procès criminels mettant en cause des étrangers ou des gens d’ascendance étrangère restés fidèles à leur culture d’origine, car il semblerait qu’il s’agisse là d’un sujet tabou au sein même de l’institution judiciaire et que son traitement voire son ignorance volontaire se fasse en violation d’un principe d’égalité dont on nous rebat pourtant les oreilles.

    Par exemple, la tortionnaire et meurtrière de la petite Lola a été condamnée au maximum et il n’y a rien à redire à ce sujet.
    Cependant, cette personne aurait avoué avoir agi par haine, alors la question de savoir si elle aurait pu avoir agi dans ce contexte par haine raciste à l’encontre d’une fille de France a-t-elle été posée ou bien a-t-elle été escamotée, comme semble-t-il dans d’autres affaires ?

    Il faut savoir qu’en tant que ressortissante algérienne, cette femme a probablement été conditionnée dès sa plus jeune enfance à la haine de la France, inculquée par le gouvernement algérien à l’ensemble de sa population y compris à l’âge scolaire le plus tendre.

    Donc, au vu du nombre de ressortissants de ce pays, illégaux ou non, que les Français sont susceptibles de croiser, ne pas les protéger par une réponse judiciaire ferme à l’encontre d’actes relevant du racisme anti-français de la part de ces étrangers (voire d’autres) équivaudrait à risquer hélas parfois de placer une cible dans le dos de nos compatriotes.

    Qu’en pense le merveilleux ministre de la Justice que nous aurions ?

    1. J’adhère entièrement à votre commentaire. Il suffit de tendre l’oreille et écouter discrètement ce qui se dit dans notre dos : « Moi, je suis raciste contre les c*ns de Français, je prends leur pognon et après je me barre en Algérie ». Et combien sont-ils en France à profiter de notre générosité aveugle ? des centaines de milliers à nous détrousser puis nous insulter.

      Allez, si vous le pouvez, en audience en correctionnelle, et vous verrez le genre de clientèle qu’il y a dans le box. Ça déborde et ça fait peur ! Ils ne se privent pas en plus de traiter le ou la juge de bouffon quand la punition ne leur plaît pas. Pires insultes proférées à la sortie, que je n’ose répéter ici.

  7. @ Karl SHED le 12 novembre 2025
    « À quand donc l’homme providentiel de Polybe ? »

    Mais nous le connaissons : c’est celui qui dit la vérité.
    Tenez, je vous propose celui-ci : à défaut d’être providentiel, il a risqué sa vie pour la dire.

    12 34 45 11 31 15 32 43 11 33 43 11 31

    Ou alors celui-là, plus proche de nous — mais est-il vraiment providentiel ?

    15 42 24 13 55 15 32 32 34 45

    J’ai choisi la cryptographie la plus simple : un simple clin d’œil pour évoquer Polybe.

    1. Sans doute Éric Zemmour et Boualem Sansal ?
      Une petite recherche sur Internet permet d’accéder à la solution !

  8. Clamer son innocence matin midi et soir de chaque jour pour bien s’en imprégner d’ici l’appel et pour achever de convaincre son entourage du martyre qu’on lui inflige, ne suffira peut-être pas à déstabiliser les juges, tant le soupçon est gros en l’affaire. On n’imagine pas le prévenu ignorer les effets du rapprochement franco-libyen quand on le connaît un peu.

  9. « Dreyfus »… « Jésus-Christ »… et pourquoi pas « Jeanne d’Arc » ? La grandiloquence n’a pas de limite. Hier en début d’après-midi, au moment de la désincarcération du « présumé innocent » Sarkozy, on en était, sur CNews, à deux doigts de le qualifier d’« otage »…
    En fait, Sarko ne doit son élargissement qu’à une petite phrase contenue dans le dernier alinéa de l’article 144 du Code de procédure pénale qui énumère les motifs d’une détention provisoire. Ce 7e indique : « Mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public provoqué par la gravité de l’infraction, les circonstances de sa commission ou l’importance du préjudice qu’elle a causé. Ce trouble ne peut résulter du seul retentissement médiatique de l’affaire »… et ajoute : « Toutefois, le présent alinéa n’est pas applicable en matière correctionnelle. »

    En première instance, la Cour, pour prononcer la détention provisoire – et passer outre à cette exception -, s’était servi de la réponse du Conseil Constitutionnel à une QPC concernant l’exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité. Celui-ci avait validé la décision contestée en l’articulant sur « l’objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l’ordre public », précisant qu’elle « contribuait à renforcer l’exigence de probité et d’exemplarité des élus et la confiance des électeurs dans leurs représentants. »

    Condamnant à une peine infamante le « candidat » Sarkozy, pouvait-elle ignorer que celui-ci avait été ministre, qu’entre la commission du délit et son procès, il avait été président de la République et que, de ce fait, son manque de « probité » et d « exemplarité » mettait à mal la confiance du peuple en ses élus ? La cour d’appel n’a pas entériné cette argumentation, qui, il est vrai, s’appuyait sur une extension discutable de cette décision du CC dans une affaire sans rapport sur le fond avec le délit qu’elle avait à juger.
    « Les critères d’appréciation de la juridiction d’appel sont nécessairement différents de ceux de la juridiction de premier degré », a indiqué sobrement le président Géron. Rien de plus… et Sarko est toujours menacé d’un retour à la Santé lors du jugement sur le fond. Que, d’ici là, Guéant ou Hortefeux se mettent à table, et c’en est fait de lui.

    Pour l’instant, il y a donc lieu de ne pas triompher. D’autant plus que le carnet de bal de Sarko comprend d’autres rendez-vous avec la Justice pour qu’il s’explique sur des faits et gestes tout aussi tordus…

    Saluons plutôt la sortie de prison probable de Boualem Sansal. Lui, Messieurs les admirateurs de NS, peut, sans exagération, être qualifié d’« otage »…

  10. La justice et la prison, la sécurité assurée… Vraiment ?

    Pendant que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, en visite à la prison de la Santé le 29 octobre, venait assurer la sécurité renforcée de Nicolas Sarkozy à la suite des menaces de mort de certains détenus déchaînés — « on va venger Kadhafi » —, on découvrait en même temps, et avec effroi, que le terroriste du Bataclan, Salah Abdeslam, condamné à perpétuité et détenu dans cette prison de haute sécurité, possédait dans sa cellule un PC avec Internet soi-disant autorisé — mais par qui ? — ainsi que des clés USB contenant de la propagande djihadiste islamique, remises par son ex-compagne lors des visites au parloir, sans vitre de séparation et sans caméras.

    Et ça s’appelle de la haute sécurité ? Pour ne pas déranger l’intimité des terroristes ?!

    Que se serait-il passé si le danger d’attentats fomentés en silence n’avait pas été découvert à temps — attentats qui auraient pu viser des personnalités ou des salles de spectacle ?

    Manuel Valls et tant d’autres nous ont assez répété que le risque zéro n’existait pas.
    À qui la faute après cette découverte honteuse et effrayante, en prison — même de haute sécurité, soit dit en passant ?

    À y réfléchir de plus près, on pourrait croire à une faveur exceptionnelle.
    Pourquoi la cour d’appel a-t-elle interdit à Nicolas Sarkozy d’avoir le moindre contact avec le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, et pas avec l’Exécutif, Emmanuel Macron l’ayant invité à l’Élysée juste quelques jours avant son incarcération à la Santé ?

    Il paraît que c’était pour parler de la pluie et du beau temps ?
    La fidélité en amitié n’a pas de limite : « Qu’on vienne me chercher. »
    Allez, « Autant en emporte le vent… »

    « On m’a rapporté que mon ami Ivan Rioufol avait comparé la situation de N. S. à celle de Jésus-Christ ! » (PB)

    La jolie Carla, Vierge Marie, prie le juge de ne pas crucifier son saint Nicolas en état de grâce.

  11. Prévenu en juin 1832 de conspiration contre la sûreté de l’Etat et arrêté un beau matin par la police de Louis-Philippe, Chateaubriand, qui avait, comme NS, reçu le portefeuille de l’Intérieur et la Toison d’Or, sut utiliser dignement les quinze jours de vacances forcées qu’il passa à la Préfecture de Police. Il les occupa en effet à se nourrir, non de yaourts pasteurisés encore dans les limbes, mais d’élégies en vers. Au reste, en cette époque aimable, désinvolte et respectueuse des Muses, le Préfet s’autorisait à prier ses prisonniers de marque de bien vouloir s’installer à leur convenance dans une des chambres de son propre appartement de fonction…
    Le vicomte donna plus tard de son martyr un compte rendu qui mérite de rester.

    « Après lecture prise de l’ordre d’arrestation, m’adressant au respectable chef de ces voleurs d’hommes et de libertés : « Vous savez, monsieur, que je ne reconnais point votre gouvernement, que je proteste contre la violence que vous me faites ; mais, comme je ne suis pas le plus fort et que je n’ai nulle envie de me colleter avec vous, je vais me lever et vous suivre : donnez-vous, je vous prie, la peine de vous asseoir » […]
    Au surplus, je n’étais point du tout malheureux ; le génie de mes grandeurs passées et de ma gloire âgée de trente ans ne m’apparut point ; mais ma muse d’autrefois, bien pauvre, bien ignorée, vint rayonnante m’embrasser par ma fenêtre : elle était charmée de mon gîte et tout inspirée ; elle me retrouvait comme elle m’avait vu dans ma misère à Londres, lorsque les premiers songes de René flottaient dans ma tête. […] Je commençai quelques vers élégiaques d’une épitaphe latine ; mais voilà que la quantité d’un mot m’embarrassa ; vite je saute au bas de la table où j’étais juché, appuyé contre les barreaux de la fenêtre, et je cours frapper de grands coups de poing dans ma porte. Les cavernes d’alentour retentirent ; le geôlier monte épouvanté, suivi de deux gendarmes ; il ouvre mon guichet, et je lui crie, comme aurait fait Santeuil : « Un Gradus ! Un Gradus ! » Le geôlier écarquillait les yeux, les gendarmes croyaient que je révélais le nom d’un de mes complices ; ils m’auraient mis volontiers les poucettes ; je m’expliquai ; je donnai de l’argent pour acheter le livre, et on alla demander un Gradus à la police étonnée ».

  12. Et le cirque continue ! Que d’arguties spécieuses j’entends depuis deux jours pour essayer de me faire avaler que les critères qui ont conduit à l’incarcération de NS ne sont pas les mêmes que ceux qui ont conduit à sa libération.
    Je n’ai aucun avis sur le verdict, je ne connais pas le dossier. Mais si NS méritait d’aller en prison le 20 octobre, je ne comprends pas pourquoi il ne le mérite plus le 10 novembre. Et s’il ne mérite plus d’être en prison le 10 novembre, je ne vois pas pourquoi il le méritait le 20 octobre.
    Les contorsions juridiques ne changeront rien au fait que personne n’y comprend que couic et que la justice se donne en spectacle, voire s’adonne aux petits réglements de comptes (cf. l’interdiction de contact entre NS et Darmanin).
    Tout cela amuse le bon peuple, fait parler les bavards, mais surtout mobilise les personnels de justice pendant que des prévenus moins médiatiques, eux aussi présumés innocents, attendent leur procès en prison. Et, last but not least, toute cette pantomime coûte un bras à un État plus qu’en faillite.

    1. Julien WEINZAEPFLEN

      Je crois qu’Alpi a tout dit.
      « La France ne [serait] plus une démocratie » (PB) parce qu’il n’y a pas d’égalité devant la justice entre les puissants et les misérables. Mais quand y en a-t-il jamais eu ? Il n’y a pas plus d’égalité devant la justice qu’il n’y a d’égalité devant la loi. Le curseur de la démocratie ne se situe pas là. Ce qui était en jeu ici, c’était la dignité de la France, et il n’était pas digne qu’un ancien président de la République aille en prison.

      Non, cher hôte, Gérald Darmanin n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais un grand garde des Sceaux, pas plus qu’il n’a jamais été un grand ministre de quoi que ce soit, quelle que soit sa carrière fulgurante au pays des poids plumes — je n’ose plus dire des « petits pois », expression par laquelle Nicolas Sarkozy disqualifiait les magistrats que vous admirez par corporatisme, excusez-moi de vous le redire après d’autres commentateurs.

      Alors que « le cirque continue », car, comme l’écrit Alpi, « Que d’arguties spécieuses j’entends depuis deux jours pour essayer de me faire avaler que les critères qui ont conduit à l’incarcération de NS ne sont pas les mêmes que ceux qui ont conduit à sa libération. »
      Et pendant ce temps-là, les hyperbolistes qui nous servent d’éditorialistes, en nous recommandant d’être raisonnables, comparent Nicolas Sarkozy à « Jésus » (Ivan Rioufol), à Dreyfus (je ne sais pas qui) et à Edmond Dantès (Sarkozy s’est voulu l’héritier du comte de Monte-Cristo en emportant ce livre pour qu’il soit son livre de chevet en moins de temps qu’il n’en fallait pour le lire). Il a tout au plus, et en mieux, le sort de son ami Patrick Balkany, qui, lui, est une vraie « crapule » (j’emprunte ce mot à Henry de Lesquen, qui décrivait ainsi Sarkozy au cours de son dernier direct). Je n’aime pas ce qualificatif, mais pense d’une part que tous les présidents doivent avoir un pied dans la pègre — ce qu’on semble avoir intégré depuis Balzac et Vautrin, devenu ministre de la Police —, mais surtout que Nicolas Sarkozy a un tropisme libyen très particulier, qui ne se limite pas à l’avoir fait accepter de l’argent de Mouammar Kadhafi en connaissance de cause, ni même à l’avoir fait exécuter après l’avoir reçu en France dans des conditions rocambolesques, mais qui l’obligeait, à peine élu président de la République, à envoyer sa femme chez ce violeur notoire pour libérer les infirmières bulgares, soi-disant sous la protection de Claude Guéant, que la justice accuse aujourd’hui d’avoir participé à l’« association de malfaiteurs » qui a fait condamner Nicolas Sarkozy à une peine de prison avec exécution provisoire.

  13. Bon, finalement, ce procès en appel, c’est comme une espèce de référendum. Peu importe le sujet de la question, ce sera le camp des pour face à celui des contre. Coupable ? Innocent ? Est-ce que cela a encore de l’importance ? L’affaire est tellement ancienne que beaucoup l’avaient oubliée. Il aura suffi de la décision saugrenue d’un magistrat (dont le monde entier nous envie l’indépendance) pour que cette affaire revienne en première page des quotidiens et des 20 heures des chaînes télé. Et pendant ce temps-là, la liste des mille soucis quotidiens des Français s’allonge.

  14. xavier b. masset

    Rémy Heitz, le procureur général près la Cour de cassation, montre vraiment un éthos de pion à discuter le principe de « sérénité » qui doit présider au règlement d’une affaire de justice, nous sommes loin, très loin, de la « disputatio » familière aux grands sorbonnards de la règle juridique souple au Moyen Âge.

    Il fallait entendre le cheminement étriqué de sa minable pensée de clericus vagans tournant en rond, recueillie sur France Culture, lundi soir, pour en prendre toute la non-mesure.

    Cela dit, le ministre Darmanin n’avait pas à s’immiscer comme il le fit dans le cas – devenu d’école – judiciaire de Nicolas Sarkozy, ce droit de visite qu’il s’arrogea bafouait l’égalité des traitements, malgré ses dires, hâtés, en guise de compensation.

    Il n’y a pas d’ex-président qui compte dans l’examen d’un justiciable français.

    Même les fausses victimes anglaises venues de Liverpool, lors d’un fameux match arbitré par notre identique ministre, de l’Intérieur à l’époque, se virent dépouillées de leurs titres avant d’être dénoncées aux autorités pour hooliganisme d’aubaine.

    M. Sarkozy n’a plus l’âge de s’user la santé à faire des runnings dans les rues de Paris, son corps souffre, comme on peut le voir et s’en douter à l’image.

    Qu’il se contente de lever un peu de fonte, activité idéale pour contrer la sarcopénie qui nous afflige tous.

    Combien y aurait-il eu plus de gueule pour lui de se rendre en marchant, même équipé d’un short-bermuda, à n’importe quelle cérémonie de quartier près de chez lui commémorant le 11 novembre 1918.

    Comme on se relève, en appel, du champ d’honneur.
    Tombé pour la Libye.

    1. Quelle poilade ! Sarkotrecking avec son allure si caractéristique de canard pataud quand il court ou qu’il pédale avec ses cale-pieds d’un autre siècle, allure de « grenouille », les spécialistes en rigolent.
      Je me suis fait la même réflexion, au lieu de se la jouer bobo foulant le pavé, il aurait sans doute plus patriote, lui qui « aime la France », de marquer le pas dans une cérémonie de quartier.
      Tu parles d’un sportif ! Il me semble même que certains pouffaient sur son passage. Allez on passe à la suite, la honte d’un pays et un bruit de casseroles qui n’est pas près de s’éteindre.

  15. Même un maréchal de l’époque soviétique ne possédait pas autant de médailles :

    Bismuth (dite « des écoutes »)
    Corruption et trafic d’influence. Condamnation définitive : 1 an de prison ferme sous bracelet électronique — pourvoi rejeté par la Cour de cassation le 18/12/2024.

    Bygmalion (dépenses de campagne 2012)
    Financement illégal de campagne, faux et usage de faux. Condamnation (en appel), pourvoi pendant ; décision attendue. Peine prononcée antérieurement (en appel) ; issue en cassation — audience annoncée fin nov. 2025.

    Financement libyen (campagne 2007)
    Association de malfaiteurs, corruption, financement illégal. Condamnation en première instance avec exécution provisoire ; appel en cours ; 5 ans de prison ferme ; incarcération puis remise en liberté sous contrôle judiciaire — condamné le 25/09/2025, incarcéré le 21/10/2025, libéré le 10/11/2025.

    Rétractation de Ziad Takieddine
    Subornation de témoin / pressions alléguées. Mis en examen. Instruction en cours — 2025

    Affaire russe (Reso-Garantia)
    Prestations et flux financiers. Enquête en cours. Aucune décision définitive — 2025

    Qatar / Mondial 2022
    Soupçons d’influence. Procédure en cours. Aucune décision définitive — 2025

    Autres dossiers cités (divers) : divers contentieux politico-financiers. Plusieurs non-lieux / relaxes sur certains, d’autres actifs.

    Ouf ! Quand il n’y en a plus, on en trouve encore. Un champion dans son genre, Nicolas ! Il sera toujours défendu par des groupies, forcément : en France, on aime ça, voter et oublier ce qui est derrière le personnage. Une partie des citoyens adore se faire cracher à la figure, passerait l’éponge sur des délits qui ne sont pas ceux du voleur d’oranges.

    C’est ainsi : on pleurniche tous les jours sur le pouvoir d’achat, on nous fait les poches, et quand un type comme Sarkozy aligne un tel palmarès, on oublie tout.

    Indispensable ? Il ne l’est pas : jamais réélu, marginalisé et jeté comme un malpropre aux primaires de son camp, raillé souvent pour sa gestion calamiteuse et la non-reconduction de son mandat.

    Au suivant ! Macron, qu’on le veuille ou non, c’est deux quinquennats — et, malgré tout, comme le Sphinx, il renaît. Les meilleurs réalisent la passe de deux ; tout le reste est littérature : seule la victoire est belle.

    1. L’ex-tireur pointeur appelé qui aurait fait son service militaire à Verdun mais dont personne ne se souvient, nous fera toujours rire avec ses vantardises et ses affirmations péremptoires, quel que soit le sujet… Comme si ses fanfaronnades à répétition pour appuyer ses dires pouvaient encore faire illusion.
      À plus forte raison quand il nous énumère une série de procédures concernant Sarkozy qui à ce jour se sont toutes avérées sans fondement ou ont fait pschit !

      1. Je corrige : le « aurait fait » devient « a fait ». Je revois encore, en passant devant, une sorte de pub : « Le Lapin qui fume »… Et dire que si c’était aujourd’hui, je commanderais peut-être une unité équivalente au système Patriot… Je reviens sur terre, brigadier, s’il vous plaît ! Pas celui de Casse-Pipe — vous devriez connaître l’auteur, c’était quand même moins rustique à mon époque. En revanche, ce dont je suis sûr, c’est que j’ai participé à la professionnalisation des casernes.

        « Fanfaronnades »… Diantre ! Pour en maîtriser toute la substantifique moelle, je vous conseille deux films : Parfum de femme et Le Fanfaron, deux œuvres sublimes avec l’immense Vittorio Gassman. Votre regard ne s’arrêtera pas stupidement aux lettres de ce mot. Péremptoire et plutôt obtuse, cela vous fera le plus grand bien et vous ouvrira des horizons insoupçonnés, car au fond vous avez la myopie et l’aveuglement, justement, des péremptoires ; et si vous l’étiez vraiment — aveugle, comme Gassman dans Parfum de femme — vous diriez moins de sottises. Il y a une scène que je vous laisse découvrir : celle où il va boire un pot avec le jeune ordonnance.

        Ne me remerciez pas.

  16. « On m’a rapporté que mon ami Ivan Rioufol avait comparé la situation de NS à celle de Jésus-Christ ! » (PB)

    ChatGPT m’a fourni la très, très longue liste des noms affectueux dont certains ont affublé l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy. Je ne la collerai pas ici.
    Naboléon, Petit César, Caligula… Sarközy. Quel pied !
    Ah, Sar-kö-zy et les insinuations !
    Vamonos a raison.
    Alors Jésus-Christ ?
    Eh bien c’est beau.
    Dreyfus ?

    Oui Achille ! Il ne va pas falloir en parler à Noël sinon on va « se mettre sur la figure » à table.
    C’est sur un président de la République française qu’on s’acharne depuis des années.
    Le comte de Monte-Cristo, Dantès ?
    Cet homme est un roman, avec sa femme actuelle, et ses ex si dignes et leurs enfants si unis…
    Je suis fier de cet homme et malheureux à cause de l’injustice de mon pays.

  17. Claude Luçon

    « Comment ne pas conclure par un hommage à cette magistrature, aujourd’hui étrangement décriée » (PB)

    Voilà qui honore nos magistrats : Abdeslam publie même sur Internet tout en séduisant des demoiselles voilées et en chantant les mérites des terroristes !
    La France était belle vue de l’étranger ; de l’intérieur, on est plutôt déçu !
    Le citoyen français est devenu mendiant, attendant la prochaine obole. Nos socialistes s’y emploient. Fini la guerre des classes : mendier est devenu un art français.
    À propos, il me faut une allocation pour remplacer mes savates usées !
    Dans quel foutoir nos énarques nous ont-ils conduits ? Le pire est qu’il leur aura fallu soixante ans pour y parvenir.
    Je ne suis plus français, angevin maintenant ! De naissance, que du sang de la vallée de la Loire dans mes veines. Toutes mes ancêtres féminines, toutes, étaient orléanaises !

  18. Des magistrats croupion ont essentiellement voulu humilier Sarkozy et ont réussi au-delà de l’imaginable ! Mais ce faisant ils ont aussi (et au-delà) humilié, rabaissé et discrédité la France pour longtemps, aux yeux du monde entier.

    Pas de quoi être fier de cette justice partisane, sectaire et vengeresse du mur des cons et des droits de l’homme falsifiés ; une corporation de ronds-de-cuir et de politicards bornés qui ne pensent qu’à leur nombril et ont oublié le serment prononcé lors de leur nomination, à savoir « servir fidèlement en digne et loyal magistrat ».

  19. Je me suis initialement interrogé, Monsieur Bilger, sur la manière d’interpréter les points de suspension attachés au titre de votre billet. Mais les deux derniers alinéas dudit billet éclairent votre position, notamment la phrase de conclusion : « Solidaire d’elle [la magistrature] pour le meilleur, il m’importe peu d’en être trop souvent le seul défenseur convaincu ». L’on pourrait ici se contenter de considérer que votre position serait parfaitement corporatiste.

    À l’analyse, elle l’est partiellement parce que liée à votre attachement viscéral à l’institution à laquelle vous avez appartenu et dont vous avez été, à mon sens, un excellent, pour ne pas dire un brillant, représentant. La fidélité des commentateurs de votre blog en témoigne.
    Cependant, je rejoins en grande part le commentaire de Véronique Raffeneau le 11 novembre 2025 que j’ai le plaisir de retrouver ici et de saluer.

    En effet, la remise en liberté prononcée par la cour d’appel se révèle comme une dénonciation discrète mais ferme de l’exécution provisoire prononcée par le tribunal correctionnel dont il ne faut pas oublier que le choix de la condamnation à cinq années de prison entraînait un passage obligatoire par la Santé avant que le condamné puisse interjeter appel alors qu’une peine inférieure aurait évité la case prison. En ce sens on ne peut que considérer en effet que la cour d’appel a accompli sa mission de manière juste et impartiale.

    En revanche, les mesures complémentaires et interdictions qui sont imposées à monsieur Sarkozy posent question. Le Figaro, sur le fondement de l’AFP, rapporte ainsi : « Afin de préserver «la sérénité des débats», la cour lui interdit d’entrer en contact avec le ministre de la Justice en exercice, actuellement Gérald Darmanin, ou tout membre de son cabinet ou cadre judiciaire susceptible de bénéficier d’informations sur les procédures où Nicolas Sarkozy est mis en cause. »

    Si l’on peut en effet reprocher à juste raison à monsieur Darmanin la publicité qu’il a donnée à sa visite au détenu, compte tenu des éminentes fonctions antérieurement exercées par ce dernier et des risques objectifs pour sa personne dans cette prison, il était compréhensible que le ministre de la Justice (et de l’administration pénitentiaire) s’assure des conditions de sécurité de la détention de monsieur Sarkozy. À preuve : il a bien fallu protéger sa personne par la présence de deux policiers armés dans une cellule contiguë. À ma connaissance, tout policier ou gendarme entrant dans le périmètre de détention doit laisser son arme au greffe de la prison pour la récupérer à la sortie. Cette fonction de sécurité était exorbitante du droit ordinaire et à ce seul titre la présence du ministre ou d’un très haut représentant de la Chancellerie me semblait s’imposer pour en décider.

    L’interdiction faite à monsieur Sarkozy de rencontrer le garde des Sceaux repose donc sur la seule réaction et admonestation publique du Procureur général près la Cour de cassation (et ancien « patron » du parquet national financier) formulée contre la visite ministérielle au détenu.
    Ces contraintes imposées à monsieur Sarkozy comme au ministre actuel et sans doute aussi à son éventuel successeur sonnent, pour ce qui me concerne, comme une intrusion de la magistrature dans le fonctionnement et les attributions de l’exécutif, d’une part, et comme une réaction corporatiste pour éviter que l’action du PNF en partie mise en cause par le tribunal correctionnel en écartant trois des motifs de poursuite qu’il avait retenus ne soit interprétée comme un désaveu exprimé par la cour d’appel, d’autre part…

  20. « Heureux pour lui, fier de la Justice ». (PB)

    Fier de qui ? De la première instance ayant envoyé Nicolas Sarkozy en prison le 21 octobre, ou fier de la cour d’appel l’ayant libéré sous conditions judiciaires le 10 novembre 2025 ?
    On a la preuve que dans le cas présent, le corporatisme n’a pas joué. L’indépendance des juges a gagné.
    Malgré la complexité de ce dossier tentaculaire, les explications données par le procureur financier Jean-François Bohnert me semblent très claires. Belle leçon de droit pour ceux qui ne sont pas initiés.
    https://www.youtube.com/watch?v=LQooL4MC_Xw

    Reste à savoir ce que diront les juges dans le procès en appel prévu en mars 2026.
    En attendant, bon repos à Nicolas Sarkozy chez lui, auprès de sa famille.

  21. Xavier NEBOUT

    La cour d’appel ayant vidé de toute substance la motivation de la détention provisoire sur le plan du droit, et même de la logique judiciaire, il n’en reste que la motivation étrangère au droit, et qui relève en l’espèce, non pas de l’erreur, mais du détournement de pouvoir.
    Alors la magistrature sera digne des éloges dont notre hôte la gratifie, lorsqu’elle saura mettre en prison un magistrat s’en rendant coupable.

  22. Jean sans terre

    Il y a fort à parier que, dès qu’il ne sera plus protégé par son statut présidentiel, Emmanuel Macron, sera plus encore que Nicolas Sarkozy exposé à la sévérité des lois. Si ce n’était pas le cas, on en pourrait inférer le haut degré de corruption qui gangrène les sphères décisionnelles de la société française. Son élection a suspendu pendant de longues années bien des enquêtes qui dans une démocratie au fonctionnement sain auraient mérité d’être élucidées.

    Emmanuel Macron le sait parfaitement. C’est une des raisons pour lesquelles il souhaite absolument se maintenir, en plus de l’héroïcité du destin que dans sa folie il croit incarner et mériter. Fasse que des élections ou le courage des nos représentants parlementaires nous préservent de son hubris jusqu’au-boutiste. Cet homme est un sociopathe qui, en raison du pouvoir qu’il détient entre ses mains, expose la France à de grands dangers.

    1. Je ne sais pas où vous allez chercher vos informations pour sortir de telles sornettes. Sans doute Mediapart ou l’Humanité. Vous devriez diversifier vos sources.
      À toutes fins utiles, je vous joins cette réflexion de J-P Raffarin concernant Emmanuel Macron que personnellement je partage et qui mérite votre attention.

      1. Jean sans terre

        Je ne consulte aucun média de propagande, ni écrit ni télévisé, pour me faire une opinion. Mon jugement est probabiliste. Je relie des faits disparates entre eux pour tenter d’extraire des certitudes.

        J’ai souri à votre référence.

        Imaginez un seul instant que j’aie raison ? Feriez-vous amende honorable ? Les partisans de Sarkozy ont bien du mal à se représenter que leur champion pourrait n’avoir été qu’un filou. Et si la présomption d’intelligence des partisans du président était tout autant surévaluée ? Vous imaginez-vous combien ils en seraient gênés à l’entournure, eux qui s’imaginent si supérieurement dotés ?

        On connaît la formule de Churchill : “La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes”.

        On sait moins qu’il eut aussi ce jugement sévère : « Le meilleur argument contre la démocratie, c’est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen. »

        Je trouve Churchill très indulgent. On voit bien qu’il n’a pas perdu cinq minutes de son temps à consulter le citoyen instruit et éduqué.

        J’ai observé au cours de ma vie que plus un homme a longtemps été formé dans les grandes écoles et plus il raisonne tout de travers à partir de concepts creux qu’il prend pour des réalités, de même que plus il surestime ses facultés.

        La plus grande tare de l’intelligence est la présomption. Si en plus, elle est expéditive, comme cela est souvent dans les cercles décisionnaires alors le résultat en sera calamiteux.

        Je sais bien que pour que vous ayez une bonne opinion de vous, il vous est nécessaire de penser en conformité avec les gens de bien. Dans une époque où le sens des choses est tout chamboulé et où le mal devient un bien et le bien un mal, l’illusion de faire partie du bon camp ne peut que être provisoire. On jaugera au résultat. Pour le moment, on ne peut dire qu’il est faramineux. Il est même assez catastrophique. Il est plus facile de dire des autres qu’ils seraient pires. Enfin, vous n’en savez rien pour ne pas leur avoir laissés tenter l’expérience.

        Si le socialisme échoue, dit-on, c’est parce que l’on n’a pas essayé le bon socialisme qui aurait certainement réussi.

        Si l’Europe échoue, c’est parce que l’on n’a pas assez d’Europe.

        Imaginez que l’on dise : si le nazisme a échoué c’est parce que l’on n’a pas été assez nazi ou tenté le bon nazisme.

        Voilà la façon dont vous raisonnez. L’expérience qui contredit vos préjugés est systématiquement déniée.

  23. « Il s’agit en effet, et de loin, de l’affaire la plus grave — et même la plus indigne — que l’on puisse reprocher à un candidat à l’élection présidentielle, si NS, présumé innocent, devait voir sa condamnation confirmée ou aggravée en mars 2026. Cela n’exclut pas qu’il puisse être relaxé, conformément à ses dénégations constantes – attitude qu’il a d’ailleurs adoptée dans toutes les procédures auxquelles il a été mêlé. » (PB)

    Comment peut-on être relaxé après avoir été placé en taule avec une condamnation pas piquée des hannetons ?
    Tout cela est du grand Zampano si Sarkozy devrait être relaxé, et en plus avec la plus belle des médailles, la relaxe, celle qu’il instrumentalisera pour confirmer qu’il était innocent et que la justice etc. Mais comme il doit encore passer au trapèze, il fera sans doute profil bas.
    Petit moment de gêne quand le patrimoine de Nico a été dévoilé, belle retraite d’ancien Président pour cinq années de mandat calamiteuses et vidé comme un malpropre dans des primaires par les siens.

    L’Histoire retiendra qu’il fut en taule, sa médaille dans son cas un boulet, qu’au fond il n’a pas été ni pire ni meilleur que les autres depuis Pompidou, il a creusé le trou aussi, et si la situation du pays est aussi catastrophique, il a quand même tenu la pelle et la pioche avec énergie mais sans courage de se dire qu’il y avait des moyens techniques idoines pour terrasser sans dépenser de l’énergie inutile.
    Il a eu de la chance, la justice des élites malgré tout, comme sur un stade, l’arbitrage à domicile, à sa place le galeux du coin serait enfermé sans aucun doute.

    Mais comment comprendre qu’un type que l’on met en prison qui n’a aucune chance de se barrer du pays puisse être blanchi en appel ?
    Dans son cas, relaxé sera une victoire, la victoire qu’il a criée haut et fort pour le confirmer, notre pays est malade, le droit invoqué est alors bien compliqué et si on en fait un phénomène digne d’être appliqué par l’IA nous sommes fichus ! Quand l’incohérence est faite humaine, le tablier du pont s’écroule, parce qu’on aura oublié les aciers et ce qui fait la force de résistance de la démocratie.
    Toutes les argutie juridiques c’est bidon et illisible par les gens, et donc sans simplicité et clarté c’est le doute qui s’installe. Depuis la nuit des temps PL2/8 est toujours là.

  24. Cher Philippe Bilger,

    Vous pouvez présenter la situation comme elle vous arrange, mais la décision d’incarcérer puis de libérer Nicolas Sarkozy quelques jours plus tard est absolument incompréhensible pour le citoyen. Elle accentue le discrédit d’une justice qui fait sa tambouille en toute impunité et sans que l’on y comprenne rien.

    Ce que le citoyen a désormais compris, c’est que l’arbitraire règne en maître, avec la perte totale de confiance que cela entraîne.

    Ne surtout pas avoir affaire à elle car tout est désormais possible, même d’incarcérer un ancien président sur des présomptions, suppositions et autres intuitions ! Lire l’excellent article de Causeur sur l’acharnement de la justice sur N. Sarkozy. Où est passé le doute qui doit bénéficier à l’accusé ?

    D’autre part, l’injonction faite au garde des Sceaux de ne pas rencontrer le prévenu montre à quel point couper le cordon entre l’exécutif et le judiciaire sans contrepartie démocratique a été une erreur funeste. La justice fonctionne aujourd’hui en roue libre, sans garde-fous ni contrôle citoyen, et potentiellement soumise à telle ou telle idéologie.

    L’exécutif et le législatif doivent régulièrement rendre des comptes aux citoyens, ce qui n’est pas le cas de la justice.
    La justice doit procéder du peuple, ce qui n’est plus le cas.

    Pour mettre un terme à ce scandale démocratique, il faut non seulement d’urgence procéder à l’élection au suffrage universel des juges, avec un mandat comparable à celui des députés, responsabiliser les juges sur chaque décision de justice et interdire tout syndicat de magistrats : la justice doit être strictement neutre. Il devrait d’ailleurs en aller de même avec le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État, élus au suffrage universel.

    Il faudra enfin remettre de l’ordre en supprimant notamment le juge d’application des peines, les parloirs avec contact physique, ainsi que toutes les sanctions factices (rappel à la loi, sursis, bracelet et autres fadaises).

    Puisque vous évoquez la démocratie, le meilleur moyen est de rendre la parole au peuple pour tout ce qui le concerne directement.

    1. Question : La démocratie est-elle vraiment, dans notre réalité d’aujourd’hui, un régime particulièrement plus vertueux que les autres ?

      Platon classifie les régimes politiques et soutient que ceux qui sont faibles de manière inhérente se corrompent successivement. Le philosophe décrit quatre formes de cités et d’hommes injustes correspondant à quatre degrés de corruption de la justice : la timocratie, l’oligarchie, la démocratie et la tyrannie.

      Les grands cycles écraseront-ils toujours et encore tout sur leur passage, pour mieux (ou non) recréer selon une complexité qui nous échappe encore grandement ?

      En ce début de XXIe siècle, il est fort probable que les « mémoires » ancestrales transmises oralement ou par écrit — avec ou sans véritables fondements — et peut-être même celles accumulées et conservées sous forme de programmes génétiques, ne soient pas suffisantes pour espérer modifier de façon perceptible les « grands cycles » climatiques, économiques, religieux ou sociétaux, qui n’ont de cesse de se succéder tout en se répétant depuis des millénaires.
      Tout au plus, les cycles climatiques, scientifiques et politiques pourront-ils, de temps à autre, en modifier temporairement la trajectoire selon leurs spécificités et leur intensité.

      Les longues, très longues périodes alternatives vont donc continuer à se succéder, obligeant sans cesse l’humain à s’adapter, pour son bien-être et sa survie — d’abord à la nature, ensuite aux nombreux concurrents immédiats, dont son principal ennemi : l’humain.

      Et si Thalès de Milet (celui du fameux théorème) avait lui aussi déterminé la succession répétitive des régimes politiques : dictature – révolution – démocratie – oligarchie – dictature ? Un cycle inéluctable, disait-il. Et il vivait six siècles avant J.-C. !

      Nous en sommes, me semble-t-il, à un complexe mélange d’oligarchie et de tyrannie, avec une pincée de démocratie.
      À quand donc l’homme providentiel de Polybe ?
      Un seul espoir : l’Histoire, cyclique et paroxysmique, est capable d’accélérations surprenantes…

  25. Jean-Claude SERVIAN

    Regain d’intérêt pour le blog avec la publication des réactions de lecteurs, dont le niveau console des contributions habituelles d’internautes, truffées de fautes d’orthographe et de syntaxe.

    1. En fait sur ce blog nous avons une modératrice qui corrige les fautes d’orthographe et de syntaxe. Raison pour laquelle les commentaires sont bien rédigés.

      1. Robert Marchenoir

        Quels que soient les mérites de Pascale Bilger, on ne fait pas de la bonne prose en réécrivant un tas de boue. Françoise Giroud, à une époque, réécrivait certes tout L’Express, mais elle était payée pour cela, elle ne le faisait qu’une fois par semaine et sa matière première était fournie par des rédacteurs professionnels.

        J’ignore, bien entendu, ce qui rentre dans le tuyau, mais il est humainement impossible de transformer des écrits de semi-illettrés en français de bon niveau.

        Lorsque Jean-Claude Servian se félicite du niveau des commentaires, je doute qu’il fasse allusion uniquement au respect de l’orthographe et de la syntaxe.

        1. « Lorsque Jean-Claude Servian se félicite du niveau des commentaires, je doute qu’il fasse allusion uniquement au respect de l’orthographe et de la syntaxe. »

          Le mieux serait encore que ce soit lui qui le dise…

    2. C’est une remarque intéressante, car quand la correction est intervenue, cela permet au lecteur de se concentrer plus sur la forme ou le fond quand ils existent (*). Et même si le niveau orthographique et grammatical peut donner des indices sur la personnalité d’une personne, il ne peut pas être considéré comme un reflet complet.
      Le style et la forme d’écriture seront souvent plus révélateurs de la personnalité. Ici comme ailleurs. Ainsi à la manière dont une personne s’exprime, ses choix linguistiques et son ton. Par exemple, quelqu’un qui utilise un langage soutenu pourra donner une impression de sérieux, tandis qu’un style plus casual pourra suggérer une personnalité plus ouverte et amicale.
      Des aspects complémentaires, certes mais qui n’esquissent pas nécessairement un portrait complet et fidèle d’une personne, contexte inclus.
      Hélas il nous manque aujourd’hui l’écriture manuscrite qui dès le premier regard global, fait très rapidement naître un germe d’appréciation, quels que soient les mots utilisés.
      La compensation nous viendra donc au travers des intervenants qui au fil des commentaires se positionneront (ou non) dans le top 5 de chacun des lecteurs de ce blog sans égal.

      (*) des commentaires limités en nombre de lignes seraient un vrai plus.

  26. Véronique Raffeneau

    « J’avais trouvé l’exécution provisoire inutile… » (PB)

    Mais enfin, une détention, qui plus est avec mandat de dépôt provisoire, ne relève pas de l’utilité ou de l’inutilité ; elle est impérative ou elle ne l’est pas!
    Si c’est le caractère utile ou inutile de cette décision qui a été débattu par le tribunal correctionnel, alors il y avait tout de même de la légèreté et de l’inconséquence dans cette décision grotesque.
    Quelle peut bien être la justification rationnelle d’une décision aboutissant à une telle bouffonnerie si prévisible, si ce n’est une sorte de satisfaction intime fétide qui a pris le pas sur tout le reste ?
    Non, Philippe, vous ne pouvez pas rendre hommage à une magistrature qui, par la décision clownesque de prononcer un mandat de dépôt provisoire, s’est moquée d’elle-même et bien plus gravement de l’ensemble des justiciables.
    Pas vous.

  27. « Comment ne pas conclure par un hommage à cette magistrature, aujourd’hui étrangement décriée — y compris par certains de ses plus éminents serviteurs —, et qui s’est pourtant montrée remarquable par sa compétence, sa tenue, sa résilience et sa résistance aux attaques les plus abjectes et les plus indécentes ?
    Solidaire d’elle pour le meilleur, il m’importe peu d’en être trop souvent le seul défenseur convaincu. » (PB)

    Ce n’est pas facile d’avoir raison tout seul – en supposant que ce soit le cas – avec pour seuls soutiens les contempteurs viscéraux de l’ancien président de la République, dont les arguments relèvent plus de la rancœur et de la haine que de l’argumentation factuelle.
    Mais votre combat pour défendre la magistrature envers et contre tout, quitte pour cela à devoir affronter les railleries et quolibets de vos camarades de plateau dans l’émission « L’Heure des pros » – à commencer par celles de son animateur – mérite d’être salué à sa juste mesure. Quelle abnégation !

    Nicolas Sarkozy toutefois est bien décidé à continuer le combat. J’en veux pour preuve ses petites phrases : « La vérité triomphera » ou encore « La fin de l’histoire n’est pas écrite ».

    Qui sortira vainqueur de cette lutte sans concession entre la magistrature et Nicolas Sarkozy ?
    Il faudra attendre encore un peu pour le savoir. Tout cela prend la dimension d’une affaire Dreyfus avec les dreyfusards et les anti-dreyfusards.
    À noter que l’Histoire a finalement donné raison aux dreyfusards. Il arrive que parfois l’Histoire se répète.

  28. revnonausujai

    Je ne pense pas que l’arrêt des magistrats de la cour d’appel de Paris figure un jour parmi les grands arrêts de la jurisprudence.
    Pris en tenaille entre la pression corporatiste visant à ne pas (trop) désavouer les premiers juges et le souci de ne pas rajouter au discrédit de la magistrature, ils ont pondu un texte baroque où les évidences se mêlent à des considérations lunaires !
    Prescrire de n’avoir aucun contact avec des protagonistes « vivants » est une tautologie ou pis, l’intéressé n’ayant pas notoirement la capacité de parler aux défunts, l’indice d’une croyance inquiétante dans les phénomènes paranormaux ; si c’est le cas, nos magistrats devraient bénéficier d’un congé longue durée pour se soigner !

    Quant à l’interdiction de contacter tout « ministre de la Justice en exercice » ou son cabinet, en dehors du cas de G. Darmanin qu’ils accusent ouvertement de forfaiture, ça voudrait dire, changement de gouvernement oblige, que monsieur ou madame Tartempion, nouveau ministre complètement étranger à l’affaire, n’aurait pas le droit de se faire communiquer les pièces du dossier ni de se faire une opinion personnelle des dires de l’accusé. Que voilà un attendu qui sent très fort le putsch judiciaire !

    D’une manière plus globale, il est grand temps de remettre les magistrats à leur place, celle de fonctionnaires plutôt subalternes (autorité et non pouvoir), dont le rôle devrait être non seulement de juger au nom du peuple français mais aussi et surtout selon sa volonté, exprimée directement ou par l’intermédiaire de ses représentants élus.

    Deux pistes de réforme :
    – responsabilisation des magistrats avec une vraie instance disciplinaire et pas un schmilblick kangourou
    – réforme drastique du recrutement avec priorité à des personnels ayant quelques années d’expérience dans les professions juridiques (avocats, commissaires de police, officiers de gendarmerie…), l’ENM devenant une école d’application chargée simplement d’enseigner les trucs et ficelles du métier.

  29. Monsieur le Président Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa a été désincarcéré de la prison de la Santé.
    La Justice s’est enfin montrée magnanime envers le fils d’immigré.

    Envers et contre tous les membres de la masse des participants à la chasse vulgaire d’un bouc émissaire, je continue à apporter mon humble soutien à Carla, Nicolas et tous leurs descendants.

  30. BELIN Martine

    Maître,
    Vous êtes fidèle à vous-même : objectif, modéré et très résilient devant des attaques parfois déplacées de vos collègues de CNews où j’ai le plaisir de vous voir souvent. Je vous admire et espère que vous ne vous lasserez pas de défendre vos points de vue sur cette chaîne globalement très intéressante. Merci pour vos sages contributions. Bien respectueusement.

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