Le président de la République « choie les écrivains » et est, je crois, sincèrement épris de littérature. A priori, ce n’est pas le pire moyen pour se faire façonner une légende… Mais encore faut-il qu’il y ait de quoi : de la substance, de la grandeur, de l’épopée, de l’efficacité, moins de souci de soi et davantage de service du pays, pour la forger !
Et que les écrivains choisis dans et par le cercle présidentiel puissent la trouver et ériger en mythe ce qui pourrait n’être au fond qu’une quotidienneté surchargée !
Je ne doute pas que, autour de lui, certains – je songe notamment à Baptiste Rossi, qui est souvent sa « plume » – soient capables de lui suggérer des noms d’écrivains conformes au souhait présidentiel d’exclure « des opposants caractérisés. ». « On ne propose pas Édouard Louis », selon un proche d’Emmanuel Macron. Le tout est rapporté dans un excellent article de Martin Bernier, publié dans Le Figaro.
On comprend cette prudence, qui vise à ne pas transformer les rencontres – même littéraires, mais est-il possible d’échapper peu ou prou à la politique ? – avec le président en foire d’empoigne. Mais ce dernier, en poussant trop loin le principe de précaution, ne s’est-il pas privé de lumières et d’avis qui auraient été certes moins équilibrés, voire moins complaisants, mais en réalité plus signifiants et plus utiles, et sans doute, en cette période de crise et de délitement, plus nécessaires que jamais ?
Parmi ceux que le président a déjà conviés à ces réunions et échanges, je suis certain qu’au moins Emmanuel Carrère et Pascal Bruckner n’ont pas hésité à « parler vrai ». Mais cette manière de procéder — le Prince invite, et l’on s’y rend — ne garantit pas une sincérité absolue.

D’autant plus que, par une aberration totale — dont on se demande dans quelle tête elle a pu germer, et que je me refuse à attribuer au seul président, que l’on sait pourtant méfiant à l’égard de Michel Onfray, Régis Debray et Alain Finkielkraut —, ceux-ci ont été ostracisés au motif surréaliste qu’« ils regardaient avec les yeux d’hier le monde d’hier ». Ce point de vue est totalement inepte.
À supposer qu’ils aient accepté ces échanges, cette confrontation — ce dont je doute fort pour Michel Onfray et Régis Debray —, ils auraient pu démontrer au président qu’ils regardent avec les yeux d’aujourd’hui le monde d’aujourd’hui, à travers la comparaison ou la nostalgie — sentiment nullement honteux — d’un certain monde d’hier. Rien n’aurait été plus éclairant pour Emmanuel Macron que d’entendre, de la part de ces intelligences brillantes, n’attendant ni n’espérant rien, des analyses de ce qu’il aurait dû être et accomplir, formulées avec une liberté et une expérience — du moins pour Régis Debray — sans égales. Il s’est privé, par confort, de visions décisives et décapantes sur le cours de son second quinquennat ; il en aurait fait ce qu’il voulait. Quitte à susciter des liens entre politique et littérature, autant aller au plus profond, au plus intense de la relation.
Cette dernière, même exemplaire sur le fond comme sur la forme, n’aurait évidemment engendré aucune possibilité de légende, puisqu’elle aurait au contraire mis en pleine lumière la crudité du réel et du pouvoir. Elle aurait davantage dissipé les illusions qu’elle ne les aurait sublimées.
Où, ailleurs, aurait-on pu trouver de quoi inventer une légende ? Sans appartenir au camp de ceux qui, du fait de la contestation importante de sa politique, dénient au président toute intelligence et nombre de qualités, le traitant avec mépris et dérision, je ne vois pourtant nulle part les éléments — un récit, des miracles, une puissance, une réussite — susceptibles de nourrir une cause légendaire.
Les traits de résistance parfois exceptionnels de la personnalité présidentielle – son sommeil très réduit, sa manière de solliciter à n’importe quelle heure, sa façon solitaire de présider, sa conviction de savoir mieux que quiconque, sa perception à la fois lucide et brutale des Français – constituent un terreau anecdotique et psychologique, l’expression d’une singularité. Mais rien, en cela, qui possède l’épaisseur propice à l’imagination et aux songes d’une légende, celle-ci se nourrissant certes du réel, mais toujours au-delà de lui.
Pourrait-on aller jusqu’à soutenir qu’Emmanuel Macron, à la recherche d’une légende introuvable, a négligé la pâte du présent et, par certains côtés, le dur métier de présider ?
L’Europe est soumise, comme les résurgences nationalistes.
Macron a tenté de les réveiller, en vain, sous les quolibets des vaincus qui n’ont pas encore tiré les enseignements de l’Histoire : on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.
En ce sens, le président est exactement français.
C’est le moment d’ouvrir les yeux et de répondre favorablement, en Européens, à l’invitation à l’indépendance du discours de la Sorbonne.
@ Achille le 4 janvier
« ‘L’homme qui parlait pour ne rien dire et pour éviter de faire’. Ce n’est pas spécifique à Emmanuel Macron ce que vous dites. »
Vous êtes-vous rendu compte qu’en creux, vous admettez que Macron parle pour ne rien dire et pour éviter de faire ? Il est vrai que ses vœux ont atteint le summum de la vacuité… et que même un macroniste convaincu ne pouvait pas ne pas s’en apercevoir.
Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, cher Aliocha. Quelle a été la réaction de Kadyrov à l’agression américaine ? Un satisfecit. Sa position sur l’Ukraine, le bagout, une vente d’avions fictive, probablement des jouets de chez JouéClub. Nous verrons ce qu’il en sera quand Donald Trump décidera de s’accaparer le Groenland.
On entend déjà le chœur des kadyroviens nous expliquer qu’une voie intelligente pourrait être trouvée. En gros, un dominion américain. Vous avez dit collaboration, cher Aliocha ?
Ceux qui applaudissent l’action américaine devraient lâcher l’Ukraine. Après tout, pays corrompu, plaque tournante des trafics de drogue… les comparaisons ne manquent pas. Doit-on pour autant accepter le viol de l’indépendance d’un pays ? Non. Au Venezuela pas plus qu’en Ukraine.
Notre chefaillon d’État est ridicule, impuissant, pleutre. Ses soutiens expliquent que c’est dû à une forme de realpolitik. Nous avons besoin des Américains, donc il se soumet. Dans une meute, le soumis est… un soumis, et vu comme tel.
@ Achille le 4 janvier 2026
« Ce n’est pas spécifique à Emmanuel Macron ce que vous dites. »
En banalisant mon propos, vous en réduisez la force (?!).
Restons concentré sur le personnage, une seule cible à la fois, c’est la règle à la chasse.
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@ Robert Marchenoir le 4 janvier 2026
Les diatribes politiques de Marchenoir m’amusent.
Son désamour pour Poutine est si intense qu’on devine une affection prête à s’offrir. 😉
Mais quand il parle de culture, alors là, c’est terrible : il donne l’impression de sortir son Luger P38, comme disait l’Autre quand on lui parlait de culture.
« Pompidou et son anthologie de la poésie française »
On voit par là que Marchenoir n’a pas lu cette anthologie, ni aucune autre, sinon il saurait que, par nature, une anthologie ne manifeste que le goût de l’auteur et qu’elle n’apprend pas beaucoup à qui pratique la poésie régulièrement.
Il en est une que je trouve assez originale :
« Découvrir la poésie française » de Michel Cosem, éd. Seghers.
« On a besoin de comptables, de technocrates, d’administrateurs ennuyeux ayant suivi des formations industrielles. »
Et voilà que le libéral, ou supposé tel, rêve d’un système soviétique. Il a déjà oublié la tronçonneuse de Javier Milei !
« Boris Johnson capable de vous réciter par cœur des pages et des pages de l’Iliade en grec ancien – un exploit qu’aucun président français n’a jamais réussi, et de loin. »
Pompidou fut aussi capable de citer Paul Éluard au hasard d’une question impromptue sur l’affaire Gabrielle Russier, alors que ce n’était pas le sujet, lors d’une conférence de presse.
« Mais à quoi ça sert ? »
Mais à avoir une tête bien faite et pas seulement une tête bien pleine… de statistiques ou d’idéologie.
Homère chante la gloire d’un univers mosaïque.
Le Grec antique se moque, dans l’action, de l’universalité et de l’unité du monde. Rien de grec ne s’avoue global dans la pratique, ce qui n’exclut pas éventuellement l’universalité de la pensée. Mais elle ne saurait être qu’implicite et non explicitement orientée vers un monde unifié et standardisé.
Et c’est peut-être la lecture de l’Iliade, par cet hommage à la diversité bien comprise où chacun est maître chez lui, tout en étant solidaire des autres, qui a inspiré inconsciemment, de façon subliminale, un certain recul face à une UE envahissante, globalisante, oppressive pour certains.
« Qui peut donc avoir envie de lire un livre… d’Éric Zemmour ? Malgré mon intérêt pour l’action politique de ce dernier, j’ai parcouru, en diagonale, tel ou tel de ses livres. Eh bien… c’est assez médiocre. On n’apprend pas grand’chose. »
Je suis d’accord, à ceci près que les livres de Zemmour ne sont pas faits pour apprendre, mais pour convaincre.
« Qu’est-ce qu’on perd comme temps à des sottises… »
Il y en a même qui bloguent, c’est dire ! 😉
@ Tipaza le 3 janvier
« Il peut gagner le titre légendaire de l’homme qui n’a rien à dire et tient à le faire savoir »
Non… celui-là est déjà attribué…
https://www.youtube.com/watch?v=hz5xWgjSUlk
La chute est prémonitoire, n’est-ce pas ?
Version Venezuela : la fable de la grenouille et du bœuf
Triste spectacle de fin de carrière pour notre minuscule macronibus, ce moucheron batracien qui, se voyant maître du monde, finit lamentablement écrasé par les sabots de Trump, le colossal bison américain.
Quelle leçon, mes aïeux ! Un Trump chez nous, vite, ça urge !
Aussitôt, la chorale des gauchisses entonne ses refrains habituels :
« Hou le méchant, il a violé toutes les règles du drouââââ international ! Hou hou ! Et l’état de drouâââ ?? Hou hou ! »
Droit international qui, par définition — et c’est son rôle — protège en priorité les mafias narco-terroristes islamistes les plus puissantes de la planète, et leur a permis, en toute impunité, de gangréner cette UE eunuque, impuissante, laxiste, soumise, collabo.
Mais attention, nous avons quand même enregistré une belle victoire contre ce crime de lèse-Maduro : en représailles, nos sous-fientes d’extrême gauchiasses ont brûlé un drapeau américain, na !
D’ailleurs, tout l’état-major US, apprenant la nouvelle, ne s’en est pas encore remis ; d’ici que Trump, vu son âge, nous pète une durite…
Voilà qui confirme les vœux : quand, de Jérôme à sylvain, en passant par notre hôte, les contempteurs du président lui offrent sa légende de bête à cornes, accrochée au Panthéon des victimes émissaires inutiles, symptôme d’un refus de cesser les mensonges clivants qui, d’un camp à l’autre, ont détruit le pays.
Ou comment faire de la France, dernier pays indépendant, une anecdote, quand un migrant sous amphétamines, d’origine écossaise et allemande, devenu agent immobilier aux méthodes mafieuses, entouré de ses conseillers sous kétamine au nom de Jésus-Christ, envahit son voisin, soi-disant pour lutter contre la drogue, alors qu’il ne vise que le pétrole au service de ses visées hégémoniques.
On ne les compte plus, les créatures légendaires envoyées à la casse des illusions mortifères ; elles rejoignent la jeunesse dorée, cramée de la vallée alpine, offerte en sacrifice aux profits accueillants des banquiers blanchisseurs d’argent corse.
Ne vous inquiétez pas, tout est de la faute des musulmans, nous dira Philippe de Villiers.
Macron est un Kadyrov, complice de la légende française du nouveau capitaine Dreyfus chez Bolloré ; tous les Jérôme et les sylvain sont les vainqueurs de l’étrange défaite de 40, et le peuple de la liberté continuera de se vassaliser en se souhaitant de garder ses illusions intactes avant de voter pour Le Chon ou Mêle-en-peine : on a gagné !
Bonne année aux amnésies !
@Tipaza le 3 janvier 2026
« Oui, voilà un titre de légende :
« L’homme qui parlait pour ne rien dire et pour éviter de faire ».
Ce n’est pas spécifique à Emmanuel Macron ce que vous dites. Tous les leaders politiques ont bien compris que l’important est de parler, même pour ne rien dire, sinon le public vous oublie dans les deux mois qui suivent votre dernier interview.
Il sera toujours temps ensuite d’expliquer pourquoi on n’a pas pu faire ce que l’on avait annoncé. Généralement c’est la faute de la conjoncture qui rend le futur imprévisible.
Raymond Devos a très bien résumé « la situation ». .
Un autre vice français à éradiquer d’urgence : le président de la République en écrivain raté, ami et confrère des littérateurs de tout poil. De Gaulle et ses talents littéraires, Pompidou et son anthologie de la poésie frônçoise, le poseur Mitterrand avec son cénacle d’adorateurs comprenant l’immense Marguerite Duras (une parodie à elle toute seule)… Assez. Ça suffit.
On a besoin de comptables, de technocrates, d’administrateurs ennuyeux ayant suivi des formations industrielles. Nicolas Sarkozy avait bien raison de déplorer qu’il faille avoir lu La Princesse de Clèves pour devenir fonctionnaire.
Si, au moins, Emmanuel Macron invitait, à sa table, des historiens de la Russie pour orienter sa politique russe, des économistes pour inspirer sa politique économique et ainsi de suite, on pourrait comprendre. Mais Régis Debray ou Emmanuel Carrère ? Ils sont spécialistes de quoi ?
Qu’est-ce que c’est que cette ridicule vanité française à se vouloir gouverné par un écrivain, par un puits de culture ? Certes, ça peut être rigolo d’avoir, à la tête de la Grande-Bretagne, un Boris Johnson capable de vous réciter par coeur des pages et des pages de l’Iliade en grec ancien – un exploit qu’aucun président français n’a jamais réussi, et de loin. Mais à quoi ça sert ? Ça intéresse qui, en dehors d’un minuscule cénacle d’intellectuels parisiens, flattés de voir un supposé collègue à la tête du pays, n’en croyant pas leur chance quand ils font partie, par miracle, du nombre restreint de leurs semblables invités à l’Élysée ?
Est-ce que Javier Milei, par exemple, serait capable de déclamer par coeur des pages entières de Cervantes ? Ça m’étonnerait. En revanche, citer Friedrich Hayek et Milton Friedman, il peut le faire, oui. Ça tombe bien, c’est pour redresser l’économie de l’Argentine qu’il a été élu – et il l’a fait.
Si, au moins, le chef de l’État prenait conseil, de temps à autre, auprès d’experts étrangers, histoire de découvrir de nouvelles méthodes, des approches ayant réussi ailleurs… Mais non : « l’écrivain » pressenti pour conseiller le Prince est, inévitablement, français. C’est la Frônce qui éclaire le monde, Môssieur, pas l’inverse ! De cette façon, on s’assure de répéter interminablement les erreurs dictées par une prétendue sagesse nationale dont personne n’est en mesure de justifier l’origine, autrement que par des slogans.
Chez nous, existe cette curieuse coutume selon laquelle un Homme Politique ne peut pas envisager une carrière importante à moins d’avoir écrit un Livre (plusieurs, en fait). Après quoi, la classe jacassante en parle longuement dans les médias en faisant semblant de l’avoir lu. Et le plus stupéfiant, c’est que ces livres, rarement écrits par leur auteur, s’arrachent en librairie, du moins pour certains…
Qui peut donc avoir envie de lire un livre de Jordan Bardella ? Ou même, disons-le, d’Éric Zemmour ? Malgré mon intérêt pour l’action politique de ce dernier, j’ai parcouru, en diagonale, tel ou tel de ses livres. Eh bien… c’est assez médiocre. On n’apprend pas grand’chose.
Qu’est-ce qu’on perd comme temps à des sottises… Pendant ce temps-là, les Chinois deviennent les meilleurs ingénieurs du monde en intelligence artificielle, Trump et Poutine se partagent le monde (pas à notre avantage) et le Français moyen devient de plus en plus abruti.
Il est des légendes de trop-plein et d’autres de trop-vide.
Elles ont donné d’innombrables romans, comme L’Homme sans qualités, Un homme sans importance, sans oublier L’Homme à l’oreille cassée d’Edmond About, ni L’Homme qui rit de Victor Hugo… Ma mémoire ne va pas plus loin.
Qu’importe : nous avons là le choix entre plusieurs titres de légende macronienne.
« L’homme au bras cassé », qui a raté tout ce qu’il a entrepris, démontrant qu’on ne peut pas faire plusieurs choses « en même temps », ce que tout écolier de l’ancien monde avait appris.
« L’homme qui rit » n’est pas mal non plus comme titre.
Ce rire un peu sadique, un peu pervers, d’avoir berné tout le monde. Le rire de celui qui, sachant que tous veulent le voir partir, a décidé de durer quoi qu’il en coûte au pays.
Oui, ce n’est pas mal comme titre : « L’homme qui voulait durer ».
Ce n’est pas très original — nous en sommes tous là — mais lui affiche son désir avec le sadisme de celui qui sait que les héritiers regretteront son départ, parce qu’il aura rendu son héritage ingérable.
Il existe aussi une autre façon, plus glorieuse, de rentrer dans la légende des grands, un peu — ou beaucoup — dérangés.
Par exemple, aller capturer Nicolás Maduro chez lui, dans son bureau… Bon, ça, c’est fait. Ce n’est plus à faire.
Il resterait à capturer Vladimir Poutine dans sa datcha. Cela reste à faire, précisément parce que c’est impossible.
Dire à Tebboune ses quatre vérités : voilà ce qui le ferait entrer dans la légende.
Mais là, j’en demande trop. À l’impossible, Emmanuel Macron n’est pas tenu — sauf lorsqu’il s’agit de discours.
Alors là, il peut gagner le titre légendaire de l’homme qui n’a rien à dire et tient à le faire savoir, surtout lors des vœux du Nouvel An.
Oui, voilà un titre de légende :
« L’homme qui parlait pour ne rien dire et pour éviter de faire ».
Dès 2016, le Prince voulait se bâtir une épopée : sa « grande marche », son bouquin — « Révolution », pas moins… —, ses gestes survoltés de candidat en transes… Puis vinrent, dans la même recherche d’une place dans l’Histoire, sa déambulation solitaire et royale dans la cour du Louvre, son comportement copain-copain avec les (vrais) grands de ce monde, son amitié surfaite avec Trump, le dîner à Brégançon avec Poutine, ce dernier accueilli en grandes pompes à Versailles, ses raouts avec les grands patrons, sa rencontre surmédiatisée avec Bill Gates…
Mais, déjà, des couacs survenaient : le comportement « inapproprié » avec Sa Majesté la Reine d’Angleterre, que le protocole interdit de toucher, son tutoiement du Pape et sa caresse sur la joue du Saint-Père, son attitude… disons peu présidentielle avec Mbappé, ses invitations répétées à l’Élysée de personnages qui n’ont rien à y faire, cette photo le montrant tout sourire entre deux jeunes et beaux Antillais torse nu, et celle, photoshopée, du boxeur un rien bêcheur…
Qu’à cela ne tienne, voici le Covid et l’Ukraine pour le remettre en selle… Le voici chef de guerre ! Las, dans le même temps, l’Afrique francophone lui tourne le dos, puis Poutine le ridiculise… avant que Trump, à nouveau au pouvoir, ne fasse de même. Il se plante au Liban, se montre vaillant après le 7 octobre… avant de baisser pavillon au point de fâcher définitivement Israël. Il se couche devant le dictateur algérien qui retient deux Français en otage, se prend un camouflet de l’Australie, qui annule sa commande de sous-marins, promène Xi Jinping dans ses montagnes préférées, mais n’obtient de lui qu’un sourire jaune… et, ces jours-ci, se fait doubler par Meloni, Merz, Starmer et von der Leyen dans la gestion du dossier ukrainien… Même son « grand ami » Zelensky lui reproche de beaucoup promettre sans tenir. Pour exprimer cela, il a forgé un nouveau verbe : « Il macronne », dit-il…
Côté politique intérieure, la situation est encore plus catastrophique. Bien sûr, et d’abord, la dette extérieure, qui a augmenté de 1 300 milliards d’euros en neuf ans… Mais aussi les Gilets jaunes, qui ont gravement endommagé le consensus national déjà peu vivace, les concerts de casseroles, la dissolution ratée, la progression inquiétante de l’antisémitisme, la montée ininterrompue des violences, y compris en France profonde, les émeutes dévastatrices post-Nahel, l’absence totale de contrôle des migrants clandestins, le fiasco de l’expulsion des OQTF, les menaces multiples — et mises en œuvre — contre la liberté d’expression, la valse des Premiers ministres, qui a fait de la Ve République un clone de la IVe, les appels à la démission lancés par ses propres troupes, l’impossibilité, deux années de suite, de faire voter le budget de l’État dans les délais constitutionnels, la colère paysanne qu’il ne parvient pas à maîtriser, son double langage sur le Mercosur, la « réindustrialisation », authentique serpent de mer…
Et, cerise sur le gâteau, la suspension — si ce n’est l’abrogation — de la réforme des retraites à laquelle il tenait comme à la prunelle de ses yeux… Et pour cause ! C’était le seul texte important et indispensable de son second quinquennat. Mais que valait-il face au risque imminent d’avoir à quitter le trône plus vite que prévu ?
Via le 49.3, il l’avait imposée à la précédente Assemblée, déjà rétive. Celle d’aujourd’hui, divisée en trois blocs et onze groupes, est ingérable. Il est entièrement responsable de cette composition qui la rend instable, parce qu’entre les deux tours de son élection, il a enjoint — ou autorisé — Attal à frayer avec Mélenchon. Une tambouille indigne qui lui vaudra, pour toujours, un carton rouge.
Les J.O.… Notre-Dame… répliqueront ses quelques zélateurs encore enthousiastes. Eh bien non ! La cérémonie d’ouverture et ses tableaux grotesques, abjects pour certains, ont sali l’Histoire de France et nos ancêtres. Les images ont fait le tour du monde et resteront gravées dans les mémoires comme autant de flèches lancées contre Marianne, à un moment où, au contraire, il nous faudrait récupérer un peu de grandeur, non pour retrouver notre rang — mission désormais impossible —, mais pour simplement ne pas disparaître des radars.
Quant à la magnifique restauration de Notre-Dame, elle ne doit rien au locataire de l’Élysée, si ce n’est le choix du général Georgelin pour mener à bien cette gigantesque manœuvre. Il est dommage que cet organisateur hors pair ne soit plus là pour l’empêcher de jouer les coucous… et de se vautrer dans la triste polémique des vitraux de Viollet-le-Duc.
Qu’avec un tel barda sur le dos, mais aussi doté d’un ego hors norme, Macron cherche une plume pour le transformer en bilan étincelant, n’a rien d’étonnant. Ce qui le serait, même si certaines savent être serviles, c’est qu’il trouve quelqu’un ayant un nom, qui serait assez fou pour se compromettre dans une telle aventure. Le Prince devra se rendre à l’évidence : certes, il entrera dans l’Histoire, mais n’atteindra pas le « Bureau des Légendes », où siègent nombre de grands Français qui ont servi et fait progresser leur pays. Lui entrera par une porte dérobée, celle au-dessus de laquelle est écrit : « Oubliette des ratés »…
P.-S. : Ah, que je suis méchant et sectaire ! J’ai oublié de mentionner une réussite de Macron. Et pourtant, elle est de taille, formidable, porteuse d’un bel avenir pour la France. Sous son règne, et grâce à ses multiples erreurs, fautes, bévues, coups de tête et autres provocations contre la majorité des Français, le RN, qu’il voulait effacer du paysage politique, est passé de 21,30 % des voix (premier tour de l’élection présidentielle de 2017) à 31,4 % (élections européennes de 2024) et, aujourd’hui, à 36,5 % (sondage Verian de décembre 2025 pour Le Figaro). Cette même étude indique que le Prince obtient le plus mauvais score de ses deux quinquennats (11 %).
Macron ferait mieux de parcourir la campagne française et ses beaux paysages. Il contiennent plus d’inspiration que la collection de bavards dont notre hôte nous fait une liste non exhaustive…
Non il vaut mieux qu’il évite en ce moment la ruralité car le feu couve de plus en plus. La vaccination contre la dermatose pour éviter l’abattage total provoque déjà des effets secondaires tels que des avortements, de fortes fièvres et la baisse de lait.
Encore une stupidité de nos fonctionnaires alors qu’il suffisait d’abattre les vaches symptomatiques et de confiner les autres en attente d’autres cas éventuels, vu qu’avec l’hiver la mouche responsable n’existe plus. Ce n’est pas une zoonose.
À moins que… un vaccin sans AMM ait été injecté alors que le bétail pouvait être soigné.
Certes, la détestation du personnage — due au mépris, aux insultes, à la condescendance, à la trahison du pays, à l’enrichissement malhonnête, aux divers conflits d’intérêts de proches (Benalla, Ferrand, Kohler…), à son ridiculissime narcissisme, à ses poignées de main qu’il prépare en attrapant celles de ses interlocuteurs pour les serrer avec force et tenter de faire croire qu’il l’est, ainsi qu’à bien d’autres défauts — conduit à considérer ce sinistre personnage comme foncièrement toxique. Rien de positif ne lui est accordé. C’est normal : il est négatif en tout.
Vendu à l’Europe, à l’Allemagne, aux puissances d’argent, méprisant les « petites gens », se moquant du monde, ne reconnaissant jamais ses erreurs, lui qui a évincé le général de Villiers alors que celui-ci ne faisait que constater l’insuffisance de l’engagement budgétaire en matière militaire, pour tenter quelques années plus tard de se faire passer pour un visionnaire en la matière.
Le « quoi qu’il en coûte », qui est en réalité un « quoi qu’il vous en coûte ».
Ce monsieur se fait passer pour un sauveur ; que nenni : un terminator de la petite entreprise. Un totalitaire au moment du Covid.
Un jour — peine perdue sans doute — on se penchera sur l’épisode Covid : la manipulation, le totalitarisme, la dangerosité des produits, les « meurtres » de petits vieux au Rivotril… J’espère qu’ils paieront le prix fort : lui, Véran, toute sa clique.
Un littéraire ? Vous abusez, cher hôte. Littéraire comme je suis reine d’Angleterre. Il suinte le cultivé de la veille, celui qui se renseigne en fonction de ce qu’il doit dire mais n’a aucun fond, aucune pensée personnelle, si ce n’est l’enrichissement — le sien et celui de ses communautaires.
Il est lamentable, qu’il parte. On ne le regrettera en rien. Je préfère encore voir Sébastien Delogu au pouvoir que lui. Avec sa mégère improvisée qui le gifle, le domine comme un petit garçon. Et dire qu’il y a des gens qui ont voté pour ça.
« Emmanuel Macron, à la recherche d’une légende introuvable… » (PB)
Je ne pense pas qu’Emmanuel Macron cherche à devenir une légende. Ce sont ses adversaires, particulièrement critiques à son égard, qui émettent ce genre d’allégations sans fondement.
Et si légende il devait y avoir, celle-ci se construirait — comme pour les présidents et autres personnages historiques qui l’ont précédé — après sa mort.
Les historiens aiment disposer d’un recul suffisant pour analyser, dans une atmosphère dépassionnée, les actions des personnalités qui ont marqué leur époque. Il faudra donc attendre encore un peu avant qu’Emmanuel Macron n’entre de plain-pied dans l’Histoire et ne devienne, éventuellement, une légende.
« D’autant plus que, par une aberration totale — dont on se demande dans quelle tête elle a pu germer, et que je me refuse à attribuer au seul président, que l’on sait pourtant méfiant à l’égard de Michel Onfray, Régis Debray et Alain Finkielkraut —, ceux-ci ont été ostracisés au motif surréaliste qu’“ils regardaient avec les yeux d’hier le monde d’hier”. Ce point de vue est totalement inepte. » (PB)
Qu’Emmanuel Macron ait ostracisé Michel Onfray n’a rien d’aberrant, dans la mesure où ce dernier ne peut prononcer le nom du président sans se sentir obligé de le couvrir de propos méprisants, allant parfois jusqu’à l’insulte. Michel Onfray agit davantage par frustration de ne pas avoir l’oreille du président que par une vision passéiste de notre société.
Régis Debray, quant à lui, semble avoir du mal à sortir de l’époque mitterrandienne, durant laquelle il fut une référence parmi les intellectuels de la Sorbonne qui se retrouvaient au café de Flore.
Je comprends moins l’ostracisation d’Alain Finkielkraut, qui n’a jamais montré un engagement débridé en faveur des idées de la droite, et encore moins de l’extrême droite.
Ce ne sont pas les historiens qui désignent les « légendes », mais, dans la plupart des cas, les contemporains de celles-ci, fascinés par leur personnalité et leurs actions.
Louis XIV brilla par la magnificence de son règne et le récit de ses victoires ; Bonaparte, pas encore Napoléon, fut couvert de gloire dès ses campagnes d’Italie et d’Égypte, avant même de s’emparer du pouvoir, le 18 Brumaire ; de Gaulle acquit ce rang le jour de la Libération de Paris (19 août 1944) et le confirma le 13 mai 1958. Jeanne d’Arc, elle, fait exception. C’est l’affrontement entre cathos et laïcards, vers la fin du XIXᵉ siècle, qui en fait une « légende ». Quasiment oubliée pendant plus de quatre siècles – l’Église ne l’a canonisée qu’en 1920 –, elle est aujourd’hui, pour les uns, de droite, la Pucelle qui sauva la France ; pour d’autres, LGBT+ et féministes enragées, une icône queer…
Hors de ces quatre personnages, la France ne compte pas de « légendes ». Elle reconnaît des « grands hommes » – et des « grandes femmes » désormais –, que, depuis Napoléon et avant Macron, nos chefs d’État panthéonisaient avec parcimonie et dans un consensus général.
Elle possède aussi des héros, choisis, eux, par l’opinion publique, sur des critères plus ou moins pertinents. Nous en sommes à décerner autant de lauriers au champion du monde Zidane qu’au colonel Beltrame…
Il est indéniable que les historiens jouent un rôle dans la reconnaissance de ces Français qui participent au « roman national ». Mais ils n’en font pas le tri… pas plus qu’ils ne détiennent ni ne délivrent LA vérité sur eux. L’historien n’est pas un surhomme. Comme tout un chacun, il a ses biais, ses convictions et même, parfois, ses préjugés… Rares sont ceux dont on ne peut pas deviner le penchant politique à travers la présentation plus ou moins « objective » d’une documentation de première main…
Un exemple, choisi au cœur d’une controverse qui dure depuis plus de 80 ans : les relations entre de Gaulle et Pétain pendant et après la guerre. Les historiens disent qu’elles étaient exécrables… Et pourtant, après l’avoir gracié, le Général se préoccupait encore du Maréchal. En 1951, à Oran, devant 8 000 personnes, il a déclaré : « Il est lamentable pour la France, au nom du passé et de la réconciliation nationale indispensable, qu’on laisse mourir en prison le dernier Maréchal. »
Quel historien de renom a utilisé ce document pour s’opposer à la version « ils se détestaient » communément admise et colportée ? Lequel, pour confirmer cette source, s’est servi d’un paragraphe des Mémoires de Churchill, non publié mais figurant dans le manuscrit facilement accessible à Londres, dans lequel celui-ci raconte que, quelques jours avant le Débarquement, il a dissuadé de Gaulle d’écrire à Pétain en commençant sa lettre par : « Mon cher vieil ami » ?
Il est toujours plus confortable de rester bien au chaud derrière la version communément admise…