Entre Sarkozy et Sansal, il n’y a pas photo !

J’entends déjà les objections.

Nicolas Sarkozy a été président de la République de 2007 à 2012 et Boualem Sansal est -seulement !- un intellectuel et écrivain franco-algérien d’expression française.

Tous les deux ont été condamnés. Le second, totalement innocent, par une justice aux ordres. Le premier, se disant innocent, par une justice libre et indépendante. Son affaire sera rejugée en appel en mars et avril 2026.

NS a été détenu durant trois semaines dans des conditions privilégiées, avec une protection renforcée. L’exécution provisoire, qui avait permis sa détention au motif d’une atteinte gravissime à l’ordre public selon le tribunal correctionnel, ne me semblait pas nécessaire ; toutefois, sa mise en liberté est intervenue rapidement. Sans dérision, mais pour relativiser certaines hyperboles, il ne s’est agi ni d’un Alfred Dreyfus ni d’un Nelson Mandela !

BS a été emprisonné pendant un certain temps dans une prison qu’il a lui-même qualifiée de « moyenâgeuse ». Le régime extrêmement dur auquel il a été soumis, alors que son état de santé était très préoccupant, ne s’est assoupli que lors des ultimes tractations menées par l’Allemagne en vue de sa libération. Il a subi près d’un an d’incarcération.

NS écrivait sept heures par jour dans sa cellule, et je crois savoir qu’il recevait quotidiennement la visite de son épouse. BS, quant à lui, ne pouvait ni lire (sauf des ouvrages consacrés à l’islam), ni écrire, ne rencontrait aucun avocat, voyait quelquefois son épouse -une demi-heure tous les quinze jours ! – mais n’avait aucun autre contact ni le droit de parler à personne.

L’ancien président, libéré à juste titre, est allé déjeuner en famille, applaudi par les convives dans une brasserie parisienne. BS, lui, a attendu, soigné en Allemagne. De retour en France, il a été reçu avec son épouse Naziha par le président de la République, qui a salué « son courage, sa force morale et sa dignité ». Emmanuel Macron avait, durant une heure, dialogué avec NS avant son emprisonnement et le garde des Sceaux lui avait apporté son soutien d’une certaine manière. Un pouvoir sans foi ni loi ici, un pouvoir complaisant là…

NS a très vite annoncé qu’il publierait un livre, Le Journal d’un prisonnier, le 10 décembre, aux éditions Fayard. Sauf à verser dans l’indécence, il me paraît évident que l’ancien président reversera à des causes – l’administration pénitentiaire, par exemple – les droits et revenus qu’il percevra.

La parole de BS, elle, demeure « surveillée dans un contexte de climat diplomatique sous tension ». avec l’Algérie. Maintenu au « secret » par la France, même s’il sortira de son silence dans la soirée du 23 novembre, quand NS s’affiche et s’annonce…

BS, pour l’instant, a dû se contenter de quelques propos échangés avec Kamel Daoud (Le Point). On en apprend pourtant beaucoup sur lui et sur son magnifique caractère. Qui pourrait ne pas l’admirer ?

Parlant de son année de prison, il ne s’apitoie pas, mais affirme qu’il va plutôt bien : « Je suis costaud, tu sais. Je ne vais pas être détruit par une petite année de prison ».

À la fin de son emprisonnement, lorsqu’un « visiteur du soir » lui suggère de mettre « de l’eau dans son vin », il ne cède pas et réagit : « Vaut mieux me garder encore vingt ans, dans ce cas. Si je n’ai pas le droit de parler, alors qu’est-ce que je fais sur Terre ? »

En effet, comme l’indique la couverture du Point, « l’incroyable courage de Boualem Sansal », tandis que, de l’autre côté, on assiste à une dramatisation qui frôle, à force, le ridicule.

Quelques conclusions.

Deux libérations, quoique de tonalités très différentes, qu’il convient de saluer. On en espère le plus vite possible une autre.

Ce n’est pas la diplomatie douce française qui s’est révélée efficace, mais bien la méthode allemande, que nous avons eu raison de solliciter.

Le rapport de force avec l’Algérie, malgré les efforts de Bruno Retailleau, n’a jamais été mis en œuvre, et il est scandaleux, de la part du président, « de prétendre régler ses comptes » avec le restaurateur indiscutable d’une fierté française , un ami de BS que celui-ci verra bientôt…

Enfin, il me paraît difficile, voire hasardeux, de célébrer simultanément les vertus exceptionnelles d’un innocent hors du commun et la situation, pour le moins équivoque, de NS.

Mais de grâce, qu’on m’évite les sottises habituelles sur ma prétendue haine de Nicolas Sarkozy. Je l’ai porté aux nues en 2007. Mais il a bien changé ensuite…

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  1. Michel Deluré

    Sauf à considérer qu’ils ont tous les deux été incarcérés et que leur libération est intervenue presque simultanément, point d’autre point commun entre la situation de ces deux personnages, et il serait inconvenant et audacieux de vouloir établir un parallèle entre ce qu’ils viennent tous les deux de vivre.

    En revanche, beaucoup plus riche en enseignements sur leur personnalité respective est le comportement que chacun de ces deux protagonistes a adopté en recouvrant sa liberté.

    D’un côté, beaucoup de dignité, une hauteur d’esprit, de la réserve, de la douceur qui n’est point faiblesse, de l’humour même, et surtout une totale absence de haine, qui pourtant se comprendrait après une telle épreuve.

    De l’autre, une grande tension, un désir de vengeance qui affleure sous les rictus, un besoin de s’afficher sans retard et d’occuper à tout prix l’espace médiatique, au point d’en devenir le Lucky Luke de l’édition, qui écrit plus vite que son ombre.

    De ces comportements, chacun y décèlera certainement la conscience extrême que chacun de ces deux protagonistes a des limites de ses propres vertus et de soi-même. « Tant sage qu’il voudra, mais enfin c’est un homme : qu’est-il plus caduc, plus misérable et plus de néant ? » affirmait Montaigne.

  2. Très belle promotion pour le procureur du PNF, Jean-François Bohnert, qui a renvoyé Nicolas Sarkozy en procès. Il a été promu le 13 octobre, peu après avoir notifié la date de l’incarcération, et nommé avec distinction au poste de Procureur général près la cour d’appel de Versailles.
    Je dois reconnaître qu’il s’exprime merveilleusement bien.
    Son remplaçant au PNF est le procureur Pascal Prache.

  3. Boualem Sansal dit vouloir retourner en Algérie .

    « Je dois y retourner car quand vous subissez une injustice, vous cherchez tout naturellement à obtenir réparation », explique-t-il. « Je n’ai pas besoin d’argent, même pas d’un nouveau procès. Juste le fait d’y aller et d’en ressortir, pour moi, c’est une réparation ».

    Le mieux serait encore qu’il attende les prochaines élections présidentielles en Algérie et qu’il s’y présente comme candidat. Le peuple algérien pourrait voir en lui un homme providentiel capable d’influencer l’avenir politique du pays et d’encourager l’émergence d’un véritable régime démocratique, attendu depuis soixante ans.
    Mais y aller « dès la semaine prochaine », comme il en a l’intention, me paraît prématuré. Je ne suis pas certain que l’Allemagne pourra faire quoi que ce soit s’il était à nouveau embastillé.
    Chaque chose en son temps !

  4. Si Nicolas Sarkozy avait une once de dignité, s’il n’était pas l’individu vulgaire et narcissique que nous connaissons depuis plus de 20 ans, s’il acceptait un instant d’écouter les conseils de son entourage, il s’abstiendrait de publier cet ouvrage qui ne nous apprendra rien sur rien.
    Faire le parallèle avec Sansal, dont on est certain qu’il ne publiera pas un livre sur sa captivité avant une très longue réflexion, est un exercice salutaire.

    1. C’est trop tôt. Produire ses mémoires après seulement vingt jours de mise à l’isolement à la Santé et ultra-protégé de sa personne, me paraît bien maladroit. Et, comme par hasard, juste avant la tenue du second procès en appel prévu en mars prochain…

      Je crois que ses mémoires sont destinés en premier lieu aux magistrats en appel, non haineux.

      Comme dit la chanson : « Le travail, c’est la santé, ne rien faire, c’est… »

      La dignité et l’honneur, Nicolas Sarkozy les a perdus pour de bon depuis l’invitation de Kadhafi, à qui il n’a pas osé dire : « Casse-toi, pauv’ con », après nous avoir envahis pendant six jours. Ça nous a coûté les yeux de la tête.

    2. En même temps, incarcérer quelqu’un au motif de présomption de soupçon d’intention, où se situe l’indignité ?
      Où est la justice quand des juges rouges haineux revanchards voulaient juste se payer la tête de Sarko, un trophée dans leur salon lors de leurs cocktails bobos gauchos ?

  5. La désincarcération de l’écrivain BS a été suivie de son retour en Europe. Il a peut-être compris à quel point l’intégrité territoriale algérienne est importante. La dictature du prolétariat ne peut pas admettre impunément que soit remise en cause la souveraineté sur le Sahara ocidental d’un pays dont le ventre des femmes enfante de Tamanrasset à Dunkerque.

  6. Considérant les mésaventures de Monsieur Sansal et de Nicolas Sarkozy, Monsieur Bilger insiste une nouvelle fois sur une « justice libre et indépendante » qui a jugé le sort de l’ancien président. Sur ce sujet, on peut lire avec beaucoup d’intérêt le numéro de décembre 2025 de la revue L’Histoire, dont le sous-titre est : « De Montesquieu à Trump ».

    L’Histoire est une revue de haut niveau qui bénéficie de la collaboration d’historiens réputés. Elle est très consultée par les étudiants en histoire. Une fois de plus, elle ne déçoit pas. Après quoi, chacun se fera son opinion.

  7. Pourquoi acheter « Le Journal d’un prisonnier » de Nicolas Sarkozy ? Il y a mieux. J’attends qu’un malin mette en ligne son bouquin, ou du moins les extraits les plus frappants. Nous avions bien eu droit aux 380 pages de son procès rendu en première instance pour nous faire une idée.
    Le pauvre chou se plaint que c’était très dur de passer 20 jours dans une cellule de 10 m² et de n’avoir pas eu droit aux menus de Fouquet’s. L’expérience s’acquiert à tous les âges.
    P.-S. : Il y a quelques jours, un ex-ministre d’Amérique du Sud s’est pris 20 ans de prison ferme pour corruption et association de malfaiteurs. Chez eux, ça ne rigole pas. Ce n’est pas comme chez nous…

    1. Robert Marchenoir

      Au chapitre des condamnations rigolotes à l’étranger, on peut ajouter qu’un politicien britannique vient d’être condamné à… dix ans de prison pour avoir touché 30 000 livres de Moscou, en échange d’interviews et de discours pro-russes au Parlement européen.

      Son soutien au Kremlin était bien modéré en comparaison d’innombrables politiciens et « intellectuels » français, et il a reçu beaucoup moins d’argent que le Front national.

      À cette aune-là, nous devrions avoir des dizaines de politiciens et d’intellectuels condamnés à vingt ans de prison, si la justice faisait correctement son travail.

      Rappelons, parmi bien d’autres cas, celui de Jean-Luc Schaffhauser, qui a été payé entre 100 000 et 450 000 € simplement pour avoir obtenu au Front national son fameux emprunt russe.

      Sa fondation a reçu plusieurs centaines de milliers d’euros en échange d’interventions en faveur de Moscou au Parlement européen.

      Des « experts » comme Caroline Galactéros se font ouvertement les propagandistes du Kremlin sans être le moins du monde inquiétés. Les tripotées de députés qui ont fait le voyage à Moscou ou en Crimée occupée pour soutenir le régime poutinien sont toujours en liberté. À ma connaissance, aucune enquête, aucune poursuite.

  8. Je viens de prendre une heure et demie pour écouter Boualem Sansal (sur France 2 et sur France Inter). Je ne perdrai ni quelques euros ni deux minutes pour acheter et ouvrir Nicolas en taule. D’un côté, un homme debout qui, à nouveau libre, sans condamner ses geôliers, ne lâche rien de son combat humaniste contre l’obscurantisme, qu’il soit politique ou religieux ; de l’autre, un type rancunier qui, dans le confort exceptionnel de la villa Montmorency, pleurniche sur la « dureté » de son court séjour de détenu 4 étoiles. L’un jeté dans la fosse aux lions, l’autre protégé de toute violence. L’un victime de la haine contre la France d’un pouvoir aux abois, l’autre, « présumé innocent », qui se dit la cible d’une conjuration des juges ; l’un tout en réserve pour exprimer sa souffrance, l’autre exhibant ses états d’âme… et les monnayant.

    Dire qu’« il n’y a pas photo » entre BS et NS est insuffisant. C’est un abîme qui les sépare. Notre hôte a eu raison de tenter cette comparaison : elle met en évidence des valeurs radicalement différentes entre les deux hommes… la grandeur d’âme de l’un, l’étroitesse d’esprit de l’autre. Sarko, qui, finalement, n’aime que lui, apparaît bien pâle et même antipathique tant Boualem Sansal, en mots simples, respire le bonheur de vivre parmi les autres, ses égaux.

    Les deux entretiens sont d’excellente qualité — on oubliera, pour l’un comme pour l’autre, la même tentative de se payer Retailleau —, mais je donne néanmoins le point à celui diffusé par France Inter, dans lequel Boualem Sansal, tout en respectant sa promesse de contraindre sa parole pendant quelque temps, dévoile les raisons de son exfiltration vers l’Allemagne et alerte contre la gravité du mal islamiste qui ronge la France.

    Comme on s’en doutait un peu, Macron et son porte-serviette Barrot ne sont pour rien dans le dénouement du « cas Sansal ». C’est BS lui-même qui, dès le mois de mai, ayant compris que l’Algérie n’envisagerait jamais sa libération sur demande de la France, a fait alerter le président de la République fédérale d’Allemagne, pays où il jouit d’une belle réputation. Que les deux capitales aient ensuite convenu d’un plan d’action, soit… mais c’est bien Berlin qui l’a initié et le pilotait.

    C’est à la fin de l’entretien, alors qu’il s’achevait dans les habituels remerciements, que BS a entrepris de porter le fer une fois de plus contre l’islamisme, en lançant un avertissement inédit, qu’il faudra que nos autorités entendent. « En France, a-t-il dit, on n’a pas assez conscience que l’islamisme s’est implanté dans le terreau familial depuis de nombreuses années. » Nommer ce danger aussi clairement est capital. Plus personne, désormais, ne pourra dire qu’il ne savait pas… ce qui, pourtant, est une évidence pour peu qu’on mette les pieds, ne serait-ce que dix minutes, dans une « cité perdue » du « 93 » ou d’ailleurs.

  9. Le « Journal d’un prisonnier » de Nicolas Sarkozy.
    Je me sens bien en ce moment, le moteur ronronne bien, je vais aller me coltiner une partie de manivelles, mais avant – chose exceptionnelle – je voudrais rappeler que son bouquin devrait s’intituler « Mémoires d’un multirécidiviste condamné mais repenti », cela aurait eu de la gueule.

    On nous annonce avec tambours et trompettes la sortie d’un « Journal d’un prisonnier ». Trois semaines derrière les barreaux, dans une cellule aménagée comme un bureau d’écrivain, et voilà que l’ancien président se rêve en Dostoïevski. Quelle audace ! Quelle vanité !

    Qu’on se le dise : il ne s’agit pas d’un témoignage, mais d’un produit dérivé. Après les conférences rémunérées, les conseils d’administration lucratifs, voici le livre de prison, calibré pour les rayons des librairies et les plateaux télé. On imagine déjà la couverture : un visage grave, une plume à la main, comme si l’histoire allait retenir ce séjour comme une épreuve héroïque.

    Mais la réalité est moins glorieuse : trois semaines de confort surveillé, des visites quotidiennes, des repas corrects, et surtout la possibilité d’écrire sept heures par jour. Pendant ce temps, Boualem Sansal, lui, subissait un régime carcéral moyenâgeux, privé de lecture, d’écriture, de contacts humains, et ne s’en plaignait pas. Il en est sorti avec une force morale intacte, refusant de s’apitoyer. Voilà la vraie grandeur.

    Sarkozy, lui, dramatise, capitalise, théâtralise. Il transforme une contrariété en opportunité commerciale. Ce n’est pas un journal de prison, c’est un miroir de vanité. On attend presque la suite : « Mes trois semaines de cabane », en édition collector, avec jaquette dorée et séance de dédicace dans une brasserie parisienne.

    Qu’on cesse de comparer l’incomparable. Le courage de Sansal honore la liberté. Le livre de Sarkozy n’honore que son ego. Allez, à la prochaine ! Je m’en vais de ce pas transpirer, Sarkozy et toutes ses affaires juridiques, bien sûr il est innocent de tout et bien sûr des couillons pour se payer un bouquin dont la substantifique moelle fera pouffer de rire sous cape ceux qui ont connu la prison et le statut d’otages. Mais quelle poilade à venir ! L’abbé Faria des temps modernes !

  10. Robert Marchenoir

    « Sauf à verser dans l’indécence, il me paraît évident que l’ancien président reversera à des causes – l’administration pénitentiaire, par exemple – les droits et revenus qu’il percevra. » (PB)

    Bel effort pour ce morceau de courtoisie Grand siècle que l’intéressé ne mérite pas.

    Sarkozy commence vraiment à me courir. On croirait un compte parodique sur X, mais non, il va vraiment se fendre d’un « livre » pour raconter ses trois semaines de cabane.

    Alexeï Navalny a lui aussi écrit un livre, mais il n’a été publié qu’après son assassinat en prison par le régime russe, aboutissement de deux tentatives avortées.

    Le maître du Kärcher, lui, a le culot de se plaindre que ce fut « très dur », alors qu’il a bénéficié d’un régime de faveur tout à fait exceptionnel. Plus dur que la villa Montmorency, je veux bien le croire, mais c’était sûrement moins dur que de dormir dehors par cette saison. Si nous avons le privilège d’être entretenus soir et matin des péripéties du bonhomme, c’est parce qu’il a été élu président de la République. Quand on est passé par là, on a, en principe, l’instinct de ce qu’il convient de dire ou de ne pas dire par rapport à la condition des Français anonymes. Il semble que le monsieur l’ait oublié.

    Et puis le montant de ses revenus, récemment révélé, est véritablement indécent. Je ne suis pas de ceux qui « haïssent les riches », mais Sarkozy n’a pas amassé tous ces millions en rendant service aux gens, en fabriquant une nouvelle sorte de fourchette à escargots qui retire davantage d’escargot de la coquille, ou je ne sais quelle activité honnête de ce genre.

    Il l’a fait grâce à ses activités « d’avocat », en siégeant à de prétendus conseils d’administration et ainsi de suite. En d’autres termes, il a simplement monnayé ses contacts et son influence acquis grâce à ses fonctions politiques financées par le contribuable.

    Avocat, mon oeil. Employer le même terme pour désigner le trafic d’influence et la défense des justiciables, ça pose vraiment un problème. Ça devient une épidémie, dans certains pays occidentaux, cette façon de rentabiliser des responsabilités politiques passées à l’aide de prétendues « conférences », de prétendus « livres », de prétendues activités « d’avocat » et je ne sais quoi encore.

    C’est de la corruption pure et simple, et souvent en faveur de puissances étrangères hostiles au pays que l’ancien politicien a administré, en plus.

    Il y a là une véritable menace pour la démocratie, et je ne crois pas qu’on ait commencé à s’y attaquer. Certaines règles devraient s’imposer aux candidats aux fonctions politiques. Et Sarkozy devrait baisser d’un ton.

  11. Le Comte de Monte-Cristo, c’est très bien, mais à ma connaissance Edmond Dantès n’a jamais été ministre. Je conseillerais donc d’autres lectures à la plume que choisira NS : avant tout, il faudra supprimer le malheureux épisode des yaourts…
    Il serait bien plus pertinent que le président dans les fers s’inspire de ses glorieux prédécesseurs et demande à ses sbires L’Évangile selon saint Jean (Malraux), La Consolation de la philosophie (Gondi), voire un manuel de prosodie latine (Chateaubriand). Et si l’on pouvait encore écrire en vers, je conseillerais de plagier la pièce que La Fontaine a consacrée à Fouquet, dans l’espoir de lui obtenir la clémence royale.
    Il est vrai que cela n’a rien donné, Fouquet ayant finalement passé autant d’années en prison que NS de jours…

    Les Destins sont contents : Oronte est malheureux.
    Vous l’avez vu naguère au bord de vos fontaines,
    Qui, sans craindre du Sort les faveurs incertaines,
    Plein d’éclat, plein de gloire, adoré des mortels,
    Recevait des honneurs qu’on ne doit qu’aux autels.
    Hélas ! qu’il est déchu de ce bonheur suprême !
    Que vous le trouveriez différent de lui-même !
    Pour lui les plus beaux jours sont de secondes nuits
    Les soucis dévorants, les regrets, les ennuis,
    Hôtes infortunés de sa triste demeure,
    En des gouffres de maux le plongent à toute heure.
    Voici le précipice où l’ont enfin jeté
    Les attraits enchanteurs de la prospérité !

  12. Curieuse idée d’associer Nicolas Sarkozy et Boualem Sansal, deux personnalités à l’opposé, n’ayant rien en commun, ni sur la forme ni sur le fond, sinon un séjour en prison, et encore dans des conditions et une temporalité différentes.

    Nicolas Sarkozy, personnage détestable, pour ne pas dire haïssable, fossoyeur de la France avec la traîtrise du Traité de Lisbonne, n’ayant rien à dire sauf à parler de lui. Un livre sur un mois de détention : vanité des vanités, tout est vanité chez cet individu.

    Boualem Sansal, c’est bien plus qu’un autre niveau, un autre type d’homme.
    J’attendais l’interview — ou, comme le dit Caroff, l’interrogatoire — par Laurent Delahousse ; je n’ai pas été déçu.
    La douceur de la force tranquille : vieille formule parfaitement en situation. Il a évité de tomber dans le piège grossier que lui a tendu LD, voulant le faire parler de Bruno Retailleau ou du RN.

    Si l’on veut une vraie interview, il faut la chercher dans Le Figaro d’aujourd’hui, où il parle plus librement, sans crainte d’être piégé par la perfidie des journalistes du service public.

    Et là, on découvre un homme d’une grande force intérieure et, à la fois, d’un humour très fin, d’une insolence subtile.
    Il a résisté à des pressions psychologiques lors de la première période de son arrestation, pressions classiques des régimes autoritaires.
    L’inconnu de la situation est toujours ce qu’il y a de plus déstabilisant : ignorer ce qu’on lui reproche, à qui il a affaire, dans quel cadre juridique il se trouve. Il a été soumis aux règles élémentaires de la déstabilisation basique.

    Mais l’admirable est la suite qu’il donne à cet épisode.
    Il précise qu’il n’a pas eu, pendant son séjour ni maintenant, l’idée de faire un livre ; plus tard peut-être, avec le recul.

    Ce que j’ai aimé, c’est l’humour et une certaine forme d’aimable insolence avec laquelle il a demandé à Emmanuel Macron d’intervenir pour lui permettre de revenir en Algérie chercher ses affaires, ordinateur et téléphone.
    C’est superbe, n’est-ce pas ?
    L’indifférence aux affronts subis, le retour à la case départ et surtout le retour en Algérie en toute liberté, en toute impunité même.

    Le voilà qui se place au-dessus des circonstances, poursuivant sa voie, vers une démonstration que la liberté est une volonté quotidienne.

    Si Emmanuel Macron répond à sa demande et intervient auprès de Tebboune, je devine la réaction dudit président algérien, qui va bondir en se demandant si on se moque de lui.
    Ce qui est le cas, de la part de Boualem Sansal.
    L’homme est bien plus fort qu’il n’y paraît, et c’est tant mieux. À sa façon, il mène le combat pour la liberté, pour la France qu’il associe à cette liberté, combat que devraient mener nos hommes politiques — et ils sont si peu nombreux à le mener.

  13. Xavier NEBOUT

    Patrice Charoulet nous conte la vie réglée d’un fonctionnaire à la retraite qui n’a que de lui à se soucier. Chez lui ou en maison de retraite, c’est pareil.
    Moi, je vis comme jadis en famille, avec enfants et petits-enfants, comme lorsque l’immense majorité des Français étaient des campagnards.

    Mon épouse et moi, comme il ne nous viendrait pas à l’esprit de regarder les autres travailler, nous travaillerons jusqu’à ce que nous ne puissions plus le faire.
    Alors, ce n’est pas « je », mais « nous ».

    En ville aussi, on vivait souvent en famille : un étage par génération, la salle à manger commune au premier, les bureaux à l’entresol, et les magasins ou ateliers au rez-de-chaussée.
    Et les vieux ne finissaient pas en maison de retraite.

    Maintenant, ce sont les musulmans qui nous montrent comment vivre en étant civilisés. Le père est le chef de la famille, comme il l’était il n’y a pas si longtemps dans notre Code civil ; les femmes ne montrent pas leurs fesses ni ne font la p… chez un patron ; on ne divorce pas trois fois sans faire d’enfants pour ne pas se pourrir la vie ; et on ne met pas les vieux à la poubelle.

    1. Renseignez-vous avant de parler : le taux de divorce tourne autour de 35 % au Maghreb et atteint 50 % au Koweït ! Même les musulmans sont touchés par la « dégradation » des mœurs…
      Et chez les chiites, il existe une doctrine tirée de la sourate 24 du Coran, bien commode, consistant à se marier « pour le plaisir » (zawâj al-mut’a) pour une période déterminée !

      On n’a pas idée des délicieuses turpitudes de nos collègues musulmans !

  14. Xavier NEBOUT

    … »une justice libre et indépendante », mais de quoi ?

    Il y avait à Bordeaux, dans les années 70, un juge célèbre pour procéder par comparution personnelle et dont les décisions n’allaient jamais en appel. Les avocats étaient invités à laisser parler leurs clients, et c’est tout juste si les parties n’étaient pas invitées à s’embrasser en partant, quand bien même la fripouille devait payer cher de l’être.
    C’était la justice de la tribu des civilisations anciennes ou de l’Afrique traditionnelle qui existe encore sous l’arbre à palabres ; c’était celle de la justice ecclésiastique de Charlemagne.
    Mais ce vénérable magistrat n’a pas fini premier président. Avec un individu de cet acabit, les avocats ne servent à rien, et il n’y aurait ni cour d’appel ni de cassation. Et alors, on fait comment pour faire carrière ?

    Nous venons d’avoir affaire à un juge des loyers qui écoute les propriétaires avec bienveillance. Pas étonnant qu’il soit en fin de carrière sans être monté. À quoi sert qu’on l’appelle maintenant « juge des contentieux de la protection » si ce n’est pas pour prendre parti contre les « sales » propriétaires ?

    Étrangement, les mauvais semblent sévir en appel. Le juge de première instance rend une décision parfaite, et elle est retoquée en bafouant le droit, car un propriétaire, un agent immobilier ou un lotisseur doit toujours avoir tort par principe. Alors, le premier juge est libre de décider conformément au droit, mais il ne montera pas. Et d’ailleurs, à quelle loge est-il affilié ? Si c’est à la GLF, il n’a qu’à aller au commerce !
    Et s’il n’est pas content, le juge honnête, voire pire, d’honneur, resté en première instance, est-il libre de dénoncer le comportement du juge d’appel ?
    Alors, elle est libre de quoi, notre justice ?

    Concernant Sarkozy, outre qu’il mérite ou non cinq ans de prison, il est établi que la décision de le mettre en détention provisoire, même si elle était légale, pouvait être discutée. Mais le magistrat qui l’a rendue était-il au poste qui lui permettait de la rendre par hasard ?
    La carrière des magistrats se déroule-t-elle conformément au mérite ou selon d’autres contraintes ? Autrement dit : libres de quoi ?

    Concernant Boualem Sansal, la seule chose que neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Français sur mille savent sur lui, c’est qu’il méprise ouvertement l’islam et le pouvoir algérien. Alors, comme il voulait pouvoir revenir au pays sans aller en prison, il obtient la nationalité française ; autrement dit, il en rajoute en reniant sa nation, et on s’étonne qu’il soit allé quand même en prison !
    Chez nous, au paradis des « valeurs », on est poursuivi pour apologie de crime contre l’humanité si on dit que le maréchal Pétain a été le premier résistant.
    Alors, on aurait des leçons à donner à la justice algérienne ?

    1. « Concernant Boualem Sansal, la seule chose que neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Français sur mille savent sur lui, c’est qu’il méprise ouvertement l’islam et le pouvoir algérien. Alors, comme il voulait pouvoir revenir au pays sans aller en prison, il obtient la nationalité française ; autrement dit, il en rajoute en reniant sa nation, et on s’étonne qu’il soit allé quand même en prison ! »

      C’est faux, les Français un peu cultivés, et il en reste, ont compris qu’une dictature a mis en prison un écrivain franco-algérien qui sait mieux que vous, par exemple, que l’islam et le socialisme ont mis par terre son pays d’origine. Quant à sa nationalité, elle découle non pas du sang versé ou du sang « de souche » mais de son amour pour notre langue et notre culture, et de la renommée mondiale qu’il a pu leur offrir.

      Ainsi Boualem est mille fois plus Français que la plupart des députés LFI, français ethniques mais traîtres à nos valeurs.

    2. Monsieur Xavier Nebout, vous n’exagérez pas qu’un peu avec cette pseudo-qualification d’« apologie de crime contre l’humanité », là où il n’y a eu en réalité qu’une réaction parfaitement saine et normale de la part d’un haut fonctionnaire de l’exécutif, garant de l’ordre public, à la suite de la prise de parole infamante d’un militant pétainiste obtus, profanateur de la vérité et insulteur de milliers de victimes consécutives à la politique collaborationniste et antisémite de Vichy (cf. les lois antijuives annotées, collationnées et signées de l’écriture manuscrite incontestable de Pétain).

      Concernant les faits très récents auxquels vous faites sans doute allusion, ils se sont déroulés il y a quelques jours à Verdun, où le préfet de la Meuse a porté plainte contre un militant de l’ADMR ayant tenu des propos révisionnistes insupportables à la sortie d’une messe célébrée le 15 novembre dans une église de cette ville, à la mémoire de Philippe Pétain. Ledit militant, interviewé à la sortie du lieu de culte, ayant poussé la provocation jusqu’à qualifier l’ancien maréchal de « premier résistant » (et pourquoi pas de « juste parmi les nations », tant qu’à en rajouter dans l’outrance et le mensonge éhonté !!!).

  15. Au vu de la qualité du livre de Sarkozy, on saura si le séjour aura été assez long ou s’il aurait mérité un supplément pour procéder à quelques corrections.

    Il paraîtrait que Bruno Le Maire écrit bien. Son ressenti sur la prison serait intéressant.

    Je viens de lire le commentaire de Monsieur Charoulet. Il y a chez lui quelque chose de réjouissant et de rassurant, dans ce monde où la recherche du « toujours plus » est devenue une priorité.

    Toutefois, je crois percevoir dans certains de ses propos une forme d’intolérance, et presque un discours cryptogauchiste, qui tranche avec l’électeur de droite pour lequel il a si souvent voulu se faire passer..

    Cher Patrice Charoulet, n’oubliez pas votre écharpe lors de vos prochaines sorties.

  16. Gérard Araud, le traître qui d’ambassadeur a été directement se vendre aux Israéliens, vous savez, Pegasus… À passer devant la cour martiale, avec Fillon le soviet.
    La France, Kadyrov et consorts, ne sont pour rien dans le rapatriement de Boualem Sansal. Mais notre pouvoir aime bien s’attribuer des mérites qu’il ne mérite pas.

  17. Boualem Sansal devrait être interrogé ce soir par Laurent Delahousse (France 2).
    Je suis curieux de ses paroles, lui qui, après avoir été privé de liberté par la dictature algérienne, a été soigneusement mis au secret par Macron et sa clique.
    Surtout ne pas compromettre un éventuel rabibochage avec Tebboune et les vieillards cacochymes d’Alger par des mots imprudents exprimant une vérité interdite ?
    J’ai honte !

  18. « Le régime extrêmement dur auquel il a été soumis, alors que son état de santé était très préoccupant, ne s’est assoupli que lors des ultimes tractations menées par l’Allemagne en vue de sa libération. Il a subi près d’un an d’incarcération. »

    Bravo à la diplomatie française !
    Mais à quoi tous ces gens qui occupent le devant de la scène nuit et jour servent-ils ?

  19. On ne saurait en effet comparer les conditions de détention et de libération de Boualem Sansal et de Nicolas Sarkozy.

    Chez Monsieur Sarkozy, il y a un aspect vénal que montre cette parution expresse de son journal écrit en prison.

    Ce livre sera en effet très loin du poème d’Alfred de Vigny La Prison ou encore de celui de Verlaine D’une prison.

    En revanche, il est fort instructif de lire l’article de Laurent Valdiguié publié dans Marianne le 19 novembre dernier.
    Le titre de cet article exprime à lui seul une réalité qui, pour moi, apparaît profondément désagréable et gênante : « “Quatre millions et demi par an ? Putain… quand même !” : enquête sur la fortune Sarkozy ».

    On peut y lire notamment :
    « “Je ferai deux mandats et après je ferai du fric”, promettait Nicolas Sarkozy depuis son bureau de l’Élysée. Les Français ne lui ont pas permis de tenir sa première promesse. En revanche, il a tenu la seconde. Depuis sa défaite de 2012, l’ancien président a gagné, pour les seules années où ses revenus sont connus — de 2012 à 2019 ainsi que 2023 —, 25 millions d’euros. De 2012 à aujourd’hui, il s’est aussi constitué un patrimoine immobilier d’une dizaine de millions. Mais jusque-là, le montant de ses revenus était resté un quasi-secret d’État. Vie privée oblige. “Mes avocats vous transmettront les données”, a-t-il toujours répondu aux juges, à la barre de ses cinq procès, refusant avec constance de détailler en public le montant de ses rentrées d’argent. »
    Aucune jalousie de ma part, bien entendu, et il me semble inutile d’aller plus loin sur ce sujet.

    En revanche, je ne doute pas que Monsieur Sansal, qui a été privé de tout moyen d’écriture comme de lecture pendant un an (à comparer avec les trois semaines en cellule de Monsieur Sarkozy, avec la possibilité de lire, d’écrire et de bénéficier du parloir), saura rédiger un roman ou un essai qui relèveront sans aucun doute d’un tout autre niveau d’écriture et de pensée.

  20. Même si leurs situations ne sont pas comparables, on ne peut que saluer la libération de Boualem Sansal, ainsi que celle de Nicolas Sarkozy.

    Il me paraît un peu simplificateur de dire que c’est l’Allemagne seule qui a obtenu la libération de BS. Les négociations ont été menées, en toute discrétion comme il se doit, en coordination avec le Quai d’Orsay et le service diplomatique du président Tebboune, et je ne suis pas persuadé qu’en utilisant la manière forte préconisée par Bruno Retailleau, l’écrivain serait aujourd’hui libéré.

    À noter au passage que l’écrivain franco-algérien n’a passé que deux jours dans un hôpital allemand avant de rejoindre la France, ce qui laisse à penser qu’il n’était pas dans un état de faiblesse extrême, contrairement à ce que nous disaient les médias.
    Qu’il lui ait été demandé de faire preuve de discrétion peut se comprendre dans la mesure où il reste un autre otage français, à savoir le journaliste Christophe Gleizes, dans les geôles algériennes ; les négociations se poursuivent donc pour obtenir sa libération.

    Bref, le pouvoir en place a choisi de calmer le jeu dans les relations entre l’Algérie et la France. Ce n’est pas une mauvaise idée si l’on considère qu’aujourd’hui nombre de Français sont d’origine algérienne depuis trois ou quatre générations et constituent une communauté importante dans notre pays.

    Le problème de la délinquance et du narcotrafic en France, tout comme celui de l’islamisme radical, ne provient pas principalement de l’Algérie, contrairement à ce que veut nous faire croire l’extrême droite, nostalgique de l’Algérie française.

    Nous n’avons strictement rien à gagner dans un conflit ouvert avec l’Algérie.

  21. Patrice Charoulet

    On se moque souvent de l’un des plus grands penseurs de tous les temps pour cette raison : chaque jour, il faisait la même promenade, au point que certains réglaient leur montre sur son passage.
    Loin de moi, je suis bien content pour lui : sa promenade lui convenait et il ne voyait pas pourquoi il aurait dû changer d’itinéraire. Au fond, cette constance révélait une grande aptitude au bonheur.

    Non seulement je ne suis pas l’un des plus grands penseurs de tous les temps, mais je ne suis même pas un tout petit philosophe. Et ma façon de vivre ne s’inspire pas de l’exemple kantien. Je repense à lui, en cet instant, en réfléchissant à la vie que je mène.

    Voici : chaque soir, je me couche vers dix heures. Je m’endors en cinq minutes. Je dors huit heures sans insomnie et sans somnifère. Chaque matin, je vais prendre un café au plus important café dieppois, le café des Tribunaux, avec mon meilleur ami, avocat de son métier. Je reviens chez moi après une heure de conversation. Toute la journée, je lis ce que j’ai envie de lire et j’écris ce que j’ai envie d’écrire. Il m’arrive d’écouter France Culture, que j’éteins quand cela ne m’intéresse pas.

    Friand de diététique, j’ai réfléchi à mes trois repas par jour. Chaque lundi, je mange pareil. Chaque mardi, je mange pareil. Chaque mercredi, je mange pareil. Chaque jeudi, je mange pareil. Chaque vendredi, je mange pareil. Chaque samedi, je mange pareil. Chaque dimanche, je mange pareil. J’aime tout ce que je mange et rien de ce que je mange n’est mauvais pour ma santé. Il va sans dire que je ne bois pas d’alcool, et ce n’est pas pour des raisons religieuses, mais parce que je n’aime le goût d’aucun alcool. Et, n’aimant pas fumer, je ne fume pas. On devinera que je n’aurais pas l’idée saugrenue d’aller manger dans un restaurant.

    Ma vie et ma ville me convenant, je n’ai aucune envie d’aller en vacances, ni en France, ni à l’étranger. Je ne vais même pas en voiture à dix kilomètres de chez moi. Qu’irais-je faire à dix kilomètres que je ne pourrais pas faire dans ma ville ?

    Chaque après-midi, quand il ne pleut pas, je fais une promenade, une demi-heure durant, jusqu’au bout de la jetée — j’habite à Dieppe.

    Et je ferai demain ce que j’ai fait aujourd’hui.

    Mon armoire à pharmacie est vide. Et je ne me drogue pas.

    Me croira-t-on si j’avance que je ne suis pas malheureux ?

  22. Marc Ghinsberg

    Philippe Bilger persiste à invoquer Bruno Retailleau à tout propos, comme s’il pouvait encore sauver une candidature présidentielle qu’il a lui-même irrémédiablement compromise en quittant le gouvernement sur un coup de tête capricieux.

    La libération de Boualem Sansal vient pourtant infliger un démenti cinglant à la politique de confrontation tous azimuts qu’il préconisait à l’égard de l’Algérie.

    C’est dans ce contexte que Philippe Bilger prétend que :
    « Ce n’est pas la diplomatie douce française qui s’est révélée efficace, mais bien la méthode allemande, que nous avons eu raison de solliciter. »

    On cherche encore ce qui peut bien justifier pareille affirmation.

    Je préfère, pour ma part, écouter Gérard Araud (ancien ambassadeur de France aux États-Unis puis à l’ONU, et l’un des diplomates français les plus expérimentés de sa génération) qui déclarait sur France Inter le 19 novembre 2025 : « Dire que c’est l’Allemagne qui a obtenu la libération de Boualem Sansal, c’est comme dire que c’est le pompier qui arrive le dernier qui a éteint l’incendie. Le feu était déjà maîtrisé. »

  23. Nicolas Sarkozy n’a pas changé. Ce qu’il est s’est imposé à vous.
    Quant à croire un seul instant qu’il écrit lui-même une ligne de ce qu’il publie…

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