Du poison dans l’humanisme…

Personne n’est irréprochable. Mais certains ont moins que d’autres à se faire pardonner.

J’ai bien conscience qu’en approuvant la charge de Fabien Roussel contre Jean-Luc Mélenchon (JLM), je sors de mon canal de réflexion politique, comme on quitte son couloir de nage. J’apprécie, comme citoyen engagé, le fait que ce responsable communiste ait énoncé cette double évidence : que la gauche écologiste, socialiste et communiste devrait se séparer absolument de LFI, et que Jean-Luc Mélenchon serait le pire candidat de second tour, en 2027, face au Rassemblement national.

Est-il permis de s’interroger à ce sujet ? Malgré les apparences, n’y aurait-il pas chez JLM une volonté obscure et, pour tout dire, suicidaire, de précipiter les forces dites progressistes dans un naufrage, plutôt que d’avoir la sagesse de se retirer afin de leur laisser une chance ?

Je comprendrais très bien qu’on n’attachât pas la moindre importance à mon opinion puisque, n’exprimant que ma seule liberté d’analyse personnelle, elle n’a pas vocation à prétendre à la généralité.

Ce schéma de pensée est applicable à des enjeux bien plus fondamentaux, à des problématiques capitales qui relèvent de la morale publique, du vivre-ensemble, de l’humanité et de l’humanisme le plus pur. Mais c’est précisément dans cette matière si délicate et vouée à l’universalité que je considère que le poison s’est installé dans l’humanisme pour le gangrener.

Au point d’empêcher la communauté nationale de se rassembler, comme un seul homme, autour, par exemple, de la lutte contre le racisme.

Ce billet m’a été inspiré par un article de Louise Couvelaire dans Le Monde, qui annonce « l’espoir d’un retour de la lutte antiraciste dans le débat public », en se fondant notamment sur la manifestation de Saint-Denis, qui aurait réuni environ 6 000 personnes.

Cet espoir, cet éventuel retour seraient plausibles s’ils ne résultaient pas d’une entreprise idéologique et partisane menée par des responsables loin d’être irréprochables sur les plans humain et politique. Cette cause à vocation universelle est ainsi confisquée par des citoyens engagés, avec des finalités tout autres que celles d’une unité humaniste, et des mots d’ordre tels que « résistance », qui montrent bien que l’ennemi est davantage la droite, voire la droite radicale, que le fléau du racisme.

Si la bonne foi avait eu droit de cité dans cette polémique liée à des propos de Michel Onfray et de Jean Doridot, sur CNews, à la suite de l’élection du nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, c’est immédiatement, au regard des contextes, que l’on aurait dû exonérer ces deux personnalités de tout racisme. Mais le souci n’était pas l’équité, il était dans la charge.

Comment considérer qu’un combat prétendument humaniste ait en définitive pour conséquence de cliver, de fracturer, de mentir, d’amplifier les antagonismes au lieu de les réduire ?

Pour user d’une ironie saumâtre, voir Jean-Luc Mélenchon venir au secours éthique et politique du maire de Saint-Denis relève d’une forme de farce, quand certaines des interventions du premier ont pu être qualifiées d’antisémites.

Que l’immoralité en vienne à stigmatiser des propos faussement traités de racistes, c’est soit le comble du ridicule, soit le signe d’une société totalement égarée dans ses principes et ses repères.

Le poison gangrène de plus en plus l’humanisme : les imparfaits donnent des leçons, les diviseurs prêchent l’unité, l’universel est piétiné. Chacun dans son camp, sa cause, ses valeurs propres.

Pourtant, il faut être absolument et résolument contre le racisme et l’antisémitisme. Partons à la recherche de ceux qui n’ont jamais trahi, au nom de la politique, l’authentique humanisme.

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