Donald Trump : la force pour le droit ?

Le président Donald Trump se veut gendarme du monde et, dans le meilleur des cas, avec l’intervention américaine au Venezuela, l’arrestation et la première comparution de Nicolás Maduro (qui a plaidé non coupable), il a ouvert une brèche, dans la géopolitique mondiale, qui pourrait profiter à la Chine et valider rétrospectivement l’invasion de l’Ukraine.

Le bouleversement qu’il engendre par sa conception très particulière de la diplomatie, au seul service des intérêts de son pays, ne peut être appréhendé de manière univoque — entre détestation et adhésion — mais doit être analysé avec la complexité que requièrent les actions de ce président totalement atypique. Pour le meilleur comme pour le pire.

On a d’autant moins de scrupules à ne pas éluder les zones d’ombre que Donald Trump, avec un cynisme réjoui, n’hésite pas à nous les offrir en pleine lumière, en affichant par exemple, au Venezuela, l’aubaine que représentera l’exploitation du pétrole pour les compagnies américaines.

Mais rien n’est simple avec Donald Trump. On peut dénoncer cet impérialisme qui, avec bonne conscience, se juge légitime à s’occuper de tout ce qui le regarde, selon des critères largement étendus. Mais, dans le même temps, il serait malhonnête de ne pas voir, dans les entreprises internationales du président américain, des ressorts et des exclusions qui ne peuvent que complaire aux démocrates réalistes de tous les pays.

Le président Macron l’a dit, et il a eu raison, avant de déplorer la « méthode » employée par Trump : au Venezuela, on a mis fin à une dictature, et le peuple ressentira les bienfaits de ce changement.

L’autocratie, la corruption généralisée et la misère dominaient sous Nicolás Maduro. Qui peut, de bonne foi, tenir pour négligeable une telle avancée, une telle libération ?

Il y a donc là un mélange de morale internationale ayant trouvé son dû et d’économie profitable. Il convient d’accepter qu’avec Trump, les droits de l’homme ne seront jamais dissociés de la rentabilité américaine ni de la puissance d’un pays – rêvée aussi écrasante que son chef entretient de lui-même une opinion indépassable.

Pour l’Iran (voir mon billet « Assez des admirations au rabais ! »), qui oserait contester que venir empêcher une barbarie intégriste de « tuer » ses opposants est une bienfaisante menace et une intimidation nécessaire ? Le guide suprême a d’ailleurs compris la teneur du message vénézuélien : avec son cercle de fidèles, sa fuite pour la Russie serait programmée si le pire survenait pour cette théocratie indigne.

J’entends bien que se camper avec une telle arrogance comme gendarme universel impose — même à quelqu’un d’aussi indifférent au jugement international que Donald Trump — une exemplarité au moins relative, ainsi qu’un ciblage soigneux des causes à défendre ou à combattre ; faute de quoi les États-Unis se verraient dénier toute légitimité, même minimale, à jouer les justiciers.

Il me semble que le président américain devra, d’une part, évaluer dans quelle mesure ses initiatives internationales sont susceptibles de le contraindre — ou non — à « revisiter », sur certains points, sa politique étrangère et, d’autre part, à interroger le rapport entre sa force et le droit.

En effet, même un Donald Trump, qui ne semble guère disposé à s’embarrasser de considérations humanistes jugées superfétatoires, ne pourra éluder, dans l’ordre international qu’il entend façonner, l’obligation d’habiller la force en morale. La mise à l’écart de l’ONU ne fait, en réalité, que transférer cette exigence morale vers et sur les grandes puissances.

Pascal l’a énoncé admirablement : la force sans le droit est injuste… Inutile que le président Trump le lise pour comprendre l’évidence.

Gabriel Attal, dont la position n’est guère éloignée de celle du président Macron sur les affaires internationales, a souligné que « nous n’avions plus les moyens de nos indignations » — ce qui est vrai — mais surtout que « les démocraties devaient dorénavant retrouver la voie de la force, si elles souhaitent que le droit prévale de nouveau » (Le Figaro).

C’est un paradoxe amer, mais tellement pertinent. Il pourrait donner corps à une idée que j’ai toujours défendue et qui, dans le contexte international actuel, apparaît plus nécessaire que jamais : une démocratie a le droit de se défendre avec vigueur sans se renier. Elle n’a pas vocation à tendre, par lâcheté ou par mauvaise conscience, l’autre joue diplomatique.

Une leçon pour nous, et pour d’autres.

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  1. « Dans une enquête, le magazine allemand Der Spiegel révèle que l’administration Trump aurait envisagé de mettre en place de nouvelles sanctions contre plusieurs fonctionnaires de pays européens, responsables selon le département d’État américain d’alimenter une « censure » qui serait à l’œuvre sur le continent. Parmi ses cibles ? Les trois magistrats qui ont fait condamner en première instance l’ex-candidate à l’élection présidentielle du Rassemblement national, Marine Le Pen. » (L’Express)

    Décidément, le Donald va avoir un emploi du temps chargé.
    Résumons :
    Il a arrêté le couple Maduro et libéré le Venezuela.
    Il a déclaré persona non grata des représentants des pays de l’UE qu’il accuse de pratiquer la censure de la liberté d’expression.
    Il doit s’occuper des magistrats français.
    Il doit libérer le Groenland.

    Il lui reste encore à arrêter le couple Macron et à libérer la France.
    Où va-t-il trouver le temps de faire tout cela ?

    Bien entendu, tout cela est à prendre cum grano salis, bien qu’avec lui rien ne soit vraiment impossible…

  2. Une alerte vient d’être envoyée à Donald Trump.
    Un cousin de Maduro se cacherait à l’Élysée, un certain Emmanuelo.

  3. Depuis Ésope, nous dit l’exilé intérieur, qui en reste à la vengeance des corbeaux et des loups, s’interdisant alors d’entendre ce qui, avant tout, est, était et sera.

    https://saintebible.com/john/8-58.htm

    La référence permet aussi de retourner à Ésaïe 9, sans pour autant exclure Ésope, mais le placer sous la lumière de la croix pour comprendre alors, scientifiquement, quelle est la mission de l’Europe.

  4. @ Aliocha le 7 janvier 2026
    « Eh bien non, la force n’est pas le droit. »

    Mais si, relisez « Le Loup et l’Agneau ».
    C’est connu depuis Esope…

  5. Robert Marchenoir

    En fait, la mine décomposée des collaborateurs de Donald Trump à l’issue de leur rencontre avec Vladimir Poutine au sommet d’Anchorage, qui a tant frappé les journalistes présents en 2025, est à rapprocher de la fameuse conférence de presse au cours de laquelle les journalistes se sont demandés si Nicolas Sarkozy n’était pas ivre, au sortir de son entretien avec le président russe en Allemagne, en 2007.

    On sait maintenant, bien que cela ait été démenti, que Poutine avait dit à Sarkozy, qui lui parlait des droits de l’homme : « C’est bon ? T’as fini ? Tu vois, mon pays il est grand comme ça [il écarte les mains], et le tien, il est tout rikiki [il les rapproche]. Alors, soit tu continues sur ce ton, et je t’écrase, ou alors tu changes de registre, et je peux faire de toi le roi de l’Europe. »

    La mine sonnée de Sarkozy était probablement similaire à celle arborée par l’équipe de Trump. Selon toute vraisemblance, l’agent émérite du KGB Vladimir Poutine a appliqué, dans un cas comme dans l’autre, l’une des techniques de manipulation psychologique qu’il maîtrise à la perfection : déstabiliser l’interlocuteur, lors d’un entretien secret, par une insolence et des menaces d’une violence inouïe, totalement inimaginables dans un contexte diplomatique mais tout à fait banales de la part d’un chef mafieux ; puis lui faire immédiatement une offre « qu’il ne peut pas refuser », dans la grande tradition du banditisme.

    Sarkozy, tout comme Trump, est un homme d’argent. La manoeuvre a marché. Trois ans plus tard, en 2010, il acceptait de vendre des navires d’assaut Mistral à la Russie, un geste inouï dans l’histoire des deux pays. Je n’ai pas besoin de rappeler les contreparties financières dont il a bénéficié de la part du Kremlin, ni ses prises de position constantes en faveur de Moscou.

  6. Robert Marchenoir

    Voici une longue analyse du site America 2.0 (pro-démocratie), consacrée à l’hypothèse d’un partage du monde entre la Russie et les États-Unis. L’auteur, Dave Troy, termine ainsi son article :

    « En résumé, notre conclusion est que la Russie a, depuis bien longtemps, déployé des efforts pour inciter les États-Unis à s’emparer du Venezuela et du Groenland, dans le but d’imposer une politique internationale de grandes puissances et de détruire les alliances occidentales. L’OTAN, les Nations unies et l’Union européenne sont toutes trois menacées si les États-Unis s’entêtent dans leur course de conquête de l’hémisphère occidental. »

    « Si Trump avait remporté l’élection de 2020, il y a tout lieu de penser que les manoeuvres auxquelles nous assistons aujourd’hui auraient eu lieu dès ce moment-là. Si Poutine avait réussi à exécuter sa stratégie de la ‘doctrine de Monroe’ en 2021, les conditions auraient été bien plus favorables pour une invasion de l’Ukraine : le plan était d’obtenir que les États-Unis se désengagent du pays. »

    « Les allégations de Trump selon lesquelles l’invasion de l’Ukraine n’aurait pas eu lieu s’il avait été président sont manifestement inventées de toutes pièces. Elles ne résistent pas à l’examen le plus rapide. »

    « Nous ignorons toujours ce qui s’est dit à Anchorage entre Poutine et Trump, et qui a visiblement frappé de stupeur l’équipe de ce dernier (*). Peut-être étaient-ce les grandes lignes de ce plan de partage du monde, ou bien l’évocation de documents compromettants, ou encore d’autres pressions sur Trump. »

    « Les Américains comme les Européens devraient prendre conscience sans délai du chemin fatidique sur lequel ils ont été poussés. Ils devraient se saisir de tous les moyens dont ils disposent pour s’opposer au militarisme américain et défendre les intérêts de l’Ukraine et de l’Europe. »

    « Les États-Unis ne sont plus un allié fiable pour l’Occident. Ce n’est pas irrémédiable, mais pour le moment, il semble bien qu’il faille s’attendre, en 2026, à des franchissements du Rubicon aussi extraordinaires que dommageables, conduisant à des conséquences inimaginables pour ne pas dire cauchemardesques. »
    ______

    (*) Lors du sommet d’Anchorage au cours duquel Trump a accueilli Poutine en Alaska en août 2025, les journalistes qui couvraient l’événement ont été frappés par la mine catastrophée des collaborateurs de Trump qui avaient assisté aux entretiens. Rien n’a permis de l’expliquer. Les deux chefs d’État ont fait des déclarations contradictoires concernant le contenu des pourparlers, et on ne sait pas, à ce jour, ce qui s’y est réellement dit.

  7. « J’entends bien que se camper avec une telle arrogance comme gendarme universel impose — même à quelqu’un d’aussi indifférent au jugement international que Donald Trump — une exemplarité au moins relative, ainsi qu’un ciblage soigneux des causes à défendre ou à combattre ; faute de quoi les États-Unis se verraient dénier toute légitimité, même minimale, à jouer les justiciers. » (PB)

    C’est une constante de la politique extérieure états-unienne depuis le début du XIXᵉ siècle. N’ont-ils pas tenté une guerre d’annexion du Canada en… 1812-1815, avec, à la clé, l’incendie de Washington ? Napoléon Ier avait préféré vendre aux États-Unis les possessions françaises d’Amérique du Nord pour s’éviter l’ouverture d’un front sur le continent américain.
    Ils se sont ensuite attaqués aux possessions du royaume d’Espagne jusqu’aux Philippines, au tournant du XXᵉ siècle !

    Par ailleurs, se fondant sur la suprématie du dollar dans les échanges internationaux, ils imposent unilatéralement l’extraterritorialité de leur droit. Et ce, quel que soit le parti au pouvoir, l’État profond imposant ses vues stratégiques aux présidents. Seul M. Trump donne l’impression d’imposer les siennes.

    Le vrai problème pour ce dernier est qu’il risque de céder à l’hubris de la surpuissance et de ne pas savoir s’arrêter dans ses actions, pour ne pas dire ses conquêtes, puisqu’il rêve à présent d’acquérir le Groenland, par le dollar de préférence, mais, au besoin, par la force militaire. M. Trump en arrivera-t-il à contester à la France ses droits sur ses îles caraïbes, ou même sur la Guyane française ?

    Quant au Brésil, membre des BRICS et coopérant avec la Chine et la Russie, sans doute le président Lula da Silva devra-t-il craindre des actions souterraines visant à le déstabiliser.

    Pendant ce temps, l’Union européenne, bâtie sur le principe de l’impuissance, vassalisée par les États-Unis, est incapable de défendre ses droits. Le traité du Mercosur, qui va sacrifier une bonne part de notre agriculture, ne manquera pas de placer l’UE en concurrente des États-Unis dans leur pré carré sud-américain… et de soulever, une fois de plus, l’ire de M. Trump.

  8. « Mais rien n’est simple avec Donald Trump. » (PB)

    Ma grille personnelle de lecture du personnage tient en cinq points :

    – Il s’emploie à respecter sa promesse, plus exactement son objectif : « Make America Great Again ». Il ne conçoit le futur que dans la continuité du passé et du présent, dominés par la puissance américaine (la doctrine « America First » date de 1916 et de la présidence Wilson). Ce qui, dans le domaine des relations internationales, l’a conduit à n’identifier qu’un seul adversaire à sa taille, la Chine, et à classer le reste du monde en deux catégories : les « embedded » — et ceux qui doivent l’être — et les « troublemakers » — dont l’Union européenne, et la France en particulier.

    – Sa vision du monde est strictement « business ». Son seul Dieu est le dollar. Il ne se soucie que des intérêts économiques des États-Unis (croissance de leur autosuffisance, développement de leurs ressources en matières premières, développement de leurs exportations). Pour lui, conquérir, c’est s’emparer, non plus du territoire de l’ennemi, mais de ses sous-sols et de ses parts de marché. Le « deal » — du « handshake » à la menace verbale — est son outil privilégié pour y parvenir. Le canon n’est que le recours qu’il emploie avec ceux qui le défient ou se placent résolument dans le camp adverse.

    – La « morale internationale », concept fumeux né au lendemain de la Première Guerre mondiale (Société des Nations) et justifié par les atrocités de la Shoah (« Plus jamais ça »), est le cadet de ses soucis. Il refuse le rôle de « gendarme » de ce monde-là que jouent les États-Unis depuis 1941. Mais il sait en utiliser les oripeaux pour paraître « good guy » quand, en réalité, il ne défend que les intérêts économiques, donc stratégiques, de son pays.

    – Homme d’affaires avant tout, il est dominé par une aversion quasiment pavlovienne pour tout ce qui est ou lui semble « de gauche », qu’il s’agisse de politiques (l’Obamagate, mais aussi le wokisme) ou de personnalités (du socialiste fantoche Macron à l’abominable démocrate Hillary Clinton). C’est aussi sa psychologie de « businessman » qui le conduit à diviser ses pairs en trois catégories : les puissants, peu nombreux (Xi Jinping), et ses « amis » (Netanyahou, Meloni, Milei…), qu’il respecte publiquement ; les faibles, qu’il piétine sans merci (Maduro, Macron, « Bruxelles »…) ; et ceux qu’il veut attirer dans ses filets, auxquels il applique, parfois le même jour, le traitement du bain trop chaud, puis glacé (Poutine, Zelensky…).

    – Atteint — comme beaucoup d’autres parmi les dirigeants politiques — du syndrome du « primo inter pares », le 47ᵉ président des États-Unis ne poursuit qu’un rêve : s’installer dans l’Histoire — américaine et mondiale — au moins à la même place que les « Fathers of the Nation ». Le prix Nobel de la paix, déjà obtenu par Roosevelt, Wilson, Carter et Obama, ne lui suffira pas. D’où l’emploi incessant de superlatifs souvent ridicules, mais qui plaisent à son électorat (« wonderful », « fantastic », « sublime », « magnificent »…), et la toute récente trouvaille de l’expression « Donroe Doctrine ». Rares sont ceux qui, développant un tel hubris, sont parvenus à éviter la roche Tarpéienne…

    Plus que toute autre action du président américain en 2025, l’« opération militaire spéciale » — réussie, celle-là — qui a permis la capture de Maduro obéit en tous points à cette analyse des comportements de Trump :

    – Le Venezuela gênait la reconstruction indispensable de l’hégémonie de Washington sur l’Amérique du Sud — avis sans frais à ceux qui font de même ;

    – Le pays regorge de pétrole — les compagnies pétrolières américaines, expulsées sans indemnité par le régime bolivariste, devaient pouvoir reprendre leurs biens et en tirer profit ;

    – Maduro n’était pas un président légitime, son pouvoir n’étant pas reconnu par la Maison-Blanche — la nouvelle présidente a tout intérêt à bien se tenir… ;

    – Maduro était un communiste enragé et cherchait la bagarre depuis longtemps ;

    – Maduro était un gros bonnet du trafic de drogue et, de ce fait, tuait chaque année des milliers d’Américains… Sa mise hors d’état de nuire relève donc de la légitime défense. D’ailleurs, la police fédérale le recherchait depuis 2019.

    Ajoutez à cela l’extraterritorialité du droit des États-Unis, que nul ne conteste vraiment, les images démontrant un respect absolu du criminel et de sa complice, le « sans-faute » tant à Caracas qu’à New York… et le tour est joué… Circulez, il n’y a rien à dire… On peut même applaudir si, comme prévu par la Maison-Blanche, tout se passe comme annoncé — retour au calme, puis élections — la fin du cauchemar qu’ont vécu les Vénézuéliens depuis vingt-cinq ans.

    Il est vrai que, hormis de belles envolées sur le respect du droit international, Trump peut dormir tranquille : nul ne songera à demander à la CPI de s’occuper de son cas… encore moins à l’ONU, qui, comme prévu, s’est couchée.

    Au lieu de fulminer de temps à autre et de se battre à la petite semaine, au coup par coup et sans réelle vision de l’avenir du monde, contre ce qu’ils qualifient de « foucades » ou d’« humeurs » de Trump, ceux qui sont confrontés à son pouvoir — et d’abord les Européens — auraient tout intérêt à analyser ses actions, parfois spectaculaires, à l’aune de ce portrait, qui tente d’expliquer que Donald, loin d’être « crazy », est on ne peut plus cohérent et sait très exactement ce qu’il veut et où il va.

    Quand il dit, il fait… « Le Groenland ? Dans deux mois… », a-t-il annoncé. Que les Inuits, comme le président colombien, serrent les fesses… D’ici là, Nuuk aura été soutenue par les Européens… à coups de menton et de froncements de sourcils, alors que le Vieux Continent devrait se décider à voir l’Occident depuis le pôle Nord. C’est ce qu’a fait Trump… et il s’est aperçu que la Chine et la Russie — si elle reste sa vassale — avaient tout intérêt à s’emparer de ces terres glacées pour y installer, l’une, ses « routes de la soie », l’autre, des bases militaires, les deux se trouvant ainsi à la porte de son territoire…

    Trump voit là un problème de « sécurité nationale », quand les Européens, eux aussi menacés par une éventuelle conquête du Groenland par Poutine et Xi Jinping — leurs bateaux de commerce, plus ou moins espions, y sont déjà présents — en sont encore à le qualifier de pirate… La sagesse voudrait pourtant que, constatant qu’ils n’auraient ni les moyens militaires ni les moyens politiques d’intervenir si cette éventualité survenait, ils se rapprochent de Washington pour envisager une défense commune de cette île immense… qui, rattachée à l’Union européenne via le Danemark, est géographiquement une terre du continent américain.

    PS : On remarquera qu’en juin dernier, Macron est passé en coup de vent au Groenland pour dire tout son soutien et sa colère… Rien n’a bougé. Quatre lettres — SOON — et une carte recouverte de la bannière étoilée, postées sur X par l’épouse d’un conseiller américain… et la tempête se déchaîne… Voilà où en est la puissance de la France… Le néant, masqué par l’enflure. N’est pas Trump qui veut…

  9. La Suisse vient de geler tous les avoirs, pour un montant de dix milliards de dollars, que ce dictateur communiste, Nicolás Maduro, a volés à son peuple, tout en le laissant dans une pauvreté et une malnutrition immenses.

    Il mérite quarante ans de prison ferme et que tous les biens immobiliers soient saisis et vendus aux enchères pour être distribués aux plus pauvres.

  10. @ ALFRED LELEU

    Sympa votre commentaire dans la veine d’Audiard. Et pertinent de surcroît. Car vous avez sans doute raison avec votre pénultième paragraphe :
    « Et si ça coince, tu me diras ? Alors là, Trump lâche direct les biffetons : un million de dollars par famille pour faire la belle vers l’Amérique, qu’il annonce ! À ce prix-là, on n’en verra pas bézef des pécores du coin pour jouer les difficiles : le gorgeon gratuit et à vie, ça peut faire rêver. Fais le compte : 20 000 familles à un million de dollars l’unité, l’affaire est conclue à vingt petits milliards. Donné ! »

    Je ne crois guère à une intervention musclée des US au Groenland. En revanche, un achat, non pas de la terre, mais de ses habitants semble tout à fait probable…

  11. Ce matin, j’ai été chercher le Canard ; le titre de la une est explicite, avec une pointe d’humour, mais sans l’eau de Seltz qui siérait au Dry January.

    Je nuancerais le mot ivre pour Trump : il l’est sans aucun doute, mais ce qui l’a fait basculer dans sa tête, le fait d’avoir les ratiches qui rayent le fond de sa baignoire, c’est l’enlèvement extraordinairement réussi du dictateur du Venezuela.

    Alors il a compris, et pensé sans doute, qu’en possédant tout le fric dont un pays peut rêver, le fond et le matos à sa pogne, rien ne pouvait plus lui résister.

    C’est un « too much ». Nous en avons vus, de ces types, mais à la fin, c’est la mauvaise chute, le grain de sable. Il faut se rappeler :
    l’opération Eagle Claw, la tentative de sauvetage des otages américains en Iran en avril 1980. C’est l’un des plus grands échecs des forces spéciales américaines, marqué par un accident mortel dans le désert iranien.
    Mais Trump ne connaît pas l’histoire, ou plutôt, là où les autres se sont plantés, lui a réussi.

    Il a exhibé le scalp du dictateur comme l’ont fait les terroristes du Hamas avec l’une des premières victimes du 7 octobre, une jeune femme dénudée sur le toit d’un véhicule.

    Il a la pastèque énorme, le Chinois en embuscade, et le Cinglé pour lui faire une cuillère alors qu’il pensait aller entre les perches. Il courra sans doute à sa perte, il ne le sait pas encore. Je mets un petit billet, comme celui qui a gagné le pari de l’enlèvement, qu’il va se prendre un ruck qui le sortira du terrain pour traumatisme. On ne méprise pas impunément tout ce qui lui fait obstacle : l’Europe est minable, lui est obèse sous toutes les coutures, il ne peut pas aller bien loin à force de courir avec le compteur dans le rouge. Pas une mécanique n’y résiste.

  12. @ Robert Marchenoir le 6 janvier 2026

    Je vous suis sur l’analyse. Reste à savoir quand les pays émergents vont passer à l’électrique en masse, bien que je pense les Chinois suffisamment malins pour les inonder de leurs bagnoles électriques et de réacteurs nucléaires.

    Il est pour l’instant annoncé un plateau ; la régression, c’est pour dans quelques années.

    Consommation mondiale 2024 : record historique, ~101 Mb/j.
    On constate une croissance en fort ralentissement, +0,8 %. La part du pétrole dans l’énergie mondiale : < 30 % est un seuil symbolique qu’il faudra suivre. La demande future s’oriente vers un plateau, tirée par les pays émergents. Les prix du baril devraient baisser, et le pétrole du Venezuela, de fait, sera difficilement rentable et difficile d’accès techniquement, ce que vous avez annoncé : c’est factuel.

    Pour la petite histoire, la production pour les États-Unis est en tête, Russie et Arabie saoudite en recul. Un plateau n’est jamais bon signe : les producteurs vont se déchirer dans les années à venir.

  13. ALFRED LELEU

    À propos du Groenland, faut arrêter de se berlurer. Cette terre, c’est une baraque immense, trois fois la France, mais vide : un bloc de glace, de caillasse et de silence, avec à peine cinquante mille âmes pour garder la baille. Des vrais branques, ces Inuits, qui passent leur temps à sécher des kils dans des igloos. Un vieux bibard, jadis croisé dans ces confins, me le disait en rigolant : « Ici, t’as plus d’icebergs que de caves pour les compter. »

    Les Inuits se retrouvent estampillés danois par une vape de l’Histoire. Une charte juridique, un mariage forcé : « T’as signé sans lire, et maintenant tu payes l’ardoise. » Le Danemark tient le territoire comme un bouclard lointain, cher à entretenir, pas vraiment rentable, mais bon pour l’affiche morale.

    Trump, lui, arrive en baratineur de première et commence son rebecca. Il ouvre la partie d’autor, annonce l’annexion, et, comme toujours, fait monter la chansonnette, histoire de voir qui est client pour la riflette. Le coup est bien connu : il ouvre au max ; ensuite, il te fait un avantage, et tout le monde croit avoir gagné.

    Derrière le bluff, le vrai business serait peut-être une sorte de location longue durée : l’Oncle Sam allonge l’artiche, le Danemark souffle, et l’affaire est brossée propre.

    Et si ça coince, tu me diras ? Alors là, Trump lâche direct les biffetons : un million de dollars par famille pour faire la belle vers l’Amérique, qu’il annonce ! À ce prix-là, on n’en verra pas bézef des pécores du coin pour jouer les difficiles : le gorgeon gratuit et à vie, ça peut faire rêver. Fais le compte : 20 000 familles à un million de dollars l’unité, l’affaire est conclue à vingt petits milliards. Donné !

    Bref, sous la glace, ça sent surtout la carambouille : du bluff, du pognon, et un territoire traité comme une carte sur une table de jeu.

  14. « Le président Donald Trump se veut gendarme du monde (…) » (PB)

    Mais pourquoi donc s’en prendre uniquement au Président Trump alors que depuis au moins deux siècles ce sont pratiquement tous ses prédécesseurs depuis Thomas Jefferson, ce qui ne nous rajeunit pas, qui ont pratiqué ce sport au nom du droit et de la morale ?

  15. https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/ne-le-dis-pas-%C3%A0-la-population-donald-je-t-en-supplie-quand-trump-affirme-moqueur-que-macron-a-sanglot%C3%A9-sur-le-prix-des-m%C3%A9dicaments/ar-AA1THd8o?ocid=msedgdhp&pc=EDGEESS&cvid=695e244d7b204f38a097dd289371e28d&ei=29

    Je ne sais si c’est vérace ; par contre, quand on a fait les écoles du génie civil, et avec le commerce qui va avec, on vous apprend que ce type de personnage comme Trump — quand vous les rencontrerez — vous vous en méfierez comme de la peste. Je vous expliquerai plus tard.
    Xi Jinping est le même, les couleurs de drapeau sont différentes, mais rien de bien méchant.
    Et quand on n’a plus un sou vaillant dans notre pays, rien n’est crédible.

  16. Eh bien non, la force n’est pas le droit. Tipaza, en sa conclusion, contredit tous les orgueils trumpistes, comme le souligne l’article du Telegraph conseillé par Marchenoir.
    Pascal et ses Coniques l’avaient déjà démontré au dix-septième siècle, quand son instinct littéraire très sûr corroborait ses intuitions scientifiques :

    Justice, force.

    Il est juste que ce qui est juste soit suivi. Il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.
    — — — —
    La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique.
    La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste.
    La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice, et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste.
    Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.
    https://www.penseesdepascal.fr/Raisons/Raisons20-moderne.php

    L’humanité alors en était déjà à confondre justice et nécessité, et à se précipiter dans les erreurs dictées par son orgueil, répétant la faute originelle sans encore savoir discerner le bien du mal, comme le vieil Adam aux origines du texte hébreu, qui pensait pouvoir se prendre pour le créateur de l’arbre auquel on ne doit pas toucher, cédant à la tentation d’une pomme offerte par sa moitié, victime obscurément consentante de sa propre méprise, à déjà se prendre pour ce qu’il n’est pas.
    Depuis lors, l’Histoire n’est que la répétition de cette illusion mortifère qui, d’empire en empire, ne sait pas encore sortir de son infantilisme pour s’apercevoir, comme actuellement le pornographe américain accompagné de ses techno-Césars, que tout ce qui est fondé sur l’admiration de la force illusoire ne sait pas borner son désir hégémonique et meurt de cette incapacité.

    L’Europe a vécu le cycle complet de cette réalité quand, comme le soulignait Sloterdijk dans sa conférence au Collège de France (Le continent sans qualités : des marque-pages dans le livre de l’Europe), le « Allez et enflammez le monde » d’Ignace de Loyola n’a su que finir à Auschwitz et engendrer les mouvements réciproques qu’on observe, qui ne savent que reproduire le vice originel.
    Saurons-nous, en tant qu’Européens, nous identifier comme les témoins de cette réalité et nous penser non comme à l’origine, mais comme engendrés, créés à l’image d’une puissance supérieure qui s’est manifestée et qu’il nous est alors possible d’imiter, tels les petits enfants que nous sommes et à qui il est proposé de naître à nouveau, après tous les désastres ?

    « Ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force, afin que la justice et la force fussent ensemble et que la paix fût, qui est le souverain bien.
    La Sagesse nous envoie à l’enfance. Nisi efficiamini sicut parvuli. »
    https://www.penseesdepascal.fr/Raisons/Raisons2-moderne.php

    https://saintebible.com/matthew/18-3.htm

    Nous saurions alors orienter nos désirs hégémoniques, créateurs de croyance, reconnaissant qu’ils n’ont jamais tiré leur substance que d’une imitation, au service d’une pensée supérieure lentement formulée au fil de la prise de conscience de ce qui, avant tout, était la réalité qu’il nous est désormais loisible de reconnaître à notre juste place de serviteurs de la vérité :

    « C’est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d’opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu’à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l’irriter encore plus. Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre ; quand l’on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n’ont que la vanité et le mensonge ; mais la violence et la vérité ne peuvent rien l’une sur l’autre. Qu’on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales : car il y a cette extrême différence, que la violence n’a qu’un cours borné par l’ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu’elle attaque, au lieu que la vérité subsiste éternellement et triomphe enfin de ses ennemis, parce qu’elle est éternelle et puissante comme Dieu même. »
    https://www.penseesdepascal.fr/Raisons/Raisons4-approfondir.php

  17. Xavier NEBOUT

    Être un chef est une charge et un honneur ; chercher à l’être relève de la folie, et il faut en plus être souvent sans scrupules pour y arriver.
    En ajoutant à cela que le crétin écoute celui qui lui promet le bonheur en s’en prenant à plus riche que lui, et pire, en faisant payer sa postérité, nous avons les magnifiques spécimens qui ruinent notre pays depuis 1981.
    Mais avec Trump, la question se pose de savoir si les USA ne s’en sont pas trouvé un qui surpasse tous les autres, en chef viking à la tête d’une razzia sur la planète.
    Il serait peut-être temps que les veaux songent à se libérer des GAFAM, mais ils n’en sont même pas encore à ce que cela leur vienne à l’idée. À peine l’ont-ils entendu dire que c’est oublié.
    Et puis, un jour, ils vont s’apercevoir que les Chinois sont leur patron.

  18. Robert Marchenoir

    Ambrose Evans-Pritchard, l’un des chroniqueurs les plus brillants du Telegraph de Londres, esprit indépendant, spécialiste de l’économie internationale et bon connaisseur de l’Amérique latine, confirme mon analyse d’il y a deux jours sur l’attaque américaine du Venezuela : c’est une opération désastreuse qui n’aboutira qu’à conforter la Russie et la Chine.

    Il vaut la peine d’en citer intégralement le début :

    Trump a entraîné les États-Unis dans une joint-venture avec une kleptocratie gauchiste

    La tentative de pillage du Venezuela s’avérera bientôt futile, car le monde est en train d’abandonner le pétrole

    « C’est la Russie et la Chine qui sortent vainqueurs de la tentative de pillage colonialiste menée par Trump au Venezuela, accompagnée par une trahison désinvolte des forces démocratiques du pays. »

    « Vladimir Poutine et Xi Jinping perdent certes un pion stratégique (qui était, pour eux, un vassal coûteux et incompétent), mais ils remportent un avantage beaucoup plus décisif : la légitimation de leur suprématie impérialiste dans leurs sphères d’influence respectives, associée à la perte croissante de crédibilité politique des États-Unis. »

    « Il ne reste pratiquement plus rien de l’ordre moral et juridique que nous appelions jusqu’à présent l’Occident. »

    « Trump peut s’imaginer qu’il a réussi un coup de maître en s’assurant le contrôle à distance des plus grandes réserves connues de pétrole dans le monde, mais les sables bitumineux lourds de la ceinture de l’Orénoque n’ont pratiquement aucune valeur au cours actuel, proche de 60 dollars le baril. »

    « D’ici dix ans, ils vaudront probablement encore moins, au fur et à mesure que la Chine, l’Europe et les autres régions du monde importatrices de pétrole (soit 80 % de l’humanité) réduiront systématiquement leur demande d’essence et de diesel. »

    Il faut lire intégralement cet article (il y a deux versions différentes du titre, qui sont toutes les deux pertinentes).

    Soulignons qu’une fois de plus, dans cette affaire, Donald Trump a agi avec la perspicacité et la préparation d’un éléphant dans un magasin de porcelaine : au-delà du gros boum-boum à la télé (dont il se vante maintenant qu’il a fait « beaucoup de morts » parmi les Vénézuéliens), il n’a absolument aucun plan pour la suite des opérations.

    Les États-Unis se retrouvent ainsi dans la pire des situations : ils ont pris le risque de violer le droit international par une agression militaire qui les prive de leur légitimité ailleurs dans le monde, mais après avoir cassé leur jouet, ils n’ont aucune idée de la façon dont ils vont le réparer. Le régime communiste toujours en place a déjà commencé à intimider la population et à la mobiliser contre les États-Unis.

    Cela rappelle beaucoup la façon improvisée, lâche et irresponsable avec laquelle Donald Trump a négocié le retrait de l’armée américaine d’Afghanistan pendant son premier mandat, concédant tout aux talibans, puis rejetant la responsabilité de ses actes sur son successeur Joe Biden, sous lequel le retrait a eu lieu.

    La première réaction d’Emmanuel Macron, se félicitant de l’attaque du Venezuela sans la moindre réserve, a péché par amateurisme plus que par malice, à mon avis. Celle de Sarah Knafo, pour Reconquête!, a été exactement la même. Cela montre à quel point l’opposition la plus extrême peut être écervelée lorsqu’il s’agit de politique étrangère : une simple vérification auprès de n’importe quel média pas trop nul aurait permis à Madame Zemmour de constater que rien ne garantit l’arrêt du flot de cocaïne qui inonde la France en provenance du Venezuela, puisque ceux qui l’organisent restent en place.

    Dans les films et dans l’imaginaire gaulliste français, quand on coupe la tête au chef, tout s’effondre car c’est lui qui faisait tout avec ses petits doigts. Dans la réalité, les choses se passent différemment.

    Mais les petites visites de Sarah Knafo et d’Éric Zemmour à des stages de formation et à des événements trumpistes aux États-Unis ont visiblement porté leurs fruits.

    Au passage, je n’ai entendu aucun de nos vertueux grofachos, si empressés à dénoncer les Young Leaders parmi le personnel politique français ces vingt dernières années, s’indigner que des étoiles de l’extrême droite soient allées aux États-Unis devenir des Young Leaders trumpistes, pour ainsi dire. C’est le souverainisme à géométrie variable.

    De même, je n’ai entendu aucun de ces soi-disant patriotes se féliciter que, pour une fois, le chef de l’État se soit montré parfaitement aligné avec « l’ultra-droite ». Le type qui habite la masure de la rue de Rivoli est toujours un gros cochon, quoi qu’il fasse, lorsqu’il n’est pas des nôtres. Ce n’est pas avec des réflexes pareils qu’on va sortir le pays de la mouise où il se trouve.

  19. Patrice Charoulet

    Combien y a-t-il de dictateurs, de tyrans, de souverains cruels et sanguinaires ? Demandez à l’IA, qui vous en donnera la liste.
    Maduro est du nombre. Était. Trump l’a… kidnappé ! C’est original.

    Je n’écoute plus CNews pour les raisons que j’ai dites. Il m’est arrivé, ce matin, de zapper sur cette chaîne Bolloré.
    L’inénarrable Pascal Praud dit : « Bravo ! »

    Je ne pleure pas sur Maduro, je pleure sur les États-Unis, qui furent une grande démocratie et qui sont aujourd’hui dirigés par Ubu Roi.

    Après le Venezuela, le Groenland, Cuba, la Colombie… ?
    Le pire est que personne ne l’arrêtera. Ce dingo a été élu et réélu !

    Pauvres Américains.
    Quand je pense qu’il y a des Français capables de préférer ce président au nôtre.

  20. Qui dit le Droit ?

    Droit international, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, droits de l’Homme, et même droit de l’Humain, qui rejette le caractère générique de l’Homme dans l’expression du droit.
    Le Droit s’impose à nous à la fois dans le contexte international et dans la multiplicité des droits nationaux ponctuels.

    Mais qui dit le Droit, sachant que, dans beaucoup de pays occidentaux, on prête serment sur la Bible ? Dans les pays musulmans, c’est le Coran qui sert de référentiel de la vérité, et dans les pays communistes – un peu comme en France – on prête serment sans référence transcendante.

    Alors, quid vraiment du droit international ?
    On me dira qu’il résulte d’un vote à l’ONU de tous les pays que compte la planète.
    Certes. Mais les mêmes qui ont voté ce droit international, incluant les droits de l’Homme, ne l’appliquent pas toujours chez eux, puisque leur référentiel ne postule nullement le principe d’égalité homme-femme, croyant ou impie, non-croyant ; quant à la force, elle est attribuée au croyant méritant par Allah.

    La vérité est que ce droit international a été créé par les vainqueurs de 1945, principalement sous l’impulsion des États-Unis, appliquant les grands principes du protestantisme. Principes qui ont façonné les États-Unis : les premiers immigrants étaient protestants.
    On sait comment ces principes furent appliqués : les nations indiennes peuvent en témoigner.

    La vérité est que ce droit international, inspiré par les États-Unis, n’a été appliqué par ceux-ci que dans le cadre de la défense de leurs intérêts.
    Même saint Obama ne s’est pas gêné pour mettre en place l’extraterritorialité des lois fiscales, au sens large, et imposer le contrôle américain aux banques étrangères.

    Le mérite de Donald Trump est d’avoir mis fin à cette hypocrisie et d’avoir affiché, sans complexes, que la force, c’est le droit.

    Vérité éternelle, que nos bien-pensants ont feint d’ignorer parce que cela les arrangeait.
    Qui peut nier que l’application qui a été faite du droit international et des droits de l’Homme n’a pas favorisé les classes supérieures et défavorisé les classes moyennes et populaires ?
    Appliqué comme il l’a été, le droit est devenu une force qui contraignait les peuples, d’où la poussée populiste.

    De tout temps, la force a été et a dit le droit.
    Mais la force intelligente sait se dissimuler derrière la bienséance du droit et, parfois même, suprême et utile hypocrisie, derrière la morale, qui, comme chacun sait, est élastique.

    La Serbie, l’Irak, la Libye et d’autres pays peuvent en témoigner, sans que Trump y soit pour quoi que ce soit.
    Realpolitik versus grands principes : sujet vieux comme le monde.

    À ce propos, seule Marine Le Pen a eu une réaction digne. Mais je suppose que d’autres intervenants en parleront ; je reste, pour ma part, sur le plan des principes de droit.

    Espérons que Donald Trump ne soit pas grisé par l’usage réussi de la force au Venezuela et qu’il assouplisse quelque peu l’usage de sa force, qui est grande.

    Il a beau dire qu’il est le plus fort, ce qui est vrai, il ne doit pas oublier que l’union fait la force, et que s’il fait l’union de tous contre lui et les États-Unis, il ne sera plus le plus fort.
    Et pire encore : il ne dira plus le droit.

    P.S. — Petit hors-sujet pour ceux qui s’intéressent à l’histoire des États-Unis :
    Pratiquement en même temps que les immigrés protestants anglo-saxons vinrent des catholiques français dans ce qui devint brièvement la Nouvelle-France, avec le Canada et l’immense territoire qu’était la Louisiane française.

    Voici comment un historien américain décrit la colonisation de l’Amérique :

    « La civilisation espagnole a écrasé l’Indien ;
    la civilisation anglaise l’a méprisé et négligé ;
    la civilisation française l’a étreint et chéri. »

    Francis Parkman — historien américain (1823-1893)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Parkman

  21. Les raisons cachées de l’intervention de Donald Trump au Venezuela : ennuyer les Chinois qui se fournissent en pétrole auprès de Maduro. Trump est en effet obsédé par les succès économiques de la Chine, un autre empire qui menace les intérêts américains.

    Le Venezuela détient dans son sol de l’or et quantité de minerais inexploités par la junte funeste de ce pays. Ce que veut Trump, c’est rétablir de la prospérité dans un pays ruiné par les amis de Jean-Luc Mélenchon et de Fidel Castro. Rétablir le développement du pays et éviter son corollaire : la fuite de millions de gens qui déstabilisent les pays riverains, ainsi que le trafic de drogue (toute comparaison avec la situation française n’est pas la bienvenue aux yeux des gauchistes immigrationnistes !!).

    Mais le hic est flagrant : que faire à l’étape suivante, alors que le système bolivarien qui sévit au Venezuela est encore en place ? Les Américains interviennent efficacement dans un premier temps et défaillent dans un deuxième temps pour établir une gouvernance vertueuse dans des pays qui n’en ont jamais connu !

    Le Groenland est crucial en ce qu’il sera la voie de passage, grâce au réchauffement climatique, des navires chinois, obligés aujourd’hui de passer par une route longue (le canal de Suez) contrôlée par les USA (Méditerranée). À terme, leur route serait plus courte et donc économiquement plus rentable : une menace pour les Américains ! Le Groenland est bien un enjeu de pouvoir géopolitique.

    Le jeu avec Vladimir Poutine serait le suivant : sacrifier l’Ukraine et accéder aux revendications de la Russie pour l’arrimer aux USA et contrer les Chinois.

    Plausible, non ?

  22. Macronibus pourrait lui aussi nous faire du Trump :

    Par exemple, conduire une opération militaire en Algérie pour enlever Tebboune, au motif de narcotrafic, de dictature, d’oppression de son peuple, etc., le pétrole du Sahara n’étant qu’un gadget, bien évidemment.

    Mais, d’après ma boule de cristal et les successions de flops et de fiascos habituels qu’enregistre ce pouvoir de guignols macroniens, je crains fort que le résultat ne soit pas celui escompté et qu’après un raté monumental, nous voyions sur les écrans du monde entier papy Tebboune promener notre micronibus, en laisse, dans les rues d’Alger, devant des foules en délire.

    Mais hélas, ce n’est qu’un rêve.

  23. Il arrive parfois que des opérations bassement intéressées aient un effet salutaire.

    C’est le cas de l’enlèvement du président du Venezuela, accusé par Donald Trump d’être un narcotrafiquant notoire — en espérant toutefois qu’un régime véritablement démocratique puisse s’installer dans ce pays, qui connaît une dictature depuis 1999, avec Chávez puis Maduro.

    C’est également le cas des frappes américaines contre des groupes islamistes au Nigeria, qui massacraient des chrétiens. Mais il y a beaucoup de pétrole dans ce pays…

    Il est clair que Donald Trump n’a rien d’un humaniste. Tout ce qu’il entreprend est dicté par ce slogan : « Make America Great Again » (MAGA).

    Reste maintenant à savoir jusqu’où le président américain est capable d’aller dans sa mégalomanie. Ill semble ben décidé à s’approprier le Groenland, dans les deux mois à venir.

    Mais là, c’est peut-être aller un peu trop vite en besogne…

  24. Si l’on pense que la drogue est un fléau contre lequel il faut guerroyer et qu’on ne se paie pas de mots, la capture d’un chef d’État qui l’avalise a une certaine logique. Et je dirais que la criminalisation de la drogue nous montre encore un visage inquiétant. Après la Prohibition, providence des mafias, casus belli ! Enfin, d’un mal peut sortir un bien : le président capturé n’étant jamais qu’un président illégitime qui exerçait un pouvoir dictatorial, ne donnant même pas la consolation d’un développement économique, comme en Chine, discrètement invitée à s’écarter du continent américain, attirant pour ses matières premières.

    Ah, la drogue : prohibition donc crime, et à présent, prohibition donc crime soutenant l’islamisme ! Franchement, si je remontais le temps, je dirais notre situation pour tout légaliser, au lieu de nous voir pris dans le piège où nous sommes. Parce qu’il est vrai qu’on ne peut que combattre ce qui enrichit les ennemis islamistes, ce qui signifie geler une situation qui, à la base, est liberticide et mafieuse, et mère de casus belli en prime.

    Cependant, la situation est très mauvaise. Tout pays pourra en accuser un autre d’être mouillé dans la drogue pour intervenir chez lui, vu que je ne vois pas où il n’y a pas de drogue. Et puis ce point occulte : que l’Amérique intervienne dans un pays qu’il faut rendre au plus tôt à sa forme démocratique ! Le retour des exilés, un développement passant par des matières moins sujettes à controverse que la drogue sont possibles. Il faut rappeler cette priorité et défendre le Groenland des appétits de Trump : au lieu de jouer les irresponsables en allant là où tu n’as aucune légitimité, sois responsable du Venezuela, dont ton action t’a fait le garant d’une transition démocratique. Bien sûr, on peut le dire d’une façon flattant davantage la vanité de Trump.

  25. Patrick EMIN

    Force est de constater que nous assistons à une multiplication préoccupante de démocraties (sous réserve que l’Amérique de Trump soit encore une démocratie car je n’en connais guère qui pratiquent le kidnapping de chefs d’État) qui, sous couvert de légitime défense, adoptent des postures ouvertement offensives. Cette stratégie, qui invoque le vieil adage selon lequel la meilleure défense consisterait à attaquer, mériterait une justification plus substantielle que celle qui nous est actuellement proposée.

    Prenons le cas vénézuélien, qui constitue à cet égard un exemple particulièrement révélateur. Car il s’agit bien d’une déclaration de guerre, même si le vocable officiel se garde prudemment d’employer ce terme. Quelle menace existentielle le Venezuela pourrait-il bien représenter pour la puissance américaine ? L’absurdité d’une telle prétention saute aux yeux. L’argument narcotique ne résiste pas davantage à l’examen : les États-Unis demeurent les premiers artisans de leur propre crise des opioïdes, en effet Monsieur Maduro n’a obligé aucun Américain à se droguer. Quant à l’accusation selon laquelle le président Maduro dirigerait un cartel de trafiquants, elle confine au grotesque – d’autant que le fléau majeur qui ravage le territoire américain, le fentanyl, trouve son origine en Chine. Monsieur Trump n’a-t-il pas eu l’audace, ou peut-être le courage, d’envisager une opération similaire à l’encontre du président chinois ?

    Au regard du droit fédéral américain, la thèse d’intérêts vitaux menacés par le Venezuela s’effondre totalement.

    Je préfère, paradoxalement, la franchise brutale avec laquelle Monsieur Trump énonce sa véritable intention : s’approprier les ressources pétrolières vénézuéliennes. Cette clarté, aussi choquante soit-elle, possède au moins le mérite de l’honnêteté. Il m’en coûte de reconnaître un quelconque mérite à Monsieur Trump, mais cette transparence dans la prédation – qu’il s’agisse du pétrole vénézuélien, du Groenland ou du canal de Panama – présente l’avantage indéniable de la limpidité. Elle ne souffre aucune ambiguïté, ne nécessite aucun commentaire additionnel, même si elle demeure, naturellement, parfaitement indéfendable tant sur le plan humanitaire que juridique international.

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