Le docteur Amar : la gloire d’un modeste…

Depuis quelques jours, je garde sous le coude un article du Parisien consacré au docteur Roger Amar. Celui-ci, décédé à la fin du mois de juin, « était devenu, au fil des décennies, une figure emblématique du quartier populaire des 4000, à La Courneuve ».

J’ai sauté le pas et écrit ce billet parce qu’il est des moments où il y a comme une ardente obligation d’aller chercher, partout où elles se trouvent, la générosité, le dévouement, l’altruisme et une forme d’allure dont la présence ne dépend pas des conditions sociales.

Il y a partout, dans tous les milieux, quelle que soit l’activité, des trésors d’humanité et de vertu qui, non seulement font honneur à ceux qui les côtoient, mais permettent aussi de fuir un pessimisme trop facile dans le regard qu’on porte sur l’humanité. Tout n’est pas perdu puisqu’elles existent.

Quand Antoine Blondin écrivait ses éblouissantes chroniques sur le Tour de France, il évoqua un jour cette vision : traversant un village, une jeune fille lui était apparue, gracieuse et souriante, et, face à cette « pépite », il s’était demandé, presque tristement, quel serait son futur dans cette campagne anonyme. Pourtant, il y a des destins qui sont plus forts, plus puissants que la fatalité prétendant dicter leur cours.

Loin de moi l’envie de tomber dans la démagogie, mais comment ne pas saluer comme il convient la personnalité du docteur Roger Amar, aimé et apprécié de tous, selon le maire Aly Diouara, ne comptant pas ses heures, toujours disponible, ne faisant payer ses patients que lorsqu’ils en avaient les moyens ? Comment ne pas rendre hommage à un tel homme face à tant de célébrités usurpées, de pompes ridicules et de jugements parfois injustes portés sur certaines banlieues parce qu’une minorité de voyous ternit la réputation d’une majorité d’honnêtes gens ?

La gloire de tous ces modestes importe parce que leur admirable quotidienneté apporte un bienfaisant contrepoint à ce que la fureur du monde et l’état dangereusement effervescent de notre pays ont d’angoissant. Elle démontre aussi, face aux idéologies réductrices et aux intégrismes haineux, le poids considérable des pratiques professionnelles et sociales simplement humaines.

Allant bien au-delà de la cité des 4000, la destinée du docteur Amar révèle que personne, pas même le responsable politique le plus engagé et le plus accaparé, ne peut s’exonérer de la morale. Tout finit par se savoir : les personnalités et les comportements qui trahissent leurs principes comme ceux qui les honorent. Avec le citoyen comme juge.

Docteur Roger Amar, j’aurais aimé pouvoir vous serrer la main.

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Voir les Commentaires (36)
  1. Tipazaavonarole

    @ Savonarole – le 31 juillet 2026

    Tiens, Savonarole est vivant !
    Il a retrouvé dans son armoire à pharmacie le vaporisateur de vinaigre acide que lui avait légué sa belle-mère.
    Tout est normal.

  2. Robert Marchenoir

    @ Savonarole – le 31 juillet 2026

    Ça valait bien le coup de remontrer le bout du museau pour lâcher un pareil paquet d’ordures. Cette fois-ci, vous ne venez plus pour vous attaquer aux commentateurs comme ce fut votre habitude ; vous frappez directement à la tête.

    Un petit bijou de perversité, votre commentaire. L’art si français de dissimuler dans un bas de soie ce que désigne la maxime bien connue. Critiquer une prétendue « judéophilie » pour lâcher en douce un jet d’antisémitisme… tout en se revendiquant anti-nazi : chapeau l’artiste !

  3. La judéophilie de Philippe Bilger commence à devenir gênante, surtout pour les Juifs, qui n’en demandent pas tant, surtout venant de lui.
    PB ne s’est jamais remis de son papa, Joseph. Dès lors, il s’est mis en tête que tout Juif est un génie. De Goldman à un obscur médecin de quartier, tous sont des génies…
    Quelques séances de psychiatrie devraient pouvoir résoudre ce problème.

  4. La monarchie dans toute sa splendeur, et 10 000 000 de pauvres qui contemplent :

    https://www.msn.com/fr-fr/finance/autres/les-avantages-impressionnants-de-ya%C3%ABl-braun-pivet-%C3%A0-la-t%C3%AAte-de-l-assembl%C3%A9e-nationale/ar-AA28Qboj?ocid=msedgntp&pc=ACTS&cvid=6a68cb46ed534f95bec9daa18a4a4b79&ei=20&cvpid=6a68cb96c6df46d5964f9a3a22e88c22

    Dans le privé, le salaire et les primes sont le corollaire des résultats. Dans notre pays, on récompense la dette, la nullité et l’épaisseur de la charge de la dette, qui équivaut au budget de l’Éducation nationale. Nous sommes fous !
    Des personnages qui travaillent gratuitement, toute une vie d’abnégation, et d’autres, élus temporaires, qui nous mettent au fond du puits, sont récompensés. La valeur n’a plus de sens. C’est désastreux.

  5. « La gloire d’un modeste… »

    Quand je pense à toutes les Légions d’honneur distribuées comme des petits pains, je me dis qu’elle ne vaut plus grand-chose, sans compter le clientélisme ou mercantilisme qui vont avec.

    Au fond, ce billet vaut bien toutes les reconnaissances.

    « Légion d’honneur : une promotion casseroles
    Marlène Schiappa, Olivier Dussopt, Amélie Oudéa-Castéra, Sylvie Goulard ou encore Stéphane Courbit sont promus ce 18 janvier malgré les affaires dans lesquelles ils ont été éclaboussés à des degrés divers. »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/180125/legion-d-honneur-une-promotion-casseroles

    Et puis celle que je trouve extraordinaire, Marie Curie, elle considérait que la science n’avait pas besoin de récompenses politiques. Elle était méfiante envers les institutions et les distinctions officielles, estimant que ses découvertes appartenaient à l’humanité, pas à un État.

    Cela n’a rien changé, les hommes, les humains, adorent la vitrine, se faire gratter le ventre, la reconnaissance par une breloque, un truc que l’on affiche…

    Je ne connaissais pas ce personnage, mais je suis sûr que ces lignes valent plus que tout. Marie Curie a refusé, elle savait au fond d’elle-même que ça ne valait que pouic. Cela permet aussi d’afficher un référentiel qui ramène l’obtention aujourd’hui à un spectacle un peu mercantile, qui perdurera forcément : la reconnaissance est un moteur puissant.

  6. hameau dans les nuages

    @ duvent le 26 juillet 2026
    « Dieu est là pour ceux qui en ont besoin »

    Je suis bien d’accord. Notre église est ouverte tous les jours, ce qui est rare. Elle était peu fréquentée, surtout en dehors des offices. Depuis six mois, des cantiques basques, bretons, un magnifique Ave Maria ou encore des morceaux d’Arvo Pärt résonnent dans l’église, et le très joli autel est à nouveau éclairé. Les gens reviennent, se recueillent et allument parfois un cierge. Un souffle d’espérance pour des personnes dans la douleur. Certains sortent en pleurant, d’autres glissent un mot sur le cahier des Compostéliens pour remercier. Il suffit parfois de très peu de choses pour espérer à nouveau.

    https://www.youtube.com/watch?v=Pr0hMlc_SfM&list=LL&index=63

  7. Si un Dieu qu’on qualifie souvent de tout-puissant a créé un monde de souffrance et de mort, il est responsable des maux qui s’y déroulent.

    Comme il aurait, pense-t-on, créé la matière, le temps et le raton laveur, on peut dire que sa création est très loin de lui, sur un autre plan,
    sans rapport avec lui et tellement inférieure et souillée ! Cela forme quelque chose qui est son inverse absolu. D’intemporel, il devient temporel. Le tout-puissant, pur et pérenne donne le tout impuissant, impur et transitoire… L’univers apparaît comme un déchet de Dieu, le mot en cinq lettres, pour être plus exact.

    Si on rapproche cela des mythes où Dieu provoque la fin du monde, on pourrait le traduire par le fait qu’il tire la chasse. Quoiqu’il semble qu’une chose soit certaine :

    – Il n’y a rien de moral dans ce monde. C’est tellement vrai que les gens rêvant d’une vie après la mort s’imaginent souvent que les bons, comme eux, seront récompensés et les méchants, comme évidemment les autres, seront punis.
    – Dans le monde, il y a la mort, non seulement du raton laveur, mais aussi des étoiles et, en général, semble-t-il, de l’univers. Que Darius, Jean-Michel, Mohamed ou Indira suivent la règle d’or ou non ne change rien à l’affaire. Par contre, il est, qui sait, possible que les humains parviennent à pérenniser l’univers et à en faire un monde plus habitable pour eux. Le scarabée, autrefois sacré, fait ce que nous pouvons accomplir à une autre échelle.

    https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/vraiment-nature-ici-vaucluse/le-bousier-l-insecte-le-plus-proche-de-l-homme-dans-son-fonctionnement-meme-en-hiver-9777093

    Il n’est pas dit que le créateur tout-puissant s’en offusque. Il a certes créé un univers non harmonieux et non pérenne, mais sans y mettre d’intention et sur un autre plan que le sien… Son indifférence dépasse de loin tout ce qu’on peut imaginer. Enfin, si l’on déduit de l’œuvre la nature de l’artiste, ce qui est, en vérité, la seule manière dont on puisse le concevoir…

    Bien sûr, un tel univers est, comme on l’a vu, fragile, et il n’est pas étonnant que l’être humain le détraque encore un peu plus dans ses premiers efforts pour le changer… Mais, en vérité, il apprend à nettoyer derrière lui, si vous suivez le feuilleton, on dira après les marées noires, et il se pourrait qu’on fasse de l’électricité à partir de bien peu :

    https://korii.slate.fr/tech/nettoyer-marees-noires-scientifiques-decouverte-accidentelle-petrole-mer-liege-lasers

    Bien sûr, toutes les pistes ne sont pas bonnes, mais, en science, ce n’est pas comme en théologie, où l’on ne sait même pas si l’objet de l’étude existe ou non ; on n’est pas dans une discipline où les chemins ne mènent nulle part. Comme le lion tourne dans sa cage et en devient d’autant plus dangereux.

    Au fait, autre chose : rien ne prouve qu’il y ait un dieu, aucun, ou mille dieux assez peu puissants et assez peu capables de rendre le monde moins dur ou un peu plus pérenne.
    Mais on avouera que l’on évolue dans un monde plus sympathique quand les dieux font ce qu’ils peuvent dans le monde, ainsi que le symbolise notre brave bousier.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Scarab%C3%A9e_(amulette)

    Les humains sont vraiment des êtres en pleine détresse. Pas étonnant qu’ils appellent au secours, mais il faut vraiment se l’imaginer pour croire qu’on nous envoie quelque secours, oui, comme on croit voir un sourire dans les nuages ou des figures, telles que la Lyre, dans les étoiles. Bien sûr, cette propension à reconnaître de la familiarité dans le monde va avec notre vie sociale : se reconnaître, ou voir un prédateur ou une proie, et avec notre gros cerveau. Et, en plus, cela aide puissamment l’art et la science.

    Et, en plus, cela fait que l’on peut avoir un sentiment exaltant d’être relié au monde… Je n’en dirais donc pas de mal. Mais il y a un temps pour tout : s’enchanter et se désenchanter, et il me semble que la quête de vérité soit, à l’inverse de celle de la beauté, désenchantante…

    Bref, si les paramètres de l’univers semblent si bien réglés, ce peut être parce qu’il y aurait un multivers, certains univers n’étant jamais advenus, d’autres ayant avorté, d’autres semblables au nôtre et d’autres, qui sait, meilleurs ou pires, que, de notre point de vue, on pourrait appeler paradis ou enfer.

    Autre chose : il arrive que l’improbable advienne. Ne confondons pas improbable et impossible, parce que, de loin, ils se ressemblent.

    Jusqu’à plus ample informé, à chaque fois que l’être humain a cru que l’univers ou son auteur lui parlait et qu’il sortait quelque argument irréfutable de derrière les fagots, il n’entendait jamais que l’écho de sa propre voix.

  8. @ Marc Ghinsberg
    « Chère duvent, vous ne faites que repousser la question : votre Dieu, d’où vient-il ? Du néant ? Comment et par qui a-t-il été créé ? Ou alors il existe de tout temps, dans ce cas-là autant dire que l’univers existe de tout temps, on économise Dieu au passage, ce n’est pas rien. »

    Dieu est là pour ceux qui en ont besoin !
    Moi, je suis une partie du néant infiniment vivant, ne quid nimis !

  9. michel.delure@orange.fr

    @ Pondichéry 26/07/2026

    De la confrontation – pacifique s’entend ! – des idées avec l’Autre, on s’enrichit toujours.

  10. @ duvent @ Marc Ghinsberg @ Michel Deluré

    Ben dis donc, j’aurais tout vu, même le blog devenir un lieu de méditations métaphysiques !
    J’enfile ma bure de moine de sagesse et je participe.

    Oublions les religions et les dogmes qui les accompagnent ; humains, trop humains, ils ne méritent pas qu’on s’écharpe pour eux.

    Il reste deux énigmes fondamentales qu’on ne peut esquiver : le temps et la conscience.

    Le temps d’abord.
    Il est créé avec la matière lors du Big Bang, il est tributaire de la matière.
    On ne le connaît que par son évolution, la flèche du temps, et celle-ci dépend de la matière.
    On ne vieillit pas à la même vitesse au bord de la mer que dans la haute montagne.
    Si donc il est un créateur, appelé Dieu, étant hors de la matière, il est aussi hors du temps. Ce qui veut dire qu’il n’est pas éternel ; il serait alors impliqué dans le temps, mais il est, ou serait, intemporel.
    Ce temps nous conditionne, et nous n’avons aucun moyen d’action sur lui, alors que nous pouvons agir sur la matière, éventuellement en la détruisant.
    L’univers est en extension, mais dans quoi s’étend-il ? On ne saurait parler de vide, puisque celui-ci est lié à la matière et donc au temps. Il évoluerait donc dans le néant en se créant !

    Et donc, soit l’univers s’est autocréé, y compris dans son évolution spatio-temporelle, soit il a été créé.
    Dans les deux cas, les scientifiques constatent que les constantes fondamentales qui régissent les lois de la physique sont ajustées de telle façon que, si l’on modifie l’une quelconque d’entre elles dans des expériences de simulation, l’univers n’est pas stable et ne peut exister.
    Il existe un ordre de l’univers qui semble dépasser la simple règle du hasard et de la nécessité.

    La conscience, à présent.
    Il semble bien que l’évolution de l’univers se soit accompagnée de la création de la conscience, concept difficile à définir, qui implique la conscience de soi, mais aussi de l’univers et de son énigme, que l’on peut qualifier de transcendantale.
    Les peintures rupestres des grottes sont autre chose que des décorations, comme en témoigne le chamanisme, qui en est le descendant.

    L’énigme des constantes universelles montrant la possibilité d’un ordre scientifique dans l’univers, et le sentiment, chez l’homme, dès les premiers âges, qu’il existerait une finalité d’ordre spirituel, tout cela a concouru à la vision d’un Dieu créateur et régisseur de l’univers.

    On y croit ou pas, peu importe. Cet ordre universel existe au-delà du hasard et de la nécessité.

    1. Marc Ghinsberg

      Chère duvent, vous ne faites que repousser la question : votre Dieu, d’où vient-il ? Du néant ? Comment et par qui a-t-il été créé ? Ou alors il existe de tout temps, dans ce cas-là autant dire que l’univers existe de tout temps, on économise Dieu au passage, ce n’est pas rien.

  11. @ Marc Ghinsberg
    « L’audace est donc reconnue, assumée, puis dépassée au profit d’une autre audace : celle de regarder en face un univers indifférent, où le simple fait de tenir la main d’un être souffrant devient une révolte discrète contre le néant. »

    Dites donc, Marc, vous ne manquez pas d’audace !
    Mais, vous ne répondez pas à Michel…

    Je vois dans votre propos combien vous êtes habile, vous pourriez ferrer une puce !

    Cependant, il convient de préciser qu’il est faux de soutenir que l’Univers est indifférent, il ne l’est pas, il poursuit un autre but et son projet est autre, que l’homme ne voit ni ne comprend, car l’homme bien qu’audacieux ne peut percer à jour ce qui est incommensurable pour lui, lui, qui n’est pas, il faut le reconnaître, ce qu’il y a de plus important, non, mais il est ce qu’il y a de plus étonnant…

    Par ailleurs, vous ne voyez pas combien il est inconcevable et inacceptable de dire :

    « …le simple fait de tenir la main d’un être souffrant devient une révolte discrète contre le néant. »

    Les mots « révolte discrète » sont si opposés, et si en dessous du réel, qu’ils abîment votre raisonnement qui collapse. L’effet recherché ne peut être atteint, trop d’affectation nuit…
    La révolte contre le sort incompréhensible est violente et il ne peut en être autrement.
    Ce qui est discret, ce n’est pas la révolte contre le néant, c’est le chagrin et la pitié, celui de perdre et celui d’être impuissant. L’ultime douleur étant celle de penser, là réside la révolte.

    1. Marc Ghinsberg

      Vous me dites que l’Univers n’est pas indifférent, qu’il poursuit un dessein que l’homme, trop petit, ne saurait percer. Admettons provisoirement. Je constate seulement que, du point de vue de celui qui souffre et de celui qui tient sa main, ce projet, s’il existe, reste muet. L’indifférence dont je parle n’est pas une thèse cosmologique : c’est l’expérience concrète de l’absence de réponse. Quand un enfant agonise, quand un ami s’éteint, le ciel ne se déchire pas, les étoiles ne s’éteignent pas, le temps continue de battre avec la même régularité absurde. C’est cela que j’appelle indifférence : non pas une hostilité, mais un silence. Et c’est face à ce silence que l’homme, vous le dites bien, apparaît comme « ce qu’il y a de plus étonnant ».

      Quant à la « révolte discrète », vous avez touché juste : les mots se heurtent. Une révolte, par essence, est violente. Mais regardez de plus près. La violence pure, le cri, le poing levé, le défi théâtral, est souvent la plus vaine. Elle s’épuise dans le spectacle. Ce que j’appelle révolte discrète, c’est précisément l’acte qui refuse le spectacle : tenir la main. Non pas pour changer le cours de l’Univers (qui n’en a cure), non pas pour vaincre le néant (qui demeure), mais pour affirmer, dans l’instant même où tout s’effondre, qu’il y a encore quelque chose qui compte. Cette affirmation est d’autant plus radicale qu’elle est sans trompette. Elle ne se proclame pas, elle se fait. Elle n’est pas en dessous du réel : elle est le réel humain à l’état nu.

      Vous avez raison aussi de dire que le chagrin et la pitié sont discrets. Mais c’est précisément parce qu’ils le sont qu’ils deviennent le lieu de la vraie révolte. La douleur de penser, oui, celle-là est violente. Elle déchire. Pourtant, une fois qu’on a pensé jusqu’au bout l’absurdité, il reste encore un geste possible : ne pas abandonner l’autre à sa solitude. Ce geste n’est pas une consolation, c’est une insurrection. Une insurrection sans drapeau, sans discours, sans gloire. Juste une main dans une autre main.

      Alors, oui, j’assume l’oxymore. Parce que la seule révolte digne de ce nom, face à un Univers qui (peut-être) poursuit son dessein inaccessible, n’est pas celle qui prétend le forcer à parler. C’est celle qui, en silence, refuse de laisser le néant avoir le dernier mot entre deux êtres.

  12. L’orgueil de la créature, à ne pas savoir se penser autrement que première, l’amène inéluctablement à contredire ce qu’elle reconnaît pourtant comme étant à même de la sortir du néant.
    L’athée, en ce sens, ne peut donc penser sa finitude autrement que comme un sacrifice, piégé par l’affirmation péremptoire de l’absence d’un sens qu’il n’est pas à même de concevoir, alors qu’il témoigne pourtant l’avoir reçu.

    La contradiction est signifiante au point de démontrer objectivement l’existence de Dieu, quand l’ignorance de la créature l’amène à usurper la place du Créateur et à reproduire la méprise de sa vanité, alors que l’éternité de la parole divine, inscrite dans le texte, témoigne de l’invitation suprême qui lui est faite de ne plus se penser première, mais créée à l’image de Celui qui s’est manifesté, sens définitivement offert pour ne plus penser la finitude comme un sacrifice, mais comme le don gratuit à même de la sortir du néant.
    https://saintebible.com/lsg/1_john/4.htm

  13. michel.delure@orange.fr

    @ Marc Ghinsberg 24/07/2026
    « Pourtant elle repose sur une hypothèse audacieuse, celle de Dieu. »

    En quoi cette hypothèse serait-elle en fait audacieuse ? L’hypothèse inverse, celle de la non-existence de Dieu, serait-elle moins audacieuse ? Si la question de croire ou de ne pas croire en Dieu se pose toujours, cela ne démontre-t-il pas que nous ne savons pas si Dieu existe et qu’il n’est donc nullement audacieux, mais au contraire légitime, de s’interroger sur le sujet ?

    Pouvons-nous prétendre tout savoir sur les premières causes comme sur les fins ultimes ? Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien et pour quelle finalité ? Considérant que rien ne naît de rien, ne sommes-nous pas fondés, face à l’existence de toute chose et notamment du monde, de l’univers, à considérer qu’il y a en fait toujours eu, à l’origine, peut-être même hors du temps, quelque chose, quelqu’un, que certains appellent Dieu ?

    C’est bien parce que nous touchons là aux limites du savoir que nous entrons dans le domaine de la croyance.

    1. Marc Ghinsberg

      Votre interpellation est légitime. Toutefois, il me semble y répondre par avance lorsque j’écris : « Pourtant, elle repose sur une hypothèse audacieuse, celle de Dieu. »

      Cette seule formule justifie pleinement le caractère audacieux de l’hypothèse. Je ne la présente ni comme une évidence, ni comme une vérité démontrée, mais comme un saut hardi au-delà de ce que l’expérience et la raison pure peuvent établir. Et, du même mouvement, je confirme qu’il s’agit bien d’une hypothèse : c’est-à-dire d’une conjecture, d’une proposition que l’on peut poser ou retirer, et non d’une affirmation péremptoire.

      C’est précisément parce que je la qualifie ainsi que je peux, dans la suite du raisonnement, la retirer sans appauvrir le propos. En abandonnant l’hypothèse de Dieu, je ne nie nullement la légitimité de s’interroger sur les premières causes ou sur le « pourquoi quelque chose plutôt que rien ? ». Je montre simplement qu’une autre lecture, purement humaine, absurde et tragique, est possible et même, de mon point de vue, plus exigeante. L’audace est donc reconnue, assumée, puis dépassée au profit d’une autre audace : celle de regarder en face un univers indifférent, où le simple fait de tenir la main d’un être souffrant devient une révolte discrète contre le néant.

      Ainsi, loin de contredire votre questionnement, je place explicitement la question de Dieu dans le registre de l’hypothèse audacieuse, c’est-à-dire aux limites du savoir, là où commence la croyance.

      Bien sûr, vous aurez compris que, pour ma part, je ne crois ni en Dieu, ni au diable, ni au paradis, ni à la résurrection, ni à la vie éternelle, ni à l’Immaculée Conception, ni à la Sainte Trinité, ni au mystère de l’Eucharistie, ni à l’infaillibilité pontificale. Ce sont des croyances que je respecte, mais qui me paraissent, à moi, très audacieuses.

  14. Je crains de jouer les trouble-fête, mais il me semble inquiétant que la seule source de cet hommage à un médecin présenté comme exemplaire soit un communiqué officiel du maire LFI de la commune où il exerçait… et le journaliste du Parisien n’a pas apparemment mené une enquête approfondie pour en savoir plus sur le défunt.
    Il se fait que, ayant vécu au Val Fourré à Mantes-la-Jolie, j’ai connu un de ses collègues, d’ailleurs de la même origine, qui, lui aussi, était aimé dans ce quartier… disons difficile. Il soignait sans faire payer les plus modestes… mais n’a jamais levé le petit doigt pour calmer les « grands frères » qu’il craignait… et n’était pas avare d’ordonnances plus ou moins obtenues sans réel besoin. Ce qui, à mes yeux, avait beaucoup entaché son image…
    Ceci dit, il est tout à fait possible que le Dr Roger Amar mérite l’éloge qui lui est rendu… mais je n’en sais pas assez pour lui donner le bon Dieu sans confession…

  15. hameau dans les nuages

    Il y avait aussi le docteur Raymond Buy (ancien externe des hôpitaux de Paris) à Aïn Tedeles en Algérie qui soignait gratuitement les Maghrébins et a sauvé celle qui allait devenir mon épouse.
    Mais l’Algérie reconnaissante lui a demandé de faire sa valise.

    Comme le dit Robert Marchenoir, il faut aussi éviter de tomber dans le cirque Amar et ses violons.

    Nous allons vivre une époque formidable.

  16. « Tout finit par se savoir : les personnalités et les comportements qui trahissent leurs principes comme ceux qui les honorent. Avec le citoyen comme juge. » (PB)

    Certaines choses finissent par se savoir, évidemment, mais je doute de la justice immanente. Par exemple, voyons quand on sait qu’il y a des crimes non élucidés :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Affaire_criminelle_non_%C3%A9lucid%C3%A9e_en_France

    Songeons aussi que les victimes de transgressions, mineures ou majeures, ne les déclarent pas toutes.
    Et de plus, certaines n’en ont pas conscience, par exemple, il n’a pas tenu à grand-chose que madame Pélicot ignore les abus que son mari tramait contre elle.

    On pourrait me dire que les personnages publics sont plus exposés, et qu’ainsi, on connaît mieux leurs mérites et démérites, mais cela reste à prouver.

    Ce monde est rebelle tant aux bons, qui voudraient y voir la justice, qu’aux mauvais, surpris qu’elle puisse les rattraper.

  17. Où l’on s’aperçoit que les athées sont souvent plus proches de la vérité religieuse, quand le sens de ce qui paraît absurde à nos inconsciences imparfaites éclate en majesté :

    « 25Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité.
    26Si quelqu’un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. 27La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde »
    https://saintebible.com/lsg/james/1.htm

    Ainsi, notre vocation démocratique est très certaine et le chemin tracé, quand on s’aperçoit que les humbles sont l’immense majorité reliée à la réalité humaine : vive la liberté !

  18. Le docteur Amar fait partie de ces « pépites » d’autant plus rares qu’il a vécu dans une commune – La Courneuve – à la sinistre réputation, minée par les problèmes d’insécurité.

    Inconnu du grand public, nous découvrons sa vie exemplaire dans un article d’un quotidien. Preuve qu’il est possible de faire cohabiter le Bien et le Mal, dans certaines circonstances.
    S’il existe un paradis après la mort, je pense qu’il y a toute sa place. Paix à son âme.

  19. Herman Kerhost

    Vous envoyez un pavé dans la figure de ceux qui dénigrent les banlieues à cause d’une « minorité » de voyous, mais vous le faites au moment même où vous la célébrez, non pas parce qu’une minorité, mais une seule figure, le docteur Amar, a vécu, d’après ce qu’il est rapporté, le coeur sur la main. Voilà qui est bien étrange…

    Je crois que vous vous laissez berner par vos sentiments, trop enclin à oublier ce que la raison enseigne.

    Le problème des banlieues, ce n’est pas qu’il ne s’y trouve aucune âme bonne, c’est surtout qu’elles ne sont plus françaises. Et que la délinquance y nuit à la plus banale tranquillité.

  20. Robert Marchenoir

    @ Tiramoglu ben Wafa ben Sultan

    Je m’aperçois que j’ai involontairement dénigré cet honorable gentleman, bien malgré moi. Tout le monde aura rectifié : lorsque je disais que ses éminents mérites en tant que chef de produit étaient injustement reconnus, je voulais dire naturellement qu’ils étaient injustement méconnus.

    Tout comme ceux du comptable Dugenou qui était cher à beaucoup d’entre vous.

  21. @ duvent
    « cet oiseau lorsqu’il regarde entre les branches, sa petite et insignifiante tête s’élève toujours vers le ciel d’été rempli d’étoiles » 

    On remarquera la finesse avec laquelle duvent nous informe qu’elle est une admiratrice d’Emmanuel…
    Je veux dire Emmanuel Kant, celui qui a dit :
    « Deux choses remplissent le cœur d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s’y attache et s’y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. »

    Duvent kantienne, qui l’eût cru ?

    Moi qui suis un modeste, j’aime bien le bruit « du vent dans les branches de sassafras ».
    On y découvre que l’ « on fait des pas droit devant soi, à la manière d’un aveugle, et voilà que la lumière éclate dans les ténèbres et l’on retient son souffle, de peur de marcher sur son ombre ».

  22. « Quand Antoine Blondin écrivait ses éblouissantes chroniques sur le Tour de France, il évoqua un jour cette vision : traversant un village, une jeune fille lui était apparue, gracieuse et souriante, et, face à cette « pépite », il s’était demandé, presque tristement, quel serait son futur dans cette campagne anonyme. Pourtant, il y a des destins qui sont plus forts, plus puissants que la fatalité prétendant dicter leur cours. » (PB)

    Pour ceux qui ont vu Affreux, sales et méchants d’Ettore Scola, le destin est parfois contraire. La jeune fille du début, et, à la fin, les barrières pour toujours… Les dernières images sont terribles pour cette « pépite » qui ne pensait qu’à voir le monde du dehors, ce monde qui était pourtant d’en bas. La misère surplombait la ville.

  23. @ Robert Marchenoir
    « Sauf que ça n’a rien à voir avec la choucroute. »

    En effet, ce que vous racontez n’a rien à voir avec la choucroute et c’est normal !
    Ce que vous ne voyez pas dans le propos de M. Bilger, est immatériel, quelque chose qui vient de l’esprit de cet esprit qui ne vous vient pas…

    Vous voyez ? Non, vous ne voyez pas ? C’est normal, ce n’est pas de la choucroute…

    C’est qu’il arrive tôt ou tard cet instant où on ne comprend pas la raison de cette existence, et puis il reste un petit truc à la con, qui ressemble à un ciel d’été étoilé, il reste ce qui est incompréhensible et beau, au-dessus des porcs qui n’en connaissent rien, mais qui est là, vous l’avez vu, vous aussi, n’est-ce pas ?

    ———-

    @ Marc Ghinsberg

    Vous avez raison ! Mais malgré tout, malgré le néant, les hommes comme M. Bilger ont dans le coeur un oiseau, et cet oiseau lorsqu’il regarde entre les branches, sa petite et insignifiante tête s’élève toujours vers le ciel d’été rempli d’étoiles, en souvenir des êtres qui n’ont fait que passer et que lui aime, moi avec lui…

    Ce n’est rien, ça ne sert à rien, c’est comme ça…

  24. Marc Ghinsberg

    @ duvent

    « Tenir la main de l’homme faible et souffrant, c’est toucher du doigt sa divinité » : la formule est belle, presque consolante. Elle élève le geste jusqu’à l’absolu. Pourtant elle repose sur une hypothèse audacieuse, celle de Dieu.

    Si l’on retire cette hypothèse, le geste ne s’appauvrit pas : il change seulement de nature. On ne touche plus à une divinité, on touche à une humanité nue, fragile, temporaire. Et c’est déjà beaucoup. Car cette humanité n’est pas un reflet d’éternité ; elle est le seul bien que nous ayons en partage, et elle se consume à chaque instant.

    Le destin de l’homme est absurde et tragique : il consiste à rejoindre, après un bref passage de conscience, le néant dont il est issu. Aucune transcendance ne vient racheter la souffrance, aucun au-delà ne justifie le sacrifice. C’est précisément pour cela que le simple fait de tenir la main d’un être qui s’en va prend une gravité immense. Dans un univers indifférent, ce geste n’est plus une dévotion ; c’est une révolte discrète, une affirmation pure de la présence humaine contre l’absence définitive. Il n’ajoute rien à l’éternité, puisqu’il n’y en a pas. Mais il donne, pour un instant, du sens à ce qui n’en a aucun.

    Comme l’écrivait Camus : « Dans un monde absurde, la seule dignité est de refuser de se résigner à la solitude de l’autre. »

  25. michel.delure@orange.fr

    Oui, des gens de bien existent encore, fort heureusement, des gens dont la vie est exemplaire, non seulement parce qu’ils ne se contentent pas de croire en des valeurs mais surtout parce qu’ils s’attachent à mettre celles-ci en application dans leur vie au quotidien, non point pour leur propre satisfaction, ce qui serait égoïsme, mais au profit des autres, ce qui est altruisme.

    Ils sont d’ailleurs plus nombreux qu’on ne le pense, ces gens de bien, mais évidemment peu médiatisés, parce que d’une part généralement modestes et parce que d’autre part victimes d’une sorte de banalisation du bien qui ne paraît pas un sujet suffisamment porteur en regard de l’acte du délinquant. Et puis, parler dans notre monde de morale est finalement tellement terne, ennuyeux, dépassé et sans attrait !

    Alors, tout simplement merci, Philippe, de nous avoir livré la réflexion que vous a inspirée le bel exemple de ce médecin qui met en évidence qu’agir moralement est affaire d’un mélange de liberté, de volonté et de devoir et qui démontre admirablement qu’il faudrait finalement peu de choses pour qu’un monde meilleur advienne.

  26. Robert Marchenoir

    « Des jugements parfois injustes portés sur certaines banlieues parce qu’une minorité de voyous ternit la réputation d’une majorité d’honnêtes gens. » (PB)

    Houlà houlà houlà… nous sombrons là dans le gauchisme le plus bisounoursique…

    Pour commencer, il conviendrait de vérifier que dans les banlieues en question, seule une minorité de voyous nage au milieu d’une majorité d’honnêtes gens. C’est possible, mais nullement certain.

    Tout dépend de ce qu’on appelle un voyou. Est-ce quelqu’un qui a au moins un délit à son actif ? Ou bien cela comprend-il ceux qui mettent leurs pieds sur la banquette, qui diffusent leur « musique » sur haut-parleur, qui passent en un clin d’oeil du « file-moi ton téléphone, mamzelle » à « va niquer ta mère la pute, salope ? »

    De plus, qu’appelle-t-on une minorité ? S’il y a seulement 49 % de voyous dans ces banlieues injustement dénigrées par une majorité de Français ouacistes, est-ce toujours une minorité ? Et à 42 % ? 39 % ? 25,75 % corrigés des variations saisonnières ? Combien faut-il de voyous minoritaires pour rendre un quartier invivable ?

    D’autre part, sont-ce toujours des honnêtes gens s’ils ne fauchent jamais une mandarine à l’épicerie ni ne fraudent aux allocations sociales (allons-y pour les hypothèses invraisemblables…), mais s’ils haïssent « la race blanche et la nation française », selon le coup de tonnerre que vient de déclencher le juge d’instruction dans l’affaire du meurtre véritablement raciste, du coup, de Thomas Perotto à Crépol ?

    Qu’est-ce qu’on en a à faire, qu’ils soient honnêtes ou pas honnêtes, dès lors – par exemple – qu’ils sont majoritaires à appeler de leurs voeux la loi islamique en lieu et place de la loi française, ce qui est le cas des générations d’immigrés les plus jeunes ?

    Qu’est-ce qu’on en a à faire, si en moyenne, ils sont massivement moins intelligents que nous, ce qui les rend incapables de maintenir – ne disons pas d’améliorer – notre civilisation telle qu’elle existe aujourd’hui ?

    Qu’est-ce qu’on en a à faire, dès lors que leur culture, leurs moeurs, la façon dont ils s’habillent, la façon dont ils traitent les femmes, la façon dont ils parlent, la façon dont ils pensent, leur conception des relations sociales sont radicalement en opposition avec les nôtres, radicalement incompatibles avec notre civilisation, et, en fait, menacent tout simplement de la détruire, et nous avec ?

    Qu’est-ce qu’on en a à faire, si leur religion les oblige à nous mépriser, à nous asservir, à violer nos femmes et à nous massacrer ?

    Qu’est-ce qu’on en a à faire, si leur comportement tribal, violent et immoral est profondément incrusté en eux depuis des dizaines de milliers d’années, totalement inséparable de la plupart d’entre eux, et constitue une menace mortelle pour notre façon de vivre ?

    Qu’est-ce qu’on en a à faire, en supposant même qu’il y ait seulement 10 % de voyous contre 90 % d’honnêtes gens parmi les immigrés, mais qu’il soit impossible de séparer, à l’entrée, les uns des autres ?

    Ce qui est le cas, bien évidemment ?

    Dans ces circonstances, la seule solution est la fermeture des frontières et la remigration. C’est parfaitement possible. Contrairement à ce que laissent entendre les « anti-fascistes », les « anti-racistes », les « républicains » et les « humanistes » en carton, les déportations massives de populations dans le calme et la bonne humeur sont un fait récurrent dans l’histoire. Tout récemment encore, mettons au cours du siècle qui précède.

    Déportation ne veut pas dire nazisme, génocide et chambre à gaz, contrairement à ce que prétendent les communistes de gauche ou de droite. En fait, dans bien des cas, la déportation de peuples entiers a été le moyen, dans l’histoire, d’empêcher leur asservissement et leur massacre.

    La déportation est une mesure humanitaire, une mesure de sauvegarde et de charité. Une mesure de protection de toutes les civilisations. Une mesure qui peut être prise d’un commun accord. Le divorce entre les peuples s’est produit régulièrement au cours de l’histoire, de même que le divorce entre les personnes.

    Encore faut-il ne pas se tromper de peuple et de trajet. Si vous déportez l’essentiel de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie en Europe et en Amérique, comme c’est la tendance actuellement, alors là, en effet, vous allez provoquer un génocide. De la race blanche et de la nation française, entre autres.

    Si, en revanche, vous déportez les musulmans en musulmanie, les Africains noirs en Afrique noire, les Indiens en Inde et les Martiens sur Mars, alors vous allez faire régner la joie et la bonne humeur.

    Peut-être pas sur l’instant, mais le but du gaulliste, du Résistant, du Chef Providentiel, de l’État fort et stratège, n’est-il pas de regarder au-delà de l’horizon, de passer par-dessus les geignements intempestifs des esprits faibles, et de tenir compte en priorité des intérêts fondamentaux des déportés comme des déporteurs, lesquels se résument assez simplement : chacun chez soi, et les vaches seront bien gardées ?

    Tout cela n’ôte rien aux mérites, réels ou supposés, du docteur Amar dont je ne connais rien, pas plus qu’à ceux du comptable Dugenou dont on ne parle pas assez (il n’y en a que pour les n’infirmières, les « personnels de santé » – et, bizarrement, les femmes de ménage), sans parler de ceux du chef de produit Tiramoglu ben Wafa ben Sultan, injustement méconnus selon moi.

    Sauf que ça n’a rien à voir avec la choucroute.

    Parce que le docteur Amar, il aura beau se décarcasser, c’est pas lui qui va faire passer le goût du Tasty Crousty et réhabiliter celui du lièvre à la royale (arrosé de château-margaux, comme il se doit).

  27. « La gloire de tous ces modestes importe parce que leur admirable quotidienneté apporte un bienfaisant contrepoint à ce que la fureur du monde et l’état dangereusement effervescent de notre pays ont d’angoissant. Elle démontre aussi, face aux idéologies réductrices et aux intégrismes haineux, le poids considérable des pratiques professionnelles et sociales simplement humaines. »

    Je ne connais pas le docteur Amar. Je ne fréquente pas les docteurs parce qu’ils ne sont pas le docteur Amar.

    Vous nous parlez, M. Bilger, de ce qui manque et que cet homme dispensait autour de lui, ne sachant probablement pas que ce trésor qui lui était familier était à la fois sa lumière et celle de ceux à qui il la donnait.

    Pour guérir, il faut de la chaleur humaine. Et il est si vrai que nous sommes entrés dans l’ère de la glaciation : le monde frissonne d’effroi pendant que les comptables comptent leurs heures… et les nôtres.

    Omnes vulnerant, ultima necat…

    Tenir la main de l’homme faible et souffrant, c’est toucher du doigt sa divinité.

    Que son voyage soit beau et son refuge doux !

    1. michel.delure@orange.fr

      Paradoxal tout de même que d’affirmer que nous sommes entrés dans « l’ère de la glaciation » alors même que nous endurons les pires canicules et que notre maison brûle ! Ah, mais pardon, vous parlez de l’humain alors que moi je parle de climat !

  28. « Loin de moi l’envie de tomber dans la démagogie, mais comment ne pas saluer comme il convient la personnalité du docteur Roger Amar, aimé et apprécié de tous, selon le maire Aly Diouara, ne comptant pas ses heures, toujours disponible, ne faisant payer ses patients que lorsqu’ils en avaient les moyens ? » (PB)

    Probablement un de ces « vrais médecins » à l’ancienne, hélas de plus en plus rares, fidèles à leur serment d’Hippocrate et dont certains, il y a plusieurs dizaines d’années, se levaient la nuit quel que soit le temps pour se rendre à bicyclette au chevet d’une parturiente dans une campagne reculée, et non pas un quasi-salarié de la « sécurité sociale » aux 35 heures, bunkerisé dans son cabinet… 

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